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  • il y a 2 jours
Emploi, logement, pouvoir d'achat… Quel programme pour la jeunesse ?

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00:08Et bienvenue dans les informés de l'écho, votre rendez-vous de décryptage de l'actualité économique chaque samedi sur
00:13France Info avec le Cercle des économistes.
00:15Et avec vous, Emmanuel Cuny, bonjour.
00:17Bonjour à tous.
00:17Nos deux invités aujourd'hui sont Nathalie Chusseau, professeure d'économie à l'université de Lille, chercheuse associée à la
00:23fondation du risque,
00:24et El Moub Mououd, président de l'université Paris, sciences et lettres, membre du Cercle des économistes.
00:29Bonjour à vous deux.
00:29Bonjour.
00:30On va parler des jeunes aujourd'hui, Emmanuel, et des politiques mises en place pour les soutenir dans leurs projets.
00:35Oui, comment les jeunes réagissent à l'actualité internationale avec la guerre au Moyen-Orient ?
00:41Et puis surtout, quelles réponses apporter à leurs attentes ?
00:44Des jeunes partagés entre exaspération et volonté, c'est vrai, de s'assumer dans le monde du travail, mais leurs
00:50attentes sont-elles prises en considération ?
00:52Quelle place occupe cette jeunesse dans le budget de la France, par exemple ?
00:57Voilà, c'est un sujet capital, on va y revenir en détail.
01:00Alors, une enquête de la FAGE, la Fédération des associations générales étudiantes, qui a été révélée il y a quelques
01:06semaines sur France Info,
01:07Eh bien, cette étude de la FAGE montre l'état de précarité de cette partie de la population, comme le
01:14résume la présidente de cette association, Suzanne Nijdam.
01:19On a plus d'un étudiant sur cinq qui actuellement vit avec moins de 100 euros après avoir payé son
01:24loyer.
01:24Moins de 100 euros, donc, pour choisir de faire des sacrifices entre sa nourriture, entre ses soins et entre, tout
01:30simplement, sa survie.
01:31Et donc, ça emmène à des étudiants qui sautent des repas vraiment chaque semaine, qui n'ont pas la possibilité
01:35de se soigner décemment,
01:36et surtout qui se sursalarient derrière, qui a des impacts énormes sur à la fois la qualité de leurs études
01:42et plus largement leur avenir derrière.
01:44Voilà, donc on voit ce constat accablant. Près d'un quart des étudiants vivent aujourd'hui en France avec moins
01:50de 100 euros une fois leur loyer payé.
01:52Un étudiant sur trois est en situation de mal logement. Donc, quelles solutions de moyen et long terme pour la
01:58jeunesse ?
01:59Et quelles priorités dans la perspective de la présidentielle 2027 ?
02:02Oui, évidemment, on va se projeter aussi. Ça arrive très vite, Nathalie Chusseau.
02:06Est-ce que la jeunesse, ses 15-30 ans, sont les grands oubliés aujourd'hui de la politique gouvernementale ?
02:12Évidemment que oui, parce qu'on a commencé à parler du budget, mais dans les choix, les arbitrages budgétaires,
02:20on voit bien qu'on a choisi de privilégier les retraités, par exemple, en ne supprimant pas ce fameux abattement
02:28de 10% sur les frais professionnels,
02:30des retraités qui n'ont par définition pas de frais professionnels, et d'un autre côté de baisser les aides
02:35à l'apprentissage.
02:36Donc, on ne voit pas de politique du logement, pas de politique, pas de choc de formation,
02:41alors que dans cette situation actuelle de révolution numérique, de l'IA, on va revenir, on va parler de l
02:48'emploi,
02:48c'est absolument fondamental avec un système éducatif français qui fonctionne mal, on est très mal classé,
02:55on dégringole, qui reproduit massivement les inégalités sociales à l'école.
02:59– Du classement des universités, là, vous parlez ?
