00:00Ici Saint-Etienne-Loire, pour bien commencer la journée, ici matin.
00:06C'est le retour à l'école pour les enfants ce matin, après la journée du mercredi.
00:11Enfin, pas pour tous.
00:12Oui, certains ne vont pas à l'école, faute d'enseignants, d'autres sont trimballés d'une classe à l
00:16'autre.
00:16Ou bien ils vont en remplaçant une journée, mais pas plus.
00:20Des cas comme ça, on en a plein.
00:21Je souligne d'ailleurs que c'est vous, auditeurs, qui nous alertez souvent sur des situations compliquées dans des écoles
00:27de la Loire.
00:27Bonjour Léa Pierret.
00:28Bonjour.
00:28C'est sûr qu'au secrétaire de la FSU, l'UIPP dans la Loire, les parents d'élèves de l
00:32'école Jacquard et de l'école Chape se rassemblent demain après-midi à Saint-Etienne.
00:36Il leur manque trois enseignants depuis plus de trois semaines.
00:39Ce n'est pas un cas isolé.
00:41Je parlais ce matin d'une centaine d'enseignants absents, non remplacés.
00:47Ça peut arriver à des moments dans l'année, c'est vraiment ça ?
00:50Oui, tout à fait.
00:50C'est une enquête qu'on mène depuis plusieurs années sur le pic de nos remplacements.
00:55C'est une enquête qu'on mène en février.
00:57Le moment de l'année où il y a le plus grand problème de remplacement, on arrive parfois sur des
01:04journées à près de 100 classes non remplacées.
01:07On ne demande pas forcément la création de 100 postes de remplaçants, mais c'est-à-dire que c'est
01:10le pic de l'année là où il y en a le plus.
01:11L'année dernière, c'était 150, donc c'est variable en fait.
01:14Un peu moins, 140.
01:16Comment on règle cette situation-là ?
01:18L'inspection académique dit qu'on a embauché 15 remplaçants en début d'année, mais on ne peut pas tout
01:22prévoir.
01:23Voilà, il y a eu la création de 15 postes de remplaçants.
01:26Alors attention, ce n'est pas des embauches propres, ce n'est pas des postes en plus, c'est des
01:29classes qu'on a fermées ailleurs pour pouvoir prendre ces 15 postes-là.
01:32Tout ça est fait toujours à moyen constant.
01:34Donc c'est une petite avancée que nous on a soulignée.
01:36Pour autant, c'est loin d'être suffisant quand on voit l'ampleur du problème.
01:40Et puis, ce qu'on ne dit pas, c'est qu'il y a énormément de formations auxquelles on n
01:44'a pas le droit, de la formation continue, parce qu'on n'est plus remplacés pour pouvoir en faire.
01:47Ça, c'est la fâche cachée de l'iceberg, où finalement, c'est aussi les professeurs des écoles qui en
01:50payent le prix, ne pouvant pas avoir une formation digne de ce nom, faute de manque de remplacement.
01:56C'est une question de budget ou une question de remplaçants à disposition ? Où est-ce qu'on doit
02:01mettre l'accent pour essayer de régler la situation ?
02:03Je pense qu'il y a une question de budget.
02:05Je pense aussi qu'il y a une question de conditions de travail, parce que même, si je vous reprends
02:09par exemple les chiffres au moment du Covid, on était à près d'une soixantaine de classes non remplacées.
02:13Donc là, on a des chiffres qui explosent.
02:15Cette question-là, on peut peut-être se pencher sur la question des conditions de travail des enseignants.
02:19Quand on a des classes qui sont très chargées, quand on a la question de l'accueil des élèves en
02:24situation de handicap, ça pose souvent des problèmes aux enseignants.
02:28Il y a de plus en plus de burn-out.
02:29Nous, on est beaucoup alertés sur les conditions de travail, donc forcément, ça découle aussi sur le manque de remplaçants.
02:36Il y a une situation qui nous interpelle aussi ce matin, celle de la talaudière, où apparemment, on demande aux
02:41enfants de rester chez eux.
02:43L'enseignant n'est pas là, on dit qu'on ne va pas les accueillir, on ne va pas les
02:47trimballer de classe en classe.
02:48Gardez les enfants chez vous.
02:49Est-ce que ça, ça arrive souvent ?
02:51Alors, ça, nous, c'est quelque chose sur lequel on est très vigilants, c'est-à-dire que les élèves
02:55ont leur place à l'école, et ça, c'est absolument inconditionnel.
02:59Pour autant, parfois, on se retrouve dans des situations où, clairement, je reprends par exemple Jacquard, où il y a
03:04trois classes non remplacées, ça fait plus d'une soixantaine d'élèves à répartir dans les classes.
03:09C'est des élèves qui, parfois, se retrouvent répartis pendant deux, trois, quatre semaines.
