- il y a 17 heures
Depuis les années 90, Adama Dahico fait rire tout en faisant réfléchir. Avec son humour satirique et son regard critique sur la société, il s’est imposé comme l’une des figures marquantes de la scène ivoirienne.
Dans « 10 minutes avec… », il revient sur son parcours, ses engagements, ses rencontres marquantes et ses projets.
Dans « 10 minutes avec… », il revient sur son parcours, ses engagements, ses rencontres marquantes et ses projets.
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00:12Bonjour, vous faites bien de nous suivre, merci d'être venu.
00:17Humoriste engagé, acteur, écrivain, chroniqueur radio, président de parti politique dont il fut candidat malheureux en 2010,
00:26avec son humour satirique et surtout son regard critique sur la société depuis plus de trois décennies,
00:33il s'est imposé comme l'une des figures marquantes de la scène ivoirienne, voire même africaine.
00:40Avec lui, nous allons revenir sur son parcours, ses engagements, ses rencontres marquantes et ses projets.
00:47A l'état civil de l'eau, Adama, Adama Daïko pour la scène.
00:52Bonjour, monsieur le président.
00:55Bonjour, mon cher ami Lai Junior Diakiti.
00:59Merci également à tous ces millions d'internors, de téléspectateurs qui nous suivent.
01:05Je suis très heureux d'être là.
01:06Le plaisir partagé.
01:07Merci.
01:07Alors, le parcours est très long, si l'on doit égrener, je pense que nous allons, même une heure de
01:15temps ne suffira pas.
01:17Mais nous allons quand même essayer de faire un petit effort, tout en un début.
01:23Le début c'était quoi déjà ?
01:25Comme on le dit, les deux grands commencent toujours par la fin.
01:30Mais nous allons commencer cette fois-ci par le début.
01:33Par le début.
01:34Et ça sera mieux.
01:35Voilà.
01:36Et comme tout enfant de mon âge, j'étais passionné par tout ce qui était art, comédie, humour.
01:43Et à l'école, nous appartenions à un club littéraire.
01:49Donc, avec le théâtre, comme formation de base.
01:54Chaque fois, quand il y avait des manifestations de fin d'année, on nous choisissait pour déclamer des poèmes, jouer
02:00des extraits, des textes de théâtre.
02:02Et après la classe de seconde, on a eu envie d'intégrer officiellement une école d'art dramatique.
02:08Donc, voilà pourquoi je me forme sur l'État.
02:12Et après une formation de comédien, je vais rencontrer des personnes comme Tonton Bouba, Sidi Kibakaba, avec lesquelles j'ai
02:21beaucoup travaillé.
02:22Et puis bon, je rentre aussi à la radio pour développer le côté humoristique.
02:28Et Dieu merci, aujourd'hui, on compte parmi les humoristes qui inspirent une certaine génération.
02:36Vous l'avez souligné tout à l'heure, vous avez travaillé avec Sidi Kibakaba, l'une des figures emblématiques de
02:45la culture ivoirienne, on va dire même africaine.
02:49C'était quand et où ? Et cette collaboration, c'était quoi ?
02:53Avec le maître Sidi Kibakaba, que je salue au passage, nous avions un groupe, les Rigolos d'Abobo.
03:03Et quand décède, lui, son mentor, qui est Doutasek, grand acteur sénégalais, donc Sidi Kibakaba décide d'organiser une fresque,
03:16un spectacle intitulé La Métamorphose.
03:18Un spectacle dans lequel il voulait la participation de jeunes comédiens et des anciens comédiens.
03:25Et il nous a découvert, nous, les Rigolos d'Abobo.
03:28Et il nous a fait l'amitié et aussi la promesse d'organiser un stage pour nous perfectionner.
03:35Donc quand il est parti en France, après le spectacle, il est revenu, il a lancé le stage.
03:40Donc nous étions un certain nombre de jeunes.
