Passer au playerPasser au contenu principal

Catégorie

Personnes
Transcription
00:00Monsieur Mélenchon, bonjour.
00:01Je suis créatrice de contenu politique sur les réseaux sociaux.
00:04Je trouve la démarche très bien d'inviter les nouveaux médias
00:08pour la simple bonne raison que moi je fais le constat aussi sur les réseaux
00:11que les gens attendent de l'information politique différente.
00:14Ils ont besoin de plus de pédagogie, plus d'humanité dans la démarche.
00:19Je vous ai entendu dire plusieurs choses, donc je vais faire la question en plusieurs temps.
00:22Premièrement, vous avez dit libérer les médias.
00:24Je trouve que c'est hyper intéressant et je vais vous demander comment.
00:27Du coup, vous libéreriez les médias ?
00:29Ça, c'est la première question.
00:30Deuxième question, ce qu'on est en train de faire, qui est génial
00:33et qui va probablement changer le paysage médiatico-politique,
00:36et je pense que le paysage médiatico-politique change déjà par tous les acteurs qui sont là, en fait.
00:41Est-ce que vous n'avez pas peur que cette démarche soit vue comme quelque chose
00:44qui va uniquement dans votre sens ?
00:45Et qu'est-ce que vous diriez aux gens qui peuvent penser ça ?
00:49Et la dernière chose que je vais vous demander, c'est comment vous arriveriez,
00:53par cette démarche, à justement faire en sorte de re-réunir le citoyen et la politique.
00:59Ouf !
01:00Bon, libérer les médias, c'est pas un discours très nouveau, hein, pour nous,
01:04parce que l'idée a déjà été portée à plusieurs reprises,
01:07mais avec le temps qui passe, et vu l'approfondissement de la catastrophe,
01:13la situation est meilleure pour nous pour proposer autre chose.
01:16Je veux dire que si on nous fait des campagnes du type de celles
01:19qui ont été faites contre nos amis au pouvoir dans toute l'Amérique latine,
01:23la moitié de la France s'écroulera de rire.
01:25Parce que, bon, prétendre que la liberté est garantie par le système médiatique actuel,
01:31personne ne croit ça en France.
01:32Je crois personne, à part ceux qui travaillent dedans.
01:35Bon, tout le monde voit bien que ça va pas.
01:37Je sais pas bien comment régler le problème,
01:39comment on fait coïncider la liberté d'entreprendre,
01:42de posséder tous les hommes et les biens,
01:45et puis la liberté de la contradiction,
01:48alors ils ont résolu le problème, ils ne le règlent pas.
01:50Voilà, comme ça, ça se met tout seul,
01:52c'est-à-dire c'est un phénomène de concentration,
01:54et nous sommes en train d'arriver à un paroxysme.
01:569 personnes possèdent 90% des médias.
01:59Quand on dit le chiffre, on a du mal à se représenter,
02:01ce que ça peut bien vouloir dire.
02:02On nous dit, ah, mais tout le monde est libre là-dedans.
02:04Oui, oui, tout le monde est libre d'être d'accord, sans aucun problème.
02:08Alors évidemment, on recrute le chef qui lui-même recrute le sous-chef,
02:11qui lui-même recrute l'ARPET,
02:13et voilà comment un système entier pense la même chose d'un bout à l'autre,
02:16mais en toute bonne foi.
02:18Ce n'est pas des gens qu'on contraint.
02:19On ne leur dit pas tous les matins,
02:20et maintenant, il faut être de droite.
02:21Non, ils le sont naturellement.
02:23Ou sinon, pas d'engagement politique.
02:26Ils pensent que c'est une idée qui va de soi,
02:27que le marché, c'est mieux que pas de marché, et ainsi de suite.
02:30Qui ne s'est d'ailleurs jamais trop posé la question de savoir ce qu'était le marché,
02:34est-ce que le troc s'en était.
02:35Enfin bon, les idées, vous voyez, dominantes,
02:38qui sont les idées des dominants.
02:39Donc, voilà pour eux, c'est une situation à part que celle des médias.
02:44Et donc, ne peut pas, il y a des situations où les règles se mettent radicalement dans un autre sens.
02:52Il y aura donc une loi.
02:53Libérer les médias, ça veut déjà dire briser les monopoles.
02:58Il ne doit plus être possible de posséder une, deux télés,
03:02un ou deux journaux, une ou deux radios,
