Officiellement, ce groupe paramilitaire russe n’existe pas. Il sert pourtant les intérêts du Kremlin, en Afrique ou plus récemment en Ukraine. Récit avec Benjamin Jérôme, journaliste au Parisien Week-End, et Alexandra Jousset, journaliste et co-réalisatrice avec Ksenia Bolchakova du documentaire «Wagner : l’armée de l’ombre de Vladimir Poutine», diffusé sur France 5.
Dans ce podcast : Wagner est une organisation paramilitaire russe forte de plusieurs milliers de mercenaires qui officiellement n'existe pas. Présent en Ukraine en Libye en Centrafrique ou encore au Mali, le groupe Wagner sert les intérêts de la Russie et serait dirigé par un proche de Vladimir Poutine l'homme d'affaires Evgueni Prigogine. D'après les nations unies plusieurs mercenaires de Wagner ont commis des exactions comme des viols, des assassinats et des actes de torture. Code source résume aujourd'hui ce que l'on sait de cette force secrète.
La force Wagner ce sont des mercenaires, principalement russes, c'est une organisation informelle qui n'est même pas reconnue par la Russie mais dont on s'aperçoit très vite qu’elle épouse tous les intérêts du Kremlin.
La force Wagner aurait vu le jour en 2014 en Ukraine au moment de l'annexion de la péninsule de Crimée par la Russie et le début de la guerre dans le Donbass…
Pour en savoir plus : https://www.leparisien.fr/podcasts/code-source/milice-wagner-la-mysterieuse-armee-secrete-de-vladimir-poutine-03-03-2022-7E44I5TVJFFIPB3ZT6FLT2KA7M.php
Direction de la rédaction : Pierre Chausse - Rédacteur en chef : Jules Lavie - Reporter : Ambre Rosala - Production : Raphaël Pueyo et Thibault Lambert - Réalisation et mixage : Christian Mathias - Musiques : François Clos, Audio Network, Epidemic Sound - Identité graphique : Upian
Archives : Elysée, «Wagner : l’armée de l’ombre de Vladimir Poutine».
#wagner #poutine #milice
Dans ce podcast : Wagner est une organisation paramilitaire russe forte de plusieurs milliers de mercenaires qui officiellement n'existe pas. Présent en Ukraine en Libye en Centrafrique ou encore au Mali, le groupe Wagner sert les intérêts de la Russie et serait dirigé par un proche de Vladimir Poutine l'homme d'affaires Evgueni Prigogine. D'après les nations unies plusieurs mercenaires de Wagner ont commis des exactions comme des viols, des assassinats et des actes de torture. Code source résume aujourd'hui ce que l'on sait de cette force secrète.
La force Wagner ce sont des mercenaires, principalement russes, c'est une organisation informelle qui n'est même pas reconnue par la Russie mais dont on s'aperçoit très vite qu’elle épouse tous les intérêts du Kremlin.
La force Wagner aurait vu le jour en 2014 en Ukraine au moment de l'annexion de la péninsule de Crimée par la Russie et le début de la guerre dans le Donbass…
Pour en savoir plus : https://www.leparisien.fr/podcasts/code-source/milice-wagner-la-mysterieuse-armee-secrete-de-vladimir-poutine-03-03-2022-7E44I5TVJFFIPB3ZT6FLT2KA7M.php
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00:02Bonjour, c'est Jules Lavi pour Codesources, le podcast d'actualité du Parisien.
00:11Wagner est une organisation paramilitaire russe, forte de plusieurs milliers de mercenaires,
00:18qui officiellement n'existent pas.
00:21Présente en Ukraine, en Libye, en Centrafrique ou encore au Mali,
00:24le groupe Wagner sert les intérêts de la Russie
00:27et elle serait dirigée par un proche de Vladimir Poutine, l'homme d'affaires Evgeny Prigogine.
00:33D'après les Nations Unies, plusieurs mercenaires de Wagner ont commis des exactions
00:38comme des viols, des assassinats et des actes de torture.
00:42Codesources résume aujourd'hui ce que l'on sait de cette force secrète
00:46avec Benjamin Jérôme du Parisien Week-end, il y a consacré un dossier le 10 décembre
00:50et notre invitée à distance, Alexandra Jousset, co-autrice d'un documentaire sur cette milice
00:56diffusé le 20 février sur France 5 et encore disponible en replay,
01:01Wagner, l'armée des ombres de Poutine.
01:07Benjamin Jérôme, le 28 février, le journal britannique Times affirme
01:11que des mercenaires russes sont déployés en Ukraine pour une mission bien particulière.
01:17Oui, on parle de 300 à 400 hommes qui seraient effectivement arrivés en Ukraine
01:235 semaines avant le début du conflit.
01:26Le Times se dit qu'ils sont là tout simplement pour les tuer le président ukrainien.
01:30Il dit aussi qu'ils sont là pour supporter l'avancée des troupes officielles russes.
01:34C'est quoi la force Wagner d'un mot ?
01:37La force Wagner, ce sont des mercenaires principalement russes.
