00:00Le dossier du 13h, l'affaire Epstein, après Clinton, Trump sera-t-il entendu sous serment pour s'expliquer sur
00:06ses liens avec le milliardaire criminel sexuel ?
00:09C'est en tout cas ce que demande Hillary Clinton. On va en parler avec Patrick Sos, chef du service
00:13international de BFM TV, et Antoine Nelard, notre correspondant.
00:16On le retrouve tout de suite à Washington. Antoine Nelard, Hillary Clinton a été interrogée hier.
00:21Cet après-midi, ce sera au tour de son mari Bill. Mais celui qu'il faut interroger, dit Hillary Clinton,
00:28c'est Donald Trump.
00:32Oui, exactement. En fait, Hillary Clinton, hier, elle a été très combative pendant cette audition devant les élus du Congrès.
00:38D'abord, elle s'est défendue en expliquant qu'elle n'avait rien à voir avec Jeffrey Epstein, qu'elle
00:42ne l'a jamais rencontrée, qu'elle n'était pas au courant de ses agissements.
00:45Et puis surtout, elle a attaqué ou contre-attaqué en expliquant que cette convocation devant les élus du Congrès, c
00:51'était une manœuvre politique destinée à détourner, selon elle, l'attention de Donald Trump, de ses responsabilités dans l'affaire
00:58Epstein.
00:58Et elle continue en disant que si cette commission d'enquête est vraiment sérieuse, si elle veut vraiment faire toute
01:04la lumière, alors elle doit convoquer Donald Trump pour qu'il vienne s'expliquer sous serment sur ses liens avec
01:10le pédocriminel.
01:11Cette demande, aujourd'hui, est reprise par les élus démocrates qui siègent au sein de cette commission. Mais autant vous
01:17dire que ça a peu de chances d'aboutir, tout simplement parce que le président de cette commission d'enquête,
01:21qui est un républicain et qui est proche de Donald Trump, fait barrage.
01:24Il se retranche derrière un argument juridique en expliquant qu'il est tout simplement impossible de convoquer un président en
01:31exercice.
01:32Alors Donald Trump est-il protégé ? Au-delà de son immunité, on posera la question à Patrick dans un
01:36instant.
01:37Hillary Clinton qui a pris la parole à la sortie de cette commission d'enquête pour assurer que son mari
01:41n'avait rien à se reprocher.
01:44— Êtes-vous confiante à 100% que l'ancien président ne connaissait rien sur les fonds Epstein ?
01:50— Oui, je le suis. Et je pense que la chronologie des relations qu'il entretenait avec Epstein a pris
01:56fin plusieurs années avant que ses activités criminelles ne soient révélées au grand jour.
02:02— Patrick Sos, Antoine Hollard l'a évoqué. Cette idée d'une convocation de Donald Trump dans la justice, c
02:09'est envisageable ?
02:09— Au-delà d'une immunité judiciaire, il a surtout la carte d'immunité, même les multiples cartes d'immunité.
02:16La première, c'est celle de cette commission des affaires judiciaires, on va l'appeler comme ça pour plus de
02:21compréhension.
02:22Elle est tenue par un trumpiste, le représentant James Comer. Première carte d'immunité.
02:27La deuxième, c'est le département de la justice, Pam Bondy, qui est l'attenteur des générales, la ministre de
02:32la justice.
02:33Il faut quand même se souvenir vraiment de son jour 1 lorsqu'elle est nommée à la tête du département
02:38de la justice.
02:39Elle dit « je sors tout, tout de suite ». Ça fait plus d'un an, il reste encore 3
02:43millions de documents à sortir et surtout beaucoup de caviardages.
02:47Et puis la troisième carte d'immunité, c'est le numéro 2, celui qui vraiment supervise tout le caviardage, ce
02:52qu'on sort, ce qu'on sort pas,
02:53ce qui est quand même assez fou comme fonction. Le numéro 2, il s'appelle Todd Blanche, qui a cette
02:58carte-là absolument incroyable dans une grande démocratie.
03:01Si c'est l'ancien avocat de Donald Trump.
03:03– Voilà, vous avez fait le lien tout seul.
03:05Donald Trump qui dit que de toute façon, il n'y a aucune raison de l'interroger parce qu'il
03:08est totalement blanchi dans cette affaire.
03:11Écoutez-le, c'était il y a une dizaine de jours.
03:13– Je n'ai rien à cacher, j'ai été innocenté, je n'ai rien à voir avec Jeffrey Epstein.
03:18– Patrick Sauss, il y a des documents qui ont disparu un peu mystérieusement de ce dossier.
03:24– Oui, parce qu'il dit « j'ai rien à voir » alors qu'en fait, il est cité
03:26normalement.
03:26– Mais encore une fois, c'est le doute, vraiment je garde cette image des vannes et du robinet
03:32qui est ouvert puis refermé, puis qui laisse passer quelques gouttes.
03:36C'est le grand problème de cette administration qui d'ailleurs a été élue quasiment sur cette promesse
03:42de faire la lumière sur tout ce qui était l'État profond, en bonne partie évidemment.
03:46Il y avait sur l'inflation, je vous vois Mathieu, spécialiste aussi des États-Unis,
03:50mais il y a un certain nombre, il y a des dizaines de milliers d'Américains
03:53qui ont voté pour ça parce qu'ils disaient « on va en finir avec l'État profond démocrate »
03:59en partie dû aux époux Clinton, c'est pour ça que cette audition de Bill sera bien suivie.
