- il y a 7 heures
Drame, Guerre
Avec Jean Gabin, Dennis Moore, Richard Whorf
Le 18 juin 1940, Clément, condamné à mort, doit être guillotiné. Il doit son salut à un bombardement et aux papiers du sergent Lafarge, mort dans une fusillade. Sous l'identité de Lafarge, Clément s'embarque pour Brazzaville, puis part pour le Tchad où il se distingue. Il est promu lieutenant et décoré, mais il se rend compte qu'il a usurpé la gloire de Lafarge qui s'était conduit en héros. Clément apprend la vérité sur son compte à Monge qui lui conseille de se taire. Yvonne, la fiancée de Lafarge, découvre l'imposture de Clément, elle renonce à le dénoncer et s'engage comme infirmière. Clauzel, un ancien compagnon de Lafarge, arrive en Afrique et reconnait en Clément un imposteur.
Avec Jean Gabin, Dennis Moore, Richard Whorf
Le 18 juin 1940, Clément, condamné à mort, doit être guillotiné. Il doit son salut à un bombardement et aux papiers du sergent Lafarge, mort dans une fusillade. Sous l'identité de Lafarge, Clément s'embarque pour Brazzaville, puis part pour le Tchad où il se distingue. Il est promu lieutenant et décoré, mais il se rend compte qu'il a usurpé la gloire de Lafarge qui s'était conduit en héros. Clément apprend la vérité sur son compte à Monge qui lui conseille de se taire. Yvonne, la fiancée de Lafarge, découvre l'imposture de Clément, elle renonce à le dénoncer et s'engage comme infirmière. Clauzel, un ancien compagnon de Lafarge, arrive en Afrique et reconnait en Clément un imposteur.
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00:02:34Il faut payer.
00:02:36Pourquoi pas ?
00:02:47Votre guillotine a l'air un peu vieux jeu.
00:02:54S'ils se rapprochent encore, nous serons tués avant lui.
00:02:56Hier, un chapelet de bombe est tombé au beau milieu d'un enterrement.
00:02:59Tous les gens du cortège se sont enfuis.
00:03:01Ils ont abandonné le cercueil près de la fosse.
00:03:04On s'amuse comme on peut. Je suis bien là, moi.
00:03:09Ne voulez-vous pas prier, Clément ?
00:03:12À cause d'un policier qui a été tué dans une bagarre ?
00:03:16Vous avez avoué votre crime ?
00:03:17On était beaucoup de grévistes devant la porte de l'usine.
00:03:20J'ai dit avoir frappé un flic.
00:03:23Pensez-vous avoir mené une vie décente ?
00:03:26J'appelle pas ça une vie, moi.
00:03:27Dieu n'en promet pas de facile aux hommes.
00:03:32On en a la preuve.
00:03:35Je ne puis pas croire que vous n'ayez pas de coeur.
00:03:38N'aimez-vous pas votre pays et l'humanité ?
00:03:41L'humanité.
00:03:43Vous la trouvez belle, vous ?
00:03:45Chaque fois que je l'ai cherché.
00:03:47Dieu est en tout homme. Il est en vous.
00:03:49Il est en vous.
00:03:50Ne sentez-vous pas que la vie est bonne ?
00:03:53Que la terre est douce ?
00:04:20Qu'est-ce que j'ai cherché ?
00:04:27Tu vas sur la terre ?
00:04:27Quelle est とcelle ?
00:04:37Quelle ?
00:04:39Tu vas donc en vous ?
00:04:40Écoutez-vous pas !
00:04:42C'est parti.
00:05:25C'est parti.
00:05:56C'est parti.
00:06:14Hé, t'as encore une petite place ?
00:06:16Oui, grand, merci.
00:06:24Où allez-vous ?
00:06:25Vers le sud.
00:06:27Ouais, vers le sud.
00:06:29J'ai perdu ma compagnie ou elle m'a perdu.
00:06:32Moi, je suis parti de Sedan.
00:06:34On était allé à Troyes faire une corvine de nettoyage et en revenant, tu es le régiment.
00:06:39Nous, nous étions en Belgique.
00:06:40On donne l'ordre, repli, repli.
00:06:43L'année dernière, j'ai vu l'armée descendre les Champs-Élysées.
00:06:47La plus belle du monde.
00:06:49Mais tu ignorais qu'il n'y avait pas d'autres tentes que ce que tu voyais.
00:06:53En Champagne, il n'y avait pas un avion.
00:06:55Ils étaient tous en Belgique.
00:06:57Et en Belgique, on disait qu'ils étaient en France.
00:06:59Où sont-ils, les Fris-le-Lins ?
00:07:00Ce soir, ils sont à tour.
00:07:02Ils seront sans doute à Bordeaux avant qu'on y arrive.
00:07:04Dans une semaine, il n'y a plus de France.
00:07:06Je te répète pour la dernière fois qu'on les arrêtera quelque part.
00:07:08T'en as donc pas encore assez ?
00:07:10Je vais encore me battre ?
00:07:11Ce n'est pas vrai. C'est un cauchemar.
00:07:14Tu parles.
00:07:43C'est un cauchemar.
00:07:44Je belongs.
00:08:21C'est parti !
00:09:01C'est parti !
00:09:06Je ne tiens pas à rester là !
00:09:07Dis-moi !
00:09:08Hé, Steve !
00:09:09Me voilà !
00:09:10Attends !
00:09:21Hé, les gars ! On va pas plus loin !
00:09:48Dites, sergent, pouvez-vous me dire où ils vont ?
00:09:51Excusez-moi, sergent, vous ne savez pas où ils vont ?
00:09:53Peut-être en Espagne, puis ensuite en Afrique !
00:09:56En Afrique ?
00:09:57Pourquoi faire ?
00:09:57C'est là où va le gouvernement !
00:09:59En Afrique ?
00:10:00Pourquoi en Afrique ?
00:10:01On va-t-il des avions, des tanks, des mitrailleuses ?
00:10:04Et la flotte, tu l'oublies ?
00:10:05Attends qu'on s'est organisé, ils nous feront ce chemin dans l'autre sens !
00:10:08Je ne sais pas quoi faire, sergent !
00:10:10T'as une pipe ?
00:10:11Oui !
00:10:14C'est ta dernière !
00:10:15Prenez !
00:10:16Merci !
00:10:18Est-ce qu'on est à Bordeaux, sergent ?
00:10:19Non, ici, c'est Saint-Jean-de-Luzes !
00:10:22T'as une allumette ?
00:10:24Non !
00:10:26Allons au café, on en trouvera bien !
00:10:29Où faut-il que je me présente, sergent ?
00:10:31C'est ce que je le sais !
00:10:32C'est la première fois que je viens là, et je ne sais pas à qui m'adresser !
00:10:35Vous pouvez me donner des ordres ?
00:10:36Oui !
00:10:37Allume ta cigarette !
00:10:38Je suis content d'avoir trouvé un sergent !
00:10:40Je m'appelle Monge, Jean-Michel Monge !
00:10:42C'est du fromage ?
00:10:44Oui !
00:10:46Hé, donnez-lui à boire !
00:10:48Oh, merci !
00:10:51Un paysan me l'a donné !
00:10:52Entre pays, on se reconnaît !
00:10:54Et d'où êtes-vous ? La Normandie !
00:10:57Ma famille est toujours là-bas si les boches ne vont pas chasser !
00:11:00C'est ça qui donne le cafard !
00:11:02Hé ! C'est l'heure du journal parler !
00:11:04On va peut-être savoir où on en est !
00:11:06Oui !
00:11:06Ils vont encore nous parler du fameux repli stratégique !
00:11:09Ici, Radiodiffusion Nationale !
00:11:11Venez écouter la radio ! Venez !
00:11:13Hé, les gars ! Venez !
00:11:15Nous vous donnons lecture d'un communiqué très important du maréchal Pétain, chef de l'État !
00:11:21N'est donc plus Paul Reynaud qui est au gouvernement ?
00:11:22Tu as dormi toute la journée, c'est Pétain qui est président du conseil !
00:11:25Pétain ? Hum ? Oh, chic ! Lui, il nous sauvera !
00:11:30C'est parti !
00:11:32C'est parti !
00:11:34C'est parti !
00:11:56C'est parti !
00:12:01C'est parti !
00:12:04C'est parti !
00:12:06C'est parti !
00:12:17Je vous le dis aujourd'hui, nous devons arrêter de l'arrivée.
00:12:22J'adrissais moi-même à l'adversaire pour lui demander si il est prêt à chercher avec moi,
00:12:29comme soldi pour soldi, après l'actualité de l'arrivée est terminée,
00:12:34et avec honnêtement, le moyen de mettre en place à hostilité.
00:12:39May tous les Français groupent-ils sur le gouvernement
00:12:43que j'adrissais pendant ces derniers jours,
00:12:47et contrôlent leur anguish,
00:12:49afin d'être leds seulement par leur faith
00:12:52dans le destin de leur pays.
00:12:59Qu'est-ce qu'il veut dire ?
00:13:00C'est la fin de tout. Un armistice.
00:13:03C'est pas possible. Et notre traité avec l'Angleterre ?
00:13:05Pas de paix séparée.
00:13:07Moi, je vous le dis, c'est un tour d'ébauche.
00:13:09On est bien foutus.
00:13:12Et ça, deux cinquante.
00:13:15L'armistice ?
00:13:17Mais je ne comprends pas.
00:13:18Enfin quoi, tout est foutu.
00:13:20Il n'y a plus personne pour nous donner des ordres.
00:13:21Alors maintenant, chacun pour soi.
00:13:27On a demandé l'armistice.
