00:00Bonjour Christophe Maé, un invité exceptionnel sur Ici Provence, votre radio,
00:06nouvel album Fête Foraine qui est sorti le 20 mars.
00:09On va parler aussi un petit peu musique parce qu'il y a pas mal d'influence chez vous,
00:13mais on se dit qu'avec votre guitare, vous pourriez aller chanter partout, guitare-voix.
00:19Déjà c'est ça Christophe Maé ?
00:20C'est clair que l'ADN démarre par-delà en tous les cas, et ça c'est ce que j
00:27'ai toujours fait.
00:28J'avais 17-18 ans, je prenais la route et j'étais parti de la maison, je faisais la manche,
00:34je passais entre les tables, du côté de Saint-Tropez.
00:37Et puis c'est vrai que je sentais le regard des gens, et j'ai commencé à prendre vie, à
00:45exister comme ça.
00:47Donc l'ADN c'est vrai que c'est ma guitare, ma voix, et puis après j'ai cette chance
00:53folle de...
00:55Sur la route j'ai rencontré des musiciens extraordinaires, des musiciens qui viennent d'ailleurs,
01:00avec un guitariste qui nous vient du Togo.
01:03Donc dès qu'il joue deux notes, il nous emmène chez lui, au pays.
01:08Il y a quelque chose de très solaire, bassiste aussi.
01:14J'ai un percussionniste cubain, lui quand il ouvre la bouche c'est une sorte de Yuri Buenaventure.
01:19Il est juste extraordinaire.
01:20C'est des gens qui m'accompagnent depuis des années.
01:23En tous les cas je prends beaucoup de plaisir à m'entourer de gens comme ça, qui viennent d'ailleurs,
01:26parce que ça ramène un côté très solaire dans ma musique,
01:30qui me permet moi de raconter peut-être une mélancolie plus intime,
01:37dans les textes, cachés sous ces grooves solaires finalement.
01:43Voilà, et puis aussi justement l'harmonica qui rejoint à l'occasion,
01:46un petit peu comme dans le folk, ce côté aller sur les routes, c'est cette musique que vous portez
01:52?
01:53Oui, disons que j'ai eu énormément de chance parce que j'ai grandi avec un père mélomane
01:59et il écoutait de tout.
02:01Il écoutait du jazz, du blues et à la maison il y avait des gens comme Sonny Boyce ou Williamson.
02:08Ça peut peut-être ne pas parler à tout le monde, mais c'est un harmoniciste, chanteur.
02:15L'époque de Robert Johnson, enfin voilà, les premiers bluesmans.
02:19Et c'est vrai que j'ai toujours été fasciné par cet instrument.
02:22Je trouve qu'il y a une âme dans cet instrument.
02:26Même à la base, je m'imaginais choriste, harmoniciste derrière les vedettes.
02:31En France, il y a un garçon, un monsieur qui s'appelle Jean-Jacques Milteau qui jouait à l'époque.
02:35Exceptionnel, harmoniciste, incroyable.
02:38Un des meilleurs harmonicistes au monde, Jean-Jacques Milteau.
02:42Donc moi, j'ai pris contact avec ce monsieur-là.
02:46Enfin voilà, j'avais 16 ans, 16 ou 17 ans et je faisais des masterclass.
02:50J'allais faire des stages avec et je m'identifiais à ce gars-là
02:54parce qu'à l'époque, il jouait derrière Johnny Hallyday, Jim Mitchell.
02:57C'est vrai que je m'imaginais trop derrière les vedettes.
03:01Du blues des Afro-Américains, il y a aussi cette attirance depuis très longtemps.
03:05Vers l'Afrique, le Mali, ce duo Amadou et Mariam.
03:11Vous êtes très proches par exemple, notamment.
03:13C'est vrai que j'ai toujours été attiré par cette musique.
03:15C'est la musique que j'écoute le plus, je crois.
03:19Ali Farcatouré, Vieux Farcatouré, Amadou et Mariam.
03:22Je les reprenais dans des piano-bars.
03:25C'est vrai que j'ai eu la chance de collaborer avec des grands noms de l'Afrique
03:31comme des gens comme Angelique Hidjo, Yusundour, Amadou Mariam.
03:36C'est un plaisir fou parce qu'humainement, déjà, j'ai passé des moments extraordinaires avec eux.
03:43Et puis, musicalement, ça groove.
03:47Et quand je dis ça groove, c'est que chez eux, il y a une musicalité.
03:51Il y a quelque chose de très syncopé qui te donne envie de danser.
03:55Et j'ai toujours été attiré par ça.
03:57Alors, il y a aussi une autre musique qui surgit dans ce dernier album, Fête Foraine,
04:02qui est sorti le 20 mars.
04:03Il y a l'Espagne, une certaine voix flamenco, ce blues aussi qui vient de l'Andalousie.