01:41C'est une organisation informelle qui n'est même pas reconnue par la Russie,
01:46mais dont on s'aperçoit très vite qu'ils épousent tous les intérêts du Kremlin
01:50et qu'ils sont sur des théâtres d'opération qui intéressent Moscou.
01:56Alexandra Jousset, vous venez de réaliser un documentaire sur la milice Wagner
02:00que vous co-signez avec une autre journaliste, Ksenia Bolchakova,
02:04documentaire diffusé le dimanche 20 février sur France 5.
02:07Après une enquête qui a duré plus d'un an, officiellement, la force Wagner n'existe pas ?
02:13Expliquez-nous ça.
02:14C'est ça qui est très compliqué, c'est pour appréhender le phénomène Wagner.
02:18On sait que c'est des mercenaires et on sait que l'organisation en elle-même existe
02:22vu que ceux qu'on a pu rencontrer ont des numéros de matricule.
02:26On sait qu'il y a des endroits dans les villes qu'on a repérés
02:29où ils vont récupérer leur argent parce qu'ils sont payés en cash.
02:32Il y a une organisation comme ça, mais officiellement, rien n'existe.
02:36Et tout est dans l'ombre, tout est illégal.
02:39Benjamin Jérôme, la force Wagner aurait vu le jour en 2014 en Ukraine
02:43au moment de l'annexion de la péninsule de Crimée par la Russie
02:46et le début de la guerre dans le Donbass.
02:49On les découvre, il y a des premières images qui apparaissent en 2014 en Crimée
02:53et puis également à l'est du pays.
02:56À l'époque, il faut bien se rappeler que c'est le début de la guerre,
02:59qu'il y a des indépendantistes pro-russes
03:01et qu'effectivement, il y a ces paramilitaires qui n'ont pas d'emblème
03:05et qui vont se joindre à certains groupes séparatistes.
03:09Et dans les années qui suivent, la force Wagner combat aussi en Syrie.
03:12Effectivement, elle réapparaît en Syrie.
03:14Elle se bat notamment contre Daesh.
03:17Mais pas seulement, il y a un combat en 2018 contre les forces kurdes.
03:23Et ce groupe de supplétifs va s'efforcer notamment de récupérer des champs de pétrole
03:28qui sont tombés aux mains des terroristes.
03:30Alexandra Jousset, plus récemment, des mercenaires de Wagner ont combattu en Libye.
03:34Pour qui ?
03:35Alors, ils ont combattu aux côtés du maréchal Haftar.
03:39La Libye est séparée en deux.
03:40À l'ouest, le gouvernement de Tripoli, reconnu par la communauté internationale.
03:45Et à l'est, le gouvernement de Benghazi,
03:47qui est dirigé par le maréchal Haftar, qui est un proche de Muammar Kheddafi.
03:52Pour combattre aux côtés du maréchal Haftar,
03:54ils ont utilisé des moyens qui sont des moyens, si vous voulez,
03:56qui ne sont pas normalement mis à disposition de mercenaires.
03:59Ils utilisaient des MiG, des MiG-29, donc des avions de chasse.
04:02C'est compliqué d'imaginer des mercenaires utiliser des avions de chasse russes
04:07sans avoir, évidemment, une forme d'autorisation du gouvernement russe.
04:10Depuis 2018, la milice Wagner est aussi présente en Centrafrique.
04:15Historiquement, dans la sphère d'influence française,
04:18ce pays est désormais sous la coupe de Wagner.
04:25Les mercenaires y ont été déployés depuis 2018 avec deux missions.
04:30contrôler ce territoire et mettre la main sur les principales ressources naturelles.
04:37Dès notre arrivée à Bangui, nous découvrons ces hommes armés.
04:43Ils ne portent pas d'insignes et ont le visage masqué.
04:51Bien qu'ils soient partout, il est interdit de les filmer.
04:56Il faut savoir qu'ils sont arrivés avec un mandat de l'ONU.
04:59C'est-à-dire qu'il y a une coopération entre la Russie et la Centrafrique
05:04pour fournir des armes et pour fournir des instructeurs
05:06chargés de former l'armée centrafricaine.
05:09Sauf qu'en fait, il est impossible auprès du Conseil de l'ONU
05:13d'avoir une liste de ces instructeurs.
05:15Et ce qu'on a vu arriver surtout, c'est que c'est des mercenaires de Wagner
05:18qui ont pris la place de ces instructeurs
05:20et qui donc n'ont pas fait qu'instruire l'armée locale,
05:23mais surtout ont combattu à leur place.
05:27Benjamin Jérôme, les mercenaires de Wagner,
05:29sont accusés de meurtre, d'actes de torture.
05:32L'une de ces exactions ne fait aucun doute car elle a été filmée.
05:37Une vidéo qui a commencé à circuler sur Internet à partir de 2017,
05:41vidéo tournée en Syrie.
05:43Est-ce que vous pouvez nous la décrire ?
05:45On voit un groupe d'hommes blancs en treillis, parlant russe,
05:49et qui en fait torturent un militaire syrien.