00:13:28Ça ne veut pas dire qu'ils l'accepteront.
00:13:29Les moches nous tomberont dessus avant que ce soit signé.
00:13:31Non, prends-tu. Ils sont pas encore là.
00:13:34Qu'est-ce qui peut les arrêter ?
00:13:35Quoi ? Demain, nous serons tous faits prisonniers.
00:13:37Je peux vous conduire en espèce.
00:13:38Pour moi, j'irai en prison.
00:13:40Merci, mon vieux.
00:13:43Je ne peux pas y croire.
00:13:45Attends un peu. Qu'est-ce qu'il a dit ?
00:13:50Hé, qu'enlevez-vous l'ange ?
00:13:52Pour l'appareil.
00:13:53Quelle est la prochaine escale ?
00:13:55Dakar.
00:13:56Je peux embarquer ?
00:13:57Il y en a déjà pas mal de montées à bord.
00:13:59Vous n'aurez pas grand-chose à manger.
00:14:01Oh, ça fait rien.
00:14:02Alors ?
00:14:03Adieu, paysan.
00:14:04Vous allez à Dakar, en Afrique ?
00:14:06Et comment ? Pendant que vous planterez vos pètes pour les boches ?
00:14:08Pour les boches ?
00:14:09Non.
00:14:11Je ne ferai pas ça.
00:14:12Vous avez raison.
00:14:13Venez donc.
00:14:14Oui.
00:14:15C'est le chemin le plus court pour rejoindre la Normandie.
00:14:17Je pars avec vous.
00:14:26Il n'y a plus de place en bas, sergent.
00:14:28On s'en trouverait en haut.
00:14:40Les idiots.
00:14:42Tenez, voici vos cartouches.
00:14:43Bien entendu, elles n'allaient pas à nos fusils.
00:14:46Où sont les vivres ?
00:14:47Tout est à Dieppe.
00:14:48Et comment aller à Dieppe ?
00:14:50Impossible.
00:14:50Les frites sont dans la ville.
00:14:52Si le théâtre était dirigé comme ça, il aurait déjà fait faillite.
00:14:54Tu parles.
00:14:56Je suis dans la banque.
00:14:57T'es banquier ?
00:14:58T'as une banque ?
00:14:59Je suis caissier en seconde la banque Dufresne à Lyon.
00:15:02Monsieur Dufresne, notre président, dit que les gens de théâtre ne valent pas cher.
00:15:06Qui c'est le lieutenant qui est là-bas ?
00:15:08Je ne sais pas.
00:15:09Il est monté à bord en même temps que nous.
00:15:11D'où peut-être, toi ?
00:15:12Moi ?
00:15:13De Strasbourg.
00:15:15Tu n'as pas entendu parler de l'armistice ?
00:15:17Tu n'as plus besoin de ça ?
00:15:18Peut-être que si.
00:15:19Pourquoi il nous dit ce qu'il faut faire ?
00:15:21Comme tout officier, il aime donner des ordres.
00:15:23Et puis il dit qu'il va nous trouver de quoi manger.
00:15:25Vous allez accepter qu'il vous commande ?
00:15:27Personne ne me commande.
00:15:30Oh, je vais voir.
00:15:42Sous-titrage Société Radio-Canada
00:16:12Sous-titrage Société Radio-Canada
00:16:34Sous-titrage Société Radio-Canada
00:16:39Sous-titrage Société Radio-Canada
00:17:16Sous-titrage Société Radio-Canada
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00:17:55Sous-titrage Société Radio-Canada
00:19:24Sous-titrage Société Radio-Canada
00:19:29Sous-titrage Société Radio-Canada
00:20:07Sous-titrage Société Radio-Canada
00:20:23C'est gentil
00:20:44Sous-titrage Société Radio-Canada
00:20:45Sous-titrage Société Radio-Canada
00:21:13C'est un terrain vierge
00:21:39Sous-titrage Société Radio-Canada
00:22:19Sous-titrage Société Radio-Canada
00:22:26Sous-titrage Société Radio-Canada
00:22:26Sous-titrage Société Radio-Canada
00:22:49Sous-titrage Société Radio-Canada
00:23:06Sous-titrage Société Radio-Canada
00:23:15Sous-titrage Société Radio-Canada
00:23:17Sous-titrage Société Radio-Canada
00:23:26Sous-titrage Société Radio-Canada
00:23:28Sous-titrage Société Radio-Canada
00:23:38Regardez, il fait pousser les légumes.
00:23:44C'est bon ?
00:23:45Oui, mesquiez.
00:23:49Que faites-vous là ?
00:23:50Jougou.
00:23:51Elle est bien douce.
00:23:54Qu'est-ce que vous dites ?
00:23:56La terre est douce comme celle d'un méchant en Normandie.
00:23:59Les cultivateurs s'y connaissent, vous ne saviez pas ?
00:24:01Non.
00:24:01Salut, messieurs.
00:24:02Joseph Mortomar, je suis guide expert.
00:24:04À votre service.
00:24:07Lui, sergent, c'est un vieil escro alcoolique.
00:24:10Comment peut-on dire des choses pareilles ?
00:24:12Ne faites pas attention.
00:24:14Et il y a du raisin aussi.
00:24:15Je vois que vous et vos collègues venez de débarquer.
00:24:18Vous avez besoin d'être protégés des marchands indigènes.
00:24:21Si vous me permettez de prendre vos intérêts,
00:24:24vous bénéficierez de mes quarante années d'expérience en Afrique.
00:24:27Je connais toutes les coutumes de cette contrée.
00:24:30Ainsi que vous pouvez le voir.
00:24:32Je suis diplômée de la Sorbonne.
00:24:34Vous importunez le sergent.
00:24:35Oui, foutez-moi le camp.
00:24:38Hé, restez par là, je vous parlerai tout à l'heure.
00:24:40Parfait.
00:24:41Parfait, si vous ne voulez pas de mes services.
00:24:44Bien le bonjour, messieurs.
00:24:45Vous désirez quelque chose ?
00:24:46Oui.
00:24:47On va s'occuper de vous tout de suite.
00:24:48Tombe !
00:24:51Vous voulez des effets militaires ?
00:24:54Non, avez-vous des vêtements civils ?
00:24:56Mais oui, par ici.
00:25:13Que puis-je faire pour votre service ?
00:25:16Comment c'est, de l'autre côté de la rivière ?
00:25:17Chez les Belges en Congo.
00:25:18Oui.
00:25:18Pire qu'ici, si vous êtes sur une plantation de caoutchouc.
00:25:21Bien sûr, c'est du nanan si vous y étiez comme un propriétaire.
00:25:24Pourquoi ?
00:25:25Vous seriez comme un véritable coq en pâte.
00:25:28Vous donnez des ordres.
00:25:29Et un beau jour, quand vous en avez assez,
00:25:31vous retournez chez les civilisés où vous vivez comme un grand seigneur.
00:25:34Et que coûte une plantation ?
00:25:35On pourrait peut-être en trouver une avec six ou huit mois de solde.
00:25:38Si vous voulez que je me renseigne, je puis.
00:25:42Nous verrons ça d'ici un mois ou deux.
00:25:44À votre disposition.
00:25:47Voici des vêtements civils, monsieur.
00:25:49Non, j'en veux pas.
00:25:50Mais vous demandiez...
00:25:51J'ai changé d'avis.
00:25:53Non, je voudrais quelques chemises militaires
00:25:54et ce que vous avez vendu aux autres.
00:25:57Vous, dans quelle direction ils vont vous envoyer ?
00:25:59J'ai entendu dire qu'il y en avait qui devaient partir pour la Libye.
00:26:02Ah, vous voilà.
00:26:04C'est une bonne nouvelle pour vous. Nous partons demain.
00:26:06Quoi, déjà ?
00:26:07Où allons-nous ? Sur le front d'Afrique ?
00:26:10Tout ce que je peux vous dire, c'est que nous partons vers le nord pour une mission.
00:26:12Rejoindre les Anglais ?
00:26:13Je sais seulement que nous allons en direction du Tchad.
00:26:16Allons, ça y est. Et nous partons tous ensemble ?
00:26:18Oui, tous.
00:26:19Cette nouvelle vous plaît, adjudant ?
00:26:22Beaucoup, mon lieutenant.
00:26:25Comment avez-vous dit ?
00:26:26Adjudant, vous venez d'être promu.
00:26:29Eh ben, nous allons faire une jolie croisière.
00:26:31Dix jours sur le Congo.
00:26:59Sous-titrage Société Radio-Canada
00:27:16Sous-titrage FR ?
00:27:32C'est parti !
00:28:06C'est parti !
00:28:29C'est parti !
00:28:55Nous aurons besoin de vos services.
00:28:56Mon lieutenant, les Boches ont tué mon grand-père pendant la guerre de 70.
00:29:02Je n'ai pas eu l'occasion de me bagarrer.
00:29:04Et maintenant, je suis encore de la refaire.
00:29:06Il faut que vous acceptiez les ordres comme chacun d'entre nous, Hartner.
00:29:08Mais mon lieutenant...
00:29:09C'est tout.
00:29:11Déchargez les camions.
00:29:11Le sergent vous désignera les emplacements.
00:29:18Du courage.
00:29:19Ce n'est pas si mal, après tout.
00:29:21Dans dix jours, le poste sera construit et prêt à fonctionner.
00:29:24Il ne restera plus qu'à achever la préparation du terrain.
00:29:27Cette terre où nous sommes est française.
00:29:29Elle ne ressemble pas beaucoup à celle de France, je l'admets.
00:29:33Mais regardez le ciel.
00:29:36Il est bleu comme celui de chez nous.
