- il y a 2 jours
À LA UNE / Moyen-Orient : les Etats-Unis pris à leur propre piège ?
Treize jours après le déclenchement des frappes américano-israéliennes, le conflit semble s'enliser dans la région. Si Donald Trump a affirmé pour la seconde fois en quelques jours que la guerre pourrait prendre fin « bientôt », les Gardiens de la Révolution iraniens se disent déterminés à mener une « guerre d'usure ». Car, malgré un conflit dans lequel les pays du Golfe, le Bahreïn, l'Arabie saoudite, le Qatar, les Émirats arabes unis, le Koweit et Oman, sont pris pour cible, Téhéran ayant notamment frappé des infrastructures civiles et énergétiques, ces états, alignés aux Américains, n'envisagent pas de répliquer militairement. « Le coût de la non-réponse est moins élevé que le coût de réponse », analyse Hasni Abidi, directeur du Centre d'études et de recherche sur le monde arabe et méditerranéen. Alors que plusieurs soldats américains sont morts dans les attaques, seuls 29% des Américains approuvent l'opération en Iran, selon un sondage Ipsos. Les Etats-Unis sont-ils en train de s'embourber au Moyen-Orient ?
Invités :
Marie-Cécile Naves, politiste, directrice de recherche à l'IRIS, autrice de "Géopolitique des Etats-Unis » (Eyrolles)
David Rigoulet-Roze, rédacteur en chef de la revue « Orients stratégiques », chercheur à l'IFAS
Anne Bauer, journaliste aux « Echos », spécialiste des questions défense
Chronique :
« Le mot du jour » par Mariette Darrigrand
« Quelle histoire ! » par Olivier Ravanello
LA QUESTION QUI FÂCHE / Essence : l'Etat doit-il intervenir ?
Alors que les conséquences de la guerre au Moyen-Orient se font de nouveau ressentir sur les marchés, le baril de pétrole ayant de nouveau dépassé la barre des 100 dollars, le ministre de l'Économie, Roland Lescure et la ministre de l'Agriculture, Annie Genevard, ont reçu à Bercy les représentants agricoles et du secteur des carburants et des engrais. Depuis le début du conflit, le prix du gazole non routier (GNR), utilisé pour les tracteurs, est passé de 1,28 euros par litre à 1,71 euros, et les engrais de 450 euros la tonne à plus de 510 euros. « Les augmentations constatées en début de crise doivent aujourd'hui être atténuées par l'évolution des cours : les baisses doivent être répercutées aussi vite que les hausses », a-t-elle ajouté. En revanche, aucun dispositif de soutien n'a été défini. TotalEnergies a annoncé, jeudi 12 mars, un plafonnement des carburants dans ses stations-services à partir du vendredi 13 mars. Les prix de l'essence ne pourront pas dépasser 1,99 euro et les prix du gazole 2,09 euros. L'entreprise avait déjà plafonné les prix de tous ses carburants à 1,99 euro en février 2023, en raison de la guerre en Ukraine. En parallèle, face à l'escalade, les 32 pays membres de l'Agence internationale de l'énergie (AIE) ont décidé de libérer 400 millions de barils de leurs réserves stratégiques, le déblocage « le plus important » de l'histoire de l'organisation. L'Etat français doit-il alors réduire l
Treize jours après le déclenchement des frappes américano-israéliennes, le conflit semble s'enliser dans la région. Si Donald Trump a affirmé pour la seconde fois en quelques jours que la guerre pourrait prendre fin « bientôt », les Gardiens de la Révolution iraniens se disent déterminés à mener une « guerre d'usure ». Car, malgré un conflit dans lequel les pays du Golfe, le Bahreïn, l'Arabie saoudite, le Qatar, les Émirats arabes unis, le Koweit et Oman, sont pris pour cible, Téhéran ayant notamment frappé des infrastructures civiles et énergétiques, ces états, alignés aux Américains, n'envisagent pas de répliquer militairement. « Le coût de la non-réponse est moins élevé que le coût de réponse », analyse Hasni Abidi, directeur du Centre d'études et de recherche sur le monde arabe et méditerranéen. Alors que plusieurs soldats américains sont morts dans les attaques, seuls 29% des Américains approuvent l'opération en Iran, selon un sondage Ipsos. Les Etats-Unis sont-ils en train de s'embourber au Moyen-Orient ?
Invités :
Marie-Cécile Naves, politiste, directrice de recherche à l'IRIS, autrice de "Géopolitique des Etats-Unis » (Eyrolles)
David Rigoulet-Roze, rédacteur en chef de la revue « Orients stratégiques », chercheur à l'IFAS
Anne Bauer, journaliste aux « Echos », spécialiste des questions défense
Chronique :
« Le mot du jour » par Mariette Darrigrand
« Quelle histoire ! » par Olivier Ravanello
LA QUESTION QUI FÂCHE / Essence : l'Etat doit-il intervenir ?
Alors que les conséquences de la guerre au Moyen-Orient se font de nouveau ressentir sur les marchés, le baril de pétrole ayant de nouveau dépassé la barre des 100 dollars, le ministre de l'Économie, Roland Lescure et la ministre de l'Agriculture, Annie Genevard, ont reçu à Bercy les représentants agricoles et du secteur des carburants et des engrais. Depuis le début du conflit, le prix du gazole non routier (GNR), utilisé pour les tracteurs, est passé de 1,28 euros par litre à 1,71 euros, et les engrais de 450 euros la tonne à plus de 510 euros. « Les augmentations constatées en début de crise doivent aujourd'hui être atténuées par l'évolution des cours : les baisses doivent être répercutées aussi vite que les hausses », a-t-elle ajouté. En revanche, aucun dispositif de soutien n'a été défini. TotalEnergies a annoncé, jeudi 12 mars, un plafonnement des carburants dans ses stations-services à partir du vendredi 13 mars. Les prix de l'essence ne pourront pas dépasser 1,99 euro et les prix du gazole 2,09 euros. L'entreprise avait déjà plafonné les prix de tous ses carburants à 1,99 euro en février 2023, en raison de la guerre en Ukraine. En parallèle, face à l'escalade, les 32 pays membres de l'Agence internationale de l'énergie (AIE) ont décidé de libérer 400 millions de barils de leurs réserves stratégiques, le déblocage « le plus important » de l'histoire de l'organisation. L'Etat français doit-il alors réduire l
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00:00:05Musique
00:00:24Bonsoir à tous et bienvenue dans chaque voix compte sur la LCP.
00:00:27Nous sommes ensemble pour une heure de décryptage de l'actualité et de débat en direct de l'Assemblée nationale
00:00:32avec pour m'accompagner ce soir la sémiologue Mariette Darigrand.
00:00:36Bonsoir Mariette.
00:00:37Bonsoir Olivier Ravanello.
00:00:38Bonsoir.
00:00:39C'est parti pour le sommaire de chaque voix compte avec à la une ce soir au 13ème jour de
00:00:43la guerre au Moyen-Orient.
00:00:44Question sur la stratégie américaine.
00:00:53Nous devons finir le boulot mais quel boulot ?
00:00:56Les objectifs de Donald Trump ont changé tellement de fois depuis le lancement de l'attaque contre l'Iran le
00:01:0128 février.
00:01:02Combien de temps va encore durer cette guerre et comment peut-elle vraiment se finir ?
00:01:06Eh bien nous en parlons ce soir avec Marie-Cécile Nave.
00:01:09Bonsoir.
00:01:09Vous êtes directrice de recherche à l'IRIS, l'Institut de relations internationales et stratégiques.
00:01:14Merci d'être là.
00:01:15Aux côtés de David Rigoulet-Rose.
00:01:16Bonsoir.
00:01:17Vous êtes le rédacteur en chef de la revue Orient stratégique.
00:01:19Merci d'être là.
00:01:20Et bonsoir Anne Bauer.
00:01:22Vous êtes spécialiste des questions de défense au journal Les Echos.
00:01:24Merci à tous les trois sincèrement d'être avec nous ce soir dans chaque voix compte.
00:01:28Mariette, quel mot du jour avez-vous choisi de décrypter ?
00:01:31Ben écoutez, le mot but comme dans but de guerre, il m'a l'air tout à fait clair concernant
00:01:36l'administration trumpienne.
00:01:38Olivier, quelle histoire allez-vous nous raconter ce soir ?
00:01:40Celle de l'IA qui produit, génère quantité d'images, d'animations, de caricatures d'animations qui ont fait l
00:01:47'irruption et qui racontent cette guerre.
00:01:49Dans la deuxième partie de chaque voix compte, la question qui fâche dans la droite ligne de cette guerre au
00:01:54Moyen-Orient.
00:01:54L'État doit-il intervenir sur les prix à la pompe ?
00:01:57Le pétrole est repassé au-dessus des 100 dollars le baril cet après-midi.
00:02:02Réunion ce matin à Bercy avec les distributeurs de carburant.
00:02:05Alors faut-il des aides et de quelle nature ?
00:02:07Nous en débattrons tout à l'heure avec Francis Pousse, le président du syndicat professionnel Mobiliens,
00:02:12qui représente 5 800 stations-service et qui était ce matin à cette réunion à Bercy.
00:02:16Nous serons aussi avec Yves Cara, le porte-parole de Mobilité Club de France.
00:02:20Et puis Stéphanie Villers sera là.
00:02:22Elle est économiste et conseillère économique chez PwC France.
00:02:25Vous pouvez évidemment interroger nos invités ou nous faire part de vos réflexions sur l'actualité
00:02:30en flashant le petit QR code qui est là.
00:02:33Et c'est Olivier Ravanello avec la tablette magique qui se charge de nous transmettre vos questions ou vos messages.
00:02:38On n'oublie pas les municipales parce que le premier tour, c'est dans trois jours, c'est dimanche.
00:02:42Journal de campagne tout à l'heure avec Marco Pommier.
00:02:45Voilà, vous savez tout du menu de ce soir.
00:02:46Installez-vous confortablement.
00:02:48Chaque voix compte, c'est parti.
00:02:56Et c'est une question simple, presque béotienne, que l'on se pose au 13e jour de cette guerre au
00:03:02Moyen-Orient.
00:03:03Où va-t-elle ? Où va cette guerre ?
00:03:05Donald Trump a énoncé des objectifs qui ont varié au fil de ses déclarations.
00:03:09Le président américain estime aujourd'hui que la guerre est quasiment finie,
00:03:12que l'Iran est proche de la défaite, mais les frappes se poursuivent, voire s'intensifient.
00:03:17Et le nouveau guide suprême iranien s'est exprimé pour la première fois aujourd'hui.
00:03:21Les dernières informations avec Thibault Enoch.
00:03:29Un message, mais toujours pas d'image.
00:03:32Dans une adresse écrite, lue à la télévision iranienne,
00:03:35le nouveau guide suprême, Oshdaba Khamenei, annonce ce jeudi que l'Iran va poursuivre le combat.
00:03:41Une partie limitée de notre vengeance a été mise en œuvre jusqu'à présent.
00:03:45Mais elle sera menée jusqu'au bout.
00:03:47Le blocage du détroit d'Hormuz doit continuer
00:03:50et nous étudions la possibilité d'ouvrir d'autres fronts.
00:03:54Un discours qui signe la volonté du régime de ne pas rendre les armes,
00:03:59en dépit des déclarations toujours fracassantes de Donald Trump.
00:04:03L'Iran est proche de la défaite.
00:04:05Ça ne veut pas dire que nous allons arrêter immédiatement, mais ils le sont.
00:04:09Le président américain, qui au 13e jour de guerre,
00:04:12alterne toujours entre auto-célébrations d'une victoire illusoire et menace d'escalade.
00:04:18Nous pouvons frapper des zones de Téhéran et d'autres endroits.
00:04:21Si on le fait, il leur sera presque impossible de reconstruire leur pays.
00:04:27En réponse au guide suprême iranien,
00:04:30Donald Trump affirme cet après-midi que la fin du régime compte plus que les prix du pétrole.
00:04:35Pourtant, l'inquiétude américaine est manifeste.
00:04:38Pour preuve, le ciblage de ces navires,
00:04:40susceptibles de déposer des mines dans le détroit d'Hormuz.
00:04:43L'armée américaine en a détruit plusieurs dizaines ces dernières heures.
00:04:48Un détroit devenu le symbole de la capacité de nuisance de l'Iran.
00:04:51Hier, deux navires ont été visés par le régime dans ces eaux, dont ce pétrolier.
00:04:57Ce jeudi, le ministre américain de l'énergie a reconnu que l'armée américaine
00:05:01n'est pour l'heure pas prête à sécuriser le détroit.
00:05:06Un blocage, ainsi que des attaques de l'Iran contre les pays du Golfe,
00:05:10qui étaient à l'ordre du jour de l'ONU hier.
00:05:12Une résolution condamnant la riposte de l'Iran a été adoptée.
00:05:16En bloquant le détroit d'Hormuz, l'Iran se rend en otage de l'économie mondiale.
00:05:20Le régime iranien recherche l'extension et la prolongation du conflit
00:05:24parce qu'il voit dans cette stratégie de chaos sa meilleure chance de survie.
00:05:30Prolonger et étendre le conflit, le refermer sur les Américains et leurs alliés comme un piège.
00:05:35Pour l'heure, la stratégie de l'Iran semble bien plus claire que celle des Etats-Unis.
00:05:41David Rigoulet-Rose, le fait du jour, c'est cette toute première prise de parole de Moshtaba Ramenei,
00:05:47le nouveau guide suprême iranien, fils d'Ali Ramenei.
00:05:50En fait, c'était un message lu par la présentatrice de la télévision d'Etat iranienne.
00:05:55Sur la forme, ça ne fait taire aucune spéculation sur l'état de santé de Moshtaba Ramenei.
00:06:02Oui, parce que comme vous soulignez, il n'y a pas de visio, il n'y a pas de vidéo
00:06:05et il n'y a même pas de son.
00:06:06Donc c'est un discours qui est lu.
00:06:08Ce sont les instructions du nouveau guide supposé, guide suprême,
00:06:12qui sont lues, qui sont relayées par la télévision d'Etat.
00:06:16Donc oui, ça alimente un certain nombre de questions
00:06:18parce qu'il y a des rumeurs plus ou moins étayées
00:06:22selon lesquelles il aurait été blessé lors de la frappe du début du conflit.
00:06:26Dans laquelle son père est mort.
00:06:27Dans laquelle son père est décédé.
