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  • il y a 22 heures
Staline face à Trotski, c'est un duel absolu : un duel idéologique entre deux visions du communisme, un duel politique pour la prise du pouvoir, mais surtout et avant tout un duel entre deux hommes que tout oppose, du physique à l'intellect, des origines aux motivations, du parcours à l'ascension.

Le fils de savetier géorgien face au juif cosmopolite, le rustre taciturne contre l'intellectuel bavard, le calculateur méthodique face à l'homme enthousiaste, l'organisateur patient contre le flamboyant, le nationaliste rationnel face au théoricien mondialiste...
Le duel entre Staline et Trotski dure trente ans et se déroule sur plusieurs continents. Il est question de mensonges, de machinations, de chasse à l'homme, mais aussi de meurtre.

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00:00...
00:13Mexico, 20 août 1940.
00:17Trotsky est assassiné d'un coup de piolet dans le crâne.
00:20Avec cette mort, prend fin à un duel au cœur du communisme.
00:25Staline, le maître du Kremlin, a fini par éliminer celui qui a toujours été son rival.
00:33Staline, Trotsky.
00:35Tout sépare ces deux hommes.
00:38Le fils du cordonnier géorgien contre l'intellectuel juif.
00:42Le calculateur méthodique contre l'enthousiaste brillant.
00:47Le cynique contre l'idéaliste.
00:52C'est un duel de plus de 20 ans qui vient de s'achever.
00:56Un duel politique.
00:58Un duel pour le pouvoir.
01:00Un duel entre deux hommes que tout oppose, mais surtout et avant tout, un duel à mort.
01:09Mais une question demeure.
01:11Pourquoi Joseph Staline a-t-il voulu exécuter Léon Trotsky,
01:15qui l'avait déjà écarté du pouvoir,
01:17et condamné à un exil lointain ?
01:46Sous-titrage Société Radio-Canada
02:02Pétrograde, février 1917.
02:06Le tsar, Nicolas II, abdique sous la pression de la rue.
02:11Mais pour Lénine, le révolutionnaire, se débarrasser du tsar n'est pas suffisant.
02:17Il faut mettre en place un ordre nouveau.
02:19Le communisme.
02:23Il organise avec méthode la prise du pouvoir en octobre 1917.
02:28Elle va lui permettre de mener à bien sa révolution.
02:33Avec lui, deux lieutenants d'une trentaine d'années,
02:36prometteurs, mais aux qualités presque opposées,
02:41Joseph Staline et Léon Trotsky.
02:44Mais l'histoire du duel entre Staline et Trotsky a commencé dix ans plus tôt.
02:57Londres 1907.
02:59Congrès du Parti Social-Démocrate russe.
03:04Trotsky et Staline se croisent pour la première fois.
03:08Trotsky est à la tribune.
03:11Staline dans la salle.
03:14Le brio de Trotsky fascine autant qu'il exaspère le complexé camarade Staline.
03:19Entre eux, un poison lent commence à se distiller.
03:23Pour Staline, d'abord, c'est la sortie du Caucase.
03:26Il voit pour la première fois Londres, la métropole de l'Occident.
03:30Il encrope à ses yeux.
03:31Il est délégué à un congrès du Parti Social-Démocrate
03:35où sont rassemblées toutes les vedettes dont il a entendu parler dans les journaux
03:39et avec lesquelles il va pouvoir s'entretenir.
03:42Et il a, pour Trotsky, c'est évident, une admiration
03:44qu'il aura du mal à cacher tout au long de sa vie.
03:47Il est impressionné par Trotsky.
03:50Donc, évidemment, Staline a remarqué Trotsky.
03:51Trotsky ne pouvait que lui déplaire.
03:53C'est un orateur extraverti, brillant, alors que lui n'était pas brillant.
04:00Staline était un très mauvais orateur.
04:02Quand on l'entend parler sur les enregistrements, c'est tout à fait extraordinaire.
04:05Quand il devient le chef de l'URSS, il prononce une phrase,
04:09il s'arrête, tout le monde applaudit.
04:26Il boit un verre d'eau, il reprononce une deuxième phrase,
04:29il s'arrête, tout le monde applaudit.
04:30C'est absolument extraordinaire, on a l'impression d'une espèce de mécanique.
04:37Physiquement, Staline partait avec un grand handicap.
04:40Il était vérolé, il était petit.
04:43Et puis, Trotsky, évidemment, c'était un personnage physiquement d'une très grande stature d'emblée.
04:53Révolutionnaires tous les deux,
04:54Staline et Trotsky combattent le régime tsariste en empruntant des pseudonymes.
04:58Joseph Vissarionovitch Diugashvili se fait appeler Staline, l'homme de fer.
05:04Tout un programme.
05:06De son côté, Lev Davidovitch Bronstein se cache sous l'identité de Léon Trotsky.
05:12L'un et l'autre rêvent de changer la société, mais, socialement, tous les opposent.
05:20Trotsky a eu une enfance, entre guillemets, heureuse.
05:23Dans une famille où il était parfaitement intégré, qui s'occupait de lui,
05:28et on lui faisait faire des études, et on lui prévoyait un grand avenir, etc.
05:32Alors que Staline, lui, véritablement, il est quasiment né dans le caniveau, presque.
05:38Vraiment, les spectacles de violence, il n'a pas eu besoin de sortir de chez lui pour les avoir.
05:42Un père alcoolique qui le frappe violemment, etc.
05:46Le cas de Staline est très intéressant dans la social-démocratie russe, qui donnera le parti bolchevique.
05:52C'est pratiquement le seul bolchevique, et d'ailleurs le seul social-démocrate, qui est issu du peuple.
05:58Tous les autres étaient issus de familles intellectuelles, de fonctionnaires.
06:04Staline ne sera jamais tout à fait comme eux, ils auront toujours le sentiment qu'il n'a pas reçu
06:07la même éducation, qui n'est pas des leurs.
06:14Staline et Trotsky ont tous les deux grandi dans une Russie dominée par le Tsar.
06:20Depuis des siècles, ce régime autocratique nourrit bien des inégalités.
06:25L'immense majorité de la population, essentiellement des paysans, vit dans des conditions sociales et économiques très dures.
06:34Le pays rêve d'une autre société.
06:41Staline a 20 ans quand il débute sa carrière de révolutionnaire.
06:44Trotsky, 17.
06:46Mais leur combat prend des formes radicalement différentes.
06:51Par sa culture et sa formation, Trotsky a une vision plus intellectuelle de la révolution.
06:57Il aime débattre, il élabore des théories sur la manière de prendre le pouvoir.
07:03Son analyse se nourrit auprès des grandes figures européennes du socialisme et du marxisme qu'il rencontre régulièrement.
07:12Trotsky est en exil.
07:14Et en exil, il vit dans un milieu socialiste, j'allais dire, de haut niveau.
07:20D'abord, il circule dans toute l'Europe et il fréquente couramment tous les grands socialistes européens.
07:26Il a une vie, j'allais presque dire, une vie mondaine socialiste.
07:31C'est en exil à Londres que Trotsky fait la connaissance de Lénine, dont il devient l'un des collaborateurs.
07:37Ses voyages, ses longues discussions avec les intellectuels étrangers ont poussé Trotsky à penser la révolution à l'échelle mondiale.
