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  • il y a 21 heures

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Personnes
Transcription
00:00Moi, je fais des contrats à 418 euros par jour du minimum syndical, quand il faut,
00:04et je fais des contrats à plusieurs millions d'euros.
00:05Pareil qu'en négation, vous ne vous faites pas de cadeaux.
00:07Non.
00:08Non, je ne suis pas là pour ça.
00:10Georges Beaume, il avait été l'agent de Romy Schneider, l'agent d'Alain Delon,
00:14il avait découvert Alain Delon, jeune acteur.
00:16Et en fait, lui m'avait dit un jour, parce que moi j'apprenais, j'avais 22 ans, j'étais
00:19assistant,
00:20il me disait, Laurent, moi je ne négocie jamais, je dis ça vaut le temps,
00:25l'acteur vaut le temps, cette prestation vaut le temps.
00:28dans le contexte économique et par rapport au parcours d'acteurs.
00:30Et si les gens me disent non, ce n'est pas grave, on ne fait pas.
00:33Je dis, mais Georges, moi je ne peux pas faire ça, je passe ma vie à discuter
00:37pour des tout petits cachets, pour des jeunes acteurs et tout.
00:39Si je dis ça, le mec va me...
00:40Il me dit, il faut tendre à ça.
00:42C'est-à-dire, discuter, ce n'est pas drôle, ce n'est pas drôle.
00:44Il faut une bonne discussion, une bonne négociation, c'est quand les deux parties sont contentes.
00:48Donc si vous braquez la banque et que vous faites face à vous un mec,
00:51vous le laissez à terre et tout, jamais ce gars-là ne vous pardonnera.
00:56Et c'est une mauvaise négociation parce qu'elle n'est pas équilibrée.
00:58Parce que si ce gars est à ce point-là de désespoir, vous avez gagné le combat,
01:03mais après vous en avez fait un ennemi à vie,
01:05c'est quelqu'un qui pensera toujours que vous êtes un salopard, ce qui n'est pas le cas.
01:08Donc une bonne négociation est équilibrée, c'est quand tout le monde est content.
01:11Et il m'a dit, plus on tend à dire, le prix c'est ça et qu'on ne discute
01:15pas,
01:16et si vous êtes crédible, au fil du temps, c'est ça.
01:19Donc moi, je suis agent depuis longtemps, donc du coup, quand je dis,
01:24mais si je ne dis pas comme ça, à la sortie d'un cerveau malade,
01:26il y a un contexte économique, quand je dis ça vaut ça,
01:29je n'aime pas beaucoup discuter.
01:31C'est-à-dire que quand on me dit, ah ben non, ça sera quatre fois moins,
01:35moi je dis, ben non.
01:36Et puis je dis, ben c'est pas grave, à bientôt, au revoir.
01:40Et une fois sur deux, trois jours après, les gens me rappellent en disant,
01:43ben t'étais un peu rude.
01:45Ah je dis, ah non, on peut tout dire, mais pas que je sois rude.
01:47Je suis clair, je suis juste, ou pas.
01:50Moi, j'ai le sentiment d'être juste, mais on ne peut pas dire que c'est mon job, etc.
01:57Et puis parfois, 98% de négociations, comme on est entre gens de bonne compagnie,
02:02ça on y arrive, et puis à 2%, on n'y arrive pas.
02:06Parfois, on tombe sur des...
02:07Moi, je veux dire, c'est des crétins, mais ils vont penser la même chose de moi,
02:09et c'est très juste.
02:10Et moi, je fais des contrats à 418 euros par jour du minimum syndical,
02:15quand il faut, et je fais des contrats à plusieurs millions d'euros.
02:19Il faut être cohérent par rapport à l'économie.
02:21Mais quelqu'un qui, tout d'un coup, se retrouve avec un budget confortable
02:24et qui propose à un acteur 1 000 euros par jour,
02:26ce qui apparaît beaucoup pour les auditeurs,
02:28mais 1 000 euros par jour, c'est des gens, parfois, qui travaillent 10 jours par an.
02:31Donc, c'est quand même une précarité, le métier.
02:33Donc, heureusement qu'ils ont des cachets supérieurs
02:36qui tiennent compte de cette précarité-là.
02:37Évidemment, là où le bas blesse, c'est quand tout d'un coup,
02:39on parle de stars qui enchaînent 4 films par an
02:42à plusieurs millions d'euros.
02:43Mais ils ne sont pas stars par hasard.
02:45Non, c'est vrai.
02:46Les films sont financés grâce à eux.
02:47Sous-titrage Société Radio-Canada
02:50Sous-titrage Société Radio-Canada
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