00:01Paul Sugier est avec nous. Bonjour Paul, journaliste au Figaro, La Politique tous les matins avec vous.
00:06Jean-Luc Mélenchon était en meeting hier soir à Lyon, officiellement pour soutenir sa candidate à la mairie.
00:10On craignait une provocation, mais l'ensemble de la soirée, vous nous dites, a été d'une indécence totale.
00:16D'une indécence totale et surtout d'un décalage extraordinaire avec le contexte de la campagne municipale.
00:23Vous faites bien de préciser que le prétexte officiel était de soutenir Anaïs Belouassa Chérifi.
00:28On va prononcer au moins une fois son nom, nous on le fera, parce que de cette candidate insoumise à
00:32la mairie de Lyon,
00:33il n'a finalement que très peu été question au cours du meeting de Jean-Luc Mélenchon.
00:36C'était moi, moi, moi et encore moi.
00:39Quand Jean-Luc Mélenchon parle, et il parle longtemps, il parle de lui, il parle de ceux qui lui en
00:44voudraient, et il se défend de tout cela.
00:46Donc il est venu effectivement pour défendre son mouvement, la France insoumise, mais aussi la jeune garde,
00:52dont la proximité avec la France insoumise a bien sûr été pointée du doigt ces derniers jours,
00:55et dont sont issus un certain nombre d'accusés aujourd'hui dans le meurtre de Quentin de Ranque.
01:00Il a réaffirmé son soutien au mouvement antifasciste, il a dit ce sont nos frères,
01:04et il a répété que Rima Hassan et Raphaël Arnaud, et que son mouvement de façon générale,
01:08ne sont pour rien dans ce qui s'est passé le soir du lynchage de Quentin de Ranque.
01:12Tout cela, dit-il, est un traquenard, bah voyons, monté délibérément par l'association Némésis.
01:17On est complètement en dehors de toute réalité, mais peu importe, il a appelé à la dissolution de ce collectif.
01:23La jeune garde ? Non, Némésis. Il a en revanche critiqué la volonté de dissoudre la jeune garde,
01:29dans une inversion accusatoire totale.
01:31Et toute la soirée, finalement, c'était la partition du nous contre eux,
01:35des deux côtés, je le cite encore, de la barricade, et du camp qu'il faudra choisir.
01:39Pour lui, le mouvement de la France insoumise, c'est une torture romaine,
01:42qui doit tenir bon face au péril, dit-il encore, fasciste.
01:45Il a même insulté la mémoire de Quentin de Ranque.
01:48En réécrivant l'histoire complètement, sur toute la ligne.
01:51Il dit, elle, elle au pluriel, c'est Némésis,
01:53elle voulait un incident pour que surgissent des gens armés, casqués et cagoulés.
01:57La mort de Quentin de Ranque, c'est la faute de Némésis.
01:59Il dit encore que c'est une organisation criminelle,
02:02et il est même allé, et là, l'indécence devient totale,
02:05à railler le fait que Quentin de Ranque se soit retrouvé seul à terre,
02:08lynché à mort par des militants d'ultra-gauche, en disant,
02:11vous voyez, les fascistes abandonnent leurs camarades à terre.
02:14Et enfin, il a craché sur la tombe de Quentin de Ranque
02:17en traitant ce jeune garçon de 23 ans de fasciste et de néo-nazi,
02:21notamment en reprochant à Jean-Michel Hollasse,
02:23autre candidat à la mairie de Lyon,
02:24d'avoir voulu mettre son portrait sur l'hôtel de ville.
02:27Et puis, il y a une séquence au très fort relant antisémite,
02:31qui sent très très fort l'antisémitisme.
02:33C'est quand même complètement fou.
02:34Après avoir traité Quentin de Ranque de néo-nazi,
02:36c'est Jean-Luc Mélenchon lui-même qui reprend une terminologie antisémite,
02:40en tout cas des clins d'œil antisémite,
02:41en évoquant le travail d'investigation des journalistes de France Info
02:45dans les affaires judiciaires.
02:46Il déplore leur non-respect du secret de l'instruction,
02:48sauf, dit-il, s'il s'agit de l'affaire Epstein.
02:51Enfin, il se reprend ensuite en disant,
02:53je voulais dire Epstein, ça fait plus russe.
02:56Il fait allusion à un débat qu'il y a eu dans les médias
02:57sur la prononciation qu'il fallait avoir
02:59du nom de ce pédocriminel américain.
03:02Il dit maintenant, il faut dire Epstein au lieu d'Epstein,
03:05Frankenstein au lieu de Frankenstein.
03:07Voilà, tout le monde comprend comment il faut faire.
03:09En réalité, s'il plaisante là-dessus,
03:11ça n'a rien d'innocent, bien sûr.
03:13C'est parce que prononcer Epstein façon yiddish,
03:15ce serait insister sur l'origine juive d'un nom
03:18et que donc il s'amuse finalement
03:22de cet aspect communautaire
03:24qui, semblerait-il, justifierait à ses yeux
03:27une plus grande culpabilité,
03:28comme si le fait d'être juif
03:29augmentait les chances d'être pédocriminel.
03:31C'est ça qu'il faut comprendre dans sa rhétorique.
03:33Alain Soral, avant lui, avait fait les mêmes plaisanteries
03:36au sujet du nom de Weinstein et d'Epstein.
03:38On voit bien de quel côté se situe Jean-Luc Mélenchon
03:41par rapport à l'antisémitisme
03:42et ce qui s'est passé hier est d'autant plus grave.
03:45Ça n'a pas échappé, par exemple, à Jonathan Harfi,
03:47le président du CRIF,
03:47qui a dénoncé un délire complotiste
03:49au vrai relant antisémite
03:51quand Aurore Berger a déclaré
03:53que l'antisémitisme s'écrit aujourd'hui en trois lettres.
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