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De 1994 à 2006, un homme viole et agresse 16 femmes entre les Hauts-de-Seine et la Côte d’Azur. Son mode opératoire est toujours le même : il passe par le balcon et s’en prend à ses victimes pendant leur sommeil. Trente ans après le premier viol, le pôle cold case de Nanterre a rouvert l’enquête et espère faire parler l’ADN commun retrouvé sur les scènes de crimes.
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00:00Il est appelé le violeur des balcons et court toujours.
00:03Qu'il soit mort ou vif, je m'en moque, mais je veux savoir qui c'est.
00:06Il est sûrement encore vivant puisqu'il avait à l'époque peut-être 25, 30 ans.
00:10C'est un agresseur méthodique.
00:12En pleine nuit, il s'introduit chez ses victimes par le balcon ou la terrasse
00:16et reste parfois caché plusieurs heures dans un placard avant de les attaquer.
00:21Je suis profondément endormie vers 4h, 4h30 du matin.
00:25Je sens une masse qui me saute dessus.
00:27J'ai senti une masse se jeter sur moi.
00:31Durant 12 ans, il sévit partout en France.
00:34Il a commencé à Châtenay-Malabry, dans les Hauts-de-Seine, avant de descendre.
00:38Il y a eu un espèce de périple criminel.
00:42Sa cible, deux jeunes femmes, la trentaine, souvent blondes, athlétiques
00:46et habitant seule dans des résidences cossues.
00:49C'est une belle résidence, oui, de standing.
00:53Donc là, je suis devant l'entrée.
00:54On peut aller tout droit à gauche, il y a la piscine, le boulot de Rome.
00:59Elles sont 16 au total.
01:01Toujours hantées par le souvenir de cette nuit d'horreur.
01:05J'ai beau ne pas mettre de réveil, même si je me rendors après,
01:10je suis toujours réveillée à 5h30 du matin.
01:13C'est exactement l'heure où mon organisme se met en alerte.
01:17Plus de 20 ans plus tard, les enquêteurs n'ont toujours pas mis la main sur ce criminel.
01:22On est terrorisés de la manière dont ces dossiers, à l'époque, étaient pris en charge par les services d
01:27'enquête.
01:28Ces affaires sont présentées à l'époque comme des faits divers isolés.
01:31Mais elles sont devenues aujourd'hui un cold case,
01:34qui est l'une des priorités du pôle des crimes non élucidés de Nanterre.
01:38Dernièrement, on reçoit un courrier, mais aussi de façon surprenante d'ailleurs que le reste,
01:42qui nous dit, avec une enveloppe marron, avec écrit « cold case », c'est un collector.
01:47« Cold case », quoi.
01:48Tu reçois ça, tu te dis « mais c'est quoi ce dernier ? »
01:52Mais vraiment !
01:53Qui se cache derrière ce serial violeur ?
01:56Il est brun, de type concasien,
01:58les cheveux coupés très très courts à la prison break,
02:01et il a une cicatrice sur la tête.
02:02L'odeur qu'il avait, c'est un élément qui va revenir dans tous les témoignages de ces femmes.
02:07Cet homme utilise aussi un scotch de chantier.
02:11Et peut-on encore aujourd'hui espérer le retrouver ?
02:14Il y a bien quelqu'un qui est son voisin.
02:16Et donc, tôt ou tard, on aura quelqu'un qui tout simplement nous appellera pour nous dire
02:20« ah mais oui, mais c'est le gars qui habite à côté de chez moi ».
02:25Le parcours criminel de ce violeur commence à Châtenay-Malabry, dans les Hauts-de-Seine,
02:30où il viole trois femmes, en 1994 et 1995.
02:34On est devant l'appartement, c'est là l'appartement, c'est en deux pièces, au deuxième étage.
02:43La jeune fille est rentrée dans l'appartement, elle s'est déshabillée,
02:47et quand elle était pour aller prendre son bain, il l'a touchée.
02:51Elle ne savait pas qu'il y avait quelqu'un dans l'appartement.
02:54L'homme se déplace ensuite dans le sud de la France.
02:57Il viole deux femmes à Aix-en-Provence, en 2001 et 2003.
03:01Le suspect, qui sera aussi surnommé le violeur d'Antibes, commet cinq agressions dans cette ville entre 2002 et 2006.
03:08Il s'évite aussi à Saint-Raphaël en 2002 et 2005, à Toulon en 2003, à Nice à deux reprises
03:15en 2005 et 2006,
03:17et à Mougins en 2006 pour son dernier viol connu.