05:53A priori, ce serait un déserteur.
05:55Et on les voit, ces hommes, prendre des masses,
05:59taper sur les bras et les jambes de ce pauvre soldat syrien.
06:03La vidéo se poursuit jusqu'à la décapitation de cet homme.
06:07Et puis ça ne s'arrête pas, ils vont pendre le corps et y mettre le feu.
06:12Donc cette vidéo a circulé et elle a été retrouvée ensuite
06:16par un journaliste russe indépendant
06:19et qui va pouvoir mettre un nom sur l'un des agresseurs.
06:24Et il se trouve que cet agresseur est donc un russe
06:26et il est lié à la force de Wagner.
06:28Alexandre Ajousset, dans votre documentaire,
06:30pour la première fois, un ancien mercenaire de Wagner
06:34accepte de parler à visage découvert.
06:36Il s'appelle Marat Gabidoulin, il a 56 ans.
06:40Est-ce qu'il reconnaît l'existence de ces crimes commis par Wagner
06:44en marge de leurs opérations militaires ?
06:46Il ne peut pas nier cette vidéo de crimes de guerre en Syrie.
06:49En revanche, il dit que c'est un acte isolé de cinq fous
06:53et que ça ne correspond pas du tout à la mentalité de Wagner.
06:56Il a quand même accepté à demi-mot de nous dire
07:00est-ce qu'on respecte les conventions de Genève ?
07:02Non.
07:03Il nous dit effectivement, en Syrie,
07:05quand on arrivait dans un village,
07:06si on avait besoin de dormir quelque part,
07:08on mettait dehors les familles
07:10et on prenait leur maison et on dormait dedans
07:12et on se servait chez eux.
07:14Donc il reconnaissait quand même des mœurs,
07:16si vous voulez, typiques du mercenaire.
07:18En revanche, il ne reconnaissait pas ses exactions.
07:21Il nous dit que c'était contraire à mon éthique.
07:23Lui, Marat Gabidoulin,
07:24pourquoi est-ce qu'il a fait le choix d'aller dans la force Wagner ?
07:26En fait, il a fait l'armée,
07:27il est sorti de l'armée,
07:29il a agi comme homme de main
07:30pour des hommes de la pègre en Sibérie.
07:32Et à cette occasion, il a tué un homme,
07:34il a été arrêté, il a été en prison.
07:36Quand vous avez été en prison,
07:37en fait, vous ne pouvez plus retourner à l'armée.
07:38Vous n'avez pas le droit quand vous avez un casier judiciaire.
07:40Et du coup, l'option pour lui,
07:42c'était de rentrer dans une compagnie militaire privée.
07:46Une des motivations principales,
07:48c'était bien sûr l'argent.
07:51Par rapport aux standards russes,
07:53on était bien payé.
07:55Combien gagnent les mercenaires de Wagner ?
07:57Lui, au camp d'entraînement,
07:59il gagne 1800 euros.
08:00Et ensuite, en mission, avec les primes,
08:02ils peuvent gagner beaucoup plus.
08:03Ça peut monter jusqu'à 3000, 4000 euros.
08:05Ce qui est énorme par rapport au salaire moyen russe, en fait.
08:08Dans les régions de Sibérie,
08:09on parle de 300, 400 dollars par mois.
08:12Donc c'est quand même des salaires
08:13qui sont très conséquents par rapport au salaire moyen.
08:17Le groupe Wagner,
08:18contré au total entre 3000 et 5000 hommes,
08:21d'après des estimations,
08:22Benjamin Jérôme,
08:23le chef de cette force,
08:25s'appelle Dimitri Houtkine.
08:27Il a 51 ans.
08:28D'abord, à quoi est-ce qu'il ressemble physiquement ?
08:30Alors, il est grand, chauve.
08:33Il est très onguleux.
08:35Il a les yeux très enfoncés dans les orbites.
08:37Il est musculeux, mais sec.
08:40Et il a des tatouages nazis
08:42au niveau des épaules.
08:44Qu'est-ce que l'on sait sur lui ?
08:45Ce serait un ancien militaire
08:46des forces spéciales de l'armée russe.
08:48Et c'est lui qui aurait donné son nom
08:49à la force Wagner
08:50parce que Wagner, c'était son nom de guerre
08:51parce que Wagner était le compositeur préféré d'Hitler.
08:56Dimitri Houtkine avait déjà pour nom de guerre Wagner
08:58quand il servait dans l'armée russe.
09:00Pourquoi un tel surnom ?
09:02Parce qu'il serait un grand admirateur d'Hitler
09:04et de toute la symbolique nazie.
09:06Il a des tatouages inspirés du 3e Reich
09:08et de l'esthétique fasciste.
09:13On dit qu'il adhère entièrement à cette idéologie.
09:17Aujourd'hui, Dimitri Houtkine est toujours le commandant
09:20de la compagnie militaire privée Wagner.
09:23Au-dessus de lui, Alexandre Ajousset,
09:25il y a un richissime homme d'affaires russe,
09:28un oligarque,
09:29un certain Evgeny Prigogine,
09:31un homme de 60 ans.
