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  • 5 hours ago
European sovereignty requires control over its industry, Belgian economy minister tells Euronews

Belgium's Economy Minister David Clarinval is advocating full economic sovereignty in Europe. Therefore, Europe needs to regain control of its industrial capabilities, energy, defence and agriculture.

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Transcript
00:07Bonjour à toutes et à tous et bienvenue dans l'émission.
00:10Aujourd'hui, j'ai le plaisir de recevoir pour 12 minutes le ministre de l'Emploi, de l'Économie et
00:16de l'Agriculture belge, David Clarenval,
00:19pour justement parler de l'économie de la Belgique et de l'Europe en ce temps de guerre, celle en
00:24Iran et celle en Ukraine, bien sûr.
00:26Monsieur le ministre, merci d'être venu aujourd'hui sur notre plateau.
00:32Alors commençons par le sujet géopolitique qui occupe le devant de la scène depuis plusieurs semaines.
00:39Donc l'Europe est depuis plus de trois semaines maintenant le témoin d'une guerre dont la Trump a choisie
00:47avec Israël contre l'Iran,
00:50ce qui a de graves répercussions économiques en Europe, notamment la flambée des prix énergétiques.
00:57Alors comment comptez-vous protéger les entreprises et les agriculteurs belges contre cela ?
01:03Mais en fait, il faut bien se rendre compte qu'il y a des effets directs engendrés par la guerre
01:08en Iran.
01:09Les effets directs sont connus, par exemple l'impact sur les prix notamment des produits pétroliers, le gaz,
01:17avec un détournement d'une partie des capacités de gaz qui devait fournir l'Europe vers l'Asie,
01:23et avec une augmentation des prix qui se reflète déjà très fortement pour les citoyens et pour les entreprises,
01:30mais aussi des effets indirects.
01:31On voit que, par exemple, il y a déjà une augmentation des coûts des matériaux,
01:36toute une série de produits qui sont plus chers d'ores et déjà.
01:41Nous voulons donc, au niveau fédéral, proposer ce que l'on appelle le cliquet inversé,
01:47c'est-à-dire une diminution des axes, une diminution des taxes que l'État perçoit sur les carburants
01:54pour permettre d'amortir la hausse des coûts énergétiques.
01:58Et on veut aussi, pour les entreprises, sauver un système qui s'appelle le système du diesel professionnel,
02:05qui vise notamment les entrepreneurs et les transporteurs,
02:10avec aussi un mécanisme de plafonnement pour les coûts énergétiques dans les entreprises.
02:15Donc, deux mesures qui vont permettre de donner un peu d'oxygène, tant aux citoyens qu'aux entreprises.
02:20À partir de quel moment une guerre en Iran obligerait-elle votre gouvernement à revoir ces décisions en matière fiscale
02:30ou en autre matière ?
02:31Au contraire, je pense que notre gouvernement a déterminé à faire de la compétitivité des entreprises vraiment le cœur de
02:39notre action.
02:40Et on a décidé toute une série de mesures qui visent à protéger la compétitivité.
02:44On a diminué les coûts énergétiques de 1 milliard d'euros avec la norme énergétique.
02:51On a aussi diminué de 1 milliard d'euros les cotisations sociales qui pèsent sur les coûts du travail.
02:58On s'inscrit vraiment fortement dans les mécanismes de simplification administrative.
03:03Tous ces éléments-là ne doivent pas être retardés par la guerre en Iran, la réforme des pensions, la réforme
03:10du marché du travail.
03:11Toutes ces mesures vont rapporter au minimum 26 milliards d'euros pour le budget.
03:17Pour mettre notre budget droit sur les rails budgétaires européens, on doit respecter les règles.
03:24Et la guerre en Ukraine et la guerre en Iran ne doivent pas nous empêcher de mener à bien ces
03:30mesures-là.
03:31Par contre, vous avez raison, il faudra peut-être quand même qu'on prenne une mesure pour protéger le pouvoir
03:38d'achat des citoyens
03:39et protéger la compétitivité des entreprises par le cliquet inversé, par le plafonnement des taxes.
03:47Et donc, ce ne sont pas des dépenses en plus, ce sont plutôt des recettes en moins que nous aurons
03:51dans ce mécanisme.
03:53Alors, autre sujet qui fâche en ce qui concerne la guerre en Iran, c'est le vaste réseau financier en
03:59Europe
04:00qui pourrait être lié au nouveau guide suprême de l'Iran, Mouitaba Kamenei.
