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MEDI1TV Afrique : Rencontre avec.. Farid Bensaid - 03/03/2026
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00:18Ladies and gentlemen,
00:20welcome to the rencontre of women who decide to accord the world
00:26according to their own melody.
00:28Mon invité est un homme qui a compris très tôt que la plus belle des entreprises
00:32est celle qui sait allier la précision du métronome à la passion du virtuose.
00:38Son parcours, une épopée en deux mouvements,
00:41il a su lire dans les silences de l'économie marocaine
00:44une partition encore non écrite,
00:46celle de l'entrepreneuriat dans les services à forte valeur ajoutée.
00:51Et en fondant l'Orchestre Philharmonique du Maroc,
00:54il a offert une scène au virtuose, un nouvel instrument de rayonnement,
00:58une preuve vibrante que l'excellence n'a pas de frontière.
01:02Pour lui, l'orchestre est la métaphore ultime de la société,
01:07un lieu où chaque pupitre, chaque voix, chaque individu
01:12doit trouver sa juste place pour que l'ensemble s'élève.
01:16Ce projet devenu le cœur battant de la musique classique au Maroc
01:20prouve que la rigueur d'un chef d'entreprise et la sensibilité d'un violoniste
01:24ne sont que les deux faces d'une même exigence, celle de l'excellence.
01:29Farid Ben Saïd, bonjour à vous, c'était un plaisir de vous avoir comme invité.
01:33Merci Madame Premléchi, un plaisir d'être avec vous aujourd'hui.
01:37Merci d'avoir accepté cette invitation.
01:39On va aller à votre rencontre aujourd'hui.
01:41Vous êtes musicien, mais aussi un homme d'affaires.
01:45Comment gérez-vous ce bicéphalisme ?
01:50Écoutez, c'est un choix de vie.
01:53C'est un parcours où je ne suis pas arrivé à choisir entre un métier d'ingénieur
01:58et un métier de musicien professionnel.
02:01Et j'ai essayé de pousser aussi haut que j'ai pu ces deux passions
02:06et elles ne se sont jamais séparées.
02:09Donc j'ai une double vie d'entrepreneur et homme d'affaires.
02:12C'est un peu le terme que je n'aime pas trop,
02:14mais disons entrepreneur, créateur de valeurs et de musicien
02:19et aussi de créateur de valeurs dans le domaine artistique au Maroc.
02:22Donc vous avez fait le choix de ne pas faire de choix.
02:25En fait, d'une certaine manière, de continuer à aller aussi loin que possible
02:31dans ces deux disciplines qui peuvent sembler s'opposer, mais qui se rassemblent.
02:34Tout à fait, et qui se nourrissent l'une de l'autre quand même, il faut le savoir.
02:38Le violon ne pardonne pas l'approximation.
02:42Donc cette quête de la note juste a-t-elle influencé un petit peu votre manière d'exiger l'excellence
02:48dans tout ce que vous entreprenez aujourd'hui ?
02:50Alors effectivement, la musique en général, mais peut-être le violon en particulier,
02:55parce que c'est un instrument qui peut paraître ingrat,
02:58mais qui demande un travail permanent quand on veut être à niveau professionnel,
03:02un travail quotidien pendant toute une vie et pratiquement tous les jours de sa vie.
03:07Donc cette exigence de perfection liée aussi au côté artistique et à la beauté de la création
03:12fait qu'on peut s'en inspirer énormément sur le monde entrepreneurial
03:16où on peut faire aussi les choses dans une belle harmonie,
03:19mais toujours avec une création de valeur à l'arrivée.
03:21En tout cas, il faut beaucoup de discipline pour pouvoir maîtriser un tel instrument.
03:27Est-ce qu'on peut dire que la discipline, c'est ce qui vous a conduit là où vous êtes
03:31aujourd'hui ?
03:32C'est le fait d'être toujours discipliné, qu'il y ait de la rigueur,
03:37qu'il y ait de la constance dans le travail et dans l'effort qui est déployé ?