00:29:38Et plus tôt les appareils alliés survoleront notre camp,
00:29:41plus tôt les avions ennemis seront chassés du ciel de Notre-Dame.
00:29:45Allez, au travail.
00:29:54Qu'est-ce qu'il vous prend, mon vieux?
00:29:56Allons au Ducran.
00:30:05Pour mon goût, je préfère un toit de tuiles, oui?
00:30:07Il faudra vous contenter de ça.
00:30:10Qu'est-ce que c'est que ça?
00:30:12Des cannibales.
00:30:12Des cannibales.
00:30:13Quoi?
00:30:44Qu'est-ce que vous faites ?
00:30:45Je sème les graines que j'ai achetées à Brazzaville.
00:30:48C'est de la bonne terre. Dans deux mois, nous aurons nos propres légumes.
00:30:51Si les fourmis rouges ne s'y mettent pas.
00:30:53Pourquoi mettez-vous pas de l'essence dans la rigole ?
00:30:55C'est une bonne idée.
00:30:58Il vous faut un truc pour vous rappeler la Normandie, hein ?
00:31:02Oui. J'ai quelque chose de mieux par là. Venez.
00:31:09Ce sont mes souvenirs.
00:31:13Voilà, ça c'est ma femme et mes deux enfants, Sébastien et Alice.
00:31:18Sébastien aide sa mère aux travaux de la ferme, si les Allemands ne l'ont pas emmené.
00:31:22Ça c'est Jeanne-Marie, la sœur de ma femme.
00:31:25Ça c'est le ticket de métro de mon voyage à Paris il y a trois ans.
00:31:29J'étais si content de prendre le métro.
00:31:32Et ça ?
00:31:32C'est à l'avis du percepteur de l'année dernière.
00:31:36Ça c'est le comble.
00:31:37Et vous, vous aviez beaucoup d'impôts ?
00:31:39Oh non, mes affaires n'ont pas été brillantes l'an passé.
00:31:42Une photo que ma petite Alice a prise avec l'appareil que je lui ai acheté.
00:31:45Ça c'est le petit chemin qui mène de mes champs au village.
00:31:49Je m'arrête pour souffler sous cet arbre.
00:31:51De là je peux voir le toit de ma ferme.
00:31:53Je sais que dans cinq minutes je serai à la maison.
00:31:55Mon père avait l'habitude de s'arrêter là un moment.
00:31:59Bien sûr, on ne se rend pas compte à quel point il est joli ce chemin.
00:32:05Et tout ce qui me reste maintenant, ce sont mes meilleurs souvenirs.
00:32:10Des souvenirs ? J'ai pas de souvenirs.
00:32:13Et je vis tout de même.
00:32:23Ah, bœuf bouilli au riz.
00:32:25J'avais peur d'en voir sur la table le riz au bœuf bouilli d'hier.
00:32:28Ou le riz sans bœuf d'avant-hier.
00:32:30Ou le bœuf sans riz de dimanche dernier.
00:32:33Je propose qu'on passe notre cuistot en cours martial
00:32:35et qu'on en fasse des coups de fête.
00:32:36Dans deux mois nous aurons tous les jours des légumes frais.
00:32:39Dans deux mois ?
00:32:40Oui.
00:32:40Le terrain sera certainement prêt d'ici là mon lieutenant.
00:32:43Non seulement prêt mais déjà en service.
00:32:44Ce qui ne signifie pas que nous partirons d'ici.
00:32:46Mais on nous avait fait comprendre.
00:32:47Je me moque pas mal de ce que je vous avais fait comprendre.
00:32:49Et vous oubliez quelque chose.
00:32:51Qu'est-ce que j'oublie ?
00:32:52Notre petite entente.
00:32:53On ne tente pas de service à table.
00:32:55Aucune discussion.
00:32:55Nous sommes tous une grande et paisible famille.
00:32:57N'est fait d'observation à personne.
00:32:59Je tiens seulement à vous prévenir.
00:33:01Il ne faut pas espérer que vous lèverez le camp.
00:33:04Quand le terrain sera achevé.
00:33:06Qu'est-ce que vous avez mon lieutenant ?
00:33:10J'ai un étourdissement.
00:33:11Oh c'est pas grave.
00:33:12Dans ce petit coin de paradis moi je suis tout le temps étourdi.
00:33:14Vous feriez bien de prendre de la quinine et d'aller vous étendre.
00:33:18Oui ça vaudrait mieux.
00:33:22Restez assis.
00:33:24La Farge, prenez le commandement.
00:33:26J'y tiens pas du tout mon lieutenant.
00:33:28C'est un ordre la Farge.
00:33:29Vous savez obéir aux ordres n'est-ce pas ?
00:33:31Oui mais j'aime pas en donner.
00:33:32Oh ben voilà copain.
00:33:33Peu importe que ça vous plaise.
00:33:34D'un instant où vous le faites et vous le ferez.
00:33:36Je sais beaucoup de choses sur vous.
00:33:38Que savez-vous ?
00:33:39Votre conduite.
00:33:40En France alors qu'il ne reste plus qu'un tiers des effectifs de votre régiment,
00:33:43il a fallu positivement vous obliger à battre en retraite.
00:33:46Oh oui.
00:33:47Je sais ce que je fais en vous passant le commandement.
00:33:49Veillez à ce que les hommes fassent leur travail.
00:33:51C'est bon et s'ils ne le font pas je les mènerai à la baguette.
00:33:54Ah vraiment ?
00:33:54Laisse.
00:33:55Il trouvera avec qui parler.
00:33:56Venez au rapport après l'appel du soir.
00:33:58Attendez.
00:33:59J'adore !
00:34:21C'est parti !
00:34:48C'est parti !
00:34:50C'est parti !
00:34:51Présentez-vous !
00:35:03Mes amis, il faut que je retourne à ma base.
00:35:04Au revoir, bonne chance !
00:35:06Au revoir !
00:35:07Merci pour les cigarettes.
00:35:08La prochaine fois, portez-nous des journaux.
00:35:11Oui, des journaux sérieux.
00:35:13Avec des quantités de photos de petites femmes.
00:35:15On reviendrez vous faire un petit tour.
00:35:17On ne peut pas savoir.
00:35:18Il prépare une grande offensive en Libye.
00:35:19On aura besoin de moi.
00:35:21Alors, au revoir !
00:35:22Bon voyage !
00:35:23Au revoir, messieurs !
00:35:24Au revoir !
00:35:41Une grande offensive se prépare en Libye.
00:36:10Un petit bonhomme !
00:36:10Il ne pourrait pas changer de dix !
00:36:15Huit jours et huit nuits !
00:36:17Mais trop de temps, c'est de même rengaine !
00:36:19C'est de la musique !
00:36:20Vous entendez, les gars ?
00:36:21Ça, c'est de la musique !
00:36:22Je ne dis pas que c'est du Beethoven.
00:36:23C'est primitif, ça leur ressent.
00:36:25Ma parole, si ça continue, je vais devenir primitif aussi.
00:36:27Je m'accrocherai aux branches en sortant d'un arbre à l'autre.
00:36:31Il y a des types qui se battent.
00:36:33Les Italiens ont été rejetés à la mer en Albanie.
00:36:36Mais nous n'avons pas assez d'hommes pour les chasser de l'Egypte.
00:36:38Et pendant ce temps-là, on regarde la pluie.
00:36:41On nous oublie.
00:36:42Je voudrais bien savoir s'il pleut en Normandie.
00:36:45Au printemps, il y avait des averses comme ici.
00:36:48C'est à Lyon que la pluie, c'est de la vraie pluie.
00:36:50Là, c'est magnifique.
00:36:52Rien n'est plus beau que la pluie sur Paris.
00:36:55Paris.
00:36:57Les rues, les boulevards, toute une foule de gens qui se faufilent dans tout ce trafic.
00:37:01Les ciné, les femmes.
00:37:04Ça, c'est la vie.
00:37:06Quand on est jeune, peut-être.
00:37:07Mais quand on devient vieux, rien ne vaut la campagne.
00:37:10Moi, quand je serai vieux, je prendrai ma retraite.
00:37:13Dans 22 ans, un mois, six jours, je quitterai ma vente.
00:37:17Tous les samedis, j'amenais mon ami danser dans une boîte de nuit.
00:37:20J'ai été une fois dans un café à Paris. Ça ne me plaît pas.
00:37:23Non, il n'y a pas d'air.
00:37:24Même pas le grand air.
00:37:26Parle-moi d'un dancing où tu peux couper la fumée au couteau.
00:37:29Tu serras la petite contre toi.
00:37:30Tu te laisses entraîner par le chien.
00:37:31Ça, c'est de la musique, mon vieux.
00:37:32C'est une voyante.
00:37:34Oui, elle dit la bonne aventure.
00:37:36Vous voulez la voir ?
00:37:38Oui.
00:37:39La voilà.
00:37:42Oh.
00:37:44Ah.
00:37:46Oh.
00:37:49Salat.
00:37:49C'est sentimentale et tout, spécialement en avril.
00:37:53Je ne sais pas pour quelle raison, mais dès qu'elle sent le printemps dans l'air, elle se sent
00:37:55toute chose.
00:37:56Moi, c'est l'été que je voudrais faire.
00:37:58Le dimanche, avec ma mère et ma fiancée, on allait pique-niquer au bord de la Saône.
00:38:01Les vendanges, l'odeur des grappes bien mûres.
00:38:05Ça suffit parfois pour vous saouler.
00:38:06Moi, c'est Noël qui me plaît le mieux.
00:38:09Tout le monde est heureux à la Noël.
