- il y a 12 heures
Le livre à Metz s'invite dans La Boîte à M'Alice ! Sous le chapiteau de la Grande Librairie du Livre à Metz Alicia part à la rencontre d’auteur.e.s passionnant.e.s ! Faites le plein de bons livres.
Présentation: Alicia HIBLOT
Images : Clément DUMAY, Emma DEHLINGER
Montage : Alicia HIBLOT
Musique Générique :
Alice Arthur
Musiques reportages et plateaux : Motion Aray
© Moselle TV – Avril 2026
Présentation: Alicia HIBLOT
Images : Clément DUMAY, Emma DEHLINGER
Montage : Alicia HIBLOT
Musique Générique :
Alice Arthur
Musiques reportages et plateaux : Motion Aray
© Moselle TV – Avril 2026
Catégorie
😹
AmusantTranscription
00:00Votre dose quotidienne de spectacle avec le Casino 2000 de Montdorff-les-Bains au Luxembourg.
00:59Sous-titrage Société Radio-Canada
01:00Il y a plein d'autres auteurs auxquels on va rendre visite. Là, on y va. C'est parti pour
01:04la balade. Allez, let's go.
01:22Il y a toujours une foule qui se réunit là pour vous. J'imagine qu'à chaque fois, vous êtes
01:28extrêmement touchée.
01:29Oui, à chaque fois, je n'en reviens pas. Je me dis que c'est fou que ces gens soient
01:33si gentils, si patients.
01:35Parfois, ils font des heures de route pour venir. Parfois, ils posent congés pour venir.
01:39Et moi, ça me touche énormément. J'espère leur rendre un petit peu avec mes romans.
01:43Mais en tout cas, je suis très heureuse et je savoure ma chance d'avoir des lecteurs si gentils et
01:49si enthousiastes.
01:51L'écriture, vous, qu'est-ce que ça vous procure ?
01:54C'est une forme d'exutoire. Ça vous fait voyager, vous également ?
01:58Oui, c'est un exutoire, déjà, c'est certain. Et puis, c'est une façon de retrouver mon pays puisque
02:02mes romans se passent en Italie.
02:04Et puis, c'est une démarche assez égoïste au départ. Ça me permet d'évacuer certaines choses, de les poser
02:09quelque part et de ne plus les garder à l'intérieur.
02:12Pour le dernier en date, Volare, votre personnage, contre toute attente, ça lui tombe dessus, elle tombe en dépression.
02:20C'est un sujet qui vous touche particulièrement, pour une raison particulière.
02:23C'est la santé mentale, en général, qui me tient à cœur parce que je trouve qu'il faut absolument
02:27libérer la parole, qu'on en parle.
02:30Les gens se sentent compris, soutenus, se sentent moins seuls.
02:33Et c'est vraiment le but de ce roman, de se dire « Je ne suis pas toute seule à
02:39traverser ça. Peut-être que ça peut aller mieux.
02:42Il y a peut-être une lumière au bout du tunnel. »
02:44Et voilà, de donner un peu d'espoir, de lumière à ceux qui traversent une période compliquée.
02:55Vous avez toujours un grand plaisir, vous, d'aller à la rencontre de vos lecteurs. C'est important pour vous
02:59?
02:59C'est obligatoire. Je pense qu'écrire, c'est un acte d'une prétention folle.
03:07Ah ouais. Et je trouve que la moindre des choses, c'est d'aller ensuite rendre des comptes.
03:11Pourquoi j'écrirais sur mon père, moi ? De quel droit ?
03:14Pourquoi j'écrirais sur le fait que j'ai souffert ? Plein de gens ont souffert.
03:18Et je trouve qu'écrire, j'ai souffert, mon père, etc., je trouve que c'est orgueilleux.
03:24Et aller à la rencontre des lecteurs, c'est se retrouver en face de gens qui ont souffert.
03:29Et brusquement, je m'aperçois que ce n'est pas parce que j'ai souffert que j'écris,
03:33mais parce que le fait d'avoir souffert permet de rencontrer des gens qui ont souffert.
03:37Et donc, on met en commun des larmes, des souffrances, des colères.
03:40On met en commun des tentatives de réparation.
03:44On met en commun des bonheurs, on met en commun des joies.
03:46Et pour moi, c'est ça, écrire.
03:47Quand on me demande des fois, on me demande « mais est-ce que vous écrivez pour aller mieux ?
03:51»
03:51Pas du tout.
03:51J'écris pour dire à des gens qui ont vécu ce que j'ai vécu, vous n'êtes pas tout
03:55seul.
03:55On est au moins deux.
03:56C'est vraiment la notion de partage, finalement.
03:58C'est exactement ça.
03:59Je ne veux pas être soigné.
04:01Si je veux être soigné, je vais voir un docteur de la tête.
04:03Et voilà, c'est partager des choses pour être plus fort ensemble.
04:08Vous vous souvenez de ce qui vous a donné envie d'écrire ?
04:11À quel moment vous vous êtes dit, là, j'ai besoin d'écrire, j'ai envie d'écrire ?
04:14Alors, oui, c'est un livre qui s'appelle « Le petit bonzy »,
04:16qui était mon tout premier ouvrage.
