- il y a 6 mois
La parole aux présidents de Fédération ! Aujourd'hui c'est Christian Poutriquet qui est l'invité de Patrick Chêne pour parler d'une Fédération très active : la Fédération Française de Sauvetage Sportif. Retour sur les origines de cette discipline mais aussi sur le projet fédéral mis en place par Christian Poutriquet.
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00:07Musique
00:19Bienvenue à tous dans l'émission Président, qui nous permet de découvrir des hommes, des femmes, mais également des disciplines.
00:25Et ce sera peut-être le cas aujourd'hui, puisqu'aujourd'hui nous recevons avec beaucoup de plaisir Christian Petriquet,
00:30bonjour.
00:30Bonjour.
00:31Vous êtes président d'une fédération, vous le disiez vous-même lorsqu'on préparait cette émission, une fédération atypique.
00:38Vous êtes président de la fédération française de sauvetage et de secourisme.
00:45Tout à fait, oui, c'est vrai.
00:46Expliquez-moi tout.
00:47Alors donc c'est une fédération qui n'est pas toute jeune, on a plus de 100 ans, et donc
00:52notre fédération a un côté particulier, puisque nous avons deux ministères de tutelle.
00:57Nous sommes sous la tutelle des sports pour la pratique sportive qu'on développera tout à l'heure, mais nous
01:01sommes aussi une fédération de sécurité civile avec le ministère de l'Intérieur.
01:04Et par exemple, lors des Jeux olympiques, nos sauveteurs sportifs étaient les secouristes aquatiques des Jeux, 2024.
01:11D'accord, donc vous avez une mission citoyenne en quelque sorte.
01:13Citoyenne, voilà.
01:14Donnez-moi quelques exemples d'événements dans lesquels vous intervenez, d'actions.
01:18Oui, alors sur cette partie, je dirais, mission de sécurité civile, donc nous faisons aussi beaucoup d'enseignements, donc les
01:25gestes des premiers secours, le secourisme grand public, la formation des cadres.
01:30Actuellement, on développe aussi la partie résilience et on assure de nombreuses missions de sécurité civile, donc des postes de
01:39secours.
01:39Tous les week-ends, mes collègues sur le territoire français répondent soit à des manifestations sportives, des animations.
01:48Alors on a dit postes de secours où on va engager quatre personnes, mais par exemple, j'étais l'autre
01:53jour à l'Alpe d'Huez où il y avait Tomorrowland qui était un grand événement sur la station qui
01:58mobilisait une centaine de secouristes pendant cinq jours.
02:00D'accord. Comment vous financez votre fédération ? Est-ce que vous avez des partenaires ? Est-ce que vous
02:04avez des subventions ? Est-ce que vous pouvez vous faire rétribuer quand vous faites vos actions ?
02:10Alors nous, pour être très honnête, nous avons des rétributions du ministère des Sports qui, à travers l'Agence nationale
02:19du sport, soutient notre discipline.
02:21Et puis nous avons aussi la mise à disposition de quatre cadres de techniques, un DTN et trois autres personnes.
02:27Donc ça, c'est l'aide de l'État. Par contre, sur la mission de sécurité civile, quelque part, l
02:31'État a créé un modèle économique pour qu'on puisse se financer.
02:33Et c'est vrai que les actions de formation, les postes de secours, eh bien, ils sont payants, mais pour
02:38permettre le développement de la fédération et de la structure locale de trouver un modèle économique et assurer ses missions.
02:44Vous avez vous-même une formation et un passé de pompier. Est-ce qu'il y a beaucoup de pompiers
02:48dans votre fédération ?
02:49Oui, il y a beaucoup de pompiers. Mais un constat aussi que moi, j'avais fait, c'est que souvent,
02:55s'il y a une catastrophe, le pompier, il est déjà pris comme pompier.
02:58Et donc, il y a une quarantaine d'années, là, où j'étais dans mon association locale en Bretagne, je
03:04suis dinard, et donc je me suis rendu compte que les pompiers, on ne pouvait pas les avoir.
03:08Donc après, on a commencé à avoir les épouses. Et puis aussi, après, le club sportif a fourni quelque part,
03:13nous, l'avantage, c'est que le vivier, on l'a à travers nos jeunes sportifs.
03:17Le jeune sportif que l'on prend dès 6 ans, dès qu'il a 16 ans, il a envie de
03:22passer les premiers diplômes, puis devenir sauveteur à 18 ans.
03:25Donc ce vivier, il est là. Et oui, on a beaucoup de pompiers, mais pas que.
