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  • il y a 2 jours
À LA UNE - Dix-neuvième jour de guerre : Trump de plus en plus isolé
Le mercredi 18 mars, au dix-neuvième jour de la guerre, les missiles iraniens ont déferlé sur Tel Aviv. Une attaque justifiée par Téhéran en représailles à l'assassinat par Israël du secrétaire du Conseil suprême de sécurité nationale iranien Ali Larijani. De son côté, Israël a poursuivi ses salves de frappes dans le centre-ville de Beyrouth et a promis de "traquer, trouver et neutraliser" le nouveau guide suprême Mojtaba Khamenei. En parallèle, les États-Unis ont annoncé avoir ciblé des sites iraniens de missiles près du détroit d'Ormuz. Donald Trump a affirmé que les pays alliés, mais également la Chine, "doivent participer" à la sécurisation du détroit d'Ormuz, en y envoyant des navires de guerre. Un appel qui, jusqu'à maintenant, est resté sans succès. En marge d'un conseil de défense organisé le mardi 17 mars, Emmanuel Macron a rappelé que la France n'était "pas partie prenante" au conflit en cours au Moyen-Orient. De même, le chancelier allemand, Friedrich Merz, comme le Premier ministre britannique, Keir Starmer, ont exclu une opération de l'Otan : "personne ne veut participer activement à cette guerre" a déclaré la cheffe de la diplomatie de l'Union européenne Kaja Kallas. Ces déclarations interviennent alors que Joe Kent, haut fonctionnaire dans l'administration Trump, a annoncé sa démission pour marquer son désaccord avec le conflit mené par Washington : "L'Iran ne représentait aucune menace imminente pour notre nation". Dans ce contexte d'escalade militaire et de réticences internationales, Donald Trump se retrouve-t-il isolé, tant sur la scène intérieure qu'auprès de ses alliés ?

Invités :
Emilie Baujard, grand reporter au service International de RTL
Adel Bakawan, directeur de l'Institut EISMENA
Laurent Larcher, grand reporter, spécialiste Défense au journal La Croix

Invitée en Visio :
Fifi Abou Dib, journaliste, chroniqueuse à L'Orient-Le Jour en direct de Beyrouth

Chroniques :
"Le mot du jour" par Mariette Darrigrand
"Quelle histoire !" par Olivier Ravanello

LA QUESTION QUI FÂCHE / Municipales 2026 : à quoi joue la droite ?
Mercredi 18 mars, le patron des "Républicains" (LR) Bruno Retailleau, qui soutenait officiellement Christian Estroci (Horizons) a refusé d'appeler à voter pour le maire sortant de Nice qui affronte au second tour des élections municipales l'ex-président des Républicains Éric Ciotti, allié du RN, laissant le choix aux électeurs "en leur âme et conscience". "On avait un accord national avec Horizons notamment, qui comprenait Nice (mais) cette campagne a été délétère", a affirmé l'ancien ministre de l'Intérieur, évoquant "l'appel à la gauche et au communautarisme" de la part du maire sortant. La campagne niçoise a effectivement été brutale. Entre accusations, "petites phrases" et transfuges, Christian Estrosi, nettement distancé au premier tour par Éric Ciotti, 31 % contre 43 %, multiplie depuis le soir des résultats les appels à un large r

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Transcription
00:00:05Musique
00:00:24Bonsoir à tous et bienvenue dans chaque voix compte sur LCP.
00:00:26Nous sommes ensemble pour une heure de décryptage de l'actualité et de débat en direct de l'Assemblée Nationale.
00:00:32Avec pour m'accompagner ce soir la sémiologue Mariette Darigrand.
00:00:35Bonsoir Mariette.
00:00:36Bonsoir Adélie.
00:00:37Et bonsoir Olivier Ravanello.
00:00:38Bonsoir.
00:00:38Merci à tous les deux d'être là.
00:00:40C'est parti pour le sommaire avec à la une ce soir dans chaque voix compte.
00:00:43Au 19ème jour de la guerre au Moyen-Orient, Donald Trump qui paraît plus isolé que jamais.
00:00:48Ses appels à l'aide pour sécuriser le détroit d'Hormuz restent lettres mortes.
00:00:52Son chef du contre-terrorisme a démissionné hier en laissant d'ailleurs une lettre accablante pour le président américain.
00:00:58Iran, la guerre en solitaire de Trump.
00:01:00On en parle ce soir avec vous Adèle Bakawan.
00:01:03Bonsoir.
00:01:03Bonsoir.
00:01:04Vous dirigez l'ESMENA, l'Institut Européen d'études sur le Moyen-Orient et l'Afrique du Nord.
00:01:07Merci d'être là aux côtés d'Émilie Beaujard.
00:01:10Bonsoir Émilie.
00:01:11Bonsoir.
00:01:11Vous êtes grand reporter au service international de RTL.
00:01:14Merci d'être là avec Laurent Larcher.
00:01:16Bonsoir.
00:01:17Grand reporter au journal La Croix.
00:01:18On va en charge notamment des questions de défense et puis nous serons aussi en direct de Beyrouth avec la
00:01:24journaliste de Lorient Le Jour, Fifi Abu Dhabi, que nous rejoindrons dans un instant à Beyrouth pour faire le point
00:01:31sur les frappes de cette journée.
00:01:33Mariette, quel est votre mot du jour ?
00:01:35Un mot qui a l'air nouveau, proxy, qu'on entend beaucoup dans le cas de la guerre en Iran
00:01:39et qui ne veut pas dire proche mais au contraire.
00:01:42On verra.
00:01:43Olivier, quelle histoire allez-vous nous raconter ce soir ?
00:01:45L'histoire d'un nom de baptême.
00:01:47Celui-ci.
00:01:48Notre nouveau porte-avions portera le nom de France Libre.
00:01:56Pourquoi ce nom ? D'où vient-il, lui, et le nom de tous les autres navires ? Je vous
00:02:00raconte tout.
00:02:01Ah, à tout à l'heure. Alors, dans la deuxième partie de chaque voix qu'on te place à la
00:02:03question qui fâche.
00:02:04À quoi joue Bruno Retailleau ?
00:02:06À quatre jours du second tour des municipales, le patron des LR a surpris tout le monde ce matin en
00:02:11refusant d'appeler à voter Christian Estrosi à Nice.
00:02:15Gérard Larcher, entre autres, l'a désavoué. La droite est en train de se déchirer. Et nous en parlons tout
00:02:20à l'heure avec Bruno Cotres, chercheur CNRS au Cevipof, avec Frédéric Dhabi, le directeur de l'IFOP, et avec
00:02:26Jean-Baptiste Forêt, journaliste et auteur du livre « Les frères ennemis de la côte » paru chez Plon.
00:02:31Ça parle bien sûr d'Éric Ciotti et de Christian Estrosi. On en parle avec eux tout à l'heure.
00:02:35On reviendra aussi sur cet entre-deux-tours dans Journal de campagne avec Marco Pommier.
00:02:39Il sera question notamment du débat sur les débats à la télé. Voilà, vous pouvez vous aussi interroger nos invités
00:02:46ou nous faire part de vos réflexions en flashant le petit QR code qui apparaît ici.
00:02:50C'est Olivier Ravanello qui a la tablette magique et qui nous transmettra tous vos messages. Voilà pour le menu
00:02:54de ce soir. Installez-vous confortablement. Chaque voix compte. C'est parti.
00:03:05La guerre au Moyen-Orient est donc dans sa troisième semaine. Journée marquée en Iran par les funérailles d'Alil
00:03:12Haridjani, le puissant chef de la sécurité, tué hier dans une frappe israélienne.
00:03:17L'Iran jure de le venger et promet même des répercussions planétaires. Donald Trump, lui, semble dans une impasse à
00:03:25défaut d'avoir fixé des objectifs et une voie de sortie précise.
00:03:28Les toutes dernières informations, les toutes dernières images avec Thibault Enoch.
00:03:38A Téhéran ce mercredi, les partisans du régime des Molas célèbrent leurs martyrs, Harry Laridjani et Gola Mreza Soleimani, au
00:03:49cri de mort à l'Amérique.
00:03:53Le chef de la sécurité intérieure et le chef de la force paramilitaire Basidji, deux figures clés du régime, tués
00:04:00dans des frappes israéliennes mardi matin, tout comme a-t-on appris aujourd'hui le chef du renseignement iranien.
00:04:07Le ministre iranien du renseignement Khatib a lui aussi été éliminé la nuit dernière.
00:04:11Il était responsable de l'appareil interne du régime chargé de la répression en Iran et des menaces extérieures.
00:04:17Une stratégie de décapitation du régime qui, pour l'heure, ne suffit pas à provoquer sa chute.
00:04:22Au 19e jour du conflit, côté américain, le grand flou demeure.
00:04:27Donald Trump, jour après jour, répète les mêmes slogans de victoire.
00:04:30La guerre se déroule de façon très favorable. Nous nous en sortons très très bien.
00:04:35Mais le vernis craque. La démission tonitruante du directeur du contre-terroriste Joe Kent hier, servant de révélateur.
00:04:42Je ne peux en toute conscience soutenir la guerre en cours en Iran. L'Iran ne représentait aucune menace imminente
00:04:48pour notre nation.
00:04:49Un Donald Trump dans le déni.
00:04:51C'est une bonne chose qu'il soit parti.
00:04:53Et de plus en plus esselé. Au revers sur le plan intérieur vient s'ajouter ce camouflet extérieur.
00:04:58Lundi, les Européens ont dit non à la demande américaine d'intervenir militairement pour sécuriser le détroit d'Hormuz.
00:05:06Ce n'est pas la guerre de l'Union européenne.
00:05:09Les États membres n'expriment pas le souhait d'intervenir dans le détroit d'Hormuz.
00:05:13Personne ne veut s'engager activement dans cette guerre.
00:05:17Même le chancelier allemand conservateur Friedrich Merz, plutôt clément avec Donald Trump jusqu'ici, exprime son scepticisme.
00:05:24Il n'existe à ce jour aucun concept convaincant indiquant comment cette opération pourrait réussir.
00:05:30En réponse, Donald Trump brandit nouvelle fois la menace d'un retrait de l'OTAN.
00:05:34Je suis déçu de l'OTAN.
00:05:36Une escalade verbale inquiétante, mais pas tant que celle qui a lieu sur le terrain.
00:05:41Au Liban en particulier, ce mercredi, des frappes israéliennes dans le centre de Beyrouth ont fait au moins 12 morts
00:05:47et 24 blessés, selon un bilan provisoire.
00:05:51Voilà les termes de notre débat de ce soir qui sont posés.
00:05:55Je voudrais qu'on s'arrête d'abord avec vous trois sur ces images de la télévision d'État iranienne,
00:06:00images de Téhéran,
00:06:01où ont donc été célébrés aujourd'hui les funérailles d'Alil Haridjani, le chef de la sécurité, tué hier dans
00:06:09une frappe israélienne.
00:06:10On est aussi, Adel Bakawan, dans une guerre d'images.
00:06:14Qui sont ces gens que l'on voit dans les rues de Téhéran, derrière la dépouille de l'Alil Haridjani
00:06:23?
00:06:23Écoutez, 2009, 2019, 2024, 2026 janvier, 2026, on parlait énormément d'un grand mouvement de contestation iranien, n'est-ce
00:06:34pas ?
00:06:35Le peuple iranien était dans la rue. On l'estime, la contestation ou le rejet de régime à à peu
00:06:42près, c'est des estimations, à 75% de la population.
00:06:46Qu'est-ce que signifie 75% de la population ? C'est-à-dire, il y a encore environ...
00:06:5025% ?
00:06:51Voilà, 15 à 25% de la population qui soutiennent leur régime pour des raisons diverses.
00:06:58La raison idéologique, et c'est toujours là, c'est une base sociale qui a été socialisée, re-socialisée dans
00:07:04l'idéologie de la République islamique d'Iran.
00:07:06Et ensuite, c'est les gardiens de la révolution et surtout les basségis en lama lourde sur l'économie du
00:07:13pays.
00:07:13Par l'économie, ils ont pu acheter des catégories très très larges de la société.
00:07:18Autrement dit, il y a un ensemble de motivations derrière cette population.
00:07:22Mais cela ne cache pas qu'il y a une vraie base sociale, aujourd'hui, demain, après-demain, mobilisable à
00:07:29tout moment.
00:07:29Et ensuite, c'est des gens, si jamais le régime change, le prochain régime qui arrive au pouvoir ne sera
00:07:37absolument pas crimen avec eux.
00:07:39Autrement dit, c'est la guerre existentielle, ou bien ils vont jusqu'au bout, ou bien après la chute, ils
00:07:46doivent quitter leur pays.
00:07:47Et ensuite, vous avez absolument raison, nous sommes dans l'instrumentalisation de l'image à la perfection, des deux côtés.
00:07:55Mais surtout là, au moment où on a perdu le guide suprême, un guide, n'est-ce pas, assassiné.
