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  • il y a 13 heures
"Cette guerre, je pense, durera à coup sûr, dans cette phase intense, en tout cas plusieurs jours, peut-être plusieurs semaines (...) Je ne pense pas qu'on puisse avoir des changements profonds de régimes uniquement par des bombardements", estime le président français Emmanuel Macron, lors d'un déplacement sur le porte-avions Charles de Gaulle en Méditerranée après avoir évoqué à Chypre une future mission internationale "purement défensive" pour "rouvrir" le détroit d'Ormuz, dans le cadre d'un important déploiement militaire français autour du conflit au Moyen-Orient.

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Transcription
00:00Il y a en effet quelques jours, j'ai pris la décision de demander
00:04au groupe aéronaval de venir en Méditerranée orientale.
00:08Pourquoi ? Parce qu'il y a maintenant une semaine,
00:10la guerre a commencé dans la région.
00:12Les frappes d'Israël et des Etats-Unis d'Amérique sur l'Iran,
00:17les répliques de l'Iran et les bombardements de beaucoup de pays
00:20de la région, beaucoup étant liés à nous-mêmes.
00:24Et donc faire revenir le porte-avions avec l'ensemble des frégates
00:28qui l'accompagnent, avoir l'ensemble de ses forces,
00:31c'est à la fois pour nous une évidence et ce qui va nous permettre d'agir.
00:36D'abord parce que nous avons des ressortissants dans la région.
00:40On a ces derniers jours et encore ces dernières heures permis à beaucoup
00:43de nos compatriotes de passage en vacances ou les plus vulnérables
00:46de revenir à travers des rotations militaires, des avions affrétés
00:50et l'ouverture d'avions de compagnie aérienne de la région.
00:56Néanmoins, nous pouvons être confrontés à des situations d'urgence
00:59et il est important de pouvoir opérer.
01:02Et donc le porte-avions avec aussi des portes-hélicoptères amphibies,
01:09nous allons en déployer deux au total dans l'ensemble de ces opérations,
01:13et les frégates vont nous permettre, en lien avec les autres Européens,
01:17d'organiser, de prévoir, de planifier des opérations d'évacuation
01:20ou de rapatriement s'ils devaient y en avoir.
01:23Ça, c'est la première chose, protéger nos compatriotes
01:26dans une région qui s'est embrasée.
01:30La deuxième chose, c'est que nous avons des accords de défense
01:33avec beaucoup de pays qui sont aujourd'hui attaqués.
01:37Alors on a réagi tout de suite, on a envoyé des rafales,
01:40des systèmes de défense antiaérien.
01:42Vous étiez ce matin à Chypre, on a vu les systèmes Mistral,
01:45on a envoyé plusieurs autres, à Chypre évidemment,
01:49aux Émirats arabes unis, au Qatar, Koweït, Arabie saoudite.
01:55On envoie aussi des systèmes en Jordanie ou en Irak
01:57pour les aider à se protéger.
02:00Et l'ensemble des moyens maritimes que nous sommes en train de déployer
02:03vont peut-être participer à ces missions purement défensives.
02:06On est aux côtés de nos amis et de nos alliés.
02:09Et puis la troisième chose, c'est la liberté de navigation
02:12et la sûreté maritime, c'est de permettre la libre circulation
02:17de ce qui fait le commerce international
02:19et de ce qui fait aussi la circulation du pétrole et du gaz.
02:26Et là-dessus, avec notre porte-avions
02:28et les moyens qui se déploient autour,
02:30on se donne des options pour pouvoir intervenir le moment voulu.
02:33D'abord, donc, assurer la libre circulation en Méditerranée orientale.
02:37C'est pour ça que dans un premier temps,
02:38il rejoindra la frégate Languedoc,
02:40qui depuis plusieurs jours est déployée au large de Chypre.
02:43Ensuite, la circulation en mer Rouge,
02:45du canal de Suez à Bab-el-Mandeb.
02:48Et là, nous avons une mission qui est structurée
02:50parmi les Européens, qui s'appelle la mission Aspides.