09:32Qui est-il ?
09:33Alors, Evgeny Prigogine,
09:35c'est lui aussi un repris de justice.
09:37Il a passé 8 ans
09:39dans une colonie pénitentiaire.
09:41Il a été arrêté pour extorsion.
09:43Et ensuite, quand il est sorti,
09:45il a commencé à faire fortune
09:46en montant des chaînes de hot-dogs à Saint-Pétersbourg.
09:50Petit à petit,
09:51il a réussi dans le business de la restauration.
09:54Il avait des restaurants assez huppés
09:55à Saint-Pétersbourg.
09:57Et c'est là où il a rencontré
09:58le maire adjoint de l'époque,
09:59dans les années 90,
10:01qui était Vladimir Poutine.
10:03Et il entretient du coup,
10:04à partir de ce moment-là,
10:05une relation très privilégiée
10:06avec Vladimir Poutine,
10:07qui, à partir du moment où il devient président,
10:10emmène tous ses invités VIP
10:12dîner chez Evgeny Prigogine.
10:13C'est comme ça qu'on a des photos de lui
10:15en train de servir Jacques Chirac
10:17ou George Bush.
10:18Et puis, petit à petit,
10:19il commence vraiment à faire fortune,
10:21enfin une fortune considérable,
10:23quand il gagne les contrats
10:24de fourniture de cantines scolaires
10:26et les contrats de fourniture
10:29de cantines de l'armée.
10:30Pour terminer de compléter son portrait,
10:32il est sur la liste des hommes
10:33recherchés par le FBI,
10:35parce qu'il est considéré
10:36comme celui qui a organisé
10:38les campagnes de désinformation
10:40qui ont eu lieu
10:41dans les élections présidentielles américaines
10:43de 2016
10:44en faveur de Donald Trump.
10:46D'un mot,
10:46est-ce qu'on peut dire
10:47que c'est un proche de Poutine ?
10:48C'est un proche de Poutine
10:49et il le connaît depuis toujours.
10:51Poutine a une immense confiance en lui.
10:53Poutine qui est assez paranoïaque,
10:55accepte d'être servi par lui directement.
10:57Et d'ailleurs,
10:58il a ce surnom
10:58que tout le monde en connaît,
10:59c'est le Poutine's Chef,
11:01donc le cuisinier de Poutine.
11:03Un clin d'œil à ses activités
11:04en tant que restaurateur
11:05et aussi parce que c'est lui
11:07qui effectue les bases-oeuvres du Kremlin.
11:12Yevgeny Prigogine
11:13est donc le grand patron
11:14de la force Wagner.
11:16Officiellement,
11:17il n'a aucun lien
11:18avec l'état-major russe
11:19et pourtant,
11:19dans votre documentaire,
11:21Alexandra Jousset,
11:22vous apportez la preuve du contraire.
11:23C'est Marat Gabidoulin,
11:25l'ancien mercenaire
11:26qui en parle dans notre film
11:27et qui nous dit
11:28que Wagner est une filiale
11:29du gouvernement russe.
11:31Il n'existe aucun document
11:33pour prouver ça,
11:34même si nous,
11:35au travers de notre enquête,
11:37on a par exemple eu
11:38des preuves d'échange
11:39entre l'état-major de Wagner,
11:42notamment dans les opérations en Libye,
11:44et l'état-major russe,
11:46où on voit des rapports
11:47qui sont envoyés
11:47par l'état-major de Wagner
11:49à l'état-major russe.
11:50Mais tout ça se fait
11:51dans une zone grise, en fait.
11:53Et dans votre documentaire,
11:54il y a également une vidéo
11:56où l'on voit
11:57Yevgeny Prigogine,
11:58l'homme d'affaires,
11:59avec de hauts dignitaires
12:01militaires russes en Libye.
12:03Exactement.
12:04Cette vidéo a fuité
12:05sur les réseaux sociaux.
12:06Elle n'était pas censée sortir.
12:07Elle n'a pas été filmée
12:08par les Russes,
12:08mais elle a été filmée
12:10par les équipes
12:11du maréchal Haftar
12:12qui se rendaient en Russie
12:14pour essayer d'obtenir des armes.
12:16Ils rencontraient à ce moment-là
12:17le ministre de la Défense,
12:19Sergei Shoigu,
12:20et le chef d'état-major
12:22des armées russes,
12:23M. Gerasimov.
12:24Et à la table des négociations,
12:26à la gauche de M. Shoigu,
12:28se trouve Evgeny Prigogine.
12:30Ce qui est quand même incroyable
12:31parce que ça montre
12:32évidemment la connivence
12:34et les liens étroits
12:35qu'il y a entre le ministère
12:36de la Défense russe
12:37et M. Prigogine
12:38qui seraient à la tête de Wagner.
12:40Les porte-paroles russes
12:42ont dit que si Evgeny Prigogine
12:44était présent ce jour-là
12:45à la réunion,
12:46c'est parce qu'il assurait
12:47le service de traiteur
12:48de la rencontre
12:49et que c'est pour ça
12:50qu'il était assis
12:51à la table des négociations.