03:29Je voyais que vous aviez un objectif de 100 000 licenciés. Expliquez-moi la démarche. Comment on prend une licence
03:37? Pourquoi on prend une licence ? Qu'est-ce que vous proposez ?
03:39Alors voilà, là aussi, pour être très honnête, sur la partie sportive, actuellement, les derniers chiffres, nous faisons notre assemblée
03:46générale, on est sur 80 000 licenciés.
03:48D'accord. Dans ces 80 000 licenciés, le sport représente à peu près entre 15 à 18 000 pratiquants, ce
03:55qui n'est pas mal.
03:56Le reste, c'est des gens qui viennent en formation, qu'on licencie, mais aussi, je vous disais, les gens
04:01qui assurent des missions de sécurité civile.
04:03D'accord. Voilà.
04:05Et alors, la compétition, puisqu'on est en deux phases, on a donc ce rôle que j'appelle citoyen, parce
04:11que vous participez vraiment à la vie de la cité.
04:14Et le deuxième volet, c'est la compétition. Alors, est-ce que c'est récent ? Est-ce que la
04:19fédération a toujours eu cette appétence pour faire de la compétition ?
04:22Ou est-ce que c'est une tendance aujourd'hui ?
04:24On va faire un petit peu d'histoire.
04:25Bien sûr.
04:26En gros, la fédération, elle a été créée par M. Pitet, qui était un maître nageur parisien.
04:33Et au moment où il y a eu les inondations à Paris, il s'est rendu compte qu'il y
04:36avait de la noyade, etc.
04:37Donc, l'objectif premier de notre fédération, c'est d'utter contre la noyade.
04:40Et très rapidement, les sauveteurs se sont challengés.
04:43Et donc, on a fait ce qu'on appelle le sauvetage sportif en eau plate.
04:47C'est ce qui est fait dans les piscines, etc.
04:50Et dans les années 90, nos amis des Landes, la Côte landaise, Biarritz, etc.,
04:56ils ont été voir ce qui se passait en Australie, où là, s'est développé le sauvetage côtier sportif.
05:02Donc, deux parties. Une partie eau plate, qu'on pratique là actuellement, et qui va se terminer.
05:07On a des images, d'ailleurs, en ce moment.
05:09Vers la partie côtière.
05:10D'accord. Alors, la partie côtière, c'est en eau réelle ?
05:13Oui, oui, c'est ça. Et ça, c'est arrivé dans les années 90, et ça se développe sur tout
05:18le territoire.
05:18Comment ça se passe, la compétition ?
05:20Alors, donc, si on reprend, il y a, donc, sur la partie eau plate, je dirais, donc, ce sont beaucoup
05:26d'épreuves où il y a des techniques de sauvetage avec mannequin,
05:31la bouée tube, etc., parcours d'obstacles, etc., etc.
05:35Donc, ça, c'est ce qu'on voit à l'écran.
05:37Ça, c'est la partie eau plate.
05:38Et sur la partie côtière, on est sur des épreuves sur sable.
05:41Par exemple, il y a une épreuve qui est très marquante.
05:45C'est ce qu'on appelle les beach flags ou bâtons musicaux.
05:47Et par exemple, on a Anna Bravael, qui est de Biarritz, qui est championne du monde.
05:51Alors, c'est une course à l'australienne.
05:54Il y a, par exemple, 10 sauveteurs.
05:55On met 10 bâtons sur la plage et on élimine.
05:59Alors, vous allez me dire, quel est le rapport avec le sauvetage ?
06:02Eh bien, l'objectif de cette épreuve, c'est le sauveteur qui se retourne
06:08et c'est la main tendue du sauveteur qui va retirer le noyer.
06:11Voilà, c'est pour entretenir les réflexes.
06:13Il y a des courses sur sable, etc.
06:15Puis après, on a, dans les épreuves côtières, il y a des épreuves de nage,
06:20de sauvetage avec palme et bouée tube, où on va chercher le collègue.
06:25Des épreuves sur planche, donc ça s'appelle des rescue,
06:28des planches de sauvetage, des rescue boards.
06:31Et on a aussi un kayak un peu spécifique qui s'appelle le surfski,
06:34qui est un kayak de sauvetage.
06:37Et donc, tout ça, ce sont des épreuves qui se déclinent.
06:40Et puis, il y a l'épreuve qu'on espère qui va devenir olympique,
06:45c'est l'Océan Man et l'Océan Woman,
06:47où là, c'est un enchaînement d'épreuves où on court, on nage,
06:51on fait de la planche et on fait ce kayak de sauvetage.
