- il y a 10 heures
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00:00J'ai des sourcils totalement indépendants, ils font ce qu'ils veulent, je m'amuse à faire des trucs comme
00:05ça.
00:11Bonjour Jean.
00:11Bonjour.
00:12Merci beaucoup d'avoir pris le temps de venir nous voir ici à Grand Ecran dans cette très belle salle,
00:16une finite au Grand Rex.
00:17Je t'en prie, c'est sympa.
00:18Et comme on est dans une salle de cinéma, je me demandais où est-ce que tu aimes ta soirée
00:23quand tu vas au cinéma.
00:24Je pense que je suis un peu comme tout le monde, un peu stratégique, on va dire, évidemment pas là,
00:28pas au fond, c'est un milieu dans l'axe.
00:30C'est un peu où tout le monde doit s'asseoir, c'est vrai.
00:31C'est pas très malin.
00:33Et t'as encore le temps d'aller au cinéma, tu vas encore voir des films ?
00:36Pas assez, j'aimerais y aller plus.
00:38Non, j'ai du plaisir d'y aller le matin, j'aimerais y aller vers 11h.
00:42J'y vais souvent en décalé, moi.
00:44Je vais souvent voir les films qu'on doit voir, enfin il y a des films, il y a des
00:48rendez-vous en tout cas.
00:49Je ne les vois pas forcément en salle puisqu'ils ne sont plus en salle, mais je les vois des
00:51fois sur un autre support.
00:53Alors à chaque interview Grand Ecran, on demande à la communauté d'aller au ciné de nous envoyer des questions.
00:57Et on va commencer, je vais te demander d'en choisir une.
01:00Ok, alors est-ce que je peux voir sans lunettes ?
01:04Quel souvenir gardez-vous de votre tournage avec God ?
01:08Ah, du coup Martin Scorsese.
01:10Voilà, God.
01:11Parce que c'est comme ça que tu l'as appelé.
01:13Ah, c'est pas moi, c'est comme ça qu'on l'appelle apparemment sur les tournages, c'est God.
01:17D'accord, donc on a une question à poser à Scorsese, on fait I have a question for God, c
01:21'est ça ?
01:21Oui, exactement.
01:22Ravi de faire votre connaissance.
01:23Ravi aussi.
01:24J'ai un souvenir d'un homme très délicat, très à l'écoute de son équipe, très à l'écoute
01:29de ses acteurs, de son film.
01:31Sa femme était là aussi, très à l'écoute de sa femme, très respectueux des gens.
01:34Il impose un silence quand il arrive, non pas parce que c'est pas du tout un truc de dictateur,
01:38c'est juste une façon pour lui de prendre le temps de dire bonjour à tout le monde, de se
01:43concentrer sur le film et de démarrer une mise en place de la séquence.
01:47Donc il fait, gentleman, il serre la main à tout le monde.
01:52A tel point, quand on lui dit, les figurants, on les appelle les extras, en fait il dit non, non,
01:58c'est the atmosphere.
01:59C'est-à-dire qu'il doit participer aussi au film, à la séquence.
02:02Donc c'est assez codifié, mais tout ça est très humain, en fait.
02:06Ce qui est intéressant avec les metteurs en scène américains, enfin anglo-saxons en tout cas, c'est qu'ils
02:11achètent vos propositions.
02:12C'est ce que m'avait dit DiCaprio avant la séquence.
02:14Il me dit, tu peux lui proposer des choses.
02:16Et j'avais proposé ça en disant, j'aimerais bien regarder Léo un peu comme une fable.
02:20Je suis un banquier suisse, un peu véreux, j'aimerais bien que son argent vienne dans ma banque.
02:23Donc je le regarde comme ça, je voudrais le regarder d'autant pas.
02:26Il me dit, oui, c'est bien, c'est une bonne idée, très bien, ok, tu veux faire quoi d
02:29'autre ?
02:29Alors on se lève, je dis, j'aimerais bien me lever, prendre un café, lui proposer.
02:34Donc on fait une petite danse comme ça, tous ensemble.
02:36Et très rapidement, on est très à l'aise.
02:39Parce qu'il aime profondément ce métier et qu'il en a tellement de références d'ailleurs.
02:44Il me parlait de Godard, il me parlait d'About de Souffle, il me parlait évidemment de la Nouvelle Vague.
02:49Il me parlait de certains plans qu'on pouvait faire, de certaines choses que Belmondo faisait quand il était jeune.
02:55En disant, tiens, quand tu prends le bras, peut-être que ça peut rappeler quelque chose.
02:58Il me dit genre, viens, tu parles en français, tout était ouvert, dis-moi des choses en français, balance-moi
03:02des trucs en français.
03:04Alors j'ai un petit cadeau pour toi.
03:05Parce qu'on aime bien offrir des cadeaux aux gens qui viennent nous voir.
03:09Je dois l'ouvrir maintenant ?
03:09Ouais, ouais, s'il te plaît.
03:10Ça fait partie du truc ?
03:11Ça fait partie du truc, ouais.
03:12Ça va pas me péter la gueule ?
03:13Non, non, non, ça va.
03:17Qu'est-ce que c'est ?
03:19Ah oui, d'accord, ah oui, ah bah oui, bien sûr.
03:21Ah bah c'est sympa, Jardin.
03:24Donc c'est un maillot de rugby.
03:25Voilà.
03:25L'équipe de France de rugby, c'est très gentil, c'est très délicat, merci beaucoup.
03:28Du coup, t'es un énorme fan de rugby, c'est ce que tu disais juste avant l'interview.
03:31En fait, je suis un faux énorme fan.
