Passer au playerPasser au contenu principal
  • il y a 6 minutes
Gabrielle Cluzel explique pourquoi Lionel Jospin a eu le droit à un hommage national à la différence d’Arnaud Frion : «Le premier est tombé pour la France alors que l’autre a fait tomber la France».

Catégorie

🗞
News
Transcription
00:00Si je voulais continuer à filer la comparaison un peu durement,
00:03je dirais que le premier est tombé pour la France
00:06et que le deuxième a fait tomber la France,
00:07ou en tout cas il y a contribué.
00:09Alors je distingue évidemment l'homme de son œuvre,
00:12je comprends infiniment la tristesse de la famille,
00:14de sa femme, de ses enfants,
00:16mais il n'y a pas que l'homme intime,
00:17il y a aussi l'homme politique et de gouvernement
00:20et c'est à lui qu'Emmanuel Macron a voulu
00:22que la nation rende hommage publiquement
00:25et là on a le droit de ne pas être d'accord,
00:26nous sommes partis de la nation
00:28et quand l'hommage tourne au plébiscite
00:31d'un programme politique,
00:34et bien c'est là que nous avons le droit de protester.
00:38Alors pour revenir à Arnaud Friand,
00:39beaucoup comme moi,
00:40je crois que je vais me faire l'écho de beaucoup de monde,
00:42j'essaie de me renseigner aujourd'hui,
00:43du reste,
00:44on a été étonnés de ne pas voir le protocole habituel
00:47suivi pour les autres soldats
00:50qui étaient tombés pour la France,
00:52alors on peut peut-être parler de lui un instant,
00:54rappelons que l'adjudant-chef Friand,
00:56qui a été promis au grade de majeur à titre posthume
00:59du 7e bataillon de chasseurs alpins de Vars,
01:02avait rejoint les chasseurs alpins de Haute-Savoie en 2004,
01:06il avait par la suite été projeté au Tchad,
01:08en Côte d'Ivoire, en Afghanistan,
01:10au Mali, au Niger et en Est-aux-Unis,
01:12il avait reçu la médaille militaire le 31 décembre 2021,
01:16c'était une très belle médaille,
01:18donc c'était vraiment pas n'importe qui comme on dit.
01:21Alors cette tradition de l'hommage
01:23qui combine le pont Alexandre III aux Invalides
01:27était une tradition qui remonte à 2011,
01:30elle a été instituée par le général Dari,
01:32qui est alors gouverneur général de Paris,
01:34au moment de l'Afghanistan,
01:35il avait dit qu'il faut faire un plan hommage,
01:38similaire à ce qui se pratiquait dans les pays anglo-saxons.
01:41Alors l'idée c'était de permettre à tous ceux
01:43qui souhaitaient rendre hommage à ce soldat,
01:46ce militaire ou ces officiers tombés pour la patrie,
01:50pouvaient le faire en se présentant au bord de la route,
01:54au bord du pont Alexandre III,
01:56si possible avec un drapeau français
01:58lors du passage du convoi funéraire.
02:00Le convoi ensuite rejoignait les familles
02:04et les officiels à l'hôtel national des Invalides.
02:07Donc en fait ce convoi escorté par la garde républicaine,
02:10roulé à vitesse réduite,
02:12et il se trouve que le pont et l'esplanade des Invalides
02:15ont des trottoirs très larges
02:16qui permettent à la foule de venir.
02:19Alors c'est vrai que je connaissais des enseignants
02:21qui attendaient cet hommage
02:23qui était au taquet, si j'ose dire,
02:25prêts à emmener leurs enfants collégiens
02:27pour agiter le drapeau français.
02:29Et c'est vrai qu'on peut se demander
02:30pourquoi il n'y a pas eu cela.
02:32Alors à un moment de tension,
02:34et c'est un euphémisme,
02:35et où le réarmement fait rage,
02:37il faut aussi réarmer spirituellement et mentalement le pays,