02:53Et donc cette mission, nous y déléguerons environ deux frégates.
02:57En tout cas, on a prévu dans la durée de pouvoir faire cela.
03:00Elle est coordonnée par nos amis grecs
03:02et on est avec les Italiens, les Grecs,
03:05les Néerlandais, plusieurs autres.
03:06Et elle permet d'escorter les bateaux.
03:09Aujourd'hui, les portes-conteneurs qui passent ne sont pas menacées.
03:13Il y a 18 mois de cela, il l'était.
03:14On escortait ces portes-conteneurs.
03:16On se met en situation de le faire
03:17s'il y avait une reprise de l'hostilité,
03:21en particulier parce que là, ce sont les Houthis,
03:23qui, comme vous le savez,
03:24sont des groupes terroristes proches de l'Iran,
03:27qui pourraient reprendre leurs activités.
03:30Et puis, le troisième théâtre important
03:32pour la liberté de circulation,
03:34c'est le fameux détroit d'Hormuz.
03:36Il est aujourd'hui, de fait, fermé.
03:38Ça fait partie des choses que j'ai demandé hier
03:41au président Pézéchian,
03:43le président de la République islamique d'Iran.
03:45Aujourd'hui, les frappes ne permettent pas
03:47d'envisager une réouverture à court terme.
03:49C'est un théâtre de guerre.
03:50Mais quand les circonstances le permettront,
03:53ce que nous sommes en train de concevoir,
03:55c'est, au fond, une mission intergouvernementale,
04:01c'est-à-dire avec plusieurs pays,
04:03on a plusieurs Européens qui sont prêts à le faire avec nous.
04:06On a les Indiens, à qui on en a parlé,
04:08on a d'autres pays asiatiques qui sont frappés
04:10par les conséquences de ce qui se passe.
04:12Et l'objectif, ce serait,
04:14quand il y a une baisse de ces conflits,
04:16de manière totalement pacifique,
04:18de pouvoir escorter des tanqueurs,
04:22des portes-conteneurs,
04:23et de rouvrir la route du gaz et du pétrole
04:27en sortie d'Hormuz pour aller alimenter les marchés mondiaux,
04:29et puis la route aussi des portes-conteneurs
04:31pour alimenter beaucoup de pays de la religion
04:33qui, aujourd'hui, sont en train de manquer
04:36de certaines denrées ou de certains éléments.
04:38Et là, les charles de Gaulle pourraient intervenir.
04:40C'est une mission, par exemple, qu'il a accomplie,
04:41en tout cas son prédécesseur, il y a maintenant 40 ans,
04:44dans ce qu'on a appelé la guerre des tanqueurs.
04:46Il ne le ferait pas seul,
04:47ça se ferait avec plusieurs autres pays,
04:49et ça se ferait dans un moment où, en tout cas,
04:52le cadre doit être clair avec les parties prenantes.
04:54Ce n'est pas dans une mission offensive,
04:56c'est dans une mission d'accompagnement.
04:58Au moment où je vous parle, les conditions ne sont pas remplies,
05:00mais nous nous mettons en situation
05:02de pouvoir le faire en temps voulu.
05:05Nous nous mettons en situation de pouvoir durer,
05:08et je pense que rien n'indique que cette guerre
05:10cessera dans les jours à venir.
05:12Et donc cette guerre, je pense, durera à coup sûr,
05:15dans cette phase intense, en tout cas, plusieurs jours,
05:18peut-être plusieurs semaines,
05:20et tout dépend aussi de la clarification
05:22que les uns et les autres font sur leur objectif final,
05:25et au fond ce qu'on appelle l'effet final recherché.
05:29Je ne pense pas qu'on puisse avoir des changements profonds
05:34de régime, de système politique uniquement par des bombardements.
05:38Par contre, si l'effet final recherché est de neutraliser
05:42les capacités balistiques et de marines,
05:45c'est possible dans un temps de quelques semaines.
05:48Pour la France, quel est l'objectif ?
