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00:00:10Bonjour, bonjour à toutes et à tous, bienvenue, c'est le grand invité de l'économie RFI Jeune Afrique que
00:00:15j'ai le plaisir de recevoir en compagnie de Quentin Veluet, chef adjoint du pôle économie de Jeune Afrique.
00:00:21Bonjour Quentin. Bonjour Bruno. Également spécialiste des questions numériques et cela tombe bien puisque notre invité est dans son pays,
00:00:30le Gabon, le ministre de l'économie numérique, de la digitalisation et de l'innovation.
00:00:36Bonjour Marc-Alexandre Doumba. Bonjour Bruno, bonjour Quentin. Un grand merci d'avoir accepté cette invitation dans nos studios pour
00:00:43parler de tous les sujets qui concernent ce secteur et ils sont nombreux en ce moment.
00:00:49D'abord pour mieux vous connaître, un résumé de votre riche parcours préparé par Quentin.
00:00:55Oui Marc-Alexandre Doumba, on pourrait résumer votre parcours en une devise, sport de haut niveau, banque, numérique et action
00:01:03publique.
00:01:04Mais c'est peut-être aller trop vite tant votre parcours est déjà bien fourni à seulement 39 ans.
00:01:09Né en 1987 d'un père gabonais et d'une mère française martiniquaise, vous quittez le cocon familial des 13
00:01:17ans pour vivre votre premier rêve, celui de devenir champion de tennis.
00:01:23Vous n'avez pas démérité puisque après quelques années d'entraînement intense au sein de la très réputée académie Bolet
00:01:30-Thierry à Miami, vous atteignez la 352ème place mondiale du classement junior tout de même.
00:01:36Mais très vite, la concurrence s'intensifie et vous prenez conscience qu'il est peut-être bon pour vous de
00:01:42placer vos yeux dans plusieurs paniers.
00:01:44Vous décidez donc d'accorder plus de temps aux études dans le commerce et la finance.
00:01:50Vous étudiez donc à l'université George Washington, à la Harvard Kennedy School et à la London School of Economics.
00:01:57Et d'ailleurs à la Harvard Kennedy School, vous avez dirigé la rédaction de l'Africa Policy Journal.
00:02:05Vous aviez déjà l'idée de faire de la politique en Afrique ou en tout cas de réfléchir aux politiques
00:02:11publiques en Afrique ?
00:02:13Je dirais que je me suis toujours intéressé au sujet de développement venant d'un continent qui est face à
00:02:19énormément de défis, en même temps énormément d'opportunités.
00:02:22Et donc que mon passage à la Kennedy School avait vocation à me permettre de mieux comprendre le développement, les
00:02:27politiques publiques, les sujets liés à la croissance et de l'allier avec mon expérience dans le secteur privé qui
00:02:33était essentiellement basé sur la finance et l'entrepreneuriat.
00:02:35Et donc de le transmettre par un journal en l'occurrence ?
00:02:38Absolument, absolument, c'est exactement ça.
00:02:41Absolument.
00:02:41Alors vous enchaînez avec des stages à Libreville, à New York, puis vous débutez réellement votre carrière en 2008 à
00:02:48Dubaï.
00:02:49Vous êtes alors analyste au sein du Millennium Finance Corporation.
00:02:54Vous y croisez la route d'un premier homme bien connecté.
00:02:57Le financier sénégalais Madhuot, ancien candidat à la Banque Africaine de Développement.
00:03:04Vous participez un temps à la conception du fonds vert pour le climat.
00:03:08Il sera officialisé lors de la COP17 de Durban en 2011.
00:03:13Puis vous faites votre place dans la gestion de patrimoine en investissant pour le compte d'un deuxième homme influent,
00:03:21Mohamed Alabar, le fondateur de Emmer Properties et incontournable géant de l'immobilier à Dubaï.
00:03:28Vous suivez deux ans à conseiller le World Economic Forum sur des questions minières.
00:03:33Puis vous êtes appelé à Libreville pour diriger le fonds gabonais d'investissement stratégique.
00:03:39Vous y imprimez votre marque en créant Okume Capital, une filiale dédiée au capital risque.
00:03:47L'immobilier, la finance, les mines, l'environnement aussi et puis donc aujourd'hui le numérique.
00:03:55À quel moment vous est venu ce goût pour ce secteur-là ?
00:04:01J'ai regardé en fait l'évolution du monde.
00:04:05Et on évolue dans un monde dans lequel au cours des 20, 30, 50 même dernières années,
00:04:10le numérique est monté en puissance progressivement, impacte notre quotidien,
00:04:14s'insère dans nos vies, dans le cadre du travail, dans le cadre de nos relations interpersonnelles à travers les
00:04:20réseaux sociaux.
00:04:21Donc j'ai trouvé que dans la vie, il faut essayer de s'inscrire dans les tendances longues, les méga
00:04:26tendances,
00:04:27et que le numérique était un élément qui serait là dans le temps.
00:04:31Parce que vous auriez pu faire fortune dans l'immobilier à Dubaï, il y en a d'autres qui l
00:04:35'ont fait.
00:04:35Oui, c'est vrai, mais je dirais que ce n'est peut-être pas aussi structurant que de pouvoir apprivoiser
00:04:39et maîtriser le numérique
00:04:41et de le déployer sur le continent africain.
00:04:44Cette expérience semble en tout cas créer en vous des envies d'entreprendre,
00:04:48puisque en 2017 signe votre retour à Dubaï.
00:04:52Vous prenez un logement dans le quartier de la tour Burj Kralifa,
00:04:57d'où vous créez et dirigez Innovate Capital,
00:05:01une société d'investissement dans la technologie et les services financiers.
00:05:04Mais Libreville n'est jamais loin,
00:05:08puisque Innovate vous permet d'investir dans la filiale gabonaise de l'opérateur télécom RTL.
00:05:15Vous siégez pendant près de 4 ans au conseil d'administration de cette entreprise,
00:05:20et vous plongez dans les rouages de l'industrie des télécoms.
00:05:26Et cela semble vous séduire, puisqu'en parallèle, vous créez ClickAfrique,
00:05:31qui est une think-tech qui édite notamment le guichet numérique de l'investissement au Gabon.
00:05:36Pendant plus de 8 ans, vous développez ces projets,
00:05:39avant de tout laisser en janvier 2025,
00:05:43pour entrer dans le gouvernement en tant que ministre de l'économie.
00:05:4626 ans après votre père, Émile Doumba,
00:05:49plusieurs fois au gouvernement sous les présidences d'Omar et Ali Bongo.
00:05:53Vous occupez ce poste quelques mois,
00:05:56avant de rejoindre en mai 2025 celui de ministre de l'économie numérique,
00:06:01de la digitalisation et de l'innovation.
00:06:04Et ce, sous la présidence de Brice Clotaire-Olidi Nguema.
00:06:07Marc-Alexandre Doumba, est-ce que vous échangez avec votre père
00:06:11sur sa propre expérience de ministre,
00:06:15certes dans un contexte politique un peu différent de celui d'aujourd'hui ?
00:06:18Non, bien sûr.
00:06:20J'ai toujours été admiratif du parcours de mon père.
00:06:23Mon père a toujours été mon premier conseiller.
00:06:27Et j'ai énormément appris de lui et de son expérience,
00:06:30le long d'une dizaine d'années au gouvernement,
00:06:32et avant ça dans la finance.
00:06:33Donc mon parcours scolaire, académique, reflète énormément,
00:06:36je pense encore une fois, l'émulation que j'essaie de faire,
00:06:41de ce que mon père a construit comme carrière.
00:06:43Et je dirais que le contexte politique aujourd'hui est différent.
00:06:47Je suis et je travaille pour le président,
00:06:50chef du gouvernement, Brice Clotaire-Olidi Nguema,
00:06:53qui a une vision souverainiste, une vision progressive,
00:06:57une vision d'ouverture du Gabon vers le monde,
00:07:01avec une forte préoccupation des enjeux sociaux,
00:07:04du développement, un attachement fort à la démocratie,
00:07:08comme nous avons tous pu le constater lors de la transition
00:07:11et post-transition, et à une volonté vraiment d'accélérer la croissance,
00:07:15le développement et de rattraper un petit peu les retards
00:07:18qu'ont pu être accumulés à un certain temps,
00:07:19dans tout ce qui touche à tout ce qui préoccupe les populations gabonais.
00:07:23Vous diriez que le Gabon a bien changé depuis que votre père était ministre ?
00:07:28Un peu quand même, un peu quand même.
00:07:29Naturellement.
00:07:30Et la classe politique aussi s'est rajeunie.
00:07:32Je pense en être une des manifestations.
00:07:35Marc-Alexandre Doumba, ministre de l'économie numérique,
00:07:38de la digitalisation et de l'innovation du Gabon,
00:07:40est notre grand invité de l'économie RFI Jeune Afrique.
00:07:43Un entretien à découvrir sur notre chaîne YouTube rubrique
00:07:48« Les invités de l'économie » et en toutes lettres sur jeuneafrique.com.
00:07:53Nous allons parler de votre vision de cette économie
00:07:58devenue essentielle, des nouveaux marchés qui s'ouvrent dans le monde
00:08:01avec notamment l'intelligence artificielle,
00:08:04mais aussi des difficultés que cela peut provoquer,
00:08:06la régulation des réseaux sociaux.
00:08:09Au moment où l'on parle, ils sont suspendus au Gabon,
00:08:12mais aussi les relations avec les GAFAM
00:08:14et puis les questions absolument essentielles de cybersécurité.
00:08:19Mais d'abord, toute première question naturellement consacrée
00:08:23à l'actualité au Moyen-Orient qui nous touche tous
00:08:26depuis l'intervention américano-israélienne en Iran,
00:08:29les nombreuses conséquences, y compris en Afrique.
00:08:33Vous avez même donc travaillé un temps à Dubaï.
00:08:36Comment est-ce que vous voyez l'avenir des relations économiques
00:08:39entre le Gabon et les pays du Golfe dans ce contexte ?
00:08:44Je pense que l'avenir des relations économiques
00:08:46entre le Gabon et le pays du Golfe sont prometteuses.
00:08:50Le Gabon a toujours entretenu des relations positives,
00:08:54gagnant-gagnant avec les pays du Golfe.
00:08:56D'ailleurs, il n'y a pas plus tard que trois semaines,
00:08:58nous étions avec le chef de l'État,
00:09:01chef du gouvernement, M. Brice Clotère,
00:09:02aux Émirats arabes unis, reçu par son homologue,
00:09:07son excellence, Cheikh Mansour bin Zayed Al-Nakhyan.
00:09:13Et nous avons signé un contrat de partenaire économique
00:09:18qui permet à nos pays d'intensifier les investissements
00:09:20transfrontaliers entre le Gabon et les Émirats.
00:09:22Et d'ailleurs aussi, des investisseurs des Émirats
00:09:25sont venus à Libreville pour parler de ces projets de coopération.
00:09:31Ça veut dire que, même si vous dites que les relations sont prometteuses,
00:09:34il va quand même falloir s'adapter à cette nouvelle donne géopolitique.
00:09:39Comment est-ce qu'on développe des services financiers,
00:09:43par exemple, dans un contexte où c'est très difficile localement ?
00:09:48Ça veut dire qu'il faut le faire à distance ?
00:09:49Comment est-ce que ça va se passer selon vous ?
00:09:51Je dirais d'abord qu'on n'est pas encore sûr du temps
00:09:56que cette crise du Moyen-Orient aura.
00:09:59Et par conséquent, de la durée dans laquelle les relations
00:10:02et la coopération économique et commerciale avec ces pays du Golafla
00:10:06pourraient être impactées.
00:10:08Je ne pense pas que ça durera très longtemps.
00:10:10Donc, en attendant, le numérique est là pour nous permettre
00:10:13de pallier à ces obstacles-là, de continuer à communiquer,
00:10:16de continuer à commercer, peut-être même de profiter
00:10:18de cette opportunité pour digitaliser les échanges commerciaux
00:10:22entre nos pays à travers tout ce qui touche à l'exportation
00:10:28de services financiers et d'autres choses.
00:10:30Donc, je ne suis pas préoccupé plus que ça par l'impact durable
00:10:35de cette crise au Moyen-Orient sur le Gabon.
00:10:37Le Gabon étant attaché, encore une fois, à sa coopération.
