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00:00Dans une Europe largement alignée sur les Etats-Unis et Israël, l'Espagne fait exception.
00:06Madrid condamne, je vais y arriver, les frappes contre l'Iran et refuse que ses bases militaires soient utilisées par
00:11Washington.
00:12Nous retrouvons notre correspondante en Espagne, Maude Petit-Jauvet.
00:15Bonjour Maude. Cette prise de parole de Pedro Sanchez, elle agace Donald Trump, évidemment.
00:24Oui, et les attaques se multiplient. C'est la troisième en dix jours.
00:28Le peuple espagnol est fantastique. Ses dirigeants le sont beaucoup moins.
00:33C'est ce qu'a annoncé hier Donald Trump. Il reproche à l'Espagne de ne pas coopérer et de
00:38ne pas tenir son rôle au sein de l'OTAN
00:41en empêchant les Etats-Unis d'utiliser les bases aériennes au sud du pays dans cette guerre en Iran.
00:47Tout est parti de là, de cette interdiction qui a mis en colère le président des Etats-Unis
00:52qui, en réponse, quelques jours après le début de la guerre en Iran, a menacé l'Espagne de suspendre les
00:59échanges commerciaux.
01:01Alors jusque-là, c'était les ministres espagnols qui prenaient la parole.
01:04Mais Pedro Sanchez, au lendemain de ces menaces, avait organisé une allocution.
01:09C'était le 4 mars dernier. On regarde.
01:18La position du gouvernement espagnol dans ce contexte est claire et cohérente.
01:23Nous avons la même position pour l'Ukraine et Gaza.
01:26La position du gouvernement espagnol se résume en ces quatre mots.
01:30Non à la guerre.
01:33Non à la guerre. Un slogan qui avait déjà été martelé par les socialistes espagnols en 2003
01:38lors de l'invasion américaine en Iran.
01:42Maud, l'Espagne, on le sait, c'est le seul pays européen à s'afficher ouvertement anti-Trump.
01:46Paris risqué. Qui s'avère finalement payant sur la scène intérieure pour le socialiste Pedro Sanchez ?
01:54Oui, selon un récent sondage, 70% des Espagnols se disent
01:58contre la guerre en Iran menée par Israël et les Etats-Unis.
02:02Sachant donc que l'opinion espagnole est majoritairement contre la guerre en général
02:06et particulièrement contre cette invasion en Iran,
02:10Pedro Sanchez veut jouer la carte du défenseur du droit international.
02:15Selon ce même sondage, 42,2% des personnes interrogées se disent convaincues
02:21par la position ferme adoptée par Pedro Sanchez.
02:24De l'autre côté, moins de 20% soutiennent la réaction du chef de l'opposition Alberto Feiro,
02:32le président du Parti Populaire, qui lui n'a pas condamné les actions militaires
02:37et qui critique régulièrement le Premier ministre Pedro Sanchez
02:40comme lors de son meeting ce lundi.
02:42On écoute.
02:49Sanchez ne fait que concevoir des slogans,
02:51mais il s'agit ici de concevoir des politiques et de défendre notre peuple.
02:55C'est pourquoi le Parti Populaire prépare un plan d'urgence énergétique
02:59pour protéger les familles, les travailleurs, les entreprises et les travailleurs indépendants
03:03face à la mauvaise politique internationale
03:06et à la mauvaise politique énergétique du gouvernement de Sanchez.
03:12Position clivante, Maude, qui met finalement en lumière
03:15les fractures diplomatiques au sein de l'UE.
03:19Oui, c'est suite aux déclarations d'Ursula von der Leyen cette semaine
03:23que ces divisions internes se sont exacerbées au sein de l'Union Européenne.
03:27Je vous laisse regarder son intervention.
03:32L'Europe ne peut plus être la gardienne de l'ancien ordre mondial,
03:38d'un monde révolu et irrévocable.
03:41Nous défendrons toujours le système fondé sur des règles
03:45que nous avons contribué à bâtir avec nos alliés,
03:48mais nous ne pouvons plus compter sur ce système
03:52comme le seul moyen de défendre nos intérêts.
03:59Le président du Conseil européen, Antonio Costa,
04:02s'est dit en désaccord avec ses propos.