02:41renforcer le lien armée-nation.
02:43Donc l'absence de cet hommage a donc étonné.
02:47Des hommages ont néanmoins été rendus à Arnaud Frayon.
02:50Oui, bien, vous avez raison.
02:52Un hommage lui a été rendu à Vars,
02:53où se situe son régiment d'origine,
02:55en présence de la ministre Madame Vautrin,
02:57mais pas de président de la République sur place.
03:00Il s'était fait excuser pour cause de conseil de défense.
03:03Et un autre hommage a eu lui aussi lieu,
03:05de façon un peu confidentielle,
03:07en tout cas la presse n'a pas été vraiment informée,
03:10ou pas largement, donc le 17 mars,
03:13au parc André-Citroën,
03:15à l'initiative du gouverneur de Paris.
03:17Pourquoi là-bas ?
03:17Parce qu'il y a un nouveau monument aux morts
03:19pour la France en OPEX,
03:21mais convenons que c'est un peu moins prestigieux
03:24et symbolique que les Invalides.
03:26Et puis il y a eu une minute de silence hier à l'Assemblée,
03:29mais c'était un peu triste,
03:30car l'hémicycle était clairsemé.
03:34Et d'ailleurs, il y a des réflexions,
03:37des commentaires un peu amers,
03:38c'est pour ça que je me permets d'en parler,
03:39sur la page Facebook, par exemple,
03:41de l'Association nationale des combattants
03:43des opérations extérieures.
03:44Je peux vous citer quelques phrases.
03:47Il n'y a décidamment plus de logique.
03:49Pourquoi notre frère d'armes n'a-t-il pas eu
03:51les honneurs comme d'autres frères tombés ont pu avoir ?
03:54Plus loin, un autre demande aussi.
03:55Je m'interroge.
03:56Pourquoi pas dommage dans la Cour des Invalides ?
03:58Un autre plus lapidaire.
03:59Il est où Macron ?
04:00Un autre encore.
04:01Peu importe l'endroit.
04:04En revanche, le chef de l'État aurait dû être présent.
04:07Non, alors là aussi, ce n'est pas moi qui le dis,
04:08c'est la citation.
04:09Il sait faire le beau sur un porte-avions,
04:11mais ne sait pas rendre hommage à un soldat
04:13qui a fait beaucoup pour la France.
04:14Vous voyez, il y a beaucoup d'amertume.
04:17Le dernier compare avec Donald Trump,
04:19qui a, dit-il, traversé le pays,
04:21je cite, pour enlacer les familles
04:23des tombées au combat.
04:24Alors, l'honnêteté commande de dire
04:26que Donald Trump a suscité une polémique aux États-Unis,
04:30parce qu'il est arrivé de fait pour accueillir les cercueils,
04:33mais il n'a pas enlevé sa casquette de baseball
04:36et ça a fait beaucoup parler là-bas
04:38parce qu'on ne rigole pas du tout
04:40avec ce genre de choses.
04:41Il ne s'est pas découvert.
04:43Alors, j'ai interrogé la cellule communication des armées.
04:46On m'a dit plusieurs choses,
04:47que le choix de Vars était celui conjoint
04:50du gouvernement de la famille des armées.
04:52On ne peut que s'incliner devant le choix de la famille,
04:54mais un hommage dans le régiment
04:56n'empêche pas, évidemment, un hommage aux Invalides.
04:59On m'a dit aussi qu'on testait une nouvelle procédure.
05:03Et peut-être, je dois dire,
05:04l'argument le moins convaincant, sauf leur respect,
05:07c'est que la cour des Invalides était en travaux.
05:10Sauf que figurez-vous que pour Lionel Jospin,
05:12on a trouvé une solution malgré les travaux.
05:15La cérémonie n'a pas eu lieu dans la cour d'honneur pavée,
05:18donc en travaux, mais dans la cour sud du Dôme.
05:21Donc, comme disait Lénine, là où il y a une volonté.
05:24Sous-titrage Société Radio-Canada
Commentaires

Recommandations