06:57Et ce qu'on ne sait pas, avant la compétition, c'est dans quel ordre ça va être fait.
07:00Donc, c'est vraiment très visuel, très physique.
07:02Et ça, c'est cette épreuve-là qui serait retenue si on est olympique à Brisbane.
07:06Voilà, justement, j'allais revenir à Brisbane.
07:09Vous avez dit tout à l'heure, et vous avez raison,
07:11que l'Australie est quand même en pointe sur ce type d'activité.
07:14Ça peut être un atout pour être olympique en 2032 ?
07:18Oui, tout à fait.
07:18Alors, moi, en gros, l'Australie est déjà prête.
07:22Si vraiment cette épreuve est retenue, on sait que ça sera sur la Gold Coast,
07:27qui est à côté de Brisbane.
07:29Moi, j'ai été au championnat du monde en août 2024.
07:33Ils sont prêts.
07:34Il faut savoir que dans chaque plage, il y a un club de sauvetage.
07:38Et là-bas, ils ont des moyens, parce que les clubs de sauvetage,
07:41historiquement, ont géré les loteries.
07:43C'est-à-dire qu'en gros, l'équivalent des gueules cassées,
07:46les Australiens qui sont venus nous défendre et qui sont revenus,
07:49l'argent de la loterie finance ces clubs de sauvetage.
07:55Derrière, ils ont aussi leur restaurant, leur salle de sport, etc.
07:59Donc, il y a des moyens.
08:00Par contre, en contrepartie, ils assurent la surveillance aussi de la plage.
08:03Donc, c'est vraiment une culture.
08:05Et là-bas, c'est culturel.
08:07Il y a des gens qui sont habillés en sauveteurs,
08:09mais qui ne seront peut-être pas les sauveteurs.
08:10Mais ça sera la petite mamie qui va vous mettre de la crème,
08:14parce qu'ils luttent aussi contre le concert de la peau, etc.
08:17Donc, c'est vraiment très important et socialement de faire partie du club de sauvetage.
08:20Très bien.
08:21Les jeunes, justement, est-ce que c'est un de vos axes de développement ?
08:25Oui.
08:26Comment allez-vous chercher les jeunes ?
08:27Alors, je vous disais tout à l'heure,
08:31notre raison sociale, c'est la lutte contre la noyade à tous les niveaux.
08:34Et donc, on s'est très investis aussi dans le plan aisance aquatique.
08:38Et donc, on est très investis sur la formation des trois ans.
08:43Alors, ce n'est pas encore du savoir nager,
08:44mais c'est savoir se sauver et sauver l'autre, etc.
08:47Donc, ça, c'est la pratique, je dirais, un petit peu institutionnelle,
08:50avec nos sauveteurs qui sont aussi maîtres nageurs
08:53et qui répondent à cette attente ministérielle.
08:56Mais on a la partie sauvetage.
08:58Et donc, généralement, la plupart des clubs commencent à ouvrir décisant la pratique sportive.
09:05Alors, on a quelques exceptions où, dans certains clubs,
09:08ils appellent ça les clubs crevettes,
09:10où on initie, on est plus dans la partie aisance aquatique,
09:13mais décisant, allez, on commence la pratique
09:16et puis, ça se challenge et on y va.
09:19Parlons de l'équipe de France pour terminer.
09:21Alors, il y a des noms.
09:22Il y a Anna à Bravanel,
09:24il y a Margot Fabre, Anastasia Robagnac.
09:28Parlez-moi un peu de ces gens-là, comment ils s'entraînent ?
09:31Alors, je vous disais tout à l'heure,
09:32on a une direction technique nationale.
09:34Le directeur, c'est Mathieu Lacroix,
09:36qui challenge un peu toute cette équipe.
09:38On a aussi des salariés de la fédération
09:40qui sont rattachés dans ce pôle.
09:42On a un pôle sur la ville de Montpellier,
09:46où ils s'entraînent en bassin
09:48et à Carnot pour la Méditerranée.
09:53Donc, voilà, il y a tout ça.
09:55Puis, il y a aussi une détection tout au long de l'année.
09:57On a différents pôles sur Rennes, sur Biarritz,
10:01sur Cap-Breton, sur Amillot, etc.
10:04Donc, Paris.
10:06Donc, tous ces pôles-là,
10:07et ces structures de développement
10:08nous permettent d'avoir un visuel.
10:10Et puis, on a un sélectionneur
10:12qui, lui, repère, identifie.
