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00:00Bienvenue dans Un jour, une vie en direct sur RTL.
00:03Merci d'être avec nous, vous le savez, tous les matins de 9h30 à 10h.
00:07Toutes vos vies et toutes vos confidences sont sur RTL.
00:10Merci d'être avec nous.
00:11Aujourd'hui, Audrey Lefebvre est notre invitée.
00:13Bonjour Audrey.
00:14Bonjour Faustine.
00:15Merci beaucoup d'être avec nous sur RTL.
00:17Votre histoire, je le disais, c'est une histoire complètement hors du commun.
00:20Vous êtes donc née dans la Manche.
00:22Quelles sont les voies que vous avez explorées avant de devenir maquilleuse de façon totalement improbable ?
00:27D'abord, vous étiez quoi ? Vous faisiez quoi comme métier ?
00:29Alors d'abord, moi ce que je voulais, c'était chanter.
00:32Ah oui, donc rien à voir.
00:33Rien à voir, absolument rien à voir.
00:34J'avais dit à mes parents très rapidement, moi il est hors de question que je fasse de grandes études.
00:39Ce n'est pas pour moi d'être derrière un bureau de 8h à 5h.
00:43Laissez tomber, je veux chanter.
00:45Bon, mon père qui était joueur professionnel de foot et entraîneur était mal placé pour me dire que non.
00:50Rester derrière un bureau, non, ce n'était pas pour lui.
00:52Exactement.
00:53Donc, je me suis embarquée là-dedans.
00:55J'en ai fait mon métier.
00:57J'étais chanteuse danseuse pendant 5 années.
00:59D'accord.
00:59J'ai nourri vraiment cette idée.
01:02C'est encore plus fou d'imaginer que vous allez, après, vous retrouver à maquiller Donald Trump.
01:06Rien à voir.
01:07Donc, vraiment un métier de l'artistique en France.
01:09En France, oui.
01:10Alors, pourquoi êtes-vous partie aux Etats-Unis ?
01:12Alors, je suis partie aux Etats-Unis parce qu'avec mon ex-mari, qui était dans le milieu sportif, on
01:16était arrivés, je pense, à une fin.
01:21C'est-à-dire qu'on avait 30 ans.
01:22On avait déjà tout fait.
01:23On avait rempli ce que la société voulait de nous.
01:26On avait deux enfants.
01:27On avait une maison.
01:28On avait un patrimoine.
01:30Bon, qu'est-ce qu'on fait après ?
01:31Et vous tourniez un peu en rond.
01:32Oui, c'est ça.
01:33Et on avait envie de, je ne sais pas, je pense, de se stimuler un petit peu.
01:38Et puis, bon, lui, ça n'allait plus très bien dans sa fédération.
01:41Donc, l'idée est partie comme ça.
01:43Je lui ai dit, écoute, tu as encore les capacités.
01:45Pourquoi tu ne ferais pas pour un autre pays ?
01:47D'accord.
01:47On est partie comme ça.
01:48Avec l'idée de vivre un peu le rêve américain ?
01:50Non, l'idée, c'était, pour moi, en tout cas, c'était un projet familial.
01:54J'avais envie que mes enfants puissent s'ouvrir au monde, avoir la double culture, la double nationalité, la double
02:00langue.
02:01Je me dis, c'est une opportunité qu'on peut saisir pour eux.
02:03Moi, j'étais maman au foyer à cette époque-là.
02:05Ah, d'accord.
02:06Donc, vraiment, c'était pour eux.
02:07Et mon projet était familial.
02:09Alors, vous êtes partie aux Etats-Unis.
02:11Est-ce que vous avez touché du doigt le rêve américain que vous cherchiez ?
02:14Comment ça s'est passé au début ?
02:16C'est compliqué, hein ?
02:16Oui, c'est compliqué.
02:17De rentrer dans...
02:17De se faire des amis, ne serait-ce que ça ?
02:19De rencontrer des gens, même professionnellement ?
02:21Je n'ai pas du tout eu cette idée de rêve américain.
02:24En fait, c'est vraiment...
02:25J'ai allé au compte-goût.
02:27Moi, je suis quelqu'un qui vit le moment présent à fond.
02:30Et ça a été très compliqué au départ, parce que la culture est complètement différente.
02:35Donc, il faut tout réapprendre.
02:36Il faut vraiment se dire que le système scolaire est différent.
02:40Le système bancaire est différent.
02:41Comment acheter une voiture, c'est différent.
02:43Les assurances santé, tout ça.
02:45Il faut réapprendre tout ça.
02:46Il faut se plier aux règles du pays.
02:49Donc, dans la difficulté au démarrage.
02:51Qu'est-ce que vous avez décidé de faire comme travail à ce moment-là ?
02:55Au bout d'un an et demi, on arrive à épuisement financier.
03:00Donc, il faut vite retravailler.