04:19En fait, je ne voulais pas du tout être auteur.
04:22D'abord, j'étais journaliste, donc je n'avais pas, comme certains auteurs disent,
04:25j'ai un besoin d'écrire.
04:26Pas du tout.
04:26J'écrivais chaque jour dans Libération, ce n'était pas mon problème.
04:29Mais j'étais bègue.
04:31J'ai eu une enfance bègue, j'étais encore bègue.
04:33Et je me suis dit, je vais écrire un livre sur qu'est-ce que c'est qu'être bègue.
04:36Non pas un « que sais-je » sur le bégayement,
04:39mais sur la violence des mots qui ne sortent pas.
04:42La violence des mots qui restent en gorge.
04:44La violence, qu'est-ce que c'est qu'être un enfant dans une cour de récréation ?
04:47Et la violence aussi.
04:48Mais bien sûr, le bégayement, c'est le seul handicap qui fait rigoler.
04:51Et qu'est-ce que c'est dur pour un enfant d'être comme moi,
04:54je ne suis pas Brad Pitt, je ne mesure pas deux mètres,
04:57et la violence d'un enfant bègue qui se fait moquer,
05:00qui se fait martyriser, qui se fait harceler.
05:03Et le petit bonzie, c'est ça.
05:04C'est-à-dire que je ne voulais pas faire des romans,
05:06je voulais faire celui-là.
05:08Et j'ai aimé.
05:10J'ai aimé cette façon d'écrire qui était différente.
05:12Et brusquement, je n'étais plus journaliste là, j'étais autre chose.
05:15Mais au début, je voulais juste dire, voilà, je suis bègue, c'est comme ça,
05:19vous faites avec.
05:20Et au moins, je ne bégaye pas sans qu'on ne s'en rende pas compte
05:24ou que je vois les gens qui plissent les yeux parce qu'ils essayent de sortir les phrases avec moi.
05:28J'ai écrit un livre comme ça, c'est comme ça, faites-en ce que vous voulez,
05:32vous savez qui je suis.
05:33Depuis, ça ne vous a plus quitté jusqu'au dernier en date ?
05:36Le livre de Kells.
05:37Alors, le livre de Kells, c'est une particularité.
05:40C'est que j'ai écrit plusieurs livres sur l'enfant, sur la famille,
05:45sur « J'étais enfant battu » comme d'autres, mais en tout cas, « J'étais enfant battu ».
05:49Je me suis enfui de chez moi et c'est ce que je raconte à 17 ans.
05:52J'ai été dans la rue pendant un an, des choses qui ont été extrêmement lourdes.
05:56Mais ce livre-là referme tous ces livres-là.
05:59C'est-à-dire que je ne vais pas recommencer, je ne vais pas revenir avec l'histoire de mon
06:03grand-père
06:03ou l'histoire de ma grand-mère ou l'histoire de ma tante, c'est fini.
06:07Donc maintenant, le seul choix que j'ai, j'ai deux choix.
06:10Le premier, je vais l'oublier, c'est de ne plus écrire.
06:12Oui, j'allais le dire, c'est ça, c'est pas le dernier livre quand même.
06:15Non, mais je ne pourrais pas.
06:15Ou de rentrer en fiction.
06:17Et dans cette fiction-là, j'existerai bien sûr.
06:20Mais je ne suis plus le fils de mon père, je suis le père de mes filles.
06:24J'en ai trois.
06:25Quand vous parlez de ce livre, on pense à la thématique du livre à Metz, « Habiter le monde ».
06:28Oui.
06:29Et voilà, finalement, dans vos livres aussi, c'est comment on habite.
06:33Aussi, le monde qui ressort, comment...
06:34Alors, je trouve qu'habiter le monde, c'est une thématique qui est majestueuse,
06:39mais je me sens trop petit pour l'habiter.
06:42Moi, ce que j'aimerais, c'est que le monde m'habite.
06:45Déjà.
06:45Et une fois qu'il m'aura habité, qu'il m'aura instruit, qu'il m'aura expliqué,
06:49qu'il m'aura aidé, qu'il m'aura protégé, qu'il m'aura armé,
06:53j'aurais peut-être la cuirasse, la carapace et le glaive pour aller habiter le monde.
06:57Pour l'instant, je ne suis pas encore là.
06:58Et j'ai un problème parce que j'ai 74 ans, je n'en ai pas 20.
07:01Et donc, il faut que je me dépêche pour habiter le monde.
07:03Mais je n'ai pas encore cette beauté-là.
07:08En tout cas, le livre permet ça, la littérature permet ça ?
07:10Bien sûr.
07:11Non seulement elle permet ça, mais elle permet d'habiter aussi la nuit des lecteurs,
07:17leur tête, leurs souvenirs, leur joie.
07:20J'ai écrit un livre sur le cancer, qui s'appelle Une joie féroce.
07:24J'avais un cancer, ma femme avait un cancer.
07:26Au même moment, j'écris ce livre-là.
07:29Pour une fois, je suis une femme.
07:30Je m'appelle Jeanne, je suis libraire et j'ai un cancer du sein, donc.
