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  • il y a 2 heures
Le partage de positions militaires partagées sur les réseaux sociaux inquiètent les armées du monde entier. L’armée de l’air américaine n’est pas épargnée. Pour les avions, les positions de vol peuvent être consultées seulement quand les pilotes activent un dispositif très courant : l’ADS-B. Il diffuse la position d’un avion, mais également sa vitesse, sa direction et des détails sur le modèle de l’avion. Des vidéos sont également diffusées sur les réseaux, compromettant la sécurité des opérations militaires.

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Transcription
00:00Des positions militaires sont partagées sur les réseaux sociaux et ça inquiète les armées du monde entier.
00:04L'armée de l'air américaine n'est pas épargnée, comme le raconte la pilote de chasse Claire Randolph.
00:17Les comptes dont elle parle, ce sont ceux-là par exemple.
00:20La Military Air Tracking Alliance, EISN Spotter ou encore Flightradar24 et ses 1,4 millions de followers.
00:26On y trouve certains déplacements en temps réel d'avions militaires avec des détails comme
00:35Claire Randolph a un grade de major, équivalent à un commandant dans l'armée de l'air française.
00:39Elle prend la parole dans cette conférence aux côtés d'un des plus haut gradés de l'US Air Force.
00:45Ensemble, ils débrievent calmement d'une des attaques américaines les plus importantes de ces dernières années.
01:01La nuit du 21 au 22 juin 2025, 75 bombes et missiles de précision s'abattent sur l'Iran.
01:06Et si on en croit le Général Kane au lendemain de ses frappes ?
01:12Effectivement, l'attaque n'a pas été détectée par les communautés de trackers.
01:16Mais quelques jours en amont, certains mouvements militaires ne leur ont pas échappé.
01:19Cinq jours avant l'opération, ce poste de Flightradar24 alerte sur un transport d'avions de l'US Air Force.
01:24Ils servent habituellement à ravitailler des bombardiers en carburant.
01:27Ils ont quitté les Etats-Unis la nuit dernière et arrivent en Europe.
01:30La destination finale est inconnue.
01:31Cela fait un petit bout de temps que les armées ont plus de mal à cacher leur mouvement.
01:35En 1990, une coalition menée par les Etats-Unis attaque l'Irak.
01:39A l'époque, c'est la télévision qui les met en difficulté.
01:41Tout était dévoilé en direct et mettait en danger évidemment tous les équipages qui partaient au front.
01:48La doctrine d'emploi et de communication a changé suite à cette guerre.
01:51Pour ne pas dévoiler une stratégie.
01:54Pour les avions, les infos peuvent être consultées seulement quand les pilotes activent un dispositif très courant, la DSB.
01:59Ils diffusent la position d'un avion, mais également sa vitesse, sa direction et des détails sur le modèle de
02:04l'avion.
02:05Sur les vols commerciaux, c'est obligatoire évidemment.
02:07Sur les vols militaires, c'est à la demande.
02:10Si on veut être discret effectivement, on ne va pas brancher ces systèmes-là.
02:15Diffuser des infos de vol pour l'armée, c'est donc toujours un choix qui peut avoir plusieurs objectifs.
02:19Pour revenir à la frappe contre l'Iran, cela a par exemple servi à faire 10 versions.
02:37Les 8 avions ravitailleurs qui faisaient 10 versions étaient détectables sur Flightradar.
02:41Très rapidement, ils se sont hissés parmi les vols les plus suivis sur le site.
02:45L'essai des infos de vol peut également servir à étaler sa puissance.
02:48C'est notamment une volonté forte de Pete Hegseth, le secrétaire à la Défense américain.
03:00Tout récemment encore, Trump a envoyé navires et avions de guerre par centaines autour de l'Iran
03:04pour intimider le pays et pousser des négociations en sa faveur.
03:11Autre exemple, lorsque l'OTAN a commencé à fournir des missiles anti-chars à l'Ukraine,
03:15le transport de ces armes à bord d'avions britanniques était visible et relayé sur X.
03:19C'est une manière de signifier son soutien au pays.
03:21Et si ce moyen de communication marche aussi bien, c'est parce que derrière, il y a du monde pour
03:25relayer l'info.
03:26Le site Flightradar24, par exemple, affirme être utilisé par plus de 5 millions d'utilisateurs par jour.
03:30La récolte de données fonctionne en open source.
03:32N'importe qui peut installer chez lui une antenne qui récupère les infos des avions.
03:42Elle coûte entre 7 et 90 euros, et le site en compte 50 000 à travers le monde.
03:47Mais si les infos de vol peuvent être coupées, qu'est-ce qui embête tant l'armée américaine ?
03:51Eh bien déjà, il n'y a pas forcément besoin d'une antenne pour signaler les positions des avions.
03:54Une simple vidéo suffit.
03:56Tout ce qui est support avion, ça se voit, ça va beaucoup plus lentement, c'est moins furtif.
04:00Il suffit pour n'importe qui de poster des vidéos sur les réseaux sociaux,
04:03comme ce poste d'un avion radar au-dessus de Tel Aviv, le 18 février.
04:06On comprend mieux l'inquiétude de la pilote Claire Randolph.
04:12Et puis, certains ne se contentent pas de signaler des positions isolées.
04:15Ils consolident carrément les données.
04:17Stéphane Watkins, un ancien consultant en cybersécurité,
04:20avait par exemple raconté à la presse qu'il croisait des données de position
04:23avec des postes de militaires sur les réseaux sociaux.
04:25Cela lui donnait encore plus d'indices sur leur localisation.
04:27En rajoutant aujourd'hui l'IA, ça va très très vite
04:30et du coup, le déploiement devient moins discret que ce que ça aurait pu être par le passé.
04:35Sur Internet, tous les canaux sont bons pour récupérer des infos.
04:38L'application de course Strava, par exemple,
04:40a déjà permis d'identifier des bases et routes de patrouilles
04:42en Afghanistan, en Syrie et au Niger.
04:44Et aux Etats-Unis, c'était carrément une app de notation de bière
04:47qui avait permis de suivre certains militaires jusqu'à une base ultra secrète de la CIA.
04:51Toutes ces données étaient disponibles librement en ligne.
04:53Avec l'essor des applications connectées,
04:55les militaires sont de plus en plus vigilants pour ne pas divulguer leur position.
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