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  • il y a 3 mois
Après près de quatre ans de détention en Iran pour des accusations d'espionnage, les ressortissants français Cécile Kohler et Jacques Paris ont été libérés et sont rentrés en France. La fin d'une très longue période d'incertitude pour les familles. Pierre Cochard, ambassadeur de France en Iran, est invité de BFMTV.

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Transcription
00:00Je suis très heureux de prononcer cette phrase de deux ex-otages français puisqu'ils sont revenus en France aujourd
00:04'hui.
00:05Pierre Cochard, bonjour, merci d'être avec nous.
00:07Vous êtes rentré avec eux, vous allez nous raconter ça dans un instant.
00:09Vous étiez également avec eux aujourd'hui à l'Élysée.
00:12On a enfin entendu le son de leur voix qui avait dû tellement manquer à leurs proches depuis 4 ans.
00:17Je voudrais qu'on voit si c'est possible cette image de l'Élysée ce matin.
00:21Vous les accompagnez, Emmanuel Macron est là, Cécile Collère, Jacques Paris.
00:25À ce moment précis de cette visite à l'Élysée, vous dites quoi ? Mission accomplie ?
00:30Oui, bien sûr, on se l'est dit dès qu'on a atterri sur le sol français.
00:34Mais bien sûr, l'accueil par le Président de la République, avec autour de la table non seulement la famille,
00:40les familles de Jacques et Cécile, mais aussi tous ceux qui ont contribué à leur libération,
00:45c'est bien sûr un aboutissement et une grande joie.
00:48À quel moment, vous, vous avez compris qu'ils allaient pouvoir entrer en France ?
00:52Je raconte en quelques mots les dernières années de Cécile Collère et Jacques Paris.
00:56Trois ans et demi dans l'une des pures prisons du régime.
00:59Puis, depuis le mois de novembre, ils sont à l'ambassade de France à Téhéran avec vous.
01:04Donc, à quel moment il y a un coup de fil ou quelque chose qui vous dit de la part
01:07du régime iranien,
01:08c'est bon, c'est fini, ils vont pouvoir rentrer à la maison ?
01:11En fait, c'est un long processus de discussion avec des allers et retours,
01:16dû notamment aussi aux circonstances dans le pays.
01:20Les grandes manifestations du mois de janvier, la guerre qui a débuté le 28 février,
01:25tout ça, ce sont des aléas qui compliquent les discussions que nous avons eues avec les autorités iraniennes.
01:29Mais il y a eu un signal positif, très clair, qui a été donné lors d'une conversation
01:34entre le ministre Jean-Noël Barraud et son homologue iranien, Abbas Arraqchi,
01:39qui a ouvert une possibilité sur laquelle nous avons travaillé pour aboutir à un accord ferme.
01:51Il arrive quand, cet accord ferme ?
01:53Il arrive en réalité la veille au soir de notre départ.
01:58Nous avions prévu de nous déplacer jusqu'à la frontière azerbaïgienaise
02:03dans le cadre des rotations qui servent à aérer un peu le personnel de l'ambassade
02:10dans cette période de guerre.
02:12Mais bien sûr, nous avons saisi cette occasion pour insister sur l'urgence
02:18pour Cécile et Jacques de rentrer en France.
02:21Et le feu vert définitif nous a été donné lundi soir.
02:24Lundi soir seulement.
02:25Quand vous annoncez ça à Cécile Paris et Jacques Collère,
02:29je vais y arriver, je les remets dans le bon sens,
02:31ils sont à côté de vous au moment de ce feu vert définitif ?
02:34C'est vous qui leur annoncez ?
02:35Oui, oui, c'est moi qui vais les voir d'abord,
02:37puisque ce feu vert a pris un peu de temps et plusieurs séquences.
02:41Donc je suis d'abord allé les alerter pour se tenir prêts
02:44en leur disant d'être très prus.
02:45Enfin, ils le savent, nous leur avons répété
02:47qu'il faut être habitué dans ces circonstances-là, dans ces situations.
02:51Ils l'ont malheureusement aussi été habitué à ça
02:53quand ils étaient à la prison des Vines.
02:55Il y a des hauts et des bas et des incertitudes.
02:57Donc je leur ai demandé de commencer à se préparer.
02:59De faire la valise.