03:02Et c'est vrai que moi, j'avais déjà eu cette idée de devenir maquilleuse en 2008, suite à une
03:07séance en tant que mannequin, parce que j'étais mannequin aussi à Paris.
03:11Et je me suis dit, bon, c'est le moment.
03:13C'est maintenant.
03:14Mais je ne parle pas anglais.
03:16Rien.
03:17D'accord.
03:17Je n'ai pas de réseau américain.
03:19Je ne connais personne.
03:20J'ai mes enfants quand même à m'occuper.
03:22J'ai ma petite fille qui a 10 mois.
03:24Mon fils qui a 7 ans.
03:25Donc, ça parle mal pour moi.
03:28Mais, je décide de revenir en France me former.
03:32J'ai accéléré le processus.
03:33Je retourne aux Etats-Unis.
03:35Je me forme aux Etats-Unis.
03:36J'ai ma valise de prêtre.
03:37Mais qu'est-ce que j'en fais, en fait ?
03:39Vous avez appris l'anglais, entre-temps ?
03:41Alors, non.
03:42Je ne sais pas.
03:43Non, absolument pas.
03:44C'est mes clientes, en fait, qui, au fur et à mesure, m'ont aidée, progressivement.
03:48Moi, je leur disais, écoutez, je ne parle pas anglais.
03:50Je comprenais ce qu'elles voulaient.
03:52Mais, au fur et à mesure, mon cerveau a enregistré.
03:55Mais, attendez, comment vous avez trouvé des clientes ?
03:57Vous dites, je n'avais aucun réseau, aucun contact.
03:59Alors, justement, je suis un peu dans la panade.
04:01Et puis, un jour, il y a un ami qui frappe à la porte et qui me dit, écoute, il
04:04y a cette application.
04:07C'est nouveau.
04:08C'est une sorte de Uber, mais pour la beauté, où on maquille et on coiffe les gens chez eux.
04:14Je me dis, ça, c'est une bonne solution pour avoir des clients.
04:17Donc, il faut juste s'inscrire à l'application.
04:19Voilà, je me suis inscrite.
04:20Et puis, on m'a rappelée.
04:21Et elle était très enjouée.
04:23Mon profil les intéressait.
04:25Donc, j'ai dû la maquiller, elle, celle qui chapeautait, en fait, cette application.
04:30Donc, compliquée parce que c'est une Américaine.
04:32Je le vois bien.
04:33Elle est très tirée.
04:35Elle est un peu refaite partout.
04:36Donc, je me suis dit...
04:37On embrasse les Américaines.
04:38Ah, désolée.
04:39C'est la caricature qu'on en fait.
04:40Mais d'accord.
04:42Non, mais vous voyez un petit peu la caricature américaine.
04:45Et je me dis, bon, elle a l'habitude d'un certain style de maquillage.
04:49Moi, ce n'est pas comme ça que je veux maquiller.
04:50Vous êtes plus européenne, un peu naturel.
04:52Voilà, française.
04:53Et je me dis, peut-être que c'est ça qu'elle attend de moi aussi.
04:56Donc, je prends un risque et je me dis, c'est pas grave.
04:58Fais ce que tu sais faire et on verra.
05:00Et ça marche.
05:01Et ça marche.
05:01Et ça marche.
05:02Alors, c'est là que vous allez recevoir le coup de fil qui va absolument changer votre vie.
05:07C'est incroyable parce que tout le monde peut s'identifier finalement dans votre parcours.
05:10Une jeune maman qui part aux Etats-Unis pour prendre un nouvel élan avec son mari.
05:15Et donc, ce coup de fil qui va tomber du ciel.
05:19Et encore une fois, alors attendez, vous allez me le raconter parce que je suis persuadée que tout le monde
05:21est dans sa voiture en train de se dire, je veux savoir, je veux savoir.
05:24Parce qu'encore une fois, vous allez vous retrouver à maquiller Donald Trump.
05:27D'ailleurs, on va parler du teint Donald Trump.
05:29A tout de suite sur RTL.
05:30Merci d'être avec nous.
05:32Une vie RTL
05:36Et c'est une vie complètement folle qu'on vous raconte ce matin dans Un jour, une vie.
05:41Elle est l'auteur de La Confidente, une maquilleuse française au cœur des secrets de la Maison Blanche aux éditions
05:47Robert Laffont qui paraît donc demain.
05:50On vous raconte donc l'histoire d'Audrey qui s'est retrouvée à maquiller Donald Trump et Hillary Clinton.
05:55Vous allez me raconter tous les détails.
05:56Mais d'abord, Lise nous écrit au 74 900, peut-être avec un petit clin d'œil.
06:01Et elle nous demande si c'est à vous qu'on doit le teint un peu orange de Donald Trump.
06:05Enfin, je dis un peu pour être poli.
06:06Pas du tout.
