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  • il y a 5 jours
À l’approche des élections municipales, quels regards porter sur les enjeux de la démocratie locale en ruralité ? Comment prendre de la hauteur, dépasser les clichés et s’appuyer sur les analyses de la recherche pour mieux comprendre les attentes citoyennes ? Dans un monde traversé par des crises multiples, en quoi le local demeure-t-il un espace essentiel pour faire société, construire du commun et retisser la confiance démocratique ?

Avec toute l'équipe d'InSite, nous sommes ravi·es de vous convier au Café de campagne “Elections municipales et ruralité” : jeudi 19 février à 13h sur Zoom (en visio) pour échanger sur ces questions.

Un temps de dialogue précieux pour interroger la place des municipales dans les dynamiques rurales contemporaines.

A cette occasion, nous aurons la joie de recevoir 2 intervenant·es :

Clémentine Guilbaud Demaison, responsable de projet chez Destin Commun, laboratoire d'idées et d'actions, et cofondatrice du Podcast Vie de Maire
Victor Delage, fondateur de l'Institut Terram, groupe de réflexion collégial et multidisciplinaire dédié à l’étude des territoires

Catégorie

📚
Éducation
Transcription
00:00:02Après la grande phase de la métropolisation, c'est peut-être le temps de la ruralité qui est en train
00:00:07de s'ouvrir.
00:00:09C'est des solutions finalement peu coûteuses pour la collectivité, mais toujours à chaque fois pleines de bon sens en
00:00:16fait.
00:00:17Moi je ne crois pas qu'il y ait une ruralité. La ruralité ça se conjugue en pluriel.
00:00:22Les cafés de campagne avec InSit.
00:00:31Très bien, merci beaucoup, bienvenue à ce 41e café de campagne.
00:00:37Le dernier café de campagne avant le changement de mandature municipale,
00:00:43qui va nous amener dans une deuxième mandature période InSit en tous les cas.
00:00:49Une mandature qui va durer 7 ans, parce que comme vous le savez le prochain mandat va durer 7 ans.
00:00:54Et donc avec Marelli, on s'est dit que ce serait bien avant le scrutin du 15 et 22 mars,
00:01:02de prendre un petit peu d'auteur et de parler un peu des municipales,
00:01:06mais au prisme de gens qui ont une acuité visuelle d'abord fine, intelligente, de qualité,
00:01:16et surtout qui par leurs fonctions respectives sont en capacité d'avoir une analyse un peu globale
00:01:23de ce que nous traversons, ce que nous vivons en France et ce que vivent aussi les territoires ruraux.
00:01:29Donc merci à Clémentine Alicot, mais je laisserai Marelli bien sûr les présenter tout à l'heure.
00:01:34Donc un café de campagne un peu particulier.
00:01:38Nous avions le dernier café de campagne qui était en présence du ministre de la Ruralité.
00:01:43Nous étions fort nombreux par ailleurs.
00:01:45Et là, juste avant les élections, on s'est dit que c'était bien d'avoir un peu d'analyse,
00:01:50un peu d'intelligence, ce que nous essayions de faire au quotidien,
00:01:53ce qu'on a essayé de faire aussi avec l'étude que nous avions sortie au mois de juin l
00:02:00'année dernière,
00:02:01mai-juin l'année dernière, sur Parole de campagne avec Destin commun, Boucheton-Cocq et Rurac,
00:02:08qui était un peu d'intelligence dans le débat public.
00:02:11Et de l'intelligence dans le débat public, on ne peut pas dire qu'il y en est trop,
00:02:15et surtout particulièrement en ce moment, je vais t'en s'en dire.
00:02:18Donc un peu des chiffres, un peu d'analyse, un peu sérieuse,
00:02:20pour pouvoir être en capacité de réfléchir et surtout d'agir ensuite au service des territoires
00:02:27que nous aimons tant à INSIT, des territoires ultra-gros, dynamiques, innovants, joyeux et solidaires.
00:02:34Marélie, je te passe le micro.
00:02:37Merci beaucoup Thibault, bonjour à tous et toutes,
00:02:40et merci de nous avoir rejoints nombreux déjà sur ce café de campagne.
00:02:44Thibault le disait en introduction, il y a pas mal de monde qui m'a envoyé un message
00:02:48pour me dire qu'ils ne pourraient pas participer en regard des intempéries dans le Sud-Ouest,
00:02:53donc on pense bien à eux et à elles, et on leur souhaite bien du courage.
00:02:58Donc un grand merci aussi à nos deux intervenants,
00:03:01Clémentine Guibault de Maison et Victor Delage d'avoir répondu présent à notre invitation.
00:03:06Donc Clémentine, tu es responsable de projet chez Destin Commun,
00:03:09qui se définit comme un laboratoire d'idées et d'actions
00:03:11qui vise à bâtir une société plus soudée,
00:03:13et tu es également cofondatrice du podcast Vie de Mère,
00:03:17qui va à la rencontre et donne la parole à des maires de toute la France,
00:03:21mais notamment des maires ruraux.
00:03:22Donc Victor, toi tu es fondateur de l'Institut Terham,
00:03:26qui est un groupe de réflexion collégiale et multidisciplinaire
00:03:28d'idées à l'étude des territoires,
00:03:30et qui fait de la dynamique territoriale un pied central
00:03:33à la fois de l'innovation et de la cohésion sociale.
00:03:36Et Thibault le disait, il nous a semblé important de vous réunir aujourd'hui
00:03:38pour croiser vos regards autour de cette thématique
00:03:41des élections municipales en ruralité,
00:03:43et qui c'est à la fois un moment essentiel pour la vie démocratique de notre pays,
00:03:47et où les territoires ruraux ont un rôle vraiment important à jouer.
00:03:51Que ce soit l'Institut Terham ou Destin commun,
00:03:53vous avez tous les deux sorti plusieurs études dans les derniers mois,
00:03:56qui donnent des clés de compréhension sur les dynamiques à l'œuvre,
00:03:59et on aimerait bien entendre justement les analyses que vous en faites.
00:04:02D'abord, autour d'une première question,
00:04:05est-ce que vous pouvez nous présenter les préoccupations principales des Français,
00:04:09qui ressortent de vos enquêtes respectives,
00:04:11et s'il y en a, les préoccupations spécifiques qui émergent en ruralité ?
00:04:16Peut-être Clémentine, si tu peux commencer, puis ensuite Victor rebondir sur ce qui aurait été dit.
00:04:22Je te laisse la parole Clémentine.
00:04:24Super, merci beaucoup à vous deux pour l'invitation et pour cette présentation.
00:04:31Donc, tout à fait déjà pour vous dire d'où viennent les chiffres que je vais vous présenter.
00:04:36Nous, comme tu l'as dit Marélie, on a travaillé beaucoup sur les municipales et les préoccupations locales des Français
00:04:43dernièrement,
00:04:44et on avait mené l'étude et les paroles de campagne aussi l'année dernière avec vous.
00:04:49Donc là, par exemple, sur les municipales, notre étude, notre méthodologie, ça a consisté à faire un sondage
00:04:54auprès de 3 000 personnes qui sont représentatives de la population française.
00:04:58Ce sondage, on l'a fait entre le 25 juillet et le 3 août, et notre publication a été sortie
00:05:03en octobre.
00:05:05On a doublé, nous, la particularité de Destin commun, c'est qu'en plus de faire une analyse quantitative,
00:05:09on fait des analyses qualitatives, parce qu'on se base sur la méthodologie, la psychologie sociale.
00:05:14Donc, on va vraiment chercher pourquoi les gens pensent d'une certaine manière aussi basée sur les valeurs qui sont
00:05:20fondatrices chez elles.
00:05:23Donc, ces groupes de discussion, là, par exemple, on en a fait 4, dont 2 dans Lyon, donc un territoire
00:05:29plutôt rural, et 2 à Carcasse.
00:05:31Déjà, pour vous dire, le contexte global qu'on comprend aujourd'hui autour des élections, c'est un contexte général
00:05:37qui est plutôt sombre.
00:05:38Il y a un grand sentiment de division chez les Français aujourd'hui, on le sent, voilà, avec l'actualité,
00:05:45encore plus renforcée en ce moment.
00:05:47Il y a aussi un contexte où on a l'impression d'un sentiment de dilution d'une certaine partie
00:05:53de notre identité.
00:05:55Enfin, voilà, on se cherche, on n'a aussi pas beaucoup de visibilité sur, aujourd'hui, le projet commun pour
00:06:01la France.
00:06:02Et la dernière chose, c'est un sentiment de déclin, puisqu'aujourd'hui, on constate qu'il y a 89
00:06:06% des Français qui nous disent
00:06:07qu'ils ont l'impression que le pays va dans la mauvaise direction.
00:06:10Ça, c'est très fort pour vous donner un ordre d'idée.
00:06:14En 2022, on avait déjà un chiffre élevé, mais il était seulement de 55 %.
00:06:17Voilà, aujourd'hui, c'est une coupe vraiment exponentielle.
00:06:24Cependant, ce qu'on voit, c'est une vraie différence, une dichotomie totale entre la perception nationale qu'on va
00:06:32dans la mauvaise direction,
00:06:33qu'on est dans le déclin, etc., dans un marasme,
00:06:36et, finalement, un niveau individuel où les gens nous disent que ça va plutôt bien.
00:06:42Aujourd'hui, il y a plus de 80 % des Français qui nous disent qu'ils sont heureux dans la
00:06:46vie.
00:06:47Et, parièmement, on retrouve cette dichotomie entre le niveau national et le niveau local.
00:06:51Au niveau local, les gens nous disent que pour 26 % d'entre eux dans leur commune, la situation s
00:06:57'est améliorée.
00:06:58Donc, 47 % elle est restée stable.
00:07:00Et c'est seulement dans 27 % qu'elle s'est détériorée.
00:07:04La question, donc, pour savoir quels vont être les thèmes, quels sont actuellement même les thèmes importants de la campagne,
00:07:11on a demandé aux Français de quoi leur commune devrait davantage s'occuper dans les prochaines années.
00:07:17Ce qu'on remarque, c'est que la préoccupation sécuritaire est extrêmement forte en ce moment.
00:07:21Il y a 45 % des Français qui le classent dans les trois préoccupations les plus importantes.
00:07:26On arrive ensuite aux impôts pour 29 %, aux services publics de proximité 24 %,
00:07:32le logement 23 %, le développement économique et les commerces 22 %
00:07:36et l'environnement et la lutte contre la pollution 19 %.
00:07:40Donc, si on cumule tout, on voit néanmoins que les sujets qui sont les plus importants pour les Français,
00:07:45c'est parce qu'ils comprennent bien quels sont les domaines de compétence des mairies,
00:07:49ça tourne beaucoup au sujet des services publics, fiscalité, développement économique pour 79 % des Français.
00:07:55Ensuite, tout ce qui est en rapport avec l'ordre, donc la sécurité et la propreté, 55 %,
00:08:00puis on arrive sur des domaines environnement, transport, végétalisation,
00:08:05qui sont quand même préosés par 46 % des Français.
00:08:08En ruralité, on voit quand même des différences sur ces préoccupations.
00:08:12La première, c'est que le sujet principal de préoccupation dans la commune,
00:08:18dont elle devrait davantage s'occuper, ce n'est pas la sécurité,
00:08:22c'est le maintien et l'accès aux services publics de proximité,
00:08:26qui est priorisé par 33 % des ruraux contre seulement 22 % des urbains.
00:08:32Le deuxième sujet de plus grande préoccupation, c'est le niveau des impôts locaux.
00:08:37Donc, 33 % des ruraux contre 22 % des urbains.
00:08:40Le troisième, et là, on arrive à la sécurité, 29 % des ruraux contre 50 % des urbains.
00:08:46Un autre sujet également, des sujets qui remontent plus fortement chez les ruraux,
00:08:51ce sont les sujets des transports en commun, des services aux personnes âgées,
00:08:55de l'école et de la petite enfance.
00:08:57Donc là, les personnes âgées, parce qu'on est sur une population qui est effectivement plus âgée,
00:09:02école et petite enfance, parce qu'il y a une préoccupation
00:09:04de pouvoir garder un accès à l'école aussi dans tout le territoire.
00:09:08Ce qui est moins priorisé en ruralité, c'est, comme je l'ai déjà dit, la sécurité,
00:09:13mais aussi le logement, parce qu'il y a davantage de propriétaires.
00:09:17L'environnement et la lutte contre la pollution, parce qu'il y a moins de pollution.
00:09:22La propreté, le soutien à l'emploi et la végétalisation, puisque c'est déjà végétalisé par essence.