02:59Voilà, de faire la valise, mais la confirmation définitive,
03:02ils l'ont eue vraiment à 10h du soir pour un départ le lendemain,
03:07mais ils étaient prêts.
03:08Ça veut dire que jusqu'au dernier moment, vous vous dites
03:09que ça peut encore capoter ?
03:10Absolument.
03:11Parce qu'ensuite, il y a eu un long trajet en voiture
03:13pour aller jusqu'à Bakou, en Azerbaïdjan,
03:16vous les avez accompagnés là aussi.
03:18Au moment où vous franchissez,
03:20on voit le périple que vous avez fait,
03:22donc d'abord en voiture jusqu'à Bakou,
03:24puis en avion pour revenir jusqu'à Paris,
03:26au moment où vous franchissez la frontière iranienne,
03:28vous, vous allez y revenir, eux non, évidemment.
03:31Il y a un échange, ils vous disent quelque chose,
03:33ils disent ça y est, cette fois on est sauvés ?
03:35Oui, bien sûr.
03:36C'est progressif tout au long du trajet,
03:38mais la sortie du territoire iranien est bien sûr pour eux
03:42un soulagement.
03:43Ils se savent à l'abri, ils se savent en sécurité,
03:45et bien sûr encore plus le retour en France,
03:48l'atterrissage ce matin.
03:49Donc à Roissy, pour eux, ça a été...
03:51Et ça se lisait sur leur visage, bien sûr,
03:53ce soulagement, on les comprend.
03:55Il y a eu beaucoup d'inquiétudes,
03:57même pendant la période où ils étaient à l'ambassade.
03:59Ils ont été très rassurés d'être sortis de prison,
04:02et ça a été notre objectif de les faire sortir rapidement,
04:05quitte à ce qu'ils passent quelque temps à l'ambassade.
04:07Mais bon, les circonstances de ces dernières semaines,
04:11les bombardements ont fait que les inquiétudes étaient fortes.
04:15Mais justement, monsieur l'ambassadeur,
04:16vous avez dit, ils sont sortis de prison aujourd'hui.
04:20Jacques Paris a dit, nous étions des otages d'État,
04:23et on a cherché à nous briser dans la prison d'Evine.
04:27Qu'est-ce qu'ils vous ont dit sur leurs conditions de détention ?
04:29Vous avez été plusieurs fois leur rendre visite
04:31pendant leur détention à la prison d'Evine.
04:34Qu'est-ce qu'ils vous disaient sur ces conditions de détention
04:37qui étaient particulièrement inhumaines, selon eux ?
04:39C'est à eux de raconter leur histoire,
04:43et ils le feront, j'en suis certain,
04:44parce qu'ils veulent le faire,
04:46et je les comprends tout à fait dans les jours qui viennent.
04:50Ils nous ont bien sûr parlé de leurs conditions de détention,
04:53des difficultés, de l'isolement, de la séparation,
04:56puisqu'ils se sont très peu vus, en fait,
04:58pendant ces trois ans et demi,
05:01du peu de communication qu'ils pouvaient avoir avec leur famille,
05:04du peu de communication qu'ils ont eue aussi avec l'ambassade,
05:07mon prédécesseur et moi-même.
05:10Moi, je les ai vus 15 jours avant leur sortie de prison,
05:14au cours d'une visite consulaire,
05:16et bien sûr, leur état de santé m'inquiétait.
05:19On les sentait fragiles,
05:23on les sentait très inquiets de ce qui allait leur arriver,
05:26n'y croyant plus trop, c'est ce qu'ils nous disaient.
05:30Donc, leur sortie de prison,
05:32où je suis allé les chercher à la porte de la prison d'Evine,
05:34donc 15 jours plus tard,
05:35a été pour eux un immense soulagement,
05:37et petit à petit, ils ont repris des forces.
05:39Vous avez dit, otage d'État,
05:42en fait, c'est Jacques Paris qui l'a dit lui-même,
05:44ils ont été libérés d'abord de la prison,
05:47ensuite, ils ont pu quitter l'ambassade.
05:48Quelle a été la contrepartie ?
05:50Est-ce qu'il y a eu un échange d'État à État,
05:52puisque eux-mêmes se qualifient d'otages d'État ?