04:04L'Espagne, elle aussi, s'est fermement opposée
04:07à la vision d'Ursula von der Leyen
04:09par la voix de son ministre des Affaires étrangères,
04:12José Manuel Alvarez,
04:14qui s'est exprimé, lui, dès le lendemain.
04:17Je vous laisse l'écouter.
04:19Il n'y a pas d'opposition entre un ancien ordre et un nouvel ordre.
04:27Il y a une opposition entre l'ordre international et le désordre.
04:36Et si nous persistons à choisir le désordre,
04:39nous aboutirons alors au chaos.
04:44Face à la polémique, la commission a voulu nuancer les propos de sa présidente
04:50en expliquant que le discours avait mal été interprété,
04:54malgré les fractures au sein de l'Union européenne
04:56et les menaces des Etats-Unis
04:58qui ont suivi cette prise de position forte de l'Espagne.
05:02Eh bien, le gouvernement de Pedro Sanchez persiste et signe.
05:05Hier encore, ils annonçaient le retrait définitif
05:08de l'ambassadrice espagnole à Tel Aviv.
05:11Une décision politique qui va encore plus marquer cette crise diplomatique en cours
05:16entre, d'un côté, Israël et les Etats-Unis
05:19et de l'autre, l'Espagne.
05:21Merci beaucoup, Maud, pour tous ces éléments.
05:24Gauthier, vous êtes toujours avec moi en plateau.
05:25On se souvient de la France qui avait dit non en 2003 à l'Irak.
05:29C'est Pedro Sanchez en 2026.
05:31Oui, alors on peut comprendre, tel que ça vient nous être expliqué,
05:35il y a, au sein même de la politique espagnole,
05:38il y a toujours eu un clivage très fort entre la gauche
05:41et Sanchez en est le représentant,
05:43qui s'inscrit, au fond, dans ce que sont,
05:45ont été aussi les pays d'Amérique latine
05:47vis-à-vis de l'impérialisme américain.
05:49Et là, on voit très nettement cette fracture avec la droite.
05:53Il y a quand même une chose qui me surprend,
05:55parce qu'évidemment, les commentaires sont extrêmement élogieux
05:58à l'endroit de Pedro Sanchez,
06:01parce qu'on dit, voilà, celui qui résiste.
06:03Et c'est vrai que quand on voit la posture d'Anne Trump,
06:05on est tenté de dire, ben oui, bravo Sanchez.
06:08Mais il y a quand même une chose qui, moi, me frappe
06:09dans le cadre espagnol, justement.
06:12Pedro Sanchez a appartenu au PSOE, appartient toujours,
06:16il a été à l'international socialiste,
06:18et il est aussi l'héritier d'une gauche espagnole,
06:21qui est celle qui a été massacrée à l'orée des années 40,
06:26juste avant, par un mouvement de type totalitaire.
06:29Et on a vu par la suite que ceux des dirigeants de gauche espagnole
06:34qui ont ressurgi après le franquisme
06:36étaient restés extrêmement sensibles à ça,
06:39et à ce qu'il fallait faire pour contrer
06:41tout ce qui ressemblait de près ou de loin
06:43à des aventures de type totalitaire.
06:44Or, là, le slogan, c'est « non à la guerre »,
06:47c'est pareil aussi sa position vis-à-vis de l'Ukraine.
06:49Et là, on se dit, est-ce qu'on peut aller jusque-là ?
06:52Est-ce que cette position est défendable
06:54dans tous les cas de figure,
06:56y compris lorsque cette position, finalement,
07:00donne un certain champ libre
07:02à ce qui est la raison du désordre international ?
07:05Le ministre des Affaires étrangères espagnol disait
07:08« il y a attention au désordre ».
07:10Mais l'ordre international, en principe,
07:13le droit international stipule,
07:15fait obligation aux États de ne pas massacrer leur population,
07:18de ne pas les étouffer,
07:19de ne pas faire de la discrimination.
07:21C'est ça aussi qui est fauteur de troubles.
07:23Et disons que moi, ça m'étonne beaucoup
07:24que quelqu'un comme Sanchez,
07:26héritier de la gauche espagnole,
07:28avec toute son histoire,
07:29soit finalement aussi obtu
07:32quant à cette interrogation.
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