00:08:01Le deuxième guide, selon mes informations, a vérifié de sources très très importantes dans le coma.
00:08:08– Moustaba Ramenei.
00:08:09– Voilà, Moustaba Ramenei, qui n'était pas capable de se montrer, et même faire une audio, le texte rédigé,
00:08:16et même aujourd'hui, un autre texte.
00:08:18– Oui, son message avait été lu par la présentatrice de la télévision d'État.
00:08:21– Et ensuite, le référentiel par lequel on est passé pour réorganiser la République, à savoir Ali Larijani, assassiné.
00:08:28Et ensuite, le chef des BASIGI, c'est pas rien, le chef des BASIGI, les BASIGI forment quand même 675
00:08:37000 individus armés pour réprimer la manifestation,
00:08:42les manifestations, là aussi le chef avec 10 personnalités très importantes, cadre dirigeant des BASIGI assassinés.
00:08:49– Maintenant, moi je me dis, oui, cette mobilisation est très très intéressante pour eux,
00:08:54parce que c'est un des volets qui reste encore dans les mains du régime,
00:08:59mais je vous donne rendez-vous pour samedi.
00:09:01– Samedi, c'est le moment le plus important, après je m'arrête, samedi, pourquoi samedi ?
00:09:06Parce que c'est le nouvel an en Iran, c'est Naurouz.
00:09:10Naurouz, pour la Perse, pour les Kurdes, pour les Afghans, pour les Balouches, pour les Azaris, pour les Turkmen,
00:09:17pour les 6 peuples qui composent la société iranienne, c'est un moment où on est tous dans la rue.
00:09:23Par exemple, des millions et des millions, des millions et des millions, ils sont dans la rue.
00:09:28Est-ce que ces millions et des millions vont se dire, notre rendez-vous avec l'histoire,
00:09:34c'est ce samedi pour finir avec le régime, par nous-mêmes, et non pas par les Américains et les
00:09:40Israéliens, ou pas ?
00:09:41– Mais est-ce qu'on aura des images de ces Iraniens qui descendent dans la rue samedi,
00:09:46étant donné le blackout imposé, les connexions Internet ?
00:09:49On n'arrive plus à savoir aujourd'hui les images de la télévision d'État iranienne,
00:09:53aujourd'hui, c'est les seules images qui nous parviennent des rues de Téhéran,
00:09:56ou alors il faudrait, comme l'a fait notamment France 2 la semaine dernière,
00:10:00une caméra donnée à des Iraniens qui filment en cachette ?
00:10:03– C'est ça, c'est les images officielles qui nous parviennent,
00:10:06les images que le régime veut bien montrer,
00:10:08puisqu'effectivement, sur place, les Iraniens ont très très peu accès à Internet,
00:10:12les VPN ont été aussi arrêtés.
00:10:15Hier ou avant-hier, je crois, le régime a fait aussi des descentes
00:10:18pour prendre des Starlink qui permettaient à certains Iraniens, justement, d'avoir Internet.
00:10:23Et comme on l'a vu, justement, en janvier, pendant les grandes manifestations,
00:10:28on va avoir quelques images d'Iran, mais qui vont nous arriver à rebours,
00:10:33avec plusieurs jours de décalage.
00:10:35Donc ça fait que notre perception aussi de la rue iranienne,
00:10:39elle est forcément en décalage.
00:10:40Mais c'est vrai que depuis, en tout cas, la guerre qui a été déclarée,
00:10:44au 19ème jour, on a quand même très très peu d'images,
00:10:47notamment des destructions.
00:10:48Mais on comprend bien, et comme le disait Adèle,
00:10:50c'est que le régime aussi fait tout pour qu'on ne voit pas exactement ce qui est détruit,
00:10:54à quel endroit, et si le régime est affaibli ou pas.
00:10:58L'armée israélienne poursuit, en tout cas, une stratégie de décapitation des autorités iraniennes,
00:11:04à défaut d'avoir obtenu un changement de régime dès le début de cette guerre.
00:11:08Mais aujourd'hui, est-ce que le but, c'est la décomposition des institutions,
00:11:11quitte, finalement, à plonger ensuite l'Iran dans le chaos ?
00:11:15– Alors, qui peut savoir exactement aujourd'hui
00:11:22quel est le but poursuivi par Donald Trump dans cette guerre ?
00:11:27Personne.
00:11:28– Le monde entier se pose la même question.
00:11:31– Bien sûr.
00:11:32Ce qu'on sait, c'est que Washington se trouve embarqué dans une logique et dans une dynamique
00:11:38qui, semble-t-il, n'arrive pas à contrôler.
00:11:42– En fait, c'est quelle porte de sortie, aussi, Donald Trump, mais aussi Benjamin Netanyahou,
00:11:48vont pouvoir trouver.
00:11:49Parce que si on dit qu'à un moment, ça s'enlise, et ça, bon, c'est toujours très difficile
00:11:53de dire
00:11:53est-ce qu'un conflit s'enlise ou pas, mais effectivement, quelle porte de sortie ?
00:11:57On n'est pas à l'abri que, du jour au lendemain, Donald Trump décide qu'il a réussi ce
00:12:01qu'il voulait,
00:12:01parce qu'on ne sait pas vraiment ce qu'il voulait, et sorte du conflit en disant,
00:12:05« Oh, j'ai décapité le régime, j'ai à peu près anéanti le programme nucléaire iranien,
00:12:12j'ai gagné, on s'en va. »
00:12:13Ce n'est pas impossible.
00:12:14– Donc, moi, je dirais qu'on est vraiment, à ce moment-là,
00:12:17aujourd'hui, dans ce qu'on appelle le brouillard de la guerre.
00:12:20Vous savez ce que c'est que le brouillard de la guerre ?
00:12:22C'est qu'en fond, personne ne sait exactement ce qui va se passer demain.
00:12:27On a évidemment des scénarios, des hypothèses,
00:12:29mais avec un Donald Trump qui peut changer,
00:12:31enfin, qui, dans une seule journée, dit tout et son contraire.
00:12:36En revanche, on voit bien qu'Israël a une logique assez déterminée,
00:12:41avec un détroit d'Ormos qui est fermé et qui plombe l'économie mondiale,
00:12:45avec les pays du Golfe qui sont en train de dire,
00:12:47« Attention, on ne va pas tenir très longtemps,
00:12:49nous sommes dans une situation totalement incontrôlable. »
00:12:53On ne sait pas exactement ce qui va se passer.
00:12:54Ce qui est à peu près certain, en revanche,
00:12:56c'est que les États-Unis se trouvent dans une impasse aujourd'hui.
00:12:59Et ils vont devoir trouver une porte de sortie très vite,
00:13:03parce qu'à ce rythme-là, on l'a bien montré dans ces images,
00:13:07vous l'avez très bien dit, l'Iran, lui, tient.
00:13:10L'Iran ne gagnera pas la guerre contre les États-Unis.
00:13:13En revanche, l'Iran, en tenant le régime, en tenant et en n'étant pas renversé,
00:13:17aura, d'une certaine manière, gagné la guerre,
00:13:20non par les armes, mais par la politique.
00:13:22C'est ça qui est en jeu.
00:13:23Vous parliez du détroit d'Ormos.
00:13:25Ça a beaucoup fâché Donald Trump ces derniers jours,
00:13:28après le refus des alliés des États-Unis de les aider à sécuriser ce fameux détroit,
00:13:32cette voie stratégique qui est bloquée par l'Iran.
00:13:35Le président américain fait d'ailleurs planer la menace d'un désengagement américain.
00:13:39Valérie Brochard.
00:13:41Cette nuit, le commandement militaire américain affirme avoir bombardé, seul,
00:13:46plusieurs sites de missiles iraniens situés le long du détroit d'Ormos.
00:13:51Des frappes déclenchées alors que plusieurs pays ont refusé de soutenir les États-Unis
00:13:56dans une opération commune de sécurisation de la zone.
00:14:00Et parmi les réfractaires, la France.
00:14:03Pour Emmanuel Macron, c'est non.
00:14:05Nous ne sommes pas partie prenante au conflit.
00:14:07Et donc, jamais la France ne prendra part à des opérations d'ouverture
00:14:12ou de libération du détroit d'Ormos dans le contexte.
00:14:14Le président de la République reste ouvert à certaines initiatives,
00:14:18mais plus tard, quand les combats auront ralenti.
00:14:21Une fois la situation plus calme, c'est-à-dire une fois que le cœur des bombardements aura cessé.
00:14:28Nous sommes prêts, avec d'autres nations, à prendre la responsabilité.
00:14:34Depuis le 28 février, le Wall Street Journal a compté quelques 1100 navires immobilisés dans le Golfe,
00:14:41dont 400 pétroliers.
00:14:43Dans un entretien accordé ce matin à Al Jazeera,
00:14:46le ministre iranien des Affaires étrangères prévient.
00:14:48L'Iran ne permettra pas à ses ennemis d'utiliser cette voie navigable.
00:14:53Après la guerre, un nouveau protocole sera rédigé entre les pays riverains
00:14:57pour garantir une navigation pacifique et permanente sous des réglementations claires.
00:15:02En attendant, le détroit reste verrouillé par Téhéran et sur les marchés, les prix s'envolent.
00:15:08Aujourd'hui, le Brent est à plus de 103 dollars le baril.
00:15:11Alors, l'Arabie Saoudite et les Émirats Arabes Unis poussent au maximum les flux dans leur pipeline.
00:15:17Ce qui limite une partie du choc, mais ne remplace pas complètement la capacité perdue d'Hormuz
00:15:23que les Etats-Unis, de plus en plus isolés, peinent à rouvrir.
00:15:28Émilie Beaujard, on a d'ailleurs du mal à comprendre sur quel pied danse Donald Trump autour de ce détroit
00:15:32d'Hormuz.
00:15:32Parce qu'hier, il disait que c'était une erreur vraiment stupide,
00:15:35le refus des pays de l'OTAN de porter assistance aux Etats-Unis pour sécuriser le détroit.
00:15:40Il dit aujourd'hui, bon, on n'en a pas besoin, nous ne voulons plus l'aide des pays de
00:15:44l'OTAN
00:15:45et d'ailleurs, on n'en a jamais eu besoin.
00:15:46Oui, on peut faire seul. Il l'a dit aussi.
00:15:49Donc, qu'est-ce qui s'est passé en 24 heures ?
00:15:52Quelles informations a-t-il reçu ?
00:15:54Hier, il en avait besoin, on était stupide de ne pas l'aider et aujourd'hui, on n'a jamais
00:15:57eu besoin de vous en fait.
00:15:58C'est aussi l'histoire de ne pas perdre la face.
00:16:00C'est-à-dire que là, il est quand même face aux plus grandes armées du monde
00:16:06qui refusent de l'aider à faire cette coalition pour sécuriser le détroit d'Hormuz.
00:16:12Sachant qu'effectivement, les pays qu'il appelle ne font pas partie de ce conflit,
00:16:18ne veulent pas être entraînés dans ce conflit.
00:16:20Et surtout, les experts disent qu'une coalition, même pour escorter les navires dans le détroit d'Hormuz,
00:16:25ça permettrait juste d'escorter 10% du trafic.
00:16:28Donc finalement, le risque n'en vaut pas la chandelle pour toutes ces marines et tous ces marins dans ce
00:16:34détroit
00:16:34qui est dangereux, avec effectivement, il est très peu large, donc les côtes iraniennes toutes proches,
00:16:40les drones, les missiles, les mines, c'est beaucoup trop dangereux aujourd'hui pour que des armées y aillent.
00:16:45Alors, puisqu'il dit effectivement qu'il peut y aller seul, ira-t-il vraiment ?
00:16:52C'est ça toute la question.
00:16:53Laurent Larcher, j'ai l'impression que vous n'y croyez pas trop.
00:16:54Non, non, mais dans l'état actuel de la situation, aucune flotte sérieuse ne s'engagerait dans ce détroit
00:17:04avec l'Iran qui déciderait de tirer.
00:17:08C'est un balcon de tir, je ne sais pas si vous imaginez, c'est le baltrap pour juste les
00:17:14dronistes iraniens.
00:17:15Un tanker qui passe par là, il se fait plumer, je ne vois pas comment, et d'ailleurs, on le
00:17:22sait bien,
00:17:22tous les militaires avec lesquels je discute me disent que c'est suicidaire.
00:17:26Ou alors, il faudrait vraiment une opération massive qui serait laquelle ?
00:17:29Qui serait, alors là, un vrai bombardement sur les côtes pour éliminer toutes les zones de tir
00:17:34et un déploiement au sol pour maîtriser le littoral iranien.
00:17:39Mais là, c'est un coup à la fois humain, financier qui est, à ce stade, impossible à réaliser.
00:17:45Donc, bien sûr qu'il ne peut pas.
00:17:47Bien sûr.
00:17:48Adèle Bakawan, est-ce que l'erreur de Donald Trump, c'est d'avoir demandé l'aide des alliés
00:17:52après avoir choisi de faire la guerre tout seul avec Israël, au fond ?