03:34Je vais vous dire ce que c'est le rugby, c'est un peu ma madeleine.
03:36Bon, j'en ai fait, on est quatre garçons dans la famille, mon père en a fait aussi pendant 35
03:40ans.
03:40Et le dimanche, on allait au stade et j'ai le souvenir de jouer où je n'avais pas le
03:45feu sacré.
03:46Mais surtout, c'est que je voyais mon père, je voyais mes frères, je voyais, je sentais l'odeur du
03:50camphre dans les vestiaires quand j'attendais mon père quand j'étais petit.
03:53C'est très olfactif comme souvenir.
03:54La liesse, enfin le bonheur quand il y a eu la victoire.
03:57À tel point qu'une fois, mon père, on était tous les quatre au stade, on était petits et ils
04:01avaient gagné le match.
04:02Il était rentré à la maison sans nous.
04:04Et ma mère lui dit, mais ils sont où les gosses ?
04:05Oh merde !
04:07Ils nous avaient oubliés au stade, bon c'était pas grave, il y avait des copains.
04:10Mais c'était très joyeux.
04:11Et en fait, j'aime me souvenir quand je regarde un match de rugby, ça me réchauffe, ça me rappelle.
04:15Puis au-delà de ça, c'est un sport qui est noble, c'est un sport qui est courageux.
04:18Je leur souhaite vraiment de gagner une Coupe du Monde, ne serait-ce que pour ouvrir ce sport.
04:23Bien sûr.
04:24On le sait, c'est un cliché de le dire, mais qui a des valeurs assez importantes, assez honnêtes et
04:27fondatrices.
04:28Donc j'ai de l'affection en fait pour ce ballon que l'on me presse contre le cœur.
04:34Mais toi, en tant que spectateur, par exemple, quand tu regardes le tournoi Destination, si tu le regardes, est-ce
04:38que tu as cette ferveur qu'avait ton père aussi ?
04:40Non, parce que c'est un truc que je n'aimais pas pour le coup, je n'aimais pas entendre
04:43mon père gueuler en me disant « la balle, vas-y ».
04:45Je trouvais ça beaucoup trop violent, enfin moi je ne sais pas que je cueillais les pâquerettes sur le terrain,
04:49mais il y avait parfois une forme d'agressivité, tu n'es pas forcément prêt quand tu es gosse.
04:52Je pense même que les écoles maintenant ont évolué aussi, à l'époque, ont poussé très fort, les années 70,
04:5780.
04:58On poussait la confrontation.
05:00La confrontation, etc. Je pense qu'on s'y prend, et ce n'est pas plus mal d'ailleurs de
05:02s'y prendre un peu, parce qu'on n'est pas égaux, on n'est pas des clones en fait,
05:05quand on a 10, 12 ans, on n'est pas les mêmes.
05:07On a des sensibilités, donc il faut pouvoir aussi détecter tout ça et que ça se passe bien, que ce
05:13soit du plaisir en fait.
05:15Est-ce que le côté physique c'est important aussi pour un acteur ? Quand on se prépare pour un
05:18film, pour en durer un tournage, je pense notamment à « Les rayons et les ombres » qui a dû
05:23être un très long tournage.
05:24Le physique est important en général, moi dans ma vie. C'est-à-dire que plus je me sens en
05:29mouvement, mieux je me sens.
05:30Moi je fais de la rando, je cours dans les bois, je cours même quand je suis dans des villes,
05:35je découvre des villes comme ça.
05:36Moi je peux courir à Berlin par exemple, c'est comme ça que je visite une ville en fait.
05:40Et donc quand je suis dans le mouvement, je suis dans la vie. Si je suis dans la vie, tout
05:43est possible.
05:44Donc quand j'ai des rôles physiques comme OSS par exemple, où j'ai des bagarres.
05:51Ou Zorro où je dois faire des combats d'épée.
05:55Je suis comme un labrador moi.
05:57T'es à l'aise quoi, t'es comme ?
05:58Oui, j'adore ça. Tant que le corps répond pas mal, donc ça veut dire en gros, dors bien, fais
06:03un peu gaffe à ce que tu bouffes,
06:05limite un peu, voilà, fais un peu attention parce que je veux pas péter mon plaisir quoi.
06:08Parce que c'est un plaisir d'être sur un plateau.
06:10C'est un plaisir d'être endurant parce qu'il faut l'être.
06:13Des fois il faut tenir 10, 12 heures et recommencer des séquences.
06:16Et en fait le plaisir que tu as, c'est quand tu t'endors le soir en disant, je crois
06:20qu'on a passé une bonne journée.
06:21On s'est bien amusé, on a pris du plaisir, on l'a fait honnêtement.
06:23Et ça se trouve, on a peut-être fait un bon film, mais ça c'est un miracle.
06:27Tu dis que c'est un miracle parce que tu sais jamais si tu fais un bon film quand tu
06:30es en train de le faire.
06:30Tu sais, c'est comme les projets que tu prends, les films que tu prends, généralement tu te dis c
06:34'est un projet un peu ambitieux.
06:35Celui-ci notamment, tu dis, ce sont des films qui font mal, ce sont des films qui font peur, ce
06:39sont des films importants, qui parlent de nous.
06:41Ce sont des films brûlants.
06:44Et généralement la peur n'arrive pas avant, parce que c'est un projet et tant qu'il n'est
06:48pas filmé, il n'existe pas.
06:50Et généralement la peur arrive à la fin, une fois que le film est fait.
06:53Mais ça ne sert plus à rien d'avoir peur. C'est comme recommencer tes séquences dans le lit en
06:57disant, pourquoi je ne l'ai pas joué comme ça ?