03:21Nous avons rencontré deux de ces victimes, qui ont accepté de nous parler à visage découvert.
03:26Si il y a des questions pour lesquelles vous n'en faites pas à l'aise de répondre, vous me
03:30dites.
03:32Non, ça va, ça va.
03:33Prête, aujourd'hui, à crier leur colère.
03:36Je n'ai pas cherché à faire en sorte qu'un gros connard, excusez-moi du terme,
03:40m'épille pendant des jours et des semaines, comme si j'étais une petite biche des bois.
03:45J'étais sa proie, il gaitait sa proie.
03:47Sylvie, 58 ans, agressée à l'été 2004 dans son appartement au rez-de-chaussée de cette résidence à Antibes.
03:54Sylvaine, 55 ans, agressée à l'été 2003 dans cet appartement à Aix-en-Provence.
04:00On a vite découvert qu'il avait un stéréotype de « nana » et qu'à part exception,
04:06on est toutes profils de jolie fille, blonde, plutôt mince, svelte, de physique athlétique,
04:15plutôt bien insérée dans la vie.
04:17C'est quand même flippant.
04:18Il frappe à chaque fois au milieu de la nuit, souvent au printemps ou à l'été,
04:23lorsqu'on a l'habitude de laisser les fenêtres ouvertes pour faire entrer l'air frais.
04:27Il est passé par le balcon, puisque j'habitais en premier étage,
04:30et il a grimpé sur ma poubelle.
04:32J'avais un volet qui était cassé depuis pas mal de temps.
04:34D'ailleurs, j'étais pour parler avec mon propriétaire qui refusait de me le remplacer.
04:40Et comme il y avait une canicule cet été-là, ma fenêtre était grande ouverte.
04:44Donc ça a été plutôt facile pour lui de s'introduire chez moi.
04:47Sylvaine est à l'époque maquilleuse de mode.
04:49Elle est première assistante du maquilleur Tom Pêcheux, côtois, mannequin et star de cinéma.
04:54J'avais une carrière qui se voulait quand même être prometteuse.
04:58Mais tout s'arrête un soir de l'été 2003.
05:00Nous sommes dans la nuit du 11 au 12 juillet 2003.
05:03Rien de surprenant, je vais me coucher.
05:05Et alors que je suis profondément endormie, vers 4h, 4h30 du matin,
05:10je sens une masse qui me saute dessus, qui m'immobilise dans mon lit et qui me menace d'un
05:16couteau.
05:16Avant de me dire que tout simplement, il est venu me voler, que je ne bouge pas.
05:22Et que rapidement, je comprends qu'il est clairement venu pour me violer.
05:26Et là, j'avoue qu'un couteau sous la gorge, je n'ai pas eu envie de bouger un millième
05:32de centimètre.
05:34Parce que j'ai été prise d'une peur de mourir, d'une torpeur qui est juste indescriptible.
05:41Et c'est comme ça que je l'ai laissé m'attacher, les mains derrière le dos,
05:47et me bander les yeux avec un scotch très particulier,
05:51qui fait partie des éléments de l'enquête, qui est un scotch orange.
05:55Et il m'a mis un sac en tissu sur la tête.
05:59Je lui demande rapidement qu'il m'enlève le sac.
06:02Pourquoi ? Parce que je suis en train d'étouffer.
06:04Je suis tellement prise de panique.
06:06Donc, je lui demande qu'il m'enlève le sac, chose qu'il fait.
06:10Il s'adonne à un cunnilingus.
06:13Et ensuite, il me doit au niveau du vagin pendant pas mal de temps.
06:17Et comme il n'arrive pas à érechter, c'est quelqu'un qui a des difficultés sexuelles énormes,
06:23ça dure un moment.
06:24Et ce n'est pas le genre, entre guillemets, de viol auquel on s'attend.
06:29Mais il n'y a qu'une chose qui me traverse l'esprit, c'est que je vais mourir.
06:32Le couteau, le scotch de chantier, le sac sur la tête, le cunnilingus.
06:36Toutes ces femmes décrivent les mêmes éléments au moment de leur déposition.
06:40Toutes, sauf Sylvie.
06:42Il avait un couteau aussi ?
06:45Je ne sais pas. Je ne sais pas. Je ne sais pas.
06:49Probablement, puisque le scénario étant le même,
06:51le mode opératoire étant le même,
06:54je pense qu'il est arrivé équipé de son scotch, son sac, son couteau,
07:00toute sa petite panoplie de salles lâches
07:03pour me faire ce qu'il a fait aux autres et ce qu'il fera après moi.