00:17:55Écoutez, on a parlé des objectifs de Donald Trump.
00:18:01On n'a pas parlé, bien évidemment, des objectifs d'où venir M. Netanyahou.
00:18:04C'est très important parce que c'est les deux pays qui sont entrés en guerre
00:18:07contre la République islamique d'Iran.
00:18:09Et pour répondre rapidement à votre question, oui, vous avez absolument raison.
00:18:13Donald Trump pensait, lui seul, est parfaitement en mesure d'arrêter ou de finir cette guerre
00:18:22au bout de deux, trois jours.
00:18:25Moi, j'étais sur un plateau lorsque Donald Trump a donné une interview au site Axios
00:18:31en disant, il est fort probable qu'au bout de douze jours, trois jours, je finisse cette guerre.
00:18:37Mais finalement, et c'est pourquoi il n'a jamais consulté personne.
00:18:40Vous vous souvenez, lorsqu'on parlait de la guerre d'Ukraine, il disait en 48 heures, je finisse.
00:18:45La règle.
00:18:45Ou Gaza, il a dit 24 heures.
00:18:47Donc, or, à ce jour-là, ni Gaza, ni Ukraine.
00:18:50Voilà, là, c'est le désenchantement pour Donald Trump.
00:18:53Mais une fois qu'on a dit ça, il faut comprendre quels sont ses objectifs.
00:18:57On ne dit pas son objectif parce qu'il y a plusieurs objectifs.
00:19:00En discutant avec les Américains, il faut discuter avec eux,
00:19:03on m'a dit clairement, Donald Trump a deux objectifs.
00:19:06Un objectif maximaliste, là, tout en haut, et un objectif minimaliste, là, tout en bas.
00:19:14Franchement, avec une telle guerre, on ne peut pas avoir un objectif maximaliste et un objectif...
00:19:19C'est-à-dire, nous, pas avoir des objectifs, comme vous l'avez dit.
00:19:21L'objectif maximaliste, c'est quoi ?
00:19:23C'est décapiter la totalité des cadres dirigeants du régime pour faire chuter le régime,
00:19:29nous, pas avec les troupes au sol, mais avec le peuple iranien.
00:19:32Sauf qu'on a bien vu qu'à chaque fois qu'une tête tombe, trois autres repoussent.
00:19:36Oui, mais là, on arrive à un niveau quand même...
00:19:38On arrive à un niveau...
00:19:39Avant l'assassinat d'Ali Rijani, moi, j'étais plutôt dans le concept de l'impasse.
00:19:45On frappait le corps militaire, il frappait le corps militaire.
00:19:48On frappait le corps économique, il frappait le... etc.
00:19:51Mais là, lorsque je regarde les cadres dirigeants de la République
00:19:56depuis l'assassinat d'Ali Khamnaï, l'ancien guide,
00:20:00franchement, il ne reste qu'un seul acteur qui est capable de garder la main sur le minimum,
00:20:07je dis bien, le minimum de l'organisation de la République.
00:20:11Il faut quand même le minimum...
00:20:13Même si on parle de la décentralisation, il faut quand même le minimum.
00:20:16Et cet homme-là, c'est Khali Baf.
00:20:17Khali Baf, c'est le président de l'Assemblée nationale
00:20:20qui vient des gardiens de la révolution islamique,
00:20:22qui est en général d'abord.
00:20:24Et il a pris récemment la tête de l'Assemblée nationale.
00:20:28Si jamais Khali Baf est assassiné,
00:20:31je ne vois pas une autre personne,
00:20:33ce n'est pas Pzishkian, le président de la République,
00:20:35qui pourrait représenter le symbolisme, le charisme,
00:20:39l'idéologie de la République islamique de l'Iran,
00:20:41qui fidèrent encore les bases sociales, etc.
00:20:44Alors, donc, pour aller vite,
00:20:46je pense qu'aujourd'hui, il y a une thèse très, très importante,
00:20:50à savoir la thèse sur les marges.
00:20:52À Washington, on parle énormément sur cette thèse-là.
00:20:56C'est-à-dire quoi, les marges ?
00:20:57C'est-à-dire qu'on va isoler les dossiers,
00:21:00les séparer les uns des autres.
00:21:01Le dossier, par exemple, le détroit d'Ornose,
00:21:04on va le traiter d'une manière isolée,
00:21:06pas avec l'ensemble de la scène iranienne.
00:21:08Le dossier kurde, vous savez, depuis quelques jours,
00:21:12la Maison-Blanche est en négociation avec les Kurdes.
00:21:14On va créer une zone pour les Kurdes
00:21:16et on l'ésole du reste de l'Iran.
00:21:19– Pourquoi ? On fragmente le conflit ?
00:21:21– On fragmente dossier par dossier.
00:21:23Et ça, ça ne marchera pas.
00:21:24Pourquoi ? Parce que vous allez, par exemple,
00:21:27déployer les forces américaines
00:21:29sur la côte iranienne du détroit d'Ornose,
00:21:34mais ce n'est pas ces forces-là qui peuvent sécuriser les détroit.
00:21:37Pourquoi ? Parce que les missiles balistiques intelligents
00:21:40ou hypersoniques ou multitêtes n'arrivent pas de la côte.
00:21:44Ils arrivent un peu partout, du Machad, du Krimachan, du Terrain, etc.
00:21:48Autrement dit, ou bien le dossier doit être traité globalement,
00:21:51ou bien il faut l'abandonner globalement.
00:21:54– D'autant que Donald Trump cumule les désaveux ces dernières heures.
00:21:58– Alors, la dernière information, c'est l'ancien Américain
00:22:00qui a publié ce soir un rapport qui conclut que l'Iran
00:22:03n'a pas essayé de relancer ses activités d'enrichissement nucléaire
00:22:07détruites dans les frappes de juin 2025.
00:22:09Les entrées des installations souterraines qui ont été bombardées
00:22:12ont en fait été recouvertes de terre et bouchées avec du ciment.
00:22:15Or, la première justification de Donald Trump
00:22:18pour le début de cette guerre d'il y a 19 jours,
00:22:22c'était de frapper et de détruire totalement
00:22:26les installations nucléaires iraniennes.
00:22:27Le renseignement américain dit
00:22:29qu'il n'y a pas eu de relance de l'activité d'enrichissement nucléaire
00:22:33depuis juin 2025.
00:22:36Autre désaveux, et ça c'était hier Olivier Ravanello,
00:22:39c'est la démission du patron du contre-terrorisme américain,
00:22:44Joe Kent, qui a écrit une lettre de démission,
00:22:46qui a été rendue publique et qui est accablante pour Trump.
00:22:51– Qui est accablante et d'autant plus accablante
00:22:53qu'elle vient de quelqu'un qui était un admirateur de Trump.
00:22:55Et il le dit dans sa lettre.
00:22:57Je vous ai admiré, je vous ai soutenu.
00:23:00Le premier mandat Trump a été exemplaire dans le sens
00:23:02où vous avez agi sur la scène internationale
00:23:05sans impliquer l'ensemble de l'armée américaine
00:23:08et vous avez obtenu des résultats.
00:23:09Et cet homme qui est un vétéran de la guerre en Irak,
00:23:12qui en est revenu traumatisé et convaincu
00:23:14qu'il ne faut plus du tout que l'Amérique intervienne
00:23:17trop loin de ses bases et de manière aussi importante,
00:23:20a décidé de démissionner en disant ça n'est pas vrai,
00:23:23il n'y a pas de menace directe de l'Iran sur les États-Unis.
00:23:26Et vous rentrez dans une aventure qui est une impasse
00:23:30et vous le faites parce que vous êtes sous la pression du gouvernement israélien.
00:23:34Et en fait, sa position, elle résume un clivage qu'il y a au sein des Républicains.
00:23:38Vous avez d'un côté un camp qui suit des faucons,
00:23:41qui sont les héritiers de Bush, pour faire simple, de 2003,
00:23:45qui continuent de penser qu'il faut intervenir dans cette région du monde
00:23:49et il faut qu'Israël soit un pivot stabilisateur de cette région du monde
00:23:53et qui, en ce moment, ont plutôt le vent en poupe.
00:23:56Et puis, un autre courant qui, lui, isolationniste,
00:23:59qui est de dire que les Américains doivent se mêler au minimum des choses,
00:24:02peut-être dans leur arrière-cours que sont l'Amérique du Sud,
00:24:06mais en tout cas, arrêter ce genre d'aventure.
00:24:09Et le premier à penser cela, c'est le vice-président Vance.
00:24:12Cette démission, c'est un coup dur pour Donald Trump, Émilie Beaujard ?
00:24:15C'est forcément un coup dur,
00:24:18puisque c'est quand même des gens dans les hauts ronds de l'administration américaine
00:24:23qui disent publiquement et qui le lâchent, en fait, publiquement.
00:24:28Donc, forcément, c'est un coup dur.
00:24:31Et je sais qu'on n'aime pas faire quand même le parallèle avec Irak 2003,
00:24:35mais c'est vrai qu'on avance et on se dit,
00:24:38en Irak, on y allait en disant qu'il y a des armes de destruction massive.
00:24:41Finalement, on se rend compte qu'on n'avait pas,
00:24:42que c'était aussi un argument pour y aller.
00:24:46Là, on se dit, effectivement, jusqu'où ça va aller,
00:24:51mais surtout, est-ce que l'administration américaine
00:24:53va donc revenir sur la justification de départ ?
00:24:57Est-ce qu'il y a une justification cachée, entre guillemets ?
00:25:02S'il reste sur ce programme nucléaire iranien,
00:25:04c'est vrai que là, des voix commencent quand même à s'élever
00:25:08et celle aussi d'aujourd'hui, c'est quand même un coup dur.
00:25:13L'Iran n'était pas censé s'en prendre à tous ces autres pays du Moyen-Orient,
00:25:17a dit Trump, qui admet avoir été surpris par les représailles iraniennes
00:25:21qui ont visé les pays du Golfe.
00:25:23Personne ne s'y attendait, nous avons été stupéfaits.
00:25:26Laurent Larcher, qu'est-ce que cet aveu dit de lui ?
00:25:29Écoutez, en fait, on est dans ce paradoxe extraordinaire.
00:25:32Cette opération est d'un niveau technique sidérante.
00:25:39Être capable de faire voler 200 avions, de coordonner tout ça,
00:25:45ces frappes sont extraordinairement précises.
00:25:47Je veux dire par là que les États-Unis et Israël
00:25:49font l'illustration d'une maîtrise de la guerre aérienne
00:25:53qui est juste extraordinaire.
00:25:56Personne ne peut faire ça aujourd'hui, personne.
00:25:58Donc il y a un niveau de professionnalisme opérationnel
00:26:02qui n'a jamais été atteint dans l'histoire militaire
00:26:06et un amateurisme à la tête de la Maison-Blanche
00:26:11qui est juste sidérante là aussi.
00:26:13Je ne dis pas que les échelons intermédiaires de la CIA,
00:26:16eux, connaissent les dossiers, savent très bien de quoi on parle.
00:26:20Ils savent très bien que l'armée iranienne est une armée décentralisée,
00:26:23que depuis juin 2024, ils se sont préparés à cet affrontement.
00:26:28Qu'ils ont une industrie, on parlait des missiles,
00:26:32mais ce sont des dronistes extraordinaires.
00:26:34Grâce à la technologie iranienne, la Russie tient encore contre l'Ukraine.
00:26:41Une capacité de décentralisation, de combat qui est juste peu ordinaire.
00:26:46Ils n'ont pas vu tout ça.
00:26:48Enfin, du moins, Trump n'a pas voulu simplement lire les notes qu'on lui donnait.
00:26:52Et ce mélange ou ce mariage entre une puissance remarquable du point de vue technique
00:26:59et une incapacité à lire le réel objectivement est juste sidérante.
00:27:04Et pour nous, inquiétante, parce qu'on est dans un cauchemar là.
00:27:06C'est vrai que jusque dans son entourage proche, je crois que même Rubio dit, il ne lit rien.
00:27:11C'est terrible.
00:27:12Il ne lit rien.
00:27:14C'est terrible.
00:27:15Mariette D'Arrégrand, vous vouliez nous éclairer ce soir sur un mot qu'on entend beaucoup
00:27:19depuis le début de cette guerre au Moyen-Oran, c'est proxy.
00:27:22C'est le mot du jour.
00:27:28Oui, alors proxy, on se dit, c'est les gens qui sont proches, c'est la proximité.
00:27:32Pas du tout.
00:27:33C'est un peu plus compliqué que ça, Adeline.
00:27:36Mais alors, bien sûr, pour nous, en français, pour des raisons sonores, évidemment, proxy,
00:27:40ça nous fait penser à proximité.
00:27:41On pense que c'est un diminutif.
00:27:43Mais en fait, c'est évidemment un faux ami, si on peut dire, en l'occurrence.