12:56Alexandre Ajousset,
12:57j'imagine que Vladimir Poutine
12:59lui non plus ne reconnaît pas
13:00l'existence de cette force ?
13:01C'est plus compliqué
13:02que de ne pas reconnaître
13:03l'existence de Wagner,
13:04c'est qu'il nie tout lien
13:05entre le gouvernement russe
13:06et Wagner.
13:08À chaque fois qu'on lui pose
13:09la question,
13:10il déjà ne reprend pas
13:11le terme de Wagner
13:11mais surtout il dit
13:12« S'il y a des militaires russes
13:14ou des mercenaires russes
13:15qui se battent,
13:15ça n'a aucun lien
13:16avec le gouvernement russe. »
13:18Parce qu'en fait,
13:19c'est à ça que sert Wagner.
13:20C'est le concept
13:21du déni de plausibilité.
13:22C'est un concept
13:23qui a été théorisé
13:24par la CIA d'abord
13:25et c'est cette idée
13:26de dire qu'on emploie
13:27des mercenaires
13:28et que si ça se passe mal,
13:31du coup,
13:32la Russie peut dire
13:33« Ça n'est pas nous,
13:34c'est Wagner,
13:35adressez-vous
13:35aux dirigeants de Wagner,
13:37nous n'avons aucun lien
13:38avec eux. »
13:39L'intérêt d'utiliser Wagner,
13:40c'est que tous les gens
13:41qui meurent
13:42sous la bannière Wagner,
13:43si vous voulez,
13:43ne sont pas reconnus
13:44comme des combattants russes.
13:45Donc déjà,
13:46ils n'ont pas de pension,
13:47ça c'est quand même
13:47un avantage économique
13:48et ensuite,
13:49vous n'avez pas annoncé
13:50que vous avez perdu
13:522000 soldats
13:52ou 1000 soldats
13:54en Afrique
13:54dans les deux dernières années.
13:55D'un mot,
13:56Alexandra Jousset,
13:57les mercenaires de Wagner
13:58sont redoutables,
13:59malgré tout,
14:00ils essuient aussi
14:01des échecs par moment ?
14:02Ils ont essuyé
14:04même beaucoup
14:04des échecs.
14:05Le plus cuisant
14:06des échecs,
14:07c'était la bataille
14:08de Deresor
14:08pour reprendre
14:09l'usine de Konoko
14:10en Syrie
14:11où là,
14:12ils se sont heurtés
14:13aux forces kurdes
14:13soutenues par les Américains.
14:15Plus de 200 soldats
14:16de Wagner
14:17seraient morts
14:17cette nuit-là.
14:18Benjamin Jérôme,
14:19dans les pays
14:19où les mercenaires
14:20de Wagner
14:20sont actifs
14:22et bien implantés,
14:23ils mettent la main
14:23sur des ressources,
14:25des richesses.
14:25Oui, parce qu'il faut bien voir
14:26qu'il y a un intérêt
14:27évidemment géopolitique
14:28pour la Russie
14:29d'avancer ses pions,
14:30d'avoir de l'influence
14:32dans ses pays,
14:32mais il y a surtout
14:33une grande question d'argent.
14:34Il faut bien payer
14:35ses hommes,
14:36il faut bien payer
14:36le matériel.
14:38Le deal, souvent,
14:39c'est de récupérer
14:40des ressources
14:40dans les pays.
14:41En Syrie,
14:42ça va être de récupérer
14:43des champs de pétrole
14:45ou de la production
14:46de gaz.
14:47En Centrafrique,
14:48ils vont négocier
14:49des ressources
14:50comme des mines d'or
14:51ou des mines de diamants,
14:53ce qui permet
14:53aux gintes militaires
14:55en place
14:55ou aux dirigeants
14:57en place
14:57de financer
14:58ce soutien international.
15:00Alexandra Jousset,
15:01dans le cadre
15:01de votre enquête,
15:02vous êtes rendue
15:03en Centrafrique
15:04où Wagner gère
15:06une mine d'or
15:07importante.
15:08Oui,
15:08ils ont mis la main
15:09sur la principale
15:10mine d'or du pays
15:10qui est la mine
15:11de Ndassima
15:12qui est dans la région
15:13de Bambari
15:14et aussi,
15:15ils ont réussi
15:16à récupérer
15:17une partie
15:18des recettes douanières
15:19de l'État centrafricain,
15:21ce qui correspond
15:21quand même aussi
15:22à beaucoup d'argent.
15:23Alexandra Jousset,
15:24dans votre documentaire,
15:26vous diffusez
15:27les témoignages
15:27de deux victimes
15:29en Centrafrique
15:29de ces mercenaires russes.
15:31On a rencontré
15:31plusieurs victimes
15:32qui nous racontent
15:33les exactions
15:35commises sur le terrain.
15:36Les premières,
15:37c'est les viols
15:38sur les femmes.