03:41Alors, il faut savoir, dans tous les domaines, il y a un constant qui est effectivement la discipline,
03:46mais d'abord le travail. On ne peut pas, sauf exception de personnes douées,
03:53excessivement douées, on ne peut pas réussir sans un travail, un travail bien organisé.
03:57Alors, quand on veut le faire dans plusieurs domaines, il faut quand même une organisation parfaite,
04:05pratiquement, si on veut arriver à l'excellence dans tous les domaines.
04:08En tout cas, en 1996, un orchestre philharmonique professionnel au Maroc,
04:13ça semblait être une utopie, mais c'est quelque chose à laquelle vous avez pensé,
04:20que vous avez initié. Qu'est-ce qui a fait que vous sentiez que le Maroc était prêt ?
04:25Alors, d'abord, il faut savoir que le Maroc était demandeur d'avoir un orchestre symphonique
04:32de qualité professionnelle et d'une qualité internationale, et donc il y avait une demande.
04:37Après, il fallait mettre les moyens, les moyens de formation, les moyens aussi financiers
04:43et surtout artistiques de pouvoir répondre à cette demande du public.
04:48Donc, on était dans un terreau favorable et je n'étais pas seul, bien évidemment,
04:53même si j'en étais le président fondateur, il y avait une équipe autour de moi,
04:56et on a pu un peu démarrer de zéro, ce qui paraissait effectivement,
05:00à l'époque, un peu utopique.
05:01Pas le fait de donner un concert symphonique, ça existait, c'est la pérennité.
05:05C'est le fait de faire des choses avec un souci de qualité, avec des lourds moyens financiers
05:11et de pouvoir durer dans le temps.
05:12Ça fait 30 ans maintenant.
05:13Oui, absolument, ça fait 30 ans et justement 30 ans après, quel est votre ressenti ?
05:21Alors, tout d'abord, une grande fierté pour les musiciens,
05:25qui certains sont avec moi depuis le premier jour,
05:29et le sentiment d'un devoir accompli.
05:32C'était vraiment quelque chose qui tenait à cœur au Maroc,
05:37à feu le roi Hassan II, qui a soutenu notre projet depuis le départ,
05:43et la société civile a joué son rôle pour pouvoir accompagner un peu l'excellence
05:48dans la création d'un orchestre symphonique de haut niveau.
05:51Alors, 30 ans après, avec toutes ces réalisations justement,
05:55est-ce que vous avez déjà pensé à créer un conservatoire national d'excellence
06:00qui soit porté par l'OPM, justement ?
06:03Déjà au Maroc, il y a des conservatoires de qualité,
06:09mais si on veut arriver à un niveau professionnel, international,
06:14pour pouvoir nous présenter et nous produire au Maroc et à l'étranger,
06:18dans les grandes scènes internationales,
06:20il faut quelque chose un peu d'au-delà en termes de formation,
06:24en termes de qualité des instruments, qualité des instrumentistes,
06:28et c'est pour ça aussi que nous avons décidé il y a 10 ans
06:32de créer un peu notre propre terreau en créant un projet culturel
06:38qui s'appelle Mezaya, qui consiste un peu à former des musiciens professionnels
06:42à travers un petit déficit social les concernant,
06:46et on a remis des jeunes enfants tout petits au sein de l'école,
06:51chez nous, et aussi au sein d'un parcours professionnel,
06:54et les résultats sont, disons, on va le dire,
06:58c'est le terme des gens qui viennent nous voir à l'étranger,
07:00miraculeux, puisque nous avons des jeunes
07:02qui aujourd'hui sont déjà au sein de l'Orchestre Philharmonique du Maroc,
07:04et c'est ce souhait d'excellence
07:07qui a fait que nous avons créé notre propre conservatoire
07:09pour ces niveaux extrêmement élevés.
07:12Et quelle est l'ambition aujourd'hui, justement ?
