00:00Ici matin, les enseignants de la maternelle jusqu'au lycée sont appelés à manifester et à ne pas faire cours
00:06aujourd'hui.
00:07Un de leurs représentants est face à vous François Pelleret.
00:09Oui, invité d'ici matin, le secrétaire en Lorraine du principal syndicat d'enseignants du second degré dans les collèges
00:16et lycées, c'est le SNES FSU.
00:18Bonjour Bruno Henry. Bonjour.
00:20Alors en Lorraine, tous les syndicats sont main dans la main pour sonner la mobilisation contre les suppressions de postes
00:24prévues à la rentrée de septembre.
00:26Je les détaille vite fait, 144 en moins dans le primaire en Lorraine.
00:2996 en moins dans le second degré et 8 postes de personnel administratif supprimés.
00:34Le rectorat vous oppose quasiment chaque année l'argument de la baisse du nombre d'élèves.
00:39Pourquoi cet argument comptable vous énerve-t-il Bruno Henry ?
00:43Mais parce que la baisse démographique, nous on aimerait bien la voir.
00:46Moi j'aimerais bien la voir dans mes classes, cette baisse démographique.
00:49Non, je ne la conteste pas, je ne la vois pas, je n'en vois pas les effets.
00:53Nous continuons à enseigner avec les classes les plus chargées d'Europe, que ce soit dans les écoles, les collèges
00:58ou les lycées.
00:58Mais la règle dans les collèges, elle est de 30 élèves par classe et 35 en lycée.
01:03C'est beaucoup trop.
01:04Alors bien sûr, on nous parle de baisse démographique, on nous parle toujours de baisse démographique.
01:07On oublie de nous dire que par exemple, les élèves en situation de handicap dans notre académie, ils sont deux
01:12fois plus nombreux qu'il y a 10 ans.
01:13Voilà, donc on a effectivement moins d'élèves, mais on a des élèves avec des profils différents.
01:18Si nous voulons faire réussir tous les élèves, moi j'avais compris que c'était l'objectif.
01:21Si nous voulons élever le niveau de qualification de tous les jeunes en Lorraine, ça a un coût, il faut
01:26des moyens.
01:27Nous nous disons, la baisse démographique elle existe, elle est réelle.
01:31Profitons-en, profitons-en pour enfin améliorer les conditions d'études des jeunes.
01:35Est-ce que les effectifs sont différents selon qu'on soit dans un établissement scolaire en ville ou en zone
01:41rurale, dans les secteurs frontaliers ou dans le sol noir ?
01:44Est-ce qu'il y a des différences géographiques ?
01:45Il y a ce qu'on appelle des effets de seuil, c'est-à-dire dans un établissement, il peut
01:48y avoir le coût de chance qui fait qu'à quelques élèves près,
01:51on va ouvrir une division supplémentaire sur un niveau et on va souffler, on va avoir 23-24 élèves par
01:58classe en collège par exemple.
02:00Donc localement, il peut y avoir des effets de seuil.
02:02Il peut y avoir des effets de seuil à l'opposé, c'est-à-dire dans un établissement, j'ai
02:05en tête un lycée,
02:06où à la rentrée prochaine, il est prévu que toutes les classes soient à 35 élèves, ce qui est insupportable
02:11pour tout le monde.
02:12Lequel ? Quel lycée ?
02:13Alors j'ai en tête un des lycées de l'Uneville, le lycée Bichat, où il est prévu, où on
02:17prévoit 35 élèves par classe.
02:19Alors parfois les classes surchargées, Bruno Henry, sont le fait du manque de profs dans telle ou telle matière,
02:25par des difficultés de recrutement, est-ce qu'il y a des matières plus sensibles ?
02:30Ça c'est un deuxième problème, une fois qu'on aura créé les postes, il faudra les pourvoir, il faudra
02:34rendre le métier attractif.
02:35Alors vous savez déjà, si on dit aux jeunes collègues, vous allez travailler uniquement dans les classes surchargées,
02:40ça ne va pas rendre les choses attractives.
02:41Effectivement, il faut rendre le métier attractif.
02:43Vous parlez de mettre un professeur devant chaque élève, moi je parle aussi du remplacement.
02:48Comment fait-on pour assurer que lorsqu'un enseignant est absent, il sera remplacé,
02:51et remplacé dans de bonnes conditions par un collègue titulaire formé de la même discipline ?