07:06En 2004, Sylvie a 36 ans.
07:09Elle prétend à des postes de directrice commerciale
07:11et vit seule avec son fils qui passe les vacances chez son père au moment des faits.
07:15C'est arrivé le 7 août 2004 dans ma résidence principale en Thibes.
07:22Derrière cette végétation, c'était mon jardin.
07:27Donc, on va y aller, peut-être quelqu'un dite là.
07:31Ça, c'était mon petit portillon de jardin.
07:34Les haies, c'était ma cuisine.
07:38Ou le gentil monsieur est rentré.
07:40J'étais en train de converser sur MSN avec un ami qui était à Paris.
07:47J'étais sur mon canapé que je dépliais tous les soirs.
07:51Il faisait très, très chaud.
07:52Évidemment, mes stores et mes fenêtres étaient ouvertes.
07:55Vers 23h, 23h30, le chien que j'avais à l'époque n'aboyait pas.
08:02Il était collé à moi.
08:05Il couinait.
08:13Je ferme mes volets.
08:15Je n'ai pas vu l'heure vraiment passer.
08:17On parlait de tout, de rien.
08:19Mais Sylvie reste intriguée par le comportement de son chien.
08:22Et elle blague même avec son amie sur une potentielle agression.
08:26Pendant ce temps, elle ne le sait pas encore.
08:28Mais son agresseur attend caché dans son placard.
08:35Vers 5h30 du matin, mes plombs sautent.
08:42On était au début d'Internet.
08:45Donc, nos tableaux électriques n'étaient pas forcément adéquats à l'époque.
08:50Donc, c'était quelque chose qui se faisait régulièrement.
08:53Les plombs sautaient.
08:54J'allais les remettre.
08:56Ça passait.
08:56Je me suis donc dirigée vers le tableau électrique pour le remettre avec cette bougie.
09:02Et là, j'ai senti une masse se jeter sur moi.
09:07Je suis tout de suite tombée parce que j'étais très légère déjà à l'époque.
09:12Là, j'ai tout de suite senti une main qui serrait mon cou et un genou qui me bloquait l
09:20'estomac.
09:20S'en suit un combat de 3 minutes 40, très précisément, comme en atteste le fil des conversations MSN.
09:26J'avais cette grosse bague à mon doigt.
09:29Et d'instinct, j'ai commencé à envoyer les points n'importe où.
09:35Et j'ai senti que je l'avais touché parce qu'il a eu un petit moment de recul.
09:40Il a continué de me taper.
09:42Là, j'ai crispé mon cou et j'ai redoublé d'efforts pour le taper.
09:50Et j'ai réussi à me redresser.
09:52Dès qu'il est parti, j'ai rampé parce que j'ai rampé, je ne sais pas pourquoi, j'ai
09:56rampé jusqu'à mon tableau électrique.
09:57J'ai rallumé la lumière et j'étais persuadée qu'il était encore là parce que moi, je ne l
10:01'ai pas entendu partir.
10:03Vous ne l'avez pas entendu partir, pas vu partir ?
10:06Je n'ai ni vu ni entendu.
10:08Donc, j'ai attrapé le tabouret d'enfant de mon fils.
10:14Je me suis mise à hurler.
10:17Et je suis allée à l'ordinateur en disant à mon ami, je viens de me faire agresser, appelle-moi.
10:30Je n'ai pas réussi à lui donner mon numéro tellement je n'arrivais plus à taper sur les touches.
10:36Et je lui ai simplement écrit, appelle la police d'Antibes parce que je viens de me faire agresser.
10:42L'agresseur est touché, il saigne et laisse derrière lui plusieurs traces de sang et de pas dans l'appartement
10:48de Sylvie.
10:49Son ADN peut ainsi être prélevé.
10:51Mais le violeur des balcons reste encore un homme sans visage.
10:55Ou presque.
10:57Au départ, tous ces viols sont traités comme des affaires isolées.
11:00Il y a eu beaucoup de victimes sur Antibes et en fait, à aucun moment, les enquêteurs qui ont traité
11:04des affaires se sont dit
11:05« Ah, il faut peut-être faire le lien avec ces agressions, ça n'a pas été le cas. »
11:10Mais en 2005, un logiciel vient sauver les enquêteurs, le SALVAC, dont l'usage se démocratise à ce moment-là.
11:18Il y a deux rapprochements qui sont faits.
11:20Un premier rapprochement qui est fait par le SALVAC, qui est un logiciel de rapprochement des affaires
11:27en fonction des éléments enregistrés par les policiers, des caractéristiques du crime, du lieu de celui-ci.
