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  • il y a 12 heures
Elles sont 11, elles ne touchent plus de salaire depuis un mois. Elles sont pourtant indispensables à la vie des patients atteints de maladie chronique comme le diabète, l'hypertension ou les addictions. Leur association est en cessation de paiement.

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Transcription
00:00Il est 7h45, depuis un mois, 11 infirmières du Pays Basque ne sont plus payées.
00:04Leur employeur, l'association Azalé, est en cessation de paiement car la Caisse Nationale d'Assurance Maladie ne veut plus
00:10la financer.
00:11Et pourtant, les infirmières Azalé sont indispensables aux médecins pour accompagner les patients atteints de maladies chroniques.
00:17C'est le thème de votre invitée ce matin, on dit le fort.
00:20Dominique Godard, bonjour.
00:21Bonjour.
00:22Alors, vous êtes infirmière Azalé à Villefranc.
00:24Azalé, ça veut dire Action de Santé Libérale en équipe.
00:28En quoi consiste votre travail ?
00:29Il s'agit de protocoles de coopération avec des médecins généralistes.
00:33Nous, nous sommes 11 infirmières sur le Pays Basque et nous travaillons avec 51 médecins généralistes pour accompagner des patients
00:40atteints de maladies chroniques.
00:42C'est très varié, ça va du diabète en passant par les addictions, des patients en grande précarité, des patients
00:49en souffrance tabagique.
00:50C'est très très varié.
00:52Également, en ce moment, beaucoup de patients en souffrance mentale.
00:54Alors, accompagner, ça veut dire quoi ? Vous êtes chez eux, avec eux ? Vous êtes dans le cabinet du
00:58médecin ?
00:59Oui, ce sont des consultations au cabinet, pour la plupart du temps.
01:03Des consultations qui vont jusqu'à une heure de temps.
01:05Donc, ça nous laisse le temps de tisser une alliance thérapeutique, comme l'on dit avec le patient, de gagner
01:10confiance.
01:11Mais pour les plus précaires, on se déplace aussi à domicile.
01:14Et donc, qu'est-ce que ça change dans la vie de ces patients qui, avant, ne vous avaient pas
01:18?
01:18Est-ce qu'ils allaient moins bien ? Est-ce qu'ils étaient plus hospitalisés ?
01:22Je vais prendre un exemple très concret.
01:24Par exemple, le patient diabétique à qui le médecin généraliste annonce tout d'un coup, à l'issue de son
01:29bilan sanguin,
01:30« Tiens, vous démarrez un diabète ».
01:33Compte tenu du nombre croissant de patients, les médecins n'ont pas le temps de faire tout le côté éducatif,
01:41d'expliquer ce qu'est l'alimentation, les bonnes actions à accomplir.
01:47Et donc, ils nous les adressent.
01:48Et nous, on a toute l'attitude pour leur faire comprendre ce qu'est leur maladie,
01:52et les faire participer, et les rendre acteurs de leur maladie.
01:56Les consultations durent combien de temps ?
01:57Jusqu'à une heure de temps, plusieurs fois dans l'année, autant de fois que nécessaire,
02:01on avance au même rythme que le patient.
02:04Connaissant le monde un petit peu du soin, on a l'impression que c'est un petit peu du luxe.
02:09Quel est le bénéfice pour la société, pour l'assurance maladie, pour les malades, pour vous ?
02:14Le bénéfice, il est évident en termes d'effets secondaires au niveau des pathologies.
02:22Si, un patient qui se prend bien en charge, qui comprend bien sa pathologie,
02:26forcément, les effets secondaires sont diminués.
02:28Vous avez constaté moins d'hospitalisation ?
02:30Clairement, clairement, oui.
02:32C'est R48 sur ICI Pays Basque.
02:34Ce matin, notre invité, Dominique Godard, vous êtes infirmière.
02:37Vous faites partie de ces infirmières du Pays Basque,
02:39plus payées par l'association Azalé, qui est en cessation de paiement.
02:42Cette association, elle a été créée en 2004, dans les Deux-Sèvres,
02:46par des médecins et des infirmiers,
02:48qui ont justement fait le constat qu'il manquait quelque chose entre le cabinet médical et la maison.
02:54Le dispositif s'est développé aujourd'hui, vous êtes 2000 en France,
02:58mais en novembre dernier, la Caisse d'assurance maladie, la Caisse nationale,
03:03a cessé de subventionner Azalé.
03:06Qu'est-ce qui s'est passé ensuite ?