03:43Dieu merci, on est passé entre ses mains à l'acteur studio.
03:47Et je crois, après la formation, Sidi Kibakaba me cocte pour jouer dans une des pièces de théâtre qu'il
03:53était en train de créer.
03:54Mettre un rôle de Atol Fouga, deux représentations à l'Institut français à Bijan.
04:00Et puis bon, voilà comment, après c'est des films, après c'est être son assistant au Palais de la
04:06Culture quand il fut directeur.
04:08Et j'étais chargé de l'école acteur studio qu'il avait mis en place.
04:12Un mentor pour vous alors ?
04:13Oui, il s'est dit que c'était un grand frère, c'était un mentor.
04:16Il s'est dit que c'est quelqu'un vraiment qui m'a donné cette opportunité.
04:22Est-ce que c'est celui qui vous a poussé à aller au cinéma ?
04:26Oui, quand on est comédien de théâtre, on est dans le cinéma.
04:31Mais il faut trouver aussi des producteurs, des réalisateurs qui puissent vous faire confiance.
04:35Pour vous donner des rôles qui vous permettront vraiment de vous exprimer.
04:41Donc avec lui, j'ai eu la chance de jouer dans Roulim, il était parmi les acteurs principaux.
04:45Et puis il a joué dans Tannoy de Lagune, un long métrage aussi de Sidi Kibakaba.
04:50Et puis je crois qu'on a monté deux ou trois pièces, c'est ça la même.
04:57On vous a vu aussi dans la série Ma famille.
05:02Oui, Ma famille, c'était avec Accidenta et tout.
05:05Voilà, donc Top Radio, Ma famille, Kakao.
05:10Voilà, et puis j'ai deux ou trois séries dans lesquelles j'ai tourné qui ne sont pas encore diffusées.
05:16Et le dernier long métrage dans lequel j'ai tourné, c'est le long métrage réalisé par Jean-Pascal Zaddy,
05:23franco-ivoirien, qui vit en France.
05:26Le dernier, je crois que c'est le dernier départ, j'ai joué dans ce film.
05:32Vous vous sentez très bien dans votre pot d'acteur de cinéma ?
05:35Ben, je suis comédien de théâtre, je suis humoriste de scène.
05:40C'est vrai que je ne joue pas tous les jours dans des films,
05:43mais chaque fois qu'on m'a confié un personnage ou un rôle dans un film,
05:46je me suis senti bien dans mon rôle parce que c'est comme si on avait écrit le personnage pour
05:50moi.
05:51Et cette carrière continue ?
05:52Ben, ça continue, je suis ouvert à tous les cinéastes de Côte d'Ivoire ou d'ailleurs
05:56qui me veulent comme acteur dans un film, je suis disponible.
05:59Très bien. Vous avez aussi, dans votre discographie,
06:03vous avez eu quelques albums, j'allais dire les cassettes à l'époque.
06:08Tout à fait. Le premier, c'est Hedja Mabiei.
06:13Dans Hedja Mabiei, on a six sketchs et deux musiques,
06:16dont une musique reggae et puis Ambiance Mapuka.
06:20Voilà, Alain Sawaya et Olivier Blé ont arrangé cela.
06:23Mais après, on vous a plus écouté, hein ?
06:26Oui, oui, si, si.
06:27C'est quoi ? Vous avez mis fin à…
06:28Non, après le premier album, on a fait « Je suis candidat »,
06:31c'est là où j'ai fait le diagnostic « La mère d'Afrique qui tombe malade ».
06:34Oui.
06:34Et puis on a eu pas mal de sketchs à l'intérieur.
06:37Ensuite, il y a eu le troisième album,
06:41arrangé et produit par Bokana Maïga.
06:43Et après ça, j'ai fait « Monsieur le Président », etc.
06:46Mais tout s'est passé, après le premier album,
06:49tous les autres sont sortis quand nous étions dans des moments de crise.
06:53Voilà, il n'y avait pas trop de stabilité.