05:55Il y a eu des discussions, bien sûr,
05:57qui ont débuté dès leur détention
06:00et qui se sont intensifiées, je dirais, depuis un an,
06:04au niveau du Président de la République,
06:05au niveau du ministre,
06:07les contacts ont été permanents avec leurs homologues
06:09pour obtenir cette libération,
06:14et on ne peut pas parler de contrepartie,
06:17c'est une négociation complexe,
06:18dans laquelle plusieurs éléments sont entrés en ligne de compte,
06:21c'est vrai.
06:22Mais la France, ça fait des gestes aussi ?
06:24C'est-à-dire ?
06:26Cette iranienne qui était en France...
06:28Elle a abandonné sa poursuite auprès de la Cour internationale de justice,
06:30et l'Iranienne qui était détenue en France
06:33a retrouvé sa liberté de mouvement.
06:35Oui, mais c'est le juge français qui a décidé
06:38de condamner Mme Madhia Essandiari
06:41à une peine de 3 ans, dont 2 avec sursis.
06:43Elle avait effectué presque un an de prison,
06:45donc elle a été libérée, et elle est libre aujourd'hui.
06:47C'est une décision du juge.
06:50Voilà, donc,
06:52il y a bien sûr des parallèles qui sont faits
06:54par nos interlocuteurs iraniens,
06:55c'est leur droit.
06:56Pour nous, il n'y a pas d'échange.
06:57Il y a eu une exigence constante de libérer
07:01Jacques et Cécile, qui, nous le savons,
07:03étaient innocents, et le sont.
07:04Et donc, il a fallu mettre en œuvre
07:06petit à petit cette décision,
07:08en parlant à des interlocuteurs
07:09qui, pour certains d'entre eux en tout cas,
07:12étaient convaincus que
07:15ces deux personnes devaient être libérées.
07:17Pierre Cochard, vous étiez à Téhéran
07:18il y a quelques heures encore.
07:19Téhéran qui est sous les bombes.
07:20On le raconte sur ce plateau.
07:22On le raconte avec Siavoche-Ghazy,
07:23le correspondant des RFI et de France 24.
07:25Mais une ambassade sous les bombes,
07:28dans une ville en tout cas,
07:29qui est sous les bombes,
07:29ça ressemble à quoi ?
07:31Ça ressemble à une grande incertitude.
07:34La ville est en partie désertée de ses habitants.
07:36Elle l'était encore plus
07:37parce que c'était la période de Nourouse
07:39et que les gens sortent volontiers de la ville.
07:40Vous pouvez sortir de l'ambassade ?
07:42Nous pouvons sortir de l'ambassade.
07:44Vous pouvez voir ce qui s'y passe.
07:45Oui, bien sûr.
07:48L'ambassade est au centre de la ville.
07:50Je suis allé, et mes collaborateurs aussi,
07:51plusieurs fois au nord de la ville
07:53pour des rendez-vous, pour rencontrer des personnes.
07:54Donc on traverse une ville en partie déserte
07:57avec bien sûr des forces de sécurité omniprésentes,
08:00des checkpoints,
08:02et puis une nervosité
08:04chez ces organes de sécurité
08:07liés au bombardement,
08:08au fait qu'ils ont été ciblés
08:10par des drones spécifiquement,
08:12notamment les checkpoints.
08:12Donc voilà, c'est un climat bien sûr d'insécurité.
08:14Les bombardements, c'est très...
08:16C'est la première, j'espère,
08:18la dernière expérience de bombardement que j'ai eue.
08:22C'est très difficile à expliquer.
08:25Un bombardement très violent
08:26qui tombe à côté de l'ambassade
08:28au milieu de la nuit
08:29crée une sorte de malaise.
08:31En tout cas, dans mon cas,
08:31les réactions sont diverses.
08:34Je ne peux pas parler d'une angoisse immédiate,
08:36mais ça crée un malaise
08:37et ce sont des bruits très sourds,
08:39surtout les bombes à pénétration
08:40qui ont été utilisées notamment
08:41pour détruire le bureau du guide
08:45qui a été la première frappe
08:46le 28 février
08:47et qui était à quelques centaines de mètres
08:50de l'ambassade.
08:50Donc ça, vous l'avez vraiment vécu.
08:52Vous avez des contacts aussi
08:53avec les Iraniens, je suppose,
08:54ceux qui travaillent à l'ambassade
08:55et ceux que vous pouvez croiser
08:57pendant vos déplacements professionnels.