15:39Il y en a une
15:40qui a été violée
15:40par 15 hommes,
15:41l'autre par 5 hommes.
15:41Une des femmes nous dit
15:43« J'ai voulu aller me plaindre
15:44aux forces armées locales
15:45et ils nous ont dit
15:46« Mais même nous,
15:47on ne peut rien
15:48contre les russes. »
15:49Ensuite,
15:50un autre homme
15:50qu'on a réussi
15:50à joindre au téléphone
15:51qui était en prison
15:52nous a raconté
15:53les tortures
15:54qu'il a subies.
15:56Dès que les russes
15:57nous ont arrêtés,
15:58ils nous ont emmenés
15:59dans leur base.
16:01Ils nous ont déshabillés
16:02et ligotés
16:03et ils ont commencé
16:05à nous torturer.
16:08Puis,
16:08ils ont fait venir
16:09un interprète.
16:10Quand il est arrivé,
16:11nos visages étaient
16:13si déformés
16:13qu'il leur a dit
16:15qu'il fallait arrêter
16:15de nous frapper.
16:17Il a dit
16:17« Ils sont déjà
16:19presque morts. »
16:21Mais eux,
16:21ils continuaient.
16:23Ils nous faisaient
16:23des choses
16:24que même les soldats
16:25centrafricains
16:26refusaient de faire.
16:29Quel genre de torture
16:30vous avez subie ?
16:34Ils ont pris un bâton.
16:36Ils l'ont mis
16:37dans mon anus.
16:39Ils ont aussi
16:39enfoncé des bouts
16:40de bois
16:41dans nos oreilles.
16:43Ils voulaient
16:43nous faire avouer
16:44que nous étions
16:45des rebelles.
16:47On a dit
16:47qu'on ne pouvait pas
16:48dire ce qu'on n'était pas.
16:50Aujourd'hui,
16:51j'ai encore des séquelles,
16:52je ne peux plus m'asseoir.
16:55Dans le nord du pays,
16:57l'homme le plus riche
16:58du village,
16:59un commerçant,
16:59a été pris,
17:00a été kidnappé,
17:01a été torturé
17:02et découpé en morceaux.
17:03On sait qu'ils ont fait ça
17:04pour mettre la main
17:06sur l'argent
17:06de ce marchand
17:07qui était chez lui.
17:09On a essayé
17:10d'avoir une version
17:10un peu plus exhaustive
17:11de toutes les exactions
17:12qu'ils pouvaient commettre
17:13sur le terrain.
17:14Vous avez obtenu
17:14ces témoignages
17:15en septembre 2021.
17:17Vous êtes resté
17:1812 jours sur place
17:19en Centrafrique.
17:20Est-ce que vous avez été
17:20inquiété par des membres
17:23de la force Wagner ?
17:23On a été suivi.
17:25Des gens nous ont
17:26photographié dans la rue
17:27et nous ont transmis
17:27les photos
17:28pour nous faire savoir
17:29qu'on était suivi.
17:30Nos chambres ont été fouillées
17:32et des drones
17:34volaient au-dessus
17:35de nos chambres
17:36actionnés par des hommes
17:37blancs armés
17:38juste de le côté
17:39de notre hôtel.
17:39Ils faisaient ça
17:40quand même aux vues
17:41et au-dessus de tout le monde.
17:42Ils n'essayaient pas
17:42de se cacher.
17:44Quand notre chambre
17:45a été fouillée
17:45et qu'on a commencé
17:46à avoir des doutes
17:47sur le fait
17:48qu'ils nous avaient suivis
17:48quand on avait rencontré
17:49des victimes,
17:50on a demandé
17:51à notre fixeur
17:52avec qui on travaillait
17:52sur place
17:53de partir
17:54et de se cacher
17:55et fort heureusement
17:56parce que le lendemain
17:57des gens sont venus
17:58chez lui,
17:58ont menacé sa famille
17:59et ont écrit
18:01sur sa porte
18:01Lawalawa,
18:02ce qui veut dire
18:03on finira bien
18:04par t'avoir un jour.
18:05Voilà, donc depuis
18:06il a été exfiltré
18:07et il vit dans un autre pays.
18:09En 2018,
18:10trois journalistes russes
18:11qui enquêtaient
18:11sur Wagner
18:12en Centrafrique
18:13et sur la mine d'or
18:14dont vous nous parliez
18:15ont été tués
18:16sur place.
18:17Que s'est-il passé ?
18:18Ils sont partis
18:19sur la route
18:19vers Bambari
18:20pour aller enquêter
18:21sur cette mine.
18:22Ils étaient là
18:22depuis trois jours
18:23et pour une raison
18:25inconnue,
18:26leur voiture
18:27n'a plus suivi
18:28l'itinéraire connu
18:29pour aller jusqu'à Bambari
18:30et plutôt remonter au nord
18:31vers Sibut.
18:32Et là,
18:33ils ont été arrêtés
18:34et assassinés.
18:35La version officielle
18:36du gouvernement centrafricain,
18:38c'est qu'ils ont été tués
18:38par des rebelles.
