00:00Par exemple, je vais être en face d'un mec, d'une personne qui est noire, je vais dire plus
00:03le N-word qu'autre chose.
00:07Si je suis en face d'une femme, je vais dire, oh, petite chatte, salope, tu vois, on est mec,
00:11on nul, un, un, un.
00:13Pas très, très apprécié, mais bon, effectivement.
00:16Je m'appelle Axel, j'ai 21 ans, j'ai le syndrome du coup de Gilles Latouette.
00:19Du coup, si j'insulte, ne le prenez pas pour vous.
00:22Voilà, je dis, oh, tchate.
00:23Ça a été très compliqué de poser le diagnostic.
00:26Quand ils sont tout petits comme ça, c'est pas tellement flagrant au niveau des symptômes.
00:30Si ce n'est qu'Axel tournait sur lui-même quand il était petit, qu'il cognait ses genoux, il
00:34léchait, il mettait sa langue partout.
00:36Les premières choses flagrantes qui me sont dit, bah, pourquoi je fais ça ?
00:43C'était en classe.
00:45Je sautais de table en table, genre, et je cassais les fabrications de ce qu'on pouvait faire en atelier,
00:50etc.
00:51Après est venu le moment auquel j'étais en école spécialisée, pardon.
00:54Et c'est là où sont lues les insultes, parce que je commençais à être adolescent.
00:57Ça vient souvent à ces moments-là.
01:00Ça vient comme un éternuement, en fait.
01:02On était super mal à l'aise, en fait.
01:03On passait pour des personnes qui avaient mal éduqué leur enfant.
01:07Même quand je suis anxieux, stressé.
01:10Des fois, même quand j'attends un événement en particulier, que c'est mon shape quand il est venu à
01:13la maison, par exemple.
01:17J'étais irreconnaissable.
01:18Genre, j'avais trois fois plus de tics que dans la norme.
01:21Sortir, ça a toujours été quelque chose de stressant, que ce soit prendre les transports en commun, prendre l'avion,
01:26prendre le train.
01:26Il y a une vidéo, elle date peut-être de 2022.
01:29Et je disais, elle est fermée.
01:31Ah, mec, les gars, c'est la première fois que je sors de chez moi seul.
01:33Alors que j'avais peut-être 17, 16 ans, je ne sais pas.
01:39Il n'y a pas un manuel pour élever un enfant comme ça, ce n'est pas possible.
01:42Donc, on est tout le temps obligé de s'adapter et on est tout le temps en train de se
01:44poser la question.
01:45Est-ce qu'on fait bien ? Est-ce qu'on ne fait pas bien ?
01:47Et c'est hyper fragile.
01:48Où est-ce qu'on place la limite, justement ?
01:51Ah, ça fait du coup...
01:52J'ai vu en 2025 que je travaillais en tant qu'être charpentier.
01:55Non, j'aimais ce que je faisais, honnêtement.
01:56Et ça me faisait faire quelque chose d'autre chose de ma vie que de rester à clôtrer chez moi
02:00à rien faire.
02:01Le début janvier, je me suis littéralement enfoncé une vis.
02:06Entre les deux doigts, là, j'ai encore la cicatrice, d'ailleurs.
02:08Enfin, j'ai mis la vis, clairement.
02:10Après, j'ai vissé, quoi.
02:11Vissé dans ma main.
02:12C'est très compliqué d'expliquer, en fait.
02:14Les gens ne sont pas du tout à l'écoute.
02:16Je suis en flip aujourd'hui.
02:18T'es allé seul à Paris avec lui.
02:19Je n'y vais pas, seul avec lui.
02:20Parce que je me suis retrouvée dans des situations d'agression plusieurs fois.
02:25Et puis, il y a eu d'autres choses.
02:26Je veux dire, on va en course, on entend des gens de l'autre côté.
02:28Mais qu'est-ce qu'il a hurlé, lui ?
02:30Si on a juste un tout petit peu d'intelligence, qu'on l'observe, on va bien voir que...
02:33Faire un film sur ce genre de choses, sur les îles de la Tourette, tout simplement,
02:36je trouve ça bien parce que ça aura beaucoup plus d'impact que faire une vidéo, etc.
02:42Ce film, en fait, il est très, très proche de notre réalité et de notre vie, finalement.
02:45On se l'est pris en pleine figure.
02:46Je veux dire, c'est vraiment ce qui s'est passé.
02:48C'est vraiment ça.
02:49Si demain, tout le monde sait ce que c'est dans les îles de la Tourette, il y aura moins
02:52de jugements.
02:53Si les gens ne peuvent être au courant de cette maladie.
Commentaires