00:00Merci d'être avec nous, Laurent-Franc Dienard.
00:02Je trouvais que c'était une bonne décision, en tout cas une bonne nouvelle pour le policier.
00:11Franck, Florian M, que de ne pas être traduit pour meurtre.
00:16Est-ce que j'avais raison de me réjouir pour lui ?
00:20Sur le plan des principes, c'est vrai que c'était très infamant d'être jugé pour meurtre.
00:26Et évidemment, mon client souhaitait être jugé pour des coups mortels et pas pour meurtre,
00:31puisqu'il disait « j'ai jamais voulu le tuer ».
00:33Et ça, il le disait dès le départ.
00:35Le problème, c'est que cette incrimination de meurtre entraînait un jury populaire.
00:40L'incrimination de coups mortels, donc de violences volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donnée,
00:45ça entraîne la comparution devant une juridiction qui est composée de magistrats professionnels seulement.
00:50Ils sont cinq.
00:50Et cette juridiction va être beaucoup moins incline à acquitter le policier que ne le serait un jury populaire.
00:57Et c'est le problème.
00:58Pourquoi vous dites ça ? Vous ne savez pas qui est dans un jury populaire ?
01:01Alors, dans un jury populaire, nous avons des gens qui font partie de la société civile et qui font preuve
01:05de bon sens.
01:07Dans une juridiction, nous n'avons pas de gens qui font preuve de bon sens.
01:10Nous avons des gens qui, d'abord, sont soumis à une hiérarchie, qui sont soumis à la pression, très nettement.
01:19La pression qui peut être de toute forme, y compris la pression politique.
01:23Et on le voit dans cet arrêt qui a été rendu ce matin.
01:25Parce que c'est une décision qui est intéressante, qui est intelligente, qui reprend l'ensemble de nos arguments.
01:31Mais elle décide de renvoyer ce policier alors que, fondamentalement, le non-lieu s'imposait.
01:36Ce policier, il ne devrait pas être jugé.
01:38Oui, parce que j'ai envie de vous dire pourquoi vous aviez fait appel.
01:41Pour avoir le non-lieu ?
01:41Pour avoir le non-lieu, bien sûr.
01:42Oui.
01:43Pour avoir le non-lieu.
01:43Mais alors, c'est peut-être une erreur que vous avez faite de faire appel ?
01:46Appel moins du monde, puisque la cour d'appel...
01:48Si vous n'êtes pas content de cet appel ?
01:49La cour d'appel me dit que j'ai raison sur tout.
01:52Mais que je n'ai pas pris en considération un élément.
01:55Un seul élément.
01:56C'est l'impact psychologique qu'aurait eu un tir dans le capot,
02:02qui aurait certainement empêché Naël Merzouk de redémarrer.
02:07Voilà.
02:08On en est là.
02:08C'est le seul argument de la cour d'appel, puisque la cour d'appel disait...
02:12Enfin, les juges d'instruction me disaient qu'il n'y avait pas de nécessité de tirer dans l'habitacle,
02:16puisque vous pouviez tirer dans les pneus et dans le capot.
02:18J'ai fourni des expertises automobiles qui démontrent qu'un tir dans le capot ou un tir dans les pneus,
02:23ça n'a aucun effet.
02:25Et la cour d'appel de Versailles me dit que vous avez raison.
02:28Vos expertises, elles ne sont pas dénouées de fondement.
02:30Vous avez raison.
02:32Mais si on avait tiré dans le capot,
02:35peut-être que Naël Merzouk aurait eu suffisamment peur
02:37et qu'il aurait décidé de ne pas démarrer.
02:40Au secours !
02:42Je suis assez d'accord avec vous.
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