07:45Pour lui, la prise de pouvoir ne peut se faire dans un seul pays.
07:59A l'opposé, Staline le Géorgien reste un provincial, un homme volontiers méprisé par l'intelligentsia socialiste.
08:06Sa seule priorité est la révolution en Russie.
08:09Pour Lénine, le camarade Staline est un peu l'exécuteur des bases œuvres.
08:14Son passé de délinquant est habilement utilisé pour renflouer les caisses du parti.
08:19Staline ne recule devant rien.
08:21Raquettes, sabotages et hold-up.
08:25C'est le roi révolutionnaire du Caucase, on joue au chat à la souris avec la police, on fait des
08:29coups fumants, on fait des hold-up, on fait du racket révolutionnaire, on fait de l'assassinat, etc.
08:36Et puis il joue un rôle très important parce qu'avec ses hold-up, avec son racket révolutionnaire, il ramasse
08:42l'argent qui va permettre à la fraction bolchevique en exil de survivre.
08:46Parce que quand vous êtes en exil et que vous n'avez aucun revenu, comment vous faites ?
08:51C'est pour ça que Lénine le qualifie de merveilleux géorgien.
08:54Le merveilleux géorgien qui ramène des sous, c'est formidable.
09:01En 1913, Staline et Trotsky se croissent à nouveau, cette fois-ci à Vienne.
09:08Et cette rencontre confirme la première impression de Staline.
09:11Il se sent méprisé.
09:13Dans sa volonté d'éliminer Trotsky, il y a de la part de Staline un complexe.
09:20Une vexation originelle jamais surmontée.
09:25L'heure de la révolution approche.
09:27Si Staline et Trotsky sont désormais l'un comme l'autre au service de Lénine,
09:32on sait déjà que bien au-delà de l'idéal commun qui les unit, tous les opposent.
09:481917 constitue une année charnière dans l'histoire de la Première Guerre mondiale.
09:51La Russie qui se bat aux côtés de la France et de l'Angleterre
09:54est affaiblie par un conflit qui dure depuis trois ans.
10:02Les soldats se révoltent.
10:041917, c'est l'année des mutineries dans les tranchées
10:07et c'est le début de la révolution russe.
10:13En février, les grèves et les manifestations se multiplient à Pétrograde.
10:20Le tsar est contraint d'abdiquer.
10:23Un gouvernement provisoire est mis en place,
10:26mais il est renversé quelques mois plus tard par les bolcheviques.
10:30En octobre, Lénine prend la tête du premier régime communiste de l'histoire.
10:36Autour de lui, il a su fédérer des hommes brillants,
10:39des révolutionnaires.
10:40Il y a Trotsky, bien sûr,
10:42mais aussi Lev Kamenev,
10:45Grégory Zinoviev
10:49et Nikolai Bukharin.
10:53Staline, l'homme du peuple,
10:56tranche parmi ses intellectuels.
10:58Face à ce nouveau régime,
11:00les partisans du tsar rêvent de reprendre le pouvoir.
11:03Une guerre civile va les opposer aux bolcheviques pendant cinq ans.
11:08Dans cette bataille,
11:09Lénine a compris qu'il avait besoin de l'éloquence et du charisme de Trotsky.
11:15Staline, lui, est relégué au second plan.
11:22Trotsky a d'éminentes qualités.
11:24Quelles sont ses qualités ?
11:25Un grand orateur,
11:27un grand révolutionnaire,
11:29un grand entraîneur d'hommes,
11:30un type qui, physiquement, n'a peur de rien,
11:33il se promène avec son train blindé sur le front, etc.,
11:36de la guerre civile,
11:37ce n'est pas son problème.
11:40Mais de son côté,
11:41Staline,
11:42attention,
11:43lui, il mène ses petites affaires.
11:46Dans les congrès du parti bolchevique ou des soviets,
11:49Trotsky arrivait,
11:50il soulevait la foule par un art oratoire consommé,
11:53les gens l'applaudissaient,
11:54il était déjà parti.
11:55Et Staline,
11:56il faisait les poignées de main,
11:58il s'occupait du militant de base,
12:00il s'intéressait à son sort,
12:02il connaissait son nom, même.
12:03Bref,
12:04toute chose
12:05auxquelles Trotsky était totalement étranger.
12:08Et donc, effectivement,
12:09Staline passait pour un brave type.
12:11Il faut rappeler que Staline,
12:13dès que les bolcheviques
12:15se transportent de Saint-Pétersbourg à Moscou
12:17au printemps 1918
12:19et s'installent au Kremlin,
12:21Staline a immédiatement ses appartements au Kremlin,
12:23il travaille dans le bureau mitoyen de Lénine.
12:26Donc c'est vraiment,
12:27et ce n'est pas par hasard
12:28que Lénine va le nommer secrétaire général.
12:29C'est, voilà,
12:31c'est l'homme du parti
12:32et qui colle à Lénine.
12:35Et Staline,
12:36à partir de ce poste,
12:38va ainsi, petit à petit,
12:41tisser tout un réseau de relations
12:43qui vont lui permettre
12:44d'avoir la mainmise
12:46sur les cadres du parti
12:48et sur la nomination des cadres.
12:53Staline comprend l'intérêt
12:54qu'il va pouvoir tirer du parti.
12:57Mais pour l'heure,
12:58le héros de la révolution
12:59et de la guerre civile,
13:00c'est Trotsky.
13:03Il parcourt des milliers de kilomètres
13:05pour mobiliser les troupes
13:06qui vont former l'armée rouge.
13:15A bord de son train blindé,
13:17Trotsky sillonne le pays
13:18et utilise l'arme
13:20qu'il manie le mieux,
13:21les mots.
13:24Il redonne l'espoir aux rouges,
13:26tout en démoralisant
13:27les contre-révolutionnaires,
13:28les blancs.
13:35Pour Trotsky,
13:36ce train est autant
13:37une arme de guerre
13:38qu'une arme de propagande.
13:41Chaque jour,
13:42il écrit un journal
13:43qu'il fait imprimer à bord
13:45et distribuer le long du parcours.
13:50En vrai chef de guerre,
13:52il partage le quotidien
13:53des militaires,
13:54les encourage,
13:55les récompense.
14:01Mais Trotsky use aussi
14:02de la force et de la répression
14:03pour contraindre les hommes
14:04à s'engager dans l'armée rouge,
14:06qui passe d'un million
14:07de soldats en 1918
14:08à 5 millions
14:09deux ans plus tard.
14:11Il n'hésite pas
14:12à faire fusiller
14:13tous ceux qui s'opposent
14:14à son combat.
14:24Fort de son succès en Russie,
14:26Trotsky espère étendre
14:28la révolution à toute l'Europe.
14:30En 1920,
14:31il lance une offensive
14:32sur l'armée polonaise
14:33à Varsovie,
14:34alliée au contre-révolutionnaire blanc.
14:39Alors que la victoire
14:40est toute proche,
14:42Staline va contrecarrer ses plans.
14:46L'armée rouge attaque
14:47sous les ordres de Trotsky,
14:48qui est le chef de l'armée rouge,
14:50et de Tukachevski,
14:51qui est le général en chef.