00:27:47C'est-à-dire un mot de l'anglais, un mot du franglais qui vient à nous.
00:27:51Alors, c'est un anglais récent, c'est un américain actuel du XXIe siècle.
00:27:56En fait, le proxy, c'est quoi ?
00:27:57C'est un allié, par exemple, de l'Iran, les outils du Yémen ou le Hezbollah.
00:28:01Donc, c'est un guerrier dont on a commencé à parler depuis le début du XXIe siècle,
00:28:06mais qui prend vraiment une actualité aujourd'hui très forte
00:28:09parce qu'il caractérise ce proxy, une guerre qui se fait vraiment dans la mondialisation,
00:28:15dans l'interdépendance des conflits,
00:28:17dans laquelle un État peut avoir des alliés qui ne sont pas forcément proches.
00:28:22Ça peut être des milices qui peuvent être éloignées
00:28:24ou les outils du Yémen ne sont pas forcément tout à fait là.
00:28:28Mais donc, si vous voulez, ce n'est pas la proximité qu'il faut entendre, c'est autre chose.
00:28:31Et pour cela, Adeline, il faut revenir à l'ancien français
00:28:35parce que c'est certes de l'américain,
00:28:36mais c'est un terme qui nous a été piqué au XVe siècle.
00:28:40Ah ! Je le fais voler par les Américains ?
00:28:42Oui, parce que c'est un terme de droit et en fait qui ne renvoie pas du tout à l
00:28:45'idée de proximité,
00:28:46mais qui renvoie à l'idée de procuration.
00:28:49Procouraré, s'occuper de quelque chose à la place de quelqu'un
00:28:52parce qu'on a reçu mandat, on a reçu procuration.
00:28:55Ça tombe bien, là, il y a les élections qui arrivent.
00:28:57Si une amie vote par procuration et qu'elle me confie son bulletin,
00:29:01je suis son proxy, en fait.
00:29:03Voilà, c'est ça.
00:29:06Lutte, je n'y avais pas pensé.
00:29:07C'est ça, les nouveaux mots arrivent pour dire parfois des vieilles choses,
00:29:11mais c'est tout à fait cela.
00:29:13Alors, effectivement, quand on est dans la vie, d'ailleurs, française,
00:29:16ce terme de l'international est venu récemment de manière péjorative.
00:29:20D'ailleurs, le proxy n'est pas un allié très positif.
00:29:24On a parlé des proxys, de LFI, de la France insoumise.
00:29:27Alors, probablement, ces connotations négatives,
00:29:29elles viennent de la guerre internationale,
00:29:32là, aujourd'hui, au Moyen-Orient,
00:29:35quand l'Iran, finalement, a des sortes d'alliés mercenaires
00:29:40qui vont agir pour lui à sa place.
00:29:43Et à ce moment-là, les combats contre l'Europe,
00:29:46contre les US, contre Israël,
00:29:48peuvent être ponctuels
00:29:50ou bien peuvent être aussi ce fameux terrorisme
00:29:52que l'on peut supposer.
00:29:55Parce qu'à ce moment-là, la proximité, c'est nous.
00:29:57Alors, il y a une dernière séance du mot, je crois,
00:30:00avec lequel il va falloir aussi qu'on réfléchisse,
00:30:02c'est la dimension informatique.
00:30:05Les proxys, en fait, c'est un mot aussi du vocabulaire de la tech.
00:30:08Qu'est-ce que c'est un proxy dans la tech ?
00:30:10Je ne sais pas, c'est technique, ça.
00:30:13En fait, c'est un serveur, si j'ai bien compris,
00:30:15un serveur lui-même mandataire,
00:30:17qui agit aussi par procuration.
00:30:19Donc, il permet à ses alliés des États en guerre
00:30:23de trouver des renseignements, de la data, etc.
00:30:27Et ça vient en plus des armes, ça vient en plus de l'argent.
00:30:31Donc là, ce qui est intéressant, en fait,
00:30:33c'est que le pays et son proxy,
00:30:35ils n'ont pas besoin d'être proches, évidemment,
00:30:37la donnée, la data, le numérique, voilà.
00:30:40Alors, on pourrait dire aussi que le proxy,
00:30:42c'est un mercenaire, dans tous les sens du terme,
00:30:45de la réalité ou de l'IA.
00:30:48Et ça, je crois, Adeline, que c'est ce qui fait
00:30:50sa modernité supplémentaire,
00:30:52et donc aussi une dangerosité nouvelle pour nous.
00:30:55Moi, ce que je retiens surtout, c'est que proxy,
00:30:57c'est un faux ami, et c'est valable dans tous les sens du terme aussi.
00:31:00Merci, Mariette.
00:31:01On parlait, il y a un instant, des objectifs militaires
00:31:04des États-Unis et d'Israël.
00:31:06Je voudrais que l'on aille aussi ce soir au Liban.
00:31:08Bonsoir, Fifi Aboudib.
00:31:10Et merci d'être en direct avec nous.
00:31:12Vous êtes journaliste et chroniqueuse à Lorient-le-Jour,
00:31:14le grand quotidien libanais.
00:31:16Merci vraiment d'être en direct avec nous depuis Beyrouth,
00:31:18où la guerre a vraiment changé d'échelle ces derniers jours
00:31:21et même ces dernières heures,
00:31:22avec une nuit et une matinée marquées
00:31:25par une série de frappes israéliennes
00:31:26en plein cœur de Beyrouth.
00:31:28D'abord, comment allez-vous ce soir ?
00:31:32Écoutez, comme presque tous les Libanais,
00:31:36un peu désemparés, je crois.
00:31:38Vous parliez d'étymologie tout à l'heure.
00:31:42Désemparés, incapables de manœuvrer.
00:31:46Et la sémiologue qui est sur notre plateau,
00:31:48Maria Darigrand,
00:31:49opine du chef en vous écoutant, bien sûr.
00:31:52Ce sont des quartiers très peuplés de Beyrouth
00:31:54qui ont été touchés aujourd'hui, Fifi Aboudib.
00:31:58Dans quel état d'esprit sont les habitants,
00:32:00ceux qui sont restés ?
00:32:03Alors écoutez, il y a eu au moins quatre frappes
00:32:06au cours de la nuit,
00:32:07entre 2h et 4h du matin.
00:32:11Quand vous entendez ça dans votre lit,
00:32:13vous vous dites à cet instant même
00:32:16« Quelqu'un est mort »
00:32:17ou « Plusieurs personnes sont mortes ».
00:32:20Certainement un repère de votre paysage a disparu.
00:32:25Et voilà, c'est chaque matin
00:32:27un peu plus de dépossession,
00:32:29un peu plus de renoncement.
00:32:35Les gens sont évidemment
00:32:39abattus,
00:32:39il n'y a pas d'autre mot.
00:32:42Il faut essayer de vivre chaque matin,
00:32:45c'est ça la vie de la guerre.
00:32:46Il faut essayer de vivre.
00:32:48À quoi ressemble le quotidien des Libanais
00:32:50aujourd'hui avec cette guerre omniprésente
00:32:52et alors que près d'un Libanais sur cinq
00:32:54a été déplacé en urgence
00:32:56vers des abris désormais surpeuplés ?
00:33:00C'est quoi votre quotidien
00:33:01à la fois en tant que journaliste
00:33:02et à la fois en tant que femme,
00:33:04en tant qu'habitante de Beyrouth ?
00:33:06Alors, un million quarante-neuf mille personnes
00:33:09déplacées, dont 80 000 réfugiés syriens.
00:33:12Déjà, c'est la double peine
00:33:16sur une population de quatre millions.
00:33:19Donc, c'est pratiquement le quart.
00:33:23Ces gens, donc,
00:33:26ils doivent quitter leur village du sud
00:33:28et puis remonter un peu plus haut à chaque fois.
00:33:33Vous savez, il y a cette fameuse limite du Litani.
00:33:39Pardon, j'ai un petit écho.
00:33:45Ça va mieux ?
00:33:47Vous m'entendez ?
00:33:48Oui.
00:33:49Très bien.
00:33:50Voilà, le fleuve Litani,
00:33:51qui est donc une frontière horizontale
00:33:53à partir du sud.
00:33:55Et Israël avait,
00:33:56donc, dans les négociations
00:33:57de cesser le feu,
00:34:00avait exigé que le Hezbollah
00:34:03évacue au-delà du...
00:34:04au nord du Litani.
00:34:06Et donc, les villages,
00:34:08les villageois qui vont avec.
00:34:10Ce sont des petits villages agricoles.
00:34:12Tout ce sud,
00:34:13c'est de la bonne terre.
00:34:16Ce sont des paysans,
00:34:17ce sont des gens attachés à leur terre.
00:34:19Traditionnellement,
00:34:20c'est le paysan qui fait le meilleur soldat
00:34:22parce qu'il a les mains dans la terre charnelle.
00:34:27Ce sont des gens qui vivent,
00:34:28qui ont toujours eu la culture
00:34:29de la défense de leur territoire.
00:34:33Vraiment viscérale.
00:34:35Et puis, à partir de maintenant,
00:34:38depuis que le Hezbollah
00:34:39a marché sur la queue du Tigre
00:34:40et Titi et Israël
00:34:43avec quelques petites roquettes
00:34:44sans effet,
00:34:47mais qui ont donc réveillé
00:34:48la rage d'Israël
00:34:50qui a constaté que,
00:34:51depuis ce fameux cesser le feu,
00:34:54le Hezbollah n'a pas cessé
00:34:56de s'armer
00:34:57et de se préparer
00:34:58à cette grande bataille.
00:35:01Voilà où nous en sommes.
00:35:02Alors, la frontière du Litani
00:35:05remonte maintenant
00:35:05tous les jours un peu plus haut.
00:35:08Voilà, nous sommes à Saïda
00:35:10qui est pratiquement
00:35:10à une trentaine de kilomètres
00:35:14de Beyrouth.
00:35:17Et quotidiennement,
00:35:18les gens sont poussés
00:35:19à évacuer,
00:35:20à quitter leur maison,
00:35:23à s'attendre
00:35:24à ce que ces maisons soient détruites
00:35:25et qu'ils ne puissent plus
00:35:26jamais y revenir.
00:35:28Israël a mobilisé
00:35:30450 000 réservistes.
00:35:33Il y a une invasion terrestre,
00:35:35à l'évidence,
00:35:36en préparation.
00:35:39Maintenant, le Liban officiel
00:35:40veut négocier,
00:35:41mais est-ce qu'il peut imposer
00:35:42ces conditions ?
00:35:43S'il va négocier
00:35:44acheter pour ailleurs,
00:35:46est-ce qu'il a les moyens
00:35:47d'imposer ces conditions ?
00:35:50C'est Gassane Salamé,
00:35:51le ministre libanais de la Culture,
00:35:52qui affirme que le Liban
00:35:53travaille à une solution diplomatique
00:35:55pour mettre fin au conflit
00:35:56entre le Hezbollah et Israël.
00:35:59Évidemment,
00:36:00j'imagine que tous les Libanais
00:36:01tentent de placer des espoirs
00:36:02dans cette diplomatie.
00:36:05Je voudrais vous montrer
00:36:06cette vidéo
00:36:07qui a été publiée aujourd'hui
00:36:08par votre journal
00:36:09L'Orient le jour,
00:36:10Fifi Aboudib.
00:36:11C'est une vidéo
00:36:12qui envahit les réseaux sociaux
00:36:13aujourd'hui
00:36:13et qui rappelle un peu
00:36:15le pianiste au milieu des décombres
00:36:16après l'explosion
00:36:17du port de Beyrouth
00:36:17mais aussi peut-être
00:36:18Rostropovitch au pied du mur
00:36:19de Berlin en 1989.
00:36:21C'est ce violoncelliste
00:36:22hier soir dans les ruines
00:36:23de la banlieue sud de Beyrouth.
00:36:24Regardez et écoutez.
00:36:43C'est ça aussi le Liban,
00:36:45Fifi Aboudib.
00:36:47La culture nous sauvera.
00:36:49Je vous remercie infiniment
00:36:51en tout cas d'avoir été en direct
00:36:52avec nous dans ces moments difficiles
00:36:53depuis Beyrouth ce soir.
00:36:55Merci également à vous trois
00:36:56d'être venus ce soir
00:36:57nous parler de cette guerre
00:36:59dont on est déjà au 19e jour,
00:37:00cette guerre au Moyen-Orient
00:37:02dont on ne voit pas la fin.
00:37:04Merci beaucoup.
00:37:05Dans un instant,
00:37:06toute autre chose,
00:37:07on va se replonger
00:37:08dans le bain des élections municipales.
00:37:10Nous sommes à quatre jours
00:37:10du second tour.
00:37:11On va en parler dans un instant
00:37:12avec nos trois prochains invités.
00:37:14Mais avant cela,
00:37:15c'est quelle histoire ?
00:37:16Oui, c'est Olivier Ravanello.
00:37:26Olivier voulait nous parler
00:37:27du suspense du jour.
