00:01Les championnats du monde de ski de vitesse avec Vars 2000.
00:11Le ski de vitesse, c'est un sport qui est super simple à comprendre.
00:15L'objectif, c'est d'être le skieur le plus rapide.
00:18On part d'un point A à un point B en ligne droite.
00:23T'arrives en haut, t'as forcément peur, je peux pas dire j'ai pas peur.
00:29C'est le sport non motorisé plus rapide sur la planète.
00:35La sensation qu'on retrouve à haute vitesse, à 250 km heure, c'est incroyable.
00:45Faire un record du monde est une chose vraiment, vraiment importante.
00:50C'est beaucoup plus de vincere une médaille ou une copa du monde.
00:58Je pense que ce sport a sa place au GIO et je pense que si ce sport est olympique en
01:022030,
01:03ça sera un tel succès que le CIO souhaitera le reconduire sur les années qui suivent.
01:08Sous-titrage Société Radio-Canada
01:25...
01:31Franck, il manque un filet là-haut, au départ.
01:34On est en cours, là, Bilou.
01:36Ah, OK. Allez, OK.
01:39Ça se mesure en vitesse, mais c'est la vitesse moyenne sur les 100 derniers mètres,
01:44la portion qui est rouge à notre niveau.
01:46Donc, il y a une cellule d'entrée qui déclenche un chronomètre,
01:49une cellule qui arrête le chronomètre,
01:51et le chronomètre calcule la vitesse moyenne du skieur.
01:56La piste de Chabrière, elle est incroyable.
01:59C'est un petit peu ce que Kitzbühel peut être pour les descendeurs en skie alpin.
02:04C'est la piste la plus rapide du monde, tout simplement.
02:11C'est caractéristique hors normes.
02:25Chabrière, tu partes du sommet de la montagne,
02:28alors tu bascules, tu skis comme ça,
02:29et tu vois la pente, c'est vraiment hyper raide.
02:33C'est dans un couloir, dans une montagne,
02:37et l'accélération du sommet, c'est brutal.
02:41Il faut quand même imaginer qu'on passe de 0 à 200 km heure
02:44en 6 secondes sur Chabrière,
02:46et ça, il faut pouvoir l'encaisser.
02:55Donc c'est vraiment l'extrême vitesse,
02:56et c'est l'essence même de notre discipline.
03:00Chabrière est spéciale, innanzitutto,
03:02parce qu'elle nous permet de faire les records du monde,
03:05qui n'est pas peu.
03:07Cette piste, elle nous effraie, elle nous fait peur,
03:10mais en même temps, elle nous fascine.
03:15C'est toujours une grande impression,
03:19parce que finalement, je sais ce que c'est que de partir de là.
03:30J'ai une relation avec cette piste qui a 35 ans maintenant,
03:34et je suis venu m'installer à Vars en 1992 pour cette piste.
03:38La famille a grandi ici, Simon est né là.
03:43La relation que j'ai avec Chabrière,
03:46elle me vient de mon père,
03:48et je dirais que j'ai ça dans le sang,
03:49parce que mon père a été un skier de vitesse,
03:52il a eu de nombreux titres,
03:53il a été recordman du monde.
03:57Il a fait ses records sur la piste de Chabrière,
04:02j'ai vécu sa carrière du bord de piste,
04:05et ça m'a toujours fasciné.
04:07J'ai toujours rêvé de skier dans ses traces
04:09et d'aller chercher un record du monde.
04:11C'est un peu comme au Bélix,
04:12on est tombé dans la marmite, gamin.
04:24Il confirme qu'il est en forme,
04:26qu'il est abouti,
04:27et que c'est le meilleur au monde dans ce monde.
04:33Et c'est parti.
04:41Alors pour expliquer les 250 km heure,
04:44le ski de vitesse,
04:44c'est injouable,
04:45parce que c'est un monde à part.
04:48On fait une bataille avec l'air,
04:49parce qu'à cette vitesse,
04:52imaginez quand vous êtes en voiture,
04:53à 100 km heure,
04:55tu sors de la main de la fenêtre,
04:57et tu entends l'air.
04:58À plus de 200,
04:59l'air sur ton corps,
05:00ça devient quelque chose de solide.
05:06Nous, en fait,
05:07on est en train de se faire ouvrir en deux par le vent,
05:09et toi, avec tes skis,
05:09t'essaies de contrôler,
05:10t'es comme un peu en apesanteur,
05:12puisque tu commences à voler un peu sur la piste.
05:14C'est vraiment cette sensation
05:16qu'on ralentit le temps,
05:17et que carrément,
05:18à un moment donné,
05:18le temps s'arrête.
05:32On descend sur de la neige,
05:34sauf que c'est une goutte
05:36qui va se former sous le ski,
05:37et en fait,
05:37on va déjà être sur de l'aquaplaning,
05:39donc c'est pas vraiment du ski basique,
05:40où tu te dis,
05:41je suis sur la neige directement.