14:53Bon, attaque d'est en ouest
14:54directement sur Varsovie,
14:56et au sud,
14:57il y a une colonne
14:58qui remonte,
14:58qui doit remonter du sud
15:00directement sur Varsovie,
15:01qui est sous la direction
15:02de Staline.
15:03Or, Staline n'en fait qu'à sa tête,
15:05comme d'habitude,
15:06et au lieu de foncer
15:07sur Varsovie
15:09pour prendre les Polonais
15:10en tenaille,
15:11il s'arrête devant une ville
15:12qui va mettre le siège.
15:13Il va mettre le siège.
15:14Résultat,
15:14il n'est pas au rendez-vous,
15:15comme on dit.
15:18Plutôt que d'obéir aux ordres,
15:20Staline veut remporter
15:20une victoire personnelle
15:22en essayant de prendre
15:23la ville polonaise
15:24de Lvov.
15:26Son entêtement
15:27va conduire les soviétiques
15:28à la défaite.
15:30Ils devront ensuite
15:31faire d'importantes concessions
15:32territoriales à la Pologne.
15:35Entre Staline et Trotsky,
15:36cet épisode sonne
15:37comme une déclaration de guerre.
15:40Et là,
15:41il y a des accrochages violents
15:42qui expliquent la suite.
15:44Parce qu'évidemment,
15:46Lénine va demander
15:46des comptes sur cette affaire
15:48et donc Trotsky va faire
15:49un rapport très critique
15:51sur Staline.
15:52Tout Kaczewski
15:52va faire un rapport
15:54très critique sur Staline.
15:55Inutile de dire
15:56que le camarade Staline
15:57réglera les comptes
15:5815 ans plus tard.
16:03Staline rumine sa vengeance.
16:04Mais pour l'heure,
16:06il doit serrer les dents.
16:11Trotsky est parvenu
16:12à asseoir le pouvoir bolchevique
16:14dans tout le pays.
16:16L'armée rouge est venue
16:17à bout des soldats partisans
16:18de l'ancien régime tsariste,
16:20les Blancs.
16:26Mais cet épisode
16:27a aussi réduit la Russie
16:28à un champ de ruines.
16:33En 1921,
16:35après une terrible sécheresse,
16:37la famine ravage
16:38tout le sud du pays
16:39et fait un million
16:40et demi de morts.
16:48Pourtant,
16:48au sein du parti,
16:50Trotsky est au sommet
16:51de sa popularité.
16:55Il apparaît comme
16:55l'héritier naturel
16:56de Lénine,
16:57gravement malade
16:58et dont la succession
16:59va bientôt s'ouvrir.
17:02Au poste de secrétaire général,
17:05Staline sait qu'il ne fait pas
17:06partie des favoris,
17:08mais il a déjà réfléchi
17:09à la manière de revenir
17:10dans la course.
17:18Staline,
17:19qui est moins brillant
17:20que les autres,
17:20est en même temps
17:21un remarquable stratège.
17:23Et pas seulement
17:23un remarquable pragmatique,
17:25mais c'est un remarquable stratège.
17:26Il a une véritable stratégie
17:28de la formation,
17:29et ce n'est pas seulement
17:30un symbole,
17:31de la formation
17:32d'un mythe de Lénine
17:33dans lequel il va se glisser.
17:37Créer un mythe de Lénine,
17:39voilà l'idée machiavélique,
17:41fomentée par Staline
17:42pour déjouer toutes les critiques
17:43et gagner la bataille
17:45contre Trotsky.
17:47Et cela va se jouer
17:48en deux temps.
17:49Le premier acte se déroule
17:51le jour des obsèques
17:52de Lénine.
17:53Victime de trois attaques
17:54cérébrales
17:55qui l'ont laissé très affaibli,
17:57le fondateur
17:57de la Russie soviétique
17:59s'éteint
17:59le 21 janvier 1924.
18:02Il a 53 ans.
18:07A Gorky,
18:08près de Moscou,
18:09une foule impressionnante
18:11vient rendre hommage
18:12aux révolutionnaires.
18:16Ses fidèles compagnons
18:18sont là également.
18:19Kamenev,
18:20Zinoviev,
18:22Bukharin.
18:31Avec Staline,
18:33il porte le cercueil.
18:36Ses trois bolcheviques,
18:37vieux amis de Lénine,
18:39peuvent aussi prétendre
18:40à sa succession.
18:44Mais ce qu'ils ne savent pas encore,
18:46c'est que Staline
18:47compte s'appuyer sur eux
18:48pour prendre le pouvoir
18:49et qu'il leur réserve ensuite
18:51un destin funeste.
18:54un seul cadre du parti
18:56manque à l'appel,
18:57c'est Trotsky.
19:01Trotsky était assez gravement malade
19:03à ce moment-là.
19:04Il se soignait au Caucase
19:05dans une station balnéaire.
19:07Et on sait aujourd'hui,
19:09et on a su dès l'époque,
19:10que Staline lui avait menti,
19:11il lui avait dit
19:11ne rentre pas,
19:12ça ne sert à rien,
19:13on va inhumer tout de suite Lénine.
19:15Alors que justement,
19:16la décision venait d'être prise
19:17de lui construire un mausolée.
19:19Et donc,
19:21Trotsky a obéi,
19:22a s'est dit qu'effectivement,
19:24c'était trop tard
19:24et il fallait à cette époque-là
19:25plusieurs jours de train
19:26pour revenir.
19:27Et donc,
19:28il a pris la décision,
19:30lourde de conséquences historiquement,
19:32de ne pas revenir.
19:46Staline,
19:47il a organisé
19:48ces funérailles
19:49absolument extraordinaires.
19:51C'était un fait nouveau.
19:53On n'était pas dans le système impérial,
19:55on était dans un système révolutionnaire.
19:57L'embaumement de Lénine
19:58pour l'exposer
19:59pour l'éternité
20:01aux yeux d'un peuple ébloui
20:03et des peuples éblouis,
20:05c'est une idée
20:06tout à fait aberrante.
20:08Et c'est Staline qui l'a.
20:10La veuve de Lénine,
20:11c'est insurgé
20:12contre l'embaumement,
20:14contre les funérailles,
20:14contre tout.
20:15C'est là que Staline a dit
20:17« Attention,
20:19je peux trouver
20:19une autre veuve de Lénine
20:20immédiatement. »
20:22Et oui,
20:23ça a été une menacée.
20:24Pas implicite,
20:26pas...
20:27Non,
20:27ça a été dit.
20:28Ça a été fini.
20:33Krupskaya,
20:34la veuve de Lénine,
20:35est contrainte
20:36de se plier
20:36à toutes les décisions
20:37de Staline.
20:40Le deuxième acte
20:41de sa prise de pouvoir
20:42se joue
20:43avec le testament
20:43de Lénine.
20:46Le 23 mai 1924,
20:48quatre mois
20:48après les obsèques,
20:50s'ouvre à Moscou
20:50le 13e congrès
20:51du Parti communiste.
20:54C'est Staline
20:55qui lit le document.
20:58Quelques mois
20:58avant sa disparition,
21:00se sachant condamné,
21:01le père de la Révolution
21:02a dicté
21:03quelques notes
21:03à sa secrétaire.
21:05Sans désigner explicitement
21:07son successeur,
21:09Lénine a donné son avis
21:10sur les qualités
21:10et les défauts
21:11des bolcheviques
21:12susceptibles
21:12de le remplacer.