00:10:41Le chef de l'État hier a fait un communiqué pour réaffirmer son soutien,
00:10:45bien sûr, au pays du Golfe et promouvoir le dialogue
00:10:49et le rétablissement de la paix dans une région qui lui est très chère.
00:10:52Alors, toujours est-il que l'image du Golfe est un petit peu écornée
00:10:57par ce conflit actuel et l'image de stabilité, surtout.
00:11:01Est-ce que vous pensez que l'Afrique peut, entre guillemets,
00:11:05saisir l'opportunité de se montrer comme un territoire bien plus stable
00:11:11politiquement, économiquement et ainsi capter certains flux
00:11:16qui ont autrefois été attribués au Golfe pour les ramener ?
00:11:20Vous savez, dans toute crise, il y a des opportunités,
00:11:23il y a des gagnants, des perdants.
00:11:24Le continent africain va observer, je pense, avec beaucoup d'attention
00:11:27ce qui se passe.
00:11:28Le Gabon, comme vous l'avez vu, à travers l'intervention du chef de l'État,
00:11:32a été un des premiers pays à exprimer son opinion sur la crise du Moyen-Orient.
00:11:38naturellement, le continent africain offre énormément de stabilité
00:11:42sur beaucoup de points.
00:11:43Au Gabon, on le voit depuis très longtemps, stabilité politique,
00:11:48on le voit sur la partie économique.
00:11:51Ce sont des pays dans lesquels la sécurité au quotidien
00:11:54est relativement stable.
00:11:56Et donc, je vois effectivement une opportunité de remettre en cause
00:11:59certains des préjugés ou des pensées que nous avons
00:12:05sur les zones à forte influence et de se dire que l'Afrique,
00:12:08également, a son rôle à jouer dans un monde qui est en pleine mutation
00:12:11où les tensions géopolitiques ne vont pas s'arrêter demain.
00:12:15Et par conséquent, lorsqu'on voit un petit peu les États-Unis,
00:12:17la Chine, l'Union européenne être concentrées sur un certain type
00:12:21de problématiques, je pense que le continent africain
00:12:24et naturellement le Gabon, en faisant partie,
00:12:28trouvera le moyen d'émerger dans cet espace-là.
00:12:30Parce qu'il y a ce qui est digitalisé et puis il y a le commerce physique,
00:12:35le commerce maritime, par exemple.
00:12:36Et là, on voit bien que des routes maritimes passent un peu plus
00:12:41par le continent africain.
00:12:43Donc, ça, c'est une opportunité a priori.
00:12:46C'est une opportunité.
00:12:48Bon, c'est vrai que je pense que c'est le détroit d'Ormuse
00:12:50qui concentre 20% du commerce mondial,
00:12:53notamment en matière de produits pétroliers,
00:12:55donc qui passe par cet espace-là.
00:12:58Ce commerce-là, à travers cette crise-là, va être bloqué.
00:13:02Ça aura des conséquences positives et négatives.
00:13:04Négatives, parce que ça va créer un petit choc énergétique.
00:13:08Certainement, les prix énergétiques vont augmenter,
00:13:10le prix du pétrole.
00:13:11Donc, pour des pays comme le Gabon, je dirais que c'est un peu positif
00:13:14puisque nous sommes un produit producteur, exportation de pétrole.
00:13:17Mais de l'autre côté, pour les pays qui sont importateurs
00:13:20de produits énergétiques, ça veut dire un renchérissement du coût
00:13:24donc du pétrole, de l'énergie, qui est le premier facteur de production
00:13:27à travers la chaîne industrielle.
00:13:30On l'a dit, vous avez travaillé avec des investisseurs à Dubaï,
00:13:34notamment avec M. Alabar.
00:13:37Est-ce que vous êtes toujours en contact avec ces anciens contacts du Golfe ?
00:13:41Est-ce que vous pensez pouvoir mettre à contribution ce carnet d'adresses
00:13:46pour le développement de votre portefeuille du numérique ?
00:13:49Je pense, c'est l'objectif. Lorsque nous étions aux Émirats,
00:13:52j'ai eu à échanger avec lui.
00:13:54Et bien sûr, le temps que j'ai passé aux Émirats arabes unis
00:13:57pendant quand même beaucoup d'années, me permet d'avoir une compréhension
00:14:00de cet espace-là, des relations, même des amitiés,
00:14:02qui permettent effectivement de bien comprendre les dynamiques,
00:14:06de comprendre également leur approche à l'Afrique,
00:14:08leur approche au monde.
00:14:09Et c'est effectivement une partie des éléments que je souhaite permettre
00:14:13de mettre à contribution de mon pays et de mettre à disposition
00:14:17de notre politique économique numérique sous l'autorité du chef de l'État.
00:14:25Venons-en justement à présent, M. le ministre,
00:14:27à votre vision stratégique pour l'économie numérique au Gabon
00:14:31et plus généralement en Afrique.
00:14:34Les priorités de votre ministère, ce qui frappe,
00:14:36c'est votre budget pour 2026 en hausse de 156%.
00:14:42Tout le monde n'a pas cette chance.
00:14:44Vous me direz, dans un pays où la situation budgétaire
00:14:48reste jugée fragile par les institutions internationales,
00:14:51comment est-ce que vous jugez ce pari budgétaire
00:14:54assez massif sur le numérique ?
00:14:57Bien sûr, cette hausse significative du budget
00:15:01du ministère de l'Économie numérique
00:15:03reflète une volonté simple, c'est celle du chef de l'État.
00:15:06Le chef de l'État a décidé de faire du numérique
00:15:10et de la digitalisation de l'administration publique
00:15:12et de notre économie à un fer de lance de notre croissance.
00:15:16Nous avons une économie, comme vous savez,
00:15:18qui repose essentiellement sur les ressources naturelles.
00:15:20Nous avons besoin de la digitaliser,
00:15:22de la diversifier en la digitalisant
00:15:25de manière significative,
00:15:26et également d'augmenter ce qu'on appelle la productivité,
00:15:29c'est-à-dire la rapidité à laquelle nous faisons les choses.
00:15:32Et nous savons qu'au sein de l'administration publique,
00:15:34souvent, il y a encore quelques lenteurs,
00:15:36en digitalisant, nous espérons accélérer ce rythme-là,
00:15:40et dans l'économie formelle,
00:15:42et si qu'informelle,
00:15:43de voir comment les technologies peuvent s'insérer
00:15:45dans le tissu productif
00:15:46pour améliorer le taux de croissance
00:15:48et donc avoir un impact sur l'économie.
00:15:50Plus 156%, ça veut dire qu'on partait de très loin aussi.
00:15:53C'est exact, il y a aussi un effet de rattrapage
00:15:55qui reflète encore une fois une vision
00:15:57qui est celle du chef de l'État.
00:15:58Alors néanmoins,
00:16:01une loi de finances rectificative
00:16:03pourrait intervenir pour complaire aux exigences du FMI.
00:16:07Est-ce que vous craignez que le numérique
00:16:08passe au second plan dans ce contexte ?
00:16:11Je ne crains pas que le numérique passe au second plan
00:16:13parce que je pense que dans les discussions
00:16:15qui se passent avec le FMI,
00:16:16il s'agit effectivement de s'adosser
00:16:18au plan national de croissance
00:16:19et du développement du chef de l'État
00:16:21et d'en faire un plan de croissance
00:16:23et pas un plan restrictif
00:16:25ou un plan d'austérité.
00:16:27Et par conséquent, le FMI comprend bien
00:16:29que la digitalisation de l'économie
00:16:31et de l'administration publique
00:16:32font partie des politiques expansionnistes
00:16:35qui ont vocation justement
00:16:36à améliorer les équilibres budgétaires,
00:16:38qui ont vocation à améliorer
00:16:40le recouvrement des recettes
00:16:41et qui ont vocation à accroître la transparence
00:16:44dans la gouvernance de l'État.
00:16:45Donc ça veut dire qu'il faut annoncer
00:16:47un calendrier précis et sur plusieurs années
00:16:50si on veut rassurer le FMI par exemple ?
00:16:53Non, bien sûr.
00:16:54Vous savez, la digitalisation,
00:16:55c'est un processus qui repose
00:16:57sur énormément de prérequis,
00:16:59sur un cadre
00:16:59et l'idée encore une fois
00:17:01c'est de s'assurer que les échanges
00:17:03qui se font avec le FMI
00:17:05piloté par mon collègue
00:17:07le ministre de l'Économie et des Finances
00:17:08ainsi que la ministre de la Planification
00:17:11se fassent dans un sens
00:17:13qui nous permette effectivement
00:17:14de sortir vertueusement
00:17:15de ce contexte
00:17:18qui n'a pas été facile pour le monde.
00:17:21Alors en janvier 2026,
00:17:22c'est vous qui avez représenté le Gabon
00:17:25au Forum économique mondial de Davos.
00:17:28Est-ce que c'est un signe pour vous
00:17:30que le numérique est au cœur du jeu au Gabon ?
00:17:34Et est-ce que, la question qui est derrière ça,
00:17:36est-ce que le numérique profite
00:17:38des investissements issus du pétrole,
00:17:42du manganèse, du bois
00:17:44qui est aussi une des richesses principales du Gabon ?
00:17:48Je pense, je pense,
00:17:50c'est effectivement sur une décision
00:17:53du chef de l'État
00:17:54que j'ai eu l'honneur de représenter le Gabon à Davos.
00:17:57Je pense que lorsque nous étions à Davos,
00:17:59nous nous sommes rendus compte
00:18:00que le numérique fait partie effectivement
00:18:02des sujets principaux,
00:18:04des enjeux majeurs.
00:18:05Je reviens sur le fait que les tensions géopolitiques
00:18:08et géoéconomiques que nous observons dans le monde
00:18:10sont liées à la donnée,
00:18:12sont liées aux minerais critiques
00:18:14et sont liées à tous les sujets qui touchent
00:18:16la gouvernance numérique de demain.
00:18:18Donc, être à Davos,
00:18:20en tant que ministre de l'économie numérique,
00:18:22était totalement cohérent
00:18:23et j'ai pu participer à de nombreux échanges
00:18:27sur le futur du travail,
00:18:28le futur des connaissances
00:18:29et comment nous assurer
00:18:31que nous comprenons les tendances du monde
00:18:32pour que nous puissions les insérer
00:18:34dans nos politiques publiques au Gabon
00:18:35et qu'elles puissent également faire l'objet
00:18:37d'investissements directs étrangers
00:18:39dans le secteur du numérique.
00:18:40Par exemple, à ce jour,
00:18:41est-ce que des sociétés minières
00:18:44type Eramet ou pétrolières
00:18:46sont tenues d'investir dans le numérique ?
00:18:49Est-ce que vous avez les capacités
00:18:51de les inciter dans ce sens ?
00:18:54Oui, on a des capacités de les inciter.
00:18:56D'ailleurs, en août de l'année dernière,
00:18:59nous avons pris une ordonnance
00:19:00sur décision du chef de l'État
00:19:02qui vise à accentuer la digitalisation de l'économie
00:19:06et dans cette ordonnance,
00:19:07nous envoyons trois signaux.
00:19:09La première, c'est l'obligation
00:19:11pour l'administration publique
00:19:12de se digitaliser,
00:19:13d'avoir des systèmes informatiques interopérables
00:19:16et de pouvoir accorder la préférence nationale
00:19:19dans les entreprises locales.
00:19:21Mais on insère également la volonté
00:19:24de voir le secteur privé,
00:19:25donc Eramet, Comilog, les entreprises,
00:19:28même les filiales de multinationales
00:19:29qui sont au Gabon,
00:19:30de digitaliser leurs outils de production
00:19:33afin de pouvoir être plus productives.
00:19:35Vous savez, souvent,
00:19:36les politiques économiques en matière de digitalisation
00:19:41se tournent vers les start-up.
00:19:42Mais dans nos pays,
00:19:43les start-up représentent moins de 1% de nos PIB.
00:19:46Et donc, en réalité,
00:19:47si on veut voir un impact de la digitalisation
00:19:49sur notre taux de croissance,
00:19:51il faut encourager les grands groupes,
00:19:52comme Comilog,
00:19:53à se digitaliser
00:19:55pour que la part correspondante
00:19:56à l'impact économique
00:19:57puisse se ressentir davantage.
00:19:59Il y a donc les grands groupes privés
00:20:00et puis vous l'avez évoqué,
00:20:02les administrations,
00:20:02les services publics,
00:20:03les services de l'État.