06:58De toute façon, ça ne sert à rien, tu viens de le faire.
07:00Justement, pour parler des rayons et les ombres qui sort le 18 mars, est-ce que tu peux nous expliquer
07:06qui est Jean Luchère ?
07:07C'est un personnage qui a été fusillé en 1946, qui était un collaborateur, qui est sûrement le symbole intellectuel
07:13de la collaboration avec l'Allemagne nazie.
07:16C'est un journaliste, rédacteur en chef d'un journal qui s'appelait d'abord Notre Temps, avant les années
07:23sombres on va dire.
07:24Au départ, dans les années 20 en tout cas, c'est un pacifiste convaincu et qui glisse petit à petit
07:29dans la collaboration.
07:30Donc il devient cette espèce de lien avec Otto Abetz qui est ambassadeur d'Allemagne en France.
07:35Il a été à la fois un peu instrumentalisé et il en a aussi grassement profité, entre 40 et 44
07:40on va dire.
07:41Est-ce qu'un acteur doit aimer son personnage pour l'interpréter comme ça ou être fasciné au moins par
07:45lui ?
07:46Moi je ne suis pas du tout fasciné par le personnage. Je n'ai pas essayé de m'accrocher à
07:50la personnalité de Jean Luchère.
07:52Ce qui m'intéresse, c'est la complexité humaine. Avec Jean Luchère, je dois interroger cette complexité humaine.
07:58Il n'est pas question d'incarner un personnage, il est question de raconter cette époque, raconter un père ambitieux,
08:05une jeune fille qui est dans la célébrité et qui devient un dommage collatéral absolument fou et le chaos en
08:10fait.
08:10Et les mauvais choix et l'aveuglement. Et en fait tout ça c'est super intéressant dans un film.
08:20J'ai rien à justifier. Rien !
08:23Surtout c'est que cette période-là, nos racines, je sais qu'elles ont tendance un peu à disparaître parce
08:27que l'époque ça évolue, etc.
08:28Mais enfin c'est quand même ce qui nous constitue. Quand on se souvient un petit peu d'où on
08:31vient, c'est pas mal.
08:32Les films servent toujours un peu à ça. Passer par cette époque pour voir comment on peut corriger notre société.
08:37Et c'est pas plus mal d'ailleurs. Et tant mieux. Et on avance.
08:39Mais c'est vrai qu'entre le 40 et 45, ce sont des racines un peu malades. On sait pas
08:43trop ce qui s'est passé.
08:44On sait qu'il y a eu des résistants de la première heure, on sait qu'il y a eu
08:48des collabos aîlés, on sait qu'il y a eu des choses très troubles.
08:52Le film ne juge pas. Le film dit ce qui n'est pas dit. Ce qu'on ne veut pas
08:56dire.
08:56On a effectivement la version officielle, les manuels scolaires, mais on n'a pas forcément les faits.
09:03Et sept ans de travail avec des biographes, avec des historiens.
09:07Xavier l'a fait avec Jacques Fieschi.
09:09Et ça donne ce film qui est intense, qui est fort, qui est profond et qui raconte beaucoup, beaucoup de
09:14choses de nous.
09:15Choses qu'on ne veut pas forcément tout le temps voir.
09:18À qui tu dois rendre des comptes pour tout ça ?
09:20À ma conscience.
09:21Le cinéma français a longtemps raconté des héros de la résistance.
09:24Cette année aussi, on va avoir un film sur De Gaulle, il y a un film sur Jean Moulin et
09:27Gilles Lelouches.
09:28Mais finalement, quasiment jamais cette période-là.
09:31Oui, on ne veut peut-être pas la voir.
09:33Et c'est vrai que ce n'est pas très français pour le coup.
09:35Les Américains ont fait un peu plus avec le Vietnam.
09:38Nous, si on cherche bien, on n'a pas vraiment de films sur l'Algérie.
09:42On n'a pas vraiment de films sur l'Indochine.
09:44On n'a pas beaucoup de films en fait sur nos...
09:46Il y a des choses qu'on ne veut pas dire, qu'on ne veut pas voir.
09:49Est-ce qu'il y a des gens qui étaient très impliqués dedans ?
09:52C'est ce qui est intéressant, c'est la complexité humaine.
09:55C'est la humaine, c'est comment on peut glisser comme ça.
09:58Comment on peut faire ça ?
09:59Moi, je suppose que des Jean Luchère, à l'échelle d'un pays, d'une région ou d'un village,
10:04il y en avait pas mal, il y en avait beaucoup.
10:06Et le cinéma d'ailleurs a cette fonction-là.
10:08Le cinéma a souvent éclairé les gens.
10:10Il y a des grands films historiques qui ont souvent éclairé le public.
10:14pour leur dire, regardez un tout petit peu à côté, déplacez-vous, vous allez voir.
10:18Et est-ce qu'il y a des rôles en tant qu'acteur qui te marquent plus que d'autres
10:21?
10:21Ou qui sont plus compliqués à débarrasser ?
10:24Ou alors, est-ce que c'est un fantasme de spectateur, ça ?
10:26Non.
10:26L'acteur qui vit un peu avec son personnage.
10:29C'est-à-dire qu'en fait, on ne se voit pas forcément vivre avec.
10:31Je sais que je suis jacuzzi.
10:32Par exemple, je faisais un militaire.
10:33Je rentrais, j'étais un peu strict dans ma soupe.
10:36Déjà parce qu'il fallait que je bouffe très peu.
10:38Il fallait que je garde ce poids.
10:40En général.
10:41Il y a les personnages qui collent, 99 ans aussi.
10:44Ah oui ?
10:45Oui, ce publicitaire un peu cinglé.