21:16Voilà ce qu'il dit.
21:17Le camarade Staline,
21:18devenu secrétaire général,
21:20je vous rappelle
21:20que c'est Lénine
21:22qui a nommé Staline
21:22secrétaire général
21:23début 1922,
21:25quelques mois plus tôt.
21:26Le camarade Staline,
21:27devenu secrétaire général,
21:28a concentré
21:29entre ses mains
21:30un pouvoir illimité.
21:32C'est fort.
21:32Et il continue,
21:34et je ne suis pas sûr
21:35qu'il puisse toujours
21:36s'en servir
21:37avec assez
21:38de circonspection.
21:40La suite montrera
21:41qu'effectivement.
21:42Le paradoxe,
21:43c'est que c'est sans doute
21:44Lénine,
21:45dans son testament,
21:46qui met en avant
21:48le caractère dangereux
21:49de Staline,
21:50alors que la figure
21:51de Staline
21:52est encore une figure
21:53de second plan
21:54pour les autres dirigeants
21:56bolcheviques.
21:57Et que le conflit
21:58pour la succession,
21:59au départ,
21:59ne se joue pas
22:00entre Staline et Trotsky.
22:01Elle se joue entre
22:02Trotsky, Zinoviev,
22:04Kamenev, Bukharin.
22:05Et que Staline
22:07est à ce moment-là
22:07encore à l'arrière-plan.
22:11Là, on est entre
22:12le 23 et le 31 décembre.
22:13Et voilà que le 4 janvier,
22:15donc,
22:15huit jours plus tard,
22:18Lénine se reprend
22:19et ce sera sa dernière
22:20expression sur l'affaire.
22:21C'est quand même
22:21extraordinaire.
22:22Voilà ce qu'il dit.
22:23Staline est trop brutal.
22:25Il serait peut-être
22:25temps de s'en apercevoir,
22:26au milieu de tous
22:27ces bolcheviques
22:28extrêmement brutaux.
22:29Staline est trop brutal
22:31et ce défaut,
22:32parfaitement tolérable
22:33dans notre milieu
22:34et dans les relations
22:35entre nous,
22:36communistes,
22:36ne l'est plus
22:37dans les fonctions
22:38de secrétaire général.
22:39Je propose donc
22:41aux camarades
22:41d'étudier un moyen
22:43pour démettre Staline.
22:48Dans ce testament,
22:50Lénine se montre
22:51beaucoup plus clément
22:51avec Trotsky.
22:53certes,
22:54il lui reproche
22:55son excès d'assurance,
22:56mais il salue aussi
22:57ses qualités intellectuelles.
22:59Il le présente
23:00comme l'homme
23:01le plus capable
23:01du comité central.
23:04Pourtant,
23:05Trotsky ne va tirer
23:06aucun bénéfice
23:07de l'appréciation
23:07de Lénine.
23:08Contre toute attente,
23:10c'est Staline
23:11qui pousse l'avantage.
23:15Staline est très malin.
23:17Il fait une mise en scène
23:18de la révélation
23:19du testament de Lénine
23:21et il dit,
23:22voilà, camarade,
23:23les dernières paroles
23:24du camarade Lénine,
23:26etc.
23:27Donc,
23:27le camarade Lénine
23:29a proposé
23:30que je sois démis
23:30de mes fonctions.
23:31Donc,
23:32je vous propose
23:33de me démettre
23:33de mes fonctions.
23:34Évidemment,
23:35comme c'est lui
23:35qui a fait le congrès,
23:36tout le congrès,
23:37camarade Staline,
23:38non, non, non,
23:38restez avec nous.
23:41Sympathique mise en scène.
23:42Et dans cette ambiance-là,
23:44Trotsky est coincé.
23:45Voilà ce qu'il déclare,
23:46ce qu'il le ficelle
23:47définitivement.
23:49Aucun de nous
23:50ne peut ni ne veut
23:51avoir raison
23:52contre son parti.
23:53En dernière analyse,
23:54c'est toujours
23:55le parti
23:55qui a raison.
23:56Évidemment,
23:57si le parti
23:58est tenu par Staline,
23:59eh bien,
24:00c'est Staline
24:00qui aura toujours raison.
24:09A partir de là,
24:11il crée véritablement
24:12une sorte de
24:13héritage de Lénine.
24:15Il crée véritablement
24:16la pensée de Lénine.
24:18Ça peut y avoir
24:19comme ça,
24:20la pensée de Marx,
24:21Engels,
24:22Lénine,
24:23et s'ajoutera Staline.
24:30Alors que Lénine
24:31lui-même
24:31recommandait
24:32la plus grande
24:32méfiance à son égard,
24:34Staline réussit
24:35le tour de force
24:35d'apparaître
24:36comme son héritier.
24:38Trotsky commence
24:39à comprendre
24:40qu'il a sous-estimé
24:41Staline
24:42et il n'est pas
24:43au bout
24:43de ses surprises.
24:56En 1926,
24:58Staline et Trotsky
24:59se retrouvent
24:59à l'enterrement
25:00d'un ancien bolchevik,
25:01Dzerzhinsky,
25:02un de leurs proches.
25:10Staline marche devant.
25:12Trotsky est plus en retrait.
25:20Celui qui a mené
25:21la révolution
25:21dix ans plus tôt
25:22sait sans doute
25:23que ses jours
25:24au sein du parti
25:24sont désormais comptés.
25:27C'est la dernière fois
25:28que Staline et Trotsky
25:29apparaissent ensemble
25:30en public.
25:32Maintenant que la guerre civile
25:33a fait des millions de morts,
25:35Staline,
25:35comme la plupart
25:36des bolcheviques,
25:37a abandonné l'idée
25:38de la révolution mondiale.
25:41En revanche,
25:42pour Trotsky,
25:43elle reste une idée
25:44fixe.
25:45Il veut reprendre
25:46les armes.
25:49Staline, lui,
25:50a compris que dans le pays
25:51comme dans le parti communiste,
25:53l'heure n'est pas
25:53à l'exportation
25:54de la révolution.
25:56C'est parce que
25:57cet appareil
25:57veut vivre tranquille.
26:00Il veut bénéficier
26:01des avantages
26:01que Staline,
26:02en tant que secrétaire
26:03des communistes centrales,
26:04lui attribue
26:06qui sont des avantages matériels.
26:08Et c'est des avantages matériels
26:09dans un pays
26:10qui a faim.
26:11Ce qu'il faut se rappeler
26:12que l'URSS
26:13est un pays
26:13qui a toujours
26:14connu la pénurie.
26:15Donc le fait
26:16d'avoir un poste
26:17où vous avez
26:18des avantages matériels,
26:19où vous avez
26:20un petit paquet
26:20d'alimentation
26:22tous les mois,
26:23où vous avez
26:23un salaire double,
26:25puis triple,
26:25puis quadruple,
26:26etc.,
26:27c'est très important.
26:29Et qu'est-ce que
26:29Stroski leur dit
26:30à ces gens-là ?
26:31Il leur dit
26:31qu'il faut aider
26:31la révolution en Allemagne,
26:33il faut aider
26:33la révolution en Chine,
26:35il faut aider
26:35la révolution en Angleterre.
26:37Mais non,
26:38laisse-nous vivre tranquilles.