00:06:29Et il aurait été blessé potentiellement gravement,
00:06:33au moins aux jambes, voire au niveau du visage.
00:06:36Et donc ce qui expliquerait effectivement qu'il n'y ait pas d'apparition,
00:06:39même si évidemment dans la culture chiite,
00:06:44il pourrait cultiver aussi potentiellement le fait de se cacher.
00:06:49Mais en réalité, il y a une vraie question qui est posée effectivement.
00:06:54allant jusqu'à alimenter l'idée qu'il pourrait y avoir une fiction communicationnelle
00:06:59et qu'il ne serait plus là.
00:07:00Qu'il serait mort, qu'il aurait été tué dans cette frappe aussi.
00:07:02Pour l'instant, on n'en sait rien.
00:07:03Mais incontestablement, il y a un problème.
00:07:07Et ce problème, l'Iran aurait pu le résoudre tout simplement
00:07:10en le laissant parler, en le montrant ?
00:07:13Oui, sauf s'il est vraiment gravement blessé.
00:07:16Ce qui serait un problème de présentation par rapport à sa nouvelle nomination.
00:07:21Autre option, il aurait pu garder le silence.
00:07:23C'était difficile qu'il n'y ait pas un message
00:07:24parce qu'à partir du moment où il y avait la validation de sa nomination,
00:07:29qui s'était faite d'ailleurs dans des conditions assez contestables
00:07:32pour l'ensemble de l'Assemblée des experts,
00:07:34puisqu'il y a 88 membres qui sont habilités à élire
00:07:36en cas de vacances de la Guidance justement un nouveau guide suprême,
00:07:39il ne pouvait pas ne pas y avoir un message.
00:07:42Donc ça, c'était indispensable.
00:07:43Mais le fait qu'il y ait un message sous cette forme,
00:07:45effectivement, alimente les spéculations.
00:07:47Alors sur le fond, que faut-il en retenir ?
00:07:49Parce que c'était un message stratégique en sept points importants.
00:07:53Il a surtout dit, nous nous vengerons du sang perdu.
00:07:57Vous, vous retenez quels propos sur le fond dans ce message de Mojtabar Amenei ?
00:08:03Je retiens qu'il défie les États-Unis en montrant que ce n'est pas Trump tout seul
00:08:09qui va décider de la fin de la guerre.
00:08:12Ce qu'il laisse entendre de manière assez confuse d'ailleurs.
00:08:15Chaque jour, comme vous l'avez dit, le discours évolue,
00:08:19les objectifs de guerre ne sont pas les mêmes
00:08:22et d'ailleurs probablement qu'il n'y en a pas.
00:08:23Ce n'est pas pensé, il n'y a pas de stratégie militaire américaine,
00:08:27il n'y a pas de stratégie géopolitique plus encore américaine.
00:08:30Donc c'est un défi qui est lancé aux États-Unis
00:08:33et Trump aimerait bien, je pense, arrêter et sortir de la coalition
00:08:36mais il est pris à son propre piège de l'effet d'entraînement.
00:08:40Il ne peut plus s'en sortir avec le seul discours
00:08:42de l'expression et de la démonstration de la toute-puissance militaire américaine.
00:08:47Sur le message du guide suprême, David Rigoulet-Rose,
00:08:51il parle aussi du peuple iranien.
00:08:54Oui, c'est intéressant.
00:08:56Des devoirs et des droits du peuple iranien.
00:08:57Oui, c'est intéressant d'ailleurs parce que c'est comme une mobilisation en filigrane
00:09:01du sentiment national iranien qui est très fort.
00:09:04Il a toujours été très fort, y compris chez les détracteurs du régime de la République islamique.
00:09:09Et donc, il peut y avoir une stratégie de la part des Paz Daran
00:09:12parce qu'il s'est un candidat des Paz Daran en réalité.
00:09:14Il y a eu un mini coup d'État pour l'imposer.
00:09:16Il n'avait pas les qualifications requises pour justement postuler à la fonction de guide suprême.
00:09:21Oui, on le disait, il n'était pas Ayatollah, on en parlait hier.
00:09:24Il n'était pas Ayatollah, il était juste au Jassol-Islam.
00:09:26Et en plus, il instaurait un système dynastique qui entrait en contradiction avec l'esprit,
00:09:30sinon la lettre, de la constitution de la République islamique.
00:09:33Donc, il y a effectivement un agenda des gardiens de la Révolution
00:09:38qui peuvent être tentés, effectivement, de préempter un sentiment national
00:09:43à la faveur des bombardements qui ont lieu actuellement pour capitaliser dessus
00:09:46et jouer sur un effet drapeau.
00:09:49C'est un calcul incertain, mais qui n'est pas absurde.
00:09:52C'est-à-dire qu'aujourd'hui, les frappes s'élargissent
00:09:55et donc il peut y avoir, effectivement, d'ailleurs, on sent,
00:09:58y compris chez certains membres de l'opposition, à l'étranger,
00:10:02qu'il y a un sentiment national qui ressurgit de désapprobation
00:10:08par rapport, effectivement, à l'opération militaire.
00:10:09Sauf qu'on a du mal à savoir ce que pensent en ce moment les Iraniens.
00:10:13Les communications avec Internet sont très difficiles.
00:10:16Les journalistes ne peuvent pas entrer.
00:10:19Est-ce que vous arrivez, vous, à savoir comment les Iraniens
00:10:23et notamment les habitants de Téhéran vivent le conflit depuis 13 jours ?
00:10:27C'est très difficile parce que c'est contrasté.
00:10:29On sait qu'il y a des témoignages d'Iraniens qui disent qu'ils reçoivent des bombes
00:10:32et qu'ils préfèrent mourir sous les bombes de l'opération en cours
00:10:36plutôt que sous les balles du régime.
00:10:38Donc, en fait, il y a une ambivalence, évidemment,
00:10:41qui tient à la situation qui est complètement surréaliste
00:10:44avec une population qui veut la chute du régime dans son écrasante majorité,
00:10:48un régime qui essaie de capitaliser sur ce sentiment national
00:10:51qui transcende de toute façon la nature même du régime
00:10:55qui renvoie à l'histoire iranienne.
00:10:58Donc, tout ça est assez conflit.
00:10:59Mais il y a une stratégie, en tout cas, par rapport aux Américains
00:11:02qui est assez élaborée parce qu'elle fonctionne, elle est opérationnelle.
00:11:05Et effectivement, en creux, on voit que de l'autre côté,
00:11:08il y a ce fonctionnement problématique.
00:11:11Olivier ?
00:11:12Il y a une idée qui s'est installée depuis deux semaines,
00:11:13depuis le début de ces frappes.
00:11:15C'est qu'en fait, de guerre lasse, à un moment donné,
00:11:18quand les Iraniens n'auront plus de missiles pour y poster,
00:11:20la guerre va s'arrêter.
00:11:23Rien ne le dit.
00:11:23Pour l'instant, d'abord, on ne connaît pas le stock disponible des missiles.
00:11:29Donc, c'est très difficile de le dire.
00:11:30C'est peut-être le calcul des États-Unis.
00:11:32Mais en l'occurrence, en matière de missiles,
00:11:35il faut distinguer les missiles balistiques proprement dit.
00:11:37Et puis, les drones.
00:11:38Les drones, il y en a beaucoup.
00:11:39Il y en a énormément.
00:11:41Ils ont été reconstitués après la guerre des 12 jours.
00:11:43Ça ne coûte pas cher.
00:11:44Et ça a des effets dévastateurs, on le voit.
00:11:46Donc, c'est une logique asymétrique,
00:11:48mais qui est parfaitement développée par les Iraniens.
00:11:52ils sont sur un registre qu'ils maîtrisent bien,
00:11:54y compris en termes de communication, d'ailleurs.
00:11:57Y compris en termes de communication.
00:11:58Anne Bauer, on a fini par perdre de vue
00:12:02l'objectif des États-Unis dans cette opération Epic Fury.
00:12:05De quoi s'agit-il aujourd'hui ?
00:12:08Non, le plan, il reste celui qui a été énoncé.
00:12:13Éliminer la puissance nucléaire,
00:12:15éliminer la capacité balistique de l'Iran,
00:12:19et éventuellement favoriser le terrain,
00:12:21de telle manière à ce que l'opposition iranienne
00:12:25puisse renverser le régime en place.
00:12:27C'est là qu'en fait, on est dans un inconnu absolu,
00:12:32parce que là, il n'y a pas le carnet
00:12:35avec la marche à suivre, en gros.
00:12:37Alors peut-être que dans une étape ultime,
00:12:40les États-Unis et Israël vont distribuer par avion
00:12:43des petits carnets pour dire aux gens comment faire,
00:12:45mais on n'en est vraiment pas là.
00:12:47Mais sur le potentiel nucléaire,
00:12:53alors moi, je ne sais pas dire,
00:12:55parce qu'il y a énormément de désinformations,
00:12:57mais il semble quand même que les frappes
00:12:58soient de plus en plus ciblées et précises.
00:13:01Et sur l'élimination de la capacité balistique,
00:13:04au moins pour ce qui est des missiles à longue distance,
00:13:07c'est-à-dire ceux les plus puissants
00:13:08qui peuvent atteindre Israël.
00:13:12Alors les Américains prétendent
00:13:14qu'ils en ont éliminé 60% ou 70%.
00:13:17Les chiffres changent chaque jour.
00:13:19On ne sait pas trop, mais on voit bien
00:13:21que la capacité des Iraniens à tirer sur Israël
00:13:24a quand même beaucoup diminué en 12 jours.
00:13:27Est-ce qu'on sait dans quel état se trouvent aujourd'hui
00:13:29les infrastructures nucléaires iraniennes,
00:13:31qui étaient quand même le premier but de guerre ?
00:13:34On ne le sait pas vraiment,
00:13:35mais a priori, il y a quand même assez peu de chances
00:13:38qu'elles puissent fonctionner normalement.
00:13:41Elles avaient déjà été détruites en juin, en fait.
00:13:44Dans la guerre des 12 jours.
00:13:45Elles avaient été détruites en juin.
00:13:47C'est les capacités scientifiques
00:13:48et ce qui est enterré, on ne sait pas très bien où,
00:13:51les 400 kilos.
00:13:52Il peut rester une salle enterrée comme un bunker, ça existe.
00:13:56Mais votre bunker, si vous ne pouvez pas en sortir,
00:13:58si vous ne pouvez pas circuler,
00:13:59si vous ne pouvez pas y envoyer des scientifiques, etc.,
00:14:02je ne suis pas sûr qu'il soit extrêmement utile.
00:14:05Après, il y a effectivement toujours ce mythe
00:14:07de l'usine absolue qui est enterrée
00:14:10et qui marche quand même.
00:14:12Moi, je pense que c'est un peu plus dans Tintin
00:14:16que dans la réalité, ce genre de choses.
00:14:17Ah oui.
00:14:18Marie-Cécile Nave, le nerf de la guerre,
00:14:21c'est quand même l'argent.
00:14:22D'après le New York Times,
00:14:23les États-Unis ont dépensé plus de 11 milliards de dollars
00:14:26sur les six premiers jours du conflit.
00:14:28Il y a un site en ligne qui s'appelle
00:14:29Iran War Cost Tracker
00:14:31qui calcule en temps réel le coût de la guerre.
00:14:33Et ce matin, à 8h, son chiffre était à 17 milliards de dollars.
00:14:37Est-ce que ça joue pour Donald Trump ?
00:14:40Le compteur qui tourne.
00:14:42C'est des choses qu'il faut expliquer à l'électorat
00:14:43avec des élections qui arrivent à la fin de l'année
00:14:46qui, de toute façon, ne se tiendront pas
00:14:48dans des conditions normales.
00:14:49Puisqu'en même temps, il parle beaucoup de la guerre,
00:14:51mais il parle beaucoup de faire voter une loi
00:14:53qui restreindra énormément la liberté de vote
00:14:57pour en particulier l'électorat qui ne vote pas pour lui.
00:14:59Donc, il y a un peu cette obsession des mid-terms de novembre
00:15:02qui ne se tiendront absolument pas dans des conditions normales,
00:15:05si tentées qu'elles se tiennent d'ailleurs.
00:15:07Parce que l'état d'urgence, guerre, etc.,
00:15:09il y pense aussi.
00:15:10Donc, il faut expliquer ça aux électeurs
00:15:11alors que des coûts budgétaires immenses
00:15:14sont faits dans l'assurance santé,
00:15:16dans l'assurance sociale,
00:15:19dans des dépenses de l'État fédéral
00:15:23au service de la petite classe moyenne,
00:15:26y compris dans son propre électorat
00:15:28qui commencent à voir les effets concrets
00:15:30de cette politique budgétaire.
00:15:32Mais comment vous avez compris le fait que cette nuit,
00:15:34ils disent, nous devons finir le boulot ?
00:15:37On ne sait pas ce que ça veut dire
00:15:38parce qu'un jour, il dit, il faut finir le boulot.
00:15:41L'après-midi, le lendemain, il dit,
00:15:43ça peut durer 4 semaines, 5 semaines.
00:15:46La démonstration de la puissance militaire,
00:15:48nous sommes les plus forts, nous sommes au-dessus des lois.
00:15:50Et puis, le jour encore d'après, il dit,
00:15:52ça peut s'arrêter parce que je l'aurais décidé.
00:15:55Mais non, il n'est pas tout seul à décider.
00:15:58Et quand est-ce qu'on décide ?
00:15:59Quand est-ce qu'on dit qu'une guerre est gagnée ?
00:16:03Étant qu'on ne sait pas quels sont les objectifs,
00:16:05que probablement l'administration américaine ne le sait pas,
00:16:08quand est-ce qu'elle pourra décider que la guerre est gagnée
00:16:10sachant qu'elle n'est pas toute seule dans l'équation
00:16:12et qu'Israël, Israël et l'Iran,
00:16:14Israël, lui, a des objectifs très précis,
00:16:17notamment faire tomber l'agime des Mollars ?
00:16:19Mais est-ce qu'aujourd'hui, les objectifs américains
00:16:21sont les mêmes que les objectifs israéliens ?
00:16:23Non.
00:16:24Ils ne coïncident pas à 100%.
00:16:26Ils convergent sur l'essentiel,
00:16:29mais pas sur la totalité des finalités, effectivement.
00:16:33Moi, je ne suis pas d'accord.
