00:00Madame la Présidente de l'Assemblée Nationale, Mesdames et Messieurs les députés,
00:05Ces motions de censure portent officiellement sur un décret.
00:10En réalité, elles portent sur une stratégie.
00:14Elles portent sur une décision, au fond, assez simple, planifiée, plutôt qu'improvisée.
00:20L'énergie n'est pas un sujet d'improvisation.
00:23Elle engage notre souveraineté, notre indépendance pour plusieurs décennies.
00:27Elle engage notre industrie, elle engage le pouvoir d'achat des Français.
00:33Je me suis replongé dans les débats de 1974, au moment du plan Messmer.
00:38On y retrouvait déjà les mêmes accusations.
00:40Passage en force, dérive autoritaire, folie financière, surproduction inutile.
00:4750 ans plus tard, nous savons ce qu'a produit cette prétendue brutalité.
00:51Une électricité souveraine, abondante, décarbonée, parmi les moins chères d'Europe.
00:58Pierre Messmer n'a pas improvisé, il a tout simplement planifié.
01:02Aujourd'hui, le gouvernement fait humblement le même choix en se basant justement sur cet héritage.
01:09Et face à cela, que nous opposent le Rassemblement National et la France Insoumise,
01:14non pas une stratégie alternative, nous l'avons entendu à l'instant, mais une succession d'improvisations.
01:21La première improvisation est le procès en illégitimité démocratique.
01:26La programmation pluriannelle de l'énergie est fixée par décret.
01:29C'est la loi qui le prévoit explicitement.
01:32Les objectifs, eux, ont été votés par le Parlement.
01:35Il y a eu, depuis trois ans, concertation, consultation, débat, ici même.
01:42En 1974 déjà, le plan Messmer fut adopté par une simple décision en Conseil des ministres.
01:49Était-ce une dérive illibérale ?
01:51Non, c'était gouverné tout simplement.
01:54Improviser une polémique juridico-politique ne change pas le droit.
01:57Ni notre histoire, dont certains veulent pourtant aujourd'hui être les pseudos héritiers.
02:04La deuxième improvisation est plus lourde, car elle concerne des chiffres inventés.
02:09Par le Rassemblement National, d'abord, 300 milliards sont avancés.
02:1550% d'augmentation du gaz.
02:17Chiffre d'autant plus farfelu que nous parlons d'importation sur la base des aléas des marchés internationaux.
02:22Des dizaines de milliards, avancez-vous, de pertes liées à la modulation nucléaire.
02:28Ces chiffres ne figurent nulle part dans la PPE.
02:32Nulle part.
02:33Pire, ils ne correspondent à aucun document officiel.
02:37Ils ne résistent à aucune vérification.
02:39Ils sont même complètement fantaisistes, pour ne pas dire inventés,
02:43pour l'occasion de la pseudo-démonstration.
02:46Monsieur Tanguy.
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