04:05Et puis depuis, c'est à géométrie totalement variable.
04:09Et donc au milieu de ces documents qui ont disparu, il y a trois auditions d'une femme
04:15faites par le FBI, une femme qui accuse…
04:17– Qui porte des accusations très graves.
04:19– Très graves contre Jeffrey Epstein et contre Donald Trump,
04:22des faits d'agression sexuelle alors qu'elle avait 13 ans.
04:26Il y a bien eu des agents du FBI qui l'ont entendu,
04:29donc il y a eu un début de judiciarisation, et puis ça s'est terminé
04:33parce que, pareil Mathieu, vous connaissez la justice américaine,
04:36il y a des gens qui sont des fonctionnaires, il y a les agents publics,
04:39et puis il y a aussi tous ces postes qui sont élus aux États-Unis.
04:43Vous élisez un procureur, y compris de votre État,
04:45vous élisez le shérif de votre comté.
04:47Évidemment, dans la vague rouge maga de ces dernières années,
04:52Trump a posé des éléments essentiels un peu partout.
04:56N'oubliez pas notamment les cours suprêmes de chaque État.
04:58Il a beaucoup travaillé là-dessus, on n'en a absolument pas parlé en France,
05:00mais il tient les rênes de ces justices-là aussi.
05:03– Et Trump qui trouve qu'en fait, on en a beaucoup trop parlé de cette affaire.
05:06Ça y est, les documents sont publiés, on parle peu de lui,
05:10et ça suffit, les Américains veulent entendre quelque chose d'autre.
05:13Passez à autre chose, écoutez-le.
05:18– Je pense qu'il est vraiment temps que le pays passe à autre chose.
05:21Rien n'a été révélé à mon sujet, c'était littéralement un complot contre moi,
05:26monté par Epstein et d'autres personnes.
05:28Je pense qu'il est temps maintenant que le pays passe à autre chose,
05:32quelque chose qui intéresse les gens.
05:33– Alors on va poser la question aux correspondants de BFM TV aux États-Unis,
05:40Antoine Lard, est-ce qu'il est vrai que les Américains
05:43veulent tourner la page de cette affaire Epstein ?
05:48– Non, pas vraiment, les Américains veulent connaître la vérité sur cette affaire
05:52et c'est le cas en particulier des électeurs de Donald Trump.
05:55En fait, si on résume l'affaire Epstein en quelques mots, c'est quoi ?
05:58C'est l'histoire de jeunes femmes pauvres ou en tout cas issues de milieux modestes
06:02qui pendant des années ont été abusées par des hommes riches et puissants
06:05qui n'ont jamais eu à rendre de compte parce qu'ils étaient protégés
06:08et qu'ils faisaient partie d'une sorte d'élite mondialisée.
06:11Cette même élite que Donald Trump avait promis de combattre
06:14et c'est pour cette raison que sa promesse pendant la campagne de publier les dossiers Epstein
06:19était extrêmement populaire au sein de sa base électorale.
06:22Seulement voilà, quand Donald Trump est arrivé au pouvoir, il n'a pas publié les dossiers.
06:26Il l'a fait sous la pression finalement du Congrès mais il a vraiment traîné des pieds
06:30et encore les dossiers qui sont publiés, vous le savez, sont largement caviardés.
06:34Ce qui provoque la colère de ces électeurs parce que ça donne l'impression
06:38que Donald Trump protège les élites ou fait lui-même partie des élites
06:42et qu'il cherche peut-être à se protéger.
06:44Il y a donc vraiment un sentiment de trahison au sein de la base électorale Donald Trump
06:49qui continue de réclamer.
06:51Il suffit d'aller voir sur les réseaux sociaux, sur les comptes MAGA ou dans les podcasts
06:54des influenceurs de droite et d'extrême droite pour se rendre compte que le sujet est encore très présent
06:58et qu'il y a une vraie demande de la base électorale de Donald Trump
07:01pour qu'enfin toute la lumière soit faite et qu'on publie les dossiers sans caviardage.
07:07Je rappelle aussi qu'il reste plus de 3 millions de fichiers qui n'ont toujours pas été publiés
07:11malgré l'obligation légale pour l'administration Trump de le faire.
07:15Éthiquement en fait ça pourrait lui coûter cher.
07:18Oui parce que vraiment à chaque fois il faut tout découper dans ces affaires Epsin.
07:23S'il y a vraiment un gros problème judiciaire avec cette plainte dont je parlais à l'instant,
07:28là ça devient du pénal et un problème de justice pour Donald Trump.
07:32Mais pour l'instant on est sur un problème colossal au niveau de la politique de Donald Trump
07:36qui regarde les sondages qu'il ne publie pas.
07:38Mais il est au plus mal à la fois dans le taux de satisfaction de son action politique.
07:44L'inflation ça ne bouge pas.
07:46Le ticket de caisse est toujours aussi élevé lorsque les Américains vont faire leurs courses.
07:50Et ça manque cruellement de victoires.
07:52Il va garder ça vraiment comme le sparadrap du capitaine Haddock jusqu'au mois de novembre prochain.
07:57Il lui faut des victoires.
07:58Peut-être que ça arrivera comme bien souvent par l'étranger.
08:02Une victoire notamment avec une frappe sur l'Iran.
08:04Il faut l'avoir aussi en tête.
08:06Et si vous voulez en savoir plus sur cette...
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