26:39C'est le prof
26:40de tout appareil.
26:41Vive tranquille.
26:42Staline,
26:42il avait
26:44une très bonne connaissance
26:45des ressorts
26:46de la psychologie humaine.
26:47Et je pense
26:48qu'il savait flatter
26:49chez un certain nombre
26:50de personnes
26:51qui étaient
26:51plus ou moins
26:52de même type que lui,
26:53des ressorts,
26:54des ressorts d'ambition,
26:55des ressorts
26:56de jalousie,
26:57d'envie,
26:58des ressorts
26:59de violence,
27:00et qu'il savait
27:00faire ressortir
27:01chez toutes ces personnes-là
27:04ces traits psychologiques
27:05qui les poussaient
27:06à agir
27:07et qui les poussaient
27:08à agir
27:08dans le sens
27:09des intérêts
27:09de Staline.
27:12Pour atteindre
27:13le sommet du parti,
27:15Staline va s'appuyer
27:16sur les membres
27:16du bureau politique
27:17et les liguer
27:18les uns contre les autres.
27:20Il parvient d'abord
27:21à convaincre
27:22Zinoviev et Kamenev
27:23de faire équipe
27:24avec lui
27:25pour écarter Trotsky.
27:27Puis la manipulation
27:29continue.
27:29Il mente Bukharin
27:31contre Trotsky,
27:32Zinoviev et Kamenev.
27:35Dissimulateur hors pair,
27:36il parvient ainsi,
27:37lentement mais sûrement,
27:39à écarter de sa route
27:40les anciens révolutionnaires
27:41polcheviques.
27:45Dans le même temps,
27:46il profite de son poste
27:48de secrétaire général
27:49pour nommer
27:50des hommes à sa botte.
27:52Il va même jusqu'à organiser
27:53une promotion Lénine
27:54pour ouvrir aux militants
27:56de base
27:56les portes du parti
27:57jusque-là réservées
27:58à l'élite de 1917.
28:03En fait,
28:04c'était un poste-clé
28:04puisque ça a permis
28:05à Staline,
28:06par toute une succession
28:07de nominations
28:08très bien orientées,
28:09de remplacer progressivement
28:10ceux qui avaient fait
28:11la révolution
28:12et surtout la guerre civile
28:13par un certain nombre
28:15d'affidés
28:15qui devaient leur carrière,
28:16qui devaient non pas
28:17leur carrière
28:17à leurs exploits révolutionnaires,
28:18mais au fait du prince déjà,
28:21le prince de Moscou,
28:22Staline.
28:25Staline s'est créé
28:26une cour de fidèles.
28:28Trotsky a beau dénoncer
28:29la bureaucratisation
28:30du parti,
28:31il a beau critiquer Staline
28:32parce qu'il est un homme
28:33de l'appareil,
28:34il est trop tard.
28:37Le piège du tsar
28:38se referme implacablement
28:40sur le prophète.
28:44Trotsky a été victime
28:46certainement de lui-même,
28:47c'est-à-dire à la fois
28:49de son intelligence remarquable,
28:52de son côté brillant
28:53qui l'a conduit
28:54incontestablement,
28:55comme d'autres,
28:56à sous-estimer Staline.
28:59Trotsky disait
28:59que c'était une médiocrité.
29:01C'était comme ça
29:02qu'il qualifiait Staline.
29:03Jamais on n'a vu
29:04dans l'histoire
29:05une telle pléiade
29:06d'esprits brillants,
29:09cultivés,
29:11extraordinaires
29:11attachés à un même dessin.
29:13Détruire l'ordre ancien
29:14et fonder un ordre nouveau.
29:15Très bien.
29:17Et parmi eux,
29:18il y avait la médiocrité.
29:19Et c'est la médiocrité
29:20qui l'a emporté.
29:25En 1927,
29:27Staline solde
29:28son différent
29:28avec Trotsky.
29:29Il l'exclut du parti.
29:35Trotsky est ensuite envoyé
29:36manu militari à Almahata,
29:38au fin fond du Kazakhstan.
29:43Staline veut se débarrasser
29:44de son rival,
29:45mais il ne peut pas le tuer.
29:48Pas encore.
29:51Dix ans à peine
29:52après la révolution russe,
29:54personne au sein du parti
29:55ne comprendrait
29:55une telle décision.
29:58Puis Staline exile Trotsky
29:59en le chassant
30:00d'Union soviétique.
30:04Trotsky ne sait pas alors
30:05qu'il ne reviendra
30:05jamais dans son pays.
30:09Si la partie
30:10semble gagner
30:10pour Staline,
30:12l'affrontement
30:12entre les deux hommes
30:13est loin d'être terminé.
30:17Le duel
30:18va se poursuivre
30:18à distance.
30:42En février 1929,
30:45Trotsky arrive en Turquie,
30:46dans l'archipel
30:48de Principio,
30:49au large d'Istanbul.
30:52Sa femme Natalia
30:53l'accompagne.
30:55Son fils Léon Sédhoff
30:56est là aussi.
31:02Trotsky pense que Staline
31:04a choisi de l'expulser
31:04en Turquie
31:05pour l'isoler davantage
31:06et le réduire
31:07à l'impuissance.
31:10Il ne connaît personne
31:11dans ce pays
31:11dont il ne parle pas
31:12la langue.
31:16Mais Trotsky
31:17ne se décourage pas
31:18pour autant.
31:20Dès le mois
31:20de juillet 1929,
31:22il crée le bulletin
31:23de l'opposition
31:24dans lequel il va
31:24dénoncer l'attitude
31:25et la politique
31:27de Staline.
31:30Le paradoxe,
31:31c'est qu'à partir
31:32du moment
31:33où il est exilé,
31:35éliminé politiquement,
31:36pense-t-on,
31:37en réalité,
31:37Trotsky va continuer
31:39son action
31:40et son activité
31:41dans les années 30
31:42et être un des points
31:43de référence
31:44et le seul
31:45qui se construit
31:46comme tel
31:47face à Staline
31:49et au pouvoir
31:50d'État russe.
31:51parce que s'il est exilé,
31:53ce n'est pas simplement
31:54parce qu'on veut
31:55se débarrasser de lui
31:56parce qu'il est gênant,
31:57mais parce qu'il refuse
31:58les compromis politiques
32:00ou il refuse
32:00de se taire.
32:04Trotsky essaie
32:05de porter une parole
32:06d'opposant,
32:07mais depuis l'étranger,
32:08il a moins de chances
32:09d'être entendu
32:09en URSS.
32:16Staline,
32:17le petit bandit
32:18du Caucase
32:19auquel personne
32:19ne prêtait attention,
32:21devient le maître
32:22incontesté
32:22de l'Union soviétique.
32:25Il se fait appeler
32:27le petit père des peuples,
32:29une expression
32:29jadis réservée
32:30aux tsars.
32:43Peu à peu,
32:45il met en place
32:45sa politique,
32:47ses réseaux
32:47et ses hommes
32:48pour tenir d'une main
32:49de fer
32:49l'URSS.
32:52Staline s'est affranchi
32:53de toute opposition
32:55et désormais
32:56son objectif
32:56est d'industrialiser
32:57le pays
32:57le plus rapidement possible
32:58pour qu'il puisse résister
33:00en cas de nouvelle guerre.