00:16:34Je pense que les objectifs sont les mêmes,
00:16:36mais les pressions sont différentes.
00:16:38Je pense que les deux États ont les mêmes objectifs,
00:16:42mais ils n'ont pas la même population,
00:16:43pas la même pression.
00:16:44et les calendriers électoraux des uns et des autres,
00:16:48côté Israël et côté Américain,
00:16:50ne sont pas tout à fait identiques.
00:16:54Donc là où, quand même, il y a, entre guillemets,
00:16:56déjà, on le voit dans les sondages,
00:16:58là où les Israéliens partent avec,
00:17:00je ne sais pas si c'est 80 ou 90% de voix favorables
00:17:04pour aller taper l'Iran.
00:17:07C'est 30%, je crois, aux Etats-Unis.
00:17:09Il y a à peine 30% de la population qui soutient...
00:17:11Déjà, la donne de départ, elle est incroyablement différente.
00:17:16Il avait quand même promis qu'il ne déclenche aucune autre guerre.
00:17:19Oui, et les Iraniens l'ont très bien compris.
00:17:21Ils vont jouer la durée,
00:17:22ils vont jouer, comment dire,
00:17:25je ne sais pas comment dire,
00:17:26la politique de la mouche du coche.
00:17:28On n'a pas besoin d'avoir des moyens militaires énormes
00:17:32pour faire du mal.
00:17:33C'est ce qu'on voit avec les drones, les mines et tout ça.
00:17:35Il n'y a pas que le militaire.
00:17:36Donc ils vont essayer de faire durer.
00:17:38C'est vrai que c'est entre guillemets
00:17:40quelle est la population qui peut résister le mieux,
00:17:42laquelle est la plus résiliente.
00:17:43La plus résiliente, c'est évidemment la population israélienne
00:17:46qui a appris à vivre avec les guerres.
00:17:48Qui a appris avec ça depuis 70 ans
00:17:50et pas la population américaine.
00:17:52Mariette Daré-Grand, vous laisse arrêter ce soir
00:17:53sur cette expression qu'on emploie beaucoup
00:17:55depuis le début de cette offensive.
00:17:57C'est l'expression but de guerre, le mot du jour.
00:18:04Il y a quoi derrière cette expression but de guerre, Mariette ?
00:18:07On voit bien que les choses sont très complexes.
00:18:09Ce n'est pas très clair.
00:18:10C'est peut-être parce que nous, en français,
00:18:12avec ce mot but, lui-même, c'est un mot passe-partout
00:18:14qui n'est pas très fixé.
00:18:16Finalement, ça peut être quelque chose avec une finalité énorme.
00:18:18Si je vous demande, Adeline, quel est le but de votre vie ?
00:18:21J'y réfléchis encore.
00:18:22Voilà, ce n'est pas la même chose que si je vous dis
00:18:25quel est votre but si vous voulez faire attention à votre santé,
00:18:28vous allez manger différemment, quel est le but de ça ?
00:18:30Et puis surtout, la connotation, elle est sportive,
00:18:32elle est footballistique.
00:18:34Trois buts à zéro, je crois, hier.
00:18:36Cinq buts à deux pour le PSG hier soir.
00:18:38Ça, c'était le but de guerre du PSG.
00:18:40Voilà.
00:18:41Alors, néanmoins, le mot but ne vient pas du foot.
00:18:44Il vient d'un sport, mais très ancien,
00:18:46qui est le tir à l'arc.
00:18:48Donc, c'est plutôt ça.
00:18:49Et le but, lui-même, c'était l'objet en bois,
00:18:51une sorte de billot sur lequel il fallait envoyer sa flèche.
00:18:54C'est la cible.
00:18:55C'est la cible, voilà, exactement.
00:18:57Alors, l'expression, par exemple, de but en blanc,
00:18:59c'est quand la cible, on en voit aujourd'hui en image d'animation,
00:19:03le cœur de la cible est toujours blanc.
00:19:06D'accord.
00:19:06Voilà, donc ça vient de là, c'est finalement très concret.
00:19:09Et c'est la même métaphore en anglais avec le mot goal.
00:19:12Alors, c'est drôle parce que nous, le goal,
00:19:14on en a fait un personnage, on n'a pas gardé.
00:19:16C'est le gardien des buts.
00:19:17Voilà, exactement.
00:19:18Alors, dans ce qui nous intéresse là, la guerre au Moyen-Orient,
00:19:22ce qui semble se dessiner, c'est que le mot goal,
00:19:25il est parfois utilisé, notamment Vance, je crois,
00:19:28en parlant de goal sur le problème du nucléaire.
00:19:32Mais Trump lui-même ne l'emploie pas.
00:19:34Lui, il a le mot neutre d'objective,
00:19:37objective, ou aims en anglais,
00:19:40mais c'est en fait un mot lui-même très plastique,
00:19:44plutôt lié à la vie économique, à la vie des affaires.
00:19:47Il n'est pas vraiment un mot de la, vocabulaire de la guerre.
00:19:51Alors, là-dessus, il y a une remarque tout à fait intéressante
00:19:54qu'on peut faire, c'est que le but, finalité haute,
00:19:57le but de la vie en anglais, ce serait le purpose.
00:20:00Le purpose, il n'est pas utilisé pour cette guerre-là,
00:20:03alors qu'il l'a été pour l'opération Bush en Irak.
00:20:07Donc, c'est comme si, là, on ne voulait pas avoir le même vocabulaire.
00:20:12Or, nous, ce propose, je veux dire,
00:20:14dans le monde occidental en général, il est revenu.
00:20:16Mais alors, dans le monde économique, dans le monde de l'entreprise,
00:20:19parce qu'on demande aux entreprises aujourd'hui
00:20:21de faire plus que de gagner de l'argent, d'être rentable,
00:20:23il faut qu'elles contribuent à rendre le monde meilleur, plus vert, etc.
00:20:27Donc, je crois que c'est significatif que ce mot-là ne soit pas employé
00:20:31pour l'opération américaine contre l'Iran.
00:20:34Mais Donald Trump, il n'a pas besoin de ce cadre moral,
00:20:37de ce but juste.
00:20:38Exactement.
00:20:39Il n'a pas besoin de dire la guerre est juste, la guerre est la croisade.
00:20:41Lui, il fait l'impasse sur le but.
00:20:43Et c'est là que c'est intéressant,
00:20:45parce qu'on retrouve une notion médiévale,
00:20:48une notion des balbutiements du droit international,
00:20:51quand les juristes parlaient, à ce moment-là, en latin,
00:20:54de casus belli.
00:20:55Ce n'est pas la même chose que le but, la cause de la guerre.
00:20:58Ce n'est pas du tout la même chose.
00:21:00Et leur exemple, c'était toujours Jules César franchissant le Rubicon.
00:21:03Et voilà, c'est l'élément déclencheur de la guerre civile romaine.
00:21:07Donc, ma question, c'est que j'ai l'impression qu'aujourd'hui,
00:21:10on est en train de régresser à ce niveau-là,
00:21:12c'est-à-dire quand la guerre n'avait même pas besoin de but,
00:21:15c'était le fait du roi ou le fait de l'empereur.
00:21:18Donc, c'est ça, cette question.
00:21:19Je pense qu'on y est.
00:21:21Voilà, avec la guerre trumpienne.
00:21:22Est-ce que ce serait ça ?
00:21:24Pour moi, c'est ça, oui.
00:21:25Pour vous, c'est ça.
00:21:26C'est le fait du roi.
00:21:27Oui, je suis le plus fort, je suis au-dessus des lois.
00:21:30Je fais la démonstration de la puissance militaire
00:21:32en jouant sur le registre des jeux vidéo, du cinéma
00:21:36et même de la bande dessinée.
00:21:37Regardez la vidéo postée par le comte X de la Maison Blanche
00:21:41juste avant le début de cette émission.
00:21:43Je ne sais pas si on peut la voir.
00:21:44On est dans la guerre de communication.
00:21:49C'est un montage fait par la Maison Blanche
00:21:52et posté sur les réseaux sociaux il y a quelques instants.
00:21:55Comment vous interprétez cette communication ?
00:21:57Mais c'est presque enfantin, en fait.
00:21:59Oui, ça sert à infantiliser les Américaines et les Américains
00:22:02pour finalement un peu dépolitiser la chose
00:22:05alors que c'est ultra politique, évidemment,
00:22:06et les faire adhérer au projet trumpien de toute puissance.
00:22:10Et puis, il y a la jouissance de l'utilisation des IA tueuses aussi.
00:22:14La jouissance mortifère du spectacle de la violence.
00:22:17Et puis, c'est une guerre qui ne fait pas de mort côté américain
00:22:21et qui n'en fera pas.
00:22:23C'est ça l'idée que véhicule Trump.
00:22:24C'est un jeu.
00:22:25Et dans ce jeu, au final, on gagne toujours.
00:22:28Et quand aujourd'hui, il dit, on va finir le boulot en rigolant
00:22:31et que tout le monde applaudit,
00:22:33personne ne se projette.
00:22:34Il a parlé de ce que peut être une guerre et dans ce qu'elle provoque
00:22:38de mort et de destruction et potentiellement aussi du côté américain.
00:22:42Sauf que la guerre, elle continue.
00:22:44Est-ce qu'il a sous-estimé la capacité de résistance des Iraniens ?
00:22:48Alors, c'est une vraie question parce qu'il n'y a pas eu de sous-estimation
00:22:51de la part de la planification militaire.
00:22:53Elle a été très bien faite.
00:22:56Il n'y a pas du tout de trou dans la raquette.
00:22:58C'est plutôt sur le paramétrage politique, effectivement.
00:23:01Il y a eu, probablement, mais ça tient aussi largement à sa personne,
00:23:04un excès de confiance.
00:23:07Il y a un péché d'orgueil, d'excès de confiance.
00:23:10Parce qu'il a pensé que la première frappe de décapitation,
00:23:15finalement, ferait l'économie de potentiels étapes ultérieures
00:23:19dans lesquelles il se retrouve engagé, presque malgré lui.
00:23:22C'est effectivement...
00:23:24Il y a une misc exculation,
00:23:26mais ça tient peut-être à l'interculturel aussi.
00:23:28Il ne comprend pas la mentalité iranienne.
00:23:30Et d'ailleurs, quand...
00:23:32Mais qu'est-ce qu'il ne comprend pas dans cette mentalité ?
00:23:34Il n'a pas compris que les Iraniens ne pouvaient pas capituler.
00:23:36C'est impossible.
00:23:38Il ne pouvait pas leur demander une capitulation sans condition.
00:23:41Donc, le logiciel n'est pas le même.
00:23:43Et ce qui est intéressant, c'est ce que lui a dit Wittkopf
00:23:45en lui faisant un retour après une discussion avec Arachim.
00:23:49Il lui a dit, mais je ne comprends pas.
00:23:51J'ai amené une telle force, pourquoi il ne cède pas ?
00:23:54Donc, une vraie incompréhension de sa part,
00:23:56mais d'une certaine manière, presque candide.
00:23:58Est-ce qu'il avait oublié de penser au détroit d'Hormuz ?
00:24:01Oui, je pense.
00:24:02Il avait oublié, mais il n'a pas oublié.
00:24:04Il est sous-estimé.
00:24:05La planification est bonne.
00:24:07Enfin, je veux dire, d'un point de vue strictement militaire,
00:24:10c'est vrai qu'il n'y a pas d'accrocs.
00:24:12Il n'y a pas d'accrocs.
00:24:13Ils n'ont perdu aucun avion.
00:24:14Ils n'ont encore perdu aucun navire.
00:24:16Ils ont perdu du matériel.
00:24:18Les radars.
00:24:19Oui, ils ont perdu un peu de matériel.
00:24:20Enfin, je veux dire, dans une guerre,
00:24:22normalement, on perd des choses.
00:24:25C'est les radars qui protègent les pétro-manarchies.
00:24:27Oui, oui, mais ça se refait.
00:24:28Il y en a d'autres.
00:24:30Vous voyez ce que je veux dire.
00:24:31Franchement, dans une guerre...
00:24:32Par contre, on a quand même l'impression
00:24:34qu'ils ont, justement, aveuglé par leur puissance,
00:24:38sous-estimé la puissance des drones.
00:24:41Ils n'ont pas évalué la riposte, évidemment.
00:24:45Enfin, là où on a un peu un doute,
00:24:48c'est qu'on a l'impression qu'ils n'ont pas du tout imaginé
00:24:50que les Iraniens allaient riposter sur leurs voisins.
00:24:53Et les voisins, maintenant, sont obligés de se défendre même
00:24:55et de consommer aussi beaucoup de munitions.
00:24:57Et donc, on est quand même dans une vraie question
00:24:59sur le rythme de consommation des munitions
00:25:02et la possibilité pour les États-Unis
00:25:04d'être un peu coincés et à sec.
00:25:06Et d'ailleurs, dans son message, cet après-midi,
00:25:08le guide suprême iranien a appelé aussi les pays du Golfe
00:25:10à fermer les bases américaines sur leur sol
00:25:12et il leur demande de clarifier leur position
00:25:14vis-à-vis des agresseurs.
00:25:16Il faut rappeler que depuis le début de la guerre,
00:25:17ces pays vivent, eux aussi, au rythme des bombardements.
00:25:20Plus de 2 000 frappes les ont visées.
00:25:22Katia Gilder.
00:25:24Depuis le début de la guerre, le 28 février,
00:25:26les monarchies du Golfe sont dans le viseur de Téhéran.
00:25:30Plus de 3 000 projectiles, dont 700 missiles,
00:25:33ont été tirés par l'Iran.
00:25:35Les frappes ne visent pas seulement des bases
00:25:37ou des intérêts américains,
00:25:38elles touchent aussi des infrastructures civiles,
00:25:41des quartiers résidentiels comme ici, à Doha, au Qatar,
00:25:45un bâtiment de la sécurité sociale au Koweït,
00:25:48un hôtel ou encore ce dépôt pétrolier
00:25:52frappé par des missiles à Oman.
00:25:55Propulsés dans un conflit qu'ils n'ont pas choisi,
00:25:58les États de la région ont décidé de ne pas riposter
00:26:00pour éviter un embrasement généralisé.
00:26:03Mais certains commencent à hausser le ton.
00:26:07L'État du Koweït affirme son droit plein et inhérent
00:26:10à se défendre en vertu de l'article 51
00:26:12de la charte des Nations Unies
00:26:14en réponse à cette agression flagrante.