06:55C'est vrai que vous avez… vous étiez dans le temps de crise,
06:58mais est-ce que ces chansons ou encore ces sketchs que vous avez montés
07:03n'est pas d'actualité de nos jours ?
07:05Oui, oui, tout à fait.
07:06Quand vous écoutez tous les sketchs produits par le Dromica,
07:10Adama Daiko, le Dromica,
07:12on a l'impression qu'on a prédit un certain événement.
07:16Vous étiez en avance sur le temps.
07:18Oui, l'artiste est un éveilleur de conscience.
07:20Ce n'est pas seulement pour divertir,
07:22mais c'est pour amener les uns et les autres
07:24à prendre leurs responsabilités face à une situation donnée.
07:27Et le temps nous a donné raison dans certains cas.
07:31Et puis bon, on a beaucoup crié au niveau de l'audio,
07:34mais aussi pour la scène, il y a eu pas mal de spectacles,
07:37il y a eu pas mal de festivals.
07:39Dix ans de festivals, c'est énorme.
07:42D'accord.
07:43C'est vrai, à l'époque, c'était juste audio, cassette et tout.
07:47Mais puisque c'est encore d'actualité,
07:49est-ce qu'il n'y a pas un moment de refaire
07:52ou de reproduire encore ces œuvres-là,
07:57digitalisées pour mettre à la disposition,
07:58pour que les gens puissent écouter ?
08:00Ça a été fait, ça a été fait.
08:01Quand vous allez sur différentes plateformes,
08:02vous pourrez écouter les œuvres d'Adama Daiko.
08:07Mais j'avoue que je suis un peu déçu,
08:11parce que des producteurs se sont improvisés,
08:16qui ont cédé mes œuvres à des structures.
08:21Et bon, quant au retour financier,
08:27l'artiste que je suis, je ne bénéficie pas de mes droits.
08:31Les droits d'auteur.
08:32Je pense que nous allons avec notre staff…
08:35Vous allez entamer la démarche pour cela.
08:36Non, non, non, on va entamer.
08:37Il y a des avocats, il y a des juristes qui n'attendent que ça.
08:42Ce type de dossier-là.
08:43Oui.
08:45Il faut que les choses se rétablissent.
08:47Monsieur le Président, vous avez parlé tout à l'heure
08:49d'un événement que vous avez créé.
08:51Il s'agit d'un festival de bonne humeur,
08:53j'appelle ça comme ça.
08:55Depuis quelques années, on n'assiste plus à ce festival.
09:00Oui.
09:00Qu'est-ce qui s'est passé ?
09:01Le festival est arrêté ?
09:03Oui, c'est vrai.
09:04C'est fini ?
09:05Qu'est-ce qui ne va pas ?
09:05C'est vrai, vous avez tout à fait raison.
09:06Beaucoup se posent la question.
09:11À l'époque, en 2003, il y avait une nécessité, il y avait un besoin.
09:15J'étais pratiquement l'un des seuls humoristes engagés,
09:19c'est-à-dire qui était au devant,
09:21quand bien même il y avait d'autres humoristes de ma génération,
09:25mais j'étais celui-là qui avait porté vraiment le projet.
09:29Et beaucoup de jeunes voulaient embrasser la carrière d'humoriste,
09:32mais il fallait créer un espace, il fallait créer un mode d'expression,
09:36et c'est le festival qui répondait vraiment à toutes ces interrogations-là.
09:41Donc, j'ai créé le festival qui s'en est sur trois jours,
09:44avec des spectacles comme Maki le Dromikan,
09:46où tu as des anciens comme des jeunes.
09:48C'est là où on a découvert Bukhari, dans un de ses numéros.
09:53Et puis, il y a la nuit du One Man Show,
09:57tu as par exemple le troisième jour réservé uniquement aux nouveaux talents qu'on détectait.