07:34Et quand une femme, après, vient me voir, une femme très grande, très belle,
07:39avec des longs cheveux roux, et qu'elle me remercie pour ce livre,
07:43et qu'elle dit « vous m'avez donné cette force-là »,
07:46et qu'elle enlève sa perruque devant tout le monde, dans un salon du livre.
07:50Là, je sais pourquoi j'écris.
07:58Mon rejointe, à l'instant, Anne-Marie Carlier, libraire pour la librairie Autour du Monde.
08:02Anne-Marie, à vos côtés, une artiste écrivaine que l'on adore,
08:07Eudur Ava Olaf Zdotir.
08:09Bonjour à toutes les deux.
08:10Bonjour.
08:11Merci infiniment, Eudur Ava, d'être à mes côtés aujourd'hui.
08:15On vous définit, on dit que vous êtes la reine des lettres islandaises.
08:20Ça vous touche ?
08:21Qu'est-ce que vous ressentez quand on dit ça ?
08:23Oui, la reine des lettres islandaises.
08:25Bon, c'est…
08:25Je mets les dents aux yeux.
08:29Ce sont des mots, oui.
08:31Oui.
08:31Alors, oui, bien sûr, ça touche les reins, je ne sais pas.
08:38On n'est pas tellement porté sur les rois et les reines en Islande.
08:42Vous dites que ce sont des mots, mais les mots, c'est ce qui nous nourrit,
08:45et c'est ce qui nous fait tant de bien, ce sont ces mots aussi qui émeuvent aujourd'hui aux
08:50larmes.
08:51Anne-Marie, Anne-Marie, c'est une reine pour vous, Eudur ?
08:55Alors, je pense que c'est la littérature qui est la reine.
08:59Et après, il y a plein de gens au service de la littérature
09:03et qui essayent de nous emmener dans des mondes dans lesquels on aimerait habiter,
09:09où on part tout de suite.
09:12C'est comme une bulle, en même temps très dans la réalité,
09:17mais en même temps complètement ailleurs, avec une poésie.
09:21Moi, c'est ce que je pense que c'est la poésie, l'humour.
09:26Et c'est un peu un émerveillement très évanescent,
09:32où tout à coup, on se dit,
09:33« Oulala, mais on commence à stresser, qu'est-ce qui va lui arriver ? »
09:38Et puis, en fin de compte, il ne faut pas du tout stresser et se laisser embarquer.
09:42Et voilà.
09:43En plus, moi, j'aime beaucoup le traducteur,
09:45alors que ça ne doit pas être évident.
09:47J'aime beaucoup l'édition Zulma,
09:49et je trouve que c'est une belle histoire, une belle histoire de fidélité.
09:53Et je pense que, voilà, nous, en lecteur,
09:56là, j'oublie le fait que je suis une libraire,
10:00mais je crois qu'on est tous passeurs.
10:02Et voilà, hier, sur le stand,
10:04de voir les gens qui demandaient,
10:06« Mais elle vient quand ? »
10:07Et c'est vrai qu'elle vient ?
10:08Oui, elle est là.
10:10C'est quelque chose.
10:11Il ne faut pas s'inquiéter,
10:12parce que je prends le lecteur par la main,
10:15je le promène, je le prends.
10:18Mais la littérature, ça construit quand même
10:21les ponts entre les gens,
10:24ce qui ne fait pas forcément la politique.
10:28La littérature, ça fait savoir comment pensent les autres,
10:33comment vivent les autres.
10:35Ça fait voyager, comme vous avez dit,
10:38sans bouger.
10:40Vivre dans le monde, c'est aussi la guérison,
10:43la réparation, le voyage initiatique.
10:46Ça reçoit l'autre voyage,
10:49le voyage initiatique où on chance
10:51et où on devient un autre,
10:56où on comprend comment sont les autres.
11:01Parce qu'on est les autres,
11:02on est tous pareils,
11:03on habite la même planète.
11:06En fait, l'islandais, la langue,
11:11utilise le même mot pour le monde de la maison.
11:15Chez soi.
11:16Heima.
11:16Heima.
11:18On est partout chez soi.
11:20Même à Metz.
11:22Oui, c'est vrai.
11:23Vous parlez de devenir quelqu'un d'autre.
11:26Votre héroïne, Logged, dans DJ Bambi.
11:31Ce n'est pas qu'elle veut devenir quelqu'un d'autre,
11:33c'est que c'est une femme,
11:34mais elle est née dans un corps d'homme.
11:36Et donc, elle, elle n'aspire qu'à une chose,
11:38c'est être qui est l'envie d'être,
11:40parce qu'elle se sent femme.
11:42Et d'ailleurs, le livre s'ouvre avec ces mots,
11:44je ne demande pas grand-chose,
11:46juste un corps qui me ressemble.
11:48Un point, c'est tout.
11:49C'est extrêmement fort d'entrer.
11:52Qu'est-ce qui vous a conduit à vous intéresser
11:57à cette question d'identité ?
11:59Oui, l'identité,
12:01mais ça rejoint en fait beaucoup de thèmes
12:04dans mes autres voyages.
12:07Comme je disais, la renaissance,
12:08un nouveau départ,
12:10la guérison, la réparation.
12:13J'avais en fait l'intention au début
12:16d'écrire un roman sur le temps.