08:59La population iranienne,
09:00elle vit comment depuis 40 jours ?
09:03Je crois qu'il faut se demander
09:04comment elle vit depuis plusieurs mois maintenant.
09:06Parce que succession de guerres,
09:09de manifestations et de répressions violentes,
09:12à nouveau une guerre,
09:13des destructions terribles,
09:15c'est une population
09:16qui est complètement désespérée
09:19et perdue.
09:20Je dirais, perdue face à la réalité
09:22de la guerre qu'elle vit au quotidien
09:24et perdue face aux discours qu'elle entend
09:26qui sont des discours de destruction.
09:31Mais désespérée par le régime
09:33qui, on sait, a pas hésité à massacrer
09:36des dizaines de milliers de personnes
09:37en deux jours seulement,
09:39ou désespérée aussi par les frappes ?
09:40Mais bien sûr aussi désespérée par les frappes
09:42et par l'absence de perspective.
09:44Donc il y a eu des évolutions.
09:46Moi, je ne peux pas m'exprimer
09:47aux dents de la population iranienne.
09:48Nous avons des contacts
09:49qui nous permettent d'avoir quelques indices.
09:52Mais je dirais que quand nous avons aujourd'hui
09:55un cessez-le-feu, heureusement,
09:56mais il y avait une extraordinaire fatigue
09:59de la population,
10:00une fatigue nerveuse.
10:02La population est à bout
10:03et on peut la comprendre.
10:06Les Iraniens méritent beaucoup mieux
10:07que ce qu'ils vivent aujourd'hui.
10:09Vous avez dit que les rues sont quasiment désertées.
10:11Il y a beaucoup de checkpoints.
10:13Il y a tout de même une vie qui continue.
10:15Oui.
10:15Il y a des commerces qui sont ouverts.
10:18Il y a une vie qui reprend petit à petit,
10:19qui reprenait même quelques jours
10:21avant qu'on soit parti,
10:21puisque les fêtes de Nouros, encore une fois,
10:23sont traditionnelles.
10:24Un peu le mois d'août chez nous, si vous voulez.
10:26Donc la vie, l'activité, la circulation,
10:28les bouchons ont repris,
10:30mais quand même dans une atmosphère
10:32qui était très pesante pour la population.
10:35Monsieur l'ambassadeur,
10:36est-ce que vous avez, vous, des chiffres
10:38sur le nombre de victimes en Iran
10:40au cours des événements de janvier ?
10:41Parce que l'Iran dément qu'il y ait eu
10:4430, 40 ou 45 000 morts.
10:45Trump, le président américain,
10:47a parlé de 45 000 morts.
10:48Quelle est votre appréciation à vous
10:49de ce qui s'est passé ?
10:50Je ne peux pas m'engager sur des chiffres.
10:51Nous avons vu les chiffres
10:52d'organisations indépendantes
10:54qui évoquent des chiffres
10:56qui pourraient être entre 15 et 30 000 morts.
11:00Ce que je peux dire,
11:01c'est que...
11:01Mais ce n'est pas une évaluation scientifique,
11:04c'est les quelques personnes
11:06avec lesquelles nous avons pu parler
11:07de ces événements du mois de janvier.
11:11Beaucoup d'entre elles connaissent
11:12quelqu'un qui a été tué
11:13ou qui a été gravement blessé.
11:15Donc c'est certainement
11:16un nombre de morts très important
11:19en quelques jours,
11:20en deux jours en réalité.
11:21Donc je ne peux pas vous donner un chiffre,
11:23mais c'est bien sûr
11:24un chiffre très important,
11:26trop important
11:28pour les Iraniens.
11:29Je sais que vous êtes soumis
11:30à un devoir de réserve.
11:32Qu'est-ce que vous dites
11:32à ceux qui s'étonnent
11:34que les Iraniens ne redescendent pas
11:36dans la rue aujourd'hui
11:37alors que le régime est fragilisé ?
11:39On parlait il y a quelques minutes
11:42avec Ulysse Gosset
11:43de ce qu'a dit
11:44Benjamin Netanyahou
11:45à Donald Trump
11:45au début de la guerre.
11:46On sait que cette rencontre
11:48a eu lieu 15 jours avant les frappes.