07:15L'ambition, c'est que, encore une fois,
07:18que l'orchestre puisse perdurer,
07:20parce que l'environnement peut être un peu délicat,
07:24dans certains cas, surtout sur le volet financier,
07:26où la culture est un puissant fond,
07:29où il faut qu'on trouve des moyens,
07:31il faut qu'on trouve des astuces aussi,
07:32pour produire un opéra au Maroc,
07:34ou produire un ballet, ou bien autre,
07:36c'est quand même très lourd.
07:38Donc notre souhait, c'est de pouvoir avoir encore plus de moyens
07:41pour pouvoir encore plus améliorer la qualité
07:44et le niveau artistique des œuvres
07:46que nous présentons au public marocain.
07:47En tout cas, pour ce qui est des jeunes
07:49dans le cadre du projet dont vous parliez,
07:51qui est Mesaya,
07:52est-ce que, comment dire,
07:55c'est une sensibilisation qui doit se faire tôt,
07:56pour ces jeunes-là ?
07:57Est-ce que c'est une initiation,
07:58plutôt, qui doit commencer tôt,
08:00mais toujours dans une préparation
08:04où il y a beaucoup de discipline
08:05et un entraînement qui soit intense
08:07dès le plus jeune âge,
08:08pour pouvoir, justement, exceller ?
08:11Alors, pour être un bon musicien professionnel,
08:14il faut commencer le plus tôt possible,
08:15surtout pour les instruments à corde,
08:17violon, violoncelle, alto, contrebasse,
08:19il faut commencer le plus tôt possible.
08:21Au niveau des conservatoires nationaux,
08:22il se passe des choses intéressantes,
08:24mais comme dans tous les conservatoires au monde,
08:261% des élèves des conservatoires
08:29en font leur métier.
08:30Nous avons choisi, nous, un autre chemin
08:33qui est complémentaire,
08:34c'est tout de suite les mettre,
08:35mettre ces jeunes enfants
08:36qui commencent dès l'âge de 8 à 12 ans,
08:39les mettre tout de suite dans un cycle professionnel.
08:41Et donc, comme dans le sport,
08:44dès qu'on encadre correctement ces jeunes,
08:47et nous le faisons à travers les musiciens
08:49de l'Orchestre Philharmonique du Maroc,
08:51nous arrivons à des résultats miraculeux.
08:53Donc, nous avons aujourd'hui
08:54une pépinière de musiciens professionnels
08:57qui sont capables,
08:58à travers des concours d'entrée très compliqués,
09:00d'intégrer les grands orchestres symphoniques.
09:02– Et justement, quelle est, selon vous,
09:05la note que le Maroc doit jouer aujourd'hui
09:07sur la scène internationale
09:09pour s'imposer, on va dire,
09:12comme leader culturel ?
09:14– Alors déjà, un orchestre symphonique
09:18au Philharmonique de notre taille,
09:20donc avec à peu près entre 60 et 80 musiciens professionnels,
09:23ça donne une image d'ouverture
09:25et de modernité pour notre pays.
09:27Parce qu'on joue de la musique,
09:28pas seulement marocaine,
09:30mais de la musique universelle
09:31qui appartient à tout le monde.
09:32Jouer du Beethoven ou du Mahler ou du Mozart,
09:36ça dénote qu'on est au niveau culturel international.
09:39Donc après, il faut se produire.
09:41Et pour se produire,
09:43il faut des grandes salles au Maroc,
09:45mais aussi à l'étranger.
09:46L'Orchestre Philharmonique du Maroc a joué en Tunisie,
09:49a joué à Paris plusieurs fois
09:50et a donné un peu cette image de modernité
09:54vue par les étrangers sur le Maroc.
09:56– En tout cas, on va proposer aux téléspectateurs
09:59un petit aperçu de vous en train de jouer au violon, justement.
10:02– Sous-titrage MFP.
10:39– Sous-titrage MFP.
10:41– Sous-titrage MFP.
11:02– Sous-titrage MFP.
11:10– Alors, vous ne jouez pas actuellement en orchestre.