12:19Et j'avais déjà décidé,
12:22avant de décider que le personnage principal
12:27allait être tranchant,
12:30j'avais décidé que ça allait être
12:32un personnage plus âgé
12:35que dans mes romans précédents.
12:37Elle a 60 ans.
12:38Oui, elle a 60 ans.
12:40Forcément, il reste moins de temps.
12:44C'est le passé qui est important.
12:47Mais c'est quelqu'un qui rêve d'être ordinaire,
12:55invisible, comme les femmes de son âge.
12:59C'est sur le temps perdu,
13:01mais rattraper ce temps perdu,
13:06entre autres.
13:08Il y avait beaucoup de...
13:09Sur la féminité, c'est une honte à la féminité,
13:13qui a mille visages,
13:16mais qui est souvent réduite
13:18à quelques coups de stéréotypes.
13:20C'est vraiment...
13:21J'ai vraiment voulu porter un regard féminin
13:24sur l'actualité, sur le monde.
13:27En prenant les hommes féminins,
13:30tout change.
13:33La vision du monde change.
13:35Les priorités changent.
13:36Alors, il y a ce personnage principal, l'omne.
13:39Et puis, il y a ces personnages
13:40qui gravitent autour d'elle.
13:42Son frère.
13:43Et il y a une mouette également
13:45qui est présente.
13:46Une mouette argentée
13:47qui est très importante aussi, finalement.
13:49Oui, il y a un peu de l'écologie,
13:51comme dans tous mes romans.
13:53Il y a aussi ce personnage
13:55de frère chumeau,
13:57« trusté », en fait.
13:59Le mot signifie quelqu'un
14:00qui aspire à la confiance.
14:03Et c'est quelqu'un
14:05qui se tait d'une manière différente
14:08à chaque fois qu'il lui rend visite.
14:11Du coup, c'est vraiment un personnage
14:14qu'on trouve,
14:15ce type de personnage
14:17dans plusieurs romans
14:18qui ne parle pas beaucoup,
14:19qui laisse parler le silence.
14:22Parce que c'est vraiment important,
14:25je pense,
14:28dans un monde
14:29où les mots sont un outil
14:32de langage de pouvoir,
14:35de parler du silence,
14:37ce qui est important.
14:38C'est ce qui est en fait,
14:40c'est un poli,
14:40ce qui est entre les mots
14:42et entre les phrases.
14:44Le sous-entendu,
14:45le non-té,
14:47contrairement au discours politique,
14:50par exemple.
14:50Ce qui est intéressant,
14:52c'est que pendant tout le livre,
14:53alors on va suivre justement
14:54le parcours de Logne,
14:56elle a donc décidé d'être femme,
14:58elle ne veut pas mourir
15:00dans un corps d'homme.
15:01Et c'est prétexte aussi
15:02à se remémorer
15:03et à plonger dans ses souvenirs,
15:06à voir un peu aussi
15:07tout ce qu'elle a dû traverser,
15:09comment elle a dû envisager sa vie.
15:11Elle s'est mariée avec une femme,
15:13elle a eu un enfant,
15:15elle a dû faire face
15:16à la solitude,
15:18au rejet,
15:19à tout un tas de choses.
15:20Et comme le disait Anne-Marie,
15:21vous le faites toujours
15:22avec une extrême poésie.
15:23Oui, je pense aussi
15:24pour un sujet un peu délicat,
15:26comme ça,
15:27il faudra encore plus de poésie.
15:29C'est probablement
15:30mon roman le plus poétique.
15:33Et comme vous dites,
15:35ça parle aussi de solitude,
15:36qui est un vrai problème
15:38dans le monde actuel.
15:41Tout âge confondu,
15:44c'est sentir seule,
15:45la solitude,
15:46et le besoin d'appartenir
15:48à quelqu'un,
15:49à une famille,
15:50à un groupe.
15:53Et c'est vrai
15:54que je raconte
15:55la vie de l'héroïne
15:57depuis sa naissance,
15:59en fait,
16:00depuis sa conception,
16:01puisqu'elle ne veut pas naître,
16:05elle tarde à naître.
16:07Et la question,
16:08c'est bien sûr,
16:09est-ce qu'on peut
16:10réfléchir d'être née,
16:12parce que le monde
16:12n'est pas comme
16:13on voudrait qu'il est.
16:15Anne-Marie Eudur
16:17est sur ton stand,
16:18à la librairie
16:19Autour du Monde.
16:20Est-ce que tu aurais
16:20un livre, toi,
16:22à lui conseiller
16:22parmi les auteurs aussi
16:23qui sont peut-être
16:24à ta table ?
16:25Alors, peut-être
16:25son voisin,
16:26Atik Rahimi,
16:28qui est afghan,
16:30qui avait écrit
16:31terre et cendres,
16:32son premier roman,
16:33écrit en persan,
16:35et qui,
16:35au fur et à mesure,
16:36a écrit en français.
16:38Et c'est aussi
16:38beaucoup de traits poétiques
16:40et c'est aussi
16:41l'ailleurs et d'autres.
16:43Voilà, c'est la découverte
16:44du monde et de pays
16:47dont on ne connaît
16:48pas grand-chose
16:48et que maintenant,
16:49on pourrait,
16:50je pense,
16:51hier, il y avait des gens
16:52qui sont venus vous voir
16:53en disant
16:54« j'ai été en Islande ».