00:37:28Mais ça y est, Olivier,
00:37:29on est fixé.
00:37:29On connaît le nom
00:37:30du futur porte-avions
00:37:32qui viendra remplacer
00:37:33le Charles de Gaulle.
00:37:34Au jeu des rumeurs,
00:37:35on avait entendu beaucoup de choses.
00:37:36Il y avait le François Mitterrand,
00:37:38le Richelieu,
00:37:39le Simone Veil.
00:37:40On a même entendu Jean Moulin.
00:37:42Jean Moulin,
00:37:42on n'était pas loin quand même.
00:37:44Notre nouveau porte-avions
00:37:48portera le nom
00:37:50de France Libre.
00:37:53France Libre.
00:37:54On reste donc dans la continuité
00:37:56du récit gaullien,
00:37:58celui d'une France indépendante,
00:38:00courageuse,
00:38:01indomptable,
00:38:02et aussi d'un univers,
00:38:04celui de la résistance,
00:38:04où la mer a joué un rôle important.
00:38:06C'est la mer et la Manche
00:38:07que l'on a traversées
00:38:08pour aller résister en Angleterre
00:38:10avant de revenir.
00:38:12C'est les premiers résistants,
00:38:14les marins de l'île de Saint,
00:38:16qui au lendemain du 18 juin
00:38:18partent pour Londres.
00:38:19C'est aussi la marine
00:38:21qui se saborde
00:38:22dans le port de Toulon
00:38:22pour ne pas tomber
00:38:23aux mains de l'ennemi.
00:38:24Et puis, libre,
00:38:26c'est le premier mot
00:38:27du triptyque républicain.
00:38:28Alors que moi, le France,
00:38:30pardonnez-moi,
00:38:30j'étais sur Michel Sardou,
00:38:31je n'aurais pas dû en fait.
00:38:32Oui, c'est ça.
00:38:33Mais parce que choisir
00:38:34un nom de baptême,
00:38:35c'est en fait,
00:38:35ce n'est pas faire de la variété,
00:38:36c'est faire de la politique,
00:38:37c'est imposer un récit,
00:38:39imposer son récit.
00:38:41Exactement.
00:38:41Tous ces noms sont savamment réfléchis.
00:38:44Ils appartiennent en gros
00:38:45à des grandes catégories.
00:38:46Vous avez les personnalités,
00:38:48vous avez des valeurs,
00:38:50vous avez des régions.
00:38:51Et on va voir les images
00:38:54du groupe naval
00:38:55qui a été déployé en Méditerranée
00:38:56autour du Charles de Gaulle.
00:38:58et où il y a l'ensemble
00:39:00de différentes typologies
00:39:01de bâtiments
00:39:02qui chacun ont des noms
00:39:03différents, évidemment.
00:39:04Vous avez le Charles de Gaulle,
00:39:05bien sûr,
00:39:05enregistre des personnalités illustres.
00:39:07Ça peut être aussi
00:39:08des bâtiments
00:39:09qui portent le nom de régions,
00:39:11des frégates,
00:39:11comme le Languedoc
00:39:12qui en fait partie,
00:39:13le Bretagne,
00:39:14le Normandie,
00:39:15le Provence.
00:39:16Vous avez aussi
00:39:17des grands marins
00:39:18ou des amiraux,
00:39:19le Suffren,
00:39:20le Tourville,
00:39:21des explorateurs.
00:39:22Il y a un bâtiment
00:39:23qui s'appelle
00:39:23le Bouguinville.
00:39:24Et puis vous avez des moments
00:39:25qui font référence
00:39:26à l'histoire de France
00:39:27et notamment
00:39:27l'histoire révolutionnaire
00:39:28avec le Floréal,
00:39:30le Prairéal,
00:39:31le Niveau.
00:39:31Pour l'anecdote,
00:39:33il y en a un aussi
00:39:33qui porte le nom
00:39:34d'un copain du ministre.
00:39:35Bon, c'est un petit peu
00:39:37pour l'anecdote,
00:39:38mais dans les années 30,
00:39:39vous aviez un sous-marin français
00:39:41qui devait s'appeler
00:39:41le Casa Blanca.
00:39:43Et puis,
00:39:43il se trouve
00:39:44que le ministre
00:39:44de la Marine de l'époque
00:39:45était corse,
00:39:46il s'appelait Piétri.
00:39:47Et il a voulu
00:39:48qu'on donne le nom
00:39:49d'un grand marin corse
00:39:50qui s'appelle
00:39:51Casa Bianca.
00:39:52Donc on a juste changé
00:39:53une lettre
00:39:54et ce bâtiment,
00:39:56le Casa Bianca,
00:39:57c'est un nom
00:39:57qui est encore arrivé
00:39:58jusqu'à nos jours.
00:39:59Ça tient à peu de choses,
00:40:00mais qui décide
00:40:01et comment ?
00:40:02Pour l'essentiel,
00:40:03c'est au ministère
00:40:04de la Marine
00:40:04qu'on brasse tous les noms,
00:40:06mais lorsqu'on est
00:40:06sur des sujets
00:40:07comme celui d'aujourd'hui,
00:40:08évidemment,
00:40:08l'Elysée s'emmêle.
00:40:09L'idée,
00:40:10c'est d'être compréhensible
00:40:11par le grand public
00:40:12et en même temps
00:40:13par l'univers de la Marine,
00:40:14mais surtout,
00:40:15l'idée,
00:40:15c'est de raconter
00:40:17quelque chose,
00:40:18de marquer les esprits
00:40:20comme ce jour-là.
00:40:23Difficile,
00:40:23plus difficile en tout cas
00:40:24que les autres marins,
00:40:26mais voici que le départ est donné.
00:40:28Je vous laisse voir
00:40:29cette belle,
00:40:31très belle opération
00:40:32de lancement
00:40:33du sous-marin redoutable.
00:40:35Voilà,
00:40:36le sous-marin lanceur d'engin,
00:40:38le redoutable
00:40:40qui ensuite a donné lieu
00:40:42à d'autres
00:40:42dans la même catégorie,
00:40:44le terrible,
00:40:45le triomphant,
00:40:46avec la même idée,
00:40:47c'est de faire peur
00:40:48parce que ces bâtiments
00:40:50embarquent l'arme nucléaire,
00:40:52l'arme absolue
00:40:52et qu'il faut dissuader l'ennemi.
00:40:54Terminons cette boucle
00:40:55avec le Charles de Gaulle
00:40:57pour rappeler
00:40:58que lorsque le porte-avions
00:40:59a été baptisé,
00:41:00il devait s'appeler
00:41:01au début des années 80
00:41:02le Richelieu.
00:41:04C'est François Mitterrand
00:41:05et le ministre de l'époque,
00:41:07Paul Quilles,
00:41:07qui en avait décidé ainsi.
00:41:08Et puis,
00:41:09la cohabitation arrive,
00:41:11Jacques Chirac
00:41:11met son nez dans l'affaire
00:41:13et ça devient le Charles de Gaulle.
00:41:14Ah ben voilà.
00:41:15Merci beaucoup
00:41:16Olivier.
00:41:17On passe à la question
00:41:18qui fâche.
00:41:27J-4
00:41:28avant le second tour
00:41:29des élections municipales.
00:41:30Focus ce soir
00:41:31sur la droite
00:41:31qui se déchire
00:41:33autour d'une salade niçoise.
00:41:35Et nous en parlons
00:41:36ce soir
00:41:36avec Jean-Baptiste Fauret.
00:41:38Bonsoir.
00:41:38Vous êtes journaliste
00:41:40et auteur du livre
00:41:41Les frères ennemis
00:41:43de la côte
00:41:43paru chez Plon.
00:41:45Merci d'être là
00:41:46ce soir aux côtés
00:41:46de Frédéric Dhabi.
00:41:47Bonsoir.
00:41:48Bonsoir.
00:41:48De l'Institut IFOP.
00:41:50Et Bruno Cotteret
00:41:51est avec nous aussi,
00:41:52chercheur au CNRS,
00:41:53au Cévi-Pof
00:41:53et enseignant à Sciences Po.
00:41:55Merci à tous les trois
00:41:55d'être là.
00:41:56C'est Elsa Monangava
00:41:57qui vous pose ce soir
00:41:58la question qui fâche.
00:41:59Regardez.
00:42:02Dans le duel fratricide
00:42:04qui oppose Christian Estrosi
00:42:06et Éric Ciotti,
00:42:07adversaires à la mairie de Nice,
00:42:09Bruno Retailleau
00:42:10refuse de choisir.
00:42:11Je ne donne pas de consignes
00:42:12dans les conditions
00:42:13de cette campagne
00:42:14absolument délétère
00:42:15dans laquelle
00:42:16je ne me retrouve pas.
00:42:18Pour vous,
00:42:18cette campagne délétère ?
00:42:19Ni d'un côté ni de l'autre.
00:42:20Vous condamnez les deux ?
00:42:22Je ne condamne pas,
00:42:23je dis,
00:42:23je m'en remets aux électeurs.
00:42:25Éric Ciotti,
00:42:26jubile.
00:42:27Je remercie Bruno Retailleau
00:42:29d'avoir condamné
00:42:30la campagne délétère
00:42:31de Christian Estrosi
00:42:32et de retirer son soutien
00:42:33au candidat macroniste.
00:42:34Alors que la Baie des Anges
00:42:36pourrait devenir
00:42:36la plus grande ville
00:42:37dirigée par l'extrême droite,
00:42:39cette hésitation du patron
00:42:40des Républicains
00:42:41fait réagir.
00:42:42Le parti Horizon
00:42:44demande à LR
00:42:45une clarification.
00:42:47Dans un message,
00:42:48Gabriel Attal dénonce
00:42:49« Par intérêt personnel,
00:42:51pour régler des comptes
00:42:52ou conserver des postes,
00:42:53les directions du PSC2 LR
00:42:55abandonnent les valeurs fondamentales,
00:42:58valident des alliances
00:42:58contre nature
00:42:59et servent de marche-pied
00:43:01à l'extrême droite
00:43:01comme à l'extrême gauche. »
00:43:03Plusieurs cadres des LR,
00:43:04Gérard Larcher,
00:43:05Michel Barnier,
00:43:06se désolidarisent
00:43:07de Bruno Retailleau
00:43:08et apportent leur soutien
00:43:09au maire sortant de Nice.
00:43:11Un patron LR
00:43:12qui met ses troupes
00:43:13dans l'embarras
00:43:13et un patron du RN
00:43:15qui assume
00:43:15de choisir la droite
00:43:17dans la capitale notamment.
00:43:18« À titre personnel,
00:43:19si j'étais électeur
00:43:20à Paris,
00:43:21comme dans toutes ces grandes villes
00:43:23où la gauche
00:43:23et l'extrême gauche
00:43:24menacent de prendre le pouvoir
00:43:25ou de continuer
00:43:26à gérer la commune,
00:43:28à titre personnel,
00:43:30mais ça,
00:43:30ça me regarde moi
00:43:30et ma conscience,
00:43:31j'aurais utilisé
00:43:32le bulletin de vote
00:43:33qui fait face à celui
00:43:34de la gauche
00:43:34et de l'extrême gauche. »
00:43:36Comme un parfum
00:43:36d'union des droites,
00:43:38sur le terrain,
00:43:39les accords
00:43:39entre candidats républicains
00:43:40et candidats du RN
00:43:42se comptent sur les doigts
00:43:43de la main,
00:43:44mais du côté des électeurs,
00:43:46les alliances LR et RN
00:43:47seraient très bien acceptées.
00:43:5064% des électeurs LR
00:43:52y sont favorables.
00:43:54Alors l'union des droites
00:43:55a-t-elle déjà commencé
00:43:57dans les urnes ?
00:43:59On va retourner tout de suite à Nice.
00:44:02Je dois avouer
00:44:03que vous avez quand même
00:44:04beaucoup ri
00:44:04pendant tout le début du sujet.
00:44:06Jean-Baptiste Forêt,
00:44:08il faut donc ajouter
00:44:09un chapitre à votre livre
00:44:10ou un ingrédient
00:44:11à la salade niçoise,
00:44:12le nini de Bruno Retailleau.
00:44:14Comment vous l'avez vécu ce matin ?
00:44:16Je crois que l'ensemble
00:44:17de la campagne,
00:44:18puisque j'ai fini mon livre
00:44:19au mois d'octobre,
00:44:19mériterait un tome 2.
00:44:22C'est un appel à mon éditeur.
00:44:25Ce nini, finalement,
00:44:27il est dans la continuité
00:44:28de ce qu'on voit depuis 2024.
00:44:30C'est-à-dire qu'en 2024,
00:44:31au moment où Éric Ciotti
00:44:34rallie Marine Le Pen,
00:44:36personne ne le suit à ce moment-là.
00:44:38En dehors de la députée locale,
00:44:39Christelle Dintorni,
00:44:40qui avait déjà un pied
00:44:41et quatre orteils
00:44:42au Rassemblement national,
00:44:44c'est un bite complet.