11:13C'était pendant la période Covid, je pense.
11:17– Tout à fait.
11:17– Vous avez dû vous réadapter en jouant.
11:21Ça nous donne un petit aperçu de vous,
11:24en tout cas, et de votre mélodie.
11:28– Nandy Mozart.
11:29– Qui fait du bien aux oreilles.
11:34C'est un plaisir de vous écouter.
11:36Alors, toujours dans le cadre des activités de l'OPM,
11:40est-ce que vous pouvez nous parler un petit peu
11:42des événements qui sont à temps ?
11:43D'abord, des événements qui viennent de se finir.
11:46Il y avait une tournée actuellement
11:47qui s'est clôturée la semaine dernière.
11:51– Alors, comme vous le savez,
11:53l'Orchestre Philharmonique a une saison artistique
11:56qui commence vers le mois de septembre-octobre
12:00et qui finit vers le mois de juillet,
12:02comme tous les orchestres internationaux,
12:03avec à peu près une quarantaine de concerts
12:06pour l'Orchestre Philharmonique,
12:08mais aussi le Chœur Philharmonique du Maroc,
12:10et également ce qu'on appelle des concerts de postes,
12:12des concerts de musique de chambre.
12:13Donc, vous avez vu un extrait
12:14en ce qui concerne l'exécution.
12:20Récemment, les deux grands événements
12:21qu'on a eus, c'est tout d'abord
12:23une grande œuvre symphonique
12:26en ouverture de saison
12:27qui s'appelle «Cherazade » de Khomsky-Korsakov,
12:29où on a présenté une création mondiale
12:33où nous avons fait dialoguer
12:35un peu cette œuvre très complexe
12:37pour l'orchestre, pour le grand orchestre.
12:39– On a les images.
12:40– Effectivement, vous les voyez,
12:42avec des contes par des narratrices marocaines
12:46en arabe classique,
12:47et ce mélange d'arabes classiques
12:48et quelques instruments aussi marocains,
12:50il y avait autre, il y avait un kanoun,
12:53qui permettait aussi de montrer
12:54que la musique classique peut s'adapter
12:55et cohabiter avec notre patrimoine marocain.
12:58C'est un conte qui nous appartient,
13:01que nous a volé M. Rimsky-Korsakov,
13:03qui est russe, et qu'on s'est réapproprié
13:05lors de ce concert.
13:06C'était une belle création mondiale.
13:07Ça, c'était un gros événement
13:08en début de saison.
13:10On a eu aussi un autre grand événement,
13:12c'était un ballet qui,
13:13pour la première fois joué au Maroc,
13:14c'était «Casse-noisette » de Tchaïkovski,
13:15qui a été créé à Nice
13:18par le chorégraphe Benjamin Milpied,
13:23qui est passé à la scène parisienne,
13:24et de Paris, il est venu directement à Rabat.
13:26Donc, on a donné, avec trois concerts pleins
13:31au Théâtre Mohamed V,
13:32sur ce ballet moderne.
13:33Les gens s'attendaient à voir des titus,
13:35mais ils ont vu plutôt une création artistique moderne
13:39qui, ma foi, était digne de notre pays
13:42et de ce qu'on a comme ambition
13:43sur les volets culturels.
13:46Il y a quelques jours,
13:48le Chœur Philharmonique du Maroc,
13:49qui fait partie des projets que nous gérons
13:52au niveau de la Fondation Ténor pour la Culture,
13:54nous avons donné deux concerts pendant le mois de Ramadan,
13:59et j'étais surpris de voir qu'à 21h,
14:03nos compatriotes sortaient pour voir un concert de musique classique
14:07avec les chœurs pratiquement a cappella,
14:09et c'était un bon moment pendant le mois de Ramadan.
14:12Donc ça, c'était les événements qui viennent juste de se passer.
14:15Et puis, les prochains rendez-vous,
14:16donc on a le concours international de musique de l'OPM.