00:09:28Néanmoins, je tiens aussi à rappeler un élément qui vient de notre étude Parole de campagne l'année dernière,
00:09:34c'est qu'on avait demandé quels sont les inconvénients d'habiter à la campagne.
00:09:37Le premier inconvénient qui était revenu dans la bouche des ruraux,
00:09:41c'était la mobilité et l'offre réduite en transport.
00:09:43Donc ça, ça nous semble aussi être un thème encore très important pour ces élections.
00:09:49Le deuxième, la difficulté d'accès aux soins et enfin les commerces de proximité.
00:09:56Pour qu'on imagine aussi, on demande ce qui est important, c'est la ville idéale.
00:09:59Vers quoi veulent tendre les ruraux ?
00:10:02Pour les urbains, la ville idéale dans 10 ans, elle est sécurisée, propre et tranquille.
00:10:07Pour les ruraux, elle est sécurisée, tranquille aussi, mais conviviale.
00:10:11Donc on voit qu'il y a aussi cet impact, en fait, dans 10 ans, les ruraux sont beaucoup plus...
00:10:16On sent qu'il y a beaucoup plus besoin de faire du lien social.
00:10:18En tout cas, c'est davantage privilé.
00:10:20Et ça, c'est intéressant.
00:10:23En tout cas, moi, je trouve que c'est particulièrement important aussi de parler de ces préoccupations des ruraux
00:10:29parce qu'on oublie souvent que les municipales, c'est 88% de communes rurales
00:10:34et donc 88% des scrutins qui se passent là-bas.
00:10:38Et cette spécificité, elle nécessite vraiment d'être davantage écoutée.
00:10:44Parce que quand on se rappelle encore une fois notre étude par an de campagne l'année dernière,
00:10:47ce qu'on avait montré, c'est que 81% des ruraux jugent que ces dernières années,
00:10:52les partis politiques ont accordé trop d'attention aux préoccupations des habitants des villes
00:10:57et pas assez à ceux des campagnes, contre seulement 25% des urbains qui pensent l'inverse.
00:11:02Donc, c'est pour ça que parler de ces préoccupations sous cet angle-là,
00:11:06ce qui est rarement fait, ça nous semble important,
00:11:08et notamment cette question de l'accès aux services publics de proximité.
00:11:12Pour finir, un petit zoom juste sur l'écologie.
00:11:16Je tiens à rappeler que le niveau d'engagement pour l'écologie,
00:11:20le niveau de climato-scepticisme, il est vraiment le même en ruralité et en ville.
00:11:26Que les ruraux sont aussi concernés par énormément de sujets qui sont relatifs à l'écologie
00:11:31et qui touchent par essence beaucoup plus les communes rurales,
00:11:34comme le zéro artificialisation nette, la mobilité, on l'a déjà dit,
00:11:38la protection de la nature, la rénovation thermique de l'habitat individuel,
00:11:42les énergies renouvelables.
00:11:44Ce qu'on voit néanmoins aujourd'hui dans le débat public,
00:11:46c'est une instrumentalisation de l'opinion des ruraux dans un certain nombre de combats.
00:11:50Ces combats, ce sont ceux contre les ZFE qui viseraient à exclure les ruraux
00:11:56des zones urbaines dans lesquelles ils ne pourraient pas se rendre avec des véhicules polluants.
00:11:59Et puis, le combat aussi contre les ENR, donc particulièrement contre l'éolien.
00:12:03Mais en réalité, nous, ce qu'on a vu en testant un certain nombre de mesures pour l'écologie,
00:12:07c'est qu'il y a une grande adhésion de la part des ruraux.
00:12:10Donc typiquement, sur le fait de pouvoir implanter ou développer l'énergie photovoltaïque,
00:12:18on est chez les urbains comme chez les urbaux à plus de 85% de personnes qui nous disent que
00:12:24c'est utile.
00:12:26Il y a 37% des ruraux comme des urbains qui nous disent que c'est même prioritaire.
00:12:32Et ça, on retrouve sur l'ensemble de ces mesures.
00:12:36Néanmoins, ce qui est aussi important, c'est de mesurer sur cette question de l'écologie,
00:12:39c'est que les ruraux ont l'impression davantage de ne pas pouvoir bénéficier des mesures écologiques
00:12:46qui sont mises en place dans les communes.
00:12:48Quand on demande cette impression de bénéficier ou non,
00:12:51c'est 57% des gens qui habitent dans les villages qui nous disent qu'ils n'envoient pas le
00:12:55bénéfice
00:12:56contre seulement 38% de ceux qui habitent dans une grande ville et une métropole.
00:13:01Voilà.
00:13:02Ça fait la transition de cours, Victor,
00:13:04parce que vous avez pas mal travaillé sur ces questions-là,
00:13:06notamment sur une dernière enquête, l'écologie à l'épreuve des territoires.
00:13:10Si tu veux peut-être rebondir là-dessus,
00:13:12et de manière à dire sur les préoccupations.
00:13:14Déjà, bonjour à toutes et à tous.
00:13:16Je suis très heureux de pouvoir échanger avec vous.
00:13:19Merci à Insitz pour cette invitation.
00:13:23Alors, Clémentine a déjà dit beaucoup de choses sur les préoccupations.
00:13:27Nous, effectivement, en tant que think tank,
00:13:29qu'on les a testées à travers différentes études.
00:13:33Ce que l'on voit, c'est que, comme ça a été dit,
00:13:36c'est souvent les mêmes thématiques qui reviennent.
00:13:39La question de la sécurité, de la santé,
00:13:43la question de la gestion des finances à l'échelle locale, de l'éducation.
00:13:49Mais ce qui est intéressant, me semble-t-il,
00:13:51c'est qu'on creuse un peu plus, finalement,
00:13:54ce que l'on place derrière ces sémantiques-là,
00:13:56parce que c'est vrai qu'il y a beaucoup de baromètres qui sortent
00:13:59et qui nous disent, par exemple, que la sécurité,
00:14:02c'est vraiment le top 1 dans les préoccupations des Français.
00:14:04Et nous, justement, dans cette étude que tu mentionnais,
00:14:08à l'instant, écrite par Antoine Bristiel,
00:14:12on a cherché à savoir ce que les Français mettaient
00:14:14derrière cette notion de sécurité.
00:14:17Et donc, on l'a déclinée en toutes sortes de typologies de sécurité.
00:14:21Et donc, on a testé la sécurité policière,
00:14:24qui, effectivement, dans l'inconscient, on pense tout de suite à cela.
00:14:27Mais la sécurité, c'est aussi la sécurité routière,
00:14:30la sécurité environnementale, la sécurité sanitaire.
00:14:34Et quand on décline la sécurité sous toutes ces typologies,
00:14:37ce que l'on voit, c'est que, en fait,
00:14:38les Français sont globalement attachés à toutes ces choses-là.
00:14:41Donc, c'est plus que la sécurité,
00:14:43comme on entend parfois sur certaines chaînes d'information continue,
00:14:46qu'on peut lire ci ou là sur les réseaux sociaux,
00:14:49plus que la sécurité par rapport au trafic,
00:14:51par rapport à la criminalité, etc., etc.,
00:14:55c'est plus la sécurité de son mode de vie,
00:14:58de son style de vie au quotidien,
00:14:59que les Français souhaitent véritablement préserver.
00:15:04Après, pour être un peu plus optimiste,
00:15:06parce que c'est vrai que quand on parle de ces élections municipales,
00:15:08aussi, c'est toujours ces questions de préoccupation
00:15:10qui reviennent dans le débat public,
00:15:12alors qu'il y a aussi beaucoup d'attentes.
00:15:13Et quand on regarde les attentes,
00:15:15je pense qu'on peut être plutôt optimiste,
00:15:17notamment par rapport au climat ambiant national,
00:15:19qui, comme ça a été rappelé par Thibault,
00:15:22est très pesant, et ça fait maintenant un moment.
00:15:25Déjà, les Français les attendent, ces élections,
00:15:28particulièrement, pour plusieurs raisons.
00:15:30Déjà, parce qu'ils y sont très attachés.
00:15:32C'est quand même unique de voir, dans un pays européen,
00:15:34le même jour, 35 000 élections,
00:15:38dans un même territoire,
00:15:42parce qu'en France, comme vous le savez,
00:15:43on a près de 35 000 communes,
00:15:44ce qui correspond à plus de 40 % des communes de l'Union européenne,
00:15:47pour 20 % de la population.
00:15:49Donc, c'est un vrai événement,
00:15:50d'autant plus que les dernières élections municipales,
00:15:53il faut se souvenir, en 2020,
00:15:54on était en pleine crise du Covid.
00:15:56Donc, ça sera d'ailleurs intéressant de...
00:15:58On parle beaucoup de l'abstention.
00:15:59Ça sera intéressant de comparer l'abstention,
00:16:02non pas avec 2020, mais avec 2014.
00:16:05Parce que c'est vrai que 2020,
00:16:07tout est un peu faussé de par la crise sanitaire.
00:16:11Et nous, quand on regarde ces tendances,
00:16:13au niveau de l'abstention et de la participation,
00:16:17ce que l'on voit, c'est qu'on devrait finalement être
00:16:20à un niveau assez similaire du niveau de participation
00:16:24par rapport à 2014.
00:16:26Un petit peu moins,
00:16:27mais c'est vraiment assez peu significatif.
00:16:31Et puis surtout,
00:16:32ce qui, moi, me frappe,
00:16:34dans les études qu'on a récemment publiées,
00:16:36ou une qu'on va sortir très prochainement,
00:16:38on a interrogé plus de 10 000 personnes,
00:16:40vraiment une méthodologie extrêmement robuste,
00:16:44c'est que pour beaucoup de nos concitoyens,
00:16:47en fait, la commune, ça reste le point d'attache,
00:16:50le point de ralliement.
00:16:51Certains appellent ça la petite patrie,
00:16:52parce que c'est avant tout un lieu d'appartenance,
00:16:55un lieu d'histoire, un lieu de sociabilité,
00:16:58là où on fait les rencontres,
00:16:59un lieu d'enracinement aussi.
00:17:01C'est là où se vient en quelque sorte
00:17:03la République du quotidien.
00:17:05Et dans les bonnes nouvelles,
00:17:05ce que l'on voit, c'est que dans ce climat
00:17:07très, très morose,
00:17:08où on a l'impression que la démocratie se chancelle
00:17:10de toute part,
00:17:12les Français croient encore
00:17:13qu'on peut changer les choses,
00:17:14en tout cas à l'échelle locale.
00:17:16Ils ont même le sentiment,
00:17:17plus de deux tiers dans l'étude qu'on va publier,
00:17:21que le vote municipal va pouvoir influencer
00:17:24leur avenir au sein de leur commune.
00:17:27Et ça, je crois que c'est important de le rappeler,
00:17:28parce qu'on voit bien tout ce qui se passe
00:17:33à l'échelle nationale,
00:17:36entre les partis politiques,
00:17:38les faits divers,
00:17:38de toutes ces choses-là.
00:17:40Il y a une vraie lassitude générale
00:17:42des Français par rapport à tout ça.
00:17:46Et ils ont beaucoup, en tout cas,
00:17:48une proportion significative,
00:17:50ont le sentiment de ne pas être représentés.
00:17:51Moi, c'est ce que j'appelle
00:17:52la double crise de la représentation,
00:17:53en fait, à la fois politique.
00:17:55Vous avez trois quarts des Français
00:17:56qui considèrent que les politiques
00:17:59à l'échelon national ne les connaissent pas,
00:18:01ne savent pas leur préoccupation du quotidien,
00:18:03toutes ces choses-là que vous connaissez.
00:18:05Et également médiatiques.
00:18:06On est sur des proportions tout à fait similaires.
00:18:10Moi, quand je vois certains articles
00:18:12à la fois dans Le Monde ou dans le Figaro,
00:18:13que ce soit sur le Walkies,
00:18:15sur certains sujets de transition, etc.
00:18:17Moi, quand je parle de Walkies,
00:18:18quand je rentre chez moi,
00:18:19dans un village de moins de 2000 habitants,
00:18:21beaucoup ne savent pas ce que c'est.
00:18:23Alors que c'est des choses qu'on voit en continu
00:18:24sur certaines chaînes,
00:18:27dans certains médias.
00:18:29Donc, on voit bien qu'il y a une distorsion
00:18:30entre ce que vivent beaucoup de gens
00:18:31dans leur territoire
00:18:32et ce qui est représenté dans l'espace public.