10:49Bonjour.
10:50Moi, je me suis toujours dit que c'est un jeu,
10:52donc je m'en retire très facilement et je continue ma vie.
10:55Mais je pense qu'il y a aussi des choses inconscientes qui restent.
10:58Ça ne veut pas dire que j'irais voir un psy après chaque film.
11:00Justement, je pense d'ailleurs que le film permet cette espèce d'accouchement de l'âme,
11:05cette envie de se planquer, d'être un autre.
11:07Finalement, c'est plutôt un bon procédé pour bien vivre.
11:10C'est un peu la base de l'acteur, c'est un peu, non, des fois ?
11:12De jouer quelqu'un d'autre, d'être dans la peau de quelqu'un, de...
11:14Oui, c'est d'ailleurs...
11:15De ne pas forcément être soi.
11:16En fait, je ne sais jamais...
11:17Ce n'est pas un truc que je réfléchis.
11:19Je réfléchis au personnage, je réfléchis aux enjeux du film.
11:22Je me rends très disponible pour le metteur en scène et pour les acteurs avec qui je suis.
11:26Et là, par exemple, je savais que j'allais avoir un personnage très ambigu, du moins complexe,
11:30qui n'est pas antisémite, qui a de la famille de sa belle-mère et juive,
11:34et qui pourtant va trahir ce pays, va cautionner quand même des articles douteux.
11:40Et en même temps, je ne voulais pas non plus totalement le condamner,
11:43je voulais raconter cette histoire et il en serait le véhicule.
11:48Mais lui, au fond, ne m'intéressait pas beaucoup.
11:51Il n'est pas question de réhabiliter Jean Luchère.
11:53C'est-à-dire, comprendre n'est pas excusé.
11:56Il a choisi de trahir.
11:58Vous innocente, innocente, vous avez compris ?
12:02J'ai une question beaucoup plus légère.
12:04Dans le film, ça fume beaucoup.
12:06Tout le monde fumait beaucoup à cette époque-là.
12:08Qu'est-ce qu'on fume au cinéma ?
12:10C'est un peu bête comme question, mais il y a beaucoup de gens qui se demandent.
12:12Alors moi, je ne fume plus.
12:13On fume des... Je crois que c'est des cigarettes au clou de girofle, un truc comme ça.
12:17Je ne trouve pas ça désagréable.
12:18D'abord, ce n'est pas écœurant à force, parce qu'il y a toutes ces...
12:20C'est un peu écœurant.
12:22Ça peut un peu gratter la gorge.
12:23C'est assez inoffensif.
12:24Mais c'est vrai qu'il y en avait beaucoup, là.
12:25Beaucoup, beaucoup.
12:26Mais c'est une époque où on fumait tout le temps.
12:28Bien sûr.
12:29Beaucoup.
12:29Il fallait fumer.
12:30Même avec tuberculose.
12:31Parce qu'il est tuberculeux.
12:34On lui apprend très vite qu'il en a peut-être pour 5 ans,
12:36mais ça ne l'empêche pas de continuer à fumer en permanence.
12:40Parce que c'est graphique, la cigarette.
12:41La cigarette, ça appartient aussi beaucoup au cinéma.
12:44Le halo de cigarette.
12:45Le geste.
12:45Le geste.
12:46Mais c'était une réalité aussi.
12:47Je crois quand même qu'on fumait dans les années 50, dans les hôpitaux.
12:49Ça dérange, je ne vais pas du tout.
12:51Bien sûr.
12:52J'ai revu une de tes masterclasses où tu disais que pour chaque rôle,
12:55tu aimais bien corriger, tu disais tes tics de jeu.
12:58Qu'est-ce que tu entends par là ?
12:59Est-ce que quand tu revois certains de tes films,
13:02tu fais « Ah ouais, là, je faisais un peu trop ça »
13:03ou « Faut que j'efface ça » ?
13:05Parce qu'en fait, c'est des petites manies
13:07ou ce sont des petits refuges parce qu'on ne sait pas tout jouer.
13:11Quand on est un jeune acteur, moi, je commence vraiment le cinéma à 30 ans,
13:15après un « Gain Fille ».
13:16Et donc, ça part de complexe.
13:18Et donc, comment on fait quand on est un peu complexé,
13:20quand on est un acteur ?
13:21On joue un peu plus avec le corps.
13:22Et quand on commence à avoir des plans au sang,
13:24des plans un peu plus rapprochés,
13:26on a le sentiment qu'on est un peu maniérés,
13:29qu'on en fait un peu trop,
13:30alors qu'en fait, parfois, il suffit juste de penser à l'émotion,
13:33de penser à la scène pour que ça se voit sur le visage.
13:35Après, il y a aussi, il y a mon visage,
13:37moi, je ne dis plus rien,
13:38mais j'ai des sourcils totalement indépendants.
13:40Ils font ce qu'ils veulent.
13:41Parce qu'ils font partie de ton jeu aussi.
13:43Est-ce qu'il m'a aidé sur OSS, par exemple ?
13:45OSS, oui, c'est des figures imposées.
13:49OSS, je regarde, je fais les poches de Sean Connery dans James Bond.
13:52On m'amuse à faire des trucs comme ça.
13:55Et ça marche toujours super bien.
13:56Oui, mais c'est sympa.
13:58OSS 117.
13:59C'est drôle, ça, d'avoir des figures imposées.
14:01Puis, des fois, il y a des choses qui doivent être un peu plus proches de l'os,
14:04qui te concernent un peu plus.
14:06C'est des parts de toi, des zones d'ombre que tu as envie de donner,
14:08de laisser penser aux gens que c'est peut-être un personnage,
14:10alors qu'en fait, c'est peut-être toi.