11:35Mode opératoire, horaire des faits, habitude des victimes.
11:39Tout est saisi dans cet outil informatique qui va repérer les points communs entre les différentes affaires.
11:44Après analyse, il n'y a plus aucun doute.
11:47Les viols de Châtenay-Malabry et ceux du sud de la France font partie du même dossier.
11:51« Et puis il y a un rapprochement qui est fait par le fichier national des empreintes génétiques
11:56qui permet de dire que c'est le même auteur, puisqu'il va laisser sa trace,
12:02en termes de sang ou en termes de sperme, sur un certain nombre de scènes de crime. »
12:07Malheureusement, cette empreinte génétique commune prélevée chez Sylvie,
12:11mais aussi chez les 15 autres victimes, ne matche avec aucun des profils répertoriés par le FNAEG.
12:17Le fichier français qui répertorie tous les ADN qui ont été prélevés dans des affaires,
12:23donc chez les auteurs, mais aussi ça va répertorier les ADN de personnes disparues
12:27ou de victimes de catastrophes naturelles, par exemple.
12:29L'auteur ne peut donc pas être identifié grâce à son ADN.
12:33« Ça aboutit à un non-lieu en 2018. »
12:36Des éléments ont-ils échappé à la vigilance des enquêteurs ?
12:40« L'enquête de voisinage va souvent être parcellaire. »
12:43L'utilisation du scotch de chantier, par exemple, fait croire un temps aux enquêteurs
12:47que le suspect travaille dans le bâtiment.
12:49« Souvent, c'est très sommaire, on interroge la concierge,
12:52on s'intéresse après éventuellement aux personnes qui ont pu faire des travaux dans la résidence
12:57parce qu'on se dit, finalement, ça peut être quelqu'un qui travaille pour un syndic
13:02ou quelqu'un qui travaille pour un agent immobilier.
13:04Mais ça va souvent être des investigations minimales
13:08et je suis sûr qu'on a raté des témoignages
13:11qui auraient peut-être pu nous mettre sur la piste à l'époque. »
13:14Ce qui interpelle, ce sont aussi les habitudes du violeur.
13:17Avant de passer à l'acte, il sectionne parfois les câbles d'alimentation électrique
13:21des immeubles de ses victimes.
13:22Et il les épie avant de les agresser.
13:25« J'essaye surtout d'échanger avec lui
13:27parce que je voulais absolument savoir d'où il venait, d'où il me connaissait.
13:31Et c'est là que je découvre qu'il est capable d'écrire des vêtements
13:34que je portais au préalable, vraisemblablement dans ma voiture.
13:39Il n'est pas là par hasard.
13:40Il a pris son temps, il a manigancé. »
13:43A-t-il été aperçu ?
13:44L'homme revient plusieurs fois sur les lieux de ses crimes.
13:47Dans la résidence de Sylvie, à Antibes, il abuse de trois femmes.
13:50Deux dans leur appartement.
13:52« Donc là, je reprends un petit raccourci chemin
13:56où au premier étage, apparemment, il y avait la demoiselle. »
14:03Et une dans le garage.
14:05« Voilà.
14:07Où une jeune fille a été violée.
14:11Ça me fait super bizarre de revenir ici. »
14:14Certaines victimes le décrit physiquement avec précision.
14:17Sylvaine, par exemple, qui aperçoit son violeur quand il prend la fuite.
14:21Un homme blanc, athlétique, les cheveux rasés bruns
14:24avec une cicatrice sur la tête.
14:26« Comme je suis sur le dos, en fait, le scotch commence à se décoller,
14:31vous savez, comme ça, en bas des yeux.
14:32Je peux distinguer qu'il a un toque avec son doigt.
14:37Il repousse ses lunettes de vue.
14:38Des lunettes de type aviateur avec une monture métallique.
14:42C'est des choses que je décris à la police
14:45mais qui, malheureusement, n'ont pas fait l'objet d'un portrait robot. »
14:48Sylvaine évoquera aussi l'odeur nauséabonde
14:51que dégage le suspect.
14:52Un détail qui revient dans de nombreux témoignages.
14:55« J'avais l'impression qu'il sentait le tracteur.
14:57Je dis le tracteur parce que je connais bien cette odeur
15:00d'une famille de paysans. »
15:01Les victimes dénoncent aussi d'autres manquements,
15:04comme Sylvaine, à l'arrivée de la police dans son appartement.
