00:01Le 23 mars 1613, un navire anglais, le Pearl, mouille au plus près des côtes réunionnaises.
00:09A cette époque, l'archipel des mascarènes n'est que peu fréquenté par les navigateurs européens qui suivent la route
00:15sud des Indes.
00:16On sait que des navigateurs arabes avaient déjà identifié les îles il y a fort fort longtemps.
00:23Mais ce 23 mars, c'est la première fois qu'on fait un récit d'escale de ce qui sera
00:29beaucoup plus tard notre chère terre de la Réunion.
00:36Le commandant du Pearl, Samuel Castleton, la baptise England Forest.
00:42Il écrit « A mon avis, c'est un endroit pour se ravitailler aussi favorable qu'on peut le souhaiter,
00:49d'autant plus que l'île est inhabitée. »
00:55Le grand défaut de la Réunion à l'époque, et c'est pourquoi plus tard les navigateurs vont lui préférer
00:59l'île Maurice,
01:00c'est le manque total de possibilités d'abris portuaires.
01:05Un défaut qui en fait une qualité, puisque cette édène tropicale en est préservée,
01:11avec des espèces endémiques aujourd'hui disparues.
01:15C'est le cas du solitaire de la Réunion, souvent confondu avec le dodo de Maurice.
01:20Le solitaire de la Réunion souffre du manque de référence pour l'étudier.
01:26Il n'existe ainsi que 14 représentations du volatile, et aucun reste fossile,
01:33à part peut-être ceux découverts dans les années 80 dans le secteur de l'ermitage, à Saint-Paul,
01:39qui ont permis de conclure, mais sans véritable certitude,
01:43que le dodo, entre guillemets, réunionnais, serait un ibis endémique,
01:50les ibis étant des oiseaux échassés à longs coups et aux becs recourbés.
01:54Encore une fois, sans véritable certitude scientifique.
01:59L'absence de description scientifique tient au fait que le solitaire de la Réunion
02:04a totalement disparu au tout début du XVIIIe siècle.
02:09Boulotté en masse par les hommes,
02:11les tentatives d'enlimiter la chasse se sont avérées des échecs,
02:15et probablement aussi éradiquées par des nuisibles,
02:18comme les rats, qui n'existaient pas sur l'île avant la colonisation.
02:22Il nous reste donc quelques descriptions de cet oiseau solitaire,
02:26telles celles des marats anglais,
02:28qui débarquèrent le 23 mars 1613.
02:32On lit ainsi, à propos du solitaire de la Réunion,
02:36qu'il s'agissait, selon l'officier anglais qui écrit,
02:39d'une grosse espèce de volaille de la grosseur d'un dindon,
02:43très grasse et aux ailes si courtes qu'elle ne peut voler.
02:47Elle est blanche et elle n'est pas sauvage,
02:50comme du reste tous les oiseaux de cette île,
02:53aucun d'eux n'ayant jusqu'ici été tracassé ni effrayé par des coups de fusil.
03:00C'est en 1708 que l'oiseau est mentionné pour la dernière fois
03:05et devient légendaire.
03:07Malgré la récente hypothèse de l'Ibis,
03:10l'énigme scientifique reste entière sur ce mystérieux oiseau.
03:16Un livre à recommander,
03:18celui de Pierre Brial,
03:20intitulé « Le solitaire de la Réunion ».
03:23Pierre Brial, par ailleurs géomètre expert,
03:26a effectué des recherches pointues sur l'histoire naturelle des mascarènes,
03:30permettant notamment l'édition du premier guide des espèces disparues de la Réunion,
03:35mais il s'est également intéressé à l'archéologie,
03:38et en particulier aux pirates.
03:41On vous recommande ainsi vivement la lecture de
03:45« Trésors pirates de l'île Bourbon »
03:47entre mythes et réalités
03:49aux éditions Feuille-Songe.
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