00:38:10Surtout les filles.
00:38:12Il y a toujours de la neige dans les champs.
00:38:14Et puis j'aime le son des cloches à minuit.
00:38:16Ah, fermez vos gueules !
00:38:19Ah, vous et vos souvenirs, c'est toujours et toujours les mêmes boniments.
00:38:22Le passé est mort et enterré.
00:38:24Il reste où il est.
00:38:32Qu'est-ce qu'il a avalé aujourd'hui ?
00:38:35Peut-être bien qu'on lui a peine.
00:38:37Quoi ?
00:38:38Vous savez, il m'a dit une fois qu'il ne savait pas ce que c'était que les souvenirs.
00:38:43Il a de la veine.
00:38:49Encore vous, qu'est-ce que vous voulez ?
00:38:51Faut pas que vous franchiez. Je voulais quelque chose.
00:38:54Qu'est-ce que vous voulez me donner ?
00:38:56Ma petite belle-sœur.
00:38:57Quoi ?
00:38:57La sœur de ma femme, Jeanne-Marie.
00:38:59Je pensais qu'elle vous plairait et je suis sûr que vous lui plairiez.
00:39:02Oh, laissez-moi tranquille.
00:39:04Je...
00:39:05Je l'ai découpé pour vous.
00:39:07Allez-vous-en.
00:39:08Vous aurez l'impression d'être de la famille.
00:39:10Ça vous fera un joli souvenir.
00:39:12Foutez-moi le camp.
00:39:38Vous avez abîmé votre photo.
00:39:40Oh, ça n'a pas d'importance.
00:39:42Vous disiez que c'était un de vos meilleurs souvenirs.
00:39:45Justement.
00:39:49Bonne nuit.
00:39:52Bonne nuit.
00:39:57Oui, mon commandant.
00:39:59Je les entends.
00:40:01C'est Laura Figrylour.
00:40:02Ils pilonnent nos positions à l'ouest.
00:40:10Ils ont envoyé des parachutistes derrière nos lignes.
00:40:13Ils veulent nous encercler.
00:40:15Mon lieutenant.
00:40:15Ils nous tirent dessus derrière cette porte.
00:40:18Réveillez-vous.
00:40:19Vous rêvez, mon lieutenant.
00:40:20Ils essaient de nous isoler.
00:40:21Mon lieutenant, vous n'êtes pas en France.
00:40:22Non, non, non.
00:40:24Voilà qu'ils ont pris toute la France.
00:40:25Vous êtes en Afrique.
00:40:26Ce ne sont pas des coups de feu.
00:40:27Mais laissez-moi.
00:40:28Je les entends bien, moi.
00:40:29Ils nous ont suivis jusqu'ici.
00:40:32À terre.
00:40:33Rassemblement.
00:40:35Apner, Poutot, que chérie.
00:40:38Apner, Poutot.
00:40:39Qu'est-ce qu'il y a encore ?
00:40:40Le lieutenant a perdu la tête.
00:40:41Venez.
00:40:41Il faut le remettre dans son lit.
00:40:47Viens ici, salauds.
00:40:49C'est toi que j'attendais.
00:40:51Ils nous tirent dessus.
00:40:52Plongez-vous.
00:40:54Je vous déconnerai tous.
00:40:56Mon rouge, viens ici.
00:41:08Je me charge de lui.
00:41:10Portons Varenne sur son lit.
00:41:11Pétez-le sur mon dos.
00:41:13Doucement.
00:41:13Je vais chercher la boîte de pansement.
00:41:19Est-ce que je vais mourir ?
00:41:21Oh, la ferme.
00:41:22Vous passerez encore pas mal de Noël chez vous en Normandie.
00:41:26Ça vous plairait les Noëls de chez nous ?
00:41:29Les petits enfants préparent leurs chaussures devant l'âtre.
00:41:32Et quand on revient de la messe de minuit,
00:41:34elles sont là toutes remplies de bonnes choses.
00:41:37Il y a des cadeaux pleins à la maison.
00:41:40On buvait du chocolat bouillant.
00:41:42Ah, bougez pas, bougez pas.
00:41:43Du chocolat bouillant et on mangeait des brioches
00:41:45comme seule ma brave mère sait les faire.
00:41:48Quand tout sera fini, promettez-moi de venir.
00:41:51De venir...
00:41:52de venir passer chez nous à Noël en Normandie.
00:41:55C'est promis.
00:41:56Promis, oui, c'est promis.
00:41:57Vous verrez.
00:41:58Nous avons une grande cheminée.
00:42:13C'est bon.
00:42:14Tu débrouilles bien.
00:42:15Pas vrai, Poutot ?
00:42:15Très bien.
00:42:16On peut dire ça a la peau dure, les Normands.
00:42:27Ah!
00:42:28I'm going to die.
00:42:38Ha!
00:42:39Ha!
00:42:40Ha!
00:42:41Ha!
00:42:42Ha!
00:42:42Ha!
00:42:49Qui a fait ça ?
00:42:51Qui crois-tu qu'il est fait ?
00:42:53Ça vous plaît ?
00:42:58Dans les feux de la rampe, je n'ai pas l'habitude de tirer la couverture.
00:43:01Je vous en prie, puisque cette obligation met choix à la demande générale, je n'y soustrairai pas.
00:43:06Donc, il est de mon devoir, et il m'est agréable également de faire les honneurs.
00:43:10Quel honneur.
00:43:11Chut, vous verrez.
00:43:13Mon adjudant, nous tous les sous-signés, ou pour mieux dire, ici présents,
00:43:19tenons à vous exprimer nos remerciements pour les services que vous avez rendus à notre petit groupe.
00:43:24Si quelques-uns d'entre nous, tout au début, vous... enfin vous détestez...
00:43:27Ah non, non.
00:43:28Nous avons, et je ne parle pas seulement pour moi,
00:43:32nous avons fini par admirer votre grandeur d'âme, votre zèle infatigable,
00:43:36votre esprit d'initiative dans les pires difficultés,
00:43:37pour nombreuses preuves d'amitié.
00:43:47Un discours, un discours.
00:43:49Je ne peux pas faire de discours comme bouton.
00:43:51Pas la peine, un seul dans ce genre-là nous suffit.
00:43:54Ben, je ne sais pas trop quoi dire.
00:43:56Personne ne m'a jamais fait de cadeau.
00:43:58Vous l'entendez ?
00:43:59Pas de blague ?
00:43:59Ça, c'est de ma part.
00:44:00J'espère que ça vous plaira.
00:44:01Merci.
00:44:06Vieux !
00:44:06Des pommes !
00:44:07J'en ai pas vu depuis que j'ai quitté la France.
00:44:08Il y en avait à Brazzaville.
00:44:09Elles étaient grosses comme des cerises, à 10 francs pièce.
00:44:11Bon, j'ai dû faire l'héritage.
00:44:13La suite.
00:44:13La suite.
00:44:17Qu'est-ce que c'est ?
00:44:18Une paire de pantoucles.
00:44:20C'est ce qu'il me fallait.
00:44:21Si, si, ben oui.
00:44:22Il est brodé à la main.
00:44:24Il a tout fait par lui-même.
00:44:25C'est un maître pour les travaux d'aiguilles.
00:44:26Oh, dis-moi.
00:44:27Je les ai fait venir de Brazzaville.
00:44:33Qu'est-ce que je vais faire de ça ?
00:44:34La maître ?
00:44:35La guerre ne va pas durer éternellement.
00:44:37Mais oui, voyons, il a raison.
00:44:38Oui, c'est juste.
00:44:39C'est un porte-bonheur.
00:44:42Un trèfle à quatre feuilles.
00:44:45Un peu de chance serait pas du luxe.
00:44:50Merci.
00:44:54Ça vous fait plaisir de recevoir tant de présents ?
00:44:57Beaucoup.
00:44:57Et vous, vous êtes heureux d'être sur pied ?
00:45:00Ah, c'est mon plus beau cadeau de Noël.
00:45:02Nous avions préparé quelque chose pour vous,
00:45:04mais nous sommes contents que vous ayez pu venir.
00:45:05Merci.
00:45:06Il vaut mieux que vous retourniez à votre radio.
00:45:08Bien, mon lieutenant.
00:45:08Je vais vous servir un peu de chocolat.
00:45:09Qui veut un morceau de gâteau ?
00:45:13Qu'est-ce qui vous est arrivé ?
00:45:14Hein ?
00:45:15À moi ?
00:45:16Oui.
00:45:17Voilà, j'étais...
00:45:18Il a honte de vous le dire, mon lieutenant.
00:45:20Pourquoi ?
00:45:21Vous savez, quand un soldat se blesse lui-même,
00:45:24il tient pas à le crier sur les toits.
00:45:25Comment ? Il s'est blessé ?
00:45:26C'est vrai, mon lieutenant.
00:45:27J'étais...
00:45:28Il nettoyait son fusil.
00:45:29Alors, vous comprenez, par mégarde...
00:45:30Oui, c'est exact.
00:45:32C'est un empoté.
00:45:33Un maladroit comme moi, mon lieutenant,
00:45:34s'est pas volé.
00:45:39Je comprends.
00:45:40Merci, la page.
00:46:14Pour ce que vous faites.
00:46:15J'en vais vous montrer.
00:46:18Je vous regarde.
00:46:21C'est vrai.
00:46:31Je ne vais pas vous faire.
00:46:33Au revoir, je ne vais pas.
00:46:35C'est vrai.
00:46:38Ne vous demandé.
00:46:39Les gens ne sont pas là.
00:46:40Ça fait tout drôle de l'entendre aussi loin de chez nous.
00:46:43De l'Albertole à Londres.
