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  • il y a 8 heures
Étrillé 5-2 au cumulé par Bodø/Glimt, l'Inter sort de la compétition par la toute petite porte de la Ligue des Champions. Au-delà de l'Inter, le football italien pourrait se retrouver avec seulement 2 ou 3 clubs sur les 7 engagés en 8es de C1 C3 et C4...

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00:00Daniel et juste le match quand même là entre l'Inter et Bodo Glimt, t'as l'impression que l
00:04'Inter à un moment aurait pu ou à aucun moment Bodo Glimt a été inquiété ?
00:09Ben franchement, franchement non, l'Inter elle a jamais eu le momentum comment dire, c'est à dire ils ont
00:17joué la première mi-temps, les premières 20 minutes ils ont poussé très fort c'est vrai mais ils n
00:23'ont pas créé des occasions très très claires,
00:25ils arrivent toujours avec les corners, avec des centres mais ça n'a pas duré longtemps et ça n'a
00:32pas créé vraiment des chances, Bodo ils ont défendu avec leur 4K2 qui bloque les centres et défendent la zone,
00:42en Italie on n'est pas habitué, j'arrête pas de répéter ça mais c'est très important parce que
00:47l'Inter elle joue toujours sur les deux attaquants,
00:49alors là il n'y avait pas Lautaro, il y avait Marcus Touram et Pio Esposito mais ils n'ont
00:55jamais arrivé à donner la balle sur les pieds de Marcus Touram au Pio Esposito.
01:01Et donc voilà, on est arrivé à la deuxième mi-temps et là Bodo il a mis deux buts, l
01:06'Inter elle s'est écroulée tout de suite après la première, c'est une erreur énorme d'Akanji qu'il
01:12avait pris un coup sur la tête avant, il avait un grand bandeau sur le front mais il a fait
01:20une erreur, il s'est allongé le ballon, on ne sait pas.
01:23Mais bon, après ça, l'Inter ils ont commencé à se disputer entre eux, ils n'ont pas réagi, Bodo
01:30ils ont mis un très joli deuxième but, vraiment très très très joli et là c'est fini, après ils
01:36ont marqué les 2-1, Akanji justement sur le corner.
01:39Mais vous savez quel match, ça m'a rappelé ces matchs-là, à un certain moment, le match contre le
01:45Suède en 2017, quand on a réduit, inversé les 1-0 du match allé, on a fait je pense à
01:53l'époque plus de 50 centres,
01:56ben là l'Inter, ce soir, elle a fait plus de 40 centres et donc voilà, je pense que ça
02:03résume un peu les différences entre les deux équipes, une qui joue vite à terre, un contre, elle défend bien
02:09mais elle défend dans une zone,
02:11l'autre qui elle mise tout sur les douels individuels, athlétiques, avec des joueurs costauds, grands, mais qu'elle n
02:18'arrive pas à bien jouer au foot en fait quand les espaces se contractent.
02:23Bon, c'est quand même le finaliste de la Ligue des Champions, l'Inter, qui se fait sortir ce soir
02:27en barrage par un club qui, bon, même si c'est un peu une sensation,
02:30pèse pas lourd sur la scène européenne. Andréa, est-ce que t'es surpris ?
02:37Non, pas vraiment, parce qu'au final, ce Bodo Glimt Inter, c'est un peu la continuité des Norvège-Italie
02:42qu'on a vu ces derniers mois, c'est-à-dire un pays qui a réfléchi, pensé son foot depuis
02:47une dizaine d'années,
02:48et un autre en fait qui est dans une inertie assez navante, et donc finalement c'est juste la continuité
02:54de ce qu'on voit depuis 10-15 ans en Italie.