00:26:18Nous déplorons profondément les attaques sans précédent
00:26:21dont notre cher pays, ainsi que nos États frères arabes
00:26:24et les nations amies, ont été la cible.
00:26:26Attaques qu'aucun prétexte ne permet à l'Iran de justifier.
00:26:30Des attaques que l'Iran poursuivra si ces pays
00:26:33ne clarifient pas leur position avec les États-Unis,
00:26:36c'est le message adressé cet après-midi
00:26:38à la télévision iranienne par le nouveau guide suprême,
00:26:41Moujtaba Khamenei, qui affirme que seules
00:26:44les bases américaines sont visées par les frappes.
00:26:46Les pays du Golfe doivent clarifier leur position
00:26:49vis-à-vis des agresseurs de notre chère patrie
00:26:51et des assassins de notre peuple.
00:26:53Je leur recommande de fermer au plus vite ces bases,
00:26:55car ils ont dû comprendre désormais
00:26:57que les promesses américaines d'apporter sécurité et paix
00:27:00ne sont rien d'autre qu'un mensonge.
00:27:03Malgré les attaques iraniennes, la vie quotidienne continue.
00:27:07Les pétromonarchies tentent de préserver leur économie
00:27:09et leur richesse pétrolière, mais le conflit va laisser des traces
00:27:13dans ces pays considérés jusqu'à présent,
00:27:16comme des havres de paix.
00:27:18Pardon pour cette question peut-être un peu sotte,
00:27:21mais pourquoi est-ce que les pays du Golfe ne répliquent pas ?
00:27:24Parce qu'ils se retrouvent un peu coincés, effectivement.
00:27:27Ils ne veulent pas trop s'exposer, ils le sont déjà beaucoup.
00:27:30Et donc, ce qui les a inquiétés, c'était le lancement
00:27:33de l'opération, justement.
00:27:34Ils avaient différé une potentielle première opération
00:27:38parce qu'ils n'avaient pas les protections américaines.
00:27:41Là, ils les ont, mais elles ne sont pas suffisantes.
00:27:44Et donc, ils deviennent des cibles.
00:27:45Ce n'est pas seulement les bases qu'ils hébergent,
00:27:47c'est les pays.
00:27:48Et en fait, c'est tout le logiciel de ces pétromonarchies
00:27:50qui est remis en cause.
00:27:52Donc, l'idée qu'il y a une insularité, de sécurité, d'opulence
00:27:57est en train de voler en éclats.
00:27:58Et donc, c'est un vrai problème, effectivement,
00:28:00qui laissera des traces à long terme.
00:28:01Est-ce qu'ils finiront par rentrer en guerre ?
00:28:05À ce stade, c'est peu probable, mais on ne sait pas.
00:28:09Les conséquences d'une guerre sont toujours imprévisibles.
00:28:11Ce n'est pas impossible.
00:28:12Ce n'est pas impossible, notamment.
00:28:13Ce n'est pas impossible.
00:28:27Là, c'est une question de survie.
00:28:29Et si les outils rentraient dans la danse, entre guillemets,
00:28:32parce qu'il y aurait un deuxième front de l'autre côté ?
00:28:36Et ça, ce serait un vrai problème qui ne pourrait pas être minimisé.
00:28:39Les monarchies du Golfe, elles ont en quelques jours tout perdu
00:28:42parce que toute l'économie fondée sur le post-pétrole
00:28:45est en train de s'effondrer sur leur réputation,
00:28:48sur le tourisme, l'immobilier, les placements.
00:28:50Ils sont trahis par les États-Unis.
00:28:52Ils ont acheté la stabilité géopolitique dans la région
00:28:56en investissant dans les entreprises du numérique américaine,
00:28:59notamment des fils Trump.
00:29:01Et finalement, la contrepartie, entre guillemets,
00:29:04promise par les États-Unis s'effondre.
00:29:06Ça veut dire qu'à long terme,
00:29:07ce qui est en train de se passer pour les États-Unis,
00:29:09c'est une baisse totale, voire une disparition totale
00:29:13de la crédibilité de la parole américaine dans le monde.
00:29:16Et ça, pour les États-Unis, ça va être dévastateur,
00:29:19peut-être pire encore que le post-2003 en Irak.
00:29:22On parlait tout à l'heure du détroit d'Hormuz.
00:29:25Moujtabar Amenei appelle à la poursuite du blocage du détroit d'Hormuz
00:29:29vers lequel les yeux du monde restent rivés.
00:29:33Donald Trump a aussi dit qu'il régnerait bientôt
00:29:36une grande sécurité dans ce détroit.
00:29:39C'est la suite des opérations ?
00:29:41Tout va se concentrer dans le détroit d'Hormuz ?
00:29:42Est-ce que, puisqu'on était tout à l'heure dans les jeux vidéo,
00:29:45est-ce que c'est ça le game changer ?
00:29:47De toute façon, c'est un point central.
00:29:49C'est un point central parce que c'est dans la guerre asymétrique
00:29:52menée par Téhéran, le régime iranien.
00:29:55Ce n'est pas une surprise.
00:29:56La surprise, c'est plutôt la sous-estimation éventuelle
00:29:58dans la planification politique de cette option.
00:30:01parce que les Iraniens l'avaient annoncé avant.
00:30:04Donc, c'est tout sauf une surprise.
00:30:06Et là où on peut penser qu'il y a une sous-évaluation,
00:30:08c'est que les Américains ne disposent pas des démineurs.
00:30:12L'US Navy ne l'en a pas, quasiment.
00:30:14Et donc, c'est comme si la question ne devait pas se poser, en fait.
00:30:17Elle se pose maintenant,
00:30:18puisqu'ils vont devoir faire appel notamment aux Européens.
00:30:20qui, nous, nous avons effectivement des...
00:30:23Est-ce qu'on a ce soir la certitude
00:30:25que les Iraniens ont miné le détroit d'Hormuz ?
00:30:27Non, on n'a pas la certitude,
00:30:28mais il y a effectivement des rumeurs qui font l'État...
00:30:31Ça a été démenti par Téhéran.
00:30:32On ne peut pas l'exclure, de toute façon.
00:30:35Et si c'est le cas,
00:30:36ce serait effectivement extrêmement difficile à maîtriser.
00:30:39Par ailleurs, c'est une arme à double tranchant pour les Iraniens.
00:30:42Parce que c'est des mines qui peuvent exploser aussi
00:30:44sur leur bateau ou le bateau de leurs alliés.
00:30:47Il y a des mines très intelligentes
00:30:48qui peuvent exploser selon les bateaux.
00:30:50Enfin, celles-là, elles sont très chères.
00:30:52On ne pense pas que ce soit celles.
00:30:53On ne pense pas qu'ils en aient beaucoup de ce type.
00:30:58Parce qu'elles se déclenchent
00:31:00selon la signature acoustique du bateau.
00:31:03Là, on est déjà dans le...
00:31:04Haute technologie.
00:31:05Oui, voilà.
00:31:05On est dans la haute technologie.
00:31:08Moi, je pense qu'on peut...
00:31:10Enfin, Donald Trump, il parle comme à des enfants.
00:31:14Donc, il ne faut pas écouter Donald Trump.
00:31:16Il faut écouter les comptes rendus des militaires.
00:31:18Voilà ce que je dirais.
00:31:19Donc, il y a une première phase
00:31:20qui était, entre guillemets,
00:31:23de nettoyer ce qui pouvait toucher les avions au ciel.
00:31:26Je pense qu'il va quand même y avoir une phase navale
00:31:28qui va s'ouvrir.
00:31:29On ne peut pas...
00:31:30On ne peut pas sécuriser la zone
00:31:34sans rentrer dans une phase navale.
00:31:36Et une phase terrestre ?
00:31:37La phase terrestre, c'est un peu la complication
00:31:40parce que, vous l'avez vu,
00:31:41le Détroit, il n'est quand même pas large.
00:31:44Donc, ce n'est pas comme si on protégeait,
00:31:47je ne sais pas, la mer Méditerranée au milieu.
00:31:49On est quand même tout près des côtes.
00:31:52Donc, que ce soit des drones,
00:31:54que ce soit des drones sous-marins,
00:31:55que ce soit des actions commandos,
00:31:57que ce soit tout,
00:31:58ça peut devenir un peu chahuté.
00:32:02Mais normalement, il y a quand même,
00:32:04je ne sais pas combien de destroyers qui sont autour.
00:32:08Les États-Unis, pour l'instant,
00:32:09n'utilisent rien de navale.
00:32:11Donc, il y a peut-être un moment
00:32:12où ils vont commencer à le faire.
00:32:14Une opération terrestre,
00:32:15elle est dans les plans des États-majors américains ?
00:32:17Je ne sais pas quels sont les plans
00:32:19des États-majors américains.
00:32:20Et ce qu'on peut dire, en tout cas,
00:32:22c'est que Trump s'est privé de tous les experts
00:32:25en stratégie géopolitique et militaire
00:32:28en dehors de l'armée elle-même.
00:32:30Il a décapité le National Security Council.
00:32:33Il n'a autour de lui que des courtisans
00:32:35sur le plan politique,
00:32:36que des courtisans qui vont dans son sens.
00:32:39Et puis, il y a les militaires,
00:32:39mais les militaires, ils obéissent aux ordres.
00:32:42Bien sûr.
00:32:42Jusqu'au moment où on leur demande
00:32:43de trahir leur patrie,
00:32:44et là, c'est autre chose.
00:32:46Donc, c'est très difficile de le dire.
00:32:49Pour l'instant, ce n'est pas envisagé.
00:32:51Mettre des boots on the ground,
00:32:53ça serait vraiment tellement impopulaire
00:32:54que là, vraiment, c'est la fin de Trump 2.
00:32:57C'est la ligne rouge aussi.
00:32:58Mais ce n'est pas exclure.
00:33:01Oui, de toute façon,
00:33:01il n'y aura pas de troupes au sol
00:33:03sur le modèle irakien, pas du tout.
00:33:05Ça, c'est exclu.
00:33:06En revanche, on ne peut pas exclure
00:33:07des troupes au sol sous forme
00:33:08de forces spéciales, etc.
00:33:10Parce qu'il y a quelque chose
00:33:11qui passe un peu sous les radars,
00:33:12mais qui est central.
00:33:14C'est la question des nucléaires,
00:33:16des 440 kilos.
00:33:18Et ça, on ne peut pas...
00:33:21Trump ne peut pas se retirer
00:33:22sans avoir réglé cette question.
00:33:23C'est ça, le problème.
00:33:24Et c'est là où il est piégé.
00:33:25Parce que ce n'est pas une question contingente.
00:33:27Il ne peut pas laisser les 440 kilos
00:33:29l'Agence internationale de l'énergie.
00:33:31On sait où ils sont.
00:33:32On ne sait pas exactement où ils sont.
00:33:34C'est très profond.
00:33:35Ce n'est pas exclu,
00:33:36notamment sous un nouveau site
00:33:37qui n'a jamais été bombardé,
00:33:38qui s'appelle la montagne de la Pioche.
00:33:41C'est un super fort d'eau.
00:33:44Et il semblerait potentiellement
00:33:46qu'il y ait eu...
00:33:47que ça ait été dispatché
00:33:48en deux fois 200.
00:33:52Est-ce que ça a pu être la cible
00:33:53des bombardements israéliens
00:33:55sur des sites nucléaires aujourd'hui ?
00:33:57Non, celui de Talégane, c'est autre chose.
00:33:59Celui de Talégane, c'est justement
00:34:00un site clairement militaire
00:34:03où il y avait une chambre d'essai
00:34:05sur les explosifs plastiques.
00:34:07Donc, c'était vraiment un outil
00:34:10d'essai militarisé.
00:34:12Ce n'est pas un endroit
00:34:14où il y avait l'enrichissement
00:34:15tel que Nathan sous Ford.
00:34:17Un dernier mot, Marie-Cécile Neff,
00:34:19sur la crainte d'une frappe iranienne
00:34:21sur le sol américain,
00:34:22et particulièrement en Californie.
00:34:26C'est une information de presse américaine
00:34:28qui est sortie cet après-midi.
00:34:29Est-ce que cette crainte,
00:34:29elle est pégnante en ce moment en Californie ?
00:34:31On a vu que la cérémonie des Oscars
00:34:33qui se déroule dimanche soir
00:34:34avait rehaussé sa sécurité.
00:34:37Ça existe vraiment chez les Américains,
00:34:39cette peur ?
00:34:41C'est difficile à évaluer,
00:34:43mais la guerre, c'est aussi
00:34:43une bataille de récits
00:34:44et une bataille de propagande.
00:34:46Donc, c'est difficile de savoir
00:34:47la réalité des choses.
00:34:49Mais les Iraniens,
00:34:51enfin, le régime iranien en tout cas,
00:34:53pas la population iranienne,
00:34:54le régime iranien,
00:34:55ce qu'il en reste,
00:34:56a tout intérêt à faire croire
00:34:58ou à laisser penser
00:34:59qu'ils ont des capacités
00:35:00d'atteindre les Etats-Unis
00:35:01sur leur propre sol
00:35:02pour rendre la guerre
00:35:03encore plus impopulaire
00:35:04et fragiliser Trump.
00:35:06Par drone ?
00:35:07Oui, c'était évoqué effectivement
00:35:09par le FBI,
00:35:10mais enfin,
00:35:12il faut relativiser la consistance
00:35:13quand même de la menace.
00:35:14Oui, sans doute.
00:35:16Eh bien, merci à tous les trois
00:35:17d'être venus ce soir
00:35:17dans Chaque Voix Compte
00:35:18pour évoquer ce sujet.
00:35:20On va poursuivre la discussion
00:35:22dans un instant.
00:35:23On va parler de l'approvisionnement mondial
00:35:25en pétrole
00:35:26qui est perturbé comme jamais.
00:35:27C'est ce que dit aujourd'hui
00:35:28l'Agence internationale de l'énergie.
00:35:30L'État doit-il intervenir
00:35:32sur les prix à la pompe ?
00:35:33Est-ce qu'il faut des aides
00:35:34pour les automobilistes ?
00:35:35On en parle avec nos trois prochains invités.
00:35:37Mais avant cela,
00:35:38c'est Quelle Histoire ?
00:35:39Et c'est Olivier Ravanello.
00:35:47Justement, on en a parlé
00:35:48tout au début de cette émission.
