00:00Il y a en effet quelques jours, j'ai pris la décision de demander
00:04au groupe aéronaval de venir en Méditerranée orientale.
00:08Pourquoi ? Parce qu'il y a maintenant une semaine,
00:10la guerre a commencé dans la région.
00:12Les frappes d'Israël et des Etats-Unis d'Amérique sur l'Iran,
00:17les répliques de l'Iran et les bombardements de beaucoup de pays
00:20de la région, beaucoup étant liés à nous-mêmes.
00:24Et donc faire revenir le porte-avions avec l'ensemble des frégates
00:28qui l'accompagnent, avoir l'ensemble de ses forces,
00:31c'est à la fois pour nous une évidence et ce qui va nous permettre d'agir.
00:36D'abord parce que nous avons des ressortissants dans la région.
00:40On a ces derniers jours et encore ces dernières heures permis à beaucoup
00:43de nos compatriotes de passage en vacances ou les plus vulnérables
00:46de revenir à travers des rotations militaires, des avions affrétés
00:50et l'ouverture d'avions de compagnie aérienne de la région.
00:56Néanmoins, nous pouvons être confrontés à des situations d'urgence
00:59et il est important de pouvoir opérer.
01:02Et donc le porte-avions avec aussi des portes-hélicoptères amphibies,
01:09nous allons en déployer deux au total dans l'ensemble de ces opérations,
01:13et les frégates vont nous permettre, en lien avec les autres Européens,
01:17d'organiser, de prévoir, de planifier des opérations d'évacuation
01:20ou de rapatriement s'ils devaient y en avoir.
01:23Ça, c'est la première chose, protéger nos compatriotes
01:26dans une région qui s'est embrasée.
01:30La deuxième chose, c'est que nous avons des accords de défense
01:33avec beaucoup de pays qui sont aujourd'hui attaqués.
01:37Alors on a réagi tout de suite, on a envoyé des rafales,
01:40des systèmes de défense antiaérien.
01:42Vous étiez ce matin à Chypre, on a vu les systèmes Mistral,
01:45on a envoyé plusieurs autres, à Chypre évidemment,
01:49aux Émirats arabes unis, au Qatar, Koweït, Arabie saoudite.
01:55On envoie aussi des systèmes en Jordanie ou en Irak
01:57pour les aider à se protéger.
02:00Et l'ensemble des moyens maritimes que nous sommes en train de déployer
02:03vont peut-être participer à ces missions purement défensives.
02:06On est aux côtés de nos amis et de nos alliés.
02:09Et puis la troisième chose, c'est la liberté de navigation
02:12et la sûreté maritime, c'est de permettre la libre circulation
02:17de ce qui fait le commerce international
02:19et de ce qui fait aussi la circulation du pétrole et du gaz.
02:26Et là-dessus, avec notre porte-avions
02:28et les moyens qui se déploient autour,
02:30on se donne des options pour pouvoir intervenir le moment voulu.
02:33D'abord, donc, assurer la libre circulation en Méditerranée orientale.
02:37C'est pour ça que dans un premier temps,
02:38il rejoindra la frégate Languedoc,
02:40qui depuis plusieurs jours est déployée au large de Chypre.
02:43Ensuite, la circulation en mer Rouge,
02:45du canal de Suez à Bab-el-Mandeb.
02:48Et là, nous avons une mission qui est structurée
02:50parmi les Européens, qui s'appelle la mission Aspides.
02:53Et donc cette mission, nous y déléguerons environ deux frégates.
02:57En tout cas, on a prévu dans la durée de pouvoir faire cela.
03:00Elle est coordonnée par nos amis grecs
03:02et on est avec les Italiens, les Grecs,
03:05les Néerlandais, plusieurs autres.
03:06Et elle permet d'escorter les bateaux.
03:09Aujourd'hui, les portes-conteneurs qui passent ne sont pas menacées.
03:13Il y a 18 mois de cela, il l'était.
03:14On escortait ces portes-conteneurs.
03:16On se met en situation de le faire
03:17s'il y avait une reprise de l'hostilité,
03:21en particulier parce que là, ce sont les Houthis,
03:23qui, comme vous le savez,
03:24sont des groupes terroristes proches de l'Iran,
03:27qui pourraient reprendre leurs activités.
03:30Et puis, le troisième théâtre important
03:32pour la liberté de circulation,
03:34c'est le fameux détroit d'Hormuz.
03:36Il est aujourd'hui, de fait, fermé.
03:38Ça fait partie des choses que j'ai demandé hier
03:41au président Pézéchian,
03:43le président de la République islamique d'Iran.
03:45Aujourd'hui, les frappes ne permettent pas
03:47d'envisager une réouverture à court terme.
03:49C'est un théâtre de guerre.
03:50Mais quand les circonstances le permettront,
03:53ce que nous sommes en train de concevoir,
03:55c'est, au fond, une mission intergouvernementale,
04:01c'est-à-dire avec plusieurs pays,
04:03on a plusieurs Européens qui sont prêts à le faire avec nous.
04:06On a les Indiens, à qui on en a parlé,
04:08on a d'autres pays asiatiques qui sont frappés
04:10par les conséquences de ce qui se passe.
04:12Et l'objectif, ce serait,
04:14quand il y a une baisse de ces conflits,
04:16de manière totalement pacifique,
04:18de pouvoir escorter des tanqueurs,
04:22des portes-conteneurs,
04:23et de rouvrir la route du gaz et du pétrole
04:27en sortie d'Hormuz pour aller alimenter les marchés mondiaux,
04:29et puis la route aussi des portes-conteneurs
04:31pour alimenter beaucoup de pays de la religion
04:33qui, aujourd'hui, sont en train de manquer
04:36de certaines denrées ou de certains éléments.