06:07Pas du tout.
06:08Pas du tout.
06:09Vous n'allez pas me dire oui en même temps.
06:10Et d'ailleurs, je vais vous annoncer quelque chose, c'est qu'il n'est pas si orange que ça
06:13en vrai.
06:14Ah bon ?
06:14Non.
06:15Je pense qu'il y en a qui forcent un petit peu sur le Photoshop parce qu'il n'est
06:20pas, il n'est pas, c'est pas si flagrant.
06:23Vous n'êtes pas retrouvée à essayer de tempérer son teint un peu bronzé sous les UV.
06:28Pour être tout à fait honnête, on ne doit rien à aucune maquilleuse.
06:32C'est vraiment, il a une peau extrêmement blanche.
06:35Il a beaucoup de problèmes de peau aussi.
06:38Donc, pour couvrir un petit peu tout ça, bon, que ça soit épais.
06:41Je ne sais pas si c'est son choix, mais voilà.
06:44On parlera tout à l'heure d'un président américain où vous avez dû récupérer un petit peu son teint
06:47un peu rougeau.
06:48Alors, ce coup de téléphone qui va changer votre vie, d'où vient-il ?
06:52Alors, ce coup de téléphone, j'ai changé d'application entre-temps.
06:56Je voulais plus de clients.
06:58Donc, j'ai contacté la plus grosse agence de luxe, de service de beauté des Etats-Unis.
07:04Et eux me disent, on est prêt à venir à Washington.
07:08On aimerait avoir dans l'équipe qui va venir pour l'investiture du nouveau président.
07:12Ah, donc on vous dit que c'est pour l'investiture ?
07:13On me dit que c'est pour l'investiture, mais on ne me dit pas que c'est pour la
07:16famille.
07:16Donc, moi, je ne sais pas.
07:18Mais quand même, vous avez le cœur qui bat à 400 à l'heure.
07:20Pas du tout.
07:21Moi, je n'ai qu'un objectif, c'est de me dire, je veux un maximum de clients pour me
07:27créer une clientèle, pour avoir de l'argent.
07:29C'est tout dans ma tête, ce n'était que ça.
07:31D'accord.
07:32Donc, je suis contente puisqu'ils me prennent dans cette équipe.
07:35Je me suis dit, je vais maquiller plein de personnes pendant cette investiture.
07:38Donc, je suis très contente.
07:39Comment ça se passe en arrivant sur place ?
07:41Alors, en arrivant sur place, c'est vide.
07:44Les rues sont vides.
07:45Je vois bien que je suis à côté de la Maison Blanche.
07:47On est en 2017, donc, à l'inauguration, à l'investiture du 45e président des Etats-Unis, Donald Trump, donc.
07:54Voilà, je me dirige à l'adresse indiquée.
07:57Je passe les services secrets.
07:58Pas de souci, mais je suis seule au monde dans la rue.
08:00C'est-à-dire qu'il n'y a personne.
08:02Et au moment où je monte les escaliers pour aller dans cette maison qui s'appelle la Blair House,
08:06qui est une maison d'État, mais ça, je ne le savais pas.
08:08Un peu la maison des invités.
08:11Tout à fait.
08:12Là, c'est le branle-bas de combat.
08:14Les services secrets qui me hurlent de descendre les escaliers le plus rapidement possible et de me mettre sur le
08:18côté.
08:19Et arrivent deux SUV noirs, vitres teintées.
08:23Et sortent Donald Trump et Mélania.
08:26Dans leur posture très élégante, ils me saluent gentiment.
08:32Et là, à ce moment, dans ma tête, je lui dis, tiens, ils viennent visiter les gens que je vais
08:36maquiller.
08:37C'est-à-dire qu'à aucun moment...
08:38Vous faites le lien à votre travail et vous vous dites que...
08:41Parce que comment vous allez comprendre que vous allez devoir les maquiller, eux ?
08:44C'est au moment où je rentre dans la maison, où là, je comprends qu'il n'y a que
08:48la famille qui est là.
08:49Et là, je me dis, en fait, on est là pour eux.
08:52Mais attendez, ça se passe comment ? Parce que vous ne vous retrouvez pas comme ça dans une pièce avec
08:55le président américain ?
08:57Mélania, je ne sais pas quoi, on vous fouille 56 fois, on prend votre portable...
09:03C'est fou, quand même !
09:03Alors, nous, on ne prend pas mon portable, mais évidemment, il y a des fouilles qui sont faites.
09:07On passe les services secrets, on est checké de la tête aux pieds.
09:11Mais je rentre dans cette maison qui est quand même très sécurisée.
09:13Il y a comme un majeur d'hommes qui m'accueille.
09:16Et je vois toute la famille qui est en train de se restaurer tranquillement.
09:20Je vois Donald Trump qui joue avec ses petits-enfants.