02:57Moi je ne suis pas surpris, parce que oui, l'Inter a été finaliste de la Ligue des Champions, mais
03:01l'Inter a été finaliste avec un coach qui a fait des miracles,
03:04vraiment Simone Inzaghi. Je pense que c'est le coach italien de ces cinq dernières années, sans aucun doute,
03:10parce qu'il a fait vraiment avec très très peu de finales de Ligue des Champions, ce qui est quand
03:14même énorme,
03:16mais voilà, son départ, il avait créé une machine, voilà, pour compenser certains des maux du foot italien,
03:23c'est-à-dire de ne pas avoir de joueurs créatifs, de ne pas avoir de joueurs qui sont capables
03:26de faire des différences.
03:27Il avait créé une machine extrêmement bien huilée, qui faisait que les mecs se trouvaient sans se regarder,
03:32mais au final, ce qui l'a empêché aussi de gagner, c'est justement ce manque de talent-là,
03:36ce manque de talent, qui va peut-être priver l'Italie d'une troisième Coupe du Monde, parce que tout
03:40est lié, en fait, d'une certaine manière.
03:41Alors, j'aimerais que tu reviennes à ton concept d'inertie, parce que ça m'intéresse, et que je le
03:44constate depuis pas mal de temps maintenant.
03:47Juste pour la parenthèse sur la machine, je suis d'accord avec ce que tu dis,
03:51mais il faut quand même dire que cette machine, elle a encore dix points d'avance.
03:55Le classement de la Serie A, et que c'est presque grave de dire ça.
03:58Ah ben c'est grave, pour moi.
03:59C'est presque grave de dire ça. Parce que, alors, maintenant, on va arriver à l'inertie,
04:03mais quand tu regardes le classement de la Serie A, que tu vois cette Inter qui a dix points d
04:07'avance,
04:08et que tu la vois échouer comme elle a échoué ce soir, que tu vois que derrière, tu as Milan,
04:13et regarder le Milan d'Alegri, c'est quelque chose.
04:15C'est horrible.
04:18Tu peux terminer avec un mal aux yeux, un mal de tête terrible.
04:23Une Juve, qu'on pensait un peu revigorée avec Spalletti,
04:27et qui, depuis cinq matchs, peut-être un peu plus, est absolument catastrophique.
04:32À part la Roma et Com, c'est d'une tristesse monumentale.
04:37Donc, je veux bien que tu développes sur l'inertie, parce que tu en parles beaucoup dans l'article,
04:42et tous les gens qui parlent foot en Italie, comment on en parle aujourd'hui ?
04:45En fait, je pense que l'inertie, déjà, c'est ça qui est paradoxal,
04:49c'est qu'en Italie, les gens sont conscients, je pense, de cette inertie,
04:52parce que, nous, ça fait quelques années qu'on a fait divers papiers sur le football italien,
04:57dans ce foot, et moi, je me rappelle, par exemple, d'une année où j'étais allé à la Fédération,
05:01rencontrer le président Gravina, il y avait tout l'état-major,
05:04et il nous disait déjà, c'était 2018-2019,
05:08on a compris les erreurs de 2010, on va mettre des choses en place.
05:12Bon, le fait est que, sept ans plus tard, on est toujours au même niveau.
05:15C'est-à-dire que l'Italie ne développe toujours pas ses jeunes,
05:18ou en tout cas très, très peu.
05:20L'Italie a toujours du mal de se sortir.
05:23Alors, je ne sais pas si c'est un mix de fierté aussi,
05:26parce que quand tu as été le championnat de référence pendant facilement une quinzaine d'années,
05:31et qu'aujourd'hui, tu as du mal à te remettre véritablement en question
05:35sur ton modèle, sur ton modèle de gestion, sur ton modèle de formation,
05:39je pense que c'est un tout,
05:40et que chacun reste un petit peu dans sa paroi.
05:42C'est-à-dire qu'aujourd'hui, les directeurs sportifs se disent
05:44« À quoi bon lancer des jeunes,
05:46alors que le risque de descendre est important ? »
05:49Du coup, on va jouer à la facilité,
05:50on va donner beaucoup de pouvoir à des agents
05:52qui vont faire venir des mecs qui ne sont peut-être même pas forcément meilleurs.