00:20:04Comment vous allez vous y prendre ?
00:20:08On imagine,
00:20:09et c'est le cas dans beaucoup de pays,
00:20:12des services extrêmement importants
00:20:15en nombre d'employés
00:20:17et à matériel qui est souvent vétuste,
00:20:22ou en tout cas,
00:20:23où le matériel le plus moderne
00:20:26n'est pas encore généralisé.
00:20:27Comment est-ce que vous allez vous y prendre ?
00:20:29Quelles sont les 2-3 étapes
00:20:31pour accélérer cette digitalisation ?
00:20:33Oui, alors effectivement,
00:20:35c'est pour ça que souvent dans mes discours,
00:20:36je dis que c'est vrai qu'on parle
00:20:37de digitalisation et d'IA
00:20:39et de choses assez complexes,
00:20:41mais qu'il faut aussi souvent
00:20:42qu'on revienne à nos fondamentaux.
00:20:43Nos fondamentaux,
00:20:44c'est qu'on a besoin
00:20:45d'administrations équipées, connectées.
00:20:48Quand vous voyez effectivement
00:20:49la proposition de budget
00:20:50et d'augmentation du budget
00:20:52du ministère de l'économie numérique,
00:20:55il reflète effectivement
00:20:56des investissements plus importants
00:20:58dans l'équipement des fonctionnaires
00:21:00au sein de l'administration publique,
00:21:01pour qu'on ait des ordinateurs,
00:21:03des logiciels de gestion
00:21:04et que nous puissions avoir
00:21:05des administrations connectées.
00:21:07Donc, c'est reflété dans le budget.
00:21:09Ensuite, en matière de séquençage
00:21:11du déploiement de la digitalisation,
00:21:13ce que vous allez voir,
00:21:15c'est la gouvernance,
00:21:16donc un cadre réglementaire
00:21:18avec plusieurs réformes
00:21:19qui ont été entreprises depuis mai.
00:21:21J'ai parlé de la digitalisation,
00:21:23j'ai parlé de la réorganisation
00:21:25des directions informatiques
00:21:27au sein des ministères
00:21:28pour qu'il y ait un peu plus
00:21:29de centralisation pour un meilleur pilotage.
00:21:31Et ensuite, c'est d'identifier
00:21:32deux, trois services clés
00:21:34que nous allons déployer.
00:21:35L'identité numérique,
00:21:37qui est une infrastructure numérique
00:21:38essentielle à l'accès
00:21:40aux services publics,
00:21:41les paiements électroniques,
00:21:42sur lesquels nous avons fait
00:21:43de grandes avancées.
00:21:45Nous avons d'ailleurs sorti
00:21:46une ordonnance sur les paiements digitaux
00:21:48il y a à peu près 3-4 semaines,
00:21:49sur instruction du chef de l'État
00:21:51pour dématérialiser les paiements
00:21:52des services publics
00:21:53à l'échelle nationale.
00:21:54Et puis, il y a tout ce qui touche
00:21:57naturellement aux data centers
00:21:58pour lesquels des investissements
00:21:59importants sont en cours
00:22:00et la capacité d'hébergement
00:22:02est en train de croître.
00:22:04Quentin ?
00:22:05Oui, vous souhaitez également
00:22:08formaliser, vous l'avez dit,
00:22:10progressivement les acteurs
00:22:11de l'économie informelle
00:22:13via cet outil du numérique.
00:22:15C'est traditionnellement un public
00:22:17qu'il faut vraiment aller chercher
00:22:19parce qu'il n'est pas forcément
00:22:21à même de vouloir payer des taxes
00:22:23et des impôts.
00:22:24Par quels outils vous comptez
00:22:26les convaincre ?
00:22:27Oui, on a développé un programme
00:22:30au sein du ministère
00:22:31de l'économie numérique
00:22:32qui s'appelle MadiJP.
00:22:34MadiJP, c'est un programme
00:22:35que nous avons fait en partenariat
00:22:37avec le GIMAC.
00:22:38Le GIMAC, c'est le groupement
00:22:39inter-bancaire monétaire
00:22:41d'Afrique centrale,
00:22:42qui est la plateforme
00:22:43d'interopérabilité des moyens
00:22:44de paiement.
00:22:45Donc, en arrivant en mai,
00:22:47on a constaté que beaucoup
00:22:49des acteurs financiers
00:22:50étaient un petit peu frileux
00:22:51à l'adhésion au GIMAC,
00:22:53donc à l'interopérabilité
00:22:55des paiements.
00:22:56Nous, ce qu'on leur a dit,
00:22:57c'est leur dire qu'en réalité,
00:22:58c'est très important
00:22:59parce qu'un utilisateur
00:23:00doit pouvoir choisir
00:23:01un moyen de paiement
00:23:02pas parce que tout le monde l'a,
00:23:04mais parce que ce moyen de paiement
00:23:05répond à leurs besoins.
00:23:07Et donc, nous avons fait
00:23:08des gros pas
00:23:08en l'espace de quelques mois
00:23:09en matière d'adhésion au GIMAC.
00:23:12Nous avons déployé
00:23:13des codes QR à peu près
00:23:14plus de 2000 pour l'instant.
00:23:152000 commerçants
00:23:16ont des codes QR GIMAC,
00:23:18donc interopérables,
00:23:20qui permettent à un Gabonais
00:23:21de venir,
00:23:22de scanner le code QR,
00:23:23peu importe son moyen de paiement,
00:23:24de payer.
00:23:25Vous l'avez dit,
00:23:26vous avez fait le lien
00:23:26entre la taxation
00:23:28et le paiement électronique.
00:23:29Nous avons des économies
00:23:31pour lesquelles
00:23:31les recettes dépendent
00:23:32essentiellement
00:23:33de l'impôt sur la société.
00:23:35Lorsque vous regardez
00:23:36les pays de l'OCDE,
00:23:37c'est essentiellement
00:23:39la TVA
00:23:39qui est la première recette fiscale.
00:23:41Donc, ce programme
00:23:42Madigipé a vocation
00:23:43à développer
00:23:45la collecte de la TVA
00:23:46à travers le paiement électronique
00:23:48afin que nous puissions
00:23:49être un peu plus en phase
00:23:50avec les standards internationaux
00:23:52en matière de mobilisation
00:23:53des recettes intérieures.
00:23:54Il y a un grand sujet
00:23:55dans d'autres pays africains aussi,
00:23:57c'est la taxation
00:23:58du mobile monnaie
00:23:59qui se généralise,
00:24:01bien sûr.
00:24:03Il y a pas mal de projets
00:24:05en cours au Gabon
00:24:06avec des opérateurs
00:24:07comme Ertel,
00:24:08Move.
00:24:10la contribution
00:24:11du mobile monnaie
00:24:13aujourd'hui
00:24:13pour le PIB
00:24:14y compris, je crois,
00:24:15entre 5 et 8%.
00:24:17Est-ce que l'objectif,
00:24:18c'est de faire mieux,
00:24:20de collecter
00:24:21davantage de taxes
00:24:22de ce côté
00:24:23quand on voit
00:24:24la progression
00:24:25de l'usage ?
00:24:26Oui.
00:24:27Bon,
00:24:27quand on regarde
00:24:28les ratios
00:24:29recettes fiscales
00:24:30PIB au Gabon,
00:24:32c'est 13%.
00:24:33Si je ne me trompe pas,
00:24:34les pays de l'OCDE
00:24:35sont à peu près
00:24:35à 35%.
00:24:36Bon, ça veut dire
00:24:38qu'il y a un écart abyssal
00:24:39entre notre mobilisation
00:24:41de recettes intérieures
00:24:42via la fiscalité
00:24:43au Gabon
00:24:44et ce qui se fait
00:24:45en Occident.
00:24:46Ça, c'est la fiscalité
00:24:47globale.
00:24:48Exactement.
00:24:49Maintenant,
00:24:49le moyen de paiement
00:24:50le plus vulgarisé,
00:24:51c'est le mobile money.
00:24:52Donc, effectivement,
00:24:53il est cohérent pour nous
00:24:54que nous fassions
00:24:55de cet outil-là
00:24:56qui est quasi universel
00:24:58l'outil qui va nous permettre
00:25:00effectivement d'améliorer
00:25:01les recettes publiques.
00:25:02Raison pour laquelle
00:25:03nous avons sorti
00:25:03cette ordonnance
00:25:04sur les paiements digitaux
00:25:05et que nous procéderons
00:25:06très prochainement
00:25:09au décret d'application
00:25:10qui nous permettra
00:25:11de digitaliser
00:25:12et de vulgariser
00:25:13notamment ces outils-là
00:25:15à l'échelle
00:25:16de l'espace public.
00:25:17Et le projet,
00:25:18c'est aussi
00:25:18de taxer
00:25:19les paris sportifs
00:25:21en ligne.
00:25:21Ça,
00:25:22vous savez à peu près
00:25:23combien ça peut rapporter ?
00:25:26Les paris sportifs
00:25:27en ligne
00:25:28n'ont pas été encadrés.
00:25:29Dans beaucoup
00:25:29de nombreux pays,
00:25:30ce sont des opérateurs
00:25:31qui opèrent
00:25:32sans forcément
00:25:32que l'État
00:25:33ne puisse générer
00:25:34la juste contrepartie
00:25:36de ce que cela génère.
00:25:37Ce sont des systèmes
00:25:39qui sont déclaratifs
00:25:40et en général,
00:25:41les systèmes fiscaux
00:25:42déclaratifs
00:25:44ne reflètent jamais
00:25:45la propension réelle
00:25:47en matière
00:25:48de droit.
00:25:50Et donc,
00:25:50la réforme
00:25:51qui a été prise
00:25:52sur les paris sportifs,
00:25:53c'est d'avoir
00:25:53un positionnement
00:25:54plus structurant
00:25:56où nous avons
00:25:56plus de contrôle
00:25:57sur ce qui
00:25:59effectivement
00:26:00transite
00:26:01par ces plateformes-là
00:26:02pour avoir
00:26:02une juste fiscalité.
00:26:04Mais il y a
00:26:04une manne
00:26:05potentiellement
00:26:06importante
00:26:07de ce côté-là.
00:26:08Il paraît.
00:26:10Il paraît.
00:26:11Nous le saurons
00:26:11vraiment très vite.
00:26:12Vous n'êtes pas
00:26:13utilisateur
00:26:13à titre personnel.
00:26:15Non, non, non.
00:26:17Alors,
00:26:17pour trouver des ressources,
00:26:18vous cherchez aussi
00:26:19des investisseurs
00:26:20à l'étranger.
00:26:22Vous discutez
00:26:23par exemple
00:26:24avec
00:26:25votre
00:26:26homologue
00:26:26marocaine
00:26:27Ahmed El Fela
00:26:28Segrouchny.
00:26:30Vous avez
00:26:31des discussions
00:26:31avec les autorités
00:26:33turques,
00:26:33avec la Chine,
00:26:35un protocole
00:26:35d'accord
00:26:36signé avec
00:26:37Huawei
00:26:37pour la
00:26:38transformation
00:26:39numérique.
00:26:40Est-ce que
00:26:40vous misez
00:26:41sur
00:26:43ces puissances
00:26:44étrangères
00:26:45et sur
00:26:45leur secteur
00:26:46privé
00:26:46pour financer
00:26:47votre transformation ?
00:26:49Je dirais
00:26:49que nous avons
00:26:50une approche
00:26:51qui se compose
00:26:53de deux manières.
00:26:54Nous avons,
00:26:55comme je le disais,
00:26:56une loi
00:26:57sur la digitalisation
00:26:58qui,
00:26:58quand même,
00:26:59inclut
00:27:00la préférence nationale
00:27:01dans la passation
00:27:02des marchés
00:27:02publics
00:27:03liés
00:27:03aux numériques.
00:27:04Ça veut dire
00:27:04que notre politique
00:27:05a un caractère
00:27:07souverainiste,
00:27:07a un caractère
00:27:08qui a vocation
00:27:09quand même
00:27:09à favoriser
00:27:10l'émergence
00:27:11d'acteurs locaux
00:27:12parce que nous estimons
00:27:13que les sujets
00:27:14de données,
00:27:15de gouvernance
00:27:15de la donnée
00:27:16doivent principalement
00:27:17être attribués
00:27:18aux opérateurs
00:27:19nationaux.
