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  • il y a 13 heures
@thomas.guenole.b , politologue, essayiste, nous raconte son arrestation et les tortures subies lors de la flottille humanitaire pour Gaza.
Mais selon lui, une seconde violence s’est ajoutée à la première : le déni médiatique. Face à des chroniqueurs niant son vécu en direct, il analyse ce qu’il appelle le « déni de trauma ».

Pour lui, cette négation de la réalité n’est pas un hasard. C’est le pilier central qui permet aux soutiens d’un régime violent de tenir le coup mentalement.

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Transcription
00:00Quand j'ai participé à la Global Sumut Flotia, donc la 19e flotte humanitaire au Gaza,
00:04il nous est arrivé un certain nombre de choses.
00:05On a été capturé par l'armée israélienne, j'ai eu un fusée en soldats israélien braqué sur le crâne,
00:10sur le quai d'Ashdod je me suis fait tabasser.
00:13On a eu un certain nombre de tortures qui ne sont pas du tout comparables à ce qui arrive aux
00:16Palestiniens
00:16dans le même camp de détention qui est le camp de Ketiot,
00:19surnommé par les Israéliens même le Guantanamo israélien,
00:21mais on a subi effectivement ce qui correspond à la définition de la torture,
00:24c'est-à-dire torture par privation de sommeil,
00:26des alternances de température délibérément traumatisantes dans les paniers à salade
00:30pour me transporter et j'en passe, mais je ne vais pas faire la liste puisque je l'ai déjà
00:32exprimé par ailleurs.
00:33Non, ce que je veux raconter, c'est qu'une fois libéré, j'ai été sur le plateau que Simon
00:37connaît lui aussi,
00:38puisque c'est là qu'on s'est rencontrés, qui est le plateau de I24 News, pour débattre.
00:41D'habitude, ça se passe très bien.
00:42Mais là, j'ai deux chroniqueurs qui m'ont fait, on en parlait tout à l'heure, du négationnisme,
00:47ils m'ont fait du négationnisme par rapport à ce que j'ai subi et ce que mes camarades ont
00:49subi.
01:15Et ça, ça s'appelle du déni de trauma, c'est d'une violence psychologique,
01:19et c'est très, très douloureux à vivre parce qu'en fait, vous revivez ainsi,
01:23non pas le traumatisme lui-même, mais la souffrance qui lui est associée parce qu'on vous nie l'existence
01:27du traumatisme.
01:27Et donc, par la suite, une amie franco-palestinienne m'a dit, bienvenue au club,
01:31parce qu'elle avait vu la séquence, puisque ça m'a fait péter un câble,
01:33j'ai agonie d'injure, les deux chroniqueurs en question, et je suis parti en claquant la porte.
01:36Je ne fais jamais ça.
01:37Là, je l'ai fait.
01:37Vous avez failli le verre tout à l'heure.
01:38Non, ce n'est pas vrai, mais je vous ai dit, attention, je vais le faire.
01:40Vous avez failli.
01:41C'est vrai.
01:41Et elle m'a dit, bienvenue au club, parce que les génocidaires nous font ça tout le temps,
01:44c'est-à-dire le génocide n'existe pas, vos morts n'existent pas, les tortures en prison, ça n
01:48'existe pas, etc.
01:49Et donc, ce que j'ai compris en en discutant avec elle, la leçon que j'ai retenue de toute
01:53cette séquence,
01:54c'est que le négationnisme est vraiment, ce n'est pas anecdotique et ce n'est pas par méchanceté,
01:58c'est un pilier central psychologique de la parole qui soutient les génocidaires.
02:01C'est-à-dire que c'est, à mon avis, leur mécanisme de défense pour tenir bon psychologiquement,
02:06alors qu'ils défendent des activités qui sont monstrueuses.
02:09Le crayon
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