18:40Mais le centre
18:42qui les avait envoyés,
18:43qui s'appelle
18:43le centre d'investigation
18:44de sourds,
18:45qui est financé
18:46par un russe
18:47qui s'appelle
18:47Mikhail Khodorkovsky,
18:49a lancé une vaste
18:50contre-enquête
18:50pendant un an
18:51et a prouvé
18:52qu'en fait,
18:53le groupe de journalistes
18:54était sous étroite surveillance,
18:55qu'ils étaient suivis
18:56par une équipe
18:58qui était liée
18:58à un homme
18:58qui s'appelle
18:59Valéry Zakharov,
19:00qui est l'agent
19:01de Wagner
19:01en Centrafrique.
19:03On a même son numéro
19:04de matricule,
19:04on a tout sur lui.
19:06Il suivait à chaque instant
19:07ce que faisait ce groupe
19:08et toute la théorie
19:09du centre
19:10de Mikhail Khodorkovsky,
19:11c'est que c'est évidemment
19:12Wagner qui a fait exécuter
19:13ces trois journalistes
19:14pour envoyer un message
19:16très clair,
19:16n'enquêtez pas sur Wagner.
19:19Benjamin Jérôme,
19:20depuis quelques mois,
19:21Wagner s'est implanté au Mali.
19:23Oui, on retrouve un petit peu
19:24la même situation
19:24avec une gêne militaire
19:26qui a pris le pouvoir
19:27et qui a besoin de soutien
19:29pour se maintenir,
19:30tout simplement,
19:31alors qu'une partie du pays
19:32est en proie au terrorisme.
19:35Donc, cette gêne militaire
19:36s'est rapprochée de Wagner
19:37avec deux objectifs,
19:39combattre le terrorisme
19:40dans le nord du pays,
19:41mais également protéger
19:42cette gêne militaire en place.
19:43Alexandra Jousset,
19:44au Mali aussi,
19:45Wagner va essayer
19:46de s'emparer de richesses ?
19:47Oui, c'est ce qu'on a vu.
19:49Il y a trois mines d'or
19:50qui sont à l'étude.
19:52Il y a les mêmes géologues
19:54qui se sont rendus
19:54en Centrafrique
19:55qui sont venus au Mali.
19:58Donc, tout mène à croire
19:59qu'ils vont aussi essayer
20:00de mettre la main
20:00sur les mines d'or.
20:02Le jeudi 17 février,
20:04à l'Elysée,
20:05pendant une conférence de presse,
20:06le président Emmanuel Macron
20:07annonce le retrait
20:08des militaires français
20:09qui étaient au Mali
20:10depuis neuf ans
20:11pour lutter contre
20:12les djihadistes.
20:13En résumé,
20:14le président français
20:15estime que les militaires
20:16au pouvoir depuis 2020
20:18ne sont pas des partenaires fiables.
20:21Et Benjamin Jérôme,
20:21dans l'une des réponses
20:23pendant cette conférence de presse,
20:24il évoque la force Wagner.
20:26Le phénomène que nous voyons au Mali,
20:27c'est la présence des mercenaires
20:29de la société privée Wagner.
20:31La jeune qui est au pouvoir au Mali,
20:33après deux coups d'État,
20:35considère que ce sont
20:36les meilleurs partenaires
20:37qu'ils peuvent trouver
20:37pour protéger leur propre pouvoir,
20:39pas pour lutter contre le terrorisme.
20:40L'explication officielle
20:42du pouvoir malien,
20:43c'est de dire
20:43qu'ils vont nous aider
20:43à combattre le terrorisme
20:45qui est dans le nord du pays.
20:46Et Emmanuel Macron
20:47dit clairement non,
20:48ils vont venir,
20:49ils vont accaparer
20:50les richesses de votre pays
20:51et ils sont là simplement
20:53pour protéger
20:53l'agent militaire
20:54qui n'a aucune crédibilité,
20:55qui n'est pas arrivé
20:56démocratiquement au pouvoir.
20:58Alexandre Ajousset,
20:59parmi les témoins
21:00de votre documentaire,
21:02il y a
21:03Mireille Rodorkovski,
21:04dont vous nous avez déjà parlé
21:05dans ce podcast,
21:06l'ancien milliardaire
21:07qui a passé dix ans en prison,
21:09devenu l'un des principaux
21:11opposants à Vladimir Poutine.
21:13D'un mot,
21:13que fait-il actuellement ?
21:14Alors aujourd'hui,
21:16il dirige,
21:17il a fondé ce centre d'enquête
21:19qui s'appelle
21:19le Dossier Center
21:20et le but,
21:21c'est de faire des enquêtes
21:23sur tous les oligarques russes
21:25et les gens proches
21:26du pouvoir
21:26de Vladimir Poutine.
21:28Donc il finance
21:29en fait des enquêtes
21:30sur la Russie.
21:31Nous pouvons affirmer
21:34avec certitude
21:34que c'est bien
21:36M. Prigogine
21:37et les personnes
21:37qui sont sous ses ordres
21:38qui ont décidé
21:40d'éliminer notre équipe
21:41pour faire passer
21:42le message suivant.