09:24Enfin, la scène n'a rien à voir avec une scène qu'on peut voir dans les médias.
09:30C'est familial ?
09:31C'est familial.
09:32Vous avez maquillé qui en premier ?
09:33Alors, en premier, j'ai eu son fils, Donald Trump Jr., avec sa femme.
09:39Donc, je suis avec eux dans la chambre et je les prépare pour le Capitole.
09:42Mais vous tremblez ?
09:44Non, non, tout se fait assez naturellement.
09:47Je suis étonnée de leur attitude parce qu'il y a une attitude complètement nonchalante.
09:52Il y a la télévision, il y a CNN qui passe.
09:55Lui se fait littéralement détruire dans les médias américains.
09:59Et son fils mange du popcorn tranquille dans sa chambre comme s'il regardait un film.
10:03Donc, ça, ça m'a surprise.
10:05Le détachement.
10:06Voilà, le détachement par rapport à ce qui se passait à la télé.
10:09Et ce jour-là, est-ce que vous allez le maquiller lui ou sa femme ?
10:12Non.
10:13Lui et sa femme sont pris en charge par une autre maquilleuse qui est maquilleuse depuis 15 ans pour eux.
10:18Donc, on est tous ensemble dans la pièce.
10:20Bon, j'essaye de connecter avec elle.
10:22Je vois qu'elle n'a pas très envie.
10:23Bon, je respecte.
10:24Ce n'est pas grave.
10:26Voilà.
10:26Donc, elle, elle est la maquilleuse attitrée.
10:30Voilà.
10:30Ce qui lui vaudra de se retirer aussi d'une certaine clientèle.
10:35Parce que quand on est attitré à quelqu'un...
10:37Et moi, c'est surtout ce que je ne voulais pas.
10:38Être attitré à quelqu'un.
10:39Pour pouvoir travailler avec quelqu'un.
10:40Je voulais vivre un maximum d'expérience.
10:43Alors, le moins qu'on puisse dire, c'est que vous allez vous retrouver encore une fois maquillée Bill Clinton,
10:47Joe Biden.
10:49Ça aurait pu s'arrêter là, ce jour-là.
10:50C'est-à-dire que c'était une expérience un peu folle que vous allez raconter dans des dîners.
10:54Quand est-ce qu'on va vous rappeler ?
10:56Très vite pour Ivanka, pour sa fille.
10:59Trois semaines après, elle me demandera de travailler pour elle.
11:02Donc là, j'irai chez elle.
11:03Elle a préparé pour différents événements dont elle a besoin chaque semaine.
11:08Elle vous parle de son père.
11:09Est-ce que vous vous dites qu'un jour, ça va être la suite de votre travail ?
11:13Non.
11:13Comment elle est ?
11:14Elle est très gentille.
11:16Mais je sens que moi qui aime connecter avec les gens, j'aime connaître leur histoire.
11:22Bon, je comprends vite que je suis là pour travailler et ça s'arrête là.
11:24D'accord.
11:25Ça, elle me le fait comprendre.
11:26Vous allez aller à la Maison Blanche ?
11:28Vous allez vous rendre à la Maison Blanche ?
11:29Plusieurs fois, oui.
11:31La première fois, ça s'est passé comment ?
11:32La première fois, c'est durant l'investiture.
11:35C'est le lendemain où je rencontre la famille.
11:38Là, par contre, je prends un coup dans la tête parce qu'on nous fait rentrer par l'entrée principale.
11:44Et là, je me dis que ce n'est pas possible.
11:46Nous, les artistes, on passe par les portes déroulées, par les portes de derrière.
11:50Et là, je me vois remonter vers l'entrée principale, là où passent tous les chefs d'État.
11:54Et il y a un majeur d'hommes encore, celui qui chapote la Maison Blanche, qui nous attend
11:57et qui nous accueille et nous fait rentrer dans cette Maison Blanche.
12:00Et c'est vrai que quand je rentre, il y a quelque chose qui se passe un peu magie.
12:04On sent le poids de l'histoire.
12:07On sent qu'il y a des choses qui se sont passées.
12:09Je me retrouve dans la salle de bal à regarder à travers la fenêtre parce que je voulais voir les
12:14jardins de la Maison Blanche.
12:15Et il s'approche de moi et il me dit « C'est marrant que vous me mettiez ici »
12:18parce que c'est là où le président Kennedy aimait regarder à travers cette fenêtre
12:23pour voir ses invités arriver quand il organisait des parties, des soirées à la Maison Blanche.
12:28Il faut faire un film de votre histoire.
12:29Là, j'ai des frissons qui me parcourent et je me dis « Mon Dieu, mais je me tiens là
12:34où le président Kennedy était. »
12:36Ce qui est complètement fou quand on vous écoute, c'est qu'on a l'impression qu'on prend soin
12:40de vous,
12:41que vous êtes accueillie presque avec un tapis rouge.
