00:00L'achat de cacao, vraiment, on ne sait pas où on va avec.
00:03Même pour trouver un poulet, pour faire ma part, c'est difficile.
00:11À Argoville, comme dans plusieurs régions productrices de cacao en Côte d'Ivoire,
00:16les fèves s'accumulent, mais ne se vendent plus.
00:19Depuis plusieurs mois, toute une filière est paralysée
00:22avec des conséquences directes sur de milliers de familles de producteurs.
00:27Depuis décembre 2025, le secteur du cacao traverse une crise majeure.
00:32Le prix officiel a été fixé à 2800 francs CFA le kilo.
00:36Mais sur le terrain, les acheteurs ne suivent plus.
00:40Résultat, des stocks bloqués, des producteurs qui ne sont pas payés.
00:44Si ça s'est déroulé normalement, avec le prix qui nous a été fixé à 2800 francs,
00:52on va continuer à faire l'achat de cacao.
00:54Mais au-delà des chiffres, la crise est surtout sociale.
00:58Certains enfants quittent prématurément l'école, d'autres cherchent à faire de petits boulots.
01:03Aujourd'hui, nous, les producteurs, n'ont plus de problèmes.
01:06On est surpassés de problèmes.
01:08Nos enfants sont délaissés.
01:11On n'a pas les moyens pour les mettre à l'école.
01:13Il y a des coûts de rembours, je n'ai pas les possibilités pour les payer aussi.
01:16Celui de la terminale, là c'est payant.
01:18Je n'ai pas pu aussi avoir les moyens.
01:19Il est sorti de l'école du Côte-de-Côte-de-Côte-de-Côte-de-Côte-de-Côte-de-Côte
01:21-de-Côte-de-Côte.
01:25Les difficultés touchent aussi la santé et l'alimentation.
01:29Vraiment, c'est très, très, très difficile, pénible même, au jour d'aujourd'hui.
01:35L'achat de cacao, vraiment, on ne sait pas où on va avec.
01:39On demande, pardon, au président de revoir le prix.
01:42Où je suis assis présentement, même pour prouver un poulet, pour faire ma part, c'est difficile.
01:48À l'origine de cette crise, un déséquilibre dans la chaîne de commercialisation.
01:52Le prix a été rélevé pour améliorer les revenus des producteurs.
01:56Mais certains acteurs estiment que cette hausse a désorganisé le système.
02:00De 2200, c'est tombé à 2800 francs.
02:04Ça veut dire qu'ils ont ajouté 600 francs dessus.
02:06Peut-être que c'est les 600 francs, à cause des 600 francs,
02:09qu'ils ont des problèmes, qu'ils ne peuvent pas acheter nos cacaos, qu'ils reviennent.
02:13De 2200 francs, peut-être ajouter 100 francs dessus, 2300 francs pour les planteurs.
02:18Nous, on accepte.
02:18Résultat, les acheteurs ralentissent leurs achats, les paiements se bloquent
02:22et toute une filière se retrouve paralysée.
02:26Sur le terrain, les producteurs attendent des solutions rapides.
02:30La solution, c'est que l'État vienne nous aider.
02:33C'est-à-dire faire partie des coopératives, des stocks des coopératives, libérer ça.
02:38Certains pointent aussi des dysfonctionnements dans la gestion de la filière café-cacao.
02:43La faute, nous, on connaît, c'est le conseil café-cacao.
02:46Parce que c'est eux qui viennent dans les villages pour sensibiliser les gens,
02:50même quand on donne les noms.
02:52Et ils viennent chaque fois même pour dire non, que le prix est respecté, le prix est respecté.
02:56Ils viennent avec les motos, ils disent que le prix est respecté.
02:58Ne donnez pas faux cacao si ce n'est pas 2800.
03:02Jusqu'à ce qu'on arrive où on vient donner 1200.
03:05Donc nous, c'est eux, on connaît, c'est eux maintenant, c'est le conseil café-cacao qui va nous
03:10montrer où est le problème.
03:12C'est eux jusqu'à présent, jusqu'à ce qu'ils nous donnent le prix du monde, 1200.
03:16Ils viennent pour nous dire que le prix est 2800, 2800, qu'il ne faut pas avoir vannes.
03:21Nous, on a bloqué, on a gardé.
03:23Ce qu'on a donné aussi, c'est qu'on a pas eu d'argent jusqu'à présent.
03:29Premier producteur mondial de cacao,
03:31La Côte d'Ivoire fait face aujourd'hui à une crise qui dépasse largement l'économie.
03:36Une crise qui touche directement les familles et qui pourrait laisser des empreintes durables.
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