14:12Même moi, je ne sais pas vraiment ce que je donne de moi.
14:14Mais par exemple, je sens mon émotion beaucoup plus présente au cinéma.
14:18J'ai beaucoup moins de pudeur.
14:19En fait, ce métier, c'est ni être connu, ni être très joli à l'image.
14:22C'est une relation très intime avec toi et les spectateurs.
14:27Et je sais que parfois, les gens veulent te voir dans un truc,
14:29mais tu leur dis, mais vous savez, je suis désolé que vous vouliez ou non,
14:33c'est à moi de vous proposer quelque chose.
14:35Je dois vous raconter mes envies.
14:37Juste après The Artist, j'ai fait Les Infidèles, j'ai cassé le jouet exprès.
14:41Et je pense qu'il faut casser le jouet.
14:43Arrête ! Arrête-toi !
14:45Bon !
14:49C'était fait exprès de faire quelque chose complètement différent.
14:50J'avais fait exprès à ce point-là, mais il se trouve que ça tombe bien.
14:53En fait, ça tombe bien de se dire, j'ai fait un peu le bon gendre,
14:57je vais aller faire un peu l'inverse.
14:59C'est un truc qui est assez marrant d'ailleurs.
15:01On te dit, mais vous avez pris un risque avec un personnage comme ça,
15:04c'est un personnage sombre, comment on vit avec cette idée.
15:06Et je lui dis, mais ça, c'est un truc qui est très français,
15:08de se poser la question, pourquoi je fais un personnage sombre ?
15:11Vous prenez l'œuvre de Scorsese, par exemple,
15:13ce ne sont que des crapules,
15:15ce ne sont que des personnages pas très recommandables.
15:17Le Loul Ball Street, c'est quand même un mec...
15:19Ouais !
15:20C'est ça !
15:22Ouais !
15:22Et pourtant, on les suit.
15:24Et pourtant, on a des émotions.
15:25Ça ne veut pas dire qu'on les aime, mais ça veut dire qu'on les suit.
15:27Et ça dit quelque chose ici sur nous, quoi.
15:29Donc, de la même manière, avec Luchère, je me dis,
15:32voilà, c'est ça que je vais explorer.
15:33Et je ne vais pas forcément tout le temps aller chercher des héros
15:36ou des personnages méritants.
15:37Il faut que j'aille chercher aussi des choses qui font mal.
15:41On va reprendre une question des spectateurs d'aller au ciné.
15:43OK.
15:43Quelle star internationale vous a impressionné ?
15:47Alors, c'est aussi une star internationale,
15:49mais surtout nationale.
15:50C'est Jean-Paul Belmondo.
15:51Quand j'ai rencontré Jean-Paul Belmondo,
15:53je suis en train de tourner le premier au SS 117.
15:56Je reviens du Maroc
15:58et mon pote Antoine Dullery me dit,
16:00viens à manger à la maison.
16:01Je dis, OK, j'arrive.
16:02Et là, je ouvre la porte
16:03et je tombe sur Jean-Paul Belmondo,
16:05assis dans le fauteuil.
16:06Parce que c'est une des des idoles.
16:07C'est grosso modo ce que Benjamin Laverne a ressenti.
16:10Avec Jim Carrey.
16:10Avec Jim Carrey.
16:11J'étais très ému, très impressionné.
16:13C'est un des plus beaux cadeaux qu'on m'ait fait dans la vie.
16:15Et qu'est-ce que tu lui dis, du coup ?
16:16Tu te retrouves face à...
16:17Je crois que je lui fais un truc
16:20que tout le monde fait quand on aime un acteur.
16:22Moi, c'est ce qui se passe dans la rue.
16:26Tu fais des répliques du magnifique, quoi.
16:29Quand je vois une abeille porter le pollen
16:31de fleurs en fleurs et perpétuer ainsi la vie,
16:33j'ai presque les larmes aux yeux.
16:35Je refais avec sa voix.
16:36Enfin, tu l'imites pour lui dire que tu l'aimes, quoi.
16:39Mais j'ai eu des belles rencontres avec George,
16:42avec Clunet, quand on s'est rencontrés à Toronto.
16:44Il sortait de la projection de The Artist.
16:47Et puis il est venu vers moi.
16:48Et puis je le regarde.
16:49Et je lui dis, mais en fait,
16:50t'es vraiment très beau.
16:51Il me dit, oh yeah, I know.
16:52Et je dis, mais t'es beau partout.
16:53Il me dit, oui, tu peux faire le tour.
16:54Regarde, regarde.
16:55Regarde, même les oreilles.
16:57Il était évidemment dans l'ironie.
16:58Je l'ai vu sur le plateau aussi,
17:00quand on tournait Monuments Man.
17:02Cette qualité d'âme,
17:03cette façon de s'adresser à tout le monde sur le plateau.
17:06Et que si ça flotte un moment
17:07et qu'il y a un régisseur qui est sous l'eau,
17:09il dit, mets-lui un parapluie.
17:10D'avoir l'œil partout.
17:11D'être un bon gars, en fait.
17:12Et de ne pas être une star.
17:14Parce qu'on a toujours l'impression aussi que ça,
17:16ce mot star, ça accompagne évidemment plein de fantasmes.
17:19Et ce n'est pas vrai.
17:20Moi, toutes les grandes stars que j'ai rencontrées
17:22étaient des gens très délicats, très gentils.
17:24parce que justement, ils ont eu la conscience
17:26d'avoir eu une très belle vie.
17:27Et ils savent en plus que ça peut s'arrêter.