03:00– Alors, des classements PISA sur les résultats des élèves de 15 ans,
03:06on dégringole dans toutes les dimensions, les maths, les sciences et la compréhension d'écrit depuis une vingtaine d'années,
03:14et donc, on ne voit rien sur un choc de formation, on ne voit rien sur la politique du logement,
03:19on va y revenir, mais c'est aussi une précarité importante pour les jeunes,
03:24et de la précarité qu'on voit, nous, à l'université, qu'on a vu avec la Covid,
03:28on a mis en place, par exemple, à l'université de Lille, des aides alimentaires,
03:32parce que pendant la Covid, confinement, ces jeunes ne pouvaient plus travailler,
03:35et ils crevaient de faim, et donc, à un moment, il faut quand même se poser la question
03:39de ce qu'on veut faire pour l'avenir de ce pays.
03:42– Même s'il y a eu quelques mesures pour le repas à 1 euro, notamment pour les étudiants,
03:46des mesures qui ont été prises, qui sont encore valables aujourd'hui, c'est à minima,
03:49je vois votre tête, c'est à minima, elle moumoute, justement,
03:51la jeunesse oubliée de la politique gouvernementale ?
03:54– Non, mais c'est vrai qu'on sous-investit, en France, dans l'éducation,
03:57on sous-investit dans l'enseignement supérieur,
04:00les situations sont très contrastées d'un jeune à l'autre,
04:05la moyenne des 25% dont on vient de parler, là, par travers cette enquête,
04:09cache des inégalités extrêmement fortes.
04:11Or, on a des politiques publiques qui ne sont pas ciblées,
04:14le reste eu à 1 euro, c'est juste 80 millions d'euros
04:17qui sont finalement affectés à tout le monde, quel que soit le revenu,
04:20alors ce dont on a besoin, c'est de viser les 25% justement de précarité
04:25et d'augmenter très largement le niveau d'investissement.
04:28Or, le problème qu'on a, c'est qu'en fait, on sous-investit,
04:31on pense qu'on dépense beaucoup pour l'enseignement supérieur, par exemple,
04:33mais en réalité, la dépense publique d'éducation,
04:38elle est 8% pour l'éducation dans les pays en France,
04:43contre 10% à 11% dans les pays de l'OCDE,
04:46donc on a une vulgate en plus sur le fait qu'on investisse énormément.
04:49Mais non, on sous-investit dans l'éducation.
04:51L'éducation, c'est fortement l'arme dans la compétition mondiale aujourd'hui,
04:57dans un monde qui a changé, qui est un monde fondé aujourd'hui,
05:00c'est ce que j'appelle le techno-impérialisme,
05:01et donc en fait, on n'est plus dans la même situation,
05:03et c'est la jeunesse qui devrait être le moteur de la croissance,
05:07le moteur des gains de productivité.
05:09Or, on sous-investit et on disperse les aides publiques sur très peu,
05:13sur tout le monde, alors qu'il faut les concentrer sur les jeunes qui en ont besoin,
05:17sur ces gens qui décrochent, etc.
05:19Avec, on l'a dit, donc près d'un quart des étudiants
05:21qui vivent aujourd'hui avec moins de 100 euros
05:23une fois qu'ils ont payé leur loyer, Emmanuel.
05:25Les enquêtes d'opinion montrent que ces jeunes, ils souffrent,
05:28mais qu'ils font preuve aussi de résilience.
05:29Oui, alors, on a parlé tout à l'heure de l'enquête de la FAGE.
05:32Il y a une autre étude qui vient d'être publiée,
05:35réalisée par l'Institut d'études Elab pour le Cercle des économistes,
05:39et dans la perspective, justement, des rencontres économiques d'Aix-en-Provence,
05:42qui auront lieu le premier week-end de juillet.
05:46Et cette étude est intitulée
05:47« Non-assistance à jeunes en danger, comment les 15-29 ans appréhendent leur avenir ? »
05:525 000 jeunes ont été interrogés.
05:55Alors, il y a quatre points essentiels, je vais faire très vite, à en tirer.