12:43Alors que, pardon, mais il pourrait vous considérer au regard du nombre de personnalités présents
12:48comme quelqu'un un petit peu qui fait partie de la technique.
12:51Et non, on a vraiment des égards pour vous.
12:54Oui, c'est ça qui est aux Etats-Unis qui m'a surpris.
12:58C'est que mon métier a été extrêmement valorisé.
13:00On fait attention à nous parce qu'on sait qu'on est là pour produire un service.
13:04On est là pour aider la personne à ce qu'elle se sente le mieux possible
13:08pour qu'elle, derrière, puisse aller produire ce qu'elle a à produire.
13:12Donc, on est très important.
13:14L'image est très importante aux Etats-Unis.
13:17Et on fait attention à tout ça, à bien nous recevoir.
13:20Je suis un peu gênée de vous poser cette question parce qu'elle est peut-être ultra sexiste.
13:23Mais c'est vrai que vous êtes splendide.
13:25Vous avez des grands yeux bleus.
13:27Vous êtes une femme vraiment très belle, une très grande blonde.
13:31Est-ce que vous avez le sentiment que l'image, parce que c'est vous qui en parlez,
13:36mais le fait que vous vous présentiez de cette manière-là, ça a pu jouer un rôle ?
13:40Oui, je pense. Et puis, il y a ce côté français aussi qui me caractérise.
13:45Je me maquille non plus pas à outrance comme aux Etats-Unis.
13:49Donc, c'est ça aussi qui a plu dans ma façon d'être.
13:52Je suis quelqu'un de très calme, de très posée.
13:55Et il faut pour faire ce métier.
13:57Alors, on va rentrer dans le vif du sujet.
13:59Aussi, Donald Trump, vous avez fini par le maquiller ?
14:02Non.
14:02D'accord.
14:03Non.
14:03Alors, qui vous avez maquillé ? Vous vous êtes retrouvée à maquiller Hillary Clinton ?
14:06Hillary Clinton.
14:07Comment s'est-elle comportée ?
14:08Alors, d'abord, Hillary Clinton.
14:09Comment s'est-elle comportée ?
14:10Hillary Clinton, pareil, très gentille.
14:14Mais on met une barrière.
14:16On met une distance.
14:17Un peu froide.
14:17Un peu froide.
14:18Voilà.
14:19Vous avez un souvenir particulier avec elle ?
14:22Oui, la deuxième fois où je l'ai maquillée, elle est arrivée en urgence.
14:25Son avion a eu un problème.
14:27Et elle me dit, bon, bah, t'as 20 minutes.
14:31C'est l'histoire de ma vie.
14:33C'est de maquiller le plus rapidement possible.
14:35D'être dans la performance.
14:37Ça, c'est important aux Etats-Unis.
14:38Elle a été sensible au maquillage que vous avez utilisé ?
14:40Oui, elle a été tellement sensible qu'elle m'a demandé si je pouvais lui donner le rouge à lèvres
14:44que je lui avais mis.
14:45Bon, moi, je ne donne pas mon matériel comme ça.
14:48Bon, c'est Hillary Clinton.
14:49J'ai fait une petite exception.
14:50Oui, tu m'étonnes.
14:50Et Bill Clinton, comment s'est-il comportée avec vous ?
14:54Très bien.
14:54Alors, Bill Clinton, ça a été pareil, assez cocasse.
14:58Puisque la première fois, je devais le maquiller et finalement, on n'avait pas le temps.
15:01Donc, je remballe mes affaires.
15:02Et puis, la coiffeuse me dit, écoute, viens, on va le saluer quand même.
15:05Donc, je vais dans la cuisine, dans sa cuisine.
15:08Il mange son petit déjeuner.
15:10Je l'interromps et spontanément, je lui dis, bon, alors, monsieur le président, vous ne voulez pas de ma poudre
15:15?
15:16Et en anglais...
15:17C'est flippant, on dit comme ça.
15:18Vous savez qu'en France, ça peut être mal interprété, votre poudre-là.
15:20Et du coup, en anglais, on se dit powder et lui, il a compris power, si je ne veux pas
15:25de votre pouvoir.
15:27Donc là, je me dis, mon Dieu, le président des Etats-Unis, quand même, je dis là, non.
15:33Et je suis confuse, je dois être rouge, moi aussi.
15:35Et lui aussi, il devient tout rouge et tout le monde éclate de rire parce qu'on voit qu'il
15:38y a eu confusion avec la langue, en fait.
15:40Mais tous ces gens-là, vous les avez maquillés où ? À la Maison Blanche, à chaque fois ?
15:43Chez eux.
15:44Vous vous retrouvez chez Bill Clinton ?
15:46Oui.
15:47De Saint-Lô ?
15:48Dans sa maison.
15:49À chez Bill Clinton ?