03:13Donc, on se pose la question de l'intérêt pédagogique de se retrouver dans des classes à faire du travail
03:17qui n'est pas forcément adapté à leur niveau, où il n'y a aucune continuité pédagogique sur les apprentissages.
03:21Donc, oui, si les parents ont la possibilité de les garder et que ça soit finalement mieux pour l'élève
03:28de pouvoir rester chez lui, c'est quelque chose qui peut arriver de dire.
03:30Mais pour autant, nous, on alerte vraiment là-dessus, ça ne doit pas être généralisé, les élèves ont leur place
03:35à l'école, et c'est à la DSDN de répondre à ce problème-là, et en aucun cas aux
03:39parents de devoir y répondre.
03:40Oui, parce que l'école est obligée, normalement, d'accepter les enfants.
03:42Tout à fait, l'école est obligatoire pour tout le monde, et c'est un service public qui devrait être
03:46accessible à tout le monde, à tous les enfants.
03:48Quels effets sur les niveaux des enfants ? On entendait le témoignage d'une maman qui disait « Moi, j
03:53'ai un enfant qui est en CM2, il va rentrer en sixième l'année prochaine, il va lui manquer des
03:56semaines et des semaines d'enseignement, il va partir avec du retard. »
03:59Je vais vous prendre mon exemple concret. Moi, je suis remplaçante. L'année dernière, je suis arrivée dans une classe
04:03de CP qui n'avait connu aucun remplacement pendant près de deux mois.
04:07Je peux vous assurer que sur des élèves de CP, c'est très compliqué. Après, pour apprendre à lire, quand
04:11on n'a eu aucun enseignant pendant tout le mois d'octobre et novembre, qui sont des mois décisifs sur
04:16l'apprentissage de la lecture,
04:17derrière, on rame, mais c'est les élèves qui en pâtissent le plus. Donc évidemment, ça pose des vrais problèmes
04:22sur les apprentissages des élèves.
04:24Il y a un autre sujet qui inquiète les enseignants et les parents aussi, c'est la carte scolaire.
04:29On connaîtra les suppressions de classes mardi prochain, donc le 31 mars. Il y a d'ailleurs une journée de
04:34mobilisation dans l'enseignement.
04:37Vous avez des indices un peu globaux sur le département de la Loire ? Comment ça va se passer ?
04:41Je peux déjà vous donner les chiffres qui ont été annoncés. Au niveau national, c'est 1891 postes en moins
04:47dans le premier degré.
04:48Au niveau académique, c'est 117 postes. Et puis dans la Loire, ça fait 20 postes en moins.
04:51Donc on sait déjà qu'il y aura 20 postes en moins. C'est donc au minimum 20 fermetures de
04:56classes.
04:56Mais on s'attend à beaucoup plus puisqu'on s'attend à une vingtaine de créations de passes.
05:00On s'attend à tout un tas de choses. Nous, on pense qu'on aura environ autour de 80 classes
05:04qui vont fermer dans la Loire,
05:05ce qui est énorme, ce qu'on n'a pas connu depuis des années.
05:0780 classes ?
05:08Environ. C'est un chiffre qui, pour l'instant, est à prendre avec des pincettes.
05:11Mais on s'attend à ce nombre-là.
05:12Vous, vous allez travailler sur cette carte scolaire cet après-midi ?
05:15Tout à fait. Le premier groupe de travail cet après-midi.
05:18Quel est l'objectif quand on travaille là-dessus ? Parce qu'on a encore des leviers ou pas ?
05:22Nous, on défend classe par classe, école par école, les situations des écoles.
05:26On a parfois des écoles dans la Loire avec des IPS, des indices d'opposition sociale, qui sont extrêmement faibles.
05:31Et donc, quand on ferme des classes comme ça, évidemment, c'est au détriment des élèves.
05:34Donc, nous, on défend école par école.
05:37On est en contact avec l'ensemble des directeurs et directrices d'écoles du département pour se mobiliser sur cette
05:41question-là.
05:42Et donc, voilà, il y a le premier temps cet après-midi.
05:44Et puis, le second temps, le plus important, mardi prochain, lors du CSA, il y aura un rassemblement à 13h30
05:49devant la DSDEN.
05:50Voilà, le rendez-vous est...
05:51À midi 30, excusez-moi.
05:52À midi 30.
05:53Et puis, j'ajoute également que les collègues syndicats enseignants de Haute-Loire manifestent ce matin aussi du côté du
06:00Puy-en-Velay
06:00pour s'opposer là aussi aux fermetures de classes pour la rentrée du mois de septembre.
06:03Léa Pierre, et merci beaucoup.
06:05Merci à vous.
06:05Consecrétaire de la FSU, ce n'est une IPP dans la Loire.
Commentaires