04:09Racontez-nous.
04:10Oui, c'est une demoiselle que je croise dans un piano-barra
04:15qui chantait flamenco traditionnel, Cécile Evrault.
04:19Et c'est vrai qu'il y a quelque chose de très viscéral dans leur approche,
04:24dans leur manière de chanter.
04:25Et c'est tellement puissant.
04:28Je venais de composer une chanson qui s'appelle Adieu, mon amour,
04:30qui est une sorte de fado, quelque chose d'assez mélancolique.
04:34Mais j'ai entendu sa voix.
04:37Donc, je l'ai sollicité.
04:38Et à la fin du morceau, il y a...
04:40Je l'ai sollicité et puis elle me fait le plaisir de venir en studio.
04:44Et c'est vrai que la magie a opéré, quoi.
04:47Christophe Maé, racontez-nous.
04:49Vous avez un petit coin de paradis dans la nature, ici, pas très loin, dans le Pays d'Aix.
04:55Vous avez installé votre studio.
04:57C'est ici que de tout part, vous n'êtes pas quelqu'un à aller dans les...
05:01Vous allez enregistrer plus tard, mais tout se fait chez vous.
05:04Vous avez ce côté artisanal.
05:06Oui, oui, oui.
05:07Alors, c'est marrant ce que je vais vous dire.
05:09Parce que c'est vrai que j'ai un studio à la maison.
05:12Une dépendance avec un petit studio.
05:14Mais j'y vais très peu, finalement.
05:17J'aime bien composer entre la cuisine et le salon.
05:21Ça se passe là parce que j'ai mes fistons qui passent, j'ai ma femme qui me parle.
05:25Et j'ai besoin de vie.
05:26Et la démarche d'aller m'enfermer dans le studio, il n'y a rien qui vient.
05:30Mais ça reste chez vous.
05:31Mais bien sûr que ça reste à la maison.
05:34Et c'est vrai que cet album-là, il naît ici.
05:36En fait, pendant un an et demi, j'ai ma routine d'aller me faire mon petit cardio le matin
05:43et me poser à la maison, écouter beaucoup de musique.
05:47Et voilà, chercher l'inspiration comme ça et écrire finalement sur ma vie.
05:53Et comme je vous le disais tout à l'heure, c'est certainement l'album le plus intime que j
05:57'ai jamais fait.
05:58On parle du musicien, on parle du passionné de musique, on parle peut-être aussi de l'auteur.
06:03Les mots viennent facilement, les mots viennent sur des mélodies, des refrains ?
06:07Non, il n'y a rien de simple, il n'y a pas de recette.
06:11C'est une casse-tête.
06:12Je vis avec 24 heures sur 24.
06:14Des fois, je peux même être un peu à l'ouest.
06:19Autant on va me parler, je suis à table avec mes fistons et tout.
06:21Je passe à côté de soirée parce que je suis préoccupé par ça.
06:29Il n'y a rien de facile, mais comme dans tous les domaines, j'ai envie de dire.
06:34Après, j'ai beaucoup de chance parce que je m'entoure de virtuoses.
06:44Il y a quelques années, j'avais écrit ma première chanson avec ce garçon-là,
06:47qui est un auteur qui s'appelle Paul Ecole.
06:51Et cette première chanson, c'était « Il est où le bonheur ? ».
06:54Si vous voulez, j'ai pris conscience d'une chose, c'est qu'il fallait que j'évolue au niveau
06:58des textes.
06:59Et j'écrivais tout tout seul.
07:00Et à un moment donné, j'ai commencé à stagner, à ramer un petit peu.
07:04Et j'ai sollicité ce garçon qui s'appelle Paul Ecole.
07:08Et là, j'ai passé un cap en termes d'écriture parce qu'il m'a apporté une poésie que
07:15je n'avais pas moi.
07:16Et donc, on travaille vraiment ensemble.
07:18Moi, j'ai ce besoin viscéral de commencer, d'écrire un couplet, d'écrire un refrain, de trouver les thèmes.
07:24Ça, on ne peut pas me l'apporter.
07:27Mais après, je finalise avec lui.
07:30Et je prends énormément de plaisir.
07:33Ça rend la création déjà un peu plus ludique.
07:37Ça me permet de prendre du recul sur ce que je raconte.
07:41Et c'est une belle histoire parce qu'il est de ma génération.
07:45Et en général, quand on met le doigt sur un thème, on arrive à l'emmener au bout.
07:51Il rentre dans ma tête et moi dans la sienne, on va dire.
07:53Voilà.
07:54Tout ça en mots, en musique, c'est votre nouvel album Fête Foraine.
07:58Merci beaucoup, Christophe Maé sur Ici Provence.
08:00Merci à vous.
08:01Salut, à bientôt.
08:02À bientôt.
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