17:30Les connards, c'est souvent ceux qui ne sont pas encore arrivés.
17:33Et qui veulent écraser.
17:34Et qui parlent mal.
17:35Et qui sont amis paliers.
17:37Ceux-là, il faut les regarder, il faut leur dire.
17:39Il faut leur dire qu'il calme-toi.
17:41Non, il faut leur dire que c'est des connards.
17:42Il faut leur dire, en fait, tu te comportes comme un connard.
17:45Tu as des amis acteurs aussi, non ?
17:46Oui, bien sûr.
17:47C'est important d'avoir des très bons amis dans ce milieu
17:49qui partagent le même métier que toi.
17:50Pour des fois parler de différentes choses, de projets, de noms.
17:54Oui, il y a des envies même de se retrouver.
17:56J'ai fait beaucoup ça avec Gilles.
17:57J'ai fait beaucoup ça avec Gilles Leloup.
17:59J'aime beaucoup Clovis, Cornillac.
18:01On a partagé des choses, on a partagé des succès.
18:03On a encore envie de travailler avec Gilles aussi.
18:06On a envie de travailler avec Guillaume Canet.
18:09Guillaume, on se connaît depuis la CMA.
18:10Le CMA, on était dans la même école ensemble.
18:13On se connaît depuis qu'on a 8 ans.
18:14C'est vrai que vous étiez dans des bandes rivales à l'époque ?
18:18Ce n'était pas des bandes rivales.
18:19C'est que lui jouait au foot avec une balle de tennis dans la cour.
18:21Et moi, je devais jouer au chat avec les filles.
18:24D'accord.
18:24Je n'étais pas très foot, moi.
18:26D'ailleurs, il y a des gens avec qui j'aimerais tourner
18:28que je ne connais pas bien.
18:30Romain Duris, par exemple, je ne connais pas beaucoup.
18:32On s'est croisés, mais je sais qu'il est assez discret.
18:35Je dois l'être aussi un peu.
18:36Donc voilà, il faut se renifler.
18:39Pio, Marmaille, il y a des gens aussi que j'ai envie de retrouver.
18:42Alors, je voudrais te faire faire un petit jeu.
18:45Enfin, c'est un petit jeu.
18:45Je vais te montrer, si tu veux bien, 5 affiches de tes films.
18:49C'est les 5 films préférés des spectateurs d'Hallociné dans lesquels tu joues.
18:54Est-ce que tu saurais les classer du préféré des spectateurs au 5e préféré ?
18:59Il y a l'effet OSS.
19:01Il y a quand même un truc qui revient souvent.
19:02Moi, il n'y a pas une journée où on ne me dit pas comment est votre blanquette.
19:05Comment est votre blanquette ?
19:06La blanquette est bonne.
19:07Je me demande si je ne taperais pas le premier OSS.
19:09Alors non, c'est le deuxième.
19:11Dis donc, c'est la French ?
19:12C'est la French.
19:13Ah, c'est la French.
19:14Il y a 4,1 sur 5 sur le ciné.
19:16Et le deuxième, c'est 10 artistes.
19:18C'est 10 artistes, tout le monde dit, c'est formidable, personne ne l'a vu.
19:21Ce n'est pas vrai.
19:22Qui a envie de se taper un film muet noir et blanc ?
19:24Moi, c'était ça.
19:25À l'époque, vraiment, on me disait, tu vas faire un film muet noir et blanc,
19:27mais on va s'emmerder très fort tous.
19:29Je dis, ben non, tu vas voir, c'est plutôt sympa à regarder.
19:32C'est une autre expérience.
19:33Je le dis encore parce que je sais qu'il y en a qui sont un peu réticents.
19:36Mais c'est pas mal à regarder.
19:41C'est marrant, ça ne passe pas du tout par l'intellect, ça passe par le corps, en fait.
19:48Je rigole, les artistes, il y a des gens, certains l'ont aimé.
19:50Oui, et puis tu as quand même gagné un Oscar.
19:52Il y a quand même des gens qui ont vraiment apprécié ce film.
19:55Non, la French, très, très bon souvenir.
19:57Super bon souvenir.
19:58Je sais qu'avec Gilles, on était partis en vacances à ce moment-là, avant le tournage.
20:01On s'enferme tous les deux dans une piôle et on se dit, on lit, on lit.
20:05Et on ne savait pas encore qui allait faire quoi, qui allait faire le juge et qui allait faire Zampa.
20:08Et on lit tous les deux, on ouvre la porte au même moment,
20:10deux heures après, on ouvre la porte.
20:12Et puis, il me regarde, il fait, tu fais le juge, tu fais Zampa.
20:15Oui, il était Zampa, j'étais le juge, déjà.
20:17Je ne sais pas ce que ça dit de nous.
20:20Je ne dis pas que c'est du frépouille.
20:21J'aime pas les voyous.
20:24Et le tournage était génial parce qu'on vivait dans une maison, d'ailleurs, à Marseille, là-bas.
20:29Tous ensemble, comme ça ?
20:30Oui, avec Gilles, on n'était pas loin du metteur en scène, on n'était pas loin de tout le
20:33monde, de l'équipe.
20:34C'était très joyeux parce qu'il y a une électricité à Marseille, quoi.
20:37Il y a un truc.
20:38Et faire un film d'époque dans les années 70, la cravate en laine, la cigarette.
20:44Et puis ce personnage qui est quand même inouï, le juge Michel.
20:46Bien sûr.
20:50Le troisième, je dirais OSS.
20:52Eh ben non.
20:52Ben non, alors d'accord, d'accord.
20:54Ben j'accuse alors ?
20:55Mais non, c'est novembre alors pour le coup.