14:20Alors, avant le concours, pendant le mois de Ramadan,
14:23il y a aussi un concert de musique de chambre
14:25qui s'appelle, c'est le concert de Boche,
14:27il y a un concert de Sonate.
14:28C'est lui qui m'a échappé, d'accord.
14:29Voilà.
14:29C'est le 7 mars prochain à Rabat et à Casa.
14:33C'est de la musique de chambre pendant le mois de Ramadan,
14:35à 21h30, au Musée d'art contemporain à Rabat,
14:38pour ceux qui veulent découvrir aussi.
14:40Et un endroit magique aussi à Casablanca,
14:42un tout petit endroit magnifique qui est la Coupole
14:44au niveau du Parc de la Ligue arabe.
14:46Ça, c'est le 6 et le 7 mars.
14:48Piano violon.
14:49D'accord.
14:50Voilà.
14:50Et donc, effectivement,
14:52début mars, entre le 30 mars et le 4 avril,
14:55nous avons un événement qui est devenu un événement mondialement connu,
15:01puisque c'est le concours international de l'Orchestre Philharmonique du Maroc.
15:04Et c'est un concours qui a lieu tous les ans,
15:06depuis plus de 20 ans aujourd'hui.
15:08Et chaque année, nous présentons un instrument.
15:12Et cette année, pour la première fois,
15:13nous allons avoir le violoncelle qui est un très, très bel instrument,
15:17qui est à l'honneur.
15:18Et nous avons parmi les plus grands,
15:20je pense, les plus grands violoncellistes au monde
15:22qui vont venir au Maroc devant un jury international d'une qualité reconnue
15:28et qui seront bien évidemment également nos ambassadeurs
15:31quand ils retourneront dans leur pays,
15:32parce que ce concours est devenu un concours fétiche
15:35grâce à l'Académie du Royaume du Maroc
15:37qui nous soutient depuis quelques années.
15:39Nous sommes passés à un niveau d'excellence
15:41qui est reconnu mondialement.
15:43Et puis, prochain rendez-vous aussi, concert de poche, n'est-ce pas ?
15:47Alors, concert de poche, il est avant.
15:49C'est pendant le mois de Ramadan.
15:50Comme je vous l'ai dit, c'est le 6 et le 7 mars.
15:53Ah d'accord.
15:54Donc, j'ai juste rajouté un concert à la liste.
15:58Juste après, nous avons le festival des Alizés des Saouira.
16:03Oui, je l'ai écrit celui-ci.
16:05C'est le festival printemps.
16:07Printemps des Alizés entre le 30 avril et le 3 mai.
16:15Donc, c'est un rendez-vous annuel que tous les monomanes attendent depuis plus de 20 ans.
16:21Je pense que c'est l'un des plus beaux concerts de musique de chambre mondiale.
16:26Les concerts se passent dans les riades.
16:29Les soirs, les solistes internationaux qui viennent jouer se retrouvent avec l'Orchestre Philharmonique
16:34dans un grand chapiteau où tout le monde se retrouve.
16:36Et c'est vraiment un moment magique pour la ville et pour le Maroc.
16:40Et puis, j'ai lu également que l'OPM invite Roba Roba Spirit.
16:44Alors, c'est aussi une première parce qu'on fait beaucoup de premières à l'Orchestre Philharmonique du Maroc
16:48et à la Fondation Tenor pour la Culture.
16:50Puisque nous allons, encore une fois, montrer, comme pour Sherazade,
16:54que la fusion entre la musique marocaine, qu'aiment les jeunes,
16:58au Barba Spirit est un groupe marocain qui a beaucoup de succès chez les jeunes et les moins jeunes.
17:03Et nous allons faire une fusion avec la musique classique
17:05pour un peu montrer que ce mariage peut arriver à des choses un peu originales
17:10et sûrement très appréciées par le public.
17:12On a hâte, en tout cas, de découvrir tout ça.
17:15Maintenant que vous nous avez parlé de la programmation,
17:17si on devait revenir sur ces 30 années, justement, de l'OPM,
17:22quel est le bilan que vous en faites ?