11:49Le Premier ministre israélien
11:50vient voir le président américain
11:51et il lui dit
11:52« mes services savent que les Iraniens
11:55aux premières bombes qui tomberont
11:57si le régime est décapité
11:59redescendront dans la rue
12:00et ils sont prêts
12:00à faire tomber le régime ».
12:01Ces manifestations,
12:02semble-t-il,
12:03n'ont pas lieu aujourd'hui.
12:05Est-ce que vous savez pourquoi ?
12:06Je pense qu'au départ
12:08c'était une erreur d'appréciation
12:11évidente quand on connaît l'Iran
12:13que de penser que sous les bombes
12:15bien sûr la population
12:18a vécu des moments très difficiles
12:21et donc il y a dans une partie
12:23de la population une exaspération
12:25et depuis plusieurs années
12:28maintenant il y a eu des mouvements
12:29de protestation.
12:32Mais il y a aussi
12:35dans cette population iranienne
12:39un rejet de la guerre
12:41la volonté de vivre en paix
12:45une forme aussi de nationalisme
12:47de fierté nationale
12:48qui fait que face à des affirmations
12:51qui promettent la destruction
12:53d'une civilisation
12:54leur réaction n'est pas forcément
12:56celle qu'attendent
12:59les auteurs de ces déclarations.
13:01donc c'est une
13:03encore une fois
13:04c'est une population
13:06qui est fatiguée
13:06qui est taboue
13:07qui a envie de liberté
13:09qui a envie de paix
13:11mais la guerre n'est pas la réponse
13:13qui va les satisfaire
13:15et en tout cas
13:18j'imagine mal aussi
13:19pour des raisons de propre sécurité
13:23je ne les imagine pas
13:24descendre dans la rue
13:25sous les bombes
13:25et ça ne s'est pas passé.
13:27Un mot monsieur l'ambassadeur
13:28du régime
13:29Donald Trump dit
13:30le régime a été renversé
13:32comment vous appréciez-vous
13:34la capacité du régime
13:35à se maintenir en place
13:36et pour revenir à la libération
13:38de nos deux compatriotes
13:39est-ce que vous voyez
13:39dans cette libération
13:41quasiment la veille
13:42de l'ultimatum
13:43un signal des Iraniens
13:44à l'égard de la France
13:46un geste
13:47qu'est-ce que vous en pensez ?
13:48Encore une fois
13:49je vois plutôt cette libération
13:51comme l'aboutissement
13:52de très longues discussions
13:53beaucoup de facteurs
13:54sont intervenus
13:55au cours des derniers mois
13:57qui ont pu faciliter
13:59ou compliquer les choses
14:01donc je n'attribuerai pas
14:04cette décision
14:05à des événements récents
14:07la volonté de faire un geste
14:11à l'égard de la France
14:12elle est manifeste
14:13depuis plusieurs mois
14:13après le système iranien
14:15est un système complexe
14:16dans lequel plusieurs
14:17je dirais
14:18cercles de pouvoir
14:20doivent intervenir
14:21donc ça prend du temps
14:23voilà
14:23mais
14:23et le régime
14:25aujourd'hui
14:25il tient
14:26ou est-ce qu'il est
14:28totalement affaibli
14:29et menacé
14:30de chuter
14:32le régime iranien
14:33quoi qu'on en pense
14:35n'est pas une dictature
14:36personnelle
14:37ça n'est pas
14:38une dictature
14:39clannique
14:39c'est un système
14:41sur lequel on peut avoir
14:43un avis
14:43une condamnation
14:45estimer qu'il ne partage pas
14:46et c'est le cas
14:47bien sûr
14:47de nos valeurs
14:48mais c'est un système
14:50qui est ancré
14:50dans la population
14:51avec un soutien
14:52qui n'est
14:54qui n'est pas négligeable
14:56au sein de la population
14:56on le voit ces derniers temps
14:57avec des manifestations
14:58qu'ils organisent
14:59dans les rues
15:00il y a bien sûr aussi
15:01une partie de la population
15:02importante
15:03qui a pris ses distances
15:06mais
15:07estimer
15:07pouvoir
15:08le renverser
15:09en tuant une personne
15:10ou même une dizaine
15:11ou une centaine de personnes
15:12je crois
15:14c'est mon avis personnel
15:15que c'est un mauvais calcul
15:16merci beaucoup
15:18Pierre Cochard
15:18merci beaucoup
15:18Merci.
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