04:38Et là, les charles de Gaulle pourraient intervenir.
04:40C'est une mission, par exemple, qu'il a accomplie,
04:41en tout cas son prédécesseur, il y a maintenant 40 ans,
04:44dans ce qu'on a appelé la guerre des tanqueurs.
04:46Il ne le ferait pas seul,
04:47ça se ferait avec plusieurs autres pays,
04:49et ça se ferait dans un moment où, en tout cas,
04:52le cadre doit être clair avec les parties prenantes.
04:54Ce n'est pas dans une mission offensive,
04:56c'est dans une mission d'accompagnement.
04:58Au moment où je vous parle, les conditions ne sont pas remplies,
05:00mais nous nous mettons en situation
05:02de pouvoir le faire en temps voulu.
05:05Nous nous mettons en situation de pouvoir durer,
05:08et je pense que rien n'indique que cette guerre
05:10cessera dans les jours à venir.
05:12Et donc cette guerre, je pense, durera à coup sûr,
05:15dans cette phase intense, en tout cas, plusieurs jours,
05:18peut-être plusieurs semaines,
05:20et tout dépend aussi de la clarification
05:22que les uns et les autres font sur leur objectif final,
05:25et au fond ce qu'on appelle l'effet final recherché.
05:29Je ne pense pas qu'on puisse avoir des changements profonds
05:34de régime, de système politique uniquement par des bombardements.
05:38Par contre, si l'effet final recherché est de neutraliser
05:42les capacités balistiques et de marines,
05:45c'est possible dans un temps de quelques semaines.
05:48Pour la France, quel est l'objectif ?
05:50Nous, nous ne faisons pas partie de cette offensive.
05:54Nous, notre objectif, c'est d'abord de protéger
05:56nos ressortissants, je vous l'ai dit,
05:58et nous nous mettons en situation de pouvoir les protéger
06:01pour des semaines, des mois, si c'était nécessaire.
06:04Ensuite, c'est d'être aux côtés des pays
06:07qui sont nos alliés, nos amis,
06:09s'ils devaient encore être sous la pression et sous le feu.
06:13Et c'est tout particulièrement,
06:15ce qui pour la Méditerranée orientale est clé,
06:18de nous mettre en situation aussi,
06:20d'aider le Liban qui est sous une forte pression aujourd'hui.
06:23Et puis, la troisième chose,
06:25c'est d'assurer ces missions dans la durée
06:27de liberté de circulation et de sûreté maritime.
06:31Il y a des risques d'escalade aujourd'hui qui existent,
06:34en tout cas, c'est clair.
06:36Des risques d'escalade géographique,
06:39des risques d'escalade quand je vois que ces derniers jours,
06:41des infrastructures ont été touchées,
06:43en particulier des usines de désalinisation,
06:47en plus des moyens aussi de production d'hydrocarbures.
06:51Et donc, tout ça montre que la situation
06:54demeure extrêmement volatile, elle est fragile.
06:56C'est aussi pour ça qu'au-delà de ces missions
06:59strictement défensives que la France assure,
07:01auxquelles elle contribue avec ses partenaires,
07:04nous voulons coordonner les choses au niveau économique.
07:08La France, comme vous le savez,
07:09depuis le 1er janvier à la présidence du G7,
07:12s'est tenue aujourd'hui une réunion des ministres des Finances.
07:14Demain, une coordination se fera entre les ministres de l'Energie.
07:17J'ai proposé qu'on ait une coordination
07:18entre chefs d'Etat et de gouvernement
07:21pour pouvoir, là aussi,
07:23essayer d'optimiser les choses
07:25avec nos réserves stratégiques,
07:27avec des prises de décisions coordonnées,
07:29d'essayer d'atténuer l'impact
07:32sur les prix du gaz et du pétrole,
07:34autant que nous le pouvons.
07:35D'abord, il y a une coordination à faire.
07:37Il est important, au-delà du G7,
07:39même plus largement,
07:40que les pays coopèrent,
07:42toutes les mesures de restriction de l'export
07:44créent des problèmes
07:45parce qu'elles disloquent un peu le marché mondial
07:48et donc elles créent des emballements de prix
07:50par notre coordination,
07:51qu'on puisse réduire la volatilité
07:54et les effets de spéculation.
07:56Et ensuite, les pays du G7
07:58ont en effet des réserves stratégiques.
08:01Elles sont faites pour ça,
08:02pour piloter les choses dans les moments de tension.
08:04Donc il faudra le faire
08:06avec les éléments objectifs
08:08qui nous seront donnés
08:08par l'Agence internationale de l'énergie
08:10et en étant coordonnées.
08:12Mais je pense qu'on s'oriente,
08:13en tout cas,
08:14vers des mesures techniques de cet ordre.
08:15Je veux dire aux Français
08:17que la France,
08:18dans ce grand désordre de la région,
08:22opère avec calme, méthode,
08:25au service de la protection de ses ressortissants,
08:29en partenariat avec ses alliés
08:31et de manière strictement défensive.
08:33Il y a le lot d'incertitudes
08:35qui va avec un tel conflit.
08:36La France n'a pas déclenché ce conflit.
08:38Elle n'y est pas partie prenante.
08:40Mais nous agissons là
08:42comme puissance de paix,
08:43puissance d'équilibre.
08:44On défend les nôtres.
08:45On est aux côtés de nos amis.
08:47Voilà le cadre strict
08:48dans lequel nous opérons aujourd'hui.
08:49Sous-titrage Société Radio-Canada
08:51Sous-titrage Société Radio-Canada
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