00:46:46Il est dix heures ici, minuit là-bas.
00:46:49Le monde est petit.
00:46:50Elle est belle, notre Marseillais.
00:46:52Le plus grand appel aux armes qu'on ait mis en musique.
00:46:55D'une nation qui n'a jamais désiré qu'une seule chose.
00:46:58La paix.
00:47:00Par la paix, nous avions la paix. Qu'en avons-nous fait ?
00:47:03Ce chant est un cri de justice et de liberté.
00:47:07Liberté.
00:47:10Mon père a perdu ses deux jambes en 1914.
00:47:15Deux gars de mon pays ont été tués l'an dernier.
00:47:18Mes deux frères sont prisonniers de guerre en Allemagne.
00:47:22Toute ma famille est morte pour la liberté.
00:47:25Il n'y a pas de mort qui soit plus digne d'envie.
00:47:30C'est-il pas vrai, Lafarge ?
00:47:33Pour moi, rien ne valait la peine de mourir.
00:47:36Avant.
00:47:40Avant.
00:47:43Je ne vois pas plus.
00:47:46Avant.
00:47:54Votre ma famille est mort.
00:48:00Avant.
00:48:02Avant.
00:48:04Avant.
00:48:05Avant.
00:48:06Avant.
00:48:07Je commençais à voir des bombies dans les doigts de pieds.
00:48:10Nous aurons très bientôt ces saligots face à face.
00:48:12Les Allemands les plus proches sont à 3000 km d'ici à Pneil.
00:48:14Et après, on s'en approche tout de même.
00:48:16C'est bon, tenez-vous prêts pour le départ, monsieur.
00:48:19Vive le général de Gaulle.
00:48:24Lafarge, mon lieutenant, ceci vous concerne tout personnellement.
00:48:28Faisant suite au rapport du lieutenant Varen,
00:48:30l'adjudant Lafarge daté de ce jour est promu au grade de sous-lieutenant.
00:48:33Il prendra le commandement de la quatrième compagnie en liaison avec le lieutenant Varen.
00:48:39Je n'ai rien fait pour mériter cet avancement.
00:48:42Allez-vous le refuser ?
00:48:43Non, puisque c'est un ordre.
00:48:46Parfait.
00:48:47Je crois que vous n'auriez pas parlé ainsi il y a quatre mois.
00:48:50Peut-être pas.
00:48:52Tout à fait au début.
00:48:54Je me méfiais de vous.
00:48:55Et c'était réciproque, n'est-ce pas ?
00:48:58C'est vrai.
00:48:59Vous étiez insolent, soupçonneux, indifférent.
00:49:03Et puis un changement s'est produit.
00:49:06Un changement qui s'opère chez les hommes qui tombent amoureux.
00:49:10Amoureux ?
00:49:10Moi ?
00:49:11Oui.
00:49:12Vous vous êtes pris à aimer la France.
00:49:14À 1500 lieux du pays.
00:49:18Laissez-moi vous féliciter.
00:49:20C'est une belle fille qui a notre France.
00:49:22Et si vous jouez franc jeu avec elle,
00:49:24elle ne vous abandonnera pas.
00:49:31C'est une belle fille qui a notre France.
00:50:02La route pour Fort Crempelle est assez rude,
00:50:04mais avec de la chance, vous pouvez y être à minuit.
00:50:06Parfait.
00:50:07Vous resterez sans doute pendant quelques temps à Fort Lamy
00:50:09avant de monter en première ligne.
00:50:10Là, ça commence à barder.
00:50:12C'est un long voyage ?
00:50:13À peu près 3000 kilomètres.
00:50:14Oh.
00:50:15Puisque vous prenez le commandement du poste,
00:50:16permettez-moi de vous donner la clé de la cité.
00:50:18C'est pour le réservoir d'eau.
00:50:20Très bien.
00:50:23De quelques côtés, qu'on se retourne,
00:50:25le monde est mal foutu.
00:50:26Vous voulez vous battre pour votre femme,
00:50:28votre ferme, pour vos gosses,
00:50:29et vous restez là à tuer des serpents
00:50:31et chasser des moustiques.
00:50:32Et moi, j'ai que ma peau, j'ai rien d'autre.
00:50:34J'ai aucune envie de me battre.
00:50:36Et voilà qu'on m'envoie au Caspip.
00:51:04Alors, adieu, paysan.
00:51:05Peut-être bien que je ne vous reverrai plus.
00:51:08Je ne sais pas, mais je tiens à vous dire une bonne chose.
00:51:10Vous êtes le seul ami que j'ai jamais eu
00:51:11dans cette garce de vie.
00:51:13Vous êtes un brave type.
00:51:14Alors, au revoir, mon fils.
00:51:16Ne faites pas d'imprudence, hein.
00:51:18Et surtout, soyez bien aux légumes.
00:51:21Hé, dites bonjour à Jeanne-Marie de ma part.
00:51:34Ici Radio Brassaville, poste officiel de la bande libre.
00:51:38Après un passage d'affairage pendant cinq semaines,
00:51:41le quartier général du colonel Leclerc annonce
00:51:43la restitution de l'Oasis.
00:51:46Après midi du 28 février,
00:51:47les Italiens ont lissé le drapeau blanc.
00:51:49Le colonel Leclerc, sans aucune escorte,
00:51:52a pénétré dans la plate-forte
00:51:53et a remis un ultimatum
00:51:54exigeant restitution sans condition.
00:51:57Des mille heures plus tard,
00:51:58les Italiens, rasés de près,
00:51:59dans une tenue impeccable,
00:52:01ont défilé dans leurs uniformes,
00:52:02chamarrés d'or,
00:52:03devant nos hommes déguenillés,
00:52:04épuisés par les fièvres et les privations.
00:52:06Ainsi s'achève une campagne glorieuse,
00:52:09menée par une poignée d'hommes déterminés,
00:52:11dont l'armement consistait en un seul canon mobile,
00:52:13monté sur truc,
00:52:15qui changeait sans cesse de position,
00:52:16tenant ainsi à l'impression
00:52:17d'une attaque massive d'artillerie,
00:52:19partant de tous les côtés.
00:52:21L'histoire n'oubliera pas la force d'armes de ces hommes,
00:52:24dont les noms sont inscrits
00:52:25à côté de ceux de leurs frères d'armes.
00:52:27Le sergent Pierre Rier,
00:52:29le caporal Jacques Delattre
00:52:30et le lieutenant Boris Laparge,
00:52:32le vrai héros, le vrai français.
00:52:40Non, mademoiselle,
00:52:41je vous répète que je ne puis absolument rien pour vous.
00:52:42Mais il faut que je le retrouve, il le faut.
00:52:44Nous ne pouvons donner aucun renseignement
00:52:46concernant les hommes en temps de guerre.
00:52:48Puisque votre radio a nommé La Farge,
00:52:49vous pouvez bien...
00:52:50La Farge est un nom très répandu.
00:52:52Je sais que c'est lui.
00:52:53Londres affirme qu'il est ici.
00:52:55Aidez-moi à le retrouver, lieutenant.
00:52:56Jean Grette.
00:52:59Mademoiselle, mes salutations.
00:53:01Je me présente Joseph Mortomar,
00:53:03guide expert et conseiller.
00:53:04À votre service, mademoiselle,
00:53:06mes honoraires sont peu élevés.
00:53:07Je suis un érudit, diplômé de la Sorbonne.
00:53:10Je vois au premier coup d'œil
00:53:11que vous êtes dans l'ennui.
00:53:13Vous faudrait-il un passeport,
00:53:14un visa, permis de circuler ?
00:53:17Êtes-vous à la recherche de quelqu'un, peut-être ?
00:53:19D'un mari, d'un amant, d'un ami ?
00:53:46La Farge, c'est la carte.
00:53:49La Farge, c'est la carte.
00:53:51Eh bien, qu'est-ce que tu dis que ça, c'est très fou, hein ?
00:53:53C'est pas tous les jours que vois des héros.
00:53:55Désires-tu mon autographe ?
00:53:58Vous savez, après la bagarre, on était coincés à Fort-Lamy.
00:54:01Alors, on a demandé à revenir ici, on voulait vous revoir encore, paysans.
00:54:04Ah, ça, c'est chic.
00:54:07Mais, où est Hagner ?
00:54:08Il est tombé le premier.
00:54:11Sans avoir eu l'occasion de se battre ?
00:54:13Non.
00:54:15Et Barren ?
00:54:16Il est à l'hôpital, à Fort-Lamy.
00:54:17Il est un peu rapiécé, mais il s'en sortira, s'il a de la veine.
00:54:22Voici le lieutenant Barren.
00:54:24Lieutenant Barren ?
00:54:25Oui.
00:54:26J'ai entendu citer le nom de Lafarge à la radio.
00:54:29Pouvez-vous me dire où il est, tellement ?
00:54:30Je pense qu'il a dû retourner à De Gaulle, vide, dans la jungle.
00:54:33Oh, c'est dommage.
00:54:35J'aurais voulu le voir.
00:54:37Pourquoi est-ce que vous le connaissez ?
00:54:39Oui.
00:54:41C'est mon meilleur copain.
00:54:43Merci, mon lieutenant.
00:54:47Monsieur !
00:54:47Dis champagne.
00:54:49Un cadeau du colonel de Boivin, venu par avion.
00:54:51Un champagne ? Un discours sympa.
00:54:54Oui, oui, un discours.
00:54:55Non, non, non, pas de discours.
00:54:56Votre dernier speech est suffisant comme ça.
00:54:59Parfait, messieurs, pas de discours.
00:55:00Mais j'ai une importante déclaration à faire.