00:44:45Mais depuis,
00:44:46il ne cesse de marquer des points.
00:44:48Il a remporté
00:44:48les trois circonscriptions de Nice.
00:44:50Et puis, surtout,
00:44:51on a vu, par exemple,
00:44:53François Fillon,
00:44:54il y a quelques semaines,
00:44:55poser avec lui
00:44:56au restaurant,
00:44:57avec Éric Ciotti.
00:44:57On voit de plus en plus
00:44:58de cartes postales
00:44:59de ce type-là.
00:45:01Et le clou du spectacle,
00:45:03effectivement,
00:45:03c'est Bruno Retailleau
00:45:04qui retire l'investiture
00:45:07de fête
00:45:07à Christian Estrosi
00:45:09ce matin.
00:45:10C'est ce qui fait
00:45:11tout l'intérêt,
00:45:11je crois,
00:45:12de Nice.
00:45:13C'est que c'est
00:45:13l'épicentre
00:45:14de la guerre des droites.
00:45:15c'est vraiment
00:45:16une ville emblématique
00:45:17de cette droite
00:45:17qui ne sait plus
00:45:18où elle habite.
00:45:20Bruno Cotteres,
00:45:21en fait,
00:45:22ce choix de ne pas choisir,
00:45:24de dire
00:45:24non,
00:45:25mais c'est les électeurs
00:45:26qui choisiront.
00:45:27Autant le dire tout de suite,
00:45:28Bruno Retailleau,
00:45:28il lâche Christian Estrosi
00:45:29en pleine campagne,
00:45:30mais on rappelle
00:45:31qu'il y avait quand même
00:45:31un accord
00:45:32entre LR et Estrosi.
00:45:34Bien sûr.
00:45:35D'ailleurs,
00:45:35beaucoup lui ont rappelé
00:45:36aujourd'hui,
00:45:37c'est vrai qu'il a une prise
00:45:38de position personnelle
00:45:39alors qu'il est chef de parti.
00:45:41C'est vrai,
00:45:41quand on est chef de parti,
00:45:43on a ses convictions,
00:45:44il les a,
00:45:45visiblement,
00:45:46il a choisi son camp,
00:45:47mais il est chef de parti
00:45:48donc il est en charge
00:45:49des accords du parti
00:45:50conclus avec,
00:45:52effectivement,
00:45:53avec Horizon.
00:45:54Et c'est vrai
00:45:55que c'est un petit peu gênant
00:45:56de voir un chef de parti
00:45:57qui,
00:45:58alors,
00:45:58en même temps,
00:45:59n'est pas très étonné
00:46:00parce que ça correspond
00:46:01quand même fondamentalement
00:46:02à la ligne
00:46:03de Bruno Retailleau.
00:46:04Pour lui,
00:46:04tout ce qui se rapproche
00:46:05du macronisme
00:46:06met en péril
00:46:07l'identité des Républicains,
00:46:09met en péril
00:46:10le projet
00:46:10d'avoir un candidat
00:46:12des Républicains
00:46:13à la présidentielle
00:46:14qui performerait
00:46:15pour lui,
00:46:15donc c'est impossible
00:46:17de soutenir.
00:46:17Et pas,
00:46:17pour poursuivre votre phrase,
00:46:19tout ce qui se rapproche
00:46:20du Rassemblement national,
00:46:21moins ?
00:46:22Un peu moins peut-être,
00:46:23un peu moins peut-être,
00:46:24voilà,
00:46:24il est sur cette position
00:46:25ni-ni,
00:46:26mais dans ses élections municipales
00:46:28qui ont commencé
00:46:28à envoyer des signaux
00:46:30en direction
00:46:31de l'élection présidentielle,
00:46:32on voit qu'effectivement
00:46:33il essaye
00:46:34de,
00:46:35peut-être,
00:46:36de passer un message
00:46:38effectivement
00:46:39à une partie
00:46:40de la droite
00:46:41qui commence à se demander
00:46:42si au fond
00:46:43il ne faut pas aller
00:46:44franchir une étape
00:46:45supplémentaire.
00:46:46Les électeurs
00:46:47de DLR,
00:46:48les sympathisants
00:46:48de DLR
00:46:48sont partagés,
00:46:50ils s'interrogent
00:46:51sur ces questions,
00:46:51ils voient bien
00:46:52les progrès
00:46:52du Rassemblement national,
00:46:53notamment dans
00:46:54cette région de la France.
00:46:56Et donc,
00:46:56Bruno Retailleau,
00:46:57on n'est pas non plus
00:46:58très étonné
00:46:58de sa prise de position,
00:47:00mais c'est vrai
00:47:01qu'en interne,
00:47:01ça pose une vraie question
00:47:02d'un chef de parti
00:47:03qui défend une ligne
00:47:04et un point de vue personnel
00:47:06alors qu'il est en charge
00:47:07d'incarner la position
00:47:08de son parti.
00:47:09Et alors,
00:47:09il les a tous fâchés
00:47:10aujourd'hui,
00:47:10Xavier Bertrand
00:47:11qui parle d'indignité,
00:47:12ça rappelle un certain
00:47:13Nicolas Sarkozy
00:47:14à une époque,
00:47:15Michel Barnier,
00:47:16les tweets se sont succédés
00:47:18toute la journée
00:47:18pour apporter un soutien franc
00:47:21en fait à Christian Estrosi.
00:47:23Frédéric Dhabi,
00:47:24on le disait,
00:47:25il y a eu plusieurs enquêtes
00:47:26avant le premier tour
00:47:26et depuis le premier tour
00:47:27sur le soutien des électeurs
00:47:30à des alliances LRRN
00:47:32et ce soutien,
00:47:33il n'existe pas encore
00:47:34dans les appareils politiques
00:47:35mais il existe dans l'électorat,
00:47:36c'est ça que acte Bruno Retailleau ?
00:47:38Oui,
00:47:39déjà,
00:47:39ce qu'il fait
00:47:40et ce qui s'est passé hier
00:47:41avec le PS
00:47:41et les alliances avec LFI,
00:47:43disons-le franchement,
00:47:44c'est la fin du Front Républicain,
00:47:46anti-RN,
00:47:47anti-LFI,
00:47:48mais c'est vrai que
00:47:49Bruno Retailleau
00:47:51suscite une division
00:47:52dans son parti
00:47:53et une fois de plus,
00:47:54une fois de plus,
00:47:55nouvel épisode
00:47:56de la guerre des droites
00:47:57pour remonter à
00:47:59Chabon, Chirac ou Barre,
00:48:00ou Chirac ou Giscard,
00:48:01qui vous voulez,
00:48:02mais il ne veut pas insulter
00:48:03l'avenir,
00:48:05il voit ses enquêtes d'opinion,
00:48:07oublions les enquêtes d'opinion,
00:48:09regardons ce qui s'est passé
00:48:10à Nice,
00:48:11à Marseille,
00:48:12à Avignon,
00:48:13la structure électorale,
00:48:14par exemple à Nice,
00:48:15du vote Ciotti
00:48:16et celle du vote Estrosi,
00:48:18celle de Franck Alizio
00:48:19à Marseille
00:48:20pour le RN
00:48:21et celle de Martin Vassal
00:48:22sont exactement les mêmes.
00:48:24Donc,
00:48:24il regarde,
00:48:25il regarde l'idée
00:48:26que les électeurs de droite,
00:48:28notamment dans ce quart sud-est,
00:48:30ce n'est pas dans toute la France,
00:48:31vont beaucoup plus vite
00:48:32que les appareils.
00:48:33Et je reprends ce terme
00:48:34qui ne veut pas insulter l'avenir
00:48:35parce qu'il se projette peut-être
00:48:37sur l'élection présidentielle
00:48:38et je pense qu'il a toujours en tête,
00:48:40il a toujours en tête
00:48:41le coup de Sarkozy
00:48:42en 2007.
00:48:43Puisque les structures électorales,
00:48:45droite, RN,
00:48:46sont maintenant extrêmement proches
00:48:47avec des personnes âgées,
00:48:48des cadres sub,
00:48:49des salariés,
00:48:50si la candidature
00:48:51Bardella,
00:48:52on va dire après le retrait
00:48:53de Marine Le Pen,
00:48:54flanche,
00:48:54et bien,
00:48:55il doit peut-être être
00:48:55ce recet-à-quitte
00:48:56à sacrifier quelqu'un
00:48:58qui a quitté LR qu'en 2021,
00:48:59si je ne me trompe pas,
00:49:01au moment des élections régionales,
00:49:03qui a reçu
00:49:03l'investiture LR
00:49:04et c'est jamais vu
00:49:06de ne pas soutenir
00:49:07comme ça
00:49:08sans événements
00:49:09de campagne particuliers.
00:49:10Alors,
00:49:10se réfugier d'ailleurs
00:49:11une campagne dégueulasse
00:49:12comme disait Charles Pasqua,
00:49:13j'entends bien,
00:49:14mais très clairement,
00:49:16Bruno Rotaillot,
00:49:16je pense qu'il pense
00:49:17à l'étape d'après.
00:49:18C'est ça,
00:49:18ce matin,
00:49:19il n'a pas dit dégueulasse,
00:49:20il a dit délétère
00:49:20pour qualifier la campagne
00:49:22dans les deux camps.
00:49:23Est-ce que,
00:49:24d'après vos informations,
00:49:25Jean-Bassi Storé,
00:49:26il y a un élément
00:49:27en particulier
00:49:28chez Bruno Rotaillot
00:49:29qui lui a fait tourner
00:49:31définitivement le dos
00:49:31à Christian Estrosi ?
00:49:33Non,
00:49:34je ne crois pas,
00:49:34comme vous le disiez,
00:49:37il a quand même
00:49:38été très macronisé,
00:49:41c'est ce qui a fait
00:49:41d'ailleurs son succès
00:49:43à un moment
00:49:43à Christian Estrosi,
00:49:44c'était le premier à droite
00:49:45à se rallier à ce...
00:49:47Mais il fallait lui dire
00:49:48à ce panache-là.
00:49:50Il me semble quand même
00:49:51que Bruno Rotaillot
00:49:53a siégé dans un gouvernement
00:49:54avec quelques macronistes
00:49:55il y a assez peu de temps
00:49:57lui-même,
00:49:58donc c'est parfois
00:49:58la paille et la poutre.
00:50:02Ce qui est certain,
00:50:04c'est que Christian Estrosi,
00:50:05c'est peut-être
00:50:06une des données
00:50:06de l'équation locale,
00:50:08est quand même
00:50:08en mauvaise posture.
00:50:10Est-ce qu'on vole
00:50:11au secours
00:50:12de quelqu'un
00:50:13qui accuse...
00:50:14Alors pardon,
00:50:15quand il s'agit de football,
00:50:16ça s'appelle des supporters,
00:50:17quand il s'agit de politique,
00:50:18ça s'appelle des soutiens,
00:50:19c'est important aussi
00:50:19dans les mauvais moments,
00:50:20non ?
00:50:21Oui,
00:50:22mais vous savez,
00:50:23depuis combien de temps
00:50:24à l'air,
00:50:24la paillage de réélection,
00:50:26vous savez,
00:50:27la défaite divise,
00:50:29la victoire rapproche,
00:50:30c'est vieux comme la politique.
00:50:31Mais sauf que,
00:50:31et je parle sous contrôle
00:50:32de Frédéric Dhabi,
00:50:33il faut se pencher quand même
00:50:34sur les chiffres du premier tour,
00:50:35les LR,
00:50:36c'est la première force municipale
00:50:38en réalité,
00:50:39en nombre de communes
00:50:41et en nombre de conseillers
00:50:42municipaux remportés.
00:50:43franchement,
00:50:44ça ne pouvait pas attendre
00:50:44après les municipales.
00:50:46Il fallait s'offrir
00:50:47une énième crise à droite
00:50:49pendant cet entre-deux-tours.
00:50:50Ce que vous dites
00:50:50est tout à fait juste,
00:50:51mais malheureusement,
00:50:54le prisme médiatique,
00:50:56le récit stratégique
00:50:57de la vision
00:50:58des élections
00:51:00qui va se dérouler
00:51:01dès le 22 au soir
00:51:02et qui a commencé le 15,
00:51:03c'est les grandes villes.
00:51:05Et ce qui peut rester
00:51:06dans la rétine des Français,
00:51:07c'est, par exemple,
00:51:08LR a perdu sa dernière ville
00:51:09de plus de 100 000 habitants,
00:51:10Nîmes,
00:51:10où ce n'est pas très bien engagé.
00:51:12Ce n'est pas perdu,
00:51:12mais ce n'est pas très bien engagé.
00:51:14Et c'est vrai que
00:51:15les mouvements de fond
00:51:17de cette élection municipale,
00:51:19les maires sortants
00:51:19ont été massivement,
00:51:20majoritairement reconduits
00:51:21et les forces traditionnelles
00:51:23arrivent en tête,
00:51:24PS et LR,
00:51:25dans les villes
00:51:26de plus de 9 000 habitants.