05:50Nous, nous ne faisons pas partie de cette offensive.
05:54Nous, notre objectif, c'est d'abord de protéger
05:56nos ressortissants, je vous l'ai dit,
05:58et nous nous mettons en situation de pouvoir les protéger
06:01pour des semaines, des mois, si c'était nécessaire.
06:04Ensuite, c'est d'être aux côtés des pays
06:07qui sont nos alliés, nos amis,
06:09s'ils devaient encore être sous la pression et sous le feu.
06:13Et c'est tout particulièrement,
06:15ce qui pour la Méditerranée orientale est clé,
06:18de nous mettre en situation aussi,
06:20d'aider le Liban qui est sous une forte pression aujourd'hui.
06:23Et puis, la troisième chose,
06:25c'est d'assurer ces missions dans la durée
06:27de liberté de circulation et de sûreté maritime.
06:31Il y a des risques d'escalade aujourd'hui qui existent,
06:34en tout cas, c'est clair.
06:36Des risques d'escalade géographique,
06:39des risques d'escalade quand je vois que ces derniers jours,
06:41des infrastructures ont été touchées,
06:43en particulier des usines de désalinisation,
06:47en plus des moyens aussi de production d'hydrocarbures.
06:51Et donc, tout ça montre que la situation
06:54demeure extrêmement volatile, elle est fragile.
06:56C'est aussi pour ça qu'au-delà de ces missions
06:59strictement défensives que la France assure,
07:01auxquelles elle contribue avec ses partenaires,
07:04nous voulons coordonner les choses au niveau économique.
07:08La France, comme vous le savez,
07:09depuis le 1er janvier à la présidence du G7,
07:12s'est tenue aujourd'hui une réunion des ministres des Finances.
07:14Demain, une coordination se fera entre les ministres de l'Energie.
07:17J'ai proposé qu'on ait une coordination
07:18entre chefs d'Etat et de gouvernement
07:21pour pouvoir, là aussi,
07:23essayer d'optimiser les choses
07:25avec nos réserves stratégiques,
07:27avec des prises de décisions coordonnées,
07:29d'essayer d'atténuer l'impact
07:32sur les prix du gaz et du pétrole,
07:34autant que nous le pouvons.
07:35D'abord, il y a une coordination à faire.
07:37Il est important, au-delà du G7,
07:39même plus largement,
07:40que les pays coopèrent,
07:42toutes les mesures de restriction de l'export
07:44créent des problèmes
07:45parce qu'elles disloquent un peu le marché mondial
07:48et donc elles créent des emballements de prix
07:50par notre coordination,
07:51qu'on puisse réduire la volatilité
07:54et les effets de spéculation.
07:56Et ensuite, les pays du G7
07:58ont en effet des réserves stratégiques.
08:01Elles sont faites pour ça,
08:02pour piloter les choses dans les moments de tension.
08:04Donc il faudra le faire
08:06avec les éléments objectifs
08:08qui nous seront donnés
08:08par l'Agence internationale de l'énergie
08:10et en étant coordonnées.
08:12Mais je pense qu'on s'oriente,
08:13en tout cas,
08:14vers des mesures techniques de cet ordre.
08:15Je veux dire aux Français
08:17que la France,
08:18dans ce grand désordre de la région,
08:22opère avec calme, méthode,
08:25au service de la protection de ses ressortissants,
08:29en partenariat avec ses alliés
08:31et de manière strictement défensive.
08:33Il y a le lot d'incertitudes
08:35qui va avec un tel conflit.
08:36La France n'a pas déclenché ce conflit.
08:38Elle n'y est pas partie prenante.
08:40Mais nous agissons là
08:42comme puissance de paix,
08:43puissance d'équilibre.
08:44On défend les nôtres.
08:45On est aux côtés de nos amis.
08:47Voilà le cadre strict
08:48dans lequel nous opérons aujourd'hui.
08:49Sous-titrage Société Radio-Canada
08:51Sous-titrage Société Radio-Canada
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