00:35:49Olivier, vous vouliez revenir ce soir
00:35:50sur ces vidéos générées
00:35:51par l'intelligence artificielle
00:35:53que l'on voit fleurir
00:35:54sur les réseaux sociaux
00:35:55et qui caricaturent
00:35:57les acteurs de cette guerre
00:35:59au Moyen-Orient.
00:36:00Une nouvelle forme de satire.
00:36:02Exactement,
00:36:02parce qu'avec l'IA,
00:36:03l'imagination n'a pas de limite.
00:36:05Ces récits, ces vidéos
00:36:06sont très faciles à fabriquer
00:36:08et elles ont de plus en plus,
00:36:09on les voit apparaître
00:36:10comme objectif de simplifier,
00:36:13de raconter de manière plus ludique
00:36:15les grands enjeux
00:36:17et la complexité de ce conflit
00:36:18qu'on essaye tant bien que mal
00:36:21de décrypter.
00:36:22Regardez cette vidéo,
00:36:23c'est une que je trouve
00:36:23les plus parlantes.
00:36:24Elle a été vue déjà en trois jours
00:36:26des millions de fois.
00:36:27On y voit un Ayatollah
00:36:29qui envoie des drones.
00:36:31On y voit Netanyahou
00:36:32porté et juché
00:36:33sur les épaules de Trump.
00:36:35On a bien compris
00:36:35que Netanyahou a envie
00:36:37que cette guerre
00:36:38dure un peu plus longtemps
00:36:39que Trump.
00:36:40Et puis, au loin,
00:36:41vous avez un homme qui arrive,
00:36:42c'est Zelensky, l'ukrainien.
00:36:44Qu'est-ce que Zelensky
00:36:44vient faire là-dedans ?
00:36:45Eh bien, il vient apporter
00:36:46son expertise en drones.
00:36:49Il y a des militaires ukrainiens
00:36:51qui sont arrivés
00:36:52justement pour conseiller
00:36:55les Américains
00:36:55sur la façon d'abattre
00:36:58ces drones Shahed,
00:36:59fabrication iranienne,
00:37:00qui sont utilisés
00:37:01sur le sol ukrainien.
00:37:03Et puis, on voit quand même
00:37:05que ces drones finissent
00:37:07par passer
00:37:07et par carboniser tout le monde,
00:37:09ce qui laisse entendre
00:37:10et laisse comprendre
00:37:11de quel côté
00:37:12est celui qui a fabriqué
00:37:13cette vidéo.
00:37:14Il n'y a pas que le militaire
00:37:15qu'on peut voir comme ça
00:37:16mise en scène,
00:37:17il y a aussi l'économie.
00:37:19Regardez,
00:37:19le détroit d'Hormuz,
00:37:20on en parlait
00:37:21il y a un instant.
00:37:23Bon, là,
00:37:23c'est assez simple.
00:37:24le bateau qui arrive
00:37:25est tiranien.
00:37:27Ça passe.
00:37:28Et indien,
00:37:29et ça passe.
00:37:30Un ayatollah
00:37:30lève la barrière.
00:37:31Le bateau qui arrive
00:37:32est chinois.
00:37:36Et puis,
00:37:38vous avez évidemment
00:37:39un bateau américain
00:37:41qui arrive
00:37:41et là,
00:37:42ça ne passe plus.
00:37:44Ça ne passe plus.
00:37:46Pardon,
00:37:47mais ce sont
00:37:47des internautes amateurs
00:37:48qui produisent ces vidéos ?
00:37:50Oui,
00:37:50mais il n'y a pas que.
00:37:51Par exemple,
00:37:52le compte très officiel
00:37:53de l'ambassade de Chine
00:37:55aux Etats-Unis
00:37:56a publié cette vidéo
00:37:57où on voit
00:37:57des colombes
00:37:59qui poussent
00:38:00des cris d'orfraie
00:38:00et des Américains
00:38:02qui leur proposent
00:38:03une protection,
00:38:03le bouclier américain.
00:38:05Et une fois que ce bouclier
00:38:06est déployé,
00:38:06il se transforme en cage.
00:38:09Est-ce que c'est nouveau
00:38:09de se moquer de la guerre
00:38:10de cette façon
00:38:11de la caricaturer ?
00:38:14Non.
00:38:14Techniquement,
00:38:14c'est nouveau
00:38:15parce qu'il y a
00:38:15l'utilisation de cette IA
00:38:17mais sinon,
00:38:17c'est vieux
00:38:18comme l'essor de la presse
00:38:20à la fin du XIXe siècle
00:38:21où pour expliquer
00:38:22des conflits très compliqués,
00:38:23on utilisait
00:38:24les caricatures
00:38:25dans la foultitude
00:38:26d'images qu'on peut trouver.
00:38:27Je vous en ai sélectionné
00:38:28quelques-unes.
00:38:29Une qui date
00:38:30de la toute fin
00:38:31du XIXe
00:38:32où on voit déjà
00:38:33les velléités russes,
00:38:35la pieuvre russe
00:38:36qui veut s'étendre
00:38:36un peu partout
00:38:37dans les Balkans,
00:38:38en Grèce
00:38:39et aussi
00:38:39beaucoup plus loin
00:38:41en Chine
00:38:41avec cette guerre
00:38:42qui va devenir
00:38:43la guerre russo-japonaise
00:38:45de 1904.
00:38:46Alors,
00:38:47expliquer les enjeux
00:38:48de la guerre russo-japonaise
00:38:49de 1904
00:38:50à l'époque
00:38:51à des Français
00:38:51ou à des Britanniques,
00:38:53ce n'était pas simple.
00:38:54La caricature
00:38:55permettait d'aller
00:38:56un peu plus vite
00:38:57avec cette canonnière russe
00:38:59et en face,
00:39:00le japonais
00:39:01qui est guidé
00:39:02par le banquier anglais
00:39:04et sous l'œil
00:39:05évidemment
00:39:06de l'américain.
00:39:08Et puis,
00:39:08pour résumer
00:39:09les enjeux
00:39:09autour de cette Chine
00:39:11qui est dépecée
00:39:13parce que
00:39:13les grandes puissances européennes
00:39:15veulent viser
00:39:15des comptoirs,
00:39:16vous avez évidemment
00:39:17la caricature
00:39:18du partage du gâteau.
00:39:19Au passage,
00:39:20on instaure
00:39:21et on fige
00:39:22des archétypes
00:39:23sur les pays,
00:39:25la vieille Angleterre,
00:39:26la jeune et fringante France,
00:39:29le belliqueux allemand
00:39:30et le belliqueux russe.
00:39:32Et puis,
00:39:33au fond,
00:39:33ce qu'on raconte aussi
00:39:34avec ces caricatures,
00:39:35c'est que tout ça,
00:39:36les grands entre eux
00:39:37finissent toujours
00:39:38par s'arranger.
00:39:38C'est les petits
00:39:39qu'on envoie au casse-pipe.
00:39:41Mais ça,
00:39:41c'est une autre histoire.
00:39:42Merci, Olivier.
00:39:43On passe à la question
00:39:44qui fâche.
00:39:52Le pétrole flambe
00:39:53donc à nouveau
00:39:54malgré l'annonce hier
00:39:55d'un recours
00:39:55au stock stratégique.
00:39:57Le baril de Brent
00:39:57est repassé cet après-midi
00:39:59au-dessus des 100 dollars
00:40:00et à la pompe,
00:40:01les automobilistes
00:40:02voient s'installer
00:40:03le litre
00:40:03à plus de 2 euros.
00:40:05L'État doit-il intervenir ?
00:40:07Les promesses
00:40:07des distributeurs
00:40:08de contenir cette hausse
00:40:09vont-elles être tenues ?
00:40:10Eh bien,
00:40:10nous en débattons ce soir
00:40:11avec Francis Pousse.
00:40:12Bonsoir.
00:40:13Bonsoir.
00:40:13Vous êtes le président
00:40:14du syndicat professionnel
00:40:15Mobiliance.
00:40:16Vous représentez
00:40:175 800 stations-services
00:40:19traditionnelles,
00:40:20c'est-à-dire hors
00:40:20grande surface.
00:40:21Merci d'être là
00:40:22ce soir aux côtés
00:40:23de Stéphanie Villers.
00:40:24Bonsoir.
00:40:25Vous êtes économiste
00:40:26et conseillère économique
00:40:26chez PWC France.
00:40:28Et bonsoir Yves Cara.
00:40:30Bonsoir.
00:40:30Vous êtes le porte-parole
00:40:32de Mobilité Club de France.
00:40:33C'est Clément Perrault
00:40:34qui vous pose ce soir
00:40:35la question qui fâche.
00:40:40Face à la flambée
00:40:41du prix du pétrole,
00:40:42les marges de manœuvre
00:40:43de l'État sont limitées.
00:40:45Les prix dépendent
00:40:46directement du marché mondial.
00:40:48Pour les influencer,
00:40:49il faut des actions
00:40:50à grande échelle,
00:40:51de préférence coordonnées
00:40:52entre plusieurs pays,
00:40:53en particulier
00:40:54les membres du G7.
00:40:56C'est dans ce sens
00:40:56que la France, hier,
00:40:57a participé à une action
00:40:59commune des pays membres
00:41:01de l'Agence internationale
00:41:02de l'énergie.
00:41:03400 millions de barils
00:41:05ont été libérés
00:41:05de réserves stratégiques
00:41:07internationales,
00:41:08dont 14,5 millions
00:41:09pour la France.
00:41:11L'effet est limité.
00:41:12Pour le moment,
00:41:13le Brent,
00:41:13qui fixe le prix du pétrole
00:41:15sur les marchés internationaux,
00:41:16a continué de grimper hier.
00:41:18Une hausse
00:41:19qui s'est encore accentuée
00:41:20aujourd'hui à 18h.
00:41:22Il était à 99 dollars.
00:41:25Pour limiter la flambée
00:41:27des prix pour le consommateur,
00:41:29l'État peut aussi contrôler
00:41:30et faire pression
00:41:31sur les distributeurs.
00:41:32C'est ce qu'il a fait
00:41:33en début de semaine,
00:41:34avec des contrôles
00:41:35dans les stations-services
00:41:36pour empêcher
00:41:37les marges excessives.
00:41:39Ce matin,
00:41:40les distributeurs
00:41:41étaient reçus à Bercy.
00:41:42Le gouvernement
00:41:43leur a fait passer
00:41:44un message simple.
00:41:46Les augmentations
00:41:47qu'on a constatées
00:41:48en début de crise
00:41:49doivent aujourd'hui
00:41:51être atténuées
00:41:52par l'évolution du cours.
00:41:54Dit autrement,
00:41:55les baisses
00:41:56doivent être répercutées
00:41:58aussi vite
00:41:59que les hausses.
00:42:00Avant même cette réunion,
00:42:02plusieurs distributeurs français
00:42:03avaient déjà annoncé
00:42:04des baisses
00:42:05ou un plafonnement des prix.
00:42:06Le dernier recours,
00:42:07c'est de bouger sur les taxes.
00:42:09Elles représentent
00:42:10pour le consommateur
00:42:11plus de 50%
00:42:12du prix du carburant.
00:42:13Mais cela coûterait
00:42:14plusieurs milliards
00:42:14au budget public
00:42:15déjà passablement tendu.
00:42:17Une option plus crédible
00:42:19serait de cibler des aides
00:42:20aux foyers les plus fragiles
00:42:21et aux professions
00:42:22les plus affectées.
00:42:23Ce serait alors
00:42:24le retour des chèques carburants
00:42:26déjà dégainés
00:42:27par Emmanuel Macron
00:42:28en 2021 et 2023.
00:42:30Alors notre question
00:42:31qui fâche ce soir,
00:42:32l'État peut-il aller plus loin
00:42:34pour limiter la hausse
00:42:35du prix de l'essence.
00:42:37Francis Pousse,
00:42:38vous étiez ce matin
00:42:39au ministère de l'Économie
00:42:40à Bercy
00:42:41autour de cette réunion
00:42:42avec les distributeurs
00:42:43de carburants
00:42:44dont vous faites partie.
00:42:45De quoi avez-vous parlé
00:42:47avec le gouvernement ?
00:42:48Alors on a parlé
00:42:49de la situation globale,
00:42:51à savoir aucun défaut
00:42:52d'approvisionnement,
00:42:53ça c'est clair,
00:42:54mais toute la réunion
00:42:55a été...
00:42:56Le risque de pénurie
00:42:57écarté pour le moment ?
00:42:58Pour le moment,
00:42:59tout à fait,
00:42:59pas de problème.
00:43:00Il a été aussi évoqué
00:43:02cette libération
00:43:02de stroke stratégique
00:43:04par les 30 pays
00:43:05qui en possèdent
00:43:07dans le but
00:43:08de faire baisser les prix.
00:43:10Malheureusement,
00:43:10on se rend compte ce soir
00:43:11en clôturant à 111,37
00:43:13que l'effort
00:43:14n'a pas porté ses fruits.
00:43:16Oui, c'est ça.
00:43:16À l'instant,
00:43:17le baril de Brent
00:43:17vient de clôturer
00:43:18au-delà de 100 dollars.
00:43:19C'est une première
00:43:20depuis 2022.
00:43:21C'est ça.
00:43:22Le baril de Brent.
00:43:22Mais malheureusement,
00:43:24je pense que les frappes
00:43:25qui ont eu lieu
00:43:26cette nuit
00:43:27dans le détroit d'Ormouz
00:43:28sur différents bateaux,
00:43:30des frappes iraniennes,
00:43:31ont annihilé
00:43:32l'espoir
00:43:34de faire en sorte
00:43:35qu'il y ait
00:43:35un choc d'afflux
00:43:36de pétrole
00:43:37et de produits
00:43:38raffinés
00:43:38sur les marchés
00:43:40et on n'a absolument
00:43:41pas retrouvé ça
00:43:42dans les marchés
00:43:42puisque le plat
00:43:44qui est la cotation
00:43:45des produits finis
00:43:45a aussi, lui,
00:43:46augmenté.
00:43:47Que vous a demandé
00:43:48le gouvernement ce matin ?
00:43:49Le gouvernement,
00:43:50bien évidemment,
00:43:51est dans son rôle
00:43:51en nous demandant
00:43:52de modérer nos marges.