02:57Finalement Bruno Henry, en tant que représentant syndical du SNES-FSU en Lorraine,
03:02vous vous battez également pour les élèves, pour qu'ils étudient dans de meilleures conditions.
03:06Est-ce qu'à ce titre, vous aimeriez recevoir davantage de soutien des parents ?
03:12Écoutez, il y a des manques là, moi je ne vois pas les élus, je ne vois pas les élus
03:15qui nous disent toujours l'école de la République, etc.
03:17Moi je ne les vois pas, je ne les vois pas pour nous donner les moyens de faire notre travail.
03:20Moi j'ai envie effectivement que cet après-midi à 14h à Metz, devant la DSDN,
03:24on ait avec nous les familles, les parents, les élèves, pourquoi pas ?
03:27On a besoin que toute la société fasse corps, fasse masse derrière son école.
03:31Je crois qu'aujourd'hui, en Lorraine comme ailleurs, on n'a jamais eu autant besoin de l'école.
03:35L'école, elle a un coût, il faut absolument qu'on renforce le service public d'éducation nationale.
03:41J'insiste sur le mot service public, celui qui accueille tous les élèves et qui essaye de faire réussir tout
03:46le monde.
03:46Un autre volet, Bruno Henry, invité d'ici Lorraine du SNES-FSU,
03:50c'est le blocage des revalorisations salariales. Combien réclamez-vous ?
03:55Nous, ce qu'on réclame, c'est de retrouver les niveaux de rémunération que nous avions il y a 20
04:00ou 25 ans.
04:01Ça veut dire, je vous donne le chiffre, ça veut dire deux mois de salaire en plus pour un enseignant
04:04titulaire.
04:05C'est-à-dire que chaque année, la dévalorisation salariale que nous subissons depuis 25 ans,
04:10elle nous coûte l'équivalent de deux mois de salaire.
04:12C'est tellement énorme que quand je le dis, personne n'y croit.
04:15C'est la réalité.
04:16Si l'on veut des enseignants, si l'on veut des enseignants qualifiés, formés, capables de faire réussir tout le
04:21monde,
04:22il faut rendre le métier attractif.
04:24Ça passe par les salaires, pas uniquement.
04:26Ça passe par les conditions de travail, les effectifs, par le sens du métier.
04:29Il y a un certain nombre de réformes que Jean-Michel Blanquer nous a laissées,
04:33sur lesquelles il serait vraiment très urgent de revenir.
04:35Vous l'avez évoqué tout à l'heure, 14h à Metz, rassemblement,
04:38devant les services de l'éducation nationale.
04:40C'est à côté du collège lycée Georges de Latour.
04:43Le préavis de grève court jusqu'au 10 avril.
04:45Est-ce que vous avez d'autres actions en tête ?
04:46Ce que nous, nous disons aux collègues, aux personnels partout,
04:49c'est de rendre visibles les suppressions de postes, les effets des suppressions de postes.
04:53Donc nous, nous disons aux collègues dans tous les établissements,
04:55allez-y, bougez-vous, mobilisez-vous, vous êtes couverts par des préavis de grève.
04:59On verra bien ce que les collègues pourront inventer d'ici au 10 avril,
05:03mais aussi après, parce que nous, on est déterminés, nous sommes déterminés à continuer,
05:07à faire en sorte que ce ne soit pas comme d'habitude.
05:10Allez, on a encore supprimé 100 postes, 200 postes, 1200 postes en 10 ans,
05:14supprimés dans notre académie, 1200 postes, c'est énorme.
05:17Nous, nous disons que ça suffit et qu'il faut redonner aux services publics les moyens de ces ambitions.
05:22Et vous serez suivi, Bruno Henri, par un grand nombre aussi de personnels de cantines,
05:26je signale et d'accueil périscolaire, puisque à Metz, prenons Metz,
05:29seules 4 cantines sur une soixantaine serviront des repas aux élèves du primaire.
05:33Vous êtes le secrétaire en Lorraine du SNES-FSU, premier syndicat du second degré,
05:37et vous étiez l'invité d'ici, Lorraine. Merci Bruno Henri.
05:40Merci.
05:40Merci, passez une bonne journée, il est 7h51.
05:43Bon courage.
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