20:56C'est novembre.
20:57C'est novembre.
20:58Oui, qui est un film assez clinique, qui est un thème...
21:01De Cédric Jimenez.
21:02Oui, de Cédric Jimenez.
21:03Comme la French.
21:04Oui, tournez avec Cédric, votre corps s'en souvient.
21:06Ah oui.
21:06Oui, parce qu'il y a un mouvement permanent.
21:09Il est dans le mouvement tout le temps, lui.
21:10Bon, combien d'hommes en tout ?
21:12Combien d'hommes ?
21:14Et donc, le dernier, c'est OSS.
21:16Et voilà, il y a J'accuse et OSS, ouais.
21:18Alors, ils ont tous des notes très proches, hein, donc tu vois, c'est vraiment un classement
21:21quand même très, très serré.
21:23Et alors, c'est marrant parce que les puristes adorent le premier OSS, c'est pas forcément
21:25l'OSS2, alors que moi, j'aime beaucoup l'OSS2.
21:28J'ai un souvenir, un de mes meilleurs souvenirs, c'est aussi OSS2, à Rio, où c'est une équipe
21:33qui se connaît bien, où je retrouve un personnage qui m'éclate, où je peux dire des bêtises
21:38encore plus brûlantes.
21:39On va rechercher un nazi avec des juifs, qui a l'on l'idée.
21:42Et pourquoi donc ?
21:43Mais enfin, il va les reconnaître.
21:44Comment ça ?
21:45Je sais pas, le nez déjà, les oreilles, les doigts, les yeux.
21:54Puisque t'as la tablette, je vais te montrer, je vais te montrer une petite vidéo que t'as
21:58peut-être dû voir, c'est un surfeur qui s'appelle Kelly Slater.
22:03Je sais pas si t'as vu, c'est le god du surfeur.
22:04C'est le god du surfeur.
22:06C'est le god du surfeur.
22:07C'est le god du surfeur.
22:09C'est un surfeur français et tu dois le regarder.
22:11C'est un gars qui vit dans les meilleurs et il veut être un surfeur.
22:13Et c'est vraiment un film de surfeur, mais je pense que c'était peut-être le meilleur
22:17surfeur que j'ai vu.
22:19Le meilleur surfeur ?
22:31Rémana, que j'avais rencontré quand j'écrivais Brice, en fait, il y avait une compétition
22:35à Biarritz et pour gratter Brice, j'avais été là-bas pour voir un peu les mecs, pour
22:40voir un peu, sentir un peu le...
22:41Et j'avais rencontré Rémana, qui est un de ses meilleurs amis et je pense qu'il lui a
22:44montré.
22:45Et ce qui me fait vraiment rire, c'est que Brice a longtemps été quand même le film
22:49de la honte, quoi.
22:50C'est-à-dire que c'est le film honteux, tu sais, c'est comme Dirty Dancing que tu
22:53regardes à deux heures du mat' et tu le dis pas.
22:55Tu dis, non, j'ai vu Citizen Kane et c'est vachement bien.
22:57On me dit souvent, par exemple, vous avez pris un risque sur Jean-Luc Cher, je dis, non,
23:00le risque, il est sur Brice de Nice, en fait.
23:02Quand tu fais Brice de Nice, tu peux ne jamais te relever.
23:04Moi, j'ai revu le film pour ses 20 ans, je me suis dit, mais il est zinzin, ce film,
23:08en fait.
23:08Qu'est-ce qu'on a écrit ?
23:09Oui, il fait plus rire maintenant qu'à l'époque, je vois.
23:11Oui, oui, parce qu'il est zinzin.
23:13J'ai bouffé avec James Hute hier, on a reparlé de ça, on s'est dit, mais c'est
23:16n'importe quoi, en fait.
23:18Je t'ai cassé.
23:19Je t'ai cassé.
23:20Et l'autre, il a des pieds énormes.
23:25Je fais ça, j'ai peut-être un extra-témine cherché.
23:28C'est vraiment du, c'est du Dumb and Dumber, c'est du, enfin, on est parti dans
23:31un délire qui, d'ailleurs, qui passe bien les années, je vous invite à revoir
23:35Brice de Nice.
23:36En fait, ça fonctionne pas mal.
23:37Le temps n'agit pas tellement sur lui.
23:39C'est un truc un peu étrange, mais c'est vrai que quand on dit pas facilement, j'adore
23:44Brice de Nice, on dit, j'aime beaucoup SS17, c'est très classe.
23:46Voilà.
23:47Alors qu'en fait, ils sont assez cousins, ils sont assez débiles, et moi, j'ai
23:50autant d'affection pour l'un et pour l'autre.
23:52Mais ce qui me fait rire, c'est que le dieu du surf qui adoube Brice, je peux te dire
23:57que sur certains surfers, ça a dû faire mal, quand même.
23:59Mais oui, parce que les surfers aient très mal pris, Brice de Nice, je crois.
24:02Parce qu'ils pensaient qu'on se moquait un peu d'eux ou de leur culture, non ?
24:06Non, non, pas du tout.
24:07Moi, je ne me moquais pas des mecs qui allaient dans l'eau.
24:10Les mecs qui vont dans l'eau, ils ont le feu sacré.
24:12Non, tu te moquais de Brice, toi.
24:13Mais moi, je parle du mec qui reste sur le sable.
24:14C'est ça.
24:15C'est le mec qui dit, non, mais je n'y vais pas, l'océan ne me veut pas.
24:18J'en ai vu des mecs qui se chiaient un peu dessus.
24:20Moi, j'ai vachement d'admiration pour les mecs qui vont dans l'eau.