00:18:34Et quand vous avez le sentiment
00:18:35que dans l'espace public,
00:18:36plus personne ne vous représente,
00:18:37c'est là où ça peut générer énormément de tensions.
00:18:39C'est là où ça peut créer un vote de défiance.
00:18:41C'est là où l'abstention peut aussi forcément exploser.
00:18:47Et puis, peut-être, pour finir,
00:18:49première intervention,
00:18:51ce que nos données montrent aussi,
00:18:54par rapport, encore une fois,
00:18:55au discours ambiant,
00:18:56ce que je trouve plutôt positif,
00:18:57du coup,
00:18:58c'est qu'on parle beaucoup
00:18:59de la nationalisation de ce scrutin.
00:19:01Encore une fois,
00:19:01parce qu'on parle de la sécurité
00:19:02en préoccupation de toutes ces choses-là.
00:19:04Or, et c'est ce que tu disais, Clémentine,
00:19:09mais nos résultats viennent vraiment conforter tout ça,
00:19:11ce que l'on voit,
00:19:12c'est que quand on les interroge,
00:19:14les électeurs,
00:19:15vous avez une grande majorité
00:19:16qui nous disent
00:19:17qu'ils voteront en fonction
00:19:19de la situation de leur commune.
00:19:21Alors, quand on compare sur le temps long,
00:19:22parce qu'on peut le faire
00:19:23de manière barométrique,
00:19:24on voit bien que ces élections
00:19:26ne sont plus imperméables
00:19:27au climat national,
00:19:28ça, on ne peut pas le nier.
00:19:30Et d'ailleurs,
00:19:30vous avez une part significative
00:19:31des électeurs qui disent,
00:19:33malgré tout,
00:19:33envisager un vote
00:19:35comme une sorte de signal
00:19:36adressé à la capitale,
00:19:38à un an de la présidentielle.
00:19:40Mais ce qui est vraiment notable,
00:19:42et moi,
00:19:43ce que j'ai trouvé très précieux
00:19:45dans ces données
00:19:46qu'on va bientôt publier,
00:19:47c'est de voir qu'à partir du moment
00:19:49où vous avez des électeurs
00:19:50sur un territoire délimité
00:19:52qui considèrent
00:19:52qu'au municipal,
00:19:56le maire qui se représente
00:19:57ou les équipes,
00:20:00le candidat qui souhaite être élu,
00:20:02qu'il a un projet clair,
00:20:04qu'il a un projet qui est structuré,
00:20:05qu'il a un projet qui est financé
00:20:08et finançable
00:20:10et aussi ludique,
00:20:11ça peut vraiment
00:20:13devenir un espace qui rassemble.
00:20:15Et ça, je crois qu'on en a
00:20:15beaucoup besoin aujourd'hui.
00:20:17Si c'est vrai qu'on est
00:20:17sur des projets
00:20:18qui sont abstraits,
00:20:19et ça, on le voit particulièrement,
00:20:21on est plus dans la lutte politique
00:20:23idéologique
00:20:23dans certaines métropoles,
00:20:25effectivement,
00:20:25le vote peut devenir
00:20:26une sorte d'exutoit
00:20:28par rapport à la présidentielle.
00:20:31Mais voilà,
00:20:31juste pour insister
00:20:32qu'il y a toutes ces préoccupations
00:20:34qui reviennent.
00:20:34Et d'ailleurs,
00:20:35quand on compare
00:20:35dans les villes
00:20:36de moins de 10 000 habitants
00:20:37ou les villes
00:20:37de plus de 100 000 habitants,
00:20:38nous, dans nos résultats
00:20:39sur l'échantillon
00:20:40de plus de 10 000 personnes,
00:20:41par exemple,
00:20:42la sécurité arrive en tête
00:20:43dans les villes
00:20:43de moins de 10 000 habitants,
00:20:45ce sont les soins
00:20:45dans les métropoles,
00:20:46mais on est à chaque fois
00:20:48sur un ou deux points,
00:20:50donc c'est très peu significatif.
00:20:51On voit que les préoccupations
00:20:52globalement restent très similaires.
00:20:56Merci beaucoup, Victor.
00:20:57Clémentine,
00:20:58tu veux réagir à ça
00:21:00avant qu'on passe
00:21:00à la deuxième question ?
00:21:02Non, mais c'est vrai
00:21:03que, enfin,
00:21:05déjà,
00:21:05ça fait toujours du bien
00:21:06de voir que les analyses
00:21:08sont convergentes.
00:21:10Et je trouve qu'en effet,
00:21:11ce qui est le plus marquant
00:21:12et pour moi
00:21:13qui devrait être davantage
00:21:14souligné dans le débat public
00:21:15aujourd'hui,
00:21:15c'est que les municipales,
00:21:17voilà,
00:21:17ça peut être un moment
00:21:19de respiration démocratique.
00:21:22Ça peut aussi être
00:21:23un moment vraiment
00:21:24d'inspiration.
00:21:25Je tiens à rappeler aussi
00:21:25un chiffre
00:21:26qu'on avait sorti
00:21:28dans notre étude
00:21:29l'année dernière
00:21:29qui montrait que 81%
00:21:31des Français
00:21:32pensent qu'on devrait
00:21:32davantage s'inspirer
00:21:33des zones rurales
00:21:35pour résoudre
00:21:36les problèmes de la France.
00:21:37Et je pense que
00:21:38le meilleur moment
00:21:39pour faire ça,
00:21:40pour s'inspirer
00:21:40et pour se nourrir,
00:21:41c'est justement
00:21:42pendant ces élections municipales
00:21:44où ont lieu
00:21:45tous ces scrutins
00:21:46et où ont lieu
00:21:47aussi toutes ces discussions,
00:21:48tous ces projets
00:21:49d'avenir
00:21:49dans ces territoires.
00:21:51Donc, voilà,
00:21:51c'est effectivement,
00:21:53nous, aujourd'hui,
00:21:53ce qu'on regrette,
00:21:54c'est que,
00:21:55typiquement,
00:21:56sur la France,
00:21:59situent beaucoup
00:22:00de savoir
00:22:01est-ce que les forces
00:22:02écologiques
00:22:02vont rester en place
00:22:03dans les grandes villes
00:22:04et que ça,
00:22:05ça serait le signal
00:22:06d'une adhésion
00:22:07ou d'une répulsion
00:22:08pour ce mouvement
00:22:10et plus généralement
00:22:11pour toute l'écologie
00:22:12au total.
00:22:13Et en réalité,
00:22:14comme on voit,
00:22:16comme Victor a pu le dire
00:22:17et comme on le voit
00:22:18également dans nos analyses,
00:22:20maintenant,
00:22:20l'adhésion,
00:22:21aujourd'hui,
00:22:21elle est forte.
00:22:22C'est un projet aussi
00:22:23important pour l'avenir.
00:22:24Quand on demande,
00:22:25cette fois-ci,
00:22:26non pas quelle est la ville
00:22:27idéale dans 10 ans,
00:22:28mais dans quelle société,
00:22:31comment devrait être
00:22:32la France idéale
00:22:33dans 10 ans,
00:22:34le premier objectif
00:22:35qui ressort,
00:22:35c'est respectueux
00:22:36de l'environnement.
00:22:37Et voilà,
00:22:38inspire au nom
00:22:38des zones rurales
00:22:39pour faire ça.
00:22:44Victor,
00:22:45c'est bon,
00:22:45on passe à la deuxième.
00:22:47Oui,
00:22:47c'est clair.
00:22:48OK,
00:22:49merci beaucoup
00:22:50à tous les deux
00:22:50pour ces éléments.
00:22:52On aimerait bien
00:22:52vous entendre aussi
00:22:53sur les enjeux
00:22:54et les leviers
00:22:55d'engagement
00:22:55et de mobilisation
00:22:56que vous identifiez.
00:22:57Il y a des choses
00:22:57qui ont été esquissées
00:22:58là déjà
00:22:58dans ce que vous avez pu dire,
00:23:00mais ça pourrait être
00:23:01intéressant d'y revenir.
00:23:02Victor,
00:23:03notamment en lien
00:23:04avec l'étude
00:23:04de Benjamin Morel
00:23:05que vous avez sortie
00:23:06sur les conseils municipaux
00:23:08et l'engagement.
00:23:09Si tu peux nous faire
00:23:11un premier état des lieux
00:23:12avant d'engager le dialogue.
00:23:14Effectivement,
00:23:15on avait sorti
00:23:15une première étude
00:23:16et là,
00:23:16on sort,
00:23:18c'est le petit moment promo,
00:23:20si vous le voulez bien,
00:23:21on sort un bouquin,
00:23:21justement.
00:23:22C'est un premier bouquin
00:23:22avec l'aube
00:23:24de Benjamin Morel,
00:23:25donc l'aube de Jean Viard
00:23:26sur un sujet similaire,
00:23:29mais vraiment
00:23:29en dépassant
00:23:30l'analyse
00:23:31de data d'opinion
00:23:32et une vraie réflexion
00:23:35sur le fond,
00:23:36sur les pistes
00:23:36de recommandations,
00:23:37des scénarios possibles
00:23:38sur le temps long,
00:23:39etc.
00:23:40Donc,
00:23:41c'est toujours gênant
00:23:42parce que c'est lui l'auteur.
00:23:43Moi,
00:23:43je vais reprendre
00:23:43quelques éléments
00:23:44qu'il a dit
00:23:44et qui plus est,
00:23:45je sais qu'il y a
00:23:46beaucoup de maires ici
00:23:47ou à chaque fois
00:23:48aussi des membres
00:23:49de conseils municipaux.
00:23:51Donc,
00:23:52c'est plutôt à eux
00:23:52de nous dire aussi
00:23:53ce qu'ils font au quotidien
00:23:54parce que nous,
00:23:55on gratte des papiers,
00:23:57mais c'est ce qui se passe
00:23:58sur le terrain
00:23:58qui est bien plus important.
00:24:00Mais en tout cas,
00:24:00nous,
00:24:00ce qui ressort
00:24:01de nos travaux
00:24:02et de nos publications
00:24:03sur ce sujet-là,
00:24:04c'est que ce que l'on voit,
00:24:06c'est que la démocratie communale,
00:24:07on l'a dit,
00:24:08elle reste debout,
00:24:10parfois contre vents et marées.
00:24:11On voit que ce n'est pas
00:24:12toujours simple,
00:24:13il ne faut pas non plus idéaliser.
00:24:15On peut,
00:24:17je ne sais pas
00:24:17si on est déjà face à cela,
00:24:18mais en tout cas,
00:24:19dans les prochaines années,
00:24:20le risque d'une érosion multiforme
00:24:22à l'échelle de la municipalité,
00:24:23moi,
00:24:23je crois qu'elle est réelle.
00:24:25Question de la crise de vocation,
00:24:26question des démissions,
00:24:28on a vu,
00:24:29je crois que c'était en 2023,
00:24:31je n'ai pas les chiffres récents,
00:24:31mais 2023,
00:24:32c'est plus de 13 000 conseillers municipaux
00:24:34qui ont démissionné,
00:24:37le manque de candidats,
00:24:39même si c'est un peu contesté
00:24:40quand on voit ce qui va se passer
00:24:42par rapport aux 15 marches prochains.
00:24:44mais on voit bien que c'est quand même,
00:24:48quand je parle de crise de vocation,
00:24:49il y a toujours énormément de personnes
00:24:51qui souhaitent s'impliquer
00:24:51à l'échelle communale,
00:24:53mais qui doivent faire face
00:24:54à tout un tas de contraintes
00:24:55et parfois de plus en plus de contraintes.
00:24:57Alors, la question de comment on allie
00:24:59vie privée, vie professionnelle,
00:25:00engagement communal,
00:25:01ça, ça a toujours existé,
00:25:03même s'il y a parfois plus d'attentes
00:25:04au sein de la sphère familiale
00:25:06ou au sein de la sphère professionnelle,
00:25:07et ce qui peut être tout à fait légitime
00:25:09par ailleurs.
00:25:09Et puis, il y a le rapport
00:25:11à tout ce qui est lié à l'administratif,
00:25:13au manque de temps.
00:25:15On est aussi quand même,
00:25:16d'un point de vue plus anthropologique,
00:25:19à une époque où on a besoin
00:25:21de passer plus de temps pour soi,
00:25:25pour pratiquer certains loisirs,
00:25:27certaines activités.
00:25:28Donc, c'est vrai que dans certains cas,
00:25:30l'engagement peut être un peu contesté.
00:25:33Mais surtout, nous,
00:25:35ce qui me semblait essentiel,
00:25:37c'est quand on se projette un petit peu,
00:25:38parce que c'est là tout le sujet.