05:42Et cette sensation-là,
05:43c'est que les skis flottent,
05:44donc ils ont tendance à partir tout le temps.
05:50Je suis tellement concentré sur ce que je fais,
05:52que je ne pense pas,
05:53oh, que belle,
05:54je suis en train d'aller très vite,
05:55mais quand on est à 240 km heure,
05:58on sait qu'on est en train d'aller très vite,
06:00mais en réalité,
06:01tu ne percebes pas beaucoup
06:02jusqu'à ce que tu ne peux pas arrêter.
06:28La chute fait partie à part entière du ski de vitesse,
06:33parce qu'on passe tous par là à un moment donné.
06:35Moi, je suis tombé à 230 km heure en 2017.
06:42Il va vite là.
06:49Ça a été un vrai traumatisme.
06:51Personnellement,
06:52je suis resté conscient tout le long de la chute.
06:53J'ai eu peur,
06:54j'ai eu très peur,
06:55je n'ai pas honte de le dire.
06:58Oh, merde !
07:00Je crois qu'il s'est fait mal maintenant.
07:02Mais quelque part,
07:03je suis rassuré,
07:04parce qu'on chute à 230 km heure,
07:05mais les pistes sont calibrées
07:08pour le ski de vitesse.
07:10Les pistes sont faites d'une telle façon
07:11que maintenant,
07:13je suis tombé à 243 sur Vars.
07:15En fait, je glisse,
07:17je vais me brûler fort.
07:18On peut avoir une petite blessure
07:23sur le premier impact,
07:24mais derrière,
07:25il ne nous arrive rien.
07:27C'est-à-dire qu'on n'a aucun obstacle,
07:28la piste est parfaite.
07:31C'est complètement moins dangereux
07:33le ski de vitesse
07:33qu'une épreuve comme la descente,
07:35par exemple,
07:35où là, à 150 km heure,
07:37tu fais des virages,
07:37mais derrière,
07:38il y a les filles qui arrivent très vite,
07:39il y a des armes,
07:40il y a la piste, en fait.
07:41Tout le monde, il pense,
07:42ah, le KL, c'est terrible.
07:44Non, c'est pas terrible,
07:45parce que tout le monde,
07:45il pense, si tu tombes,
07:47c'est fini, tu es mort.
07:48Non, c'est pas vrai.
07:49C'est insupportable,
07:50c'est ignoble,
07:51parce que ça brûle énormément,
07:52tu passes d'une fesse
07:53sur le dos,
07:54sur la poitrine,
07:55mais finalement,
07:56ce n'est pas très, très dangereux.
07:57Je suis malheureuse,
07:58je suis tombée seulement une fois
08:00et je ne me suis pas mal.
08:10je m'appelle Simone Arigone,
08:13mon record personnel,
08:14c'est 254,050 km heure.
08:18La combine,
08:19c'est comme une deuxième peau.
08:22C'est quelque chose de très important
08:25pour la vitesse.
08:29Simone,
08:30c'est la légende de ce sport,
08:33légende vivante,
08:33il skie encore avec nous,
08:34il a 47 ans,
08:35mais il reste ultra performant.
08:37Simone,
08:38c'est peut-être le plus grand skieur
08:39de vitesse qui a eu,
08:39il nous a fait progresser énormément,
08:41parce qu'il a fait beaucoup de recherches
08:42et je pense que tout le monde
08:43s'en est inspiré.
08:43Dans notre sport,
08:45c'est pas que tu peux aller au magasin
08:47et t'achètes le matériel
08:48que tu as besoin
08:49et tu commences.
08:51Il y a beaucoup de travaux artisanals
08:53Voilà,
08:54j'ai plusieurs ailerons.
08:58Ça,
08:59c'est un aileron que j'ai.
09:00Voilà,
09:01il y a la partie
09:01qui suit la chaussure.
09:02Sans aileron,
09:03il y a une énorme différence
09:04de vitesse.
09:06Dans les kilomètres,
09:07on est sûr,
09:07on utilise beaucoup,
09:08beaucoup,
09:09beaucoup de scotch.
09:11On doit travailler
09:12sur des petits détails.
09:13Il y a la fin,
09:14tous les petits,
09:15petits trucs ensemble
09:16pour faire la différence
09:17ou quand même,
09:19c'est la petite différence
09:20qui te fait gagner
09:21ou arriver deuxième
09:22ou troisième.
09:24La préparation
09:25pour la compétition
09:26d'un jour de finale,
09:27ça prend environ
09:2940-50 minutes
09:30pour être bien préparé,
09:32tout scotché.