00:27:19Ça,
00:27:20c'est de un,
00:27:20mais de deux
00:27:21sur le même sujet.
00:27:22C'est de dire
00:27:22que dans nos économies,
00:27:25les Africains
00:27:26ne sont pas appropriés
00:27:30pleinement
00:27:30nos économies
00:27:31réelles.
00:27:32Les règles du jeu
00:27:32à ce moment-là,
00:27:33nous ne les maîtrisions pas.
00:27:34L'économie numérique,
00:27:36c'est ce que j'aime appeler
00:27:36la nouvelle économie.
00:27:38Il est important
00:27:38que les règles du jeu,
00:27:39dès le départ,
00:27:40permettent aux Africains
00:27:41de pouvoir s'insérer
00:27:42dans le tissu productif
00:27:43pour être un peu plus
00:27:44propriétaires
00:27:45et avoir un peu plus
00:27:46de contrôle
00:27:46sur la direction
00:27:47et sur les fruits
00:27:48et les dividendes
00:27:49que cela génère.
00:27:50Ça,
00:27:50c'est sur la première partie.
00:27:52Accent quand même
00:27:53assez important
00:27:54sur les acteurs nationaux.
00:27:55Par rapport au partenariat
00:27:57avec les autres pays,
00:27:58effectivement,
00:27:58le Maroc,
00:27:59l'Inde,
00:28:00les Émirats,
00:28:01la Chine,
00:28:02il y a des sujets
00:28:03sur lesquels
00:28:03nous n'avons pas
00:28:04forcément des entreprises
00:28:05avec le niveau
00:28:06de complexité nécessaire
00:28:07pour réaliser
00:28:09ces transformations numériques.
00:28:10Et donc,
00:28:10il est logique
00:28:11que nous nous tournions
00:28:11là où il y a
00:28:12des complémentarités
00:28:14qui peuvent être faites
00:28:15pour pouvoir nous assurer
00:28:16que nous ayons
00:28:17une économie numérique
00:28:18qui soit souveraine
00:28:19mais en même temps
00:28:20sophistiquée,
00:28:20efficace.
00:28:21Et encore une fois,
00:28:22ça reflète
00:28:22la politique du chef
00:28:23de l'État
00:28:23qui cherche à diversifier
00:28:25ses partenariats
00:28:26avec les pays
00:28:28du monde entier.
00:28:29Justement,
00:28:29sur ce point
00:28:29de la souveraineté,
00:28:31vous avez donc signé
00:28:32un protocole d'accord
00:28:33avec Huawei.
00:28:35À quel niveau
00:28:37vous mettez
00:28:38le curseur
00:28:39de la souveraineté
00:28:40économique
00:28:41et numérique
00:28:41dans ce protocole ?
00:28:43Je crois que
00:28:44l'idée
00:28:45est d'étudier
00:28:46quelles vont être
00:28:47les infrastructures
00:28:49critiques
00:28:50manquantes
00:28:52auxquelles Huawei
00:28:53pourraient subvenir.
00:28:55Voilà.
00:28:56Comment vous gérez
00:28:57cette question
00:28:58avec un opérateur
00:29:00qui représente
00:29:01des milliards
00:29:01et des milliards
00:29:02de chiffres d'affaires ?
00:29:04Vous posez
00:29:05une des questions
00:29:05les plus importantes
00:29:07que se pose
00:29:08un ministre
00:29:08de l'économie numérique.
00:29:12D'un côté,
00:29:13nous avons,
00:29:14nous pouvons dire
00:29:15Huawei,
00:29:16venez digitaliser
00:29:17toute notre administration
00:29:18publique.
00:29:19Vous l'avez fait
00:29:19en Chine,
00:29:20vous venez
00:29:21avec votre tech stack
00:29:22et vous posez
00:29:23et en 6 à 12 mois,
00:29:25notre administration
00:29:26est totalement digitalisée.
00:29:27D'accord ?
00:29:28Mais de l'autre côté,
00:29:29si vous faites ça,
00:29:30se posent des questions
00:29:31liées à votre sécurité
00:29:32des données,
00:29:33à votre dépendance
00:29:34technologique
00:29:35et à votre capacité
00:29:37à permettre
00:29:38à votre écosystème local
00:29:39de capter
00:29:40des opportunités locales
00:29:41pour développer
00:29:42leur niveau de connaissance.
00:29:44Et donc,
00:29:44cet équilibre-là
00:29:45fait partie
00:29:46et reflétit
00:29:46encore une fois
00:29:47dans notre loi
00:29:48sur la digitalisation
00:29:49avec une préférence nationale
00:29:50mais pas une obligation nationale.
00:29:52Donc là où il y a
00:29:53des sujets
00:29:53sur lesquels
00:29:54des entreprises locales
00:29:55peuvent s'insérer,
00:29:56nous allons les accompagner
00:29:57et nous avons
00:29:58des initiatives claires
00:29:59dans ce sens.
00:30:00Et là où
00:30:01le niveau de complexité
00:30:02fait en sorte
00:30:03qu'il vaut mieux
00:30:04travailler
00:30:04avec un partenaire
00:30:05comme Huawei
00:30:05sur des sujets
00:30:06peut-être
00:30:08plus complexes,
00:30:09plus techniques,
00:30:09là nous le ferons.
00:30:10Donc,
00:30:10il faut être pragmatique
00:30:12et il faut être cohérent
00:30:14avec ce qu'on cherche
00:30:16à faire.
00:30:16Marc-Alexandre Doumba,
00:30:18vous citez souvent
00:30:19les décisions
00:30:20du chef de l'État,
00:30:21le président
00:30:22Brice Clotter
00:30:23Olingingema
00:30:23qui a été élu
00:30:24en 2025.
00:30:26Selon vous,
00:30:27qu'est-ce qui change
00:30:28dans la gouvernance
00:30:30de l'État,
00:30:31dans l'exécution
00:30:32des politiques publiques ?
00:30:34Est-ce que le climat
00:30:36des affaires
00:30:36s'est selon vous
00:30:37réellement amélioré ?
00:30:39Si vous deviez donner
00:30:40un ou deux exemples
00:30:43d'une amélioration
00:30:45du climat
00:30:45des affaires,
00:30:46selon vous ?
00:30:46Je dirais deux sujets.
00:30:48Bon, premièrement,
00:30:49le président de la République
00:30:50est à la fois
00:30:51chef de l'État
00:30:51et chef du gouvernement
00:30:52dans notre nouvelle
00:30:53constitution
00:30:54qui est donc
00:30:56opérationnelle
00:30:56depuis mai 2025.
00:30:59Donc,
00:30:59ça lui donne
00:31:00des prérogatives
00:31:01un peu plus larges
00:31:01que ça n'a pu être
00:31:02le cas par le passé
00:31:03où ces décisions
00:31:04peuvent s'implémenter
00:31:05et se répercuter
00:31:06beaucoup plus facilement
00:31:07à travers la chaîne
00:31:09de décisions.
00:31:10Plus de rapidité.
00:31:11Plus de rapidité,
00:31:12ça c'est important.
00:31:12quand il prend une décision,
00:31:15on doit s'exécuter
00:31:17et on doit avancer.
00:31:19Ça, c'est un de deux.
00:31:20Il aime être au fait
00:31:22des sujets.
00:31:22C'est-à-dire que
00:31:23ce n'est pas que
00:31:24vous dites que
00:31:25vous faites quelque chose
00:31:26et il ne va pas vérifier.
00:31:27Vous pouvez être certain
00:31:28qu'il ira vérifier.
00:31:29Il va s'assurer
00:31:30de lui-même
00:31:30et ça,
00:31:31je pense,
00:31:33ça reflète vraiment
00:31:34sa volonté
00:31:35de voir le pays changer
00:31:36que ce soit
00:31:37sur les problématiques
00:31:37d'économie,
00:31:38de politique,
00:31:39naturellement,
00:31:40et sur le plan social
00:31:41où très souvent,
00:31:42il va au front
00:31:42pour parler aux populations
00:31:43et pour montrer
00:31:44sa proximité
00:31:45et sa compréhension
00:31:46des sujets de base.
00:31:48Sur le climat
00:31:49des affaires,
00:31:51il est également
00:31:52très impliqué.
00:31:53Il reçoit
00:31:54un investisseur,
00:31:55partenaire.
00:31:55Il fait de la diplomatie
00:31:57économique,
00:31:57comme vous avez pu le voir.
00:31:58Il est parti en Chine
00:31:59l'année dernière.
00:32:00J'ai eu la chance
00:32:02de l'accompagner
00:32:02aux Émirats.
00:32:03Et donc,
00:32:04il est conscient
00:32:05que le Gabon,
00:32:06pour se développer,
00:32:07doit mieux utiliser
00:32:08ses ressources internes,
00:32:09mais doit également
00:32:10travailler et améliorer
00:32:12sa diplomatie extérieure.
00:32:14On l'a dit,
00:32:15le président
00:32:16fait le choix
00:32:17d'un positionnement
00:32:19souverainiste
00:32:20pour le développement
00:32:22de l'économie.
00:32:24mais il semble rester ouvert
00:32:26à tout intérêt
00:32:27international.
00:32:29Quels sont finalement
00:32:30ses modèles ?
00:32:32Personnellement,
00:32:33ça me rappelle
00:32:34un peu la Guinée,
00:32:35ce que semble essayer
00:32:36de faire
00:32:37Mahmoud Doumbouya
00:32:38en Guinée,
00:32:39du souverainisme,
00:32:39mais dans le choix
00:32:40de la neutralité
00:32:41avec les partenaires
00:32:42économiques étrangers.
00:32:44Je dirais que c'est
00:32:45une question
00:32:45qu'il faudrait lui poser
00:32:46directement.
00:32:47Je ne suis pas sûr
00:32:48de quels sont ses modèles.
00:32:50je pense qu'il est
00:32:51tout simplement animé
00:32:53par une volonté
00:32:53de transformer son pays
00:32:55et qu'il essaye
00:32:57de regarder
00:32:57ce qui s'est fait
00:32:58un petit peu
00:32:58ici et là
00:32:59et qu'il a une forte
00:33:00conviction que le développement
00:33:02de notre pays
00:33:02doit se faire
00:33:03par les Gabonais
00:33:04et avec l'appui extérieur,
00:33:06mais pas par les autres,
00:33:07avec l'appui des Gabonais.
00:33:08Mais le nationalisme économique,
00:33:12combien de temps
00:33:13ça peut durer
00:33:13dans un contexte
00:33:15où la dette progresse,
00:33:17où vous avez ces discussions
00:33:18avec le FMI ?
00:33:20À quel moment
00:33:22on dira
00:33:23les nationalisations
00:33:24si ça coûte trop cher ?
00:33:25En fait,
00:33:26il n'y a pas
00:33:26de nationalisation.
00:33:28La souveraineté,
00:33:29c'est une question
00:33:30beaucoup plus
00:33:30de s'assurer
00:33:31que vous pouvez travailler
00:33:32et investir au Gabon,
00:33:34vous pouvez venir
00:33:34de tout pays du monde
00:33:35avoir toute la nationalité,
00:33:37les nationalités
00:33:37que vous voulez,
00:33:38cependant,
00:33:39l'investissement
00:33:39doit être orienté
00:33:40en fonction des priorités
00:33:41de l'État.
00:33:43Donc,
00:33:43c'est beaucoup plus
00:33:44une question d'agenda,
00:33:45c'est beaucoup plus
00:33:46une question d'orientation,
00:33:47mais la souveraineté
00:33:48n'équivaut pas
00:33:50nationalisation
00:33:50ou nationalisation.
00:33:51Il y a des nationalisations
00:33:51dans le secteur du bois,
00:33:53du pétrole ?
00:33:54Oui,
00:33:54il y a de l'étatisation
00:33:56dans certains secteurs,
00:33:57effectivement,
00:33:58mais ce n'est pas
00:33:59tout azimut,
00:33:59ce sont des nationalisations
00:34:01ciblées
00:34:01dans des secteurs
00:34:02de souveraineté
00:34:03dans lesquelles
00:34:04les études montrent
00:34:05que nous avons été lésés
00:34:06par le passé
00:34:07et que nous n'avons pas
00:34:08pu générer
00:34:09la juste contrepartie
00:34:10des recettes
00:34:11que nous aurions dû
00:34:12être en droit d'attendre
00:34:13et que nous aurions pu
00:34:14réinvestir dans l'économie
00:34:15pour régler nos problématiques
00:34:17d'infrastructures économiques.