00:25:40On verra la participation,
00:25:41ce qui va se passer le 15 mars.
00:25:43Mais quand on se projette un petit peu
00:25:44sur l'avenir de la démocratie locale,
00:25:46je pense qu'il y a vraiment trois scénarios
00:25:48possibles qu'on avait dessinés
00:25:49avec Benjamin Morel.
00:25:50Le premier, c'est ce qu'on avait appelé
00:25:53le délitement progressif,
00:25:54c'est-à-dire à la fois un tarissement
00:25:56du vivier civique,
00:25:58une multiplication des listes uniques,
00:26:00ça, on le voit particulièrement
00:26:02dans certaines communes rurales,
00:26:03et en soi, il n'y a rien de surprenant à cela,
00:26:06des abstentions qui montent scrutin après scrutin,
00:26:10la marginalisation du conseil municipal
00:26:12au profit de l'intercommunalité
00:26:14et donc d'une certaine technocratie.
00:26:19Ça, je pense que c'est quelque chose
00:26:20qu'on n'est pas encore une fois dedans du tout.
00:26:23Mais si on reste sur un statu quo,
00:26:25on n'est pas à l'abri de tomber là-dedans.
00:26:27La deuxième option,
00:26:29on avait appelé ça
00:26:30une rationalisation technocratique,
00:26:32avec la transformation des conseils municipaux
00:26:34en sorte de chambre d'enregistrement,
00:26:35une montée en puissance
00:26:37de la gestion professionnelle
00:26:39et de la démocratie numérique,
00:26:42mais qui conduirait inévitablement
00:26:44à l'éloignement du pouvoir
00:26:45et à une perte du lien de proximité.
00:26:47Et puis, le troisième scénario,
00:26:48qui lui, celui qu'on souhaite,
00:26:51tous ici, je pense,
00:26:52c'est une sorte de refondation civique,
00:26:54avec, bien sûr, la question de la revalorisation
00:26:58statutaire et symbolique du mandat,
00:26:59parce que vous avez quand même
00:27:00beaucoup d'élus maires
00:27:01ou dans les conseils municipaux
00:27:03qui passent beaucoup, beaucoup de temps,
00:27:05qui s'investissent énormément,
00:27:07qui mettent parfois en péril
00:27:08leur vie familiale,
00:27:09leur vie professionnelle
00:27:09et qui n'ont plus vraiment le sentiment
00:27:12qu'il y a une réelle reconnaissance
00:27:14par rapport à ce qu'ils font,
00:27:15même s'ils ne le font pas pour ça.
00:27:16C'est quand même, parfois, ça fait du lien.
00:27:19Cette refondation civique,
00:27:20ça passerait aussi par un soutien en liste citoyenne,
00:27:22une simplification administratrice,
00:27:24une diversification des formes d'engagement
00:27:28et un ancrage d'une démocratie participative
00:27:32beaucoup plus vivante et inclusive.
00:27:35Et une fois qu'on avait délimité ces scénarios,
00:27:38on s'était dit,
00:27:39comment on arrive au troisième scénario ?
00:27:41Et on avait, je vois que Cédric est là,
00:27:44Cédric faisait partie de notre comité d'experts,
00:27:45on l'avait auditionné,
00:27:46il avait aussi activement participé à ces réflexions,
00:27:50mais pour la faire vite,
00:27:52parce que sinon, ça prendrait trop de temps,
00:27:54mais parmi vraiment les cinq axes
00:27:55pour revivifier cette démocratie locale,
00:27:57il y avait la question de comment on revalorise
00:28:00le mandat municipal,
00:28:02reconnaissance sociale,
00:28:03intégration du mandat dans les parcours professionnels,
00:28:07meilleure visibilité médiatique,
00:28:08etc.
00:28:09La question de comment on réduit les barrières d'entrée,
00:28:12notamment comment on simplifie
00:28:14toutes les démarches administratives,
00:28:15notamment comment on développe
00:28:16la formation et l'accompagnement des candidats.
00:28:19La question d'encourager la participation
00:28:22sous toutes ses formes,
00:28:23ça je crois que c'est important,
00:28:25en particulier avec les nouvelles générations.
00:28:27On voit qu'il y a un vrai attachement,
00:28:28par exemple, aux listes citoyennes,
00:28:31à tout ce qui est lié à des innovations démocratiques,
00:28:33comme des jurys citoyens
00:28:34ou des budgets participatifs.
00:28:37J'arrive au bout, je vous rassure.
00:28:39Quatrième point,
00:28:40recréer un écosystème civique local,
00:28:43avec cette idée qu'il faut réussir,
00:28:46même si encore une fois,
00:28:48et notamment dans des territoires peu denses
00:28:49et très peu denses,
00:28:50ce n'est pas toujours facile,
00:28:51mais il faut réussir à densifier le tissu associatif,
00:28:54parce que l'on voit bien, nous, dans l'étude,
00:28:56en fait, plus vous êtes actifs dans une association,
00:28:59plus vous êtes impliqués dans un conseil municipal.
00:29:02Et ce qui vaut pour les associations,
00:29:03ça vaut aussi pour, d'ailleurs,
00:29:04la confession religieuse.
00:29:05Ça, c'était vraiment un truc
00:29:06qui ressortait de notre étude.
00:29:07Ce qu'on voyait,
00:29:08c'est que les personnes de confession juive,
00:29:12musulmanes, catholiques, etc.,
00:29:13en fait, elles étaient beaucoup plus présentes
00:29:15dans les conseils municipaux,
00:29:16mais avec des écarts très significatifs
00:29:18par rapport aux athées,
00:29:18parce que, que ce soit pour la religion
00:29:21ou pour l'associatif,
00:29:22à partir du moment où vous entretenez
00:29:24des liens sociaux réguliers
00:29:26avec des populations qui sont engagées
00:29:28à l'échelle locale,
00:29:29ça vous permet aussi bien souvent
00:29:31de franchir le pas et de vous engager à votre tour.
00:29:34Et puis, enfin, un rééquilibrage
00:29:35des pouvoirs locaux
00:29:37avec cette nécessité, je crois,
00:29:39à la fois de clarifier et de renforcer
00:29:41les responsabilités sur bien des sujets.
00:29:43On pourrait prendre le cas de la mobilité,
00:29:45par exemple, sur la question de la voirie.
00:29:47Je le dis parce qu'on a sorti une étude récemment,
00:29:49on est avec ça.
00:29:50À la voirie, vous avez à la fois
00:29:51l'État, la région, le département,
00:29:53la communauté de communes,
00:29:54syndicats mixtes, la commune,
00:29:56qui peuvent intervenir dessus.
00:29:57Donc, ça va bien souvent
00:29:58à des imbroglis ou pas possibles.
00:29:59Donc, il y a une nécessité de clarté
00:30:01et de renforcement
00:30:04par rapport à tous ces échelons-là.
00:30:08garantir des ressources suffisantes.
00:30:09Je ne reviendrai pas dessus,
00:30:11mais il y a toutes ces questions
00:30:12de l'impôt local
00:30:13et du manque de financement aujourd'hui.
00:30:14Et puis, promouvoir à la fois
00:30:16la proximité
00:30:17et la responsabilité démocratique
00:30:20chez chaque citoyen.
00:30:23Nous, on appelle ça
00:30:23les habitants citoyens,
00:30:24en fait.
00:30:25Habitants citoyens de chaque commune.
00:30:30Voilà, au résumé.
00:30:32C'est un beau résumé.
00:30:34J'ai partagé le livre
00:30:35dans l'instant promo.
00:30:36Clémentine, je te laisse rebondir
00:30:38aussi sur les questions
00:30:39de mobilisation du coup.
00:30:41Oui.
00:30:42Vas-y.
00:30:44Déjà, je voulais aussi rebondir
00:30:46sur ce que vient de dire Victor
00:30:48sur l'engagement citoyen
00:30:51à l'occasion des municipales.
00:30:54Bien sûr, moi, c'est un sujet
00:30:55qui me tient à cœur.
00:30:56C'est pour ça que j'ai lancé
00:30:57un podcast sur le sujet
00:30:58pour donner envie à des gens,
00:31:00à des jeunes et à des femmes
00:31:02de pouvoir se lancer
00:31:05dans ces campagnes-là,
00:31:06de pouvoir s'investir
00:31:07pour leur territoire,
00:31:09pour leur commune.
00:31:10Et je pense que, notamment,
00:31:13en 2026, ce qu'on voit,
00:31:15un enjeu primordial
00:31:16sur cette question de l'engagement,
00:31:17c'est celui des femmes.
00:31:19Puisque, aujourd'hui,
00:31:20seulement 20 % des femmes sont mères.
00:31:2311 % des présidents
00:31:25des présidents d'intercommunalités.
00:31:28Et sur ce sujet,
00:31:29je tiens à saluer,
00:31:30je vois qu'elle est présente,
00:31:31le travail formidable
00:31:33effectué par Cécile Dublanche,
00:31:34qui vient de sortir une enquête
00:31:36au cœur du mandat
00:31:37de 112 femmes élues.
00:31:40Et voilà, ce qui est frappant
00:31:41vraiment dans cette étude aussi,
00:31:43c'est de voir qu'il y a
00:31:44des façons proactives
00:31:45d'aller chercher,
00:31:46de provoquer
00:31:47cet engagement citoyen des femmes.
00:31:49Il y a souvent cette phrase
00:31:50qui revient
00:31:50« On est venu me chercher »
00:31:52de la part des femmes
00:31:53qui ont élues.
00:31:54Et donc, il montre
00:31:54qu'à un moment,
00:31:55il y a quelqu'un
00:31:55qui se tourne vers elles
00:31:56et qui leur tend la main
00:31:58et qui aussi prenne le temps
00:32:01de prendre en compte
00:32:02leurs préoccupations,
00:32:03leurs agendas
00:32:04pour s'accorder.
00:32:05Donc, en fait,
00:32:06cette démarche proactive
00:32:07aussi des élus
00:32:08qui sont déjà en place
00:32:09pour aller voir
00:32:10des personnes
00:32:10qui ne sont pas encore engagées
00:32:12me semble très importante.
00:32:15Après, pour revenir
00:32:16sur la question aussi
00:32:18plus globalement
00:32:19de la ruralité,
00:32:21c'est aussi
00:32:23la ruralité,
00:32:24c'est un endroit
00:32:24particulier pour les municipales
00:32:26et c'est un endroit aussi,
00:32:27on le sait,
00:32:28qui peut être
00:32:29très intense émotionnellement
00:32:31et dans lequel
00:32:31ce qui se joue
00:32:33dans les scrutins
00:32:33est beaucoup plus important
00:32:34des fois que simplement
00:32:35un vote.
00:32:36Il y a 55 % des ruraux
00:32:38qui connaissent
00:32:39leur mère personnellement
00:32:40contre seulement 30 %
00:32:41des urbains.
00:32:42Donc ça, ça veut dire aussi
00:32:43que voter pour quelqu'un
00:32:44qu'on connaît,
00:32:45forcément,
00:32:45ça veut dire
00:32:45qu'on va voter
00:32:48de manière plus certaine
00:32:51et qu'on sait aussi
00:32:53que le maire,
00:32:54on va le croiser
00:32:54tous les jours,
00:32:55on voit aussi
00:32:56l'implication plus directe
00:32:57qu'il peut y avoir
00:32:58dans l'ensemble de la commune
00:32:59et je vois ça aussi
00:33:00comme une opportunité
00:33:01parce que ça veut dire
00:33:01qu'on rentre plus facilement,
00:33:03il y a beaucoup plus
00:33:03d'élus ruraux
00:33:05que d'élus urbains
00:33:06et ça,
00:33:07il se trouve que c'est aussi
00:33:08une beauté
00:33:09de la vie en ruralité.
00:33:14La chose aussi
00:33:15que je voudrais dire,
00:33:16c'est qu'aujourd'hui,
00:33:17je voudrais parler
00:33:17des leviers de mobilisation,
00:33:19en effet,
00:33:19Marie-Lie,
00:33:21puisque nous,
00:33:21on vient de sortir
00:33:22une nouvelle enquête
00:33:23sur qu'est-ce qui rassemble
00:33:25aujourd'hui les Français,
00:33:26qu'est-ce qui fait commun.
00:33:27Ça nous semble important
00:33:28de parler
00:33:28de ces aspects positifs
00:33:30pour contrer,
00:33:31comme l'a dit Victor
00:33:33au début,
00:33:34cette question,
00:33:35cette mauseté,
00:33:36en fait,
00:33:37ambiante
00:33:37sur le débat public
00:33:38qu'on a aujourd'hui
00:33:39et en fait,
00:33:40se dire qu'on a
00:33:41beaucoup de choses
00:33:42en commun,
00:33:42ça nous permet
00:33:43d'aussi dessiner
00:33:44un avenir en commun
00:33:45plus facilement.
