Passer au playerPasser au contenu principal
  • il y a 4 heures
Tous les jours dans "Et si on en parlait", la psychologue clinicienne Marie-Estelle Dupont livre son édito. Pour envoyer votre témoignage ou contacter l’équipe de l’émission, n’hésitez pas à écrire à etsionenparlait@europe1.fr

Catégorie

🗞
News
Transcription
00:00Marie-Estelle Dupont, 15h-16h sur Europe 1.
00:04Romain Desarbres.
00:06Bonjour à tous, bienvenue sur Europe 1 pour Et si on en parlait avec vous Marie-Estelle Dupont.
00:11Bonjour Marie-Estelle.
00:12Bonjour Romain.
00:13Votre regard de psychologue clinicienne sur l'actualité, sur les choses de la vie,
00:17à retrouver chaque jour entre 15h et 16h sur Europe 1 et en podcast sur l'application Europe 1
00:22et évidemment sur Europe 1.fr.
00:25Tiens, un petit indice musical pour évoquer le thème dont on va parler aujourd'hui.
00:31J'ai la rate qui se dilate, j'ai le foie qui n'est pas droit, j'ai le ventre
00:34qui se rentre,
00:35j'ai le pylore qui se colore, j'ai le gosier, anémier, l'estomac bien trop bas et les côtes
00:39bien trop hautes,
00:40j'ai les hanches qui se démanchent, les pigastres qui s'encastrent, l'abdomen qui se démène,
00:43j'ai le thorax qui se désaxe, la poitrine qui se débine, les épaules qui se frôlent,
00:47j'ai les reins bien trop fins, les boyaux bien trop gros, j'ai le sternum qui se dégomme et
00:50le sacrum,
00:51c'est tout comme, j'ai le nombril, tout nombril, il y a le coccyx qui se dévite.
00:54Tout y est ! Alors, est-ce que vous avez une idée ?
00:56Ceci dit, c'est une performance orthophonique.
01:00J'étais en train de me dire, oui, de mémoire aussi.
01:03Et de mémoire, il faut arriver à l'articuler parce qu'il le dit vite.
01:05À l'articuler et à s'en souvenir.
01:07Aujourd'hui, on va parler d'une pathologie qui touche un petit peu plus les hommes que les femmes,
01:12l'hypochondrie.
01:13On va parler des hypochondriacs, quand on se voit déjà amputé de la jambe pour une écharpe dans le pied,
01:18Marie-Estelle Lupin.
01:19Oui, tout à fait. Ça se manifeste. C'est une expression, en tout cas, d'anxiété un peu plus fréquente
01:24chez les hommes.
01:25Impossible d'évoquer d'ailleurs l'hypochondrie sans penser à deux grands classiques du théâtre français,
01:29le malade imaginaire et Knoque.
01:31Alors, dans la première, Molière met en scène argant, rappelez-vous,
01:34riche pour bourgeois hypochondriaques, persuadés d'être gravement malades
01:38et qui, entre deux remèdes et une saignée, remue ciel et terre pour que sa fille épouse un médecin,
01:43ce qui lui permettrait de donner libre cours à son besoin d'être ausculté, palpé, conseillé, soigné.
01:50Fin clinicien, Molière nous parle ici d'un besoin d'attention qui n'est pas assumé
01:54et régresse vers des préoccupations corporelles incessantes, irrationnelles et envahissantes.
02:00Littéralement obsessionnel, l'individu hypochondriaque, vous en connaissez peut-être,
02:04chers auditeurs d'Europe 1, laisse parfois son environnement perplexe.
02:07Sa femme finit par se sentir négligente avec sa propre santé,
02:11en le voyant passer deux heures à se scruter la bouche au moindre picotement interdentaire,
02:16penché sur le lavabo avec une lampe frontale en confisquant le miroir agrossissant
02:20dont elle pensait bêtement qu'il servait essentiellement à s'épiler les sourcils.
02:23Nouvelle preuve, d'ailleurs, que les couples qui durent ont deux salles de bain.
02:26Bref, nous avons tous autant de nous des amis, des proches, des collègues
02:30dont la peur d'être malade est chronique et pathologique,
02:33les conduisant parfois, d'ailleurs, à des mises en danger de leur propre santé
02:36tant il est vrai que l'on crée ce qu'on craint.
02:38L'hypochondriaque n'est pas un simulateur, son angoisse est réelle, comme sa souffrance.
02:43Et sa devise pourrait être cette phrase de Jules Romain,
02