05:57D'abord, les jeunes sont exaspérés, je le disais,
06:00de l'omniprésence du débat sur les retraites dans notre pays.
06:03La majorité d'entre eux reste très attachés à leur territoire.
06:07Ça, c'est très important.
06:08Le travail reste évidemment une valeur essentielle à leurs yeux,
06:12mais, et c'est le quatrième point,
06:14dans des conditions de fonctionnement adaptées à la société post-Covid.
06:18Donc, on a besoin de s'adapter à tout cela.
06:20En résumé...
06:20Avec le travail, par exemple ?
06:21Oui, entre autres, effectivement, la mobilité, c'est très important.
06:25Donc, en résumé, on voit que les jeunes ne représentent pas la génération de la flemme.
06:31Ce ne sont pas des flemmards, comme certains économistes osent le dire encore aujourd'hui.
06:35Une chose est sûre, on voit ici que les jeunes sont extrêmement fragilisés
06:39par l'accumulation des crises,
06:41et ce n'est certainement pas celle qu'on est en train de vivre aujourd'hui au Moyen-Orient,
06:45qui, si on ne prend pas des mesures, peut améliorer les choses.
06:48Nathalie Chusseau, on a entendu vos constats sur le manque d'investissement.
06:50Ce serait quoi, une vraie bonne politique de l'emploi pour les jeunes ?
06:53Déjà, on l'a dit, investir dans l'éducation,
06:56et il faut réformer massivement notre système éducatif,
06:59déjà de formation initiale.
07:00Il y a d'autres pays qui l'ont fait, dans les années 2000, par exemple la Finlande,
07:04ça marche, et ça va coûter...
07:06De quelle façon ?
07:07Alors, il faut former différemment les enseignants,
07:10il faut revoir les programmes,
07:12il faut faire des politiques ciblées vers les enfants de milieu modeste,
07:15puisque, comme on l'a dit, notre milieu, en fait,
07:18notre système éducatif reproduit les inégalités sociales à l'école,
07:21parce qu'on a des enfants de milieu modeste
07:23qui ne sont pas préparés à assimiler un message pédagogique.
07:26Donc, il y a plein de choses à faire, d'autres l'ont fait,
07:28ça coûte de l'argent, mais Moub l'a dit,
07:31c'est crucial pour être compétitif dans le monde d'aujourd'hui.
07:35Et on a une dette à rembourser, ça ne vous a pas échappé,
07:38et à un moment, les investisseurs vont arrêter de nous prêter de l'argent
07:41si on n'est pas capable de faire les bons investissements.
07:43Donc ça, c'est déjà une chose.
07:44Donc l'éducation ?
07:45L'éducation, la formation tout au long de la vie,
07:48et puis s'intéresser à ceux qui en ont le plus besoin.
07:51Donc, on va y revenir, mais il y a des décrocheurs.
07:54On voit aussi une tension sur le marché du travail,
07:56y compris pour nos jeunes diplômés.
07:58Là, ils ont plus en plus de mal,
08:00la recherche dure de plus en plus longtemps,
08:02ils ont du mal à s'insérer.
08:03Donc là, il y a des choses à faire pour les accompagner.
08:06Donc ça, c'est sur l'éducation, les débuts, on va dire,
08:08Nathalie Chusseux, la formation, elle moumoute.
08:10Comment on peut aller plus loin ensuite ?
08:13D'abord, le diagnostic,
08:14parce que c'est très important de parler du diagnostic.
08:17Parce qu'on fait comme si on avait une masse de jeunes
08:19qui sont tous identiques.
08:20Or, on a des différences, ça a été dit par Nathalie,
08:22des différences de classe sociale.
08:26Ces dépenses publiques qui sont sous-investies en moyenne
08:29sont aussi concentrées sur les plus riches.
08:31Donc si vous regardez les dotations par étudiant,
08:34ce que moi, je regarde en tant que président de l'université,
08:35vous avez des écarts de 1 à 4 entre les filières non-sélectives de masse
08:41et les filières sélectives.