10:15Et quand on prépare des championnats
10:17ou des compétitions,
10:19on les réunit.
10:21Par exemple, cet été,
10:22on était à Chêne-Dû pour les Jeux mondiaux,
10:26qui est donc l'équivalent,
10:27la deuxième division des Jeux olympiques.
10:29Et on est très heureux de nos résultats,
10:33puisqu'on a ramené un tiers des médailles
10:36pour la délégation française.
10:37Et surtout, on a ouvert le compteur
10:39avec la première médaille d'or.
10:40Ah, très beau.
10:41Quels sont les pays qui sont les plus performants ?
10:44On a parlé de l'Australie.
10:45Alors, si on reprend au niveau mondial,
10:47Australie, Nouvelle-Zélande,
10:49la France, on est troisième.
10:51Et ça, depuis 2012, je crois.
10:53Donc, on maintient ça.
10:55Donc, on aura les championnats du monde
10:57cette année en Afrique du Sud.
11:00Et on espère garder ce titre.
11:01Par contre, au niveau européen,
11:03on est champion d'Europe.
11:05Et là, il y avait les Jeux en Pologne.
11:07On a maintenu notre place.
11:08Donc, voilà.
11:09Première nation européenne
11:10et troisième nation mondiale.
11:12Donc, on veut maintenir tout ça.
11:14La répartition hommes-femmes dans la pratique ?
11:16Alors, on est pratiquement à du 50-50.
11:20Un tout petit peu plus d'hommes
11:21dans les licenciés.
11:22Mais dans la pratique,
11:23on a vraiment cette notion de parité intégrale.
11:28On a donné l'exemple avec notre comité directeur
11:31et notre conseil d'administration.
11:32On a une parité totale.
11:35J'ai un vice-président et une vice-présidente.
11:37La vice-présidente est la présidente
11:38de la commission sportive.
11:40Donc, c'est Annie Cahito.
11:42Et elle a une deuxième mission aussi
11:43qui est très importante pour moi.
11:45Elle est la référente de la lutte
11:47contre la violence dans le sport.
11:48D'accord.
11:49Ce qui ne vous concerne pas directement ?
11:52Non, mais enfin, on est très vigilant.
11:53On a des fois des signalements, etc.
11:54Et puis, des fois, vous savez,
11:58nos entraîneurs peuvent aussi des fois
12:00pratiquer dans d'autres fédérations.
12:02Et donc, on est très vigilant dessus.
12:04Et puis surtout, vraiment,
12:05un message qu'on veut passer chez nous,
12:07il n'aura pas la main qui tremble.
12:09Le président n'aura pas la main qui tremble.
12:10C'est la moindre des choses
12:12dans ce type de fédération.
12:15Racontez-moi, pour terminer,
12:17la discipline qui, pour vous,
12:19est la discipline de demain
12:20où vous pouvez être beaucoup plus grand public encore.
12:22Moi, je pense que, très honnêtement,
12:24actuellement, si vraiment on est olympique,
12:26le zoom va être sur cette épreuve
12:29qui est donc l'Océanman ou l'Océanwoman
12:31relais, relais mixte,
12:33avec l'enchaînement, tout ça.
12:34Donc, ça, ça va donner un visuel.
12:35Mais je pense que chez nous,
12:37tout le monde peut prendre ce qu'il a envie.
12:38C'est-à-dire qu'en gros,
12:39je dirais qu'un nageur d'eau plate
12:41n'est pas forcément le meilleur sauveteur sur la plage.
12:45D'accord.
12:46Et vice-versa.
12:47Et donc, c'est assez complémentaire.
12:49Et chacun trouve un peu,
12:50à travers toutes ses pratiques,
12:51ce qu'il a envie.
12:52Mais c'est vraiment...
12:54Il ne faut pas perdre l'origine.
12:55C'est un sport utilitaire.
12:56Et nos sportifs sont avant tout aussi des sauveteurs.
12:59Très, très joli.
13:00Bravo, en tout cas,
13:02pour cette approche très particulière du sport,
13:04très atypique,
13:04comme vous le disiez au début de cette émission.
13:07Il y a quand même un engagement citoyen
13:09et à la fois une compétition.
13:11Merci, en tout cas, de nous avoir rendu visite.
13:13Je rappelle que vous êtes président
13:15de la Fédération française de sauvetage
13:17et de secourisme,
13:18ce, depuis le 14 décembre 2024.
13:22Merci, merci et bon vent.
13:24A bientôt pour une nouvelle émission de Président.
13:25Sous-titrage Société Radio-Canada
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