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  • il y a 2 heures
L'ancien Premier ministre socialiste, Lionel Jospin est mort ce dimanche 22 mars à l'âge de 88 ans. Chef du gouvernement de 1997 à 2002, premier secrétaire du PS de 1981 à 1988 puis de 1995 à 1997, Lionel Jospin s'était aussi présenté sans succès aux élections présidentielles de 1995 et 2002.

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Transcription
00:00Je vois que Manuel Valls est d'accord avec ce terme d'autorité.
00:04Rappelons, merci d'être là, que vous avez été au cabinet de Lionel Jospin, Matignon,
00:09vous vous occupiez de sa communication, vous avez même dit que c'était en quelque sorte votre mentor.
00:14Et l'autorité, ça le caractérise ?
00:16Oui, j'ai eu la chance d'avoir deux mentors, Michel Rocard et Lionel Jospin.
00:19Oui, mais c'était une autorité naturelle.
00:22Quand il est revenu à la tête du Parti Socialiste, on fait de la préhistoire là, en 1995,
00:26après une présidentielle qui a été son retour dans la vie politique,
00:29parce que personne ne l'attendait au second tour, même en tête du premier tour de l'élection présidentielle.
00:34Il a repris, vous le disiez, la tête du Parti Socialiste donc,
00:37mais avec une autre manière d'être que celle qu'il avait connue dans les années 80
00:42quand François Mitterrand était président de la République.
00:44Et il affirmait l'idée d'un leadership, il se considérait comme un leader.
00:48Et un leader, il dégage forcément une autorité, une autorité naturelle,
00:51qui n'a pas peur par exemple d'avoir des ministres puissants,
00:54des alliés au sein d'un gouvernement, mais par le collectif, par la cohérence.
00:58On appelait ça la Dream Team.
00:59Oui, la Dream Team, mais même au-delà, c'est-à-dire qu'on était en cohabitation,
01:03donc ça n'était pas facile.
01:03Tous les 15 jours, il réunissait son gouvernement,
01:06il travaillait beaucoup avec les ministres, il respectait le Parlement,
01:09il avait d'ailleurs pris l'engagement qu'il a tenu,
01:11alors que c'était une majorité plurielle, de ne pas utiliser le 49-3.
01:16Donc oui, il y avait une autorité chez lui.
01:18Moi, je l'avais connue avant, je peux vous dire que dans les couloirs de la rue de Solferino,
01:21j'étais responsable internationale des jeunes socialistes,
01:24son autorité, sa carure, parce que c'était un athlète aussi,
01:27son visage sévère, vous passiez à côté.
01:31Et puis il avait ses côtés personnels, c'était quelqu'un qui,
01:34ce qui n'est pas le cas d'ailleurs de tous les politiques,
01:36il s'occupait de vous, il vous demandait comment ça allait,
01:39s'il y avait un problème dans votre entourage, dans votre famille,
01:42si vous avez connu une épreuve.
01:44C'est un homme qui aimait, Guillaume Durand, on va en parler sans doute,
01:46mais parler de culture, vous savez que c'était un fan, un dingue des westerns.
01:51Et il y en avait un qui le passionnait avant tout,
01:54et qui dit beaucoup de lui d'ailleurs, parce qu'il a aussi ses secrets,
01:58c'était l'homme qui a tué Liberty Valence, c'est-à-dire...
02:00John Ford.
02:01John Ford, John Wayne, Jeff Stewart.
02:03Mais oui, c'est la légende.
02:07La légende est plus belle que la réalité.
02:11– Pardon, simplement on a retrouvé une image d'archive, Manuel Valls,
02:15ça va vous rajeunir surtout, pardon, mais c'était un match de football,
02:20vous vous en souvenez sûrement, en 99, vous êtes juste à droite là.
02:24– Vous me reconnaissez quand même encore.
02:25– Oui, oui, avec le maillot.
02:28– Et vous savez où il avait lieu ?
02:29Il avait lieu à Saint-Gabelle, parce qu'il était conseiller général,
02:32et il a été député, et on avait fait tout un déplacement là-bas
02:37pour aérer le cabinet sous l'autorité d'Olivier Schrammecq, qu'on voit ici.
02:43– Qui ne devait pas jouer au football ?
02:44– Non, je me confie, mais j'ai beaucoup de...
02:46Je peux le dire, j'ai beaucoup de...
02:48C'est la vie, c'est les pages de la vie.
02:49– C'est un ami ?
02:50– Non, parce que je fais attention, vous savez, en politique,
02:53oui, il y a de l'amitié, mais moi j'ai énormément de reconnaissance,
02:56ce qui m'a beaucoup aidé dans mon parcours politique,
02:58j'ai beaucoup appris, évidemment il y a eu forcément des désaccords,
03:02mais je l'ai encore vu il y a quelques mois,
03:04on a déjeuné ensemble avant l'été pour parler de la Nouvelle-Calédonie,
03:06et du reste, il est venu d'ailleurs sur son vélo,
03:09un vrai Parisien, voilà, et forcément avec le départ de Rocard,
03:15de Beninter, de Lionel maintenant,
03:17c'est les pages qui se tournent pour chacun d'entre nous
03:19et pour le pays, mais bon, c'est une sacrée figure, un homme d'État.
03:24– Merci.
03:24– C'est ce qui se tournent.
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