33:06En quelques années,
33:08Staline va totalement
33:09changer le visage
33:10de l'Union soviétique.
33:11Il fait construire
33:12le métro de Moscou,
33:15implanter des villes nouvelles,
33:17creuser des canaux
33:18et élever des barrages.
33:21Tout cela participe
33:22de l'édification
33:23du socialisme.
33:27L'aura qu'il offre
33:28à l'Union soviétique
33:29connaît un écho
33:30enthousiaste
33:31dans la plupart
33:31des partis communistes
33:32de l'Europe occidentale,
33:34principalement en Italie
33:35et en France.
33:41Nous avons la volonté
33:42d'aller plus loin
33:44jusqu'à la République française
33:45des soviets
33:46que nous ferons triompher
33:48sous le drapeau
33:49de l'international communiste
33:50sous la panière invincible
33:52de Marx,
33:53Engels,
33:54Lénine,
33:54Staline.
33:55Nous savons
33:56que la bataille sera rude
33:57mais nous sommes sûrs
33:59de la victoire
33:59et nous ne craignons pas
34:01à l'appel de Dimitrov
34:03d'affronter
34:04les flots tumultueux
34:05car à la barre
34:07de notre navire
34:07est entre les mains
34:09ferme du plus grand
34:10des pilotes
34:10de notre cher
34:11et grand Staline.
34:20Aucun secrétaire
34:21d'un parti communiste
34:21à cette époque-là
34:22dès le début des années 30
34:24ne peut être nommé
34:24sans l'accord de Moscou.
34:26C'est soit Staline
34:27personnellement
34:28qui vise ça,
34:29soit son secrétariat.
34:30Ils choisissent en général
34:31avec beaucoup de soin
34:33un secrétaire
34:34par rapport auquel
34:36ils aient un petit élément
34:37compromettant
34:37qu'ils peuvent utiliser
34:38contre lui.
34:41Staline devient un héros
34:42pour les communistes
34:43du monde entier.
34:46Moscou est synonyme
34:47de terre promise.
34:50Fort de sa toute puissance
34:52et de sa réussite,
34:53Staline est entré
34:54dans la cour des grands
34:55et son portrait trône
34:56désormais à côté
34:57de ceux de Lénine,
34:58Marx et Engels.
35:01On est parti
35:01par le chevique
35:02et son chèque
35:03Staline et pipi !
35:04Ouah !
35:05Et pipi !
35:06Ouah !
35:07Et pipi !
35:08Ouah !
35:09Mais pour que son pouvoir
35:10soit absolu,
35:11il doit se débarrasser
35:13de tous ceux
35:13qui d'une manière
35:14ou d'une autre
35:15pourraient encore
35:15lui faire de l'ombre.
35:18Une fois de plus,
35:20le camarade Staline
35:21fait preuve
35:22d'une ruse machiavélique.
35:25Il va profiter
35:26de l'assassinat
35:27de Kirov,
35:28un membre important
35:29du bureau politique
35:30exécuté
35:31dans des conditions
35:31troubles
35:32pour lancer
35:33l'élimination
35:34systématique
35:35de tous les opposants
35:35et mettre en marche
35:36la politique de la terreur.
35:40Staline a
35:41dès qu'il a eu
35:41l'information,
35:42il a immédiatement
35:43compris tout
35:44le bénéfice politique
35:45qu'il allait pouvoir
35:45tirer de cet assassinat.
35:47Il a foncé
35:48avec son train spécial
35:49à Saint-Pétersbourg,
35:51Leningrad à ce moment-là.
35:53Il a fait le ménage,
35:54il a fait liquider
35:55des témoins
35:56qui auraient pu
35:56contredire son discours.
35:58Et il a dit
35:58voilà,
35:59Kirov a été assassiné
36:01par les traîtres
36:01au parti.
36:02Et c'est Zinoviev
36:04qui est responsable
36:05et c'est Kameniev
36:06et au-dessus
36:06c'est Trotsky.
36:07Et ça lui a permis
36:09d'inaugurer
36:09l'assassinat
36:10des membres du parti,
36:12ce qui jusque-là
36:13était presque impensable.
36:15Et alors à partir de là,
36:16évidemment,
36:16ça a pris des proportions.
36:25Comme pour la succession
36:26de Lénine,
36:27Staline va procéder
36:28de manière très méthodique.
36:31Sa stratégie passe d'abord
36:32par une vaste campagne
36:33de propagande
36:34qui va bien au-delà
36:35des frontières
36:36de l'Union soviétique.
36:45Depuis 1933,
36:46Hitler a pris le pouvoir
36:48en Allemagne.
36:50Pour les communistes
36:51du monde entier,
36:52le Führer devient
36:53le principal ennemi.
36:56Staline ne va pas hésiter
36:58à entretenir
36:58une comparaison
36:59entre Trotsky
36:59et le chancelier
37:01du Troisième Reich.
37:05D'autant que
37:06la propagande
37:07anti-trotskiste
37:08elle est extrêmement violente.
37:09Le parti communiste français
37:11par exemple
37:11publie une brochure
37:12contre Doriot
37:14et puis avec Doriot
37:15qui a un masque
37:16de Trotsky
37:17ou un masque
37:17de Hitler,
37:18etc.
37:19Donc vous imaginez
37:20en pleine période
37:21de front populaire
37:22si on dit Trotsky
37:23les hitlero-trotskistes.
37:24Les trotskistes
37:25sont les alliés d'Hitler.
37:27Les gens
37:28sont tétanisés.
37:29On ne peut pas soutenir
37:30Trotsky.
37:31Ce n'est pas possible.
37:32Donc là,
37:33Staline met en place
37:34un rouleau
37:35compresseur de propagande
37:36extraordinaire
37:37y compris au Vietnam,
37:38y compris en Chine,
37:39partout.
37:40Dès qu'il y a un communiste
37:41dans les années
37:4233, 34, 35, 36
37:44et si jamais
37:45il y a des trotskistes
37:46dans le secteur,
37:47ils sont attaqués
37:47et même ils sont liquidés
37:48si nécessaire.
37:50Physiquement.
37:55Staline parvient
37:56peu à peu
37:56à décrédibiliser
37:57les hommes
37:58qui incarnent
37:58la vieille garde
37:59du parti
37:59et une certaine
38:00fidélité à Trotsky.
38:03Le deuxième acte
38:04de leur élimination
38:05se joue
38:06lors des trois procès
38:07qui vont se tenir
38:07à Moscou
38:08entre août 1936
38:09et mars 1938.
38:14Staline fait monter
38:15de toutes pièces
38:15des dossiers d'accusation.
38:19Il a chargé
38:20les agents du NKVD,
38:21sa police politique,
38:23d'extorquer des aveux
38:24aux vieux bolcheviques.
38:26Lors des audiences publiques,
38:28Zinoviev,
38:29Kamenev,
38:30Bukharin,
38:31entre autres,
38:31vont devoir subir
38:32les foudres
38:33et même les insultes
38:33du procureur Vichinsky,
38:35un proche de Staline.
38:54On sait maintenant
38:55que ces procès
38:56étaient entièrement
38:57truqués.
38:58Entièrement truqués.
38:59C'était de véritables
39:00pièces de théâtre.