09:34Ce mec,
09:35il travaille énormément,
09:37il ne laisse rien passer,
09:39chaque détail
09:40a toujours compté
09:40et en fait,
09:41moi,
09:42quand je suis arrivé
09:42dans le sport,
09:43il dominait déjà
09:44et je me suis dit
09:45ok,
09:45donc ce mec,
09:45il va falloir
09:46que j'aille le chercher,
09:47c'est l'homme à abattre.
09:49Si je veux atteindre
09:49mes objectifs,
09:50il va falloir
09:50que je le batte.
10:06Les 20 secondes
10:07qui précèdent le départ
10:08d'une tentative
10:08de record du monde,
10:09c'est ultra puissant.
10:11Moi, personnellement,
10:12je suis dans une bulle,
10:13je suis préparé
10:14pour ce jour.
10:15Mon père m'a conditionné
10:16depuis que je suis gamin,
10:17il m'a toujours dit
10:18dans ta carrière,
10:19tu auras 4, 5 occasions
10:21d'aller chercher
10:22un record du monde.
10:23Allez !
10:37Allez !
10:38Allez !
10:40Allez !
10:51C'était le run de ma vie,
10:52je le savais.
10:53Quand on a vu
10:54la vitesse de Simone en haut,
10:56mon père s'est retourné direct,
10:57il m'a dit
10:57aujourd'hui c'est pour toi
11:00et il fallait que je mette
11:02tout en place.
11:02J'ai bossé énormément
11:03pour ce jour-là.
11:04Aujourd'hui,
11:05je bats ce record du monde.
11:07C'est un feeling incroyable.
11:10Il a fait le run parfait
11:11et c'est une telle récompense
11:13pour lui,
11:13une satisfaction personnelle.
11:14Je suis trop heureux
11:15pour lui.
11:16Et toi, ça fait quoi ?
11:16Je craque
11:17parce que je suis
11:18le papa le plus heureux du monde.
11:26Le ski de vitesse
11:27rêve de Gio.
11:28En 2030,
11:29je pense qu'on a une chance
11:30d'intégrer le format.
11:31Nous, il faut savoir
11:32que la discipline
11:33a été olympique en 1992.
11:35Ça fait un moment
11:35qu'on en entend parler,
11:36mais ça n'a jamais été
11:38aussi proche que là
11:39pour 2030.
11:41On a monté des dossiers,
11:43on a mis des choses en place.
11:45Aujourd'hui,
11:45la décision revient au COJOP.
11:48Ils vont décider ou non
11:50d'intégrer le ski de vitesse.
11:51Les réponses seront annoncées
11:53au mois de juin,
11:54mais cela va certainement
11:55se décider en avril et en mai.
11:59On a de grands espoirs.
12:04Il y a aussi quelque chose
12:05qui est très intéressant.
12:06c'est que les filles
12:08et les garçons
12:08courent en même temps,
12:09sur la même piste.
12:11C'est la seule discipline
12:12de ski qui offre ça.
12:15Je m'appelle Valentina Greggio,
12:16de l'équipe italienne,
12:18de scie de vitesse.
12:20J'ai un record du monde
12:22de scie de vitesse femminile,
12:24247 km par an.
12:25Allez, allez !
12:34Elle a une capacité à skier à plat,
12:40à aller chercher la glisse,
12:41à laisser filer ses skis
12:42qui est incroyable.
12:43et moi, à chaque fois que je regarde
12:45ces runs, j'hallucine,
12:46j'apprends de Valentina.
12:49Je pense honnêtement
12:51et objectivement
12:52que Valentina,
12:53homme et femme confondus,
12:55est la meilleure skieuse.
12:58Je crois que c'est quelque chose
12:59d'unique.
13:00C'est la seule compétition
13:02où les hommes et les femmes
13:05font les mêmes deux parts,
13:07sur la même piste,
13:08aussi avec le même ski.
13:09Parce que la taille de ski
13:11entre moi et Valentina,
13:12c'est le même ski.
13:13Ce qui est cool en KL,
13:14c'est cette mixité.
13:16Et dans cette optique
13:17de devenir une discipline olympique,
13:20potentiellement,
13:21je pense que c'est un atout
13:21pour le ski de vitesse.
13:26Les Jeux olympiques,
13:27c'est le rêve
13:28de tous les sportifs.
13:30Quand un petit gamin
13:32rêve de faire des compétitions,
13:35il rêve les Jeux olympiques.
13:37J'espère vraiment
13:38que j'en ferai partie
13:39en 2030.
13:41Je veux aller chercher une médaille
13:42et j'arrêterai peut-être
13:43juste derrière,
13:44mais c'est quand même
13:45le goal d'une vie.
13:48Pour les Olympiades,
13:50nous espérons tous.
13:52je serai déjà trop vieille.
13:55Mais je me ferais plaisir
13:56pour le sport
13:57si je pouvais arriver
13:59à l'Olympiade.
14:00C'est une discipline
14:00qui mérite beaucoup.
14:08Les championnats du monde
14:09de ski de vitesse
14:10avec Vars 2000.
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