04:04Alors, est-ce que Kamenei, fils, a des actifs et des intérêts financiers en Belgique ?
04:10Et seriez-vous prêt à les saisir ?
04:12Je ne peux pas vous dire s'il y a des actifs en Belgique, mais la réponse que je peux
04:18vous donner est la même que celle que l'on a eue,
04:21par exemple, avec le dossier des avoirs russes.
04:23La Belgique, elle héberge sur son territoire des entreprises qui sont des références mondiales en termes de sécurité des marchés
04:32financiers.
04:33Et nous, nous veillons à ce que cette connaissance, cette reconnaissance qui est faite au niveau international ne soit pas
04:43attaquée.
04:44Et donc, s'il y a des décisions internationales de l'ONU ou d'autres instances internationales qui demandent à
04:52la Belgique d'agir, nous le ferons.
04:54Mais évidemment, on le fera seulement sur un mandat international qui sera très large et partagé.
05:00L'autre grande crise actuelle internationale, c'est bien sûr la guerre menée par la Russie en Ukraine.
05:06Alors, votre Premier ministre, Bardeveva, a récemment proposé de normaliser les relations avec Moscou.
05:13Êtes-vous favorable à cette idée ou plutôt ?
05:17Je pense que c'est un faux débat.
05:19Le Premier ministre a eu l'occasion de bien préciser ses propos par la suite.
05:24Nous sommes tous alignés au niveau belge et au niveau européen.
05:28Nous devons vraiment défendre l'Ukraine.
05:33Nous devons protéger ce pays qui est agressé par la Russie.
05:38Et donc, ça passe par de l'aide financière, de l'aide militaire, toute une série d'aides que l
05:45'on apporte depuis des années en Belgique
05:47et avec les partenaires de l'OTAN et de l'Union européenne.
05:52Donc, il n'y a pas d'équivoque là-dessus.
05:55C'est clair que, par contre, on le voit aujourd'hui, les conflits sont tous entremêlés.
06:01On le voit à cause de la guerre en Iran.
06:05Donald Trump a demandé à ce que l'on puisse permettre l'exportation de pétrole russe jusqu'au mois d
06:12'avril.
06:13Donc, c'est assez étonnant de voir ce genre de phénomène qui n'était pas possible auparavant.
06:19Alors, lors du dernier Conseil européen, la Hongrie a maintenu son veto auprès de 90 milliards d'euros à l
06:28'Ukraine.
06:29Qu'en pensez-vous ? Y a-t-il d'autres solutions ?
06:32Moi, je suis persuadé qu'on trouvera une solution, que les partenaires européens trouveront une solution.
06:37Mais il serait vraiment, en tout cas, regrettable que l'on ne puisse pas, à court terme,
06:43apporter les moyens nécessaires à nos alliés ukrainiens pour pouvoir poursuivre la défense
06:48qui est, on l'a vu encore cette nuit ou la nuit précédente,
06:511000 drones se sont abattus en 24 heures sur l'Ukraine.
06:56C'est vraiment dramatique.
06:59Et donc, on doit pouvoir poursuivre l'aide à nos alliés ukrainiens.
07:04Et cela passera peut-être par un peu de créativité au sein du Conseil européen.
07:09Mais je ne doute pas qu'on trouvera une solution sur ce problème.
07:11Ok. Alors, parlons de la compétitivité en Europe et des moyens de l'améliorer.
07:17Il existe divers programmes et propositions au niveau européen.
07:21Made in Europe, Europe Inc.
07:24Il y a le 28 régime.
07:26Alors, ces programmes permettront-ils d'atteindre l'objectif visé ?
07:31Et surtout, est-ce que suffisant ?
07:33En tout cas, moi, je me réjouis parce que pendant des années,
07:35l'Europe était quand même un peu naïve face à la situation internationale.
07:42On subissait un dumping de chinois majeur sur toute une série de produits.
07:49On subissait aussi une posture assez agressive dans le chef des Américains,
07:54avec l'IRA pour attirer nos entreprises,
07:56mais aussi avec les tarifs que Trump a mis en place plus récemment.
08:00Donc, tous ces éléments-là font qu'on était un peu, comme l'avait dit Macron,
08:04un herbivore au milieu de carnivores.
08:07Je crois que l'Europe a compris le message qu'il fallait maintenant changer de paradigme.