39:01Les accusés
39:02avaient appris
39:02leur rôle,
39:03le procureur
39:04avait appris son rôle,
39:05ont récité
39:06une pièce.
39:07Mais c'était très bien fait.
39:08C'était très bien fait
39:09parce que vous savez,
39:10avec la terreur,
39:11vous pouvez faire marcher
39:12les gens très très droits.
39:14Il y a des histoires
39:15cauchemardesques.
39:16On dit,
39:17vous accusez,
39:17est-ce que vous avez mis
39:18des clous dans le beurre
39:19du peuple ?
39:20Oui, disent ces hommes
39:21si intelligents,
39:21ces grands intellectuels.
39:22Nous avons mis des clous
39:23dans le beurre du peuple.
39:25Et vous en avez mis
39:25dans les oeufs du peuple ?
39:27Non, disent ces hommes
39:28intelligents.
39:29Vous ne pouvez pas
39:29parce qu'il y avait
39:30une coquille.
39:32Bon, la presse étrangère
39:33a assisté à ce procès
39:35et elle a trouvé ça
39:36tout à fait normal.
39:57Trotsky est condamné
39:58à mort lui aussi,
39:59mais par contumasse.
40:01Il sait que Staline
40:02n'a pas l'intention
40:03de laisser ce jugement
40:04sans effet.
40:09de la mort.
40:10Ceux étrangers
40:10ne se développent
40:12pas de communisme,
40:13pas de socialisme,
40:15mais de stalinisme,
40:17c'est-à-dire
40:17le désespérateur
40:18de la bûre
40:19contre les gens.
40:21Quoi est maintenant
40:22ma principale
40:23de révéler la vérité ?
40:26Pour montrer
40:26et montrer
40:27que les vrais criminels
40:29se trouvent
40:30sous le clou
40:31des accusés ?
40:35Mais les protestations
40:37de Trotsky
40:37pèsent peu
40:38face à la machine
40:39stalinienne
40:40qui écrase tout
40:40sur son passage.
40:43Tous les livres
40:44de Trotsky,
40:45tous les ouvrages
40:46où Trotsky
40:46apparaît en héros
40:47de la révolution russe
40:48sont retirés
40:49des bibliothèques
40:50jusqu'à gommer
40:51l'image du fondateur
40:52de l'armée rouge.
40:58Il y a cette fameuse
40:59photo très connue,
41:01truquée,
41:02d'un discours de Lénine
41:03sur une tribune
41:04en plein air,
41:05et puis il y a
41:05un petit escalier
41:06pour monter à cette tribune,
41:07et Trotsky est dans l'escalier.
41:09Et bizarrement,
41:10un beau jour,
41:10il a disparu.
41:12Il n'y a plus personne
41:12dans l'escalier,
41:13et tout est comme ça.
41:15Mais ça,
41:15c'est la grande méthode
41:17stalinienne
41:17du trucage des photos.
41:28Ces photos n'étaient pas
41:29destinées à tromper
41:31les plus vieux bolcheviques,
41:33à tromper
41:33les responsables de parti,
41:34mais à diffuser un message.
41:37Le message était
41:38ne parlez plus
41:39de ces personnes.
41:41Maintenant,
41:41parlez de un tel
41:42ou de un tel,
41:43et parlez en particulier
41:44de Trotsky,
41:45et non seulement condamnable,
41:46mais dangereux pour vous.
41:49Après la Turquie,
41:50Trotsky a obtenu l'asile
41:52en France,
41:53puis en Norvège.
41:58Mais, peu à peu,
42:00il devient indésirable
42:01partout en Europe.
42:03Aucun dirigeant
42:04ne veut prendre le risque
42:05de déplaire à Staline
42:06en accueillant Trotsky
42:08sur son territoire.
42:16Seul le Mexique
42:17accepte de le recevoir.
42:20Trotsky arrive à Mexico
42:21en janvier 1937.
42:25Avec sa femme Natalia,
42:27il est hébergé
42:28par Frida Kahlo
42:29et Diego Rivera.
42:32Les deux peintres mexicains,
42:33militants communistes,
42:34ont accepté
42:35de les accueillir.
42:38Trotsky espère toujours
42:39fédérer des partisans
42:40autour de son nom.
42:41Il crée une nouvelle
42:42organisation,
42:43la 4e Internationale.
42:46Il met également sur pied
42:48une commission
42:48pour démonter
42:49les accusations
42:49des procès de Moscou.
42:53Mais même à des milliers
42:54de kilomètres
42:54de l'Union soviétique,
42:56Trotsky voit l'étau
42:57se resserrer autour de lui.
42:59en 1938,
43:01il apprend la mort
43:02de son fils
43:02Léon Sedoff.
43:04Opéré à Paris
43:05pour une banale crise
43:05d'appendicite,
43:07Sedoff est décédé
43:08lors de l'intervention.
43:10Pour Trotsky,
43:12les conditions
43:13de son décès
43:13ne laissent place
43:14à aucun doute.
43:17Staline a fait
43:18assassiner son fils.
43:20Il est désormais
43:22le prochain sur la liste.
43:26Ils sont fermés
43:27plusieurs jours
43:28dans sa chambre
43:29avec Nathalie.
43:30Ils prenaient
43:31qu'un peu de thé.
43:34Et après,
43:35ils sortaient,
43:36mais beaucoup
43:37habillés
43:38après ces journées
43:40de deuil.
43:44Souvent,
43:45quand les secrétaires,
43:47les camarades,
43:48les gardes
43:51parlaient avec moi,
43:52ils leur indiquaient
43:53ne pas aller pas
43:54de politique
43:55avec mon petit-fils.
43:58Au contraire,
43:59ils voulaient
44:00m'éloigner
44:02de ce milieu.
44:04Toute la famille
44:06avait sucumbé,
44:09périt
44:09dans cette lutte.
44:10alors au moins,
44:13ils voulaient
44:14que le petit-fils
44:17puisse
44:18survivre.
44:21Il a réussi.
44:22Personne dans la famille
44:23est arrivé
44:25à l'âge
44:25de 48 ans
44:26que j'ai actuellement.
44:31Mais Trotsky
44:32peut encore espérer
44:33endosser le costume
44:33du rival de Staline.
44:36C'est en tout cas
44:37la crainte
44:37du maître du Kremlin.
44:42Nous sommes en 1939.
44:44Staline,
44:45qui dénonçait
44:45quelques années plus tôt
44:46les hitlerotrotskistes,
44:48signe,
44:48à la stupéfaction générale,
44:50un pacte de non-agression
44:51avec l'Allemagne d'Hitler.
44:55Il veut se donner du temps
44:56pour combattre les nazis,
44:57mais il sait
44:58que son calcul
44:59n'est pas compris
44:59par bon nombre
45:00de militants communistes
45:01dans le monde entier.
45:06L'hostilité
45:06au pacte germano-soviétique
45:08est profonde.
45:09Alors,
45:09on est discipliné
45:10jusqu'à un certain point,
45:11mais si on pouvait
45:12se débarrasser
45:13de cette alliance
45:14invraisemblable
45:14avec Hitler,
45:15tout le monde serait d'accord.
45:17Eh bien,
45:18Trotsky
45:19représente
45:20un point fixe.
45:21Il est crédible.
45:22Il a ce prestige révolutionnaire.
45:24Il n'a jamais
45:26louvoyé avec Staline
45:27depuis le début
45:28de son exil.