03:05et pire que tout, en même temps, et jusqu'à l'édition.
03:09Par conséquent, il va de soi que l'Empire Bolloré sera rompu
03:16et vendu par appartement, on dit, hein, aujourd'hui, pour dire à la découpe, voilà.
03:22Sera vendu à la découpe, ou vendu, ou attribué,
03:25car il arrive dans certaines circonstances qu'on confisque.
03:28Par exemple, le journal qui avait, avant Le Monde, a été confisqué pour collaboration.
03:33Et les suivants ont gardé la rédaction, les locaux et tout,
03:36mais comme il les avait à zéro, ils se sont tenus correctement.
03:38Ça arrive, des fois, on saisit, hein, on confisque.
03:42Et puis d'autres reçoivent des sous.
03:43Par exemple, témoignage chrétien, c'était une petite feuille renéotée, hein,
03:47et puis, bah, du jour au lendemain, c'est devenu en journal.
03:50Alors, il a disparu depuis, mais ça existait, des choses comme ça,
03:52plein, plein, plein, plein, plein.
03:54Il y avait des journaux partout en France.
03:55Et puis, petit à petit, la concentration a vidé tout le monde,
03:59constitué d'immenses monopoles, euh, voilà.
04:02Donc, la libération, c'est d'abord la rupture des monopoles
04:05et leur dispersion à la découpe.
04:08Ensuite, la stabilisation des métiers dans des... dans les métiers nouveaux.
04:14Ce n'est pas pareil d'être ce que vous appelez un influenceur ou une influenceuse
04:17que d'être journaliste d'un grand groupe ou pigiste d'une série de journaux.
04:23D'ailleurs, le statut de pigiste lui-même devrait être vu.
04:26J'y ai moi-même travaillé.
04:27À l'époque, c'était très joli.
04:28Ça s'appelait pigiste permanent.
04:29Ça veut dire esclave, hein.
04:31Donc, t'es pigiste permanent.
04:32Ça veut dire... t'es appelé pour faire tes piges
04:35et tu vas là où on t'a dit d'aller, hein.
04:37Et puis, tu fermes ta grande bouche parce que c'est pas la peine sinon.
04:40Donc, j'ai été pigiste permanent.
04:41J'ai une idée du genre de vie qu'on mène quand on est pigiste permanent, voilà.
04:45Surtout quand on est père de famille.
04:47C'est encore plus enthousiasmant comme situation.
04:50Donc, ça veut d'abord dire ça.
04:52La rupture et la stabilisation sociale
04:54et la réorganisation de l'aide à la presse.
04:58Voilà.
04:58C'est pas normal que ça se passe comme ça se passe maintenant
05:01et que les nouveaux médias n'existent absolument pas ou quasiment pas.
05:06Mediapart a dû se battre avec le fusil à la main
05:10pour obtenir simplement des droits fiscaux.
05:13Je crois que c'est dans leur cas, si je me rappelle comment ça s'est passé.
05:16Alors, ceux qui disent
05:17vous réunissez avec les gens qui sont d'accord avec vous,
05:20ben pas du tout.
05:20J'ignore absolument ce que vous pensez.
05:22Certains pensent que nous sommes des sociodémocrates ramollis.
05:26D'autres pensent que nous sommes des exagérés insupportables.
05:29Parmi vous, vous me racontez pas d'histoire, hein.
05:30Il me suffit de vous voir rigoler.
05:32Alors, c'est pas vrai.
05:33C'est pas vrai.
05:34Et puis, moi, je suis prêt à accepter, sauf frontière.
05:37Alors, les nouveaux médias d'extrême droite, non.
05:41Ben, c'est normal, non ?
05:42On invite qui on veut.
05:43Et puis, alors, nous, on va se définir en faisant ceux qu'on n'invite pas.
05:47On n'invite pas l'extrême droite.
05:48Nous n'invitons pas les personnes qui nous ont calomniés.
05:51On a le droit, quand même.
05:52C'est pas une convocation, c'est une invitation.
05:54Ben, dans l'autre sens, il n'y en a pas qui ont des droits et pas d'autres.
05:57Non, ça n'existe.
05:57Voilà, nous invitons qui nous voulons, chez nous.
05:59Et puis, si possible, tout le monde.
06:01Parce que plus il y en a, plus c'est crédible.
06:03Donc, moi, je ne suis pas du tout contre le fait que des nouveaux médias de droite
06:07viennent à la prochaine conférence de presse, s'ils le souhaitent,
06:10à la condition d'être polis.
06:12C'est tout.
06:13C'est pas, quand même, c'est pas trop lourd, hein, comme condition.
06:16C'est tout.
06:16– Sous-titrage FR 2021
Commentaires

Recommandations