00:55:03Cette note de service est venue avec le champagne.
00:55:07Ordre du jour.
00:55:08Grand quartier général en date du 15 mars 1941.
00:55:12Maurice, Lucien, Pierre, Lafarge est décoré de la médaille militaire et croix de guerre avec palme.
00:55:17D'autre part, Maurice Lafarge est promu au grade de lieutenant.
00:55:21Bravo ! Félicitations !
00:55:22Je suis content.
00:55:23C'est pas de la blague, mais la vie va devenir impossible avec vous.
00:55:25Attendez, messieurs, c'est pas tout.
00:55:26L'armiste de décoration aura lieu le 1er juin à De Gaulleville.
00:55:30Signé, colonne à l'Uber de Boivin.
00:55:32Le 1er juin.
00:55:3330 semaines.
00:55:33Et ici ?
00:55:34Quelle belle journée ça va être.
00:55:36Oh, ça c'est pas juste.
00:55:37On y était tous.
00:55:38On s'est tous battus.
00:55:39Ça fait rien à vous les médailles, à nous la gloire.
00:55:41C'est régulier.
00:55:42Oui, c'est vrai.
00:55:42Allons, messieurs, levons nos verres.
00:55:46Buvons à notre nouveau lieutenant.
00:55:47Eh ben, buvons à l'amitié.
00:55:54À Hafner, à Bahreïn, à la Normandie, à la France, à l'Angleterre, à la Russie.
00:56:00Et n'oublions pas ceux qui nous envoient le matériel dont nous avons besoin.
00:56:02Je bois à la mairie.
00:56:26Eh bien, messieurs, j'espère que le champagne était de bonne qualité.
00:56:30Oui, mon colonel.
00:56:30Les hommes sont rassemblés.
00:56:31À vos ordres, mon colonel.
00:56:51Garde à bout.
00:56:52Ouvrez le banc.
00:57:10Maurice Lucien Pierre Lafarge, officier de mérite et de grande valeur morale,
00:57:14engagé au premier jour de la guerre, a fait preuve d'initiative et de courage au combat.
00:57:19Le 22 mai 1940, aux heures sombres de la campagne de France,
00:57:23pendant la retraite de Champagne, alors que son bataillon était encerclé,
00:57:27a donné l'ordre d'accomplir une manœuvre audacieuse.
00:57:29En tenant en échec, l'avance ennemie a permis à ses hommes de se replier,
00:57:33de sauver leur matériel, est cité pour sa bravoure,
00:57:36décoré de la médaille militaire et croix de guerre avec palme,
00:57:38et promu au grade de lieutenant.
00:57:40C'est ainsi qu'on n'est pas destiné.
00:57:42Elle est pour la farge, qui s'est battue en France il y a un an.
00:57:45C'est la farge que l'on décore.
00:57:47C'est pas moi, c'est pas pour Koufra.
00:58:25Les copains sont tous au bar et vous réclament.
00:58:28Ils veulent boire à votre santé.
00:58:31Non, merci.
00:58:33Quoi ?
00:58:34Mais il faut venir, nous sommes très fiers de vous.
00:58:36Deux fois héros, maintenant à Koufra, il y a un an en France,
00:58:39et vous nous aviez jamais parlé de vos exploits.
00:58:41Nous ne pouvions pas en croire nos oreilles.
00:58:43Écoutez, monge, je suis pas la farge.
00:58:47Quoi ?
00:58:47L'homme qui en France avait mérité ses décorations est mort.
00:58:51Mort, comprenez-vous ?
00:58:52Mort ?
00:58:53Une bombe allemande.
00:58:55Je lui ai volé ses papiers.
00:58:56Je lui ai volé son nom, son uniforme, son passé.
00:59:00Je suis un repris de justice.
00:59:02Je suis un assassin.
00:59:04J'ai tué un homme, vous comprenez ?
00:59:05J'ai tué un homme.
00:59:06J'ai trouvé une occasion d'être libre.
00:59:09J'en ai profité.
00:59:11Maintenant.
00:59:13Qu'est-ce que vous allez faire ?
00:59:15Je vais payer la note.
00:59:17Ah, oui.
00:59:18Non, non.
00:59:19Non, je ne veux pas mourir sur la guillotine.
00:59:21Je n'ai pas peur de mourir.
00:59:22Mais je veux que ce soit pour le bon motif.
00:59:24Et c'est tout.
00:59:28Alors,
00:59:30qu'est-ce que vous pensez de votre la farge, maintenant ?
00:59:49Merci.
01:00:22Je me pardonne.
01:00:24Une femme.
01:00:25Réveille-toi, empaillé.
01:00:27Il y a une femme.
01:00:28Quoi ?
01:00:28Me crois-tu capable de tomber dans le chômage pour un chien ?
01:00:30Mon chapeau, il s'agit d'une femme.
01:00:33Mon chapeau.
01:00:33C'est ce qu'elle veut.
01:00:34J'espère que c'est moi.
01:00:35Mon chapeau.
01:00:36Une femme.
01:00:40Où est-ce que j'ai bien pu fourrer mon peigne ?
01:00:42Si tu ne m'en fais plus, il ne faut pas me chercher.
01:00:44Ah, attends-moi, veux-tu ?
01:00:46Deux femmes.
01:00:49Ah, noble dame, bienvenue à De Gaulleville.
01:00:51Permettez-moi tout d'abord de me présenter.
01:00:52Étienne Bouteau.
01:00:53Vous n'êtes pas venu chercher quelqu'un spécialement.
01:00:55Je l'espère.
01:00:55Tu veux voir le lieutenant la farge ?
01:00:56Moi, je m'appelle...
01:00:56Encore petite bénévole, permettez-moi de vous montrer
01:00:58les beautés de ce petit paradis.
01:01:00Droit devant nous, vous...
01:01:02Vous disiez la farge ?
01:01:03Oui.
01:01:04C'est bien ce que je craignais.
01:01:06Je vais vous conduire à lui.
01:01:07Merci.
01:01:13Mais voyons, le lieutenant repose.
01:01:15Eh bien, nous...
01:01:15Nous pourrions peut-être faire un petit tour en attendant.
01:01:17Je vous en prie.
01:01:19Alors, venez.
01:01:28Réveillez-vous, mon lieutenant.
01:01:30Votre rêve vient vous rendre visite.
01:01:33Oh, pardon, madame.
01:01:36Qu'est-ce que je peux faire pour vous ?
01:01:39Je voudrais voir le lieutenant la farge.
01:01:42C'est moi, le lieutenant la farge.
01:01:59Pardonnez-moi, j'ai tant espéré.
01:02:02Quelqu'un de votre famille ?
01:02:03Non.
01:02:04Mon fiancé.
01:02:05Nous étions séparés au début de la guerre.
01:02:08Je ne voulais pas quitter la France,
01:02:09mais Maurice a insisté.
01:02:10Je suis partie pour l'Angleterre.
01:02:12Là-bas, j'ai perdu sa trace.
01:02:14Personne n'a pu me renseigner sur lui.
01:02:16Jusqu'au jour où j'ai rencontré
01:02:17des soldats des forces françaises libres
01:02:18qui m'ont dit que Maurice combattait en Afrique.
01:02:21Et puis ?
01:02:23J'ai pu embarquer à bord d'un petit caboteur.
01:02:25Un voyage affreux.
01:02:27À Brazzaville, on n'a rien voulu me dire.
01:02:29Et là, ça a commencé.
01:02:31Des semaines d'attente,
01:02:32des traces qui ne menaient nulle part.
01:02:34Puis, j'ai appris qu'il avait été à Koufra.
01:02:37J'ai rencontré un pauvre vieux
01:02:39qui connaît bien le pays et...
01:02:45Pardonnez-moi de m'en aller.
01:02:52Je n'ai jamais vu une femme pareille.
01:02:54Elle est vraiment infatigable.
01:02:56Elle ne pense plus à manger.
01:02:58Elle en oublie même le sommeil.
01:03:00Elle n'arrête pas une seconde
01:03:01sans se préoccuper de la chaleur.
01:03:03Un miracle qu'elle soit encore en vie.
01:03:05Un miracle que moi, je ne sois pas mort.
01:03:08En fait, je suis presque mort
01:03:10d'inamition et de soif.
01:03:13Oui, de soif.
01:03:15Surtout de soif.
01:03:16Oui, oui, je vois ce que c'est.
01:03:18Ah !
01:03:26Il y a une chose incompréhensible.
01:03:29Maurice a été décoré.
01:03:31Ici.
01:03:34Oui, la citation a été publiée dans le journal.
01:03:37Qui êtes-vous ?
01:03:38Je vous l'ai dit, Maurice Lafarge.
01:03:40Il ne peut y avoir deux, Maurice Lafarge.
01:03:44Le vôtre est mort.
01:03:45Ah !
01:03:54Quand ?
01:03:55Où ?
01:03:57En juin 1940,
01:03:58sur une route de France,
01:04:00une bombe allemande.
01:04:02Il est mort dans mes bras.
01:04:15Comment se fait-il que vous ayez ces papiers ?
01:04:18Je les ai pris.
01:04:21Pourquoi ?
01:04:22Parce que c'était la seule chose qui me manquait.
01:04:25Un nom.
01:04:32Et vous avez accepté les honneurs.
01:04:34Les honneurs qui lui étaient destinés.
01:04:35Je ne les ai pas recherchés.
01:04:37Mais je n'y tiens pas.
01:04:38Vous les avez acceptés.
01:04:39Je ne savais pas.
01:04:40Vous les avez acceptés.
01:04:46Je vais vous dénoncer.