00:34:19Alors,
00:34:19justement,
00:34:20dans ce contexte,
00:34:20comment vous pourriez définir
00:34:22les relations,
00:34:23les nouvelles relations
00:34:25entretenues désormais
00:34:26avec la France ?
00:34:28Vous avez vous-même
00:34:29participé activement
00:34:30à la visite
00:34:31d'Emmanuel Macron
00:34:32en novembre 2025.
00:34:34On sait que la France,
00:34:36c'est l'un des principaux créanciers,
00:34:39l'un des principaux partenaires
00:34:41économiques de l'Afrique,
00:34:42du Gabon, pardon.
00:34:44C'est difficile de faire sans elle,
00:34:47encore aujourd'hui.
00:34:48Ce que j'ai eu l'honneur
00:34:50d'observer
00:34:51lors de la visite
00:34:52du président Macron
00:34:54auprès du président de la République,
00:34:56chef de l'État,
00:34:57chef du gouvernement,
00:34:59Brice Cotter-Roligine Guéma,
00:35:00c'est une bonne entente.
00:35:02J'ai vu une camaraderie,
00:35:04j'ai vu une relation d'État
00:35:09qui se respecte
00:35:11et une relation interpersonnelle
00:35:13qui tendrait vers
00:35:15une dynamique gagnant-gagnante
00:35:17entre la France et le Gabon.
00:35:20Naturellement, la France,
00:35:21dans certains secteurs,
00:35:22est un investisseur
00:35:23qui a des intérêts stratégiques,
00:35:25historiques,
00:35:26notamment dans le manganèse,
00:35:28dans le bois
00:35:28et dans d'autres secteurs.
00:35:30Et effectivement,
00:35:31ça ne vous aura pas échappé
00:35:33que le Gabon
00:35:33veut améliorer les équilibres
00:35:36sur ces secteurs stratégiques.
00:35:37Nous l'avons vu
00:35:38dans le manganèse,
00:35:39le chef de l'État,
00:35:40chef du gouvernement
00:35:41a pris une mesure
00:35:42en Conseil des ministres
00:35:44d'interdire l'exportation
00:35:45du manganèse brut
00:35:46à partir de 2029.
00:35:48L'idée est tout simplement
00:35:49de faire ce qui est logique
00:35:50en théorie économique,
00:35:51c'est d'augmenter
00:35:52la valeur ajoutée
00:35:53au sein de ses frontières.
00:35:55Donc ce n'est pas
00:35:56quelque chose d'incohérent,
00:35:58c'est quelque chose
00:35:58qui est totalement en phase.
00:35:59parait sur le bois
00:36:00d'accroître
00:36:01la transformation locale
00:36:03du bois.
00:36:04Et l'idée,
00:36:04c'est que si nous voulons
00:36:05créer les emplois
00:36:06que les populations
00:36:07sont en droit d'attendre,
00:36:08nous avons besoin
00:36:09de monter dans la chaîne
00:36:10de valeur
00:36:10en produisant plus localement.
00:36:12Et comment votre ministère
00:36:14s'insère dans cette stratégie ?
00:36:17Est-ce que,
00:36:18vous le disiez,
00:36:20vous n'avez pas forcément
00:36:21toutes les compétences,
00:36:24toutes les spécialités
00:36:25en local ?
00:36:26Est-ce que vous avez
00:36:28d'ores et déjà
00:36:30ciblé quelques points forts
00:36:32de cette économie
00:36:33numérique gabonaise ?
00:36:34Oui.
00:36:35Je pense,
00:36:36assez facilement,
00:36:37que sur les paiements,
00:36:38au Gabon,
00:36:39nous avons un pays
00:36:40qui est quand même
00:36:40très développé,
00:36:43avec 70% de la population,
00:36:45avec un compte
00:36:46de mobile money,
00:36:47avec quand même
00:36:48quelques services publics
00:36:49qui acceptent
00:36:49les paiements électroniques.
00:36:50C'est déjà le cas
00:36:51à l'ANPI.
00:36:52Ce sera bientôt le cas
00:36:53dans d'autres administrations
00:36:55publiques.
00:36:56Je vois beaucoup
00:36:57d'initiatives FinTech
00:36:58de l'écosystème local
00:36:59en train d'émerger.
00:37:01Je vois nos investissements
00:37:03dans les data centers.
00:37:04J'expliquais un peu plus tôt,
00:37:06très brièvement,
00:37:07que nous avons
00:37:07deux, trois initiatives
00:37:09en cours de développement,
00:37:10une par une entreprise
00:37:12d'État qui s'appelle ACE,
00:37:13une par une entreprise privée
00:37:15qui s'appelle SC Digital,
00:37:16et puis nous avons
00:37:17notre data center souverain
00:37:18qui est également
00:37:19en cours d'investissement.
00:37:20Et donc,
00:37:21nous verrons le Gabon
00:37:22dans, je pense,
00:37:2312 à 15 mois,
00:37:24avec une capacité
00:37:25d'hébergement de données
00:37:27qui sera, je pense,
00:37:28la meilleure
00:37:28dans notre sous-région.
00:37:30Donc, tout ça a vocation
00:37:31à nous permettre
00:37:32de nous positionner
00:37:32et de pouvoir être
00:37:33une économie sur laquelle
00:37:35l'économie numérique
00:37:36peut réellement se reposer.
00:37:37Marc-Alexandre Doumba,
00:37:39ministre de l'économie numérique
00:37:41du Gabon
00:37:41et notre grand invité
00:37:43de l'économie RFI Jeune Afrique.
00:37:45Dans votre domaine de compétence,
00:37:48il y a aussi
00:37:48une récente décision
00:37:49qui fait beaucoup parler
00:37:50au Gabon,
00:37:52mais pas qu'au Gabon d'ailleurs,
00:37:53parce que c'est une idée
00:37:54qui commence à être
00:37:57assez répandue,
00:37:58l'encadrement des réseaux sociaux.
00:38:01Le Gabon va peut-être
00:38:03un peu plus loin
00:38:03puisque les réseaux sociaux
00:38:04sont aujourd'hui suspendus.
00:38:06Une décision annoncée
00:38:07par la Haute Autorité
00:38:08de la Communication
00:38:09au nom de la cohésion sociale,
00:38:14de la stabilité des institutions
00:38:16et de la sécurité nationale.
00:38:18Mais cette décision,
00:38:19elle est très critiquée.
00:38:21Il y a même des recours
00:38:22en justice,
00:38:23critiqués aussi
00:38:25par ceux qui ont besoin
00:38:27des réseaux pour travailler.
00:38:29Écoutez ces deux témoignages
00:38:30très rapidement.
00:38:31C'est la conséquence directe
00:38:33déjà premièrement
00:38:33en tant que créateur
00:38:34que l'on voit
00:38:35puisqu'on ne peut plus
00:38:36rentabiliser sur...
00:38:37Déjà qu'au Gabon,
00:38:38on a du mal
00:38:38avec la monétisation des réseaux.
00:38:40Donc c'est des contrats
00:38:42qui nous permettent d'exister.
00:38:44Là, très clairement,
00:38:44on ne peut plus répondre
00:38:47favorablement à nos partenaires,
00:38:49d'autant puisqu'on a
00:38:49des partenaires
00:38:50qui sont à l'extérieur,
00:38:51ce qui est le cas pour moi
00:38:52par exemple.
00:38:53Donc je ne peux même plus
00:38:54travailler et respecter
00:38:56ce qui a été décidé avec eux.
00:38:58Je ne pense pas
00:38:59que c'est une solution en fait.
00:39:00Il y a toujours
00:39:00d'autres solutions
00:39:01pour pouvoir soit
00:39:01filtrer des infos
00:39:02ou quelque chose comme ça.
00:39:03Mais couper,
00:39:04c'est vraiment...
00:39:04Même dans l'économie,
00:39:05l'économie aussi prend un coup
00:39:07parce qu'il y a des gens
00:39:08qui travaillent avec ça,
00:39:09télétravail et ainsi de suite.
00:39:10Mais couper,
00:39:11c'est vraiment difficile
00:39:12en ce moment
00:39:13pour la population gabonaise.
00:39:14des témoignages recueillis
00:39:16des témoignages recueillis
00:39:16par nos confrères
00:39:17de l'agence France Presse,
00:39:18Marc-Alexandre Doumba.
00:39:19Qu'est-ce que vous répondez
00:39:20à ces jeunes entrepreneurs
00:39:22qui semblent gênés
00:39:23par cette coupure
00:39:24des réseaux sociaux
00:39:25et qui parfois
00:39:27utilisent des VPN
00:39:28ou essayent d'utiliser
00:39:29des VPN
00:39:30pour contourner
00:39:30cette mesure ?
00:39:32Bon,
00:39:32ce que je dirais,
00:39:33c'est qu'effectivement,
00:39:34la mesure qui a été prise
00:39:35par la HAC,
00:39:36qui est une entité
00:39:37autonome et indépendante,
00:39:38de suspendre
00:39:39les réseaux sociaux
00:39:40peut effectivement
00:39:41préoccuper certains
00:39:42des jeunes,
00:39:42comme nous venons
00:39:43de l'observer
00:39:44à travers ces témoignages.
00:39:46Par contre,
00:39:46ce que je dirais,
00:39:47c'est que l'État
00:39:48a une responsabilité.
00:39:50D'accord ?
00:39:50La responsabilité première
00:39:52de l'État,
00:39:52c'est d'assurer la sécurité
00:39:54de ses populations
00:39:55et de ses institutions.
00:39:57Et en matière
00:39:58de population,
00:39:59nous avons quand même
00:40:00des particularités
00:40:01au Gabon
00:40:01et sur le continent
00:40:02qu'on ne retrouve pas ailleurs.
00:40:04La première,
00:40:05c'est que nous avons
00:40:06plus de 60%
00:40:07de notre population
00:40:07qui a moins de 24 ans
00:40:08et pour lesquelles
00:40:10leur première source
00:40:11de consommation
00:40:11de l'information,
00:40:12ce sont les réseaux sociaux.
00:40:14Et pour lesquelles
00:40:15notre système éducatif
00:40:16n'a pas prévu
00:40:17de leur dire
00:40:18que lorsque vous consommez
00:40:19une information
00:40:19sur les réseaux sociaux,
00:40:20il est très probable
00:40:21qu'elle ne soit pas vraie.
00:40:23Et par conséquent,
00:40:24nous ne les avons pas formés
00:40:25à dire que,
00:40:26bon,
00:40:26quand je consomme
00:40:27une information
00:40:27sur les réseaux sociaux,
00:40:29je dois la confronter
00:40:30à la presse écrite,
00:40:31par exemple,
00:40:32ou à d'autres sources
00:40:32d'informations fiables
00:40:33pour m'assurer
00:40:34qu'effectivement,
00:40:35je consomme
00:40:36ce qu'on pourrait dire
00:40:37comme étant la vérité.
00:40:38Mais ça,
00:40:38on est d'accord,
00:40:39mais entre encadrer
00:40:40et suspendre,
00:40:42il y a quand même
00:40:43une différence ?
00:40:43Oui.
00:40:44Ce qui s'est passé,
00:40:45c'est que nous l'avons encadré.
00:40:46Donc,
00:40:47la HAC a pris
00:40:47cette décision-là.
00:40:48Ça a créé
00:40:49un sens d'urgence
00:40:50parce que ça fait longtemps
00:40:50que le Gabon exprime
00:40:52sa préoccupation
00:40:53sur la régulation
00:40:55des réseaux sociaux
00:40:55et tente le dialogue
00:40:57avec les partenaires
00:40:58des plateformes numériques
00:40:59sans que ça n'ait
00:41:00vraiment de bruit.
00:41:01Et parfois,
00:41:02dans un environnement,
00:41:02il y a beaucoup de bruit,
00:41:03mais il faut peut-être
00:41:04faire un peu plus de bruit
00:41:05pour se faire entendre.
00:41:06Il y a provoqué un choc.
00:41:07Un choc.
00:41:08Donc, du coup,
00:41:08le Gabon a fait ça.
00:41:09Tout le monde essaie
00:41:10de comprendre
00:41:10pourquoi est-ce que
00:41:11le Gabon l'a fait.