17:25Alors, 30 ans, je vais vous avouer,
17:28quand je fais un peu une rétrospective dans ma tête,
17:31pour moi, ça fait 10 ans.
17:32C'est passé tellement vite.
17:34C'est pratiquement 600, plus de 600 concerts
17:37avec l'Orchestre Philharmonique qui ont eu lieu.
17:40C'est le Chœur Philharmonique du Maroc, c'est Mesaya,
17:44ce sont les écoles internationales de musique à Kazaïa Rabat.
17:47Tout ça, tout cet écosystème a vécu pendant plus de 30 ans progressivement,
17:53puisque Mesaya, ça date depuis 2012, donc ça fait 14 ans.
17:58Mais cet écosystème a fait que le temps a passé très vite
18:02parce que la culture est un puits sans fonds
18:05au point de vue possibilité de progression.
18:08C'est aussi un puits sans fonds au point de vue économique,
18:10c'est-à-dire qu'il faut une gestion très rigoureuse.
18:14Et d'abord, pour aller trouver des fonds,
18:16et je remercie aujourd'hui énormément tous nos partenaires
18:19qui, dans la plupart, nous ont été fidèles depuis maintenant 30 ans,
18:23des partenaires publics, privés, qui nous ont accompagnés,
18:27qui ont permis aussi de rémunérer les musiciens à leur juste valeur,
18:31parce que nous avions aussi comme projet, il y a 30 ans,
18:34de redonner un nouveau statut aux musiciens professionnels
18:38qui, je l'avoue, il y a 30 ans, étaient un tout petit peu négligeants.
18:42Et on faisait de la musique par défaut,
18:44alors que maintenant, on fait de la musique comme vrai métier.
18:46On monte sur scène, on est applaudi par un public prestigieux.
18:50Et donc, je pense que le statut des musiciens a évolué,
18:54et en 30 ans, c'est ma première fierté.
18:56Après, on est fier aussi d'avoir joué certaines œuvres très compliquées,
19:01artistiquement, techniquement,
19:02qui aujourd'hui, non seulement ont été jouées correctement,
19:06en tout cas, c'est ce que disent les critiques,
19:08mais ont plu au public.
19:10Et le troisième point, donc, c'est le public.
19:12Le public a énormément évolué avec nous.
19:15Nos salles sont pleines.
19:17– Le public est demandeur, justement.
19:20– Écoutez, casse-noisette, on a fait sold out les trois soirées.
19:25Là, pendant le mois de Ramadan,
19:28les deux salles à Rabat et Casa étaient pleines en plein mois de Ramadan.
19:32Donc, ça veut dire qu'il y a une attente, il y a une demande.
19:34Ce qu'il faut, en contrepartie, c'est donner des choses de qualité.
19:38Voilà. Et c'est un peu notre fierté.
19:40Et notre dernière fierté, c'est bien sûr le fait que nous ayons préparé un peu la relève
19:46en termes artistiques.
19:47Le projet Mesaïa en fait partie, mais pas que.
19:50Et nous sommes très optimistes.
19:52Je ne pense pas être là dans 30 ans.
19:54Mais en tout cas, ces 30 ans sont passés très rapidement.
19:57Et je souhaite que ça perdure le plus longtemps possible par l'intérêt de notre pays.
20:01– En tout cas, vous êtes en train de préparer la relève.
20:03Et puis, ça permet également le rayonnement de la musique classique à l'international.
20:08– Alors, la musique classique, effectivement, j'insiste, parce que souvent, les gens pensent,
20:14certaines personnes pensent que la musique classique est élitiste.
20:17Elle n'est dessinée qu'à certaines tranches de spectateurs.
20:22Quand vous venez à nos concerts, on fait la démonstration contraire.
20:27Nous avons énormément de jeunes.
20:29Alors, bien sûr, nous nous encourageons à venir,
20:31mais nous avons beaucoup de jeunes qui viennent et qui reviennent.
