00:00Et on revient ce matin sur cet incident, loin d'être passé, inaperçu hier.
00:04Un drone, probablement d'origine russe, a été neutralisé alors qu'il se trouvait à proximité du porte-avions Charles
00:09de Gaulle,
00:10stationné dans le port suédois de Malmö, François.
00:13Et dans cette affaire, vous nous le dites ce matin, rien, absolument rien n'est anecdotique.
00:17C'est sûr. Pourquoi ? Parce que d'abord, des drones qui sont dans cette proximité des bases ou des
00:25ports de cette région des pays nordiques,
00:27c'est effectivement ce qu'on a connu, rappelez-vous, fin septembre,
00:30lorsque un certain nombre d'installations, notamment militaires du Danemark et de Norvège,
00:35ont été survolées par des drones apparemment russes.
00:39Et puis, deuxièmement, parce qu'évidemment, lorsque vous avez le Charles de Gaulle, le porte-avions,
00:43le fleuron de la marine française qui se trouve exactement ici, à Malmö, en face de Copenhague,
00:51eh bien oui, vous avez toutes les raisons de penser que ce drone n'était pas là par hasard,
00:55mais parce qu'il se trouvait dans la bulle de sécurité du groupe aéronaval.
01:00Et donc, assez logiquement, les forces suédoises ont réussi à brouiller ce drone,
01:05quelle que soit sa nature, quelle que soit son identité, quelle que soit sa menace,
01:10pour éviter, évidemment, tout incident possible.
01:12Et puis, la troisième raison, évidemment, c'est parce que, quand vous regardez cette carte,
01:16les choses sont assez lumineuses.
01:18En fait, la mer Baltique, aujourd'hui, est devenue un lac.
01:23C'est un lac, aujourd'hui, qui n'est fermé que par deux petits détroits, ici,
01:28qui se trouvent entre la Suède et le Danemark.
01:30Et tout le reste, eh bien, vous voyez, c'est l'OTAN.
01:33C'est l'OTAN, notamment, depuis que la Finlande et la Suède, vous le savez,
01:37sont devenus membres de l'Alliance Atlantique, depuis le début de la guerre en Ukraine,
01:41évidemment, par crainte de la menace russe.
01:43Et donc, on comprend la raison pour laquelle, des pays baltes,
01:47jusqu'à la Pologne, l'Allemagne, et puis les pays nordiques,
01:51il y ait cette idée que les Russes représentent, effectivement, une menace.
01:55Et les Russes, de leur côté, pensent que cet encerclement, effectivement,
02:00représente également une menace pour eux.
02:02C'est pour ça, François, que les exercices militaires, il y en a de plus en plus.
02:05Et notamment avec le Charles de Gaulle,
02:08puisque c'est la première fois que le Charles de Gaulle se rend,
02:10depuis au moins 25 ans, dans cette région,
02:13pour participer, notamment, à quatre exercices différents.
02:16Le premier, il est très connu, c'est l'opération Baltic-Centry,
02:19qui fait, depuis le début de la guerre en Ukraine,
02:22une forme de vigilance, de police du ciel d'un côté,
02:25de police de la mer de l'autre,
02:26et surtout, pour éviter ce qu'on appelle ces incidents sous-marins.
02:30Vous savez, ces câbles qui sont raclés au plus profond,
02:34et notamment par des navires suspectés d'être russes, également.
02:37Et c'est par là que transitent nos communications, nos données numériques.
02:40Deuxième opération, l'opération Steadfast Dart.
02:43Là, il s'agit, pour la France, de participer à un exercice
02:47de surcroît de vigilance dans cette région de la mer Baltique.
02:51Ensuite, l'opération Cold Response et Dynamic Mariner.
02:54Ce sont des opérations où la France va essayer de s'entraîner
02:57sur le plan naval pour devenir nation-cadre,
03:00c'est-à-dire, vraiment, en cas de grande alerte,
03:03c'est la nation qui représenterait, avec la Norvège en l'occurrence,
03:06les chefs de cette mission.
03:08Et puis enfin, intéressant, en avril,
03:11l'opération Neptune Strike, là, le porte-avions quittera
03:15les eaux de la Baltique pour se rendre dans l'Atlantique Nord,
03:18près de l'Islande, près du Groenland.
03:21Et là, on est effectivement sur un autre terrain,
03:23mais où les Russes représentent également,
03:26en tout cas, aux yeux des Européens et aux yeux des Américains,
03:29une forme de menace.
03:29Bonne heureuse.
Commentaires