16:55Et voilà, c'est ça aussi.
16:57C'est la littérature
16:59qui donne envie
16:59vraiment d'aller ailleurs
17:02par les mots
17:02et après connaître le pays.
17:05Donc, Autour du Monde,
17:06c'est ça aussi.
17:06C'est un voyage
17:08dans les livres
17:09et aussi ouvert
17:10sur la géographie
17:12et le monde sans frontières.
17:14Je viens de l'acheter.
17:16Oui.
17:17C'est vendu.
17:18Peut-être pour le mot de la fin,
17:20à quoi sert la littérature ?
17:23Ah, je pense que c'est
17:26très, très important
17:27comme le journalisme,
17:33ça prend la liberté
17:35d'expression.
17:37Ça sert à faire comprendre
17:38l'autre,
17:40je disais,
17:41à construire les ponts
17:43entre les gens.
17:52Yann Lindingre,
17:53Pierre Théobald,
17:55vous avez associé
17:56vos forces,
17:58vos immenses talents,
17:59vos immenses talents
18:00pour vous intéresser
18:01aux frontaliers.
18:02C'est un guide de survie
18:04que vous nous livrez
18:05avec les naufragés.
18:07Elle est nécomment,
18:08cette idée de s'intéresser
18:10aux frontaliers
18:11qui font la route,
18:12le chemin tous les jours,
18:14qui vont en Metz-Luxembourg,
18:15aller-retour pour aller bosser.
18:16Ça vient de nos expériences
18:17de frontaliers,
18:19dont la dernière en date
18:21me concernant
18:21via le TER,
18:24avec ce que ça suppose
18:25d'aléas quotidiens.
18:26Les gens qui viennent
18:27nous rendre visite
18:28sur le stand,
18:29en fait,
18:29on partage tous
18:30les mêmes expériences.
18:32Alors,
18:32certains arrivent
18:33à en sourire
18:33et d'autres quand même,
18:35parmi les gens
18:35qui passent,
18:36on voit que c'est
18:38une souffrance quotidienne.
18:40Nous,
18:40on essaye d'en rire un peu.
18:41Je pense que le message
18:42pour ceux qui ne sont pas
18:43frontaliers
18:43ou qui ne le sont pas encore,
18:45c'est voilà ce qui vous attend
18:47ou voilà ce que vous risquez
18:48de connaître
18:49si vous mettez un pied là-dedans.
18:51Il n'y a pas de situation idéale
18:54si ce n'est que le TER,
18:55c'est une petite scène
18:56de théâtre quotidienne
18:57où se côtoie
18:59toute une humilité
19:00qui n'a pas demandé
19:01à cohabiter ensemble
19:02deux fois par
19:03deux fois par jour
19:04mais ça donne lieu
19:05à plein de situations
19:07drôles,
19:08cocasses,
19:08parfois horripilantes
19:09et parfois aussi
19:11un peu violentes
19:11dont on essaye
19:12de témoigner
19:13dans le livre.
19:14Mais encore une fois,
19:15c'est vraiment
19:15pour sourire
19:16et essayer
19:18de relativiser.
19:19Mon dessin préféré,
19:20c'est peut-être
19:20des gens
19:21qui sont coincés,
19:22bourrés
19:23dans une rame
19:24derrière la vitre,
19:25la tête écrasée,
19:27le contrôleur
19:28qui dit
19:28s'en est à vous dégoûter
19:29de la viande en conserve.
19:35Le petit dernier actuel,
19:37c'est celui-là.
19:37On retrouve le vétérinaire
19:38Augustin Duroc.
19:40Ça se passe à l'époque
19:41de la terreur,
19:42au moment où la guillotine
19:43trône sur la place
19:45de la comédie
19:45en face du théâtre.
19:48Donc il y a toujours,
19:48vraiment,
19:49c'est un peu votre spécificité
19:50dans vos romans,
19:51cette envie de plonger
19:52dans l'histoire,
19:54de mener des enquêtes,
19:55de mêler
19:56suspense et histoire.
19:57Je suis passionnée
19:58par l'histoire de Metz,
19:59en particulier,
20:00l'histoire en général.
20:01Et j'aime bien
20:02faire découvrir
20:03à mes lecteurs
20:04la façon dont on vivait
20:05à Metz,
20:06dans toutes les couches
20:07de la société,
20:08que ce soit la noblesse,
20:09que ce soit
20:10les gens les plus modestes,
20:12les paysans.
20:13D'ailleurs,
20:13notre vétérinaire
20:14nous emmène partout,
20:16dans toutes les couches
20:16de la société,
20:17chez tous les gens
20:18qui possédaient
20:19ou du bétail
20:20ou des chevaux.
20:22Et donc,
20:22dans le suivant
20:24qui sort dans trois semaines,
20:25on quitte
20:26la période de la terreur
20:27et c'est une période
20:28de règlement de compte
20:30et de famine aussi.