15:07« Ils sont plutôt bienveillants dans le sens que,
15:09bon, voilà, ils écoutent quand même ce que j'ai à dire.
15:13Mais malheureusement, ils m'ont laissé prendre une douche.
15:15Vous la demandez ? »
15:17« Oui, allez-y. »
15:23Ce qui est clairement une erreur policière.
15:27Un courrier va tout changer.
15:29« Madame, j'ai l'honneur de vous informer de la reprise
15:32par le parquet du pôle dédié au traitement des crimes sériels
15:36ou non élucidé de l'enquête pénale
15:39sur les faits dont vous avez été victime
15:41dans la nuit du 11 au 12 juillet 2003 à Aix-en-Provence. »
15:45En 2024, le pôle « Cold Case », alors nouvellement créé en 2022
15:49au sein du tribunal judiciaire de Nanterre, se saisit de l'enquête.
15:53« C'est un pôle qui est spécialisé uniquement dans ces affaires
15:56qu'il s'agisse d'affaires de meurtre ou de viol.
15:59Et ils vont être chargés de revenir sur ces enquêtes
16:02et tenter de les élucider. »
16:04Le dossier est rouvert.
16:05Fleur Bella, qui est gardienne dans une des résidences de Châtenay-Malabry,
16:09« Tu viens Garfield, viens. »
16:12reçoit, il y a quelques mois, la visite de policier.
16:15« J'ai dit tout de suite, c'est pour le viol. Ils m'ont dit oui.
16:19Ils m'ont demandé pour aller dans l'appartement. Je sais qu'ils habitent.
16:23J'ai demandé à la personne. On est rentrés dans l'appartement.
16:26Ils ont été dans le balcon. Ils ont vu comment ils pouvaient faire.
16:30Ils ont simulé, vous savez, pour voir s'ils pouvaient le faire.
16:34Ils ont dit oui. »
16:36Mais alors, quel est le principal espoir pour les victimes aujourd'hui ?
16:39« Ce qu'elles réclament, justement, c'est qu'on ait recours à la généalogie génétique
16:43pour qu'on aille voir dans les bases de données américaines. »
16:46« Beaucoup de Français, alors que c'est interdit en France,
16:49ont inscrit leur ADN dans des fichiers qui sont aujourd'hui aux États-Unis
16:54pour connaître leurs origines, retrouver des parents, des cousins, des choses comme ça. »
17:00En France, deux affaires ont déjà été résolues grâce à cette technique.
17:03L'affaire du prédateur des bois et l'affaire du violeur au tournevis.
17:07« On peut, en mettant la trace ADN dont on dispose dans ces dossiers,
17:12la comparer à celle qui se trouve dans ces fichiers
17:16et faire une étude de généalogie génétique,
17:20c'est-à-dire retrouver la parentalité,
17:23un cousin de l'auteur des faits, un frère, une sœur,
17:27quelqu'un de sa famille qui aurait donné son ADN dans ce fichier américain. »
17:33C'est pourquoi les victimes se mobilisent
17:35et réclament l'envoi le plus rapidement possible de cet ADN aux États-Unis.
17:38« C'est ce qu'attendent mes clients, c'est une date, c'est des perspectives.
17:42Elles doivent être reçues par le parquet du pôle courant avril.
17:45J'espère qu'à ce moment-là, on aura des réponses à leur donner. »
17:47Elles attendent aussi beaucoup de l'appel à témoins.
17:50« J'ai décidé de mettre en place assez rapidement une page Facebook
17:53qui s'appelle « Les voies des balcons, justice et ADN »
17:56pour tout simplement pouvoir récolter des témoignages,
18:00chose qui est le cas en plus.
18:01« On est persuadé qu'on va le retrouver mort ou vif.
18:06Ce n'est pas ça le plus important.
18:08Le plus important, c'est de le retrouver.
18:10Le plus important, c'est de donner la voix à certaines victimes qui ne l'ont pas eue.
18:16Peut-être qu'elles se reconnaîtront dans notre scénario.
18:19Attendre qu'on s'endorme, c'est quand même très vicieux.
18:22Surtout, faire en sorte de ne pas être vu.
18:25C'est vicieux, c'est lâche, c'est minable, c'est petit.
18:29Je pourrais vous donner des qualificatifs jusqu'à demain matin
18:32tellement je le méprise cet homme-là. »
18:35Elles gardent espoir avec leur avocat
18:36de poser enfin un nom et un visage sur le violeur des balcons.
18:40« Vous y croyez ? »
18:41Je crois pour tous les dossiers, mais particulièrement pour celui-là.
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