15:51Oui, c'est fou.
15:52Et alors, Joe Biden, vous l'avez rencontré dans quel cadre, lui ?
15:54Joe Biden, c'est pareil, c'est surprise.
15:56On ne me dit rien, il est sous un nom de code, le nom d'une femme.
16:00Vous pouvez me le dire, son nom de code ?
16:01Carla Franck, à l'époque.
16:03Oh, cette bonne vieille Carla, c'était Joe ?
16:05Oui, c'était Joe.
16:06Vous le maquillez où, Joe Biden ?
16:08Alors, dans le building des démocrates, on m'appelle urgemment, on me dit, il faut absolument que tu ailles là
16:14-bas, c'est une VIP.
16:16Bon, mais il y en a plein des VIP là-bas, donc bon, j'y vais.
16:20Et j'arrive à l'accueil, on me dit, mais il n'y a pas de Carla Franck, mais j
16:24'ai dit, comment ça ?
16:24Mais si, on m'a dit.
16:25Et il y a un assistant qui s'avance et qui me dit, mais on ne vous a pas prévenu
16:30?
16:31Mais prévenu de quoi ?
16:32Mais on ne vous a pas dit qui vous êtes ?
16:34Ben, Carla Franck, mais je ne la connais pas, en fait.
16:36Non, vous avez maquillé le vice-président des Etats-Unis.
16:39Donc là, je me prends encore un point dans la tronche et puis je lui dis, bon, je rassemble mes
16:46idées.
16:46Est-ce que j'ai le matériel pour ? Est-ce que j'ai bien calculé mon coût ?
16:51Et je me retrouve en face de lui, quelqu'un de très accueillant, quelqu'un de formidable.
16:57Alors, vous allez vivre un peu une histoire, enfin, j'allais dire une histoire particulière avec Joe Biden.
17:01Non, mais ça va aller un petit peu plus loin.
17:03Il va y avoir un vrai lien.
17:04Vous allez m'en raconter tout ça.
17:05Vous êtes parti dans une direction un peu folle.
17:07Et puis, vous allez me dire, justement, puisque vous allez côtoyer toutes ces hautes personnalités,
17:12si vous vous êtes retrouvé un peu à avoir les oreilles qui traînaient.
17:15Parce que vous êtes quelque part dans les coulisses du pouvoir, puisque votre livre s'appelle La Confidente.
17:20On va dire, vous êtes aussi une oreille qui a traîné.
17:22Et vous allez nous embarquer avec vous.
17:24A tout de suite sur RTL.
17:25Merci d'être avec nous.
17:26C'est Un jour, une vie.
17:27Tous les matins, 9h30.
17:28Un jour, une vie.
17:31Présenté par Faustine Bonnard sur RTL.
17:34Merci d'être avec nous dans Un jour, une vie.
17:36On est en direct sur RTL.
17:37Audrey, notre invitée de ce matin, vous l'avez compris.
17:40C'est une jeune femme française, originaire de Saint-Lôme, dans la Manche,
17:43et qui est devenue, presque avec une succession, on va dire, de heureux hasards,
17:49elle est devenue maquilleuse à Washington.
17:51Elle a travaillé au plus près des plus grandes figures politiques américaines.
17:54dont Joe Biden, avec lequel vous avez eu un lien un peu particulier.
17:58Vous pouvez m'expliquer pourquoi ?
17:59Oui, Joe Biden, à ce moment-là, est très accueillant.
18:02Il me pose plein de questions.
18:03Il voit que je suis française.
18:04Ça fait combien de temps que vous êtes là ?
18:05Et ainsi de suite.
18:06Et à ce moment-là, moi, je suis en train d'étudier la Constitution
18:08puisque je dois passer ma citoyenneté un mois après.
18:11Et je lui dis, et commence à me féliciter.
18:13Et là, je lui dis, non, mais attendez, je ne l'ai pas encore.
18:15Mais là, il va falloir que vous fassiez quelque chose pour cette Constitution
18:18parce que moi, je n'y comprends rien.
18:20Et donc ça, je suis...
18:21Ça l'amuse.
18:22Ça l'amuse.
18:23Et puis parce que personne ne lui dirait, président, il faut qu'il fasse la Constitution.
18:28Mais il voit que je suis paniquée quand même et que je n'y comprends rien.
18:32Donc il m'explique.
18:32Il me dit, Audrey, laissez-moi vous expliquer.
18:34Et là, c'est vrai que j'ai un moment surréaliste
18:36parce que je suis avec ma poudre, mon pinceau dans une main.
18:38Et puis je me dis, j'ai quand même le vice-président des États-Unis
18:41qui m'explique la Constitution pendant dix minutes.
18:44Et puis finalement, après ça...
18:46Il vous fait la Constitution pour les nuls, quoi.
18:47Oui, c'est ça.