45:28et imaginons
45:29qu'à un moment donné,
45:31ils prennent clairement
45:32et fortement position
45:33en appelant
45:34tous les militants communistes
45:35à enterrer
45:36leur divergence
45:36et à rejeter
45:37le pacte germano-soviétique.
45:43Politiquement battu,
45:45condamné à l'exil,
45:46Trotsky
45:47n'en reste pas moins
45:48un danger pour Staline.
45:51En 1939,
45:53son élimination physique
45:54devient une priorité.
46:08Le 24 mai 1940,
46:11une vingtaine d'hommes
46:12habillés en policiers mexicains
46:13pénètrent dans la maison
46:14de Léon Trotsky.
46:18Armés de mitraillettes,
46:20ils arrosent de balles
46:21la chambre
46:21où il dort
46:22avec son épouse Natalia.
46:24Esteban,
46:25le petit-fils de Trotsky,
46:26est réveillé en sursaut
46:27dans la pièce voisine.
46:29Mon grand-père
46:30était moitié endormi
46:32parce qu'il prenait
46:33des somnifères
46:34et Nathalie,
46:35rapidement,
46:36l'a tirée du lit
46:38et l'a poussée
46:39dans le coin,
46:40de le coin sud-est
46:43de la chambre
46:43sous une table
46:44et c'est ça
46:45qui leur a sauvé la vie.
46:58Léon Trotsky
46:59et Natalia
46:59s'en sortent
47:00miraculeusement.
47:01L'enquête
47:02montrera que l'attaque
47:03a été menée
47:04par Siqueiros,
47:05un membre
47:05du parti communiste
47:06mexicain,
47:08fervent partisan
47:08de Staline.
47:10Lui et ses complices
47:11seront arrêtés,
47:12mais très vite
47:12relâchés
47:13en l'absence
47:13de preuves.
47:15Dans les jours
47:16qui suivent l'attaque,
47:17la sécurité
47:18de la maison
47:19est renforcée.
47:20On y installe
47:21des portes blindées,
47:22une clôture électrifiée
47:23et un système d'alarme.
47:27Mais Trotsky sait
47:28que l'attentat
47:29du 24 mai
47:29n'est qu'une répétition
47:31générale.
47:32La prochaine tentative
47:33sera la bonne.
47:35C'est là
47:36que Ramon Mercader
47:37entre en scène.
47:39Ce jeune communiste
47:40espagnol,
47:41agent des services
47:42secrets soviétiques,
47:43qui se fait appeler
47:44Jacques Mornard
47:45ou Frank Jackson,
47:46se prépare depuis
47:47des mois
47:47à l'élimination
47:48de Trotsky.
47:50Il a d'abord
47:51séduit une jeune militante,
47:53Sylvia Agueloff.
47:55C'est elle
47:55qui va l'introduire
47:56dans la maison
47:57de Trotsky.
47:58Ramon Mercader
48:00devient peu à peu
48:01un habitué des lieux.
48:03trois fois.
48:04Il nous a amenés
48:05en voiture
48:08promener
48:09dans la campagne
48:10de Mexico.
48:14Il donnait des cadeaux
48:15aussi.
48:18Trotsky est tellement isolé
48:20dans sa maison
48:21bunkerisée au Mexique.
48:23Il voit arriver
48:23un jeune belge,
48:25paraît-il,
48:26canadien,
48:27on ne sait plus
48:27très bien ce qu'il est,
48:28peu importe,
48:29qui est très admiratif,
48:30le grand Trotsky,
48:31etc.
48:32Mais vous savez,
48:33moi je connais
48:33très peu de choses
48:34à la politique
48:34mais je serai très désireux
48:35d'apprendre,
48:36etc.
48:37D'ailleurs,
48:37je suis tout prêt
48:38à essayer d'écrire
48:40un article
48:40pour vous soutenir,
48:41etc.
48:41Bon, voilà.
48:43Le 20 août 1940,
48:46Ramon Mercader
48:46prétend vouloir
48:47soumettre à Trotsky
48:48un article
48:49qu'il vient d'écrire.
48:52Trotsky est assis
48:53à son bureau.
48:54Quand il se penche
48:55pour lire,
48:57Ramon Mercader
48:57saisit le piolet
48:58qu'il cache
48:59dans son imperméable
49:00et le frappe
49:01violemment au crâne.
49:11Esteban,
49:12le petit-fils
49:13de Trotsky,
49:14qui a 13 ans
49:14à l'époque,
49:16rentre du collège.
49:18Tout de suite,
49:19j'ai senti
49:20une angoisse,
49:21que quelque chose
49:22était en train
49:23d'arriver.
49:24Alors j'ai scéléré
49:25mon pas,
49:26je suis rentré
49:26dans le jardin
49:27et tout de suite,
49:28je suis cogné
49:30avec un des gardes
49:31et par la porte
49:32qui était
49:34entre-ouverte,
49:35alors j'ai vu
49:36le grand-père
49:37qui était dans
49:38le parquet,
49:41plein de sang,
49:42avec Nathalie,
49:44les gardes là.
49:45Et quand le grand-père
49:47a entendu
49:48mes marches,
49:49il a indiqué
49:50au garde
49:52éloigné,
49:53Siewa,
49:54mon petit-fils,
49:54il ne doit pas
49:55voir cette scène.
49:59Et en même temps,
50:00s'il arrivait
50:01à indiquer
50:02au garde,
50:04quand il entendait
50:07les gémissements
50:08de l'assassin,
50:11n'allait pas
50:12le tuer,
50:12il doit parler.
50:18Trotsky est immédiatement
50:19transporté à l'hôpital.
50:21Il meurt
50:22le lendemain
50:22de son agression.
50:27300 000 personnes
50:29assistent
50:29à ses obsèques
50:30à Mexico.
50:33Avant de s'éteindre,
50:35il prononce
50:36ses dernières paroles.
50:39« Dites à nos amis,
50:41je suis sûr
50:42de la victoire
50:42de la quatrième
50:43internationale. »
50:50Ramon Mercader
50:51est condamné
50:51à 20 ans
50:52de prison.
50:53De retour à Moscou
50:54dans les années 60,
50:55il est fait héros
50:57de l'Union soviétique.
51:00Trotsky reste
51:01pour l'histoire
51:01l'héritier contrarié,
51:04l'homme
51:04d'un autre communisme.
51:07Mais sa mort
51:08témoigne aussi
51:08de la force
51:09de Staline,
51:10capable d'abattre
51:11un adversaire
51:11à des milliers
51:12de kilomètres
51:12de Moscou.
51:14Le tuer politiquement
51:15n'était pas suffisant.
51:17Le tsar
51:18devait terrasser
51:19le prophète.
51:25Après la rupture
51:26du pacte germano-soviétique
51:28par Hitler
51:28en 1941,
51:30Staline va livrer
51:31un combat décisif
51:32contre l'Allemagne nazie
51:33pour s'imposer
51:34comme l'un des maîtres
51:35du monde occidental
51:37à l'égal
51:37d'un Churchill
51:40ou d'un Roosevelt.
51:44Staline a non seulement
51:45vaincu Trotsky,
51:46mais il entre définitivement
51:47dans l'histoire.
52:17de l'Union de l'Ottawa.
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