00:41:12Le Gabon l'a fait
00:41:13parce que c'est un phénomène
00:41:15international, mondial,
00:41:16qui n'est pas propre au Gabon.
00:41:17Nous avons utilisé
00:41:19cette période
00:41:19sur instruction
00:41:20du chef de l'État
00:41:21pour pouvoir réguler.
00:41:23Nous avons,
00:41:24en Conseil des ministres,
00:41:25adopté une réglementation
00:41:26portant encadrement
00:41:28des réseaux sociaux
00:41:29qui introduit
00:41:30trois, quatre innovations,
00:41:31je pense,
00:41:32importantes
00:41:32qui sont clés.
00:41:34La première,
00:41:34c'est de rappeler
00:41:38notre attachement
00:41:39à la démocratie.
00:41:40Le Gabon a toujours
00:41:40été un pays
00:41:41qui est attaché
00:41:42à ces sujets-là,
00:41:43à ces principes-là,
00:41:44à la liberté d'expression.
00:41:45Le sujet
00:41:46des plateformes numériques,
00:41:47ce n'est pas de dire
00:41:48qu'on ne veut pas
00:41:49que les personnes
00:41:49s'expriment.
00:41:50Les personnes peuvent
00:41:51critiquer l'action publique,
00:41:52ils sont dans leurs droits.
00:41:53Mais les plateformes numériques
00:41:54ont un effet
00:41:55d'amplification
00:41:56de la parole
00:41:57qui,
00:41:57lorsque c'est une parole
00:41:59vraie,
00:41:59ne pose aucun problème.
00:42:00mais lorsque la viralité
00:42:02de la parole
00:42:02a vocation
00:42:03à déstabiliser
00:42:04les institutions
00:42:05et à affecter
00:42:07notamment nos mineurs
00:42:08ou nos jeunes
00:42:09dont je viens
00:42:09de faire référence...
00:42:10De fait,
00:42:11pardonnez-moi,
00:42:12on a beaucoup entendu
00:42:14parler de contenu
00:42:16à même de poser
00:42:18un problème
00:42:18de sécurité nationale.
00:42:20On n'a jamais eu
00:42:20réellement d'exemple
00:42:22de ces contenus.
00:42:23Est-ce que vous auriez
00:42:25quelques exemples
00:42:26à nous donner
00:42:27très concrets ?
00:42:27Bien sûr.
00:42:28En fait,
00:42:29c'est ce que je viens
00:42:29d'évoquer.
00:42:30À partir du moment
00:42:31où vous avez
00:42:3160% de votre population
00:42:33qui a moins de 24 ans
00:42:35et qui consomme
00:42:36du contenu
00:42:37de désinformation
00:42:38de masse,
00:42:39ce que vous êtes
00:42:39en train de créer...
00:42:40Quelle désinformation ?
00:42:41Désinformation.
00:42:43Ça peut être
00:42:44sur tout sujet.
00:42:45Ça peut être
00:42:45une décision prise
00:42:46qui aurait été prise
00:42:47par le gouvernement
00:42:48qui en réalité
00:42:48n'a pas été prise.
00:42:49Mais si je ne vais pas
00:42:50vérifier sur une source
00:42:52officielle
00:42:52que la décision
00:42:53que je viens d'avoir
00:42:54est vraie,
00:42:54je pense qu'elle l'est.
00:42:56Et par conséquent,
00:42:57ça impacte mon opinion
00:42:59sur mes institutions
00:43:00et ça les décrédibilise
00:43:01et ça crée le doute.
00:43:02Donc l'ordonnance
00:43:04que nous avons prise
00:43:05en Conseil des ministres,
00:43:06c'est pour dire que
00:43:06un, il y a une cellule
00:43:07d'alerte informationnelle
00:43:08qui va faire un petit peu
00:43:10scanner les réseaux sociaux
00:43:11pour s'assurer
00:43:12que lorsqu'il y a
00:43:13une information
00:43:13qui n'est pas vraie,
00:43:14elle puisse la détecter
00:43:15et l'État puisse
00:43:16émettre une information
00:43:18qui permet de rétablir
00:43:19la vérité.
00:43:20Nous sommes juste
00:43:21dans une volonté
00:43:22de s'assurer
00:43:22que les populations
00:43:24consomment la vérité
00:43:26et pas la désinformation
00:43:27de masse
00:43:27comme c'est le cas
00:43:28sur les réseaux sociaux.
00:43:29Est-ce que vous avez
00:43:29un calendrier ?
00:43:31Est-ce que vous savez
00:43:32quand est-ce que
00:43:32les réseaux sociaux
00:43:33vont reparaître au Gabon ?
00:43:37Oui, c'est la HAC
00:43:39qui a pris la décision.
00:43:40La HAC étant une entité
00:43:41autonome et indépendante,
00:43:42je ne saurais me prononcer
00:43:44à leur place.
00:43:45Et des discussions
00:43:46ont été entamées
00:43:46avec TikTok,
00:43:48Meta, je crois.
00:43:49Où est-ce que vous en êtes
00:43:50à ce stade ?
00:43:51Est-ce que c'est vous
00:43:52qui les menez d'ailleurs ?
00:43:53Comment ça se passe ?
00:43:54Alors, c'est le cas.
00:43:56Je sais que la HAC
00:43:57a déjà échangé
00:43:57avec TikTok.
00:43:58Des approches ont déjà
00:43:59été faites avec
00:44:00la plateforme Meta.
00:44:02Je ne sais pas exactement
00:44:03où ils en sont encore
00:44:04pour l'instant.
00:44:05Et l'ordonnance
00:44:06qui a été prise
00:44:06en Conseil des ministres
00:44:07la semaine dernière
00:44:08a vocation effectivement
00:44:09à transférer
00:44:10le dialogue
00:44:12avec les plateformes
00:44:13numériques
00:44:14au ministère
00:44:15de l'économie numérique.
00:44:16Cependant,
00:44:17la régulation
00:44:18des réseaux sociaux
00:44:18incombe à la HAC
00:44:20pour justement séparer
00:44:21tout ce qui pourrait
00:44:23ressembler à...
00:44:23Mais vous,
00:44:24en tant que ministre
00:44:25de l'économie numérique,
00:44:26vous souhaitez
00:44:26une reprise
00:44:28de ces réseaux sociaux.
00:44:29C'est quand même
00:44:29encadré
00:44:30de ce que vous nous dites.
00:44:31En tout cas,
00:44:32c'est quand même
00:44:33une volonté pour vous
00:44:34d'aller relativement vite.
00:44:36Je pense que tout le monde
00:44:37veut les réseaux sociaux.
00:44:38Pas juste moi.
00:44:39On y vit.
00:44:40On a grandi maintenant
00:44:41depuis une dizaine,
00:44:42quinzaine d'années avec.
00:44:43Ça nous permet
00:44:44d'être en contact
00:44:44avec nos amis.
00:44:45Pour les jeunes
00:44:46dont vous avez fait référence,
00:44:47de pouvoir générer
00:44:49des opportunités.
00:44:51C'est notre souhait,
00:44:52mais on veut le faire
00:44:53en respectant
00:44:54désormais une réglementation.
00:44:56Il était difficile
00:44:57pour nous de demander
00:44:58aux partenaires
00:44:59de se conformer
00:44:59à nos valeurs
00:45:00si nous n'avions pas
00:45:01un référentiel juridique.
00:45:02Donc c'est une question
00:45:03de semaine ?
00:45:04C'est exact.
00:45:05C'est exact.
00:45:05Ça n'a pas vocation
00:45:06à perdurer
00:45:07puisqu'encore une fois,
00:45:08le Gabon a toujours été
00:45:10inscrit dans un esprit
00:45:12progressif
00:45:12de l'économie
00:45:13et numérique.
00:45:14Si on revient
00:45:15à l'économie,
00:45:15justement,
00:45:16est-ce que vous savez
00:45:16à peu près chiffrer
00:45:18peut-être l'éventuel impact
00:45:19économique de cette décision ?
00:45:21Parce que, de fait,
00:45:22des plateformes
00:45:23du type WhatsApp
00:45:24sont des outils
00:45:25d'échanges commerciaux
00:45:27pour certains commerçants.
00:45:29Bien sûr.
00:45:30Il y a une étude
00:45:30qui est en cours
00:45:31pour évaluer.
00:45:31On a demandé
00:45:32à certains opérateurs,
00:45:33notamment ceux
00:45:34de la téléphonie,
00:45:34de pouvoir nous dire
00:45:35un petit peu
00:45:36ce que ça fait.
00:45:37De manière informelle,
00:45:38j'ai quelques données,
00:45:38mais on attend
00:45:39qu'il y ait un rapport
00:45:40formellement édité.
00:45:42WhatsApp n'a pas été
00:45:43suspendu au Gabon.
00:45:44WhatsApp fonctionne normalement.
00:45:45Les relations
00:45:47avec les GAFAM,
00:45:48Google,
00:45:49Apple,
00:45:49Facebook,
00:45:50Amazon,
00:45:50Microsoft,
00:45:52quelles stratégies
00:45:53il faut mettre en place
00:45:55pour les encadrer ?
00:45:57Ça, c'est une chose,
00:45:59mais aussi protéger
00:46:01les données personnelles,
00:46:02protéger la souveraineté
00:46:03numérique dont on parlait,
00:46:05lutter contre les fake news
00:46:06et puis engranger
00:46:07de la fiscalité.
00:46:08Est-ce qu'il faut,
00:46:10comme pour les paris sportifs,
00:46:11est-ce qu'il faut taxer
00:46:14ces grandes plateformes
00:46:15au Gabon
00:46:16et ailleurs
00:46:17sur le continent ?
00:46:19Vous en discutez
00:46:20avec vos homologues ?
00:46:21Oui.
00:46:22Sur le dialogue,
00:46:23je pense qu'il faut faire
00:46:23ce que le Gabon a fait.
00:46:25C'est de dire
00:46:25qu'il y a un sujet important
00:46:27et il faut créer
00:46:28un sens d'urgence
00:46:29et il faut capter l'attention.
00:46:30C'est en captant l'attention
00:46:32que vous arrivez
00:46:33à créer un dialogue
00:46:35et un cadre d'échange
00:46:35qui vous permettent
00:46:36de pouvoir
00:46:37à tête reposée,
00:46:38discuter des problématiques
00:46:39fondamentales
00:46:40et je pense que c'est
00:46:41ce que nous sommes
00:46:41en train de faire
00:46:42et vraiment là-dessus,
00:46:44le Gabon a pris un risque
00:46:45parce que ce n'est pas
00:46:45forcément aisé
00:46:46de prendre ce risque
00:46:47de le faire
00:46:48mais c'est dans l'intérêt
00:46:50de tous les pays
00:46:51du continent
00:46:52et des pays en développement
00:46:54qui souffrent
00:46:54de cette problématique commune
00:46:56qui doit du coup
00:46:57être confrontée
00:46:58d'un moyen commun.
00:46:59Donc c'est là
00:47:00que nous rentrons
00:47:01dans le Gabon
00:47:01après ces mesures-là.
00:47:03J'entends le Sénégal
00:47:04prendre également
00:47:04un projet de loi
00:47:05dans ce sens-là,
00:47:06la RDC dans ce sens-là,
00:47:08l'Espagne,
00:47:09l'Australie,
00:47:10l'Union Européenne,
00:47:11nous ne sommes pas
00:47:12les premiers à vouloir
00:47:13encadrer et améliorer
00:47:14le dialogue avec
00:47:15les GAFAM.
00:47:16Donc nous nous inscrivons
00:47:17dans une trajectoire
00:47:18qui est cohérente.
00:47:19Maintenant,
00:47:20sur ce qui concerne,
00:47:21pour ajouter un dernier point
00:47:23là-dessus,
00:47:23c'est que le Gabon seul
00:47:25n'arrivera pas
00:47:26à infléchir
00:47:27une dynamique mondiale.
00:47:29Donc il faut que
00:47:29les pays africains
00:47:30et les pays des zones
00:47:31dont je viens de faire référence
00:47:32se mettent d'accord
00:47:33sur des référentiels
00:47:34réglementaires et juridiques
00:47:36communs
00:47:36pour pouvoir,
00:47:37de manière collective,
00:47:39échanger avec ces pays-là
00:47:40pour leur dire
00:47:41il est vrai que
00:47:42vous êtes des plateformes
00:47:43que vous appelez
00:47:43comme étant neutres,
00:47:44mais qu'en réalité,
00:47:45dans certains de nos pays,
00:47:46nos institutions
00:47:48politiques,
00:47:49économiques,
00:47:49sociales,
00:47:50sont plus fragiles
00:47:51que les vôtres.