05:55Il y a un paradoxe, je te coupe,
05:56mais ils ont quand même toujours des droits télé
05:57qui sont, par rapport à nous, stratosphériques.
06:00Oui, mais c'est l'héritage, en fait,
06:02de ce qu'a été le football italien.
06:03Ils ont l'argent ?
06:05Ils l'ont, oui et non,
06:06parce qu'au final, Daniel prenait l'exemple de Combe.
06:08Combe, aujourd'hui, c'est l'un des clubs les plus riches de Serie A,
06:10donc ce n'est pas non plus étonnant de les voir aujourd'hui dans le top 5,
06:13et même, je pense, dans les années à venir,
06:14être un membre permanent de ce top 5-là,
06:18parce qu'au-delà des idées de Fabregas
06:20qui sont pour le coup modernes,
06:21ils ont aussi beaucoup d'argent.
06:23Moi, je pense qu'il y a plusieurs aspects à aborder,
06:25mais l'aspect des coachs me paraît fondamental.
06:29Est-ce que, justement,
06:31l'Italie ne doit pas faire un peu son deuil des coachs historiques ?
06:35C'était le pays des coachs.
06:36C'est le pays quasi de l'invention de tout.
06:38Et c'est pour ça que les coachs modernes, révolutionnaires,
06:41sont assez mal vus ou ont du mal à percer ?
06:44C'est surtout qu'ils s'exportent.
06:45De Zerbi, Farioli, Maresca,
06:49il y en a un quatrième que tu cites,
06:52Gaspérini, c'est un peu diviné,
06:52il est toujours là,
06:53mais ça fait partie des révolutionnaires.
06:55Mais ils ont du mal à être acceptés, c'est ça ?
06:57Alors, Gaspérini, je le mettrais à part,
06:58parce qu'en plus, il a une image en Italie
07:00où c'est un mec détesté,
07:02même s'il a proposé l'un des plus beaux foot avec la Talenta,
07:05c'est un mec qui n'est pas très agréable, visiblement,
07:07donc je le mettrais à part,
07:08parce que surtout, ce qu'on voit,
07:10c'est que Farioli, Maresca et De Zerbi,
07:12c'est des coachs qui très vite ont dit
07:14« En Italie, il ne se passe plus rien,
07:16il faut qu'on aille voir à l'étranger
07:19où ça bouge, en fait. »
07:20De Zerbi, je l'avais rencontré en 2019 à Sassolo,
07:23il m'avait dit « C'est à Clouges,
07:24quand je suis parti jouer à l'étranger,
07:26que j'ai commencé à regarder le Barça de Guardiola,
07:28que j'ai commencé justement à m'imprégner
07:30d'un football beaucoup plus moderne,
07:32que là, je me suis dit « Ok, je vais venir coach. »
07:34C'est un sport en Italie, en fait, qui n'est pas très productif.
07:38Oui, je ne sais pas si c'est un entre-soi,
07:39mais je pense qu'encore aujourd'hui,
07:41il faut regarder qui entraîne les plus gros clubs de Serie A,
07:43Antonio Conte, qui a été, ok,
07:45un coach majeur dans les années 2010,
07:47mais dont les idées aujourd'hui sont un peu dépassées,
07:48on le voit d'ailleurs en Coupe d'Europe,
07:50il n'arrive plus à rien.
07:50Conte, il bouillit complet.
07:51Voilà.
07:52Allegri, Daniel a bien résumé,
07:53donc je ne vais pas aller plus loin.
07:54Allegri, il continue,
07:55il continue ses discours,
07:57il continue à être...
07:59Le pire, c'est qu'il continue à être soutenu.
08:02Bien sûr.
08:02Il y a encore des gens,
08:04moi je connais des supporters de la Juve,
08:06qui disent « Eh, regardez, avec Milan, il est deuxième. »
08:09Oui, mais il y a toujours l'idée reçue aussi,
08:11avec eux, au moins, ça gagne.