00:33:46Et on pense
00:33:47que certains leviers
00:33:48des dimensions du commun
00:33:49qu'on a identifiés
00:33:50peuvent aider
00:33:52à faire des actions locales
00:33:53et puis à créer
00:33:54des mobilisations
00:33:55citoyennes et civiques
00:33:56à l'occasion
00:33:58de ces élections municipales
00:34:00et plus tard.
00:34:01Le premier moteur
00:34:02de ces communs,
00:34:03c'est la fierté.
00:34:04Aujourd'hui,
00:34:05il y a 78%
00:34:06des Français
00:34:07qui se disent
00:34:08fiers d'être Français.
00:34:09On pense
00:34:10qu'il faut traiter
00:34:11cette fierté
00:34:12de façon positive.
00:34:13Des fois,
00:34:13on n'ose pas
00:34:14s'en emparer.
00:34:14On a l'impression
00:34:15que c'est réservé
00:34:16à un certain camp politique.
00:34:18Alors qu'en réalité,
00:34:19c'est un commun
00:34:19qu'on a
00:34:20et qui est aussi
00:34:21particulièrement français.
00:34:22On a fait l'exercice
00:34:22de comparer
00:34:23avec d'autres pays.
00:34:24Quand on est anglais,
00:34:25on ne se sent pas aussi
00:34:26fier d'appartenir
00:34:27à Grande-Bretagne
00:34:28que les Français.
00:34:29Donc,
00:34:30soyons aussi
00:34:32franchouillards
00:34:32dans cet aspect-là.
00:34:34Et quand on dit fier,
00:34:35on a demandé
00:34:36en fait,
00:34:37les Français
00:34:37sont fiers de quoi ?
00:34:38On a testé
00:34:39plein de domaines.
00:34:39Les Français
00:34:40sont fiers
00:34:40de beaucoup de choses.
00:34:42Mais qu'est-ce
00:34:42qui rassemble le plus ?
00:34:44C'est d'abord
00:34:44la fierté
00:34:44des paysages,
00:34:45du patrimoine naturel.
00:34:46Et là aussi,
00:34:47je vois une opportunité
00:34:48en ruralité
00:34:49de pouvoir s'allier
00:34:50pour le patrimoine
00:34:51naturel qui entoure.
00:34:52La deuxième chose,
00:34:53c'est la cuisine,
00:34:54la gastronomie,
00:34:54l'art de vivre.
00:34:5592% des Français
00:34:56qui sont fiers de ça.
00:34:5892% des Français
00:34:59aussi qui sont fiers
00:35:00des monuments
00:35:00du patrimoine historique.
00:35:01Et enfin,
00:35:02le quatrième domaine,
00:35:04c'est la fierté
00:35:05de la diversité
00:35:06des traditions régionales.
00:35:08Ça,
00:35:08ça me tombe très important
00:35:09aussi dans le cadre
00:35:10de cette élection.
00:35:11Ce qu'on sent également
00:35:12de la part des Français,
00:35:13c'est un grand besoin
00:35:14de se rassembler
00:35:15derrière des symboles
00:35:16qui sont communs.
00:35:16Et le symbole
00:35:17le plus commun,
00:35:18le plus répandu,
00:35:19c'est celui du drapeau.
00:35:20Il y a 85% des Français
00:35:22qui nous disent
00:35:22qu'on devrait l'utiliser
00:35:24davantage
00:35:24en dehors
00:35:25des temps sportifs.
00:35:28Également,
00:35:28un message pour...
00:35:30Voilà.
00:35:30Le drapeau
00:35:31est sur le françon
00:35:32de la mairie,
00:35:32mais peut-être
00:35:33ça en apparaît
00:35:33encore plus.
00:35:35La troisième chose,
00:35:36et ça,
00:35:37ça rejoint aussi
00:35:38quand on a vu
00:35:38les préoccupations
00:35:39des Français
00:35:39au niveau local
00:35:40pour les personnes âgées,
00:35:41pour l'école,
00:35:42c'est globalement
00:35:43la préoccupation
00:35:44de la famille.
00:35:45Dans ce temps,
00:35:45en fait,
00:35:46on a l'impression
00:35:46que le monde
00:35:46est de plus en plus menaçant.
00:35:48La famille,
00:35:49c'est toujours
00:35:50un maillon
00:35:51qui est très important
00:35:52dans la société,
00:35:54sur laquelle repose
00:35:55en fait
00:35:55beaucoup de solidarité.
00:35:57Et il nous semble
00:35:57très important
00:35:58de pouvoir développer
00:35:59des politiques familiales
00:36:00aussi pour renforcer
00:36:01ce commun
00:36:02qui est ultra sensible
00:36:03et émotionnel.
00:36:05La dernière chose,
00:36:06c'est la question
00:36:06de la fête
00:36:07et de la convivialité.
00:36:09Il y a 58%
00:36:10des Français
00:36:10qui ont déjà participé
00:36:12à des fêtes de village.
00:36:13Il y a 17%
00:36:15qui ne l'ont jamais fait,
00:36:16mais qui voudraient le faire.
00:36:17Et quand on a été interrogé
00:36:18des Français
00:36:19en qualitatif,
00:36:20c'est énormément revenu.
00:36:21La joie
00:36:21de pouvoir participer
00:36:22à des fêtes
00:36:23qui rassemblent
00:36:23de manière intergénérationnelle,
00:36:25qui rassemblent aussi
00:36:26de manière transpartisane,
00:36:28dans lesquelles
00:36:28on se retrouve
00:36:29et dans lesquelles
00:36:29on va même danser
00:36:31tous sur les mêmes chansons,
00:36:34que ce soit
00:36:35du Goldman,
00:36:36du Sardou,
00:36:37etc.
00:36:38Et la convivialité
00:36:39également pour nous,
00:36:40ça nous semble
00:36:40un moment important
00:36:42dans cette période politique.
00:36:44C'est-à-dire
00:36:44la politique,
00:36:45c'est aussi se réunir
00:36:46autour d'une bonne table,
00:36:47de partager un bon repas
00:36:49et de pouvoir
00:36:50célébrer aussi
00:36:50cette diversité
00:36:51des cuisines régionales.
00:36:53Pour finir,
00:36:53vers une touche,
00:36:54je suis vers 13h30
00:36:55et vous voyez
00:36:55que j'ai l'estomac
00:36:56qui gargouille.
00:36:59Merci beaucoup Clémentine.
00:37:01Victor,
00:37:01je te laisse réagir
00:37:02peut-être rapidement
00:37:02de manière à ce qu'on puisse
00:37:03ensuite ouvrir les micros
00:37:04et échanger
00:37:06avec les participants.
00:37:08Non,
00:37:09échangeons
00:37:10vraiment
00:37:11pour aller dans le sens
00:37:12de ce que dit Clémentine.
00:37:14C'est vrai que je pense
00:37:14qu'il faut
00:37:15sur une élection
00:37:16comme celle-ci
00:37:17vraiment arriver
00:37:18à se détacher
00:37:19du climat amoureux
00:37:20national
00:37:21parce que
00:37:21ces élections municipales,
00:37:24Clémentine parlait
00:37:24d'une fête,
00:37:25je ne sais pas
00:37:25si c'est une fête,
00:37:26mais en tout cas
00:37:26c'est un grand moment
00:37:26démocratique
00:37:27et il doit l'être
00:37:28et à un moment
00:37:30ce sont des chiffres
00:37:31aussi qui peuvent
00:37:32vous intéresser.
00:37:33On parle souvent
00:37:33de l'individualisme
00:37:34en particulier
00:37:35des nouvelles générations
00:37:37quand on interroge
00:37:39encore une fois
00:37:40sur un gros panel
00:37:42des Français
00:37:43sur les raisons
00:37:44pour lesquelles
00:37:44ils pourraient s'engager
00:37:45un jour
00:37:45sur une liste municipale.
00:37:47Ce qui revient
00:37:48toujours en premier
00:37:49c'est à la fois
00:37:49le désir de changer
00:37:50les choses de l'intérieur,
00:37:52la possibilité
00:37:53de faire entendre
00:37:54la voix de ceux
00:37:54qu'on n'écoute pas
00:37:55et le sentiment
00:37:56de contribuer
00:37:57concrètement
00:37:58au quotidien
00:37:58au jour le jour
00:38:00aux affaires
00:38:00de la cité,
00:38:02aux affaires
00:38:02de sa commune.
00:38:03Donc on voit
00:38:04qu'il y a quand même
00:38:04aussi un désir
00:38:06en tout cas
00:38:06à cet échelon-là.
00:38:08Notamment,
00:38:09il ne faut pas oublier
00:38:10que selon beaucoup
00:38:11d'études aussi
00:38:12à l'échelle de l'OCDE,
00:38:13on est les champions
00:38:13de la défiance
00:38:15interpersonnelle.
00:38:16On n'est pas que défiant
00:38:17à l'égard des élites politiques
00:38:18ou de toutes les élites
00:38:20d'ailleurs,
00:38:20mais on ne fait pas
00:38:22confiance à son voisin,
00:38:23on ne fait pas confiance
00:38:23à son collègue
00:38:26au travail,
00:38:27etc.
00:38:28Mais malgré tout,
00:38:29quand on interroge
00:38:30ces gens-là
00:38:30sur le désir
00:38:31de s'investir
00:38:32à l'échelle
00:38:33de la municipalité,
00:38:34il y a un vrai souhait
00:38:35d'être plus impliqué
00:38:37pour essayer
00:38:38de changer les choses
00:38:38au quotidien
00:38:39des personnes
00:38:41qui vivent
00:38:41sur cette circonscription.
00:38:48Merci beaucoup.
00:38:49Victor,
00:38:49tout à l'heure,
00:38:49tu disais
00:38:50que vous vous présentiez
00:38:52comme des gratte-papiers
00:38:53et que c'était
00:38:53les actions des élus
00:38:54et d'autres.
00:38:55Je ne me serais pas
00:38:56permis pour qu'il y ait
00:38:56de vous présenter
00:38:57comme un gratte-papier
00:39:00et que c'était
00:39:00les actions
00:39:01que les élus
00:39:01et d'autres
00:39:02mènent au quotidien
00:39:03qui est essentiel.
00:39:03Nous,
00:39:03chez INCIT,
00:39:04on est convaincus
00:39:05que c'est la résonance
00:39:06justement entre les deux,
00:39:07entre l'action
00:39:08et la réflexion
00:39:09qui nous permet
00:39:10d'agir au meilleur endroit
00:39:11et de la façon
00:39:12la plus juste
00:39:12et c'est justement
00:39:13l'objectif
00:39:14de ces cafés de campagne
00:39:15et on va ouvrir
00:39:15du coup
00:39:16un temps d'échange
00:39:17avec vous
00:39:18et ces acteurs
00:39:19et ces actrices
00:39:20de terrain
00:39:20qui sont parmi nous.
00:39:23Je ne sais pas si…
00:39:23Alors,
00:39:23j'ai vu que dans le chat
00:39:24il y avait des commentaires.
00:39:26Je vous propose
00:39:27s'il y a des questions,
00:39:28n'hésitez pas
00:39:28à lever la main
00:39:30ou si vous ne maîtrisez
00:39:33pas suffisamment
00:39:33l'outil Zoom,
00:39:34simplement ouvrez
00:39:35votre micro
00:39:36et posez votre question
00:39:38pour nos intervenants.
00:39:40Éric Dupont,
00:39:41chère chérie,
00:39:42je peux ?
00:39:44Juste une petite réflexion,
00:39:45c'est vrai que là
00:39:47j'ai vu les priorités,
00:39:48donc sécurité
00:39:48pour les urbains
00:39:50et la troisième place
00:39:51pour les ruraux.
00:39:52Enfin,
00:39:52je vais m'apercevoir
00:39:52que nous,
00:39:53dans notre plaquette,
00:39:53notre programme,
00:39:54on n'a pas du tout
00:39:54parlé de ça.
00:39:55On fait notre programme
00:39:56à 17,
00:39:57donc on a une liste
00:39:58de 17 personnes,
00:39:59ou de 15,
00:39:59mais voilà.
00:40:00Et en fait,
00:40:01ce n'est pas du tout
00:40:01ressorti,
00:40:02donc je me dis
00:40:02c'est étonnant.
