00:00L'image que vous voyez sur votre écran, c'est l'image en direct de Beyrouth, avec cette montée de
00:06fumée.
00:07Vous le voyez, c'est une image qui est captée par nos équipes sur place en direct à Beyrouth.
00:12Pourquoi il y a cette fumée ? Parce qu'il y a donc eu une frappe, une frappe extrêmement ciblée,
00:15et c'est celle-là qu'on va vous montrer maintenant.
00:17C'était donc il y a quelques minutes. Voilà les images. Regardez.
00:22Vous l'avez vu, une image au rez-de-chaussée d'un immeuble qui a été ciblé, visé,
00:30et ce n'est pas du tout n'importe quel immeuble, Patrick ?
00:33On est dans le quartier de Sainte-Thérèse, on commence à connaître maintenant la géographie de Beyrouth.
00:38C'est important quand même de le spécifier, même si les gens ne sont pas allés sur place,
00:42parce qu'on est à la fois dans des zones qui sont parfois totalement évacuées
00:46et on bombarde sans trop de discrimination.
00:48Il y a quand même quatre quartiers entiers qui ont été réduits à l'état de cendre.
00:52Et parfois, on va aller chercher l'infrastructure jusqu'il faut.
00:55On avait ce week-end une frappe sur une chambre d'hôtel.
00:57La chambre du dessus, la chambre du dessous était nickel et pouvait resservir à la réservation pour le lendemain.
01:02Là, on est juste sur un rez-de-chaussée.
01:03C'est une banque, c'est la banque Cardel Kassam, c'est une banque de financement du Hezbollah, tout simplement.
01:09D'ailleurs, les Israéliens viennent de prévenir, nous allons frapper aujourd'hui les infrastructures terroristes du Hezbollah.
01:15Donc ce n'est pas forcément des cibles.
01:16Il y aura des opportunités, évidemment, s'il y a des Iraniens, notamment de la force Al-Quds,
01:21ou des cadres du Hezbollah qui ne se cachent pas.
01:23Mais là, on est vraiment sur les infrastructures et on va, comme toujours, au nerf de la guerre,
01:28c'est-à-dire à la banque.
01:29Ce n'est pas pour aller neutraliser des lingots, c'est plutôt les systèmes de financement.
01:34Parce que dans ce Liban qui est déjà à genoux, et je crois qu'on ne le répète pas assez,
01:38au niveau financier et social, il y a des systèmes un peu en sous-main pour pouvoir financer,
01:43y compris le terrorisme. Et donc là, vous voyez, très impressionnant, à deux titres.
01:48C'est un, ça tape fort, ça fait beaucoup de fumée parce qu'il y a le ciment méditerranéen qui
01:54part dans tous les sens.
01:55Impressionnant aussi parce qu'il n'y a que la banque qui a été neutralisée.
01:58Mais c'est précisément ce que j'allais vous demander, Général, comment on arrive à une telle précision de frappe
02:02?
02:02Parce que quand on voit, effectivement, en tout cas, à première vue,
02:07l'endroit ciblé, c'est une adresse, une banque et c'est touché.
02:12Oui, c'est toute l'évolution, si vous voulez, à la fois technologique,
02:16on sait concentrer les effets, la précision qu'apportent les désignations laser et la maîtrise du ciel.
02:25Mais ce qui est étonnant, c'est que sur les images, pardonnez ma naïveté,
02:29on a presque l'impression que l'explosion vient du ras du sol.
02:32C'est-à-dire, comment est-ce qu'on fait pour toucher le bas d'un immeuble
02:34alors que c'est un missile qui est censé être envoyé du ciel ?
02:37Ah ben, c'est une précision métrique.
02:39Donc, vous choisissez, il faut choisir l'angle d'approche
02:42et vous pilotez, vous pilotez en fait la bombe qui arrive.
02:46C'est le souffle.
02:47Que ça soit un drone et ensuite le souffle fait le reste.
02:50Mais c'est vrai, l'exemple du 2, 3ème étage a été frappant.
02:54Cela dit, je n'aurais pas forcément habité dans la...
02:56Non, non plus.
02:56Ça a dû être secoué quand même.
02:58Il y a l'apparence extérieure et il y a la réalité.
03:00Et les bombes pénètrent et explosent ensuite.
03:03C'est ce qu'on appelle les frappes chirurgicales
03:06qui est une impression qui avait été très polémique dans les années 90.
03:09Les militaires ne l'utilisent pas.
03:09Parce que, Nicolas, personne n'utilise cette expression.
03:14Oui, oui, c'est ça.
03:14On a utilisé...
03:16Même les militaires américains...
03:17Elle a été utilisée par les journalistes à une époque...
03:19C'est pour ça que vous ne m'avez pas laissé de dire ce que j'allais dire.
03:21Exactement, ça a prenez le temps.
03:22Très polémique parce qu'on en avait parlé dans les années 90.
03:26Les militaires américains, à l'époque, disaient que sur l'Irak,
03:28ils faisaient des frappes chirurgicales.
03:29Et puis, on avait appris ensuite qu'en réalité,
03:31ils mettaient des carpet bombing,
03:33c'est-à-dire des tapis de bombes avec leur B-52.
03:35Donc, on avait dit que ça n'existe pas, les frappes chirurgicales.
03:37Et depuis, on évite d'utiliser ce terme.
03:40Sauf que la chambre d'hôtel hier ou la banque ce matin,
03:43vous l'appelez comme vous voulez.
03:45Moi, j'appelle ça une frappe chirurgicale.
03:46C'est-à-dire que c'est une précision incroyable.
03:49On est capable, effectivement, aussi bien à Taheran qu'à Beyrouth,
03:53on est capable de détruire une chambre à coucher
03:56sans faire trop de dégâts dans le salon.
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