20:32Ça commence d'ailleurs
20:32par une émeute
20:34de la faim
20:35sur la place d'armes
20:36qui s'appelait
20:37à l'époque
20:38place de la loi
20:38et les femmes
20:39envahissent
20:40l'hôtel de ville
20:41pour faire baisser,
20:43pour exiger du maire
20:44qu'il fasse baisser
20:44le prix du pain.
20:46Mais il est bien vendu.
20:47Je vous le pique ?
20:47Ah oui ?
20:48Allez.
20:58Il y a bien sûr
20:59ce grand chapiteau,
21:00la grande librairie,
21:01mais il y a tous
21:02les événements
21:02qui se déroulent autour.
21:04Là, on a le chapiteau
21:04pour la jeunesse,
21:05on a la causerie.
21:06C'est l'ADN du festival ?
21:08C'est l'ADN du festival.
21:09Il y a une thématique.
21:10Il y a presque 90 événements
21:12qui touchent
21:12toutes les générations,
21:13qui touchent
21:14tous les types de lecteurs.
21:15On a des rencontres,
21:16on a des tables rondes,
21:17on a des interviews,
21:19on a aussi
21:19des interactions
21:21avec les auteurs.
21:22Je pense que
21:22c'est pour ça
21:23qu'il fait un bien fou
21:24ce festival.
21:24La thématique justement
21:25de ce festival,
21:27c'est Habiter le monde.
21:28Qu'est-ce que ça recouvre ?
21:29Habiter le monde,
21:30c'est Habiter le monde.
21:31On ose dire,
21:32il faut que ce soit
21:32le plus large possible
21:33pour qu'on touche
21:34un plus large panel de lecteurs.
21:37On voulait que ce soit
21:38aussi bien géographique,
21:39politique,
21:40mais aussi intimiste.
21:41On voulait que ce soit
21:42aussi la personne,
21:43que ce soit féministe,
21:44engagée,
21:45que chacun s'y retrouve.
21:47C'est très large
21:48et c'est très engagé.
21:49Tu as dit,
21:49une fois encore,
21:50que la littérature,
21:52le journalisme
21:53sont essentielles.
21:54Sont essentielles.
21:55Sont essentielles
21:55pour comprendre le monde,
21:56pour habiter ce monde,
21:58pour s'instruire
21:59et pour ne pas ignorer
22:01en fait,
22:01tout simplement.
22:02On va continuer
22:03d'en profiter.
22:04Merci beaucoup.
22:04Merci beaucoup.
22:11Votre dernier roman
22:12a un titre magnifique,
22:13Certaines fièvres
22:14échappent au mercure.
22:17Comment vous l'expliquez ?
22:18Comment pouvez-vous
22:19nous l'expliquer,
22:19ce titre extrêmement poétique ?
22:21Écoutez,
22:22il existe au début du roman,
22:24donc les lecteurs
22:25découvriront un peu
22:26l'explication de cette phrase,
22:28mais je crois
22:28que c'est une phrase poétique
22:29pour parler
22:31de l'amour,
22:32du sentiment amoureux.
22:33C'est ça qui vous a,
22:35comment dire,
22:37guidé tout au long du livre ?
22:38C'est ce que vous avez bien
22:39vous exploré ?
22:39C'est le point de départ,
22:40tout à fait.
22:41C'est une rencontre amoureuse
22:43et l'envie d'écrire
22:43sur ce sentiment,
22:45sur ce qu'il permet.
22:47Essayer aussi
22:47de sortir un peu
22:48des phrases
22:50un peu confortables
22:51comme un coup de foudre
22:52et savoir
22:52qu'est-ce que ça veut dire
22:53exactement
22:54de rencontrer quelqu'un
22:55amoureusement,
22:56qu'est-ce que ça modifie,
22:57qu'est-ce que ça permet
22:58et donc d'aller un peu
22:59chercher ça.
23:02Je crois que vous êtes
23:03musicienne aussi.
23:05Quel est le point commun
23:06entre l'écriture
23:07et la musique ?
23:08C'est le rythme ?
23:10Oui, en tout cas,
23:11la sonorité aussi.
23:13Une langue,
23:13ça sonne en fait
23:14quand on est à voix haute,
23:16il y a des sons différents,
23:17des rythmes,
23:18des échos.
23:20Et c'est vrai
23:21que je me rends compte,
23:22moi je faisais de la musique
23:23avant d'écrire
23:24et je me rends compte
23:25que j'écris
23:25comme je compose.
23:26Donc il y a vraiment
23:27une attention
23:27à la sonorité
23:28et à la musicalité
23:29de la langue.
23:30Et pour vous,
23:31aujourd'hui,
23:31c'est complètement complémentaire ?
23:32Oui, en tout cas,
23:33j'ai l'impression
23:33que la musique nourrit
23:34plus l'écriture
23:36et après,
23:37j'utilise la musique
23:38peut-être pour faire
23:39des petites pauses
23:40parce que la littérature,
23:41l'écriture,
23:42c'est très solitaire,
23:43c'est assez dur,
23:44on est seul
23:45et la musique,
23:46quand je compose,
23:47il y a quelque chose
23:47de très immédiat
23:50dans le plaisir.
23:51Il y a quelque chose,
23:52voilà,
23:52donc des fois,
23:53ça me fait du bien
23:53de faire un peu de musique
23:54avant de retourner
23:55à un autre livre.
