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  • il y a 1 jour
Nicolas Balmelle
Vice-président de l'UPSADI, Union des prestataires de santé à domicile indépendants

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Transcription
00:00Ici Gare Lozère, le réveil 100% local, ici Matin.
00:04On est à l'heure, 7h47, Marek Etta, votre invité, vient rentrer dans le studio il y a quelques instants.
00:09C'est le vice-président de l'Union des prestataires de santé à domicile indépendant.
00:12Bonjour Nicolas Balmel.
00:13Bonjour.
00:14Ils sont 33 000 en France et aujourd'hui les prestataires de santé à domicile étouffent
00:19entre carburant qui flambe et matériel qui coûte de plus en plus cher.
00:22D'abord très simplement, c'est quoi un prestataire de santé à domicile indépendant ?
00:26Alors nous sommes des experts, des dispositifs médicaux.
00:30En fait, tout simplement, sur prescription médicale, nous nous rendons au domicile du patient
00:34avec notre dispositif pour lui installer, l'accompagner dans sa prise en main,
00:40l'accompagner tout au long de son suivi de la pathologie pour qu'en fait il soit le plus observant
00:44et qu'il puisse suivre correctement la prescription médicale.
00:48C'est beaucoup de PME, c'est bien ça ?
00:51Exactement. Nous sommes 2350 en France, 33 000 salariés
00:55et nous sommes sur l'ensemble du territoire national,
00:57c'est-à-dire que nous, nous ne connaissons pas les déserts médicaux.
00:59Nous pouvons intervenir dans les Cévennes, en Lausère,
01:02comme dans toute zone sensible ou montagneuse de France.
01:05Nicolas Balmel, tout ça, ça veut dire beaucoup de routes, beaucoup de tournées.
01:08Concrètement, l'essence qui flambe, ça vous met forcément en difficulté ?
01:11Et oui, effectivement, nos 2350 entreprises font plus de 600 millions de kilomètres par an.
01:16Donc forcément, dedans, nous mettons du carburant et la situation actuellement au Proche-Orient
01:23qui entraîne cette hausse du carburant a beaucoup de conséquences pour nous
01:27puisque forcément nos charges augmentent et nous devons y faire face
01:31comme les infirmières libérales ou encore les auxiliaires de vie.
01:33Vos charges augmentent, c'est-à-dire ?
01:35Eh bien, tout simplement, nous avons énormément de véhicules.
01:38Nous avons donc beaucoup plus de carburant et un taux de carburant beaucoup plus élevé.
01:42Et puis par ailleurs, nous avons aussi avec le renchérissement du transport maritime international
01:47avec aussi par ailleurs le renchérissement des matières premières
01:51puisque nos dispositifs médicaux sont faits pour l'essentiel, malheureusement, hors Union européenne.
01:55Donc nous sommes obligés d'importer.
01:57Donc le transport maritime, par exemple, pour vous donner une idée,
02:00le prix du conteneur a pris en surcharge exceptionnelle 320 dollars le mois dernier.
02:07Et puis après, derrière, le renchérissement des matières premières comme l'acier, comme l'aluminium
02:11fait que nos dispositifs médicaux sont beaucoup plus chers à l'achat.
02:14Vous craignez quoi si rien ne bouge dans les prochains mois ?
02:17Ça fait un peu le yo-yo.
02:18On a du mal à suivre les négociations qui, peut-être, vont aboutir sur quelque chose.
02:22Finalement, non.
02:24Est-ce qu'il peut y avoir des fermetures, des suppressions de tournées ?
02:27Eh bien, en fait, 83% de nos entreprises, de 2350 entreprises à travers la France,
02:32sont des entreprises de moins de 10 salariés.
02:36Et effectivement, elles sont très sensibles à ces augmentations de charges.
02:40Donc la crainte, c'est que nous ne puissions pas, d'ailleurs, compte d'abord,
02:43première chose, continuer nos prestations de qualité à l'attention de nos patients.
02:48La deuxième des choses, c'est que malheureusement, effectivement,
02:50il y a quelques casses au niveau social, voire des disparitions d'entreprises.
02:55Quand vous dites des prestations de qualité, c'est-à-dire qu'on parle là d'un métier humain,
02:59on est à la rencontre des patients.