08:14On est maintenant dans une vision qui est de soutenir la compétitivité des entreprises,
08:20de comprendre que la souveraineté européenne, c'est quelque chose de fondamental.
08:25La souveraineté européenne, ça passe par la maîtrise de ses capacités industrielles,
08:31ça passe par la maîtrise de ses capacités énergétiques.
08:34Ça passe par la maîtrise de sa défense.
08:36Il faut qu'on ait des moyens de défense, parce que la guerre, malheureusement, ça existe.
08:41Et aussi, au niveau agriculture, on doit pouvoir maîtriser notre production agricole.
08:47Ce sont ces quatre piliers-là qui doivent vraiment nous guider.
08:49Si on ne maîtrise plus ces quatre piliers,
08:52on n'est plus un État, ou en tout cas un ensemble d'États souverains,
08:55et on perd le contrôle.
08:58Et donc, on est à la merci des continents voisins.
09:04Alors, la Belgique affiche l'un des niveaux d'endettement public les plus élevés de l'Union européenne.
09:09Comment éviter les mesures d'austérité, tout en respectant les règles budgétaires de la Commission européenne ?
09:16C'est vrai que nous avons décidé, avec ce gouvernement, de prendre le taureau par les cornes
09:20et de s'inscrire dans une trajectoire budgétaire qui est en conformité avec les règles européennes,
09:26ce qu'on a souvent un peu procrastiné en Belgique.
09:30C'est-à-dire qu'on a reporté un peu à plus tard ce qu'il fallait faire hier.
09:35Donc, on a pris des mesures strictes.
09:37Réforme des pensions, réforme du marché du travail, on a une réforme fiscale.
09:43On a aussi des mesures d'économie assez fortes,
09:48tout en augmentant à 2% notre effort de dépense en défense,
09:53alors qu'on était parmi les élèves qui étaient ceux qui dépensaient le moins en défense.
09:57On fait un effort considérable.
09:59Et donc, cette addition à la fois d'économies, de réformes et de dépenses supplémentaires en défense
10:05fait vraiment un effort considérable.
10:08On parle de plus de 32 milliards.
10:09Alors, l'industrie belge a été durement touchée par les coûts énergétiques, évidemment.
10:14Quelle est votre stratégie pour maintenir la compétitivité du secteur manufacturier ?
10:20Pourquoi un grand fabricant devrait-il aujourd'hui choisir la Belgique
10:26et pas, par exemple, les Pays-Bas ou la Maine ?
10:28On a vraiment mis le paquet sur plusieurs mesures.
10:31La première, c'est la norme énergétique, donc qui se décline en deux volets.
10:35On va mettre près d'un milliard d'euros pour diminuer les coûts énergétiques des industries énergivores.
10:41Donc, vraiment celles qui consomment beaucoup d'énergie,
10:43elles sont handicapées par le fait que le prix de l'énergie en Belgique est plus cher qu'en France,
10:48par exemple.
10:48Eh bien, on va permettre de s'aligner grâce à une diminution des coûts de transport.
10:53C'est la norme énergétique et ça vise vraiment les industries énergivores.
10:58Ensuite, de manière plus globale, moi, j'ai fait prendre une décision qui consiste à diminuer les cotisations sociales
11:04parce qu'en Belgique, les coûts salariaux sont parmi les plus élevés aussi d'Europe.
11:08Et donc, certes, on a une productivité qui est très bonne en Belgique, mais on a des coûts salariaux élevés.
11:13Donc, là, on a étalé sur plusieurs années une diminution structurelle des coûts salariaux.
11:21Je parle évidemment des coûts bruts parce qu'on protège le pouvoir d'achat des travailleurs.
11:26Et alors, en tant que ministre de l'Emploi, moi, j'ai mis une cerise sur le gâteau.
11:29C'est-à-dire que je fais toute une série de réformes en matière du marché du travail,
11:33limitation du chômage dans le temps, réformes des heures de nuit pour s'aligner sur les standards européens.
11:39Ce sont des réformes dont on n'avait plus vu cela depuis des dizaines d'années
11:43qui permettent vraiment de moderniser complètement notre marché du travail
11:46et d'avoir un marché du travail compétitif.
11:49David Clarenvan, ministre belge de l'Emploi, de l'économie et de l'agriculture.
11:53Merci pour cette interview.
11:55Avec plaisir. Merci.
11:57Sous-titrage ST' 501
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