01:04:49Je vais tout dire.
01:04:51Allez.
01:04:52Allez, tout leur raconter.
01:04:54Ce que je suis, qui je suis.
01:04:55Ça vaudra beaucoup mieux.
01:04:57Et le plus vite possible.
01:04:59Allez, que je vous dis.
01:05:04Je vous dis.
01:05:30Nous n'avions jamais pu tenir.
01:05:31Il n'avait plus de crans que nous.
01:05:32Tellement de courage.
01:05:34Il était comme un père pour chacun de nous.
01:05:36Cet homme ?
01:05:37Oui.
01:05:38Quand on avait le cafard,
01:05:40il nous remontait.
01:05:41Il nous soignait.
01:05:42Quand on était malade.
01:05:44Il faisait tout pour nous faire oublier nos soucis.
01:05:46Quand il y avait du danger,
01:05:48il était toujours le premier à l'affronter.
01:05:50Mais c'est un imposteur.
01:05:52Vous ne savez donc pas ce qu'il a fait à Coufra ?
01:05:54Réfléchissez.
01:05:55Voyons à quoi lui serviraient les honneurs
01:05:56rendus à un homme qui s'est battu il y a un an.
01:05:59Pourquoi a-t-il accepté ces décorations ?
01:06:01Il en a été le premier surpris.
01:06:02Il pensait qu'on le décorait pour Coufra.
01:06:05Je ne le crois pas.
01:06:07C'est vrai.
01:06:08Écoutez, mademoiselle,
01:06:09si vous vouliez vous venger,
01:06:10eh bien ça ne pourrait pas le toucher.
01:06:12Il ne craint ni la vie ni la mort.
01:06:14Mais c'est à nous que vous feriez du mal
01:06:15et à la cause que nous défendons.
01:06:27Querelle d'amoureux.
01:06:32Il ne faut pas lui en vouloir, mademoiselle.
01:06:34Il n'est plus le même homme depuis qu'il a été décoré.
01:06:36Non, c'est plutôt les fièvres.
01:06:41Où est le quartier général ?
01:06:42À Fort-Lamy.
01:06:43Est-ce que c'est très loin ?
01:06:44Il y a un bon bout de chemin, mademoiselle.
01:06:46Où va-t-on ?
01:06:47Fort-Lamy.
01:06:54Messieurs,
01:06:55aujourd'hui, 18 juillet,
01:06:56les forces françaises libres
01:06:58ont un an.
01:07:01C'est un anniversaire,
01:07:03pas moins.
01:07:04Et c'est à moi qu'on demande un speech.
01:07:07Je n'essaierai pas de dire
01:07:08ce qu'ensemble nous avons accompli.
01:07:10Nous avons perdu beaucoup d'hommes
01:07:12dans cette tâche.
01:07:14Des amis.
01:07:15Mais ils ne seront pas oubliés.
01:07:18Avant tout,
01:07:18je veux souhaiter la bienvenue
01:07:20à de nouveaux compagnons.
01:07:22Voici Colomba,
01:07:24qui rentra à Damas
01:07:25avec le général Catrou.
01:07:29Et Boudouin,
01:07:30qui s'est distingué à Tobrouk.
01:07:36Barren et Lafarge,
01:07:37dont vous connaissez tous
01:07:38les exploits à Koufra.
01:07:47Messieurs,
01:07:48la prochaine tournée est pour moi.
01:07:53Enfin, je vous retrouve.
01:07:54Je vous ai pas vu
01:07:54depuis qu'ils vous ont rafistolé.
01:07:56Je tiens à vous remercier,
01:07:57si vous le permettez.
01:07:57Oh, allez, parlons plus de ça.
01:07:59Au moins, laissez-moi vous rendre un service.
01:08:00Écoute,
01:08:00j'ai pris pour vous un rendez-vous.
01:08:03Blonde ou brune ?
01:08:04Non, non, non, non,
01:08:04pas un rendez-vous comme ça.
01:08:05C'est un de vos vieux copains.
01:08:08Clausel.
01:08:10Je connais pas ce nom.
01:08:11Il prétend vous connaître.
01:08:13Écoutez-moi, mon vieux,
01:08:14il y a des quantités de gens
01:08:15qui croient me connaître.
01:08:16Ça, c'est des choses qui arrivent.
01:08:17Mais il était dans votre secteur,
01:08:18en Champagne,
01:08:18et il vous connaît très bien.
01:08:21Quand il m'aura vu,
01:08:22il dira pardon, mon vieux,
01:08:23mais je vous avais pris pour un autre.
01:08:24Tout de même,
01:08:24je lui avais promis fermement
01:08:25d'organiser une rencontre.
01:08:27Non, croyez-moi, c'est inutile.
01:08:30Alors, je vous en prie,
01:08:32après m'avoir sauvé la vie à Koufra,
01:08:33vous me devez bien quelque chose,
01:08:34n'est-ce pas ?
01:08:36C'est bon, comme vous voudrez.
01:08:39Où est-il ?
01:08:40Au Café du Laitre.
01:08:41Il n'est pas officier,
01:08:42il ne peut pas venir aux messes.
01:08:46Pardon, mon capitaine,
01:08:47j'étais impatient.
01:08:48Où est-il ?
01:08:50Le voilà.
01:08:53Oh.
01:08:54Je m'excuse, c'est une erreur.
01:08:56Qu'est-ce que je vous disais ?
01:08:58C'est que, vous savez,
01:09:00Lafarge était un de mes meilleurs amis
01:09:01et je vous demande pardon.
01:09:04Pas d'importance.
01:09:06Eh bien, je vous verrai demain, Varen.
01:09:09Excusez-moi.
01:09:10C'est rien.
01:09:20Je vous dérange, mademoiselle,
01:09:21mais je voudrais un peu de tinine.
01:09:23Tout de suite.
01:09:34Qu'est-ce que vous faites, ici ?
01:09:41Pourquoi ne m'avez-vous pas dénoncée ?
01:09:43Je suis là parce que je ne sais pas où aller.
01:09:46Il n'y a plus personne qui m'attende.
01:09:50Il n'y a plus personne qui m'attende.
01:09:51Vous avez parlé ?
01:09:51Non.
01:09:52Pourquoi ?
01:09:56Maurice Lafarge est vraiment mort.
01:09:58Oui, je vous l'ai dit.
01:10:00Celui qui était en champagne.
01:10:02Oui.
01:10:03Voici ses papiers.
01:10:13Il faut que je vous avoue quelque chose.
01:10:15J'ai menti.
01:10:16Il n'est pas mort dans mes bras.
01:10:18Je ne l'ai pas connu.
01:10:19Il est mort près de moi
01:10:20et je lui ai volé ses papiers.
01:10:22Et j'en suis heureux.
01:10:25Oui.
01:10:27Parce que depuis le jour
01:10:28où je les ai pris,
01:10:30j'ai commencé à vivre.
01:10:31Je n'avais jamais eu de bonheur.
01:10:33j'ai toujours été maltraité.
01:10:36J'ai grandi dans un orphelinat.
01:10:38Révolte et faim,
01:10:39c'est tout ce que je savais.
01:10:41Je me rappelle qu'un jour,
01:10:42je suis allé dans un restaurant.
01:10:45J'étais si affamé
01:10:46que j'ai pris tout ce qu'il y avait sur le menu.
01:10:49Je ne pouvais pas payer.
01:10:52Alors on m'a mis dans une maison de correction.
01:10:54Et la même histoire recommence.
01:10:56Révolte et faim.
01:10:59Et pour finir,
01:11:01je suis percé au Baddaf.
01:11:03fière, sueur,
01:11:05bled.
01:11:07On se révolte.
01:11:09Et puis un beau jour,
01:11:10un nommé Clément
01:11:11finit par tuer un homme.
01:11:14C'était moi, Clément.
01:11:15Oui.
01:11:17On m'a mis en prison
01:11:19et je me suis évadé.
01:11:22J'étais encore seul.
01:11:24Seul, comme toujours.
01:11:27Mais depuis que j'ai pris ces papiers,
01:11:29je ne me suis plus senti seul.
01:11:32Je suis devenu un autre homme,
01:11:33un homme avec des amis
01:11:37et un pays.
01:11:39J'ai des souvenirs.
01:11:41Des souvenirs comme tout le monde.
01:11:44J'ai appris la valeur d'une poignée de main.
01:11:47J'ai appris des tas de choses.
01:11:51Il y a un an,
01:11:52on m'a dit des mots
01:11:52qui me paraissaient étranges.
01:11:55On m'a dit que la terre était douce.
01:11:59Je ne comprenais pas alors.
01:12:03Maintenant, on se comprend.
01:12:17J'étais comme vous, toute seule.
01:12:20J'ai connu Maurice
01:12:21pour le perdre deux mois plus tard.
01:12:24Et ces deux mois sont pour moi toute la vie.
01:12:27Je l'ai aimé comme il n'est pas possible d'aimer.
01:12:34Je devrais vous haïr pour lui avoir dérobé
01:12:36les honneurs qu'il a mérités.
01:12:39Les héros sont vite oubliés.
01:12:41C'est humain.
01:12:42Mais grâce à vous, son nom demeure.
01:12:47Vous allez partir au front ?
01:12:49Oui, bientôt.
01:12:51Bonne chance.
01:13:10Qu'est-ce que c'est, ce truc que tu nous joues ?
01:13:12Ce truc, c'est du Chopin.
01:13:14T'es obligé de jouer ça ?
01:13:15Je croyais que tu aimais la musique.
01:13:17Sans doute, mais je préfère quelque chose de plus gai,
01:13:18quelque chose qui fasse danser.
