00:03Je m'appelle Nafisa Tudiano, je suis non-voyante et apprenante du braille au centre Sogé,
00:12plus précisément dans la salle spéciale, la salle spécialisée pour les gens comme moi,
00:18les gens qui ont perdu la vue à mi-chemin.
00:24C'était en 2021. J'étais couchée la nuit, je n'avais rien, aucun problème de vision.
00:30Je me suis réveillée le matin, je vis que je ne vois pas. Jusqu'à présent, c'est comme ça.
00:35Oui, on a fait beaucoup de visites, mais on a dit qu'on ne peut pas traiter ça ici,
00:41sauf en Europe. C'est ça qu'on m'a dit. Je faisais la deuxième année,
00:48expérimentale, mais je n'ai pas pu continuer à cause de mon handicap.
00:54Mais maintenant, j'ai appris, j'ai connu que l'école est à Conakry.
00:59C'est à cause que je suis venu ici pour continuer, pour faire le braille,
01:02pour pouvoir continuer les études. Ce n'était pas du tout facile.
01:07J'étais triste, j'avais des soucis, beaucoup de stress.
01:10Mais au moins, elle m'a conseillé. Grâce à elle, j'ai pu surmonter, j'ai survécu.
01:17Parce que je me suis dit que le handicap n'est pas une fin de route.
01:27Maintenant, grâce à l'écriture braille, je peux lire et écrire.
01:32Et là, bientôt je vais finir, je vais aller continuer l'école normale avec les voyants.
01:42Bon, le rêve, je vais devenir une grande footballeuse quand même.
01:48C'est ça.
01:49Et aussi, je suis créatrice de contenu.
01:52Je suis créatrice de contenu.
01:55Avant, je faisais le cinéma. Et toujours, je vais continuer ça aussi.
01:58C'est mon rêve.
02:03On fait le sessi-foot égale balle.
02:07Ça, quand même, on vient de commencer.
02:09Mais l'actif, c'est très, très compliqué.
02:11Voilà.
02:15Les difficultés, on n'a pas d'entraîneur.
02:18Voilà, on veut coach professionnel.
02:22Et puis, les terrains aussi, ça, ça nous fatigue beaucoup.
02:26On ne peut même pas s'entraîner.
02:27Problème de terrain.
02:29Parce que nous, vu qu'on est non-vente, et le gol bolifo, qu'on se couche à terre,
02:33on ne peut pas faire ça partout, en fait.
02:38C'est ça qui nous fatigue.
02:40C'est à la plage qu'on part, parce qu'il y a le sable là-bas.
02:43On part là-bas pour s'entraîner.
02:46Voilà.
02:47Il y a différentes plages à connaître ici.
02:54On part en taxi, c'est ça.
02:57On a un problème de déplacement aussi.
02:58Ça, ça nous fatigue beaucoup.
03:00Et l'équipement aussi.
03:03Parce que nous, ici, tout ça nous fatigue.
03:07Et pourtant, les autres pays sont en avance.
03:10C'est un grand défi et on voulait vraiment représenter la Guinée aussi.
03:16Voilà.
03:20Pour représenter le rouge jaune vert, quoi.
03:22Au-delà de nos frontières.
03:25Des fois, quand même, j'utilise taxi aussi, voiture.
03:30Ou...
03:30Mais ça, c'est rare, en fait.
03:33C'est rare.
03:34Vous savez, ici, en Guinée, quand tu arrives, on te dit, ah, tu es seule, tu ne vois pas.
03:38Ça dit, on nous traite mal.
03:40Et ça, ça nous fatigue beaucoup.
03:42Moi, personnellement, j'aimerais que ça change.
03:44Voilà.
03:45Que les gens nous voient autrement, quoi.
03:48Qu'on ne nous voit pas comme des poids ou bien des fardeaux, quoi.
03:53C'est ça.
03:57Oui, j'en ai.
03:59Donc, je demande d'ailleurs à toutes les personnes de bonne volonté, à l'État et surtout au ministère de
04:07la jeunesse et le sport.
04:09Et à notre ministère de tutelle, ministère de la femme, de l'enfant et de la solidarité.
04:18Voilà.
04:19De nous aider vraiment, de nous assister.
04:21Par rapport au sport, on a beaucoup de difficultés, telles que j'ai dit, l'équipement, le terrain.
04:30Et aussi, un entraîneur, quoi, on en a besoin.