18:50Et après ça, je ne sais pas, il y a eu quelque chose qui s'est cassé.
18:54On n'est plus dans le rôle vice-président maquilleuse.
18:57Il prend son téléphone, il me montre ses photos de sa famille.
19:01Vraiment...
19:01Vous faites pareil ? Il s'intéresse à la vôtre ?
19:03Il me demande.
19:04Il me demande que je lui montre ma famille.
19:06Et on partage un moment juste sympa, complètement hors du temps.
19:11Et je me dis, bon, il faut quand même que je lui demande une photo
19:13parce que personne ne va jamais me croire.
19:15Et là, vous lui avez demandé une photo.
19:18Et c'était super.
19:19Toutes ces histoires, vous pouvez les retrouver dans votre livre.
19:22Donc, une maquilleuse française au cœur des secrets de la Maison Blanche,
19:24La Confidente, aux éditions Robert Laffont.
19:26On a Axel qui nous a écrit au 3210 et qui nous dit
19:29est-ce que ça a pu vous arriver que vous entendiez des conversations secrètes
19:32avec des informations sensibles ?
19:34Oui, absolument.
19:36Alors là, je fais bien la part des choses.
19:39Il y a quand même...
19:39Je respecte énormément la discrétion de mes clientes.
19:43Ce livre, je l'ai appelé La Confidente parce que pour moi,
19:47ce que j'ai appris de ces gens, c'est vraiment l'inverse de ce qu'on voit dans les
19:51médias.
19:51Et c'est ça que j'ai trouvé fantastique.
19:53Il ne s'agissait pas d'aller raconter des secrets d'État, même s'il y a certaines fois...
19:58Bah, dites-moi !
19:59Bah, non !
19:59C'est ça qui m'intéresse, moi !
20:01Alors, dites-moi en tout cas dans quelles circonstances ?
20:03Sur quels sujets vous avez pu entendre des informations ?
20:06Circonstances improbables.
20:07Je maquille un présentateur de télé et il reçoit un coup de téléphone.
20:11Il me dit écoute, silence.
20:13Voilà.
20:13Je comprends en discutant.
20:16C'est la Maison Blanche.
20:17Et là, rapidement, je le vois s'exprimer.
20:20Il me dit oui, monsieur le président, tout à fait, monsieur.
20:21Donc, je comprends qu'il est avec le président des États-Unis au téléphone.
20:24Donc, je me fais vraiment toute petite.
20:26Je continue à le maquiller, mais lui ne fait plus attention.
20:29On fait partie du décor.
20:31On fait partie de l'environnement à ce moment-là.
20:32Et puis, il est tellement concentré sur sa conversation que oui, là, j'entends des choses.
20:36Je me dis, c'est pas ma place d'entendre tout ça.
20:39Donc, je...
20:40Et d'ailleurs, non, et d'ailleurs, il me regarde derrière et il me dit, Audrey, tout ça doit rester
20:46dans cette pièce.
20:47Mais alors, on vous demande parfois, au contraire, plutôt votre avis sur l'actualité, comment on peut tchatcher un petit
20:54peu du small talk, comme on l'utilise comme expression.
20:57Oui, ça, ça m'a surprise.
20:58La première, ça a été une femme très proche du gouvernement de Trump.
21:03Il y a eu un bombardement en Syrie la veille qui a tué une soixantaine d'enfants.
21:07Et le matin, je la maquillais 5 heures du matin et elle est dans un état déplorable.
21:12Je sens qu'elle est très affectée par ça.
21:13Elle doit faire ce qu'on appelle un statement pour le président, une déclaration.
21:19Et elle me dit, qu'est-ce que tu crois que le président devrait dire ?
21:23Donc là, je suis un peu étonnée de sa demande.
21:28Je bafouille un peu, je ne sais pas trop.
21:30Elle écrit quelque chose et elle me dit, qu'est-ce que tu en penses ?
21:32Est-ce que tu crois que le président devrait dire ça ?
21:35Alors là, je...
21:37Elle vous teste comme Madame Tout-le-Monde en se disant, est-ce que ça va la toucher ?
21:40Elle me teste comme une simple citoyenne à ce moment-là.
21:43Qu'est-ce que tu aimerais entendre de ton président ?
21:46C'est surtout ça que j'ai compris.
21:48Et voilà, je lui donne mon avis.
21:50Après, est-ce qu'elle l'a pris en considération ?
21:51Un peu quand même, parce que j'ai vu la déclaration et ils avaient changé quelques mots, mais j'ai
21:56retrouvé quand même le sens.
21:58Et j'imagine que ça doit être une grande fierté.
22:00Est-ce qu'il y a une rencontre qui vous a particulièrement émue ?
22:03On n'a pas parlé d'émotion.
22:04Oui, c'est vrai.
22:05Alors, il y a deux rencontres qui m'ont beaucoup émue.
