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  • il y a 1 jour
Sandrine Bonnaire s’est confiée dans « l’interview émotion » de ELLE, à l’occasion du film « Sans toit ni loi » d’Agnès Varda, qui ressort en salles le 11 mars 2026.
Transcription
00:00C'est un sentiment noble, le chagrin, je ne sais pas comment dire.
00:05C'est comme la mélancolie.
00:11Ma mère s'est octroyée une certaine liberté.
00:14On n'a jamais été soumise à un homme.
00:15Ma mère a eu 11 enfants avec le même homme,
00:19mais elle a compris que ce n'était pas sa vie.
00:21Et donc, elle avait des amants.
00:28Et elle a bien fait.
00:30On en a connu deux à l'époque, c'était extrêmement mal vu.
00:35Quand on est mère, on est face à une réalité.
00:44L'éducation d'un enfant se fait au jour le jour,
00:47et non pas dans les grandes lignes.
00:49Ce qui est intéressant, c'est qu'on se dit,
00:51quand je serai mère, justement, je ne reproduirai pas ça.
00:56Parce qu'alors, franchement, avant ça, c'est...
00:59Et parfois, on s'aperçoit qu'on fait un peu les mêmes choses.
01:04Alors, bien sûr, moi, je sais que j'avais une mère assez violente.
01:09Elle pouvait nous frapper.
01:10Je me suis dit, non, je ne frapperai pas mes enfants.
01:13Elles ont pris quelques fessées.
01:16Mais ce n'était pas une violence comme ma mère pouvait en avoir.
01:24Elle était très énervée tout le temps.
01:25C'est une femme qui a été malheureuse.
01:27Elle faisait comme elle pouvait.
01:29Et puis, en plus, il y a des...
01:33À l'époque, on tapait les enfants
01:36parce qu'on pensait que c'était ça l'autorité
01:38et que si l'enfant n'avait pas de fessé,
01:42il mangeait les parents.
01:43Donc, voilà, toutes ces choses-là ont bougé maintenant.
01:47Donc, c'est très bien.
01:48L'éducation, au fond,
01:50elle va aussi avec notre temps.
01:54Toute vérité n'est pas bonne à dire.
01:56Sur mon agression et sur le fait d'avoir menti à ma fille.
02:03Effectivement, ma fille était petite.
02:04Elle avait 7 ans.
02:06Et je pense que je ne pouvais pas lui dire que j'étais agressée.
02:11Je pense que c'était trop tôt pour lui dire.
02:13Et je voulais la protéger.
02:17Donc, c'est elle, finalement, qui a deviné que j'avais été violentée.
02:20Si elle n'avait pas cherché à savoir,
02:21je ne l'aurais pas dit tout de suite, en tout cas.
02:23Je l'aurais dit.
02:24Mais elle était trop petite et trop choquée, aussi, de me voir comme ça.
02:29Donc, il fallait gérer les problèmes un par un.
02:34Le chagrin, c'est difficile, c'est lourd.
02:38C'est quelque chose qui ne disparaît pas.
02:41Le chagrin, c'est en soi.
02:44Et ça reste là.
02:46C'est une plaie.
02:49C'est comme une cicatrice qui ne partira jamais.
02:52Moi, ce qui m'obsède beaucoup, c'est l'absence.
02:58Et il y a des deuils que j'ai du mal à faire.
03:01C'était quand même le titre de mon film.
03:03J'enrage de son absence.
03:06Il y a certaines personnes, j'enrage de leur absence.
03:08C'est clair.
03:09Ça ne m'empêche pas de vivre, fort heureusement.
03:12Mais ça m'obsède.
03:13C'est très présent.
03:15Ça m'habite constamment.
03:17Et puis, il y a des absences qui sont, avec le temps, qu'on accepte.
03:23Et ça ne veut pas dire qu'on a aimé plus certaines personnes que d'autres.
03:26Curieusement, je ne sais pas à quoi c'est dû, d'ailleurs.
03:28Je ne sais pas.
03:28C'est un sentiment noble, le chagrin.
03:33Je ne sais pas comment dire.
03:34C'est comme la mélancolie.
03:37Par moments, je l'aime bien.
03:39Je trouve qu'elle peut être inspirante.
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