00:47:52Et par conséquent,
00:47:53vous devez prendre en compte
00:47:54ces subtilités-là
00:47:56pour pouvoir vous adapter
00:47:57à notre référentiel juridique
00:47:58pour que nous puissons
00:47:59protéger nos populations.
00:48:00Et sur la taxation.
00:48:01La fiscalité, oui.
00:48:02Sur la fiscalité,
00:48:04vous savez,
00:48:05c'est un des sujets
00:48:06pour lesquels
00:48:07la justice
00:48:08ou l'injustice fiscale
00:48:10est le plus flagrant.
00:48:12Il génère des revenus
00:48:13importants
00:48:14en collectant vos données,
00:48:16en les monétisant,
00:48:17en créant même
00:48:18des plateformes
00:48:19de commerce numérique
00:48:19dans vos pays
00:48:20sans avoir d'implantation
00:48:22chez vous,
00:48:22sans créer un emploi
00:48:24chez vous.
00:48:25Toute la concentration,
00:48:26la captation de valeurs
00:48:27est centralisée
00:48:28au sein des bourses
00:48:29new-yorkaises
00:48:30avec, bien sûr,
00:48:31une concentration
00:48:32de la capitalisation boursière
00:48:33qui se fait
00:48:34au détriment de nos pays.
00:48:36Donc, vous voyez bien
00:48:36qu'il y a...
00:48:37Comment faire ?
00:48:38Je pense que pareil,
00:48:39il faut qu'avec nos pays
00:48:40pairent.
00:48:41Et d'ailleurs,
00:48:41je sais que je suis à Paris
00:48:43actuellement,
00:48:43la France a ce même problème-là.
00:48:45Donc, ce n'est pas un problème
00:48:46juste du Gabon
00:48:47ou des pays africains.
00:48:48Nous devons ensemble
00:48:49avoir une gouvernance
00:48:50de ces sujets-là
00:48:51qui nous permette
00:48:52à tous
00:48:53de mieux capter
00:48:54la juste contrepartie
00:48:56de la fiscalité
00:48:57en matière
00:48:58d'exploitation
00:48:58des plateformes numériques.
00:48:59Ça passe par quoi ?
00:49:00Ça passe par une domiciliation
00:49:01de ces entreprises
00:49:04en local ?
00:49:05Ça passe par des outils
00:49:07technologiques
00:49:08de l'État
00:49:08qui, je ne sais pas,
00:49:09permettraient de capter
00:49:10une partie
00:49:12de ces flux ?
00:49:14Oui, je pense
00:49:14qu'il y a peut-être
00:49:15deux aspects.
00:49:16La première,
00:49:16c'est une obligation
00:49:17de reporting.
00:49:18D'accord ?
00:49:19Parce que ces plateformes-là
00:49:20ne vous disent pas exactement
00:49:21ce qu'elles génèrent
00:49:22dans vos frontières.
00:49:23Lorsque vous regardez
00:49:23les états financiers,
00:49:24par exemple,
00:49:25du groupe Meta,
00:49:26vous allez voir
00:49:27qu'ils vont vous décomposer
00:49:28leurs revenus
00:49:29pour certains marchés,
00:49:30mais pour la zone Afrique,
00:49:32ils vont engrouper ça
00:49:33dans Afrique,
00:49:34Moyen-Orient,
00:49:35Amérique latine.
00:49:37D'accord ?
00:49:37Et on peut faire réalité.
00:49:38Je crois que d'ailleurs,
00:49:38j'ai regardé,
00:49:39c'est à peu près 17 milliards
00:49:40de dollars,
00:49:41mais ça ne vous dit pas
00:49:42ce qu'ils génèrent au Gabon.
00:49:43Par conséquent,
00:49:44vous n'avez pas la capacité
00:49:45de pouvoir déterminer
00:49:46votre base fiscale.
00:49:47Donc d'abord,
00:49:48c'est l'obligation
00:49:49de fragmentation
00:49:50de l'information
00:49:51et du reporting.
00:49:52Un, deux, deux,
00:49:52c'est la nécessité,
00:49:55progressivement,
00:49:56à défaut qu'ils aient
00:49:57un représentant,
00:49:58un bureau de représentation
00:49:59à Libreville,
00:50:01qu'ils en aient un
00:50:01en Afrique centrale,
00:50:03déjà,
00:50:03commencé en Afrique,
00:50:05sur lequel nous pouvons
00:50:06établir une base fiscale
00:50:07que nous pouvons capter.
00:50:09Allez,
00:50:10il faut qu'on accélère
00:50:11un peu.
00:50:12Il nous reste quelques minutes
00:50:13pour parler d'abord
00:50:14des infrastructures.
00:50:16Les data centers,
00:50:17vous avez commencé
00:50:18à en parler.
00:50:19Est-ce qu'il faut
00:50:19des data centers régionaux ?
00:50:21Est-ce qu'il faut
00:50:21un cloud africain ?
00:50:23Oui, absolument.
00:50:24Je pense qu'il faut
00:50:25un cloud africain.
00:50:26C'est vrai que traditionnellement,
00:50:28vous savez,
00:50:28le continent,
00:50:29c'est 54 pays
00:50:31qui,
00:50:32traditionnellement,
00:50:33se sont vus en compétition
00:50:34les uns avec les autres,
00:50:35alors que sur les sujets
00:50:36d'économie numérique,
00:50:38vu les niveaux d'investissement,
00:50:40vu ce que nous avons en face,
00:50:41c'est-à-dire les GAFAM,
00:50:43vu les grosses tendances
00:50:44du monde,
00:50:45on gagnerait à mutualiser
00:50:46nos moyens.
00:50:47Donc, avec les Africains
00:50:49plutôt qu'avec d'autres
00:50:50acteurs du secteur ?
00:50:51C'est ce que je pense,
00:50:52parce que qui dit data center
00:50:54dit en fait infrastructure
00:50:55de base pour tout ce qui touche
00:50:56à l'IA
00:50:57et tout ce qui touche
00:50:58à l'économie cognitive.
00:50:59Et donc, pour cela,
00:51:00on en parle souvent
00:51:01dans les médias,
00:51:03l'IA nécessite quand même
00:51:05des données locales
00:51:06qui reflètent la culture locale,
00:51:08la pensée locale,
00:51:09pour pouvoir neutraliser
00:51:10les billets qui se retrouvent
00:51:11dans les IA extérieurs.
00:51:13Là aussi, dans l'intelligence artificielle,
00:51:15il y a un enjeu de régulation.
00:51:17Vous meniez, il y a quelques mois,
00:51:19des réflexions sur la façon
00:51:21dont le Gabon peut et doit réguler l'IA,
00:51:24entre une régulation rigide,
00:51:26la maîtrise totale des données,
00:51:29etc.,
00:51:29ou une approche plus ouverte.
00:51:31Est-ce que vous avez tranché ?
00:51:35Je pense que nous n'avons toujours
00:51:38pas à réguler l'IA.
00:51:39Par contre, nous sommes en train
00:51:41de créer une direction générale
00:51:42de l'innovation numérique
00:51:43et de l'intelligence artificielle
00:51:44qui a justement vocation
00:51:46à se concentrer sur ce sujet-là.
00:51:48Ce qui est certain,
00:51:49c'est qu'actuellement,
00:51:50l'absence de régulation
00:51:51fait que nous consommons
00:51:53des IA extérieurs.
00:51:54Et donc, nous sommes en train
00:51:55d'alimenter des algorithmes extérieurs,
00:51:57d'enrichir la base de données extérieure
00:52:00et de nous créer un problème
00:52:01à moyen-long terme
00:52:02qui est que notre capacité
00:52:04à développer notre IA
00:52:06sera confrontée à une IA extérieure
00:52:09qui sera de plus en plus performante
00:52:10face à nos caractéristiques locales.
00:52:13Donc, il faut le réguler,
00:52:15il faut le faire d'un commun accord.
00:52:17J'ai cru comprendre que Smart Africa
00:52:18a créé le Conseil africain
00:52:20de l'intelligence artificielle
00:52:22et donc ça fait partie des sujets
00:52:24qui sont traités de manière collective,
00:52:26le Gabon faisant partie de Smart Africa.
00:52:27Il y a un fonds africain
00:52:29qui est lancé
00:52:30ou en tout cas imaginé
00:52:32depuis quelques mois.
00:52:32Où est-ce qu'on en est ?
00:52:34Est-ce que ça progresse, cette idée ?
00:52:35Il faut y aller.
00:52:36Ça progresse.
00:52:37Il faut y aller
00:52:38parce qu'encore une fois,
00:52:39comme j'ai eu à le dire par le passé,
00:52:41nos pays ont des pressions fortes
00:52:44en matière d'infrastructures de base
00:52:46à caractère énergétique,
00:52:47à caractère de transport,
00:52:48à caractère social.
00:52:49Donc, il est souvent difficile
00:52:51de convaincre nos populations
00:52:52que c'est dans l'IA
00:52:53et dans les data centers
00:52:54qu'il faut investir.
00:52:56Donc, oui,
00:52:57il faut mutualiser nos moyens
00:52:58pour que l'espace budgétaire commun
00:53:00permette de faire face
00:53:01à des problématiques
00:53:02d'intérêt général.
00:53:03Et est-ce que le combat
00:53:04peut être gagné ?
00:53:05Je vois, il y a un acteur
00:53:08comme OpenAI
00:53:09qui édite le fameux outil
00:53:11ChatGPT.
00:53:12Ils ont développé un outil
00:53:14pour les États,
00:53:16pour les gouvernements.
00:53:17Ils essayent de...
00:53:19Ils démarchent pas mal
00:53:20de gouvernements actuellement,
00:53:22notamment le Nigeria.
00:53:23Est-ce que vous,
00:53:24ils vous ont approché ?
00:53:25Comment vous envisagez
00:53:27la coopération
00:53:28avec ce type d'acteurs ?
00:53:31On n'a pas encore
00:53:32eu d'échange avec OpenAI.
00:53:33Mais je peux exprimer
00:53:35une opinion sur le sujet.
00:53:36Vous avez les IA américaines
00:53:39qui opèrent en circuit fermé.
00:53:41Et après, vous avez les IA
00:53:43d'autres pays,
00:53:44notamment la Chine entre autres,
00:53:45qui opèrent des systèmes
00:53:46d'IA à circuit ouvert.
00:53:48Donc, ce qu'on appelle
00:53:48un open source.
00:53:49Et donc, ils viennent en vous disant,
00:53:50bon, il y a des parties
00:53:51de notre LLM, d'accord ?
00:53:54Qui peuvent...
00:53:55Qui sont déjà là.
00:53:55Mais vous, vous venez
00:53:56pour ajouter de la valeur
00:53:58et le customiser
00:53:59et l'adapter à votre contexte.
00:54:01Donc, la question
00:54:02qu'on doit se poser,
00:54:02c'est est-ce que nous avons
00:54:03l'intérêt
00:54:04et est-ce que c'est opportun
00:54:06de développer un système
00:54:08de langage
00:54:10de départ, de zéro ?
00:54:11D'accord ?
00:54:12Ou est-ce qu'on utilise
00:54:12un modèle open source ?
00:54:14Mais ce qui est certain,
00:54:14c'est qu'utiliser OpenAI
00:54:16pour lequel ils n'ont pas
00:54:18du tout l'intention
00:54:19à court, moyen, long terme
00:54:20d'ouvrir et de partager
00:54:22leurs données
00:54:22et de partager leur accès
00:54:24à leur LLM de base,
00:54:26je pense que ce n'est pas
00:54:27forcément la route
00:54:27qu'il faut prendre.
00:54:28Il faut beaucoup plus aller
00:54:29sur un modèle open source.
00:54:30La question des infrastructures,
00:54:32de la connectivité,
00:54:34est-ce que Elon Musk
00:54:36fait partie de vos partenaires ?
00:54:37Starlink,
00:54:38est-ce que vous avez
00:54:39des discussions directes
00:54:42avec eux ?