00:43:53Je rappelle que
00:43:54dans les stations
00:43:55que je représente
00:43:55qui sont les stations
00:43:56hors grande surface
00:43:57et plus particulièrement
00:43:58celles qui sont
00:43:59la propriété des exploitants
00:44:01sous différentes enseignes
00:44:02que nos marges brutes
00:44:04vont de 4 à 8 centimes.
00:44:06Ça dépend du type
00:44:07d'exploitation.
00:44:08Donc comment voulez-vous
00:44:09alors que déjà aujourd'hui
00:44:11les stations sont
00:44:11dans des situations
00:44:15délicates,
00:44:15baisser la marge
00:44:16de toute façon
00:44:17avec l'écart de prix
00:44:18que l'on a
00:44:19avec certaines grandes surfaces
00:44:21ça ne suffirait même pas
00:44:22à rentrer en concurrence.
00:44:24Donc c'est absolument
00:44:25pas possible.
00:44:26Et contrairement
00:44:27aux communiqués de presse
00:44:28de l'État
00:44:30et du ministère
00:44:31à l'issue de cette réunion
00:44:32où il a été écrit
00:44:34que l'ensemble
00:44:35des distributeurs
00:44:35s'accordaient
00:44:36pour baisser les prix,
00:44:38je suis au regret
00:44:39de dire que nous,
00:44:40en tout cas,
00:44:40on n'a pas les moyens.
00:44:41Donc certaines annonces
00:44:42ont été faites
00:44:43de la part de Total Energy
00:44:44qui d'ailleurs
00:44:45a rehaussé son plafond
00:44:47sur le gasoil
00:44:47à 2,09.
00:44:49Alors, pardonnez-moi,
00:44:50on va s'arrêter
00:44:51sur cette information.
00:44:52C'est-à-dire que Total Energy
00:44:53plafonne le prix
00:44:54à 1,99€ le litre
00:44:55pour le sans-plomb
00:44:56et à 2,09€
00:44:57pour le gasoil.
00:44:58C'est facile
00:44:59les hauteurs sous plafond
00:45:00chez Total Energy
00:45:01parce que 2,09€,
00:45:03les automobilistes,
00:45:04Yves Cara, pardonnez-moi,
00:45:05ils doivent se dire
00:45:05on se fiche de nous.
00:45:07Ce n'est pas un plafond,
00:45:07c'est un ciel,
00:45:092,09€.
00:45:10Alors Total
00:45:12maîtrise toute la chaîne,
00:45:13c'est-à-dire...
00:45:13Et le seul.
00:45:14C'est le seul,
00:45:15en France,
00:45:15à maîtriser toute la chaîne.
00:45:16Donc c'est pour ça
00:45:17qu'ils peuvent plafonner
00:45:18parce que le raffinage
00:45:21peut payer la distribution.
00:45:23Donc c'est le seul.
00:45:23Mais quand on est un indépendant,
00:45:24on n'est pas du tout
00:45:25dans le même cas de figure.
00:45:26Donc eux peuvent se permettre
00:45:27de plafonner
00:45:27et puis de réguler
00:45:28un petit peu leurs marges
00:45:29en fonction de la distribution,
00:45:31de la production
00:45:31et du raffinage.
00:45:32Alors comment font Leclerc et Hu
00:45:34qui annoncent une baisse
00:45:35de 10 à 30 centimes
00:45:36dès demain à la pompe ?
00:45:37Alors ça,
00:45:38c'est un pourcent,
00:45:38on ne sait pas.
00:45:39Stéphanie Villers,
00:45:40vous qui êtes économiste,
00:45:41vous connaissez le mécanisme
00:45:42qui permet
00:45:43aux grandes surfaces ?
00:45:45Non, on n'a pas le droit.
00:45:46On n'a pas le droit.
00:45:4730 centimes.
00:45:48On a essayé il y a quelques années
00:45:49puisqu'Elisabeth Borne
00:45:50voulait nous permettre
00:45:51de vendre à perte.
00:45:52Il y a un vrai sujet,
00:45:52c'est-à-dire que vous dites
00:45:53à part baisser leur marge,
00:45:54je ne vois pas comment ils vont faire,
00:45:55mais Michel-Edouard Leclerc
00:45:56l'a dit ce matin,
00:45:5730 centimes de moins.
00:45:59Ils vont vendre à perte alors
00:46:00parce que de toute façon
00:46:01quand il y a quelques centimes
00:46:03comme 3 à 3 centimes
00:46:04en moyenne de marge brut
00:46:05si ils viennent de 30 centimes.
00:46:07Donc soit ils vont vendre à perte.
00:46:09Non mais les hausses
00:46:09ont été tout de suite répercutées.
00:46:11Donc déjà,
00:46:12il y a peut-être eu
00:46:12des marges
00:46:13qui ont été faites
00:46:14sur la première semaine.
00:46:15Donc ceux qui annoncent
00:46:16qu'ils baissent aujourd'hui,
00:46:17c'est ceux qui en ont un peu profité
00:46:19la semaine dernière.
00:46:20Si ce qui me permet,
00:46:21la vente à perte
00:46:22s'applique à votre dernière livraison.
00:46:24La marge surfaite
00:46:25la semaine dernière,
00:46:26elle n'est plus
00:46:26dans la livraison d'aujourd'hui.
00:46:28Donc c'était bien
00:46:29de la spéculation
00:46:30sur les livraisons à venir.
00:46:31Éventuellement.
00:46:32On verra si c'est vraiment
00:46:34dans les faits
00:46:34puisqu'il avait annoncé hier
00:46:35que ça commencerait demain.
00:46:37Ce matin,
00:46:38on a regardé différents Leclerc.
00:46:40Il y a même une hausse
00:46:41de 2 centimes
00:46:41dans certains cas.
00:46:42Et puis les carburants
00:46:43sont des produits d'appel
00:46:44pour les grandes surfaces.
00:46:45Oui.
00:46:45Ils ne gagnent pas d'argent là-dessus.
00:46:47Mais ils n'ont pas le droit
00:46:48de vendre à perte.
00:46:48Ils viennent faire leur plein
00:46:49chez eux, même après coûtant,
00:46:51parce qu'ensuite
00:46:52ils font les courses.
00:46:53Oui, oui, tout à fait.
00:46:54Alors j'aimerais
00:46:55que la DGC-SRF
00:46:57qui a été si prolixe
00:46:58à contrôler 500 stations,
00:47:00aille contrôler
00:47:01dans quelques jours
00:47:03qu'on n'ait pas
00:47:04des phénomènes
00:47:04de vente à perte, justement.
00:47:05Oui.
00:47:06Mais vous savez,
00:47:07si je peux me permettre,
00:47:08nous, Mobilité Club France,
00:47:09donc Automobilité Club Association,
00:47:11on a changé de nom,
00:47:12on s'appelle Mobilité Club France
00:47:13pour prendre en compte
00:47:14toutes les mobilités.
00:47:15Ça fait très longtemps
00:47:16qu'on demande la baisse des taxes.
00:47:17Alors on nous dit,
00:47:17mais attendez,
00:47:18ça va être...
00:47:18C'est à peu près 40 milliards,
00:47:19je crois.
00:47:2042 avec la TVA.
00:47:2242 milliards pour les taxes
00:47:22sur les carburants.
00:47:23C'est 60% d'un litre...
00:47:24Oui, 55%, 60%.
00:47:26Mais ça rapporte à l'État,
00:47:28pour le fonctionnement,
00:47:29un peu 42 milliards.
00:47:30C'est un budget
00:47:31qui a été décidé
00:47:32pour 2026.
00:47:33Restons dans ce budget
00:47:34parce qu'aujourd'hui,
00:47:36c'est vrai que l'État,
00:47:37avec 55% de taxes,
00:47:38gagne plus.
00:47:38Mais je voudrais dire quand même
00:47:40qu'à l'État,
00:47:41qui nous regarde,
00:47:42l'argent qu'on ne va pas mettre
00:47:43dans le réservoir,
00:47:44on ne va pas aller le mettre
00:47:45dans des paradis fiscaux.
00:47:46On va aller plus au restaurant,
00:47:48plus acheter de jouets
00:47:49pour nos enfants,
00:47:50petits-enfants.
00:47:51Ça va rester dans l'économie française.
00:47:53Donc ça va pas être...
00:47:53C'est peut-être une entreprise
00:47:54qui va pouvoir embaucher
00:47:55parce qu'elle va avoir
00:47:56un chiffre d'affaires
00:47:56qui va progresser.
00:47:57Vous voyez loin, Yves Cara.
00:47:58Non, je ne vois pas si loin que ça.
00:48:00Parce que, c'est sûr,
00:48:02on parle de centaines
00:48:04de millions d'euros,
00:48:05mais par personne.
00:48:06Et on va laisser ça
00:48:07dans l'économie française.
00:48:09Donc si on nous en prend moins,
00:48:10on le laissera dedans.
00:48:11On ne va pas le mettre
00:48:12au Panama ou autre.
00:48:13Vous voyez ce que je veux dire ?
00:48:14Il faut avoir cette vision-là.
00:48:14Dans ces cas-là,
00:48:15on peut baisser tous les impôts
00:48:17à tous les niveaux
00:48:17puisqu'il suffit...
00:48:18C'est une philosophie économique
00:48:21qui tente à dire
00:48:21que l'impôt ne sert pas
00:48:23à grand-chose.
00:48:24Il vaut mieux...
00:48:25Je ne prends pas parti.
00:48:26J'explique juste la mécanique.
00:48:29C'est-à-dire que,
00:48:30finalement,
00:48:31l'impôt ne rend pas
00:48:32le service souhaité
00:48:34ou en tout cas
00:48:34ne relance pas
00:48:35la machine économique,
00:48:37ne permet pas, par exemple,
00:48:38de faire les chèques
00:48:40qui viendraient soutenir
00:48:42la hausse des impôts,
00:48:44la hausse des prix
00:48:45des carburants
00:48:45pour les ménages
00:48:46ne servent à rien.
00:48:47Donc il vaut mieux baisser
00:48:48les impôts.
00:48:49Mais on voit que cette mécanique-là
00:48:51ne fonctionne pas.
00:48:52Ce n'est pas pour ça
00:48:53que c'est réinjecté.
00:48:54On va revenir sur la baisse
00:48:55de la TVA
00:48:56que réclame notamment
00:48:56le Rassemblement national.
00:48:57Mais Stéphanie Villers,
00:48:58il y a deux choses
00:48:59que je voudrais comprendre ce soir
00:49:00parce que c'est deux propositions,
00:49:02deux mesures
00:49:02qui sont arrivées sur la table
00:49:03et que Sébastien Lecornu,
00:49:05notamment,
00:49:05a mis en avant aujourd'hui.
00:49:07Le lissage des prix,
00:49:08le plafonnement des marges.
00:49:09Quelle est la différence
00:49:10et comment ça fonctionne ?
00:49:12Le lissage des prix,
00:49:13il ne regarde pas
00:49:15l'évolution des marges.
00:49:16c'est à l'entreprise
00:49:18d'essayer
00:49:21en fonction du prix
00:49:23de regarder
00:49:24comment évoluent
00:49:25ces marges.
00:49:26Aussi en fonction
00:49:27de l'évolution
00:49:27du cours
00:49:28des matières premières.
00:49:30Mais enfin,
00:49:30les distributeurs,
00:49:31ils sont comme tout le monde,
00:49:32ils n'ont pas une boule de cristal.
00:49:33Non, mais c'est en ça
00:49:34où il faut quand même
00:49:38remettre l'église
00:49:40au milieu du village.
00:49:42La réalité,
00:49:42c'est que les cours,
00:49:44l'évolution des cours internationaux
00:49:46font le prix final
00:49:49quand même à la pompe.
00:49:51Alors, il y a bien sûr
00:49:52les taxes qui amplifient
00:49:55ces cours de pétrole,
00:49:57mais n'empêche,
00:49:58qu'est-ce qui fluctue ?
00:49:59Où est la volatilité ?
00:50:00C'est le cours du pétrole.
00:50:02Ce n'est pas ni les taxes,
00:50:03ni la variation
00:50:04des marges des entreprises.
00:50:06Ça, c'est beaucoup plus stable
00:50:07en fait, en réalité.
00:50:08Et là, c'est cette volatilité
00:50:11des cours du pétrole
00:50:13qui nous mettent aujourd'hui
00:50:14dans une situation
00:50:16très inquiétante.
00:50:17Parce qu'en réalité,
00:50:19même les marchés,
00:50:19lorsqu'ils voient
00:50:20que les réserves stratégiques
00:50:22sont libérées,
00:50:23en fait,
00:50:24ils n'ont pas de boussole.
00:50:25En réalité,
00:50:26ça ne fait rien
00:50:27parce qu'ils ne comprennent pas,
00:50:29et d'ailleurs,
00:50:30on ne comprend pas
00:50:30où va advenir
00:50:32ce conflit.
00:50:34Il faut quand même,
00:50:34il faut plus
00:50:35pour se dire
00:50:36que le cours du pétrole
00:50:38va pouvoir se stabiliser
00:50:39sur le moyen long terme.
00:50:41Les réserves stratégiques,
00:50:42c'est trois mois
00:50:44de consommation,
00:50:46voire un...
00:50:47Enfin,
00:50:48non,
00:50:48pardon,
00:50:49les 400 millions,
00:50:49c'est un mois
00:50:50de consommation.
00:50:51Ça ne va pas résoudre le problème
00:50:52si le conflit dure
00:50:53pendant six mois.
00:50:54On les a libérées trop tôt,
00:50:55ces réserves stratégiques ?
00:50:56Parce qu'il n'y avait pas pénurie,
00:50:57il n'y avait pas péril
00:50:58dans la demeure
00:50:59en termes d'approvisionnement ?
00:51:01Effectivement,
00:51:01l'habitude,
00:51:02quand on libérait
00:51:03les stocks stratégiques,
00:51:04c'était uniquement
00:51:04pour des histoires
00:51:05de logistique,
00:51:06de manque de produits.
00:51:07On l'a vu,
00:51:07par exemple,
00:51:08pendant les blocages
00:51:09de grèves françaises.
00:51:12Ça n'a que rarement été fait
00:51:14dans le but
00:51:15de tenter
00:51:16d'abaisser
00:51:17le prix du marché.
00:51:19Donc là,
00:51:20effectivement,
00:51:20comme les 30 pays
00:51:21se sont mis d'accord,
00:51:23peut-être qu'on s'attendait
00:51:24à un mouvement massif
00:51:25de baisse,
00:51:26et encore une fois,
00:51:28malheureusement,
00:51:28ça n'a pour l'instant
00:51:29pas fonctionné.