03:01Cette pression économique finit par impacter la qualité de service aux patients ?
03:04C'est la crainte, effectivement.
03:05Bon, ça, bien entendu, nous ne souhaitons pas y arriver.
03:07Mais effectivement, nous sommes une entreprise de service, une entreprise vraiment dans l'humain.
03:13Et donc, forcément, l'idée, ce n'est pas de faire les choses rapidement.
03:16L'idée, c'est aussi de faire les choses bien, de prendre le temps d'échanger avec le patient,
03:19de prendre le temps de connaître son environnement de vie,
03:22savoir s'il y a effectivement des aidants, s'il est accompagné.
03:25Et puis après, permettre qu'il soit très observant dans son suivi médical.
03:29Vous l'évoquiez, on y pense moins.
03:31La guerre au Moyen-Orient fait exposer les prix de l'acier, du plastique, de l'aluminium.
03:34Ce sont des composants qu'on retrouve dans les pompes à insuline, dans quel genre de matériel ?
03:38Exactement.
03:39Alors, nous délivrons des dispositifs médicaux.
03:40Ce sont des lits médicalisés, ce sont des matelas anti-escar.
03:43Ça peut être aussi des fauteuils roulants ou effectivement des pompes à insuline.
03:47Autant de produits, autant de dispositifs médicaux qui, effectivement, sont faits à base de plastique, d'acier, d'aluminium.
03:53Et donc, ce renchérissement du pétrole a un impact certain sur ces matières premières.
03:58On pourrait se dire, ils augmentent leurs tarifs comme tout le monde.
04:01Pourquoi est-ce que vous ne pouvez pas le faire ?
04:03Nous sommes une profession réglementée.
04:05Notre principal payeur est l'assurance maladie, donc tout à fait l'État français.
04:09Et effectivement, nous n'avons pas cette possibilité de répercuter sur le coût de l'allocation,
04:14le coût de la vente de notre dispositif médical auprès du patient,
04:17puisque nous sommes effectivement plafonnés par l'assurance maladie.
04:20Et je vais même aller encore plus loin, parce que peut-être, j'anticipe votre question suivante,
04:24c'est que nous, ces dernières années, nous avons subi des baisses tarifaires.
04:28Depuis une dizaine d'années, nous avons payé plus de 722 millions d'euros à l'État français,
04:35par justement ces baisses tarifaires que nous avons subies sur nos prestations.
04:40Et donc, bien entendu, on comprend bien la situation économique dans laquelle est le pays.
04:44Nous y contribuons forcément, il y a une grande proportion,
04:48mais nous souhaiterions effectivement, si c'était possible, dans ce contexte international compliqué,
04:52nous souhaiterions effectivement obtenir peut-être un moratoire,
04:55pour qu'effectivement cette année, où nous avons prévu encore 150 à 200 millions d'euros de baisses tarifaires sur
05:00nos prestations,
05:01nous puissions effectivement peut-être nous permettre de souffler,
05:03pour pouvoir nous remettre de cette situation économique.
05:10C'est ce message-là en quelques secondes, si vous deviez dire là en une poignée de secondes,
05:13de ce que vous voulez demander au gouvernement, c'est un moratoire ?
05:16La première des choses, effectivement, ce fameux moratoire,
05:18donc de ne pas avoir de baisses tarifaires cette année,
05:21éventuellement pouvoir bénéficier si effectivement l'État, le gouvernement,
05:25souhaitent aller dans ce sens d'aide, de soutien pour notre achat de carburant,
05:30comme ça sera peut-être le cas pour les infirmières libérales ou les auxiliaires de vie.
05:34Et puis aussi, tout simplement, si nous continuons à nous accompagner,
05:37à accélérer aussi, puisque nous souhaitons verdir nos véhicules,
05:40nous en avons effectivement beaucoup pour aller au domicile des patients,
05:42donc effectivement, essayer de nous accompagner pour pouvoir acheter des véhicules
05:46qui soient beaucoup plus propres et électriques.
05:48Merci beaucoup Nicolas Balmel d'avoir été notre invité,
05:51vice-président de l'UPSADI, l'Union des prestataires de santé à domicile indépendant.
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