00:54:43On sait que, voilà,
00:54:44dans un pays comme le Gabon,
00:54:47mettre en place
00:54:48des antennes
00:54:49de téléphones immobiles,
00:54:50c'est un défi,
00:54:51les chantiers sont
00:54:52extrêmement nombreux ?
00:54:53Oui, alors à travers
00:54:54le régulateur gabonais
00:54:56qui s'appelle l'ARCEP,
00:54:57les échanges se font
00:54:58avec Starlink
00:54:58et avec d'autres
00:54:59opérateurs satellitaires.
00:55:01Vous savez,
00:55:01il y a des pays
00:55:01comme le Gabon
00:55:02où vous avez 88%
00:55:03du territoire
00:55:04qui sont couverts
00:55:05par la forêt primaire.
00:55:06Et donc,
00:55:07ça n'a absolument aucun sens
00:55:08de développer la fibre optique
00:55:10dans ces endroits-là,
00:55:11mais pourtant,
00:55:11vous avez de l'activité économique
00:55:13puisque vous avez
00:55:13des forestiers,
00:55:14notamment, entre autres.
00:55:16Donc, l'idée,
00:55:17c'est de pouvoir déployer
00:55:18la fibre optique davantage.
00:55:19Nous avons actuellement
00:55:211800 km de fibre optique
00:55:22installée,
00:55:23bon, sur 6400.
00:55:24Donc, il y a un effort
00:55:25supplémentaire
00:55:26que nous devons faire,
00:55:27mais la coupler
00:55:28avec du satellitaire
00:55:29dans les zones
00:55:30dans lesquelles,
00:55:31économiquement parlant,
00:55:32il serait plus intéressant
00:55:33d'avoir un partenaire
00:55:34comme Starlink
00:55:35ou comme OneWeb
00:55:36venir s'implanter.
00:55:37Pour terminer,
00:55:39Marc-Alexandre Doumbaïno...
00:55:40D'ailleurs, sur ce sujet,
00:55:41on a lancé un programme
00:55:43de Wi-Fi dans le train,
00:55:44donc sur 700 km,
00:55:46sur la base, justement,
00:55:47d'un Internet basé
00:55:48sur le satellite
00:55:49qui permet la connectivité
00:55:50de Libreville à Franceville.
00:55:52Il nous reste
00:55:53peu de temps maintenant.
00:55:55Quelques questions
00:55:56un peu plus personnelles.
00:55:58Pour terminer,
00:55:59Marc-Alexandre Doumba,
00:56:00vous avez donc eu
00:56:01une carrière dans le privé
00:56:03avant de vous lancer
00:56:05en politique.
00:56:06On sait que ce passage
00:56:07n'est pas toujours évident,
00:56:09que ça peut parfois
00:56:10provoquer des critiques,
00:56:12parfois même,
00:56:13dans certains cas,
00:56:14des soupçons.
00:56:17Comment vous avez vécu
00:56:19ce passage
00:56:20et qu'est-ce que ça veut dire
00:56:22pour vous,
00:56:22vous qui avez été
00:56:23à la tête d'entreprise,
00:56:24est-ce qu'il faut les vendre,
00:56:25tirer un trait sur ce passé ?
00:56:27Oui.
00:56:27Je pense que c'est un phénomène
00:56:29qui sera de plus en plus fréquent
00:56:32parce que la...
00:56:35Je pense qu'il y a de plus en plus
00:56:36d'Africains
00:56:37qui sont peut-être
00:56:38dans le secteur privé
00:56:39et qui veulent participer
00:56:40à l'effort collectif.
00:56:42Ils le font bien sûr
00:56:43en tant qu'opérateurs privés,
00:56:44en tant qu'entrepreneurs,
00:56:45en tant que salariés
00:56:46dans une entreprise privée.
00:56:48Mais ils peuvent se dire
00:56:49qu'un passage
00:56:49dans le secteur public,
00:56:50dans la haute administration,
00:56:52peut également être
00:56:53un passage complémentaire
00:56:55à leurs activités
00:56:56et également le moyen
00:56:57de participer,
00:56:58de contribuer
00:56:59à leur expertise privée
00:57:00dans la mission
00:57:00de service public.
00:57:01Donc, je pense que
00:57:02c'est un phénomène
00:57:03qui se fera de plus en plus
00:57:04et que d'ailleurs
00:57:05j'encourage davantage.
00:57:07Maintenant,
00:57:08être salarié
00:57:09dans le secteur privé
00:57:10ou être entrepreneur,
00:57:11chef d'entreprise,
00:57:12fondateur d'une entreprise
00:57:12peut créer effectivement
00:57:14des défis différents.
00:57:16D'accord ?
00:57:17Parce que quand vous rentrez
00:57:18dans l'administration publique,
00:57:19vous avez des intérêts
00:57:20dans une société
00:57:21qui continue d'exister
00:57:22puisque cette société,
00:57:23ce n'est pas vous,
00:57:24c'est une personne morale,
00:57:26juridiquement distingue de vous,
00:57:28mais pour lequel souvent
00:57:29dans certains environnements,
00:57:30donne la perception
00:57:32que c'est encore vous.
00:57:33Alors que pourtant,
00:57:34il y a bien une limitation
00:57:35juridique et réglementaire
00:57:36qui existe.
00:57:37Et donc, à terme,
00:57:38je pense que l'effervescence
00:57:40et l'accroissement
00:57:41de ce type de phénomène
00:57:42fera que nous régulerons
00:57:43cela avec beaucoup plus attention.
00:57:45Et alors,
00:57:45avoir un parcours
00:57:47dans le privé
00:57:47avant d'arriver
00:57:48dans le public,
00:57:49ça peut être aussi
00:57:49une certaine richesse.
00:57:51Qu'est-ce que vous avez
00:57:51transposé de vos pratiques
00:57:53du privé
00:57:54dans le public ?
00:57:56Oui, je pense que
00:57:57c'est bien
00:57:58d'arriver du privé
00:57:59et d'aller dans le public.
00:58:00Je pense que le privé
00:58:02met l'accent
00:58:02sur les résultats
00:58:03et c'est quelque chose
00:58:04par exemple
00:58:05qu'au Gabon,
00:58:05le chef de l'État
00:58:06met en avant tout le temps,
00:58:07très orienté résultat.
00:58:09Donc, si vous êtes déjà
00:58:09de culture orientée résultat,
00:58:12il n'y a pas de problème
00:58:12d'adaptation.
00:58:13Si vous ne venez pas de ça,
00:58:15par contre,
00:58:15je pense que les derniers mois
00:58:16ont dû être difficiles
00:58:17pour certains.
00:58:18Donc, je dirais que
00:58:20la culture du résultat
00:58:21est importante.
00:58:22Je dirais que
00:58:23l'efficacité,
00:58:24la rapidité d'exécution,
00:58:26pouvoir parler le langage
00:58:28du secteur privé
00:58:28parce que nos pays
00:58:29ont de plus en plus
00:58:30besoin de faire recours
00:58:32au partenariat public-privé
00:58:33à séduire
00:58:34l'investissement privé,
00:58:36local ou étranger.
00:58:37Et donc,
00:58:38il faut comprendre
00:58:38ce qui anime,
00:58:39ce qui influence
00:58:40les décisions
00:58:41d'un dirigeant d'entreprise
00:58:42ou d'un investisseur étranger.
00:58:43On a besoin
00:58:44de cette traduction
00:58:45et de traducteurs
00:58:46au sein de l'appareil étatique.
00:58:48Donc, vous préférez
00:58:48retenir ça,
00:58:50ce côté positif
00:58:50plutôt que les critiques
00:58:51que ça peut engendrer ?
00:58:53Oui, vous savez,
00:58:53il faut toujours voir
00:58:54le verre à moitié plein
00:58:55plutôt qu'à moitié vide.
00:58:57Et puis,
00:58:57c'est une mission
00:58:58d'intérêt public.
00:58:59Donc,
00:58:59j'y suis attaché.
00:59:00Puisque l'on parle
00:59:01de transposition,
00:59:03de l'état d'esprit,
00:59:04de performance,
00:59:06vous avez donc
00:59:07ce passé
00:59:08de tennisman
00:59:09de haut niveau.
00:59:10C'était dans le milieu
00:59:12universitaire aux Etats-Unis.
00:59:13De plus en plus
00:59:14de sportifs
00:59:14dans le monde
00:59:16se lancent en politique.
00:59:17On se souvient
00:59:18de George Weah,
00:59:19mais il y en a eu
00:59:20bien d'autres.
00:59:21en quoi ça peut aider
00:59:23selon vous ?
00:59:24Est-ce que la politique
00:59:25est un sport
00:59:25de haut niveau ?
00:59:26Absolument.
00:59:27Et ça ne pouvait pas
00:59:28être me dit d'ailleurs.
00:59:29Je pense totalement
00:59:31parce que le sport
00:59:32vous apprend
00:59:33la discipline,
00:59:34la constance.
00:59:35Et le tennis
00:59:36a quelque chose
00:59:36de particulier.
00:59:38Je me souviens
00:59:39d'un interview
00:59:39de Roger Federer
00:59:40où il disait
00:59:40que dans sa carrière,
00:59:41il a gagné 54%
00:59:43des points qu'il a joués.
00:59:44Ça veut dire
00:59:45qu'il a quand même
00:59:45perdu presque
00:59:46un point sur deux.
00:59:47Et pourtant,
00:59:48il a gagné
00:59:4920 grands chelèmes.
00:59:49il a eu la carrière
00:59:50qu'il a eue.
00:59:51Donc c'est pour dire
00:59:52qu'en fait,
00:59:52ce n'est pas parce que
00:59:53vous perdez un point
00:59:54que vous avez perdu
00:59:54le set
00:59:55ou vous avez perdu
00:59:55le match.
00:59:56Et donc,
00:59:57il faut être résilient
00:59:58et c'est ce que
00:59:58le port apprend.
00:59:59La résilience,
01:00:00la discipline,
01:00:01l'endurance.
01:00:02Et je pense que
01:00:03ce sont des états d'esprit
01:00:04qui servent énormément
01:00:05lorsqu'on se retrouve
01:00:06en position
01:00:06dans l'administration publique
01:00:08où vous êtes constamment
01:00:10dans des matchs
01:00:10à pouvoir pousser
01:00:11une réforme,
01:00:12à vouloir lancer
01:00:13un projet.
01:00:14Et chaque action
01:00:14et décision que vous prenez
01:00:15ou réforme que vous lancez
01:00:17remet en cause des intérêts
01:00:18et vous mettez face
01:00:19à une résistance
01:00:20auprès de laquelle
01:00:21ou contre laquelle
01:00:21il ne faut absolument
01:00:22pas abandonner.
01:00:24Et alors,
01:00:24le duel de votre époque
01:00:26est fini,
01:00:26celui fédéré à Nadal.
01:00:28Il y en a un nouveau
01:00:28aujourd'hui.
01:00:29Est-ce que vous êtes
01:00:29plutôt Siner
01:00:30ou Alcaraz ?
01:00:31Je dois reconnaître
01:00:32que j'ai quand même
01:00:32plus Alcaraz.
01:00:34Mais il y a beaucoup
01:00:34de respect et de considération
01:00:36pour Yannick Siner.
01:00:37Serena Williams
01:00:38qui pourrait y revenir.
01:00:40C'est quelque chose
01:00:41qui intéresse en tout cas.
01:00:43Il paraît.
01:00:43On va observer.
01:00:44On va voir.
01:00:45On va voir.
01:00:45Un très grand merci
01:00:46Marc-Alexandre Doumba
01:00:48d'avoir été notre invité.
01:00:49Merci beaucoup Bruno.
01:00:50Merci beaucoup
01:00:51Quentin Stens.
01:00:51Merci plaisir.
01:00:52Grand invité de l'économie
01:00:53RFI Jeune Afrique.
01:00:55Merci Quentin Veluet.
01:00:57Votre article est à lire
01:00:58sur jeuneafrique.com.
01:01:00L'émission est en vidéo
01:01:01sur nos chaînes YouTube.
01:01:03Et merci à nos équipes
01:01:05de réalisation
01:01:06Steven Elsley
01:01:07et Guillaume Nudo.
01:01:10Sous-titrage Société Radio-Canada
01:01:17Sous-titrage Société Radio-Canada
01:01:17Sous-titrage Société Radio-Canada
01:01:21Sous-titrage Société Radio-Canada
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