00:51:32Je coupe grimper
00:51:33le prix du baril.
00:51:35Quand on entend
00:51:37cet après-midi
00:51:38l'Agence internationale
00:51:39de l'énergie
00:51:39qui dit
00:51:39qu'on est dans
00:51:40la plus importante
00:51:41perturbation
00:51:41de l'approvisionnement
00:51:42en or noir
00:51:43de l'histoire,
00:51:45quand on entend
00:51:46les déclarations
00:51:46du nouveau guide suprême
00:51:47à la télévision
00:51:48d'État iranienne
00:51:49cet après-midi
00:51:50dire
00:51:51qu'on maintient,
00:51:52on poursuit
00:51:52le blocage
00:51:53du détroit d'Hormuz.
00:51:54En fait,
00:51:54on est au début
00:51:55de cette crise.
00:51:56Alors,
00:51:58l'avantage,
00:51:58c'est qu'on part
00:51:59d'une situation
00:52:00avec des approvisionnements
00:52:01qui étaient massifs,
00:52:02des stockages
00:52:03qui étaient massifs
00:52:04dans l'ensemble
00:52:05des pays.
00:52:06Il y avait une offre.
00:52:07Puisque depuis
00:52:08plusieurs mois
00:52:10et même années,
00:52:11maintenant,
00:52:11l'OPEP
00:52:12constamment
00:52:13augmente sa production,
00:52:14bien que
00:52:16l'économie mondiale
00:52:17n'est pas au milieu
00:52:18de sa forme.
00:52:18Donc,
00:52:19on a des stocks.
00:52:20mais effectivement,
00:52:23si la situation
00:52:24dure
00:52:25et qu'elle s'enflamme
00:52:26d'une manière
00:52:27encore plus importante,
00:52:28même si nous,
00:52:29France,
00:52:30Europe,
00:52:30on est peu dépendants
00:52:31du détroit d'Hormuz,
00:52:32c'est à peu près
00:52:335% des importations,
00:52:34il n'empêche
00:52:35que les autres pays
00:52:36sont dépendants
00:52:37comme la Chine,
00:52:37le Japon
00:52:38et c'est entre autres
00:52:39ce qui,
00:52:41malheureusement...
00:52:41C'est ce qui fait
00:52:42s'affoler les cours.
00:52:43Ce qui fait s'affoler
00:52:44les cours
00:52:44et entre autres
00:52:44les cours
00:52:45de produits raffinés.
00:52:48le fameux gasoil
00:52:49qui est 20 centimes
00:52:50plus cher
00:52:50parce que là,
00:52:51on va retrouver
00:52:52sur le marché,
00:52:53j'allais dire parallèle,
00:52:54des gens
00:52:55qui ne s'approvisionnaient
00:52:56pas sur nos marchés
00:52:57à nous
00:52:58et donc,
00:52:59résultat des courses,
00:53:00on est à plus,
00:53:01la semaine dernière,
00:53:02plus 25 centimes
00:53:03sur le gasoil
00:53:03contre 8 sur le sans-plomb
00:53:06pour lesquels
00:53:06on est autosuffisants.
00:53:08Donc là,
00:53:08on ne dépend pas
00:53:09des cours mondiaux
00:53:10des produits finis.
00:53:12Et Scara,
00:53:13que vous disent
00:53:13les automobilistes ?
00:53:15Moi,
00:53:15ce que je pourrais dire
00:53:16aux automobilistes,
00:53:17en tout cas,
00:53:17qui ont une voiture à essence...
00:53:18C'est ma question d'après,
00:53:19c'est quel conseil
00:53:19vous leur donnez ?
00:53:20Oui,
00:53:20on peut rouler
00:53:21avec un litre
00:53:22à moins d'un euro
00:53:22aujourd'hui
00:53:24au super éthanol
00:53:26ou au 85
00:53:26que vous distribuez
00:53:27peut-être,
00:53:28Francis ?
00:53:28Exact.
00:53:29Voilà,
00:53:29donc c'est 85%
00:53:31d'alcool agricole
00:53:32et les agriculteurs
00:53:33sont très contents,
00:53:34ça leur fait un revenu
00:53:35supplémentaire,
00:53:35on est en autosuffisance
00:53:36en France
00:53:37et on met 15%
00:53:38de pétrole dedans.
00:53:40Ça n'abîme pas le moteur ?
00:53:41Alors,
00:53:41il faut un boîtier spécial
00:53:42homologué,
00:53:43voilà,
00:53:44moi je roule au super éthanol
00:53:45avec une voiture
00:53:45qu'on suit pour...
00:53:46C'est un boîtier
00:53:47qui coûte 500 ?
00:53:48Entre 800 et 1200 euros,
00:53:50ou un petit peu plus
00:53:50par voiture,
00:53:51mais qui peut être amorti
00:53:52en 10, 15 000 kilomètres,
00:53:54ça va essayer.
00:53:54Il y a une demande
00:53:55en ce moment
00:53:55sur ces boîtiers ?
00:53:56Alors,
00:53:56il y a une demande
00:53:57qui a faibli en 2025
00:53:58mais qui repart en 2026
00:54:00parce qu'on va se poser
00:54:01des questions,
00:54:02là on ne le voit pas
00:54:02dans votre totem,
00:54:03mais le 85,
00:54:04on verrait comme le GPL,
00:54:06un litre à moins d'un euro.
00:54:07Donc voilà,
00:54:08il y a des solutions
00:54:08mais sur le très long terme,
00:54:10il est certain
00:54:10qu'il faut sortir du pétrole,
00:54:11on est d'accord,
00:54:12il n'y a pas 36 solutions,
00:54:14il y en a deux.
00:54:14La voiture électrique ?
00:54:15Ce sera la voiture électrique
00:54:16mais tous les carburants
00:54:17liquides non carbonés,
00:54:18on a déjà les stations,
00:54:19on a déjà les cuves,
00:54:20on va mettre du carburant
00:54:22biomasse 85,
00:54:24HVO,
00:54:24ce que vous voulez.
00:54:25L'automobiliste
00:54:25qui nous écoute
00:54:26là ce soir,
00:54:27vous lui dites quoi ?
00:54:28N'allez pas faire le plein,
00:54:30trouver un autre moyen
00:54:30de locomotion,
00:54:31louer une voiture électrique,
00:54:33ça coûtera moins cher
00:54:33si vous roulez beaucoup.
00:54:34Là tout de suite,
00:54:35je dirais,
00:54:36adaptez votre conduite,
00:54:37l'éco-conduite,
00:54:38ça peut faire gagner
00:54:395-10%,
00:54:39donc ça peut compenser
00:54:40la hausse déjà.
00:54:41Pourquoi pas essayer
00:54:42le covoiturage,
00:54:43c'est peut-être le moment
00:54:43d'essayer au moins une fois,
00:54:44voir si c'est possible ou pas,
00:54:46peut-être s'arranger
00:54:47avec des personnes
00:54:47qui sont dans son entreprise
00:54:49où ça marche très très bien,
00:54:50on partage le prix du carburant,
00:54:54en tout cas,
00:54:54ça peut rapporter de l'argent
00:54:55et puis vérifier la pression
00:54:56de vos pneus
00:54:57parce que s'ils sont trop...
00:54:58Non mais,
00:54:59s'ils sont bien dégonflés,
00:55:00ça peut être quelques pourcentages.
00:55:02Donc on grignote un peu partout
00:55:03et on essaie
00:55:03de compenser la hausse.
00:55:05Sébastien Lecornu
00:55:06a mis en garde aussi ce matin
00:55:08contre des mesures
00:55:09aussi démagogues qu'inutiles
00:55:11comme la baisse de la TVA
00:55:12réclamée entre autres
00:55:14par le Rassemblement national.
00:55:15Écoutez ce qu'en disait
00:55:15Marine Le Pen
00:55:16cet après-midi.
00:55:17Le problème,
00:55:18c'est qu'avec un niveau
00:55:20de taxes français
00:55:20tel que nous le connaissons,
00:55:22nous sommes des profiteurs
00:55:23de crise.
00:55:24Plus il y a une crise,
00:55:26plus le carburant est cher,
00:55:28plus l'État s'engraisse.
00:55:30Il y a quand même
00:55:31un problème moral.
00:55:33Stéphanie Villers.
00:55:35Alors déjà,
00:55:35si l'État s'engraissait,
00:55:36on ne serait pas
00:55:37avec un déficit tel.
00:55:38Je rappelle que notre déficit
00:55:40l'année dernière
00:55:41atteint 5,4%
00:55:42du PIB.
00:55:43C'est un taux record
00:55:45par rapport à l'ensemble
00:55:46des pays de la zone euro.
00:55:48On a le déficit
00:55:49le plus élevé.
00:55:50Et pourquoi ?
00:55:51Parce que notamment
00:55:52le bouclier tarifaire
00:55:53qui avait été mis en place
00:55:54en 2022
00:55:55a véritablement
00:55:57au moment de la guerre
00:55:57à déstabiliser
00:56:01les comptes publics.
00:56:03Et on a vu
00:56:04qu'en fait,
00:56:04c'était des mesures
00:56:05qui étaient bien trop généreuses.
00:56:07Qui coûtaient beaucoup trop cher.
00:56:08Beaucoup trop cher.
00:56:09Et qui, en réalité,
00:56:10n'ont pas relancé l'économie.
00:56:13Oui, voilà.
00:56:14Alors peut-être,
00:56:15si la crise perdure,
00:56:17bien entendu,
00:56:18certains seront plus touchés
00:56:20que d'autres.
00:56:21Peut-être, effectivement,
00:56:22accompagner les personnes
00:56:23les plus fragiles
00:56:24qui ont besoin
00:56:26de leur véhicule.
00:56:28Pour autant,
00:56:29l'idée
00:56:30d'une baisse massive
00:56:32de la taxe
00:56:34sur le pétrole
00:56:34ou d'un bouclier tarifaire,
00:56:36compte tenu
00:56:37de notre situation
00:56:38budgétaire,
00:56:39serait illusoire.
00:56:39Est-ce qu'on peut aller...
00:56:41Est-ce que c'est dans les tuyaux,
00:56:42d'ailleurs, Francis Pou,
00:56:42c'est un blocage des prix
00:56:43comme on l'avait vu
00:56:44pour les masques
00:56:44pendant le Covid.
00:56:46C'est ce que réclament
00:56:46la France Insoumise
00:56:47et Jean-Luc Mélenchon.
00:56:48Il dit qu'on peut empêcher
00:56:49la hausse des prix
00:56:50en activant l'article 410.2
00:56:52du code du commerce,
00:56:54blocage des prix.
00:56:55Ça, c'est fait
00:56:56pendant le Covid.
00:56:56instantanément
00:56:57avec une partie des stations
00:56:58qui vont décider
00:56:59d'arrêter de vendre
00:57:00du carburant
00:57:01parce que,
00:57:02vous l'avez dit,
00:57:03les cours vont continuer
00:57:04à évoluer
00:57:05et donc,
00:57:06si vous bloquez
00:57:07les prix à 100
00:57:07alors que les cours
00:57:08demain sont à 110,
00:57:11résultat,
00:57:11il vaut mieux
00:57:12arrêter de vendre
00:57:13du carburant.
00:57:13Donc, ça va créer
00:57:14une pénurie,
00:57:15ça va créer un accroissement.
00:57:16C'est absolument
00:57:16pas envisageable.
00:57:19Si je peux me permettre
00:57:20juste un petit calcul
00:57:20pour dédramatiser
00:57:22sans du tout dire
00:57:23que ces hausses
00:57:24sont acceptables.
00:57:26Quelqu'un qui fait
00:57:261000 km par mois
00:57:28avec une voiture
00:57:29qui consomme
00:57:296 litres au 100
00:57:30va consommer
00:57:31donc 60 litres
00:57:32dans le mois.
00:57:33S'il y a une augmentation
00:57:34d'un litre,
00:57:35d'un euro 70
00:57:36à 2,20,
00:57:37c'est énorme.
00:57:37Psychologiquement,
00:57:38on n'a pas ces 2 euros
00:57:39de 20.
00:57:39Ça fait 60 centimes.
00:57:40Ça fait 30 euros
00:57:41dans le mois.
00:57:42Voilà,
00:57:43c'est beaucoup,
00:57:44c'est toujours trop.
00:57:45Mais si on voit
00:57:46un contrôle technique
00:57:47ou si on voit
00:57:48des réparations
00:57:49ou autre,
00:57:49c'est rien par rapport
00:57:50à ça.
00:57:51Donc voilà,
00:57:51c'est toujours trop
00:57:52bien évidemment,
00:57:52mais le côté psychologique
00:57:54est certainement
00:57:55beaucoup plus fort
00:57:56que l'impact économique.
00:57:57Et on sait aussi
00:57:58ce que ça a pu coûter
00:58:00à un moment
00:58:01à l'exécutif
00:58:02avec,
00:58:02c'était le début
00:58:03des gilets jaunes
00:58:04et à l'époque,
00:58:05le gasoil était
00:58:06à 1,47 euros le litre.
00:58:08Oui,
00:58:08parce qu'on annonçait
00:58:09une augmentation de taxes
00:58:11et c'est ça
00:58:11qui était impopulaire.
00:58:12Ce n'était pas forcément
00:58:13le prix.
00:58:14C'était pas du tout.
00:58:16Et ça venait après
00:58:17beaucoup d'autres événements
00:58:18qui étaient le stationnement,
00:58:20qui étaient le contrôle technique,
00:58:21qui étaient,
00:58:21il y avait beaucoup de choses
00:58:22qui arrivaient
00:58:23et c'était la goutte d'eau
00:58:23qui a vraiment fait
00:58:24dévorer le vin.
00:58:24En tout cas,
00:58:25il y a une petite bonne nouvelle
00:58:26quand même,
00:58:26c'est qu'en Ile-de-France,
00:58:29les bouchons
00:58:31commencent sérieusement
00:58:31à diminuer.
00:58:32Ça veut dire
00:58:32que les automobilistes,
00:58:33en fait,
00:58:34ils laissent la voiture
00:58:34au garage.