21:45On ne veut voir
21:46aucun journaliste
21:47d'investigation
21:48traîner dans les zones
21:49qui sont sous notre contrôle.
21:53Et ceux qui tenteraient
21:54de venir
21:55sont en danger de mort.
21:59Que dit-il
22:00sur la force Wagner ?
22:01Pour lui,
22:02quel est le but
22:02du pouvoir russe
22:04avec ses mercenaires ?
22:05Mikhail Khodorkovsky,
22:06il est évidemment
22:06extrêmement critique
22:07de Vladimir Poutine.
22:09Il dit que c'est un homme
22:10qui n'a jamais digéré
22:11l'échec
22:12et la fin de l'URSS.
22:13C'est quelqu'un
22:14qui a un esprit
22:15de revanche
22:16et qu'il n'a de cesse
22:18de vouloir récupérer
22:20et de retrouver
22:20la grandeur de la Russie.
22:22Et pour ça,
22:23tous les moyens
22:23sont possibles.
22:24Mais son moyen favori,
22:25celui qui préconise
22:26plus que tout,
22:27c'est la violence
22:28parce que c'est que ça
22:28qu'il comprend.
22:29C'est ce que dit
22:30Mikhail Khodorkovsky.
22:31Il dit
22:31Vladimir Poutine
22:32ne fonctionne
22:33et n'agit qu'avec
22:34le levier de la violence.
22:35Donc ce n'est pas
22:36que pour l'argent,
22:37c'est ça ?
22:37Non, ce n'est pas
22:38que pour l'argent.
22:39Wagner, c'est un triptyque.
22:41C'est des combattants,
22:42c'est des gens
22:43qui sont là
22:43pour s'enrichir
22:44et enfin,
22:45c'est surtout
22:46et aussi
22:46une usine de désinformation.
22:48Et pour ça,
22:49ils ont plein de moyens
22:49de faire de la désinformation.
22:50Ils ont des médias officiels
22:53qui appartiennent
22:54au groupe Patriot.
22:55Ils ont une agence
22:55qui s'appelle Riafan
22:56qui publie énormément
22:57de fausses nouvelles
22:58et qui est repris
22:59en fait
23:00par une constellation
23:00de sites internet
23:02et de faux comptes Facebook.
23:05Et grâce à ça,
23:06ils propagent
23:07les fake news
23:08et aussi,
23:09leur but,
23:10c'est de faire
23:11de l'ingérence
23:11dans les élections
23:12présidentielles,
23:14européennes
23:14et américaines.
23:15Ils veulent antagoniser
23:17les sociétés.
23:17Par exemple,
23:18aux États-Unis,
23:19l'élection de Donald Trump,
23:20on sait qu'une partie
23:21des électeurs
23:22a été convaincue
23:23par tous ces groupes
23:24qui ont propagé
23:25des fake news
23:26sur Hillary Clinton
23:27et qui ont essayé
23:30d'antagoniser
23:31démocrates et républicains.
23:33Après avoir réalisé
23:34ce documentaire
23:35pendant un an,
23:36comment est-ce que
23:36vous comprenez,
23:38vous,
23:38Alexandra Jousset,
23:39l'invasion de l'Ukraine
23:40par la Russie ?
23:41Ce que tous les experts
23:42et tous les gens
23:43qu'on a interviewés
23:44qui connaissent Vladimir Poutine
23:45depuis toujours,
23:46c'est que ce qui est en train
23:47de se passer en Ukraine
23:48ne sort pas du chapeau,
23:49que ce n'est pas arrivé
23:50en quelques mois
23:50ni même en quelques années,
23:51que c'est quelque chose
23:52qui a été pensé,
23:53qui aujourd'hui
23:54se met à exécution,
23:56que Vladimir Poutine
23:57veut réparer un affront.
23:59Il a une volonté
24:00géopolitique très forte
24:01de reparler
24:03d'égal à égal
24:04avec les États-Unis.
24:05Je pense que l'Ukraine,
24:07c'est aussi l'aboutissement
24:08de toute cette volonté
24:09et de tout ce qui est en train
24:10de se passer
24:11depuis une vingtaine d'années
24:12en Russie.
24:16Merci Benjamin Jérôme.
24:18Votre enquête
24:18du Parisien Week-end
24:19sur Wagner
24:20est disponible
24:21sur leparisien.fr.
24:23Merci à vous,
24:24Alexandre Jousset.
24:25Votre documentaire
24:26co-signé
24:27avec Ksenia Bolchakova
24:29est disponible
24:30en replay
24:30sur France 5.
24:31Son titre,
24:32Wagner,
24:33l'armée des ombres
24:34de Poutine.
24:35Cet épisode de Code Source
24:36a été produit
24:37par Raphaël Pueyo
24:38et Thibaut Lambert.
24:39Réalisation,
24:40Christian Mathias.
24:41Si vous aimez Code Source,
24:42n'oubliez pas
24:43de vous abonner
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