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  • il y a 2 jours
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Clique c'est tous les jours présenté par Mouloud Achour et par Pauline Clavière le jeudi. 

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Transcription
00:00La plus grande réussite, tu la situerais où ? Dans le football ou dans la vie personnelle ?
00:04Dans la vie personnelle.
00:05À quel niveau ?
00:06Par rapport à ma fille.
00:08Je pense que la plus belle réussite, c'est de l'avoir remise dans notre monde.
00:13Parce que je pense que quand elle est née, elle était autiste très forte.
00:18Et je pense qu'elle ne vivait pas dans le même que nous.
00:21Et avec beaucoup d'énergie, beaucoup de travail, beaucoup de sacrifices,
00:28aujourd'hui, elle est avec nous.
00:29Voilà, dans notre monde.
00:30Comment elle s'appelle ?
00:31Émilie.
00:32Et elle a quel âge maintenant ?
00:33Elle a 36 ans aujourd'hui.
00:35Et c'est vrai que vous avez inventé un langage ?
00:38On a inventé un langage de huit signes.
00:40Parce que la seule chose qui nous manque aujourd'hui, c'est d'entendre sa voix.
00:46On sait qu'elle comprend tout, on sait qu'elle vit avec nous.
00:51Et à un moment, il nous fallait un peu de communication.
00:56Donc on lui a appris huit signes.
00:59J'ai faim, j'ai soif, j'ai mal.
01:01Tu peux nous les montrer, ces signes ?
01:03Alors ça, c'est la télé.
01:05J'ai faim, j'ai soif, j'ai mal.
01:09Puis il y en a quatre autres avec plus de moments après.
01:12D'accord.
01:13Mais ça a changé notre vie.
01:15Ça a changé notre vie.
01:16Parce que du jour au lendemain, même si nous, on la connaît par cœur, donc on sait exactement ce qu
01:22'elle ressent, ce qu'elle a envie, c'est qu'il nous manquait cette relation qu'on a avec son
01:26enfant quand il nous demande des choses.
01:30Et maintenant, c'est tout naturel.
01:33Mais même si elle a 36 ans aujourd'hui qu'elle ne parle pas, ces huit signes ont changé notre
01:37vie en fait.
01:39Et vous avez réussi à faire un 10 kilomètres ensemble ?
01:42On l'a fait, Émilie, on l'a fait, je ne sais pas, des centaines de fois, des centaines de
01:49fois.
01:50Nous, on a commencé ce programme, elle avait cinq ans.
01:57On nous avait prédit qu'elle ne marcherait jamais, qu'il fallait la mettre dans un centre et venir la
02:02voir samedi et dimanche.
02:04Sauf que nous, on ne l'a pas entendu de cette manière.
02:06On a voulu se battre, on a voulu essayer de trouver des solutions.
02:09On a trouvé une solution aux Etats-Unis, à Philadelphie.
02:13Et chaque fois qu'on allait, on est allé 16 fois, chaque fois qu'on allait, on avait des progrès
02:16à avoir fait pour pouvoir continuer le programme.
02:20Et à un moment, dans le programme, il y avait « il faut qu'elle court 10 kilomètres ».
02:25Et elle a couru 10 kilomètres, elle a couru 10 kilomètres, des centaines de fois avec moi.
02:30Pourquoi est-ce qu'on veut exclure les enfants atteints d'autisme de la société ?
02:35Pourquoi est-ce qu'il a fallu aller jusqu'à Philadelphie ?
02:39Pourquoi ? Parce que dans notre pays, on n'essaye pas de trouver ces solutions-là.
02:46On a d'autres solutions qui sont des centres.
02:48Les centres, c'est bien, c'est gentil.
02:50Mais pour des enfants qui sont malades, c'est des parkings.
02:55Nous, on a voulu d'abord essayer de la ramener dans notre monde à nous, ce qui était le plus
03:02compliqué.
03:03Après, les centres, certainement que dans le futur, c'est ce qui va arriver, parce qu'on n'est pas
03:09éternel et qu'on n'a pas envie que nos enfants souffrent de cette affaire-là.
03:19Et aujourd'hui, c'est vrai qu'on cherche des structures où elles pourraient être bien et elles pourraient aussi
03:24vivre tranquillement.
03:26Tu t'es impliqué aussi dans le volet associatif.
03:29Quand tu vois d'autres familles dont les enfants souffrent d'autisme, c'est quoi les points communs que tu
03:32vois avec ton expérience avec ta fille, ta femme ?
03:35Le problème, c'est que personne n'est prêt.
03:37C'est-à-dire que le jour où ça te tombe sur le coin du nez, tu n'es pas
03:39prêt.
03:40Donc, ou tu cherches des solutions, ou tu as les solutions qu'il y a déjà chez nous.
03:46Ce qui se passe dans la famille, c'est qu'en général, ou la famille se renforce ou elle explose.
03:52Donc, à un moment, nous, ce qu'on essayait de faire par rapport à l'association, c'est juste donner
03:57des solutions.
03:57Après, c'est le choix des uns et c'est le choix des autres.
04:00Et ça, personne ne peut faire à la place d'un autre.
04:04Et l'association, depuis, on a dû aider, je ne sais pas, 2000 enfants.
04:09On a dû donner à des gens entre 15 et 20 millions d'euros qu'on a récoltés au fur
04:16et à mesure des années.
04:17Et si des gens qui nous regardent, ils veulent vous aider, comment ils font ?
04:21Alors, nous, on fonctionne par don.
04:25On organise juste une manifestation au carreau d'arrache, une cyclo qui porte mon nom depuis 17 ans maintenant.
04:33C'est la seule vraiment grosse opportunité qu'on a de gagner de l'argent.
04:37Tu me disais, avant que ça enregistre, qu'il y a des gens qui se sont permis d'écrire des
04:41rumeurs sur ta fille.
04:43Oui, de temps en temps, il sort une rumeur comme ma fille est décédée.
04:48On ne comprend pas trop.
04:49Nous, on le sait parce qu'en fait, on a des gens qui sont beaucoup plus accros au réseau que
04:53nous, autour de nous.
04:55Donc, dès qu'il se passe un truc, on reçoit un coup de téléphone.
04:59Qu'est-ce qui s'est passé, etc.
05:00Et on leur dit, mais ça n'est rien passé.
05:01C'est juste une info qui sort bidon.
05:04Des gens qui se permettent de mettre n'importe quoi.
05:06C'est comme ça.
05:06Comment on lit ça quand on est papa, qu'on a consacré plus de 30 ans dans ce combat pour
05:12sa fille ?
05:13Ça fait un peu mal parce que tu as l'impression que tu te bats pour rien.
05:18Après, les médias, la presse, on sait que ce qui est dit, ça reste en général.
05:24Les gens ne se focalisent pas sur ce qui se passe en vrai.
05:26Ils se focalisent sur une info.
05:28C'est dommage.
05:29C'est la vie d'aujourd'hui, en fait.
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