00:58:36À propos de taxation,
00:58:38je rappelle
00:58:39qu'il va falloir
00:58:39un jour qu'on s'interroge
00:58:40sur la réforme
00:58:41de la taxation automobile
00:58:41parce que le jour
00:58:42où vous aurez
00:58:4330 ou 40 %
00:58:44de véhicules électriques,
00:58:47les 42 milliards
00:58:47de taxes
00:58:48que rapportent aujourd'hui
00:58:49les produits pétroliers,
00:58:50ça va faire un trou
00:58:50dans les caisses.
00:58:51Ça va faire un trou
00:58:51dans la caisse.
00:58:53Vous savez qu'en Angleterre,
00:58:54ils ont déjà commencé
00:58:54à résoudre le problème.
00:58:55À réfléchir à une taxe
00:58:57sur les voitures électriques
00:58:58au kilomètre.
00:59:00Une taxe sur les kilomètres
00:59:01des voitures électriques.
00:59:02Ou des vignettes
00:59:03dans d'autres pays européens.
00:59:04Et des vignettes.
00:59:05Donc, l'idée
00:59:06qu'on va rouler l'électrique
00:59:08moins chère que le thermique,
00:59:09malheureusement,
00:59:10je ne pense pas
00:59:10qu'on y aille tranquillement.
00:59:12Merci en tout cas
00:59:12à tous les trois
00:59:13d'être venus ce soir
00:59:14pour en parler
00:59:14sur le plateau
00:59:15de chaque voix compte.
00:59:16Vous savez que
00:59:16les élections municipales
00:59:18ont lieu dimanche.
00:59:18Nous sommes à trois jours
00:59:19de ce premier tour.
00:59:21Journal de campagne
00:59:21comme chaque soir
00:59:27Bonsoir, Marco.
00:59:28Bonsoir, Adeline.
00:59:29Bon, alors,
00:59:30c'est vrai qu'il y a
00:59:31le premier tour dimanche.
00:59:32Oui, dimanche.
00:59:32Mais on sent
00:59:33que dans les états-majors,
00:59:33on se projette
00:59:34dans l'entre-deux-tours.
00:59:35On entend beaucoup
00:59:36parler d'alliances
00:59:37ces dernières heures.
00:59:37Oui, c'est vrai.
00:59:38A commencer par Édouard Philippe,
00:59:40l'ancien premier ministre candidat
00:59:42à un troisième mandat
00:59:43au Havre.
00:59:44En meeting hier soir,
00:59:45il a dénoncé
00:59:46les alliances potentielles
00:59:48entre la France insoumise
00:59:49et le reste de la gauche.
00:59:51Moi, je ne connais pas
00:59:52toutes les richesses
00:59:53du vocabulaire de la gauche.
00:59:55Parce qu'ils ont en matière
00:59:56des trucs assez extraordinaires.
00:59:57On parle de fusion technique,
00:59:59d'accords techniques.
01:00:00Bon, c'est-à-dire qu'en fait,
01:00:01ils ne s'aiment pas,
01:00:02mais quand même,
01:00:02ils vont travailler ensemble.
01:00:03Ça, on voit bien.
01:00:04Des alliances possibles à gauche,
01:00:07même si le PS,
01:00:07de son côté, répète
01:00:09qu'il n'y aura pas
01:00:10d'accord national
01:00:11avec LFI.
01:00:12Mais la question des alliances
01:00:13se pose aussi
01:00:14entre la droite
01:00:15et le Rassemblement national.
01:00:17Jordan Bardella, lui,
01:00:18n'exclut rien.
01:00:20Et s'il y a possibilité
01:00:21évidemment de l'emporter
01:00:22ou éventuellement
01:00:23de faire barrage
01:00:24à des candidats incendiaires
01:00:26de la France insoumise,
01:00:28eh bien, moi, je dis
01:00:28travaillons ensemble
01:00:29sur un projet d'intérêt commun.
01:00:29Vous avez un barrage
01:00:30anti-électrique, quoi.
01:00:31Mais je l'ai dit,
01:00:32il faut que la classe politique,
01:00:33si vous voulez,
01:00:33prenne ses responsabilités.
01:00:35Des LR sur les listes RN
01:00:37ou l'inverse au second tour,
01:00:39point d'interrogation.
01:00:40Hier, le président du Sénat,
01:00:42Les Républicains,
01:00:43Gérard Larcher,
01:00:44a dit non aux alliances
01:00:46avec le RN
01:00:47ou ses proxys.
01:00:48Je cite,
01:00:48même son cloche
01:00:49du côté de Xavier Bertrand
01:00:51ce matin,
01:00:52le président LR
01:00:53de la région Hauts-de-France
01:00:54appelle à la clarification.
01:00:56On doit dire très clairement
01:00:58que ceux qui sont
01:01:00avec le Rassemblement national
01:01:01ou avec Mme Cnaffot
01:01:03ou avec M. Ciotti
01:01:05n'ont plus rien à faire
01:01:07chez LR.
01:01:08Xavier Bertrand
01:01:09qui demande à Bruno Rotaillot,
01:01:10le patron des Républicains,
01:01:12d'être plus clair,
01:01:13plus ferme sur la question.
01:01:14Il faut que Bruno Rotaillot
01:01:16retrouve le chemin
01:01:17des municipales,
01:01:17a-t-il ajouté.
01:01:19Ambiance chez les Républicains.
01:01:20Premier tour dimanche,
01:01:21donc,
01:01:22et c'est aussi,
01:01:22il faut en parler,
01:01:23un défi logistique et humain
01:01:25ces élections.
01:01:26Dans certaines communes,
01:01:27on manque encore d'assesseurs
01:01:28pour tenir les bureaux de vote dimanche.
01:01:31Comment on fait, d'ailleurs,
01:01:31s'il n'y a pas d'assesseurs ?
01:01:32Eh bien, rappelons,
01:01:33la loi, d'abord.
01:01:34En théorie,
01:01:35selon le code électoral,
01:01:37chaque bureau de vote
01:01:38doit compter
01:01:39un président,
01:01:40vous le voyez,
01:01:41au moins deux assesseurs
01:01:42et un secrétaire.
01:01:43En principe,
01:01:44les assesseurs
01:01:45sont désignés
01:01:46par les candidats
01:01:47ou les différentes listes,
01:01:48mais s'il n'y en a pas assez,
01:01:50eh bien,
01:01:50c'est le maire
01:01:51qui doit compléter.
01:01:52D'abord,
01:01:53en faisant appel
01:01:53aux conseillers municipaux.
01:01:55Pour eux,
01:01:56c'est une obligation légale.
01:01:58Si ça ne suffit pas,
01:01:59il peut désigner
01:02:00des électeurs
01:02:01de la commune
01:02:01ou du département,
01:02:02mais il ne peut pas
01:02:03les obliger à venir.
01:02:05Il n'y a pas de réquisition.
01:02:06Il n'y a pas de réquisition.
01:02:07Dernière solution,
01:02:08donc,
01:02:08le jour même du scrutin,
01:02:10les assesseurs
01:02:10peuvent être choisis
01:02:11directement parmi les électeurs
01:02:13à condition
01:02:15qu'ils sachent lire
01:02:16ou écrire.
01:02:17Là aussi,
01:02:17ils ne sont pas obligés
01:02:18de rester
01:02:19si on leur demande.
01:02:20D'accord.
01:02:20Donc,
01:02:20pas de risque
01:02:21que le scrutin
01:02:22soit annulé
01:02:23dans un bureau de vote
01:02:24par manque d'assesseurs ?
01:02:25Non,
01:02:25non,
01:02:25a priori,
01:02:26non.
01:02:26Dès que le président
01:02:27et son suppléant
01:02:29sont présents,
01:02:30le bureau peut fonctionner
01:02:31normalement,
01:02:32le vote peut avoir lieu,
01:02:33même s'il manque
01:02:34des assesseurs.
01:02:35Alors,
01:02:35dimanche,
01:02:36si dans votre bureau de vote,
01:02:37il manque des assesseurs
01:02:38et que vous avez un peu
01:02:38de temps devant vous,
01:02:39n'hésitez pas à participer.
01:02:41Un coup de main
01:02:41sera toujours le bienvenu.
01:02:42C'est vrai que depuis le début
01:02:43de ce journal de campagne,
01:02:44vous nous parlez
01:02:45depuis plusieurs jours
01:02:46de profils originaux.
01:02:48Et ce soir,
01:02:49vous avez retrouvé
01:02:50un candidat
01:02:51qui avait marqué les esprits
01:02:52il y a six ans.
01:02:52il s'appelle Hugo Biolet
01:02:53et en 2020,
01:02:55c'était le plus jeune maire
01:02:57de France,
01:02:57il venait de fêter
01:02:58ses 18 ans.
01:02:59Oui,
01:02:59seulement 18 ans,
01:03:00direction Vingt-Yeux
01:03:01en Ardèche,
01:03:02environ 500 habitants.
01:03:04Là-bas,
01:03:04Hugo Biolet
01:03:05est donc candidat
01:03:06à sa réélection.
01:03:08Il a aujourd'hui
01:03:0924 ans,
01:03:10bien sûr.
01:03:1018 plus 6.
01:03:11Exactement.
01:03:12Vous êtes bon en maths.
01:03:13Bien sûr,
01:03:14il a gagné en expérience
01:03:15et sur les réseaux sociaux.
01:03:17Eh bien,
01:03:17il parle de son bilan,
01:03:19de ses projets
01:03:19pour la suite,
01:03:20car des idées,
01:03:21il en a plein la tête.
01:03:22Alors,
01:03:23ce n'est pas simple
01:03:23tous les jours,
01:03:24surtout quand on finit
01:03:25ses études
01:03:25et qu'on cherche du travail.
01:03:26Malgré tout,
01:03:27l'enthousiasme est toujours là.
01:03:29Et puis,
01:03:29l'autre chose
01:03:30qui est hyper importante,
01:03:31c'est la passion.
01:03:33Moi,
01:03:33j'ai été passionné
01:03:34par la vie publique,
01:03:36passionné par ce qu'on peut faire
01:03:38dans un village.
01:03:39Voir les crises arriver,
01:03:40nous tomber sur la tête
01:03:41et se demander
01:03:41comment est-ce qu'on va faire
01:03:42pour trouver des solutions
01:03:43à notre petite échelle,
01:03:45eh bien,
01:03:45ça me donne envie
01:03:46d'y mettre du temps,
01:03:47de l'énergie,
01:03:47etc.
01:03:48C'est aussi un moteur
01:03:49et un carburant
01:03:49pour avancer.
01:03:51Il a des chances
01:03:51d'être réélu dimanche ?
01:03:54Oui,
01:03:54a priori,
01:03:55parce que c'est la seule liste
01:03:56qui a été déposée
01:03:57dans sa commune.
01:03:57monoliste.
01:03:58Et comme Hugo Biolet
01:03:59n'a que 24 ans,
01:04:00eh bien,
01:04:00les journalistes
01:04:01ne résistent pas
01:04:02à l'envie
01:04:03de lui poser la question
01:04:04de ses ambitions politiques.
01:04:05On lui a posé la question.
01:04:07Il nous a répondu
01:04:08chaque chose
01:04:09en son temps.
01:04:09D'accord.
01:04:10Et pour finir,
01:04:10Marco,
01:04:11vous vouliez aussi nous montrer
01:04:12les mairies
01:04:13les plus insolites de France.
01:04:14Les mairies qui sortent
01:04:15vraiment de l'ordinaire,
01:04:16comme celle d'Ambert
01:04:17dans le Puy-de-Dôme,
01:04:18la seule mairie d'Europe
01:04:21entièrement ronde.
01:04:22Ronde de façade
01:04:22et de surface,
01:04:23comme vous la voyez.
01:04:24Et ça ne doit pas être évident
01:04:25pour les bureaux du maire.
01:04:26Non, effectivement,
01:04:27c'est vrai.
01:04:27Il faut trouver des meubles ronds aussi.
01:04:29On poursuit avec
01:04:30la plus petite mairie de France.
01:04:32Vous allez la voir,
01:04:338 mètres carrés seulement.
01:04:35Pardon,
01:04:35elle est choupie.
01:04:36Elle est choupie,
01:04:37elle est mignonne.
01:04:38On est dans la commune
01:04:38de Saint-Germain-de-Pasquet
01:04:40dans l'heure.
01:04:41On peut quand même
01:04:42passer à côté
01:04:42sans y faire attention.
01:04:44Et pour finir,
01:04:44une dernière mairie insolite,
01:04:46Adeline,
01:04:46celle de Règneville,
01:04:48Bocage dans la Manche.
01:04:50Qu'est-il arrivé ?
01:04:50Alors là-bas,
01:04:51la mairie,
01:04:51elle est installée
01:04:52dans la sacristie
01:04:53de l'église Saint-Martin
01:04:55ou ce qu'il en reste.
01:04:56On n'a pas reconstruit
01:04:57l'église.
01:04:58Elle est tombée en ruine
01:04:59au XIXe siècle.
01:05:00En revanche,
01:05:01on a conservé la sacristie.
01:05:03On y a mis la mairie.
01:05:04Comme ça,
01:05:04si vous vous mariez là-bas,
01:05:06vous pouvez dire
01:05:06que vous êtes passés
01:05:07devant la mairie
01:05:07et l'église en même temps.
01:05:08Mais c'est formidable.
01:05:09C'est formidable.
01:05:11Merci Marco.
01:05:12Et merci d'être venu ce soir
01:05:13sur le plateau
01:05:13de Chaque Voix Compte.
01:05:15Merci Mariette
01:05:15et merci Olivier.
01:05:17Cette émission
01:05:18est rediffusée tout à l'heure
01:05:19à 23h30.
01:05:20Vous la retrouvez aussi
01:05:20sur lcp.fr
01:05:21et sur les plateformes
01:05:22de podcast.
01:05:23Ce soir,
01:05:24débat d'oc
01:05:25avec Jean-Pierre Gratien.
01:05:26Passez une excellente soirée
01:05:27sur la 8.
01:05:28Et à demain
01:05:29pour Chaque Voix Compte
01:05:29qui sera présentée
01:05:30par Clément Méric.
01:05:32Mais je serai un petit peu
01:05:33là aussi.
01:05:34A tout.
01:05:34Sous-titrage Société Radio-Canada
01:05:37Sous-titrage Société Radio-Canada
01:05:46Sous-titrage Société Radio-Canada
01:05:48Sous-titrage Société Radio-Canada
01:05:50Sous-titrage Société Radio-Canada
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