00:51:28Ça passe à l'as
00:51:29derrière Nice,
00:51:30derrière Marseille,
00:51:31derrière ce qui peut se passer
00:51:33à Paris.
00:51:33Et je pense que Bruno Retailleau
00:51:34le prend en compte.
00:51:352001,
00:51:36la dernière élection municipale
00:51:37avant une présidentielle,
00:51:38c'était en 2002.
00:51:39Personne n'avait retenu
00:51:40les défaites multiples du PS,
00:51:42mais tout le monde
00:51:43avait retenu les victoires
00:51:44à Paris, Lyon et Dijon.
00:51:46Il y a une question
00:51:46qui nous est posée
00:51:47par une personne
00:51:48via le QR code,
00:51:50qui s'appelle Enzo.
00:51:52Les LR pourraient-ils
00:51:52connaître avant 2027
00:51:54une nouvelle hémorragie électorale
00:51:56au profit du RN Bruno ?
00:51:58Est-ce que pour vous,
00:51:59c'est peut-être l'élection
00:52:00de trop pour les LR
00:52:00au niveau national ?
00:52:02La division de trop.
00:52:04Frédéric David vient de le rappeler,
00:52:05il y a quand même
00:52:06des succès LR.
00:52:08Ils sont quand même en tête
00:52:09dans de nombreuses villes
00:52:10à l'issue du premier tour.
00:52:12Donc c'est une formation politique
00:52:13qui a une très grave crise
00:52:16existentielle d'identité.
00:52:17Ce n'est pas que des positionnements,
00:52:18ce n'est pas que la vieille haine
00:52:20recuite entre Christian Estrosi
00:52:22et Eric Ciotti,
00:52:23qui elle est inscrite
00:52:24sur une très longue durée.
00:52:26Ils ont été proches,
00:52:27après ils ont été rivaux.
00:52:29Donc il y a une dimension
00:52:31évidemment passionnelle
00:52:31dans l'affaire entre eux.
00:52:33mais on voit que les Républicains
00:52:35sont vraiment
00:52:35dans une crise d'identité
00:52:37profondément existentielle.
00:52:38Ils sont vraiment tiraillés
00:52:39à la fois dans leurs valeurs,
00:52:41dans leur positionnement stratégique
00:52:42entre ces deux hypothèses,
00:52:44essayer de récupérer
00:52:45les décombres du macronisme
00:52:46ou alors prendre acte
00:52:49de la dynamique
00:52:50du Rassemblement national.
00:52:52Donc ça n'empêche pas
00:52:53que cette formation politique
00:52:54ait encore du banc de touche
00:52:55dans les élus locaux
00:52:56en particulier,
00:52:57ce qui lui évite
00:52:58au fond d'avoir
00:52:59une sorte de collapsus
00:53:00où tout s'effondre
00:53:01d'un seul coup
00:53:02parce que trop de défaites,
00:53:03trop de divisions.
00:53:04Donc ils ont encore ça.
00:53:06Il faut aussi rappeler
00:53:07que quand ils ont procédé
00:53:09à l'élection interne
00:53:10de leurs dirigeants,
00:53:12ils ont eu d'un seul coup
00:53:12des adhérents qui sont venus
00:53:14et ce n'était pas du trucage
00:53:16de leurs données.
00:53:17Beaucoup ont observé
00:53:18qu'il y avait des adhérents
00:53:19qui n'ont pas nécessairement,
00:53:20qui ne sont pas nécessairement restés.
00:53:22Donc voilà,
00:53:22une formation politique
00:53:23qui a un leg,
00:53:25qui a un héritage
00:53:26et qui a beaucoup de mal
00:53:27à rebondir,
00:53:28se retrouver un leader
00:53:30qui incarne à nouveau
00:53:31la gagne,
00:53:32qui incarne à nouveau
00:53:33au fond un programme idéologique
00:53:35dans lequel ils se retrouvent,
00:53:37c'est-à-dire au fond
00:53:38moins d'État,
00:53:39moins de dépenses publiques,
00:53:40en même temps une vision
00:53:41un petit peu libérale
00:53:43quand même de la société.
00:53:44Ils ont beaucoup,
00:53:45beaucoup de mal
00:53:46à trouver le leader
00:53:47qui à nouveau va incarner
00:53:49cette synthèse
00:53:49qu'un Jacques Chirac
00:53:51avait faite,
00:53:53incarnant différentes facettes
00:53:54de la droite,
00:53:55Nicolas Sarkozy bien sûr.
00:53:57Mais je m'interroge
00:53:57sur le timing,
00:53:58c'est-à-dire que
00:53:59depuis dimanche,
00:54:00on reproche beaucoup
00:54:01à Olivier Faure
00:54:02et au Parti Socialiste
00:54:03d'avoir un problème
00:54:04de colonne vertébrale
00:54:05vis-à-vis de la France Insoumise
00:54:06et finalement ce soir,
00:54:07on se dit la même chose
00:54:07des LR vis-à-vis du RN.
00:54:10Oui, oui, bien sûr.
00:54:11Alors, il n'y a pas d'accord
00:54:12entre les Républicains
00:54:14et le RN
00:54:14dans ces élections municipales.
00:54:16En tout cas,
00:54:16il n'y a pas d'accord
00:54:18explicité officiel.
00:54:19Sauf Abrie contre Aubert.
00:54:20Voilà.
00:54:20C'est un émarne.
00:54:21Voilà.
00:54:21Mais c'est vrai
00:54:23que ces deux formations politiques,
00:54:26elles ont un peu
00:54:26le même paradoxe.
00:54:27Elles restent influentes,
00:54:29importantes au niveau local
00:54:30et elles sont en crise
00:54:31de positionnement stratégique,
00:54:33un peu d'identité
00:54:34au niveau
00:54:35de leurs projets nationaux.
00:54:38Frédéric Dhabie,
00:54:39ce qu'on voit aussi,
00:54:40c'est,
00:54:40on parlait justement
00:54:41de Brie contre Aubert.
00:54:42Alors, Brie contre Aubert,
00:54:43donc on a une alliance
00:54:44LR et Rennes
00:54:45pour faire barrage
00:54:47au maire sortant
00:54:47qui est socialiste.
00:54:49Et Bruno Retailleau,
00:54:50là-dessus,
00:54:51il l'a dit,
00:54:51ils seront exclus,
00:54:52Manu Militari,
00:54:53DLR,
00:54:54ceux qui font ça.
00:54:54Donc, à la fois,
00:54:56il y a des attermoiements,
00:54:58mais on ne franchit pas
00:55:00non plus le Rubicon.
00:55:01Oui, c'est vrai que le Rubicon
00:55:01a été franchi
00:55:02par une seule personne,
00:55:03le 11 juin 2024,
00:55:05par Éric Ciotti.
00:55:07Je ne suis pas là
00:55:07pour juger moralement
00:55:08ce qu'il a fait,
00:55:09mais il a tranché
00:55:10le nœud gordien.
00:55:11Il voyait qu'il y avait
00:55:12une partie de l'électorat LR
00:55:14qui regardait vers Emmanuel Macron,
00:55:16vers en tout cas
00:55:16le bloc central,
00:55:17une autre partie
00:55:18vers l'URN
00:55:19et il a choisi
00:55:20d'aller avec cette autre partie.
00:55:21C'est vrai qu'on n'est pas allé
00:55:23jusqu'au bout
00:55:23avec des vraies alliances.
00:55:24Après qu'Ottawa me fait penser
00:55:26à la fameuse élection
00:55:27de Dreux
00:55:28ou de la même manière
00:55:30la droite de l'époque,
00:55:3183,
00:55:31le tonnerre de Dreux
00:55:32comme disait
00:55:33Jean-Marie Le Pen
00:55:33et qui avait complètement,
00:55:36voilà,
00:55:36qui avait mis
00:55:37un cordon sanitaire,
00:55:38même cordon sanitaire
00:55:39en 98,
00:55:40mais je dirais que là,
00:55:41la pression devient
00:55:42de plus en plus forte
00:55:43parce que comme vous l'avez
00:55:44très bien dit,
00:55:44il n'y a que des défaites
00:55:46pour LR.
00:55:47La dernière victoire
00:55:48de LR
00:55:49dans une élection nationale
00:55:50forte nationale,
00:55:51c'est la présidentielle
00:55:52de 2007.
00:55:53Ça fait maintenant
00:55:54extrêmement longtemps,
00:55:55ça fait 2 21 avril
00:55:57de suite
00:55:57connu par LR.
00:56:00Et tout ça fait
00:56:01qu'il y a
00:56:02une force dominante
00:56:04qui est le Rassemblement
00:56:05national
00:56:05qui a quand même
00:56:06gommé beaucoup
00:56:07d'aspérités,
00:56:08de choses qui gênaient
00:56:09l'électeur LR,
00:56:11notamment l'électeur âgé.
00:56:12N'oublions pas
00:56:12que dans les enquêtes
00:56:13qui valent ce qu'elles valent,
00:56:14préélectorales,
00:56:15présidentielles,
00:56:16Jordan Madel
00:56:17arrive en tête
00:56:17chez les personnes âgées,
00:56:19chez les retraités.
00:56:20Et comme je le disais
00:56:21tout à l'heure,
00:56:21il y a cette similarité
00:56:22des structures électorales
00:56:24qui fait qu'on peut
00:56:25sanctionner sans problème
00:56:26les candidats
00:56:27de Brécompte Robert
00:56:29et laisser faire
00:56:30à Nice
00:56:32si,
00:56:32voilà,
00:56:33comme on l'a vu,
00:56:34on n'y aura pas de,
00:56:34il n'y aura sans doute
00:56:35pas de communiqué
00:56:37annonçant le glas
00:56:38et une marche funèbre
00:56:39si Éric Ciotti
00:56:40l'emporte dimanche prochain
00:56:41et Marseille sera peut-être
00:56:43autre chose.
00:56:44Mais en tout cas,
00:56:45on a vraiment
00:56:46une pression
00:56:47de l'électorat
00:56:48qu'on voit aussi
00:56:49à un autre niveau
00:56:50d'une autre partie
00:56:51de la droite,
00:56:52c'est absolument
00:56:53mettre en place
00:56:54après les municipales
00:56:56d'ici la présidentielle
00:56:57des primaires
00:56:58pour arriver
00:56:59à une réduction
00:57:00ad candidatum,
00:57:01pour réduire
00:57:01cet espace
00:57:02dans le bloc central
00:57:03et le socle commun,
00:57:04pour éviter
00:57:05ce second tour délétère
00:57:07pour une partie
00:57:07majoritaire des Français,
00:57:09à savoir Mélenchon,
00:57:10Bardella.
00:57:10Mais quand on voit
00:57:11les discussions d'aujourd'hui,
00:57:13les cris d'orfraie
00:57:15au sein des LR,
00:57:16on se dit que Bruno Retailleau,
00:57:17il a peut-être perdu
00:57:18la primaire des LR aujourd'hui,
00:57:19non Bruno Cotteres ?
00:57:20Ce qui est certain,
00:57:21c'est que depuis sa sortie
00:57:23du gouvernement,
00:57:24on voit un Bruno Retailleau
00:57:26qui est assez en difficulté,
00:57:28il était devenu une star
00:57:30d'un seul coup
00:57:30quand il est rentré
00:57:31au gouvernement,
00:57:32peu de Françaises
00:57:33et de Français
00:57:33l'avaient bien identifié,
00:57:34le situaient,
00:57:35les observateurs de la politique,
00:57:36tout le monde le connaissait,
00:57:37bien sûr,
00:57:38mais il est devenu
00:57:38d'un seul coup
00:57:39un personnage important,
00:57:41il a crevé l'écran
00:57:42à un moment donné
00:57:43dans sa fonction
00:57:44de ministre de l'Intérieur
00:57:45qu'il incarnait,
00:57:47on se rappelle
00:57:48de sa prise de fonction,
00:57:49la sécurité,
00:57:50la sécurité,
00:57:51la sécurité,
00:57:51donc là,
00:57:51il parlait vraiment
00:57:52à des segments
00:57:53de l'électorat
00:57:54très importants
00:57:55et puis depuis son départ
00:57:56du gouvernement,
00:57:57on a le sentiment
00:57:58qu'il hésite,
00:57:58il y a eu cette déclaration
00:57:59de candidature
00:58:00à la présidentielle
00:58:01très en amont,
00:58:03un peu ratée,
00:58:04qui n'a pas marqué
00:58:06en profondeur
00:58:07l'opinion,
00:58:08d'ailleurs depuis,
00:58:09il ne fait plus beaucoup référence,
00:58:11j'imagine,
00:58:13connaissant sa capacité
00:58:14de travail
00:58:15que tous les observateurs
00:58:16de la politique soulignent
00:58:17qui doit bosser
00:58:17beaucoup son programme,
00:58:19mais c'est vrai
00:58:19que depuis cette déclaration
00:58:20de candidature,
00:58:21pas grand-chose
00:58:22s'est passé,
00:58:23donc on voit
00:58:23qu'il est un peu hésitant
00:58:26sur son propre positionnement.