08:12Alors que les autres, il y a du beau jeu,
08:14mais ça ne gagne pas.
08:14Ça, c'est toujours là en Italie.
08:15En Italie,
08:16ils regardent les autres championnats,
08:18la Première Ligue ou la Liga, par exemple ?
08:20Non.
08:21Pas trop, non.
08:21Ils ne sont pas méga ouverts.
08:22Mais comme les Anglais ne regardent pas ailleurs,
08:24ou les Amens...
08:25Au moment, les Anglais ont un des meilleurs championnats.
08:27Oui, mais le problème,
08:28c'est que les Italiens l'ont eu pendant 20 ans.
08:29C'est difficile, quand tu as dominé à ce point,
08:32de te dire, déjà,
08:33il l'a dit Andréa,
08:34d'accepter de baisser.
08:38Quand tu as eu les coachs
08:40qui ont quasi tout inventé,
08:41Saki, Capello,
08:43dans des styles très différents.
08:44Tu avais des batailles,
08:45des discussions,
08:47ceux qui pensaient le foot comme Capello,
08:49qui avaient donné ça le son de football à Cruyff,
08:50il a mangé 10 ans là-dessus.
08:53Tu avais Saki avant,
08:54tu avais Marcel Olippi,
08:55qui a fait Juve champion d'Europe,
08:57Italie championne du monde.
08:58Qu'est-ce que tu vas regarder, en fait ?
09:00Mais moi, ce que je leur reprochais,
09:02c'est que ça ne doit pas empêcher
09:03de s'ouvrir un peu et tout.
09:05Mais tu sais,
09:05Milan,
09:07il gagne la Ligue des Champions,
09:08c'est 2007,
09:09ce n'est pas non plus loin.
09:12Et 2010,
09:13l'Inter gagne.
09:15Et tu parles de Saki, Daniel,
09:17il y a ton reportage en Italie,
09:20mais il y a aussi, après,
09:21quelques dates clés
09:21listées par Sherif Guémour dans le SoFoot,
09:23et notamment,
09:24il prend des phrases de Saki,
09:25et il dit, en fait,
09:26le problème de l'Italie,
09:27ça remonte presque à l'Antiquité,
09:28c'est culturel.
09:29L'Italie est un pays de vieux
09:31qui aborde la nouveauté.
09:33Aujourd'hui,
09:33dans le jeu,
09:34tout le monde presse,
09:35et le pressing,
09:35ça ne veut pas dire
09:36fermer le jeu,
09:37ça, on ne l'a pas compris.
09:37Les vieux qui aborde la nouveauté,
09:38ils ne parlent pas de Daniel, là.
09:40Non.
09:40Non, mais rassurez-moi.
09:41Peut-être, je ne sais pas.
09:42En Italie,
09:43le football est le reflet de notre histoire.
09:44La dernière fois qu'on a attaqué,
09:46c'était il y a 2000 ans,
09:47lors de l'invasion de la Gaule.
09:50Oui, il y a eu Pescara de Zeman,
09:52quand même,
09:52mais bon,
09:53dans notre liste.
09:54En quoi, c'est juste un bon mot ?
09:55En quoi, c'est la réalité ?
09:56Parce que ne serait-ce qu'en 2001,
09:57l'équipe de Mancini,
09:58ce n'est pas une équipe qui attend.
09:59Même 2012 aussi.
10:00Et d'ailleurs,
10:01tu en parles,
10:01ce que j'allais dire,
10:02tu en parles dans ton article,
10:04puisque vous avez retrouvé
10:04Prandelli,
10:05qui à un moment a été,
10:06peut-être le penseur,
10:08je ne m'explique pas
10:08comment il a disparu un petit peu,
10:10il a été atteint psychologiquement,
10:12je ne sais pas,
10:13comme s'il n'osait plus parler.
10:14Prandelli 2012,
10:17il joue la finale à 10.
10:19C'est la dernière d'ailleurs,
10:20équipe d'Italie un peu marquante.
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