22:07Une beaucoup plus forte politique qui a été Gabrielle Gifford,
22:14qui était une députée démocrate, qui s'est fait tirer dans la tête.
22:20Je ne dévoie pas beaucoup, parce que c'est le premier chapitre de mon livre.
22:24Elle était victime de la fusillade de Toscane en 2011.
22:28Une rencontre très forte, une femme très très forte, qui continue son combat aujourd'hui.
22:33Parce qu'elle avait une cicatrice, en fait.
22:35Alors, je sais que vous ne l'avez pas dévoilée, mais néanmoins, elle avait une cicatrice assez marquée.
22:39Vous vous retrouvez assez impressionnée par les stigmates de Toscane ?
22:42C'est très dur de toucher.
22:43Moi, il faut comprendre que je touche la peau.
22:46Et là, à ce moment-là, de se dire qu'une balle a traversé son crâne, son cerveau,
22:51je vois le cerveau qui est enfoncé, la boîte à mienne qui est enfoncée.
22:56Oui, c'est impressionnant.
22:57C'est difficile pour moi de toucher à ce moment-là.
22:59Vous allez me dire que je tourne en rond, mais vous n'avez pas maquillé Donald Trump.
23:02Néanmoins, est-ce que vous avez déjà eu un contact direct avec lui ?
23:05Oui, parce qu'après l'investiture, c'est vrai qu'on a maquillé toute la famille,
23:10donc tout le monde.
23:11Et j'ai trouvé ça sympa et classe de sa part, puisqu'il est venu nous saluer.
23:15On a du mal à assurer le mot Donald Trump à classe.
23:17Je le sais bien, Faustine, c'est difficile.
23:20Et pourtant ?
23:21Et pourtant, il vient nous saluer et surtout nous remercier de notre travail pour sa famille.
23:27Et ça, ça m'a surprise.
23:28Je me suis dit, ah oui, quand même.
23:30Il prend le temps, il a autre chose à faire, il est président des Etats-Unis à ce moment-là.
23:35Mais non, il prend ce temps et j'ai trouvé ça très classe.
23:38Mélania, vous ne m'en parlez pas ?
23:40Mélania, elle est toujours impeccable.
23:43Je pense qu'elle est dans une très grande protection.
23:46Son rôle n'est pas facile.
23:48Elle a cette douceur, elle est réconfortante, elle est douce, elle est tendre, elle est très gentille.
23:56Avec vous ? On peut parler de tendresse avec vous ?
23:57Oui, oui, on a eu des rapports parce que je me suis retrouvée avec ses parents à la Maison-Blanche
24:02qui étaient complètement paumés.
24:04Et donc, j'ai essayé de les guider à ce moment-là.
24:06Et puis, elle arrive, elle me remercie d'avoir pris ce temps avec eux.
24:09Mais là, ce que vous me racontez, c'est quand même un petit peu un conte de fées.
24:12Il n'y a personne qui s'est mal comportée avec vous ?
24:15Si, il y a des gens qui se sentent mal comportée, mais pas les présidents.
24:19Alors, Zolay, il faut se dire non.
24:20Non, mais qui s'est mal comportée avec vous ?
24:22Une sénatrice qui s'est très mal comportée, républicaine.
24:26Elle a été odieuse, affreuse.
24:28Mais à ce moment-là, je sens qu'elle est en panique.
24:31Elle est stressée.
24:32Elle doit faire une interview avec la première dame sur une chaîne nationale américaine.
24:36Mais ça ne justifie pas, franchement, Audrey.
24:38Ça ne justifie pas.
24:39Mais en même temps, je me dis, si je ne fais rien, on va continuer dans l'escalade.
24:44Donc, j'arrête de maquiller.
24:45Et je lui dis, écoutez, si vous êtes stressée à ce point-là,
24:49pourquoi est-ce que vous allez faire cette émission ?
24:51Donc, elle est surprise que moi, la petite maquilleuse, je m'autorise à lui dire ça.
24:55Mais à un moment donné, personne n'arrive à travailler.
24:58Donc, elle se calme.
24:59Et c'est ça, la magie, en fait, de mon travail.
25:03La magie de votre travail.
25:05On peut la retrouver avec toutes ces anecdotes.
25:07Un jour aussi, il y a un milliardaire qui va vous signer un chèque en blanc.
25:10J'ai peur l'idée.
25:12Le titre de votre livre, ça s'appelle « La confidente »,
25:14une maquilleuse française au cœur des secrets de la Maison Blanche.
25:17Aux éditions Robert Laffont.
25:18Et donc, ça sort demain.
25:19Merci beaucoup, Audrey, de nous avoir raconté votre parcours.
25:23Merci à tous de nous avoir suivis dans Un jour et une vie.
25:25Merci à toute l'équipe.
25:26Sous-titrage Société Radio-Canada
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