00:58:28Derrière le choc des égaux,
00:58:29c'est bel et bien
00:58:30une guerre politique
00:58:31qui fait rage
00:58:32lors de ses municipales
00:58:33niçoises,
00:58:33un scrutin
00:58:34qui donnera le la
00:58:35sur l'état du pays
00:58:36à un an
00:58:37de la date programmée
00:58:37de l'élection
00:58:38à la magistrature suprême.
00:58:40Je ne divulgache rien
00:58:41en lisant la dernière page,
00:58:43la dernière phrase
00:58:45de votre livre,
00:58:46Jean-Baptiste,
00:58:47et j'imagine,
00:58:48je ne peux pas imaginer
00:58:49que vous n'écriviez pas
00:58:50la suite
00:58:51à partir de dimanche prochain.
00:58:52J'ai la pression.
00:58:54Merci en tout cas
00:58:55à tous les trois
00:58:56d'avoir été ce soir
00:58:57dans Chaque Voix Compte.
00:58:58Vous restez là
00:58:58parce que tout de suite,
00:58:59c'est le journal des municipales,
00:59:00le journal de campagne
00:59:01avec Marco Pommier.
00:59:08De retour de Marseille,
00:59:10je vous confirme,
00:59:11il a dîné sur le Vieux Port,
00:59:12ce chanceux.
00:59:14Ce soir, Marco,
00:59:15on va d'abord parler
00:59:15dans ce journal de campagne
00:59:17du débat
00:59:18sur les débats
00:59:19de cet entre-deux-tours
00:59:21à la télévision.
00:59:21Tout à fait.
00:59:22Rendez-vous ce soir
00:59:24pour le débat
00:59:25à annoncer
00:59:26cet après-midi
00:59:26sur X.
00:59:27Sophia Chikirou,
00:59:29la candidate insoumise,
00:59:31participera bien
00:59:32au débat
00:59:32organisé par BFM TV
00:59:34ce soir à 21h
00:59:35entre les candidats
00:59:36qualifiés
00:59:37pour le second tour
00:59:37à Paris.
00:59:38Il y a 24h,
00:59:39ce n'était pas gagné.
00:59:40BFM TV avait annoncé
00:59:42que le débat
00:59:42n'opposerait
00:59:43que les deux candidats
00:59:45en mesure
00:59:45de remporter la mairie.
00:59:47Autrement dit,
00:59:47selon les sondages
00:59:48Emmanuel Grégoire
00:59:49et Rachida Dati.
00:59:50Mais entre-temps,
00:59:51LFI a un peu
00:59:52fait pression.
00:59:53Oui, ce matin,
00:59:54Manuel Bompard,
00:59:55le coordinateur
00:59:56de la France insoumise,
00:59:57a menacé la chaîne
00:59:58de boycott.
00:59:59Regardez son tweet.
01:00:01Il n'y aura aucun insoumis
01:00:03sur BFM TV
01:00:04cette semaine
01:00:05et pour la soirée électorale
01:00:06prévue dimanche.
01:00:07Je cite,
01:00:08de leur côté,
01:00:09Emmanuel Grégoire
01:00:10et Rachida Dati
01:00:11se sont dit
01:00:11favorables
01:00:12à un débat à trois
01:00:13au nom de la démocratie.
01:00:14BFM TV est donc
01:00:15revenu sur sa décision.
01:00:17Est-ce qu'entre-temps,
01:00:17l'ARCOM était intervenu
01:00:19dans la décision
01:00:19parce que le régulateur
01:00:20de l'audiovisuel
01:00:21avait été saisi
01:00:23dès hier soir
01:00:23par les insoumis ?
01:00:25Oui, mais l'ARCOM
01:00:25n'a pas rappelé à l'ordre
01:00:26BFM TV.
01:00:27Bien au contraire,
01:00:28dans un communiqué,
01:00:29regardez,
01:00:30le régulateur rappelle
01:00:31que l'organisation
01:00:32de ces débats
01:00:33relève
01:00:34de la liberté éditoriale
01:00:36des chaînes.
01:00:36Une mise au point
01:00:37qui conforte
01:00:38la décision peut-être
01:00:39de France 2,
01:00:40la chaîne du service public
01:00:41qui organise jeudi soir
01:00:43un débat, cette fois à Marseille
01:00:45entre le candidat socialiste
01:00:46Benoît Payan
01:00:47et le candidat RN
01:00:48Franck Alizio
01:00:49mais sans inviter
01:00:51Martine Vassal,
01:00:52la candidate de la droite
01:00:53et du centre
01:00:54qui se maintient
01:00:54au second tour.
01:00:56Alors ce soir,
01:00:56des discussions sont en cours
01:00:57au sujet de sa participation,
01:01:00une présence à laquelle
01:01:01Franck Alizio
01:01:02s'oppose pour le moment.
01:01:04Bon, en même temps,
01:01:05Franck Alizio,
01:01:06ce n'est pas étonnant,
01:01:06le maintien de Martine Vassal
01:01:07au second tour,
01:01:08ça ne fait clairement pas
01:01:09les affaires du candidat RN.
01:01:10Non, c'est vrai,
01:01:11vous avez raison Adeline
01:01:12qu'à Franck Alizio a besoin
01:01:13des électeurs de Martine Vassal
01:01:15pour l'emporter dimanche prochain
01:01:16face aux socialistes
01:01:18Benoît Payan,
01:01:19surtout, surtout
01:01:19après le désistement surprise
01:01:21hier de l'insoumis
01:01:22Sébastien Delogu,
01:01:24des voix qui pourraient profiter
01:01:25au maire socialiste sortant.
01:01:27En face,
01:01:28une extrême gauche
01:01:29violente,
01:01:30antisémite,
01:01:32antirépublicaine
01:01:32et tout ce que trouve
01:01:34de mieux Martine Vassal
01:01:35à faire,
01:01:36c'est à sauver
01:01:36une ou deux places,
01:01:37la sienne
01:01:37et celle de son numéro 2.
01:01:39Depuis hier,
01:01:40j'ai des messages
01:01:41des centaines,
01:01:42des milliers
01:01:43avec mes équipes
01:01:43d'électeurs de Martine Vassal
01:01:46qui sont furieux,
01:01:47qui sont déçus,
01:01:49qui évidemment
01:01:50vont venir voter pour nous.
01:01:51Et quelques minutes plus tard,
01:01:53ce matin,
01:01:53sur le même plateau,
01:01:54Martine Vassal
01:01:55a répondu
01:01:56à Franck Alizio.
01:01:57J'ai toujours dit
01:01:58que c'était un touriste électoral
01:01:59et on le voit très bien,
01:02:01il ne sait plus où il est.
01:02:03Aujourd'hui,
01:02:04une fois,
01:02:04il demande mon maintien,
01:02:06une fois,
01:02:06il demande mon retrait,
01:02:07une fois,
01:02:07il demande une fusion,
01:02:08après,
01:02:09il redemande un retrait.
01:02:10Écoutez-moi ça,
01:02:11les combinations électorales,
01:02:13ça ne m'intéresse plus.
01:02:15Ça tape.
01:02:15Ça tape aussi à Marseille.
01:02:18Et puis,
01:02:19à quatre jours
01:02:19de ce second tour,
01:02:20Emmanuel Macron
01:02:21s'en est mêlé aussi ce matin
01:02:22pour sonner l'alerte
01:02:23contre les extrêmes.
01:02:24Oui,
01:02:25le chef de l'État
01:02:25a fait passer quelques messages
01:02:27en Conseil des ministres
01:02:28avec une mise en garde
01:02:29contre les arrangements
01:02:30des partis
01:02:31avec les extrêmes,
01:02:32vous le disiez,
01:02:33dans son viseur,
01:02:34les alliances,
01:02:35des listes de gauche
01:02:35ou de droite
01:02:36avec les formations
01:02:37d'extrême gauche
01:02:38ou d'extrême droite.
01:02:39Écoutez la porte-parole
01:02:40du gouvernement.
01:02:41Le président a tenu
01:02:43à souligner
01:02:43dans ce moment
01:02:45l'importance
01:02:45que personne n'oublie
01:02:46que les extrêmes,
01:02:48où qu'ils soient,
01:02:49demeurent dangereux
01:02:50pour la République.
01:02:52Et Marine Le Pen
01:02:53a répondu
01:02:53à Emmanuel Macron.
01:02:54Elle était en déplacement
01:02:55aujourd'hui
01:02:56dans le Pas-de-Calais
01:02:57pour soutenir
01:02:58les candidats RN
01:02:58au municipal.
01:03:00Et quand je vois
01:03:01le président de la République
01:03:02tomber dans cette stratégie
01:03:03de la fainéantise
01:03:05consistant à dire
01:03:06« Oh là là,
01:03:07c'est un danger
01:03:08pour la République,
01:03:09les bras m'en tombent ».
01:03:11Je veux dire,
01:03:11un peu d'imagination,
01:03:12renouveler vos arguments,
01:03:14faites quelque chose.
01:03:15Parce que quand vous avez
01:03:16un maire réélu
01:03:18à 78%
01:03:19et l'autre à 82%
01:03:21ou 81,5%,
01:03:23je veux dire,
01:03:23vous changez
01:03:24votre logiciel.
01:03:25Bon, après ces bras
01:03:26de fer électoraux,
01:03:27on va changer un peu
01:03:28de décor et de génération.
01:03:29On voulait parler ce soir
01:03:30aussi d'une des plus jeunes
01:03:32maires de France
01:03:33qui a été élue,
01:03:33elle, dimanche soir
01:03:34et donc qui n'a pas besoin
01:03:35du second tour
01:03:35de dimanche prochain.
01:03:36Exactement.
01:03:36Elle a tout juste 21 ans,
01:03:39encore étudiante.
01:03:40Charlotte Perré-Fares
01:03:41a été élue
01:03:42dès le premier tour
01:03:43dans la commune
01:03:44de Saint-Béalaise
01:03:45en Haute-Garonne
01:03:46avec un score
01:03:47quasi-soviétique,
01:03:4986% des voix,
01:03:50s'il vous plaît.
01:03:51Elle a raconté
01:03:52à Valérie Brochard
01:03:53son émotion,
01:03:54le débat aussi
01:03:55autour de son âge.
01:03:56Mais attention Adeline,
01:03:57ne l'appelez surtout pas
01:03:58Madame la maire.
01:04:00Moi, c'est Charlotte.
01:04:02Je n'ai pas envie,
01:04:03ce n'est pas parce que
01:04:04j'ai une fonction d'élu
01:04:05que les choses,
01:04:05elles changent.
01:04:06Je reste Charlotte,
01:04:07la petite fille
01:04:08que tout le monde
01:04:08a vu grandir au village.
01:04:10Moi, je veux que ça
01:04:11soit Charlotte
01:04:11pour les habitants.
01:04:13Voilà un bel exemple
01:04:14d'engagement Adeline.
01:04:15La jeunesse ne tourne pas
01:04:17toujours le dos à la politique.
01:04:18J'étais en train de calculer,
01:04:19elle est née en 2005.
01:04:20Oui, ça vous donne
01:04:22un coup de vieux aussi.
01:04:23Ça c'est sûr.
01:04:23Non, pas du tout.
01:04:24Mais pas du tout en fait, Marco.
01:04:26Elle ne pourrait même pas
01:04:27être ma fille.
01:04:27Moins pour moi.
01:04:30Merci à tous les trois
01:04:30d'être venus ce soir
01:04:31sur le plateau
01:04:32de Chaque Voix Compte.
01:04:32Merci Mariette et Olivier.
01:04:34Je vous dis à demain
01:04:35pour Chaque Voix Compte.
01:04:36Cette émission
01:04:36est rediffusée tout à l'heure
01:04:38à 19h30
01:04:39et vous allez à 23h30.
01:04:41Non mais je m'en mêle
01:04:42mes enloches.
01:04:4323h30.
01:04:43Nous, on sera là demain
01:04:44en direct à 19h30.
01:04:46Passez une excellente soirée.
01:04:47Dans un instant,
01:04:47c'est Debattoc
01:04:48avec Jean-Pierre Gratien.
01:04:49Et puis, vous n'oubliez pas
01:04:50la soirée électorale
01:04:51du second tour
01:04:52de ces municipales.
01:04:53C'est dimanche soir.
01:04:54Sur la 8,
01:04:55Public Sénat
01:04:56et LCP
01:04:56qui s'associent.
01:04:57Regardez, on sera là
01:04:58avec Elsa Mondin,
01:04:59Gavard,
01:04:59Cyr Jordan
01:04:59et Thomas Hugues
01:05:00et Marco Pommier.
01:05:02Bien sûr,
01:05:02pour tous les résultats.
01:05:03tous les résultats en direct.
01:05:05Bonne soirée,
01:05:05à demain.
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