23:56La thématique cette année,
23:58ici au Livre à Metz,
23:59c'est Habiter le monde.
24:00Habiter le monde,
24:01vous,
24:02comment ça résonne ?
24:04Comment ça résonne ?
24:05Je pense que moi,
24:06mes romans,
24:06c'est vachement
24:07sur les mondes intérieurs.
24:09quand même,
24:09sur les petits détails,
24:10sur les mondes
24:11qu'on s'est construits
24:12dans notre tête
24:13pour supporter
24:14certains événements.
24:15Donc,
24:16en tout cas,
24:16sur ma littérature,
24:18je pense que c'est un peu
24:18la question
24:19de nos mondes intérieurs.
24:21quoi, voilà.
24:31Maria Pourchet,
24:32bonjour.
24:32Bonjour.
24:33Merci beaucoup
24:33de m'accorder cet entretien.
24:35Vous êtes originaire d'Épinal,
24:37originaire d'Épinal.
24:51qui est de plus en plus belle.
24:52Moi, je suis arrivée à Metz
24:53en 1997, je crois.
24:58Et depuis,
24:58je trouve que c'est une ville,
24:59mais vraiment,
25:00je ne bosse pas
25:01pour le syndicat d'initiative,
25:02mais c'est une ville
25:03de plus en plus agréable.
25:04Il y a un plaisir aussi
25:05à participer à des salons
25:06comme celui-ci,
25:07le Livre à Metz,
25:08d'aller à la rencontre
25:08des lecteurs,
25:09ça, c'est plaisant.
25:10Je ne suis pas une fan
25:11des chapiteaux en général,
25:13mais j'aime beaucoup
25:15venir à Metz et à Nancy
25:17parce que pour moi,
25:19c'est un moment
25:20où je vais retrouver
25:20des gens du lycée,
25:21des gens de la fac.
25:23Donc, ça ajoute
25:24quelque chose
25:25de très particulier,
25:26de très affectueux
25:27à l'expérience.
25:28Un peu familiale.
25:29Ah oui, vraiment.
25:30Je revois des profs.
25:32Alors, votre dernier livre,
25:33« Très saillir »,
25:34paru chez Stock,
25:35s'est retrouvé
25:36dans la première sélection
25:38du Prix Goncourt.
25:39C'était déjà le cas
25:41pour feu.
25:42Alors, est-ce qu'on peut
25:43imaginer que pour le suivant,
25:45ça sera la bonne ?
25:46Mais ça ne marche pas
25:47du tout comme ça.
25:48C'est comme dans le sport.
25:49Ce n'est pas parce que
25:51on arrive trois fois
25:53en Ligue 2
25:54qu'on va être en Ligue 1
25:55la prochaine fois.
25:56Parlons de « Très saillir »,
25:58un livre dans lequel
25:59il est question de Michel.
26:00Michel qui,
26:03un peu du jour au lendemain,
26:04décide de partir,
26:05de quitter son foyer.
26:08ça va forcément nourrir
26:10des peurs
26:11lorsqu'elle va essayer
26:12de tenter de refaire sa vie.
26:13Le point de départ,
26:14c'était quoi ?
26:14C'était de parler de la peur ?
26:17Ou c'était…
26:17Oui, oui.
26:18Je voulais vraiment parler
26:19de ce…
26:21Vous savez,
26:22cette expression
26:22« refaire sa vie ».
26:23Oui.
26:25Je l'ai beaucoup entendue
26:26dans ma jeunesse.
26:27Elle a refait sa vie,
26:28il a refait sa vie,
26:29il faudra qu'elle refasse sa vie.
26:30Et je la trouvais très surfaite.
26:32Oui.
26:33Et puis,
26:33j'ai eu à me rendre compte
26:34que ça recouvrait une réalité
26:37les plus difficiles
26:40de l'éducation sentimentale.
26:41C'est le moment
26:42où il faut tout refaire.
26:43Oui.
26:44Ou au gré d'une séparation,
26:45il faut vraiment refaire.
26:46Il faut refaire le nid,
26:47il faut refaire les liens,
26:50il faut refaire des habitudes,
26:51il faut refaire sa santé,
26:52il faut refaire ses nerfs,
26:53il faut refaire le sommeil,
26:54il faut refaire le désir,
26:56il faut…
26:56Il s'agit vraiment de refaire.
26:58Et je voulais parler de ça,
27:00je voulais parler de ce moment
27:01où…
27:04post-effondrement,
27:07qui précède quelque chose,
27:09d'autre,
27:10une nouvelle vie,
27:11mais dans ce moment
27:11où il faut absolument tout refaire.
27:14La moindre heure de vie,
27:17le moindre réflexe,
27:19le moindre pas,
27:20et de l'ordre de « je recommence,
27:21je refais ».
27:22Alors qu'on avait déjà construit.
27:24Ce qui fait qu'elle se retrouve
27:24un peu dans la situation
27:26d'une biche un peu aux abois,
27:28parce que « biche »
27:28c'est son surnom,
27:29et je crois que c'est pas pour rien
27:30que vous l'avez surnommée « biche »
27:32et que ça a été un peu finalement
27:33un animal totem
27:35tout au long de l'écriture.