00:40:04Deuxième chose,
00:40:06ce qui est sorti
00:40:06énormément chez nous,
00:40:07c'est ce qui est participatif.
00:40:08Alors,
00:40:08je trouve que c'est
00:40:09assez nouveau
00:40:09parce qu'il y a six ans
00:40:11on ne parlait pas du tout,
00:40:11mais maintenant,
00:40:12intégrer le citoyen,
00:40:13intégrer le citoyen,
00:40:14intégrer le citoyen
00:40:14pour tous les projets
00:40:16que ce soit,
00:40:16et ça c'est toujours ressorti.
00:40:18Et une troisième remarque,
00:40:21la mobilité,
00:40:21ça me semble
00:40:24le domaine
00:40:25qui ressort tout le temps aussi,
00:40:26mais qui est très compliqué,
00:40:27on ne sait jamais
00:40:27par quel bout le prendre,
00:40:28parce qu'en même temps,
00:40:28je suis président d'un GAL,
00:40:30d'un pays,
00:40:31et la mobilité,
00:40:32ça ressort aussi
00:40:33au niveau d'un territoire.
00:40:34Et troisième chose,
00:40:35petite remarque,
00:40:36là,
00:40:37on a commencé par a dit
00:40:38on va avoir sept ans
00:40:39à faire,
00:40:40déjà six ans,
00:40:41c'est long,
00:40:42et on s'est interçu
00:40:43dans les quelques jeunes
00:40:44d'un mandat
00:40:44qui se termine,
00:40:46et bien c'est là
00:40:46où on voit
00:40:47qu'ils ne tiennent pas.
00:40:47Donc autant un jeune,
00:40:48vous allez nous donner
00:40:49un projet
00:40:50sur deux ans concret,
00:40:52et ça aboutit,
00:40:53un projet à long terme
00:40:54sur six ans,
00:40:55alors savoir
00:40:56si c'est même deux mandats,
00:40:57c'est compliqué.
00:40:58Voilà.
00:40:59C'est ma réflexion.
00:41:02Merci beaucoup
00:41:02pour ces éléments.
00:41:04Je ne sais pas si c'est...
00:41:04Oui, Victor,
00:41:05j'ai l'impression
00:41:05que tu veux réagir,
00:41:06vas-y.
00:41:07Non,
00:41:07alors je pense que
00:41:10tous les points
00:41:11sont très intéressants.
00:41:12Sur la sécurité,
00:41:13notamment,
00:41:14je pense que c'est aussi
00:41:15parce que ce sont
00:41:16des sujets,
00:41:16contrairement à ce
00:41:17qu'on entend souvent
00:41:18dans le débat public,
00:41:18qui sont transversaux,
00:41:20comme aujourd'hui
00:41:21l'écologie,
00:41:22par exemple.
00:41:22On parle moins
00:41:23d'écologie dans les listes,
00:41:24mais parce qu'avant,
00:41:25l'écologie,
00:41:25c'était quelque chose
00:41:26de très sectorisé,
00:41:28sectoriel.
00:41:30Maintenant,
00:41:30en fait,
00:41:31quand vous regardez
00:41:31beaucoup de programmes,
00:41:32il n'y a pas...
00:41:34ça arrive,
00:41:34mais bien souvent,
00:41:35il n'y a pas trois paragraphes
00:41:37sur l'écologie,
00:41:38mais par contre,
00:41:38elle se met un petit peu
00:41:41dans différentes thématiques
00:41:42qui sont traitées
00:41:43dans le programme,
00:41:43sur les infrastructures,
00:41:44sur les mobilités,
00:41:46sur l'entretien du quotidien,
00:41:47sur la propreté,
00:41:48sur...
00:41:49Enfin, voilà.
00:41:50Et je pense que la sécurité,
00:41:51ça rejoint un peu
00:41:52ce qu'on disait tout à l'heure,
00:41:53c'est que la sécurité,
00:41:53elle n'est pas,
00:41:54pour beaucoup,
00:41:55encore une fois,
00:41:56contrairement à ce qu'on laisse
00:41:57bien souvent penser
00:41:57dans le débat public,
00:41:59ce n'est pas que
00:42:00la sécurité policière,
00:42:01et notamment dans
00:42:01certaines typologies
00:42:02de territoire,
00:42:03c'est aussi la sécurité
00:42:05du quotidien
00:42:05pour amener ses enfants
00:42:07à l'école
00:42:08dans des conditions décentes
00:42:09avec une route
00:42:09qui tient la route,
00:42:11sans le mauvais jeu de mots,
00:42:13de la sécurité environnementale,
00:42:15sanitaire,
00:42:15toutes ces choses-là.
00:42:17Et ça,
00:42:17je crois aussi
00:42:18que beaucoup de Français
00:42:19l'ont conscientisé,
00:42:21et que c'est des choses
00:42:23qui remontent
00:42:23plutôt par filigrame,
00:42:26c'est-à-dire
00:42:26par rapport
00:42:27à certaines
00:42:28d'autres thématiques
00:42:29qui sont traitées
00:42:29plutôt que de dire
00:42:30c'est la sécurité
00:42:31parce qu'on se sent
00:42:32en insécurité
00:42:33chez nous.
00:42:34Ça, en réalité,
00:42:35c'est quelque chose
00:42:36qui ne concerne pas
00:42:40une très large majorité
00:42:41de nos concitoyens.
00:42:42Et sur les mobilités,
00:42:44je suis d'accord aussi,
00:42:45on a fait beaucoup
00:42:46de travaux là-dessus,
00:42:47notamment avec
00:42:47l'association rurale
00:42:49de Saint-Valhomé-Berlioux.
00:42:51C'est vrai que c'est un enjeu
00:42:52parce que
00:42:53quand on parle
00:42:54de frustration en particulier,
00:42:57de frustrations
00:42:58auprès de nouvelles générations,
00:43:00ce que l'on voit,
00:43:00c'est que quand vous vivez
00:43:01dans un territoire
00:43:02peu dense,
00:43:02très peu dense,
00:43:02que vous passez
00:43:04en moyenne
00:43:04plus de deux heures
00:43:05dans les transports,
00:43:08que tout cela,
00:43:09ces questions de mobilité
00:43:10et d'entrave
00:43:11à la mobilité,
00:43:12plutôt,
00:43:12devrais-je dire,
00:43:13vous conduire à tout
00:43:13un tas de renoncements
00:43:15dans votre vie du quotidien
00:43:16pour accéder à des services,
00:43:19pour pratiquer
00:43:19des activités culturelles
00:43:20ou sportives,
00:43:22mais aussi dans votre
00:43:24parcours académique
00:43:25ou scolaire.
00:43:26Je rappelle
00:43:27qu'un collégien,
00:43:29en moyenne,
00:43:29quand il vit dans un territoire
00:43:30peu dense ou très peu dense,
00:43:31c'est plus de 11 km,
00:43:32allez,
00:43:33pour le lycéen,
00:43:34ça double,
00:43:34on est à 22 km,
00:43:36et 70 % des universités,
00:43:38formation post-bac,
00:43:4070 % se trouvent
00:43:41dans des grandes métropoles.
00:43:42Donc,
00:43:43on voit que tout se joue là
00:43:44et qui plus est,
00:43:45ça les suit tout au long
00:43:46de leur vie
00:43:46parce que nous,
00:43:47on avait fait une étude
00:43:48sur cette thématique
00:43:49et on observait
00:43:50que un jeune sur deux
00:43:52entre 18 et 34 ans,
00:43:57dans sa vie professionnelle,
00:43:58avait déjà renoncé
00:43:59à un entretien d'embauche
00:44:00uniquement pour des raisons
00:44:01de mobilité.
00:44:02Donc,
00:44:02c'est quelque chose
00:44:03qui est structurant
00:44:03parce que c'est vraiment
00:44:04au carrefour
00:44:05de tout un tas
00:44:06d'autres sujets.
00:44:07Donc,
00:44:07je partage totalement.
00:44:11Je propose de prendre
00:44:12d'autres questions,
00:44:13comme ça,
00:44:14ça vous permettra
00:44:15peut-être une alternance.
00:44:16Stéphane,
00:44:17tu as levé la main.
00:44:18Je te laisse
00:44:18prendre la parole.
00:44:20Bonjour.
00:44:23Ce que vous constatez,
00:44:25je vois sur le rural,
00:44:27apparemment,
00:44:28est beaucoup différent
00:44:29parce qu'hier,
00:44:29j'ai assisté à une vision
00:44:30avec Ipsos
00:44:31qui était un peu plus générale
00:44:32mais il y avait
00:44:33plutôt l'urbain,
00:44:34était beaucoup plus politique
00:44:36et il parlait
00:44:37de dégagisme même,
00:44:38certainement,
00:44:39mais moins dans le rural.
00:44:41Moi,
00:44:41je vis comme ça aussi,
00:44:42donc je suis maire
00:44:42et candidat
00:44:43à la réélection.
00:44:46Les sujets
00:44:46que je n'ai pas entendus,
00:44:47c'est bizarre,
00:44:48c'est commerce.
00:44:49C'est peut-être
00:44:50dans l'équipement,
00:44:51peut-être.
00:44:51Moi,
00:44:51c'est un sujet
00:44:52qui est quand même prégnant.
00:44:53C'est une petite ville
00:44:54où un ancien chef
00:44:56de canton,
00:44:56une centralité
00:44:57dans le rural,
00:44:59avec,
00:45:00c'est une inquiétude
00:45:00pour les gens
00:45:01et j'avais été obligé
00:45:02à un moment
00:45:03de dire
00:45:03qu'il n'y avait rien
00:45:04fait d'avance,
00:45:05on pouvait arriver
00:45:07à remettre des commerces
00:45:08et tout ça
00:45:08et donc ça fait partie
00:45:09de notre programme
00:45:12et ça a l'air
00:45:12de plutôt bien marcher.
00:45:14La mobilité,
00:45:15je suis d'accord,
00:45:16mais c'est surtout
00:45:16pour les jeunes
00:45:17parce que sinon,
00:45:18beaucoup de ruraux
00:45:19ont une voiture
00:45:19et s'en contentent.
00:45:23Donc,
00:45:23ça ne porte pas forcément
00:45:25sur toute la population.
00:45:27Il y a la santé,
00:45:29je l'ai vu dans les commentaires,
00:45:30c'est vrai que ça,
00:45:31c'est quand même
00:45:31quelque chose
00:45:31qui revient beaucoup,
00:45:33même si moi,
00:45:33j'ai réussi à avoir
00:45:34deux médecins depuis,
00:45:35je suis passé de zéro à deux
00:45:36depuis le début du mandat.
00:45:40Voilà,
00:45:40la sécurité,
00:45:41alors après,
00:45:41il y a tout un débat
00:45:42et on entend la population
00:45:43avec l'Ukraine,
00:45:44avec tout un tas de choses
00:45:46qui regardent peut-être
00:45:47des chaînes comme C-News,
00:45:48je ne vais pas les citer,
00:45:49mais voilà,
00:45:49des trucs,
00:45:50des fois,
00:45:50j'ai l'impression
00:45:51et ils ont en fait
00:45:53un avis sur l'État,
00:45:54sur la France,
00:45:56de tout,
00:45:58rien ne va
00:46:00et on a du mal
00:46:01à définir
00:46:02si c'est un sentiment
00:46:04vis-à-vis de la France
00:46:05ou vis-à-vis en général
00:46:07même des communes.
00:46:08Et quand on discute
00:46:09un peu avec eux,
00:46:10il y a un moment,
00:46:11c'est vrai que certains disent
00:46:12« Ah ouais,
00:46:13mais chez nous,
00:46:13ça va quand même en fait ».
00:46:15Mais c'est difficile
00:46:16à repérer
00:46:18parce qu'il y a vraiment
00:46:19un ras-le-bol
00:46:21et on essaie,
00:46:23nous,
00:46:23maires,
00:46:24de travailler dessus
00:46:26et je dirais aussi
00:46:27ce qu'on est en train
00:46:29de faire,
00:46:29aidé par l'État,
00:46:30qui s'appelle
00:46:30territoire d'engagement,
00:46:31de travailler sur,
00:46:33c'est un tiers-lieu,
00:46:34mais sur la…
00:46:35que les gens sortent plus
00:46:37de chez eux,
00:46:37se voient plus,
00:46:38on voit que ça,
00:46:39ça a vraiment un impact.
00:46:40les associations,
00:46:42vous l'avez dit,
00:46:42les choses comme ça,
00:46:43c'est un impact
00:46:45sur vraiment
00:46:45le citoyen
00:46:46et le citoyen
00:46:47qui réfléchit
00:46:48un peu plus
00:46:48que bêtement
00:46:51devant ses réseaux sociaux
00:46:52de réagir
00:46:53avec la haine
00:46:55et le désespoir.