20:34Et donc, c'est une musique qui est internationale, universelle,
20:38avec tout le respect qu'on a pour toutes les musiques qu'on peut produire.
20:41Moi, je suis très fier de notre musique andalouse, de notre musique populaire marocaine,
20:44de la musique du jazz, etc.
20:47Mais la musique classique, c'est la musique universelle qui unit tous les pays
20:51et chaque pays développé culturellement doit travailler sur la qualité de sa production en musique classique
20:57et la rendre surtout accessible au public.
21:00Et je pense que sur ce volet-là, c'est, comme je vous l'ai dit,
21:03parmi les points dont je suis fier depuis 30 ans,
21:05c'est parmi les points dont je suis vraiment fier
21:07de voir tout ce public qui en demande encore plus.
21:09Et bientôt, avec les grands théâtres qui vont s'ouvrir à Casablanca et à Arapa,
21:14on va avoir un habitacle magique qui va encore nous donner une impulsion incroyable, j'en suis certain.
21:19– Et avec l'ambition actuelle, justement, est-ce qu'on pourrait s'attendre à la création d'un opéra
21:24?
21:25– Alors, on a aujourd'hui, avec le grand théâtre royal de Rabat et de Casablanca, des scènes d'opéra.
21:34Il va y avoir des fosses, il va y avoir une machinerie technique incroyable,
21:39une acoustique parmi les meilleures du monde.
21:42Donc, nous avons nos opéras.
21:44Maintenant, la production, peut-être que vous parlez de production d'opéras.
21:48– C'est ça, oui.
21:48– Nous produisons chaque année, à l'Orchestre Philharmonique du Maroc, un opéra,
21:52avec nos moyens, avec de la coproduction.
21:55Mais avec ces habitacles, parce qu'il faut aussi avoir un habitacle,
21:59des scènes qui sont capables d'accueillir des grands décors,
22:04d'accueillir des grands orchestres en fosse, d'avoir une belle acoustique,
22:07nous allons les avoir bientôt, et ça va accélérer ce que nous faisions, nous, depuis…
22:11On a produit à peu près 25 opéras, grands opéras italiens et autres, et ballets, depuis 30 ans.
22:18– Quasiment un par an, quasiment un par an.
22:19– Quasiment, au minimum un par an.
22:19– Ça demande beaucoup de préparation, j'imagine.
22:22– Il faut un an de préparation.
22:23Mais avec les grands théâtres et les grands opéras
22:26qui vont avoir tous les outils que nous n'avons pas aujourd'hui encore,
22:29ça va aller beaucoup plus vite et on va pouvoir, peut-être,
22:32c'est mon rêve dans quelques années, avoir une saison d'opéra,
22:36une saison de ballet, une saison symphonique, etc.
22:39Mais bon, c'est en rêvant qu'on arrive peut-être à réaliser nos rêves.
22:44– Et puis avec les jeunes artistes de Mazaya,
22:47on aura en tout cas le talent nécessaire pour pouvoir concrétiser ces rêves.
22:50– Tout à fait, mais pas que…
22:52J'insiste sur le fait qu'il y a d'autres…
22:53Nos musiciens, aujourd'hui, dans le Philharmonique,
22:56on est à peu près 70 musiciens professionnels,
22:58il y a 15 titulaires de Mazaya,
23:00mais les autres viennent des conservatoires nationaux
23:02qui ont été formés par les conservatoires,
23:04ensuite par nous-mêmes.
23:06On a des gens qui viennent de l'étranger aussi,
23:08des marocains qui viennent de l'étranger,
23:09chaque concert pour jouer avec nous.
23:11On a encore des renforts dans d'autres instruments
23:13où nous amenons des gens de l'étranger
23:15parce qu'on n'a pas encore le niveau vraiment d'être soliste
23:19sur quelques instruments, mais il y en a de moins en moins.
23:21Donc c'est tout cet écosystème qui fait que je suis très optimiste.
23:25Et quelle est plutôt votre vision de l'avenir ?
