Passer au playerPasser au contenu principal
  • il y a 1 jour

Catégorie

📺
TV
Transcription
00:00Elle a créé le premier planning familial de Guadeloupe, a témoigné au procès de Bobigny, a dénoncé le racisme à
00:04l'hôpital,
00:05a été étudiée dans les fac américaines et a peut-être traité Simone de Beauvoir de potiche.
00:10Mais je vous rassure, elles étaient potes.
00:11Elle, c'est Jacqueline Manicom, sage-femme Guadeloupéenne, écrivaine, militante féministe
00:15et comme beaucoup de fans noirs et antillaises, un peu oubliée en France métropolitaine.
00:19Né en 1935 de fermet indien en Guadeloupe, c'est elle qu'une fille qui va arrêter ses études pour
00:23aider sa mère avec cette 18e grossesse.
00:25Oui, oui, elle va avoir 20 grossesses en tout et 10 enfants survivront.
00:28On comprend déjà un peu pourquoi les questions d'éducation sexuelle et de maternité choisie vont lui tenir à cœur.
00:32Elle devient sage-femme, débarquée à Paris dans les années 60, période marquée par les avortements clandestins et les violences
00:37obstétricales.
00:39Comment se forge son militantisme ?
00:40Bah déjà, tout ce qu'elle voit.
00:41Elle a échangé des lettres avec Simone de Beauvoir qu'elle admire et qui est assez accessible.
00:45Elle rejoindra l'assaut Choisir, créé par Beauvoir et Alimi pour le droit à l'IVG.
00:49C'est comme ça qu'elle témoignera au procès de Bobigny en tant que sage-femme et elle pratique des
00:51avortements.
00:52Mais avant ça, en 1964, elle fonde le premier planning familial de Guadeloupe.
00:56Point important sur Jacqueline quand elle débarque à Paris.
00:58Anecdote fun, quand elle lit un livre de cette gynéco par exemple en faveur de la contraception,
01:02qui donne comme premier exemple une jeune femme de bonne famille qui ne veut pas garder l'enfant car le
01:06géniteur est un Africain noir.
01:07Ça l'énerve.
01:08C'est une féministe assez classique de ses grands mouvements, notamment pour le droit à l'avortement.
01:12Elle apporte aussi avec elle justement des revendications ou des combats sur les difficultés spécifiques que rencontrent les femmes noires,
01:19qui ne sont pas seulement les dominations qu'elles subissent en tant que femmes ou en tant que personnes noires,
01:23mais vraiment au croisement des deux, ce qu'on appellera plus tard l'intersectionnalité.
01:27Elle remet en cause l'universalisme féministe des années 70,
01:31peu attentif aux dimensions raciales et de classe,
01:34même si par ailleurs c'est un mouvement qui est engagé dans le combat antiraciste.
01:37Ce qui va vraiment la faire connaître, ce sont ses livres, toujours traversés par le triptyque « Classe, race, sexe
01:42»
01:42et notamment « La graine », roman qui suit les journées d'une sage-femme noire.
01:45Elle a une pensée très riche, assez complexe, mais qui ne passe pas par une approche théorique.
01:51C'est à travers l'expérience vécue qu'elle fait comprendre les situations qu'elle veut démontrer.
01:56C'est assez propre aussi à cette littérature féministe des années 70.
01:59Raconter l'intime, raconter le quotidien, c'est une forme de combat.
02:02Je leur mets la tête sur mes jambes, je les caresse.
02:06Ils m'avaient beaucoup aidé. Je ne sais pas s'ils n'avaient pas été là, je ne sais pas
02:09comment j'aurais appris.
02:11Publication qui ne va pas être sans risque pour sa carrière à l'hôpital.
02:14Elle a la hype, elle est médiatisée, elle est même embauchée au ministère de la Santé,
02:17mais en 1976, elle se donne la mort.
02:20C'est difficile d'expliquer un geste comme ça, il y a sûrement beaucoup de causes,
02:23mais il me semble que le racisme a joué un rôle important.
02:26Elle a laissé une lettre en disant qu'il était trop dur d'être noire et pauvre
02:28et de se battre autant pour une vie qui n'en vaut pas la peine,
02:31ainsi qu'une forme de lassitude peut-être du combat qui a touché beaucoup de féministes.
02:36Salut !
02:36J'aimerais bien retrouver les vraies preuves de ces cours d'éducation sexuelle à l'école.
02:41Je faisais partie des premiers en France.
02:42Grâce à sa fille Gaëlle et sa petite-fille Nina qui veulent la faire connaître,
02:46son nom a été donné à une école maternelle à Paris.
02:48C'est toi ?
02:49Oui !
02:50Tous les jours, son nom est prononcé en fait.
02:52Tu vas où ?
02:53À l'école Jacqueline Manicombe.
02:56Peut-être le début de plus de reconnaissance.
Commentaires

Recommandations