24:23C'est ceux qui jonglent sur le sable et qui disent, j'irai plus tard.
24:28Et ça, c'est marrant.
24:29Et ta vague ?
24:30Pas ce matin, il n'y a pas de suel.
24:32Le vent souffle onshore, c'est marrant.
24:35En fait, c'est un bout de lâcheté qui est marrant.
24:36C'est ce que je dis dans Brice, comme un enfant, il dit, je ne suis pas un surfeur, je
24:39suis un flotteur.
24:40Ça ne fait pas de toi un surfeur quand tu es sur une planche et que tu attends une vague.
24:42Alors, tu aimes bien avoir le look, tu aimes bien le raconter.
24:45Mais prendre la vague, c'est autre chose.
24:47Je commence à prendre des vagues maintenant.
24:48Je me suis mis au surfe il y a deux ans.
24:50Je fais ça comme un mec de 50 balais.
24:52Mais c'est assez marrant.
24:54Mais dans les questions qui sont beaucoup revenues pour des spectateurs d'Halo Ciné,
24:58c'était toujours, est-ce qu'il y aura un autre Brice ?
25:00Est-ce qu'il y aura un autre OSS ?
25:01Oui, parce que la comédie, elle colle un peu plus à un acteur.
25:04Et c'est normal d'ailleurs.
25:05Je pense que tous les acteurs ont des films, en tout cas les acteurs qui ont un trajet avec le
25:10public,
25:10ont des films références.
25:13Les OSS, je sens bien pourquoi ça reste.
25:16Et on a envie de retrouver finalement cette rencontre.
25:20On a envie de se réchauffer encore avec ces personnages qui nous ont fait marrer.
25:23Et puis on connaît les dialogues par cœur.
25:24On connaît les dialogues.
25:26Je ne serais pas contre faire un autre OSS dans dix ans.
25:31Je serais un peu plus vieux, j'aurais du poids dans les oreilles.
25:34J'aurais la vie qui baisse.
25:35Plus sonne connerie du coup.
25:37Enfin, jamais, plus jamais.
25:39Tu dois revoir.
25:39Mais ça peut être vraiment drôle avec un mec qui est presque en pré-retraite.
25:42Ça me ferait marrer.
25:44Comme un Brice.
25:44Brice m'a toujours accompagné.
25:47C'est un personnage que j'ai créé à l'armée en 1994.
25:50J'avais commencé à l'écrire.
25:51Je l'ai commencé dans les bars.
25:52Oui, dans les cas.
25:53Parce que j'ai commencé dans les bars, moi.
25:54Vraiment dans les bars où on te dit tu joues là, entre deux tables.
25:57Bon, je joue là.
25:59Et tu joues devant cette personne.
26:00Et puis après, tu vas dans les cabarets, les cafés-théâtres.
26:03Puis ça fait des sketchs à la télé.
26:05Puis ça fait un film.
26:07Puis ça fait un deuxième film.
26:08Et je me dis, j'ai vécu avec ce personnage depuis que j'ai 25 ans.
26:11Salut.
26:13Ça farte, ça farte, ça farte.
26:16Et tu me dis, pourquoi pas faire un Brice à 75 ans, si je vais jusqu'à là, ou 80
26:20ans, à Nice.
26:22Tu vois, fardé, bronzé, complètement débile, comme une cloche dans les rues de Nice.
26:28Ça pourrait me faire rien.
26:29Mais c'est pareil, ça fait partie des choses qu'il ne faut plus faire dans le métier.
26:32Moi, si j'avais écouté tous ceux qui m'ont dit, il ne faut pas faire Brice à Nice.
26:35Il ne faut pas faire OSS 117 parce que c'est trop dangereux.
26:38Je dis, qu'est-ce qui est dangereux ? C'est même pas qu'il est raciste, c'est qu
26:41'il est naïf, c'est qu'il est idiot, c'est qu'il est crétin, c'est qu'il ne
26:44veut pas voir.
26:44Je veux essayer des choses.
26:46C'est ma carrière, en fait, c'est ma vie, pardon.
26:49Je ne fais pas ça pour avoir de beaux articles.
26:52Je fais ça pour avoir des émotions, des sensations.
26:54Je voulais demander un dernier truc pour finir.
26:57Au César, tout le monde a soutenu l'exception culturelle française, a la mise en avant.
27:02Est-ce que c'est encore plus important aujourd'hui de la défendre ?
27:06Parce que les gens ont du mal à comprendre que finalement, on est un des rares pays à avoir cette
27:09exception,
27:10à avoir cette défense du cinéma et ces têtes du cinéma.
27:12Oui, absolument.
27:13Et c'est vrai que les pays autour nous le disent, en fait.
27:16Tous ces pays qui quittent leur cinéma, leurs salles disparaissent.
27:20Et effectivement, c'est toujours bien de le rappeler, de toute façon.
27:24Et ces cérémonies servent aussi à ça.
27:25La seule inconnue, là, c'est tout ce qui arrive.
27:27Et ça, pour le coup, moi, je ne sais absolument pas ce qui va se passer.
27:30Bien sûr.
27:31L'IA va être un bon versement.
27:32C'est une grosse bête qui nous arrive et il va falloir la dompter.
27:35Il va falloir faire avec.
27:36Il va falloir lui mettre une laisse, au moins.
27:38Parce que sinon, elle va nous manger.
27:40Il faut se dire tout ce qui est en approche.
27:43Plus on anticipera et mieux ça sera.
27:46Tu n'as pu le faire toi-même, je m'appelle Jean-Guy-Jordain.
27:49Petite écriture de médecin.
27:51Apprendre matin, midi et soir.
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