23:29Quelles sont vos attentes aujourd'hui ?
23:32Alors, pour l'Orchestre Philharmonique du Maroc,
23:35nous sommes sur une lancée.
23:37Il ne faut surtout pas la freiner.
23:40Nous avons besoin de plus de moyens
23:43pour pouvoir faire des choses encore plus majestueuses
23:48et plus grandioses par rapport à tout ce qu'on peut faire.
23:53Faire un opéra, heureusement que nous avons des partenaires avec nous
23:56qui nous soutiennent, mais on en fait un par an, un ballet par an.
24:01Pour un pays tel que le nôtre, il faudrait au moins avoir 4 ou 5 opéras par an
24:06et 4 ou 5 ballets.
24:07Je pense que c'est un minimum et le public le demande.
24:09Mais derrière, il faut avoir des moyens.
24:12Nous savons gérer.
24:13Les talents sont là, c'est une question de moyens aujourd'hui ?
24:16Pour aller plus, c'est une question de moyens.
24:18Parce qu'avec la Fondation Ténor pour la Culture, nous avons un outil de gestion.
24:22D'ailleurs, tout à l'heure, il faut parler du bicéphalisme.
24:25Le Ténor Group, qui est un peu la holding, qui est au-dessus de tout ça,
24:29au-dessus même de la Fondation Ténor pour la Culture.
24:31Le Ténor Group est structuré pour gérer de manière professionnelle tous les projets,
24:35qu'ils soient sur le volet économique ou qu'ils soient sur le volet artistique.
24:38C'est géré de la même manière.
24:39Donc, nous sommes capables d'aller plus vite.
24:42Il nous faut un peu plus de carburant, donc un peu plus de moyens financiers
24:46pour pouvoir aller plus vite.
24:47Sinon, on peut rester là où nous sommes, c'est déjà pas mal.
24:50Mais honnêtement, mon ambition personnelle,
24:52puisque vous parlez de l'avenir, c'est qu'on aille un peu plus vite.
24:55Et déjà, la présence des deux grands théâtres qui vont s'ouvrir,
24:58Inchallah, dans pas trop longtemps, je l'espère,
25:00va être un catalyseur, un impulseur.
25:02On arrive déjà au terme de cette rencontre.
25:05Mais j'aimerais vous donner quand même un dernier mot, un dernier message
25:08que vous voudriez peut-être partager avec notre public.
25:13Écoutez, pour réussir quelque chose dans n'importe quel domaine, j'insiste.
25:18Il faut beaucoup de travail, il faut de la rigueur et de la passion.
25:22Mais pas que.
25:24Il faut avoir un peu le don, la capacité de se sacrifier un peu
25:30et d'être épaulé par des gens qui croient en vous.
25:33Personnellement, mes parents, ma famille ont cru en moi,
25:37ont cru en ces projets et m'ont soutenu.
25:39Des fois, dans des conditions un peu difficiles,
25:41parce que vous savez, finir des répétitions à 22h tous les soirs
25:45et reprendre une heure et demie de route pour aller à Casablanca pendant 20 ans,
25:49c'est quand même des sacrifices.
25:51Mais, encore une fois, l'environnement des gens qui nous soutiennent,
25:54nos partenaires, nos étatiques, privés, notre famille,
26:00mes parents, tout ça ont contribué à faire qu'aujourd'hui,
26:03cet orchestre dont je suis fier, et qui n'est pas le mien,
26:06qui est un orchestre de mon pays, existe,
26:08et j'espère qu'il existera encore pour de longues années.
26:11– Merci à vous, Félid Benset.
26:13C'était un plaisir de vous avoir avec nous aujourd'hui.
26:15– Merci, madame Kamlochi, de vos questions pertinentes.
26:20– Merci d'avoir aussi partagé avec nous cette passion qui est la vôtre,
26:24celle de la musique.
26:25C'est la fin de rencontre pour aujourd'hui.
26:27On se retrouve la semaine prochaine.
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