01:13:19Ah, tu veux un petit air de danse ?
01:13:21Bon, que dis-tu de ça ?
01:13:31J'ai entendu dire qu'on allait partir d'ici dans quelques jours.
01:13:36Ah oui, le bœuf bouilli au riz.
01:13:38Il paraît que le septième va monter sur le front de Libye demain.
01:13:41On s'en fout, nous, du septième.
01:13:43Il y a un de nos copains qui en fait partie.
01:13:44Il s'appelle Closel.
01:13:46Il monte en ligne.
01:14:02Bonsoir, Closel.
01:14:04Bonsoir.
01:14:06Vous désirez, monsieur Closel ?
01:14:08Un whisky.
01:14:25T'as encore une petite place ?
01:14:26Oui, je grimpe.
01:14:55La route poudreuse.
01:14:58La petite route près de Tours.
01:15:00Le camion.
01:15:02L'avion allemand.
01:15:10Qu'est-ce qu'il raconte ?
01:15:11On sait rien, il est...
01:15:14Ah, ah.
01:15:23Je ne peux pas le croire.
01:15:24Mais c'est vrai, pas d'erreur possible.
01:15:28Il lui a volé ses papiers.
01:15:29Aussi vrai que je suis devant vous, je m'en souviens parfaitement.
01:15:31Je suis resté longtemps dans le fossé.
01:15:33Quand je suis revenu à moi, j'ai vu cet homme qui fouillait dans les poches de la farge.
01:15:36Il lui a pris son uniforme.
01:15:38J'étais trop faible pour faire un geste.
01:15:40Pas même la force de penser.
01:15:42Je me suis évanoui.
01:15:43Que décidez-vous, mon capitaine ?
01:15:46Nous sommes en guerre, Closel.
01:15:48Nous avons besoin d'hommes courageux.
01:15:51On aura tout le temps de faire la justice quand la guerre sera finie.
01:15:54C'est votre opinion, mon capitaine ?
01:15:56Oui, en effet.
01:15:58Mon capitaine ?
01:16:02Restez, je vous en prie.
01:16:03Qu'est-ce que je peux faire pour vous ?
01:16:06Il faut que je vous parle, mon capitaine.
01:16:07Oui, ben, venez jusqu'à l'hôtel Tornado.
01:16:09On parlera en prenant l'apéritif.
01:16:10N'aie pas soif.
01:16:11Eh ben, moi, si.
01:16:12Je suis assoiffé comme un chameau dans le désert.
01:16:14Il faut que je vous dise quelque chose.
01:16:17Oui, et si moi, je ne tenais pas à l'entendre, vous devez m'écouter.
01:16:20Est-ce que c'est un ordre, lieutenant ?
01:16:23C'est un ordre.
01:16:24Voulez-vous écrire ?
01:16:25Écrire ?
01:16:26Oui.
01:16:30Je sous-signais.
01:16:33Par la présente.
01:16:36Déclare que je ne suis pas Maurice Lafarge.
01:16:42Votre nom.
01:16:44Où êtes-vous né ?
01:16:49Vous ne voulez pas répondre.
01:16:53Vous êtes accusé de vol sur le cadavre du sergent Maurice Lafarge
01:16:57sur une route entre Tours et Bordeaux le 14 juin 1940.
01:17:03Et de vous être servi de son nom, état civil, papier et décoration.
01:17:08Avez-vous quelque chose à dire pour votre défense ?
01:17:10Non, rien.
01:17:12Asseyez-vous.
01:17:17La parole est à l'officier chargé de l'accusation.
01:17:22Vous avez entendu l'inculpé.
01:17:24Il n'a pas de défense.
01:17:25Il admet sa culpabilité.
01:17:27Il cache son nom, son passé.
01:17:29Ce qu'il fait, nous ne pouvons que le deviner.
01:17:32Mais ce que nous savons,
01:17:34c'est qu'il s'est abrité
01:17:35derrière un uniforme, emblème de loyauté
01:17:38et de sacrifice.
01:17:40Ceci est le fait d'un traître.
01:17:42Il a accepté les honneurs
01:17:44et les décorations qui revenaient à un autre.
01:17:47C'est le crime d'un imposteur.
01:17:50Vous n'oublierez pas ce héros
01:17:52couché sur le bas-côté d'une route
01:17:53sous le ciel de France.
01:17:55Vous ne permettrez pas qu'il soit frustré
01:17:57de sa juste récompense
01:17:58par un homme dépourvu de toute honneur,
01:18:01par un homme indigne d'être soldat,
01:18:04indigne même du nom d'homme.
01:18:09à l'officier de la Défense.
01:18:14L'accusation a demandé
01:18:16qui est cet homme.
01:18:18À cette question, je puis lui répondre.
01:18:20Il fait partie de cette vaste armée
01:18:21de héros obscurs
01:18:22qui se sont battus
01:18:23pour qu'il fasse bon vivre sur cette terre.
01:18:26C'est l'un de ces milliers d'hommes
01:18:27qui, de tous les coins de l'univers,
01:18:28ont rallié cette voix qui criait
01:18:30« La France a perdu une bataille.
01:18:32Elle n'a pas perdu la guerre. »
01:18:35Ces hommes ne cherchaient
01:18:36ni aventure, ni évasion.
01:18:37Rien ne les obligeait
01:18:38à reprendre les armes.
01:18:40Ils l'ont fait
01:18:40parce qu'ils l'ont voulu.
01:18:42Ce sont ces soldats
01:18:43qui, lorsque la France,
01:18:44aux heures sombres,
01:18:45fut battue par un ennemi
01:18:46supérieur en armes,
01:18:47refusèrent d'accepter la défaite.
01:18:49C'était pour la plupart
01:18:50des gens du peuple.
01:18:52Ouvriers, employés de banque,
01:18:54pêcheurs, fermiers, étudiants.
01:18:56Ils sont venus de tous les horizons,
01:18:57de bons, de nets français.
01:19:00Ils pouvaient rester à l'arrière
01:19:01et vivre avec l'ennemi,
01:19:02mais ils ont fait un autre choix.
01:19:05Ils se sont embarqués
01:19:06pour la grande aventure
01:19:06sans espoir de profit,
01:19:08n'aspirant qu'à reconquérir
01:19:09la liberté.
01:19:10Sous un soleil meurtrier,
01:19:11épuisé de fièvre,
01:19:12de faim et de soif,
01:19:14mesurant leur pitoyable force
01:19:15contre un ennemi
01:19:16mieux armé et mieux équipé,
01:19:18démuni de tanks,
01:19:18d'avions, de mitrailleuses,
01:19:21n'ayant souvent d'autres armes
01:19:22que celles que Dieu leur a données,
01:19:24traversant les déserts arides.
01:19:26Certains n'avaient d'autres souliers
01:19:28que ceux qu'ils avaient retirés
01:19:29à un ennemi mort.
01:19:30Ils ont contenu la barrée adverse
01:19:31en Syrie, en Érythrée,
01:19:33où qu'elle soit apparue,
01:19:34tenant les lignes jusqu'à l'arrivée
01:19:36des renforts alliés
01:19:36qui luttèrent avec nous.
01:19:39Ils périrent sur tous les fronts,
01:19:41avec au fond de leurs yeux
01:19:42l'image d'une rue paisible
01:19:44et de fenêtres fleuries.
01:19:49Messieurs,
01:19:51l'homme que nous jugeons aujourd'hui
01:19:52est un de ceux-là
01:19:54et non un des moindres.
01:19:56Je le connais mieux que n'importe qui.
01:19:59S'il fut un jour un scélérat,
01:20:01il s'est racheté dans la peine
01:20:02et le sacrifice.
01:20:03Il se plia à la discipline.
01:20:05Il inspira le courage et l'amour
01:20:07dans le cœur de tous ses camarades.
01:20:09Il força l'admiration
01:20:09sur les champs de bataille.
01:20:11On nous dit qu'il s'est abrité
01:20:12derrière un uniforme.
01:20:13Mais l'a-t-il déshonoré ?
01:20:16Non.
01:20:17Il l'a couvert de gloire.
01:20:20Il s'est battu
01:20:21et continuera à se battre
01:20:21pour que la France puisse vivre à jamais
01:20:23et que ses enfants foulent la terre
01:20:24en homme libre.
01:20:26C'est vrai.
01:20:28Un homme est mort
01:20:28au bord d'une route en France
01:20:29mais il continue à vivre
01:20:30en cet autre homme
01:20:31qui a pris son nom
01:20:31et le glorifie.
01:20:33Le héros de Champagne
01:20:34se confond à jamais
01:20:34avec le héros de Koufra.
01:20:36Et ensemble,
01:20:37il porte le nom glorieux
01:20:38de Lafarge.
01:20:41Conformément à l'article prévu
01:20:42dans le code militaire,
01:20:44en texte et pensé,
01:20:45l'homme qui a usurpé
01:20:46le nom du sergent Maurice Lafarge
01:20:48et qui a refusé
01:20:49de décliner son identité
01:20:51après jugement rendu
01:20:52par la cour martiale
01:20:53de Fort Lamy
01:20:54est condamné
01:20:55à la dégradation militaire
01:20:56devant le régiment
01:20:57rassemblé sur la place.
01:20:59Il sera rayé
01:21:00des cadres d'officiers
01:21:01et réintégrera
01:21:02Laurent comme soldat
01:21:03de deuxième classe.
01:21:04Il se présentera ainsi
01:21:06devant ses camarades
01:21:07et passera devant
01:21:08les troupes
01:21:08que ça conduit
01:21:09à déshonorer.
01:21:09Sous-titrage Société Radio
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