00:47:01Merci beaucoup
00:47:02pour ce témoignage.
00:47:03Je ne sais pas
00:47:03si Clémentine ou Victor,
00:47:05vous avez envie ?
00:47:06Oui, Clémentine ?
00:47:07Oui, merci beaucoup
00:47:09en effet
00:47:09pour ce témoignage
00:47:11pour répondre
00:47:12un peu
00:47:13aux différents points.
00:47:14En effet,
00:47:14le commerce,
00:47:15c'est la sixième
00:47:16préoccupation
00:47:17dans les territoires ruraux.
00:47:18On le retrouve
00:47:19de manière très forte
00:47:20et ce que je trouve
00:47:21très intéressant,
00:47:22c'est aussi
00:47:23dans les petites villes,
00:47:25quand on a fait
00:47:26des groupes
00:47:26de discussion,
00:47:27on s'est rendu compte
00:47:28que la question
00:47:28du commerce
00:47:29rejoignait
00:47:29la préoccupation
00:47:30pour la sécurité
00:47:32puisque le fait
00:47:33qu'en effet
00:47:33que les commerces
00:47:34soient fermés
00:47:35et donc aussi
00:47:36qu'un centre-ville
00:47:38soit à l'abandon,
00:47:40ne soit pas éclairé
00:47:42la nuit,
00:47:42ça crée un grand
00:47:43sentiment en sécurité
00:47:45et du coup,
00:47:46les gens nous disaient
00:47:46que dans certains
00:47:47endroits,
00:47:47ils n'osent plus
00:47:47se promener
00:47:48en centre-ville
00:47:49parce que ça leur
00:47:49paraît dangereux
00:47:50et abandonné.
00:47:51Donc là,
00:47:51on voit qu'en effet,
00:47:52quand on parle de sécurité,
00:47:53on ne parle pas que
00:47:54de sécurité en tant que telle
00:47:55et on peut parler
00:47:55d'aménagement urbain aussi.
00:47:57La question de la sécurité,
00:47:58c'est aussi celle
00:47:59de l'éclairage public
00:48:01globalement,
00:48:01donc ça rejoint
00:48:02en tout cas
00:48:03d'autres préoccupations.
00:48:05Sur la mobilité
00:48:06qui concerne
00:48:06beaucoup les plus jeunes,
00:48:08nous,
00:48:08ce qu'on a pu entendre
00:48:08en groupe de discussion
00:48:09aussi,
00:48:10c'était que je pense
00:48:11que c'est toutes les personnes
00:48:13qui peuvent être
00:48:13plus ou moins précaires
00:48:14en effet,
00:48:15c'est les jeunes
00:48:16mais pas que les jeunes
00:48:17aussi,
00:48:17les personnes des fois
00:48:18qui nous disaient
00:48:19qu'ils ont des énormes
00:48:20problèmes parce que
00:48:21du jour en main,
00:48:22leur voiture tombe en panne
00:48:24et là,
00:48:24en fait,
00:48:25ils n'ont plus du tout
00:48:25la possibilité
00:48:26de se déplacer
00:48:27donc je pense
00:48:29qu'il y a un peu
00:48:30un mythe aujourd'hui
00:48:31en France
00:48:31comme quoi
00:48:33les Français,
00:48:33ils adorent leur bagnole
00:48:34parce que ça leur permet
00:48:35d'avoir beaucoup
00:48:36de liberté.
00:48:36En fait,
00:48:37c'est aussi vécu
00:48:38des fois comme une dépendance
00:48:39qui peut être
00:48:39un peu douloureuse.
00:48:42Sur la santé,
00:48:43félicitations
00:48:43pour vos deux médecins,
00:48:46c'est vraiment super
00:48:48et c'est un modèle
00:48:49je pense qu'il faudrait
00:48:51donner à d'autres communes
00:48:52et après,
00:48:54pour la difficulté
00:48:55de savoir
00:48:55est-ce que ça concerne
00:48:56des fois la France
00:48:57ou les communes,
00:48:57ça c'est un brouillage global
00:48:59et c'est ce qu'on voit
00:49:00en effet dans les baromètres
00:49:02de confiance,
00:49:02la figure du maire résiste
00:49:04mais est un petit peu
00:49:06érodée en fait
00:49:07et subit
00:49:07ce qui se passe
00:49:08au niveau national.
00:49:09Et je pense que ça vient
00:49:10aussi d'un brouillage
00:49:11des compétences,
00:49:11c'est-à-dire qu'aujourd'hui,
00:49:13savoir qu'est-ce qui dépend
00:49:14exactement
00:49:15de la commune,
00:49:16de l'intercôte,
00:49:16du département,
00:49:18de la région
00:49:19et de l'État,
00:49:20les gens s'y perdent un peu
00:49:21et ils mettent
00:49:21tout dans le même panier,
00:49:22ça c'est clair.
00:49:26Et peut-être
00:49:27pour rebondir,
00:49:28effectivement,
00:49:29alors nous,
00:49:29on a testé
00:49:32deux choses,
00:49:32développement économique
00:49:33dans la commune
00:49:34et la question
00:49:35des commerces
00:49:35de proximité,
00:49:36c'est vrai,
00:49:36c'est à peu près ça,
00:49:37ça arrive en sixième
00:49:39et huitième position.
00:49:41Il faut toujours
00:49:41faire attention
00:49:42aux positions
00:49:43parce qu'on dit toujours,
00:49:45parfois on a le sentiment
00:49:46que si c'est en sixième position,
00:49:47c'est pas bien.
00:49:49mais en réalité,
00:49:50parfois entre le premier
00:49:51et le deuxième,
00:49:51vous avez un seul point d'écart
00:49:52et en plus,
00:49:53un sondage,
00:49:53on sait qu'il y a des biais
00:49:55et parfois,
00:49:55je dis entre le premier
00:49:56et le deuxième
00:49:56mais ça peut être
00:49:57entre le premier et le cinquième,
00:49:58vous allez avoir
00:49:59trois,
00:49:59quatre points.
00:50:00Donc plutôt que
00:50:01toujours parler de position
00:50:02et on le fait tous
00:50:03mais je pense qu'il faut
00:50:04vraiment plutôt regarder
00:50:05le niveau,
00:50:07les points de pourcentage
00:50:08et sur ces questions-là
00:50:09de proximité,
00:50:10de commerce,
00:50:11de proximité,
00:50:11développement économique,
00:50:12on est à chaque fois
00:50:13en tout cas au-dessus
00:50:15de 50%
00:50:15puisque nous,
00:50:16on a demandé
00:50:17à ce qu'il se prononce
00:50:18sur l'entièreté des items
00:50:20et non pas qu'il fasse un classement
00:50:21par exemple
00:50:21entre le plus important,
00:50:23le deuxième plus important
00:50:24et le troisième plus important.
00:50:26Et puis sur la question
00:50:27qui moi,
00:50:27elle me semble aussi essentielle
00:50:29quand même
00:50:29parce que c'est peut-être
00:50:30la première fois
00:50:30qu'on s'interroge là-dessus
00:50:32sur la question du dégagisme
00:50:34dont vous parliez.
00:50:36Ce qu'on voit dans notre étude,
00:50:37nous,
00:50:37quand on pose la question
00:50:38au fond de vous,
00:50:39est-ce que vous souhaiteriez
00:50:40qu'à l'issue de son mandat
00:50:41en 2026,
00:50:42votre mère soit réélu ou pas,
00:50:44on est à 53%
00:50:47de réponses positives ?
00:50:48Alors,
00:50:49c'est la majorité.
00:50:51Si à l'échelon national,
00:50:52c'était les mêmes proportions,
00:50:53ils seraient contents.
00:50:54Mais encore une fois,
00:50:55si on compare
00:50:55d'une manière barométrique
00:50:59avec différentes échéances
00:51:01électorales,
00:51:01on voit que c'est quand même
00:51:03une volonté
00:51:04qui diminue
00:51:05assez fortement.
00:51:06En 95,
00:51:07on était à 66%.
00:51:08En 2001,
00:51:08on était à 63%.
00:51:11En 2014,
00:51:12on était à 58%.
00:51:13À 56 en 2020.
00:51:15Et là,
00:51:15on est à 53.
00:51:17Donc,
00:51:17il y a quand même
00:51:18effectivement un mouvement
00:51:19de fond,
00:51:19qui ne date pas d'aujourd'hui,
00:51:20mais un vrai mouvement
00:51:21de fond,
00:51:23qui est plus puissant
00:51:24d'ailleurs sur la volonté
00:51:25qui n'est pas une réélection
00:51:26de la personne qui sort,
00:51:27qui est plus puissant
00:51:28dans les grandes métropoles
00:51:29que dans les territoires ruraux.
00:51:31C'est un peu ce que soulignait
00:51:32Clémentine tout à l'heure,
00:51:33je pense,
00:51:33parce que c'est vrai
00:51:34que dans une commune rurale,
00:51:36vous avez l'avantage
00:51:38de pouvoir croiser votre maire
00:51:39ou un conseil municipal
00:51:41de manière assez régulière.
00:51:42Alors,
00:51:43ça peut être un avantage,
00:51:44mais ça peut aussi être compliqué
00:51:46parfois,
00:51:46d'ailleurs pour les élus,
00:51:48parce que souvent,
00:51:49on vient vous voir
00:51:49comme si vous étiez responsable
00:51:52de tous les maux.
00:51:53Et on en parlait un petit peu
00:51:54tout à l'heure,
00:51:54quand on voit l'évolution
00:51:55des compétences,
00:51:56moi je le vois bien,
00:51:56quand on teste
00:51:57qui c'est qui est le garant
00:51:58de la gestion de l'eau,
00:51:59de la gestion des déchets
00:52:00dans votre commune,
00:52:027 personnes sur 10,
00:52:03voire plus,
00:52:04à chaque fois,
00:52:04vos réponses,
00:52:05c'est le maire.
00:52:07Donc,
00:52:09cette proximité,
00:52:09elle a un vrai avantage,
00:52:11et même d'un point de vue
00:52:11philosophique,
00:52:12si je puis dire,
00:52:13sur ce que doit être un élu,
00:52:15pour moi c'est clé,
00:52:16mais c'est vrai
00:52:17que pour les élus eux-mêmes,
00:52:18on parlait tout à l'heure
00:52:19de crise de vocation,
00:52:20en tout cas de difficulté
00:52:21à exercer le mandat,
00:52:22on sait que ce sont des élus
00:52:23qui sont de plus en plus,
00:52:26de plus en plus,
00:52:28je ne dirais pas du tout
00:52:29violentés,
00:52:30parce que ce n'est pas le terme,
00:52:31il y a des cas,
00:52:32mais ce n'est pas la majorité
00:52:34loin de là,
00:52:34mais qui sont de plus en plus
00:52:36arrêtés dans le plein d'une rue
00:52:37pour effectivement
00:52:38qu'on puisse leur dire
00:52:39tout ce qu'on pense,
00:52:39tout ce qui ne va pas,
00:52:40etc.
00:52:40Et c'est vrai que sur une
00:52:41mandat de circomplète,
00:52:42comme le disait le monsieur
00:52:44juste avant vous,
00:52:46notamment pour les jeunes
00:52:47générations,
00:52:486 ou 7 ans,
00:52:50quand vous êtes sur des
00:52:51territoires comme ça,
00:52:51et que vous avez le sentiment
00:52:53de faire le maximum
00:52:53et que ça ne va jamais,
00:52:54ça peut décourager
00:52:57bien des égards.
00:53:00Merci,
00:53:00je vois deux mains levées
00:53:01et je suis incapable
00:53:02de dire qui a levé la main
00:53:04en premier
00:53:04ou la première,
00:53:05comme il y a eu deux hommes
00:53:07qui se sont exprimés,
00:53:07je vais donner la parole
00:53:08à Cécile d'abord.
00:53:10Cécile qui est là.
00:53:12Cécile,
00:53:13la parole est à toi.
00:53:15Donc juste deux mots
00:53:19pour...
00:53:20que je viens de publier,
00:53:21que merci Marie-Lie
00:53:22de l'avoir mis
00:53:23dans le chat
00:53:24et Clémentine a fait
00:53:25la préface,
00:53:26donc c'est ce que j'ai publié.
00:53:29C'est juste pour attirer
00:53:29votre attention,
00:53:30c'est une enquête
00:53:31que j'ai faite
00:53:31de manière presque une année
00:53:32auprès de 112 élus
00:53:33et dont 70%
00:53:35sont de la ruralité.