08:42Et les jeunes issus de classes défavorisées
08:44sont sous-représentés dans les filières sélectives
08:47et sur-représentés dans les filières de masse.
08:49Donc on a déjà un déséquilibre initial à régler.
08:53Les inégalités déjà à ce niveau-là.
08:54Les inégalités à ce niveau-là.
08:55Ensuite, on subventionne les riches.
08:57Et ça, il faut vraiment avoir un jour un débat sur ça.
09:00C'est pour ça que le resto U à 1 euro, c'est pas la solution.
09:03J'aurais préféré qu'il y ait beaucoup plus d'argent.
09:05Mais vraiment ciblé sur les jeunes.
09:07Et puis, il y a des différences territoriales très fortes.
09:10Les taux de chômage ne sont pas les mêmes.
09:12Et puis, enfin, je finirai par dire qu'il y a des choses qui sont erronées,
09:17qui sont racontées aujourd'hui dans le débat public,
09:19qu'il faut absolument dénoncer.
09:20Comme le fait qu'on aurait trop d'étudiants dans le super.
09:22Au contraire, parce que le niveau d'études, le diplôme,
09:26est un protecteur de l'emploi et un protecteur contre le chômage.
09:30Je vous donne juste un chiffre.
09:31Quand on est juste au niveau secondaire, on est à un taux de chômage d'environ 15%.
09:36Et quand on est à un bac plus 5, on descend à 4,7%.
09:41Mais rapidement, sur l'emploi, avant de passer au rappel de l'actualité,
09:44on a évoqué cet aspect de l'éducation.
09:46Mais comment on va plus loin ensuite ?
09:47Comment on répond à ces besoins, à ces envies des jeunes qui ont envie de rester dans leur territoire,
09:51qui ont envie d'un cadre de travail confortable ?
09:53Justement, moi j'aimerais vraiment qu'on comprenne ça.
09:56En fait, on affecte à la crise de l'école, il y a une crise de l'école,
09:59des choses qui ne sont pas de la responsabilité de l'école,
10:02mais des politiques structurelles qui ont échoué.
10:04Nathalie l'a dit, l'aménagement du territoire s'est échoué,
10:07le transport s'est échoué.
10:09Donc on a des zones, des logements.
10:11Donc il faut vraiment prendre conscience qu'avoir le bon diagnostic sur les causes des échecs,
10:17ce n'est pas ni la politique d'immigration, ni la politique d'éducation qui sont responsables de ce dont
10:21nous parlons aujourd'hui,
10:23c'est le fait qu'on a des territoires qui sont délaissés,
10:25délaissés par les industrialisations de masse,
10:28et délaissés par le fait que les investissements autour de l'école
10:30font que l'école subit les chocs de l'échec de ses politiques.
10:34On va poursuivre cette discussion dans quelques instants,
10:36Elmou Moud et Nathalie Chousseau avec vous également, Emmanuel Cuny.
10:39Ce sera juste après le rappel de l'actualité à 9h50 avec Diane Ferschit.
10:43Américains et Iraniens toujours à la recherche du second pilote d'un F-15
10:47qui s'est écrasé en Iran-Téhéran, affirme avoir abattu l'appareil,
10:50ainsi qu'un second avion qui se serait lui abîmé dans le Golfe.
10:54Le conflit qui continue à faire grimper le prix du pétrole.
10:57Pour soutenir leur trésorerie, les petites et moyennes entreprises
11:00vont pouvoir bénéficier d'un prêt flash carburant avec un taux à 3,8%
11:05et une disponibilité des fonds sous 7 jours selon Bercy.
11:09Un appel au rassemblement antiraciste à Saint-Denis,
11:12appel lancé par le nouveau maire de la ville, Bali Bagayoko,
11:15pour répondre à des termes utilisés à son encontre,
11:17notamment sur la chaîne CNews.
11:19Bali Bagayoko a porté plainte.
11:21Sur France Info ce matin, il dit attendre 10 à 20 000 personnes.
11:25Ce rassemblement contre le racisme, c'est selon lui,
11:28une attente forte de sa population.