27:36Oui, oui, tout le roman est construit
27:39autour de la métaphore de la biche,
27:40puisque je parle beaucoup de la peur.
27:42Ça se passe aujourd'hui
27:45dans un milieu
27:46où elle peut revendiquer
27:48effectivement toutes les libertés possibles.
27:51Elle ne subit aucune forme
27:52de répression ou d'oppression,
27:54et pourtant,
27:56ce qu'elle porte en elle,
27:57c'est un conditionnement,
27:58et ce conditionnement lui dit
28:00qu'une femme toute seule dans la nature,
28:03enfin, une biche toute seule dans la nature,
28:05elle est exposée.
28:06Et peut-être qu'elle ne peut rien faire
28:07sans la harde.
28:09Et elle porte ça en elle.
28:11Alors que...
28:12Mais je pense qu'on est beaucoup
28:15à transporter des scénarios d'échec,
28:20des conditionnements à avoir peur,
28:22qui n'ont plus aucun rapport
28:23avec notre réalité sociale et matérielle,
28:26et pourtant,
28:27c'est ce conditionnement
28:28qui nous fait...
28:29qui nous limite
28:30et qui nous fait annoncer.
28:32Parce que ce qui est intéressant
28:33avec la peur,
28:34c'est qu'elle peut être paralysante,
28:36mais qu'elle peut être absolument vitale aussi.
28:39Avoir peur de quelque chose
28:40peut vous emmener
28:41à l'endroit où vous devrez être.
28:43En l'occurrence,
28:44pour elle aussi,
28:45il y a des peurs qui sont enfouies
28:47et qui vont ressurgir aussi,
28:49ou peut-être qu'elle va
28:51peut-être mieux comprendre,
28:52qui sont liées à son enfance.
28:54Elle va se retrouver dans les Vos,
28:55justement, cette héroïne.
28:57Elle va aller suivre un atelier...
28:58Enfin, en tout cas,
28:59anima un atelier d'écriture là-bas.
29:01Et ça fait remonter des souvenirs.
29:03Oui, c'est un des grands motifs du livre.
29:06Donc, c'est la peur.
29:08Et à un moment,
29:09elle ne se supportant plus comme ça,
29:13d'être effrayée, d'être la biche.
29:15C'était gentil quand on l'appelait biche
29:16quand elle avait 17 ans,
29:17mais en fait, elle n'en peut plus, quoi.
29:19D'être quelqu'un
29:19qui est toujours en train de tressaillir.
29:23Et elle va remonter aux origines de sa peur.
29:25Enfin, ce n'est pas vraiment une décision.
29:26C'est la vie qui l'emmène à trouver.
29:29Puisque quelqu'un qui a peur,
29:31il n'a jamais peur de rien.
29:34On dit toujours,
29:34les angoissés,
29:35c'est des gens qui ont...
29:36C'est la peur sans objet.
29:37En fait, ce n'est pas vrai.
29:38Quelqu'un qui a peur,
29:39il y a toujours un objet,
29:41il y a toujours un motif de peur à l'origine.
29:42Parfois, il est très, très loin.
29:43Il peut être très loin dans l'enfance.
29:45Mais il y a quelque chose
29:45qui vous a terrifié,
29:47qui fait que vous êtes un profil comme ça,
29:50un profil qui tressaille,
29:51qui a peur de tout.
29:53Et elle, elle va avoir la chance
29:54de repasser sur ses propres traces
29:57en revenant là où elle est née,
29:59à un endroit qu'elle a fui,
30:01dans les Vosges.
30:02Et elle va déterrer, littéralement,
30:05le motif de sa propre peur.
30:07En quoi elle vous ressemble,
30:08Michèle, cette héroïne ?
30:09Elle me ressemble parce que j'ai...
30:13Il y a quelque chose en moi
30:15qui tressaille,
30:19qui me rend...
30:20Il y a un qui-vive.
30:22Je suis sur le qui-vive depuis toujours.
30:27Et ce que vit Michèle,
30:30alors, ce n'est pas les réalités sociales,
30:32matérielles, conjugales,
30:33ce ne sont pas les miennes,
30:34mais le trajet qu'elle fait
30:36pour comprendre pourquoi ce qui-vive,
30:39pourquoi ce sentiment d'être exposé
30:41dès que je suis seule.
30:44Pourquoi en 2026, à mon âge,
30:48j'ai à ce point besoin d'être accompagnée ?
30:52Pourquoi...
30:52Ce n'est pas raccord avec mon idée
30:55de ce que doit revendiquer une femme aujourd'hui.
30:57J'ai vraiment voulu explorer chez moi
31:00une limite, peut-être pas une limite,
31:02juste une histoire,
31:03l'histoire de la peur,
31:05ce qu'ils font de la peur
31:06et où est-ce qu'elle peut nous emmener.
31:08De la même manière que dans un livre précédent,
31:10je m'étais demandé pourquoi elle désire
31:13et jusqu'où pour qu'elle nous emmenait.
31:15Là, c'est la peur.
31:16Et j'ai ça en commun avec elle.
32:04Votre dose quotidienne de spectacle
32:06avec le Casino 2000 de Montdorff-les-Bains au Luxembourg.
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