00:53:36Je n'ai pas cherché
00:53:37à faire une enquête
00:53:38sur la ruralité,
00:53:39mais j'ai été passionnée
00:53:41par les résultats
00:53:41que j'ai eus
00:53:42à travers ces réponses
00:53:44issues d'élus
00:53:46de la ruralité
00:53:47et je trouve
00:53:48qu'il y a dedans
00:53:49ce que j'appelle
00:53:50de nouveaux rôles modèles
00:53:51de femmes qui sont élus
00:53:52aujourd'hui
00:53:53dans les petits villages
00:53:54ou des bourgs
00:53:55et donc j'ai trouvé
00:53:56ça très adressant
00:53:56et comme vous êtes
00:53:57intéressés par ces territoires,
00:53:59je me permets
00:54:00de vous signaler
00:54:00cette étude
00:54:01qui vient de publier
00:54:02où il y a
00:54:03beaucoup de verbatim
00:54:04et du coup
00:54:05qui est très imagé,
00:54:06très concrète,
00:54:06je pense que c'est pour ça
00:54:07qu'elle plaît plutôt bien
00:54:09et j'ai eu
00:54:10des bons retours
00:54:11des élus
00:54:11qui ont été interrogés
00:54:13donc je me sens
00:54:14en confiance
00:54:15pour vous en parler.
00:54:18Merci beaucoup.
00:54:20Merci Serge,
00:54:21du coup la parole
00:54:22est à toi.
00:54:23Oui,
00:54:23j'ai réagi
00:54:24il y a 15 jours
00:54:24ou 3 semaines
00:54:26en publiant
00:54:27un petit post
00:54:28sur Facebook
00:54:29parce que j'ai été
00:54:29très agacé
00:54:30par l'émission
00:54:30qui est passée
00:54:31sur M6
00:54:33sur les frais
00:54:34de représentation
00:54:35des élus,
00:54:37des élus
00:54:38qui sont hors sol,
00:54:39qui sont effectivement
00:54:41plutôt urbains
00:54:42que campagnards,
00:54:43voire très urbains,
00:54:45des mairies
00:54:46d'arrondissement parisiennes.
00:54:47Moi,
00:54:47j'ai été très agacé
00:54:48parce que c'est très loin
00:54:50de...
00:54:50Les gens,
00:54:51c'est quand même
00:54:51ce qu'ils regardent
00:54:51sur leur canapé
00:54:53mais nous,
00:54:53dans les communes rurales,
00:54:55moi,
00:54:55j'utilise mon ordinateur,
00:54:56mon téléphone,
00:54:57ma voiture,
00:54:58voilà,
00:54:59on ne compte même pas
00:55:00les heures qu'on y passe.
00:55:01Bien sûr qu'on a
00:55:02une indemnité
00:55:04mais ce n'est pas avec ça
00:55:04qu'on arrive à boucler
00:55:06et il y a un gouffre
00:55:09médiatique.
00:55:09Les élus,
00:55:10l'eau au robinet,
00:55:12elles n'arrivent pas
00:55:12toutes seules,
00:55:12les ordues ménagères,
00:55:13elles ne se ramassent pas
00:55:14toutes seules,
00:55:14la gestion forestière,
00:55:15elle ne se fait pas
00:55:16toutes seules.
00:55:16Donc,
00:55:17il y a beaucoup de compétences,
00:55:18il y a beaucoup de choses
00:55:18qui se font par les élus
00:55:20mais il y a peut-être
00:55:20un gouffre
00:55:22entre les habitants
00:55:24qui ont peut-être
00:55:25l'impression
00:55:25que ça fonctionne
00:55:25tout seul,
00:55:26peut-être que l'eau,
00:55:26elle arrive tout seul
00:55:27au robinet,
00:55:27moi,
00:55:27je n'en sais rien,
00:55:28peut-être,
00:55:28il faudrait que je me renseigne,
00:55:30etc.,
00:55:30etc.
00:55:31Et que être élu,
00:55:32c'est quand même,
00:55:33pour moi,
00:55:33enfin,
00:55:33en tout cas,
00:55:34on bosse,
00:55:35on bosse beaucoup,
00:55:36on bosse beaucoup
00:55:37dans notre commune,
00:55:38on bosse beaucoup
00:55:38dans les communautés
00:55:39de communes,
00:55:39moi,
00:55:40je bosse,
00:55:40par exemple,
00:55:41aux communes forestières,
00:55:42à l'association des maires,
00:55:43etc.,
00:55:44etc.,
00:55:44et que ça ne se fait pas
00:55:45tout seul,
00:55:46voilà,
00:55:46et que ce message
00:55:47qu'il y a des gens
00:55:48qui ont des indemnités
00:55:49de représentation
00:55:51sans rendre compte,
00:55:52moi,
00:55:52ça m'a énormément choqué
00:55:53parce que c'est loin
00:55:54de ce qu'on vit.
00:55:59Merci beaucoup, Serge,
00:56:00pour ce témoignage.
00:56:02Est-ce qu'il y a,
00:56:03enfin,
00:56:04je ne sais pas,
00:56:04peut-être Victor ou Clémentine,
00:56:05si vous avez envie
00:56:06de réagir à ça ?
00:56:08Juste pour vous donner
00:56:10toute ma compassion
00:56:12et oui,
00:56:15je suis totalement
00:56:16d'accord avec vous,
00:56:17je partage le fait
00:56:18qu'en effet,
00:56:19le travail incroyable
00:56:21des maires ruraux
00:56:21pour gagner 600 euros
00:56:23par mois
00:56:24n'est pas assez mis
00:56:24en valeur
00:56:25et on essaie de faire
00:56:27à notre petite échelle
00:56:27pour essayer de valoriser ça,
00:56:29mais ça mériterait
00:56:29bien davantage.
00:56:32Et vous soulignez
00:56:33un point intéressant,
00:56:35vraiment,
00:56:35la distorsion
00:56:36qu'il existe
00:56:36entre les personnes
00:56:37que l'on voit
00:56:37dans l'espace public
00:56:39et les maires,
00:56:40qui sont très nombreux,
00:56:41je crois qu'il y a
00:56:42plus de 24 000 communes
00:56:44de moins de 1 000 habitants
00:56:46qui, eux,
00:56:47sont bien souvent
00:56:48passées sous silence.
00:56:50C'est d'ailleurs pour ça
00:56:51que dans cette étude
00:56:51qu'avait écrite
00:56:52Benjamin Morel
00:56:52dans les axes structurants
00:56:54pour revivifier
00:56:54la démocratie municipale,
00:56:56on avait mis en premier
00:56:56cette question
00:56:57de comment fait-on,
00:56:59même si ce n'est pas simple,
00:57:00mais comment fait-on
00:57:01pour revaloriser
00:57:02le mandat municipal
00:57:03avec cette question
00:57:05qui, moi,
00:57:05me paraît essentielle ?
00:57:07Comment,
00:57:09par quels moyens,
00:57:10en fait,
00:57:10arrive-t-on à voir
00:57:11des élus locaux
00:57:13issus de petits territoires
00:57:15qui ont une meilleure visibilité
00:57:16dans l'espace public,
00:57:18dans l'espace politico-médiatique
00:57:20et qui,
00:57:21en réalité,
00:57:22représentent
00:57:23bien plus de Français
00:57:24que ce maire
00:57:26qui vient
00:57:27d'un arrondissement parisien
00:57:29ou d'un arrondissement
00:57:31d'une très grande métropole.
00:57:33Donc,
00:57:33pour moi,
00:57:34c'est clé,
00:57:34c'est toute la question
00:57:35aussi du narratif,
00:57:36du récit
00:57:37qui est bien souvent
00:57:38difficile à faire à changer,
00:57:39notamment dans l'espace médiatique
00:57:40et qui renforce
00:57:41un petit peu
00:57:42ce que je disais tout à l'heure,
00:57:43cette crise de la représentation
00:57:45à la fois politique
00:57:46et médiatique
00:57:46qui est quand même
00:57:47très puissante
00:57:47et qui se répand
00:57:51de plus en plus
00:57:51au sein de l'opinion française.
00:57:54Merci beaucoup.
00:57:55Je vois qu'il est déjà 14h.
00:57:56C'était passionnant
00:57:57et en tout cas,
00:57:58à titre personnel,
00:57:59j'ai appris beaucoup de choses.
00:58:00C'est beau,
00:58:00je te passe la main
00:58:01pour clôturer
00:58:02ce café de campagne ?
00:58:03Merci beaucoup,
00:58:04Marie-Lie.
00:58:04Merci, Clémentine.
00:58:05Merci, Victor,
00:58:06pour cette intelligence
00:58:08que vous avez mise
00:58:09au service du collectif
00:58:10et de la démocratie
00:58:12et de la République.
00:58:13Donc,
00:58:13merci infiniment.
00:58:14Je veux rebondir
00:58:15sur ce que disait Serge.
00:58:18C'est tellement vrai
00:58:19ce que tu dis.
00:58:21C'est tellement vrai
00:58:22ce que l'on fait
00:58:22dans nos communes
00:58:23en tant que maire
00:58:24dans nos petites communes
00:58:25au service
00:58:25de l'intérêt général.
00:58:27C'est vrai
00:58:28de la convivialité,
00:58:29j'aurais tendance à dire,
00:58:31jusqu'à la politique
00:58:32au sens premier du terme.
00:58:34Parce que
00:58:35dans nos villages,
00:58:37on sait faire vivre
00:58:38la démocratie
00:58:38de façon apaisée
00:58:39et que le débat
00:58:40n'est pas grave.
00:58:41Au contraire,
00:58:42il est riche
00:58:43et que l'on ne soit pas d'accord,
00:58:45ça n'est pas grave.
00:58:46Et on arrive
00:58:46à faire vivre
00:58:47notre débat démocratique
00:58:48de façon beaucoup plus sereine
00:58:49qu'à l'échelle nationale
00:58:51où on voit bien
00:58:52que si les types
00:58:52pouvaient avoir des flingues
00:58:53et ils en ont des fois,
00:58:55ça pourrait mal se finir.
00:58:57Nous,
00:58:57on a une approche
00:58:58beaucoup plus en cohérence
00:58:59avec les attentes
00:59:00et c'est,
00:59:02je dirais,
00:59:03ce que nous ont appris
00:59:04et témoigné
00:59:06Clémentine et Victor.
00:59:07C'est aussi ça,
00:59:08cette image
00:59:08d'une France
00:59:09qui n'est pas
00:59:11ce que l'on envoie
00:59:12dans un certain nombre
00:59:13de réseaux sociaux
00:59:14et surtout
00:59:14de chaînes
00:59:16que l'on connaît bien
00:59:17et qui se repèsent
00:59:19un peu
00:59:19de mauvaises nouvelles,
00:59:21de sensationnalisme
00:59:22et de clivage permanent.
00:59:24Ce n'est pas ce qu'on vit
00:59:25dans nos territoires ruraux.
00:59:26La France,
00:59:27les 27 000 communes
00:59:29de moins de 1 500 habitants,
00:59:30ce n'est pas ça
00:59:30que l'on vit
00:59:32et sur l'essentiel
00:59:34de notre territoire,
00:59:35ce n'est pas ça
00:59:35que l'on vit.
00:59:35Donc, merci en tous les cas
00:59:37d'avoir participé
00:59:39à ce café de campagne.
00:59:40Bonne chance
00:59:40à tous les candidats.
00:59:41Je sais qu'il y en a beaucoup
00:59:42autour de cette table numérique.
00:59:44On se reverra,
00:59:46je pense,
00:59:46après les municipales
00:59:48avec beaucoup de plaisir
00:59:50pour le 42e café de campagne
00:59:53au service
00:59:54de ces territoires
00:59:55qu'on aime tant
00:59:55et qui ressemblent tellement
00:59:57à ce à quoi
00:59:58on pourrait aspirer
00:59:59de façon globale
01:00:00pour notre République
01:00:01et notre démocratie.
01:00:03À très bientôt.
01:00:04Merci.
01:00:04Prenez soin de vous
01:00:05et ceux qui sont
01:00:05dans le Sud-Ouest
01:00:06restez à l'abri.
01:00:08À bientôt.
01:00:10Merci beaucoup.
01:00:11Merci.
01:00:11Au revoir.
01:00:13Au revoir.
01:00:13Merci.
01:00:14Au revoir.
01:00:15Merci.
01:00:16Au revoir.
01:00:17Merci.
01:00:18Au revoir.
01:00:19Au revoir.
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