11:30Des centaines de drones et de missiles sur l'Ukraine.
11:33Moscou a mené hier une nouvelle salve d'attaques meurtrières.
11:3614 morts selon Kiev qui dénoncent une escalade en guise de trêve pascale.
11:41Paris prend le large en tête de la Ligue 1 de foot après sa victoire à domicile.
11:453-1 sur Toulouse en ouverture de la 28e journée.
11:48Les Parisiens qui ont ce matin 4 points d'avance sur Lens.
11:51qui affrontent Lille ce soir.
11:56France Info
11:59Les informés de l'écho, Emmanuel Cuny, Benjamin Fontaine.
12:04Deuxième partie des informés de l'écho sur France Info,
12:07toujours avec Nathalie Chusseau, économiste, professeure à l'université de Lille
12:10et Elmou Moud, président de l'université Paris Science et Lettres,
12:13membre du cercle des économistes.
12:15Nous parlons ce matin de la jeunesse et de la place
12:17qui lui est accordée dans les politiques publiques, Emmanuel Cuny.
12:20Les enquêtes montrent que les 15-29 ans
12:23cherchent à mieux s'insérer professionnellement dans la société
12:25mais que finalement le monde du travail et leurs formations
12:28sont encore trop fermées aujourd'hui.
12:30Oui, embauchez-nous, faites-nous de la place.
12:32Le message est très très clair mais avec de la sécurité, etc.
12:35On l'a déjà évoqué.
12:37Et puis il y a aussi et surtout un phénomène très inquiétant,
12:40c'est la question des needs.
12:42Alors ce sont les nids en emploi, nids en études, nids en formation,
12:46les laissés pour compte en fait de la société.
12:49Un peu en radar.
12:50Voilà exactement, ils sont dans l'ornière,
12:52ils sont sur le bord de la route
12:54et ils sont aujourd'hui un million et demi en France.
12:57Grosso modo, ça fait plus d'un jeune sur huit.
13:00Alors le concept de NEAT n'est pas vraiment connu du grand public
13:03mais c'est un véritable fléau pour les jeunes concernés
13:06et auquel, bien sûr, femmes et hommes politiques
13:08qui aspirent au pouvoir devraient s'intéresser de bien plus près.
13:11Est-ce qu'il y a des solutions ?
13:12Est-ce qu'on leur propose des solutions à ces jeunes aujourd'hui, Nathalie ?
13:15Alors, il y a des solutions mais, mauvaise nouvelle, ces needs, ils ont augmenté.
13:18On est à un peu plus d'un million cinq, dans les derniers chiffres,
13:21on est à 12,9%, on est à 11,3% en moyenne en Europe,
13:25donc ils ont augmenté.
13:26Attention, dans ces needs, on n'a pas que des jeunes décrocheurs
13:31et des gens non qualifiés.
13:32On a toute une partie de jeunes qui vont rentrer sur le marché du travail
13:36et on a vu dans les derniers chiffres que le taux de chômage des jeunes augmente
13:40justement parce qu'ils ont plus en plus de mal, y compris les qualifiés, à s'insérer.
13:44Ça, c'est un autre problème.
13:45Des jeunes qualifiés, donc je réponds toutes les questions en même temps,
13:48ces jeunes qualifiés, pour qu'ils s'insèrent rapidement sur le marché,
13:51il faut faire le lien davantage avec les entreprises.
13:54Ça, ça ne peut se faire qu'avec les entreprises.
13:56On a fait de l'apprentissage qui, en fait, a ciblé beaucoup plus,
14:00les BAC plus 3, BAC plus 4, BAC plus 5, ce qui n'est en théorie pas.
14:03Ce qu'il faudrait faire, il faudrait d'abord le cibler sur l'infra-BAC et juste le BAC.
14:07Donc, néanmoins, la bonne nouvelle pour les employeurs, et je leur annonce un message,
14:10c'est qu'à l'université, on a fait beaucoup d'apprentissage,
14:13sauf qu'en fait, la formation, on ne l'a pas changé.