03:07Ça, c'était en novembre.
03:08Ça, c'était en novembre.
03:09Donc, la Caisse nationale d'assurance maladie est notre principal financeur,
03:13puisqu'elle finance à plus de 98% le dispositif Azalé.
03:17Donc, en novembre, la CNAM a décidé de ne plus financer pour des raisons qui nous échappent.
03:22C'est un bras de fer entre la gouvernance et la CNAM.
03:25100 millions d'euros par an, nous a-t-il dit ?
03:27Tout à fait, pour financer nos salaires.
03:30Donc, nous avons rencontré des difficultés,
03:32puisqu'au mois de janvier, nous avons déjà eu notre salaire payé en deux fois.
03:36Et en février, nous n'avons pas perçu notre salaire.
03:38Le 5 mars, la gouvernance d'Azalé a décidé de saisir le tribunal des affaires économiques de Paris
03:45et a fait une demande de cessation de paiement.
03:48Et là, nous sommes en attente, ce vendredi, le 27 mars,
03:52d'une audience, toujours au niveau de ce TAE à Paris,
03:55pour savoir si l'association va être placée en redressement ou en liquidation judiciaire.
03:59Et donc, est-ce que vos salaires vont pouvoir être pris en charge, même en retard ?
04:03Vous avez un peu de réserve ? Comment vous faites ?
04:06Non, il n'y a plus de réserve au niveau de l'association,
04:08ce qui explique que depuis le 31 janvier, nous continuons à travailler sans être payés.
04:13Gratuitement ?
04:14Gratuitement, voilà, au chevet de nos patients et des aidants.
04:18Nous espérons évidemment un redressement,
04:21parce que ce redressement signifierait la nomination d'un mandataire
04:24et qui ensuite pourrait déclencher l'assurance de garantie des salaires.
04:29Mais nous sommes suspendus à cette audience du 27.
04:32Vous avez des collègues qui sont en grande difficulté, notamment au Pays Basque ?
04:35Oui, bien évidemment.
04:36Je pense notamment à une de mes collègues, mère seule avec trois enfants.
04:40Je pense tous les jours à elle.
04:42C'est compliqué.
04:43Et donc, vous arborrez ?
04:45Oui, pardon.
04:45Pardon.
04:46C'est très compliqué.
04:47Et puis, quand on voit le coût de l'essence aussi qui augmente,
04:50enfin, et puis même les collègues qui sont en couple,
04:56enfin, tout le monde a besoin de son salaire pour vivre,
04:58honorer ses factures, payer ses crédits, etc.
05:01C'est très anxiogène.
05:04Donc, ça se sait maintenant que vous êtes en colère.
05:06Vous avez un petit écriteau infirmière à aller en danger.
05:10Il y a aussi des petits panneaux dans les cabinets médicaux.
05:14La Caisse d'assurance maladie de Bayonne, que nous avons joint hier
05:18et qu'on a pu entendre dans le journal de 7h,
05:20nous a assuré vraiment de l'efficacité de ce dispositif
05:25et du besoin des patients.
05:27Elle n'est pas inquiète sur le dispositif,
05:30mais il va falloir trouver une autre association.
05:32Alors, ça vous chagrine ?
05:34Ça marchait bien, selon vous, le dispositif ?
05:37Le dispositif, il est extrêmement efficient.
05:40Il nous permettait de faire énormément de prévention,
05:42des dépistages, etc.
05:43Au-delà de toutes les prises en chasse des maladies chroniques,
05:45bien évidemment.
05:46Après l'histoire du repreneur,
05:49on ne sait pas.
05:50Est-ce qu'un grand groupe va vouloir s'intéresser à nous
05:52et nous reprendre ?
05:53Est-ce que la CNAM, qui nous finance jusque-là,
05:55va vouloir nous reprendre en direct,
05:58en chassant, entre guillemets, la gouvernance actuelle ?
06:01On est complètement dans le flou.
06:04Après, c'est vrai qu'on entend des discours plutôt rassurants,
06:07tant au niveau de l'ARS qu'on a sollicité,
06:10que de la CNAM.
06:11Même M. Fatom loue nos services.
06:14M. Fatom ?
06:15Qui est le directeur général de la Caisse nationale d'assurance maladie.
06:18Bon, on est tous derrière vous, en tout cas.
06:20Bon courage, merci beaucoup.
06:22Merci pour cette tribune, merci.
06:23Et vous nous tenez au courant, évidemment, de l'évolution.
06:26Merci infiniment.
06:27Merci à vous.
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