10:04On a produit le festival pendant, je crois, huit ans,
10:08et après les élections, il y a eu une pause de sept ans,
10:11et on a fait deux éditions pour compléter à dix.
10:14On peut s'attendre à la relance de ce festival-là ?
10:17Oui, tout à fait.
10:18Très bientôt ?
10:18Oui, voilà.
10:19Mais nous comptons relancer le festival,
10:22mais avec une autre vision, avec d'autres objectifs.
10:27Sinon, il y a des festivals qui se sont créés partout en Afrique,
10:29mais il y en a qui n'ont pas pu faire plus de deux éditions,
10:32parce que, bon, on a inspiré beaucoup.
10:35Mais je voudrais rassurer, n'est-ce pas, nos fans,
10:38je voudrais rassurer les amoureux de l'humour,
10:40que nous travaillons pour le retour du Festival international du Rue d'Abidjan Fira,
10:45le premier festival d'humour professionnel en Côte d'Ivoire.
10:47Ça a été arrêté pour faute de financement ?
10:50Non, ça a été arrêté, pas pour faute de financement,
10:53mais je crois qu'il fallait le faire.
10:56Il fallait le faire pour des raisons que je ne vais pas trop expliquer ici,
10:59mais je crois que l'environnement est maintenant favorable.
11:01D'accord.
11:02Le monde du spectacle a connu une évolution avec l'arrivée du numérique,
11:06notamment les réseaux sociaux.
11:08Comment vous arrivez à vous adapter à cette nouvelle réalité, monsieur le président ?
11:15Vous savez, il y en a d'âge qui dit que tant que vous avez le souffle de vie,
11:18l'inspiration, la création, l'innovation n'ont pas de limites.
11:23Et nous faisons un métier qui est très difficile,
11:26parce qu'aujourd'hui, on parle de numérisation, on parle de technologie.
11:31Mais les techniques d'aujourd'hui, dans 10 ans, 20 ans, seront des techniques révolues,
11:36puisque chaque jour, on essaie d'apporter un nouveau souffle à ce qui existe.
11:41Nous, à notre époque, il n'y avait pas tous ces réseaux-là,
11:44mais on arrivait quand même à se faire une pince au soleil,
11:47à travers des émissions télé et radio, et de la presse écrite également.
11:50On s'adapte, on s'adapte.
11:53Les jeunes disent que c'est le temps, mais demain, ils seront vieux.
11:56Il va falloir qu'ils s'adaptent aussi.
11:58Nous sommes obligés de nous adapter pour être dans le mouvement.
12:03En un seul mot, chacun a son temps.
12:06Chacun a son temps.
12:07Il faut s'adapter à ce temps.
12:08Voilà, tout à fait.
12:09Très bien.
12:10Monsieur le président, vous êtes un artiste au complet.
12:12On peut dire ça comme ça.
12:13Bon, complet, c'est trop dit, mais un artiste qui s'est donné,
12:19la possibilité de s'exprimer sur tous les terrains.
12:22Une carrière, ce n'est pas une course de vitesse,
12:25mais c'est plutôt une bonne marche avec de bonnes démarches.
12:29À un moment donné, on se pose des questions.
12:30On veut continuer, mais on continue comment ?
12:32C'est vrai que je suis comédien.
12:34Ça, c'est la formation de base.
12:36Donc, j'ai eu les rudiments qui me permettent
12:39d'être peut-être un jour animateur d'un programme
12:41en fonction du film.
12:43Vous le faites déjà, chroniqueur radio.
12:45Maintenant, je suis chroniqueur radio.
12:46C'est la radio qui m'a révélé au grand public, en fait.
12:49C'était le début.
12:50Voilà.
12:50Et après les élections, je suis revenu à la radio
12:53dans une autre dynamique de chroniqueur
12:55et à mettre un directeur artistique
12:56de l'émission dans laquelle je suis.
12:58Voilà.
12:58D'accord.
12:59Sous-titrage Société Radio-Canada
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