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  • il y a 42 minutes
Le policier auteur du tir sur Nahel Merzouk, en juin 2023, sera jugé devant la cour criminelle pour violences ayant entraîné la mort sans intention de la donner et non pour meurtre. Dans l'émission "Pascal Praud et vous", l'avocat du policier explique ce que change cette requalification.

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Transcription
00:00Merci d'être avec nous, Laurent-Franc Dienard.
00:02Je trouvais que c'était une bonne décision, en tout cas une bonne nouvelle pour le policier.
00:11Franck, Florian M, que de ne pas être traduit pour meurtre.
00:16Est-ce que j'avais raison de me réjouir pour lui ?
00:20Sur le plan des principes, c'est vrai que c'était très infamant d'être jugé pour meurtre.
00:26Et évidemment, mon client souhaitait être jugé pour des coups mortels et pas pour meurtre,
00:31puisqu'il disait « j'ai jamais voulu le tuer ».
00:33Et ça, il le disait dès le départ.
00:35Le problème, c'est que cette incrimination de meurtre entraînait un jury populaire.
00:40L'incrimination de coups mortels, donc de violences volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donnée,
00:45ça entraîne la comparution devant une juridiction qui est composée de magistrats professionnels seulement.
00:50Ils sont cinq.
00:50Et cette juridiction va être beaucoup moins incline à acquitter le policier que ne le serait un jury populaire.
00:57Et c'est le problème.
00:58Pourquoi vous dites ça ? Vous ne savez pas qui est dans un jury populaire ?
01:01Alors, dans un jury populaire, nous avons des gens qui font partie de la société civile et qui font preuve
01:05de bon sens.
01:07Dans une juridiction, nous n'avons pas de gens qui font preuve de bon sens.
01:10Nous avons des gens qui, d'abord, sont soumis à une hiérarchie, qui sont soumis à la pression, très nettement.
01:19La pression qui peut être de toute forme, y compris la pression politique.
01:23Et on le voit dans cet arrêt qui a été rendu ce matin.
01:25Parce que c'est une décision qui est intéressante, qui est intelligente, qui reprend l'ensemble de nos arguments.
01:31Mais elle décide de renvoyer ce policier alors que, fondamentalement, le non-lieu s'imposait.
01:36Ce policier, il ne devrait pas être jugé.
01:38Oui, parce que j'ai envie de vous dire pourquoi vous aviez fait appel.
01:41Pour avoir le non-lieu ?
01:41Pour avoir le non-lieu, bien sûr.
01:42Oui.
01:43Pour avoir le non-lieu.
01:43Mais alors, c'est peut-être une erreur que vous avez faite de faire appel ?
01:46Appel moins du monde, puisque la cour d'appel...
01:48Si vous n'êtes pas content de cet appel ?
01:49La cour d'appel me dit que j'ai raison sur tout.
01:52Mais que je n'ai pas pris en considération un élément.
01:55Un seul élément.
01:56C'est l'impact psychologique qu'aurait eu un tir dans le capot,
02:02qui aurait certainement empêché Naël Merzouk de redémarrer.
02:07Voilà.
02:08On en est là.
02:08C'est le seul argument de la cour d'appel, puisque la cour d'appel disait...
02:12Enfin, les juges d'instruction me disaient qu'il n'y avait pas de nécessité de tirer dans l'habitacle,
02:16puisque vous pouviez tirer dans les pneus et dans le capot.
02:18J'ai fourni des expertises automobiles qui démontrent qu'un tir dans le capot ou un tir dans les pneus,
02:23ça n'a aucun effet.
02:25Et la cour d'appel de Versailles me dit que vous avez raison.
02:28Vos expertises, elles ne sont pas dénouées de fondement.
02:30Vous avez raison.
02:32Mais si on avait tiré dans le capot,
02:35peut-être que Naël Merzouk aurait eu suffisamment peur
02:37et qu'il aurait décidé de ne pas démarrer.
02:40Au secours !
02:42Je suis assez d'accord avec vous.
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