14:15Donc, ce qui change, c'est que ces jeunes, ils font la même formation à l'université,
14:19ils passent deux jours ou une semaine dans l'entreprise.
14:21Et donc, ce qui marche, c'est de les insérer dès le départ dans l'entreprise.
14:24Je considère que...
14:25Pour créer un lien plus fort, peut-être ?
14:26Évidemment.
14:27Deuxième chose sur les NIT, les vrais décrocheurs, c'est 1 million, à peu près en stock.
14:31Il faut savoir que tous les ans, on a 80 000 jeunes qui quittent le système éducatif sans aucun diplôme.
14:36Et donc là, il y a des choses qui ont été faites, on les identifie mieux,
14:39puisqu'il y a une obligation de formation entre 16 et 18 ans.
14:42Ce qui marche, c'est de les cibler, de les identifier, de mieux les former,
14:47et de faire de l'immersion en entreprise, et de préparer leurs projets professionnels,
14:52particulièrement dans les besoins des territoires.
14:54Et ça, ça marche.
14:54Elle, Moumoud, on les a un peu abandonnés, ces jeunes qui n'ont pas d'emploi,
14:58qui n'ont pas de formation, qui sont un radar, comme on disait.
15:01Encore une fois, je crois que...
15:02Moi, je suis toujours pour passer par un diagnostic,
15:05parce que si on ne le fait pas, on a des...
15:07C'est bien qu'on ait des solutions aussi.
15:08Oui, mais non, mais les solutions, on les trouve si on n'affecte pas
15:13aux problèmes qu'on observe des fausses causes.
15:17Les écarts territoriaux sont énormes.
15:19Plus les jeunes, les taux de chômage, par exemple, des jeunes,
15:22c'est structurellement 20% en France.
15:25Les 15-24 ans.
15:27Et on a des écarts énormes.
15:28Entre les Hauts-de-France, qui sont à 22%,
15:30et d'autres régions, qui sont à 4%,
15:31les écarts sont énormes.
15:32Le problème, c'est que la mobilité,
15:33on a déjà dit une autre fois,
15:35que la mobilité interrégionale ne fonctionne pas,
15:38que ça, ça nécessite de...
15:41Parce qu'il n'y a pas de contradiction.
15:43C'est une contradiction apparente,
15:44le fait qu'on ait des taux de chômage élevés dans un endroit,
15:46et le fait qu'on ait des difficultés de recrutement ailleurs.
15:49Donc, en fait, il y a vraiment des questions
15:51d'investissement fort dans le logement,
15:52dans toutes les politiques structurelles,
15:54qui devraient accompagner ces jeunes.
15:55Oui, parce qu'aujourd'hui, ils ne peuvent pas se loger.
15:57Exactement, ils ne peuvent pas se loger.
15:58Ils n'ont pas forcément le permis pour bouger,
15:59la voiture qu'ils ne peuvent pas acheter.
16:00Ils sont assignés à résidence,
16:02ils ne peuvent même pas aller dans les endroits culturels,
16:04etc., dans certains cas.
16:05C'est évidemment une minorité,
16:07puisque c'est 1 sur 5, si vous voulez.
16:08C'est 12% de NITS.
16:11On est vraiment dans la moyenne des pays de l'OCDE.
16:13On n'est pas non plus très différentes,
16:16un tout petit peu au-dessus,
16:17un tout petit peu au-dessus,
16:18mais pas beaucoup plus.
16:19Et ce qu'il faut, c'est vraiment investir
16:22dans l'environnement qui consacre ces jeunes.
16:24Un mot sur l'apprentissage.
16:26L'apprentissage, ça marche.
16:27Ça marche très bien.
16:28Ça marche très bien pour les jeunes
16:30dans l'enseignement supérieur.
16:31Il faut le développer davantage dans l'enseignement secondaire,
16:33parce que quand les entreprises
16:35sont en alternance avec l'université,
16:38il y a moins de discrimination à l'embauche,
16:40il y a moins de discrimination sur le nom,
16:41sur le territoire,
16:42et donc c'est plus efficace globalement.
16:43Simplement, il y a des chasseurs de primes,
16:45l'enseignement privé qui rentre dans l'enseignement supérieur,
16:48et je connais ça,
16:50par l'apprentissage et par l'immobilier.
16:53Ça, c'est vraiment une catastrophe.
16:54Il faut reprendre la loi sur la régulation
16:56de l'enseignement public et privé en France.
16:59Il y a des chasseurs de primes.
17:01Il faut concentrer cette masse d'investissement
17:03dans l'apprentissage,
17:03qui est vraiment un facteur d'insertion rapide
17:05sur le marché du travail,
17:06un investissement rentable.
17:07Il faut le concentrer sur les universités
17:09et sur les jeunes qui en ont besoin.
17:12C'est votre message aussi ce matin.
17:13Pour parler d'apprentissage,
17:14pour faire de l'apprentissage,
17:15il faut des entreprises, Emmanuel Cuny.
17:16Comment les entreprises peuvent-elles répondre ?
17:18Les entreprises rivalisent d'idées
17:19pour attirer les jeunes.
17:20Le problème, c'est qu'elles ne sont pas aidées
17:22par les pouvoirs publics.
17:23L'entreprise, c'est le secteur privé.
17:25Automatiquement, il y a des initiatives,
17:26de belles initiatives.
17:27Mais Elmoub parlait de l'apprentissage.
17:30Il y a aussi tout ce qui est alternance.
17:31Alternance, ce sont des leviers très importants,
17:34très impliquants pour les jeunes.
17:36Généralement, en alternance,
17:37on a un petit salaire, etc.
17:39Mais on voit qu'il n'y a plus d'argent
17:41dans les caisses publiques.
17:42Donc, tous ces avantages,
17:44les avantages qui sont accordés
17:46aux chefs d'entreprise
17:47pour embaucher des jeunes en apprentissage,
17:48sont réduits comme peau de chagrin.
17:50Donc là, la machine est complètement grippée.
17:52Mais regardons vraiment du côté apprentissage
17:54et alternance.
17:55C'est l'une des pistes les plus importantes.
17:58Il nous reste 30 secondes, Nathalie Chusseau.
17:59On a parlé des problèmes de mobilité.
18:02Comment les communes, les départements
18:03arrivent à répondre aujourd'hui
18:04à ces problèmes-là ?
18:05Est-ce qu'elles ont leur place ?
18:06Les communes, les régions.
18:08Déjà, on a un problème
18:08de transports régionaux, de trains.
18:10Si on ne peut pas se loger
18:11dans les grandes métropoles
18:12parce que, évidemment,
18:13les prix des loyers sont énormes,
18:1582% des étudiants disent,
18:17des interrogés, des jeunes disent
18:18qu'ils ont des problèmes de logement.
18:20Donc, il faut qu'ils se déplacent.
18:21Mais encore, il faut que les trains fonctionnent.
18:22Il faut des gares.
18:24Je veux dire, il y a des territoires
18:25qui sont complètement isolés.
18:26Donc, on ne peut pas penser
18:30formation, éducation, emploi
18:31si on ne pense pas
18:32les grandes politiques structurelles
18:33de mobilité, d'aménagement
18:35du territoire, de logement.
18:36Et on va s'arrêter là-dessus.
18:37Voilà le programme pour les présidentielles.
18:38Les présidentielles,
18:39on aura largement le temps
18:40de reparler.
18:41Merci beaucoup, Nathalie Chusseau.
18:42Merci à vous, El Moumoud.
18:43Merci, Emmanuel.
18:44Évidemment, on se retrouve
18:45la semaine prochaine
18:46avec les informés de l'Éco.
18:48Cette émission est à retrouver
18:48en podcast sur franceinfo.fr.
18:50L'info continue sur France Info.
18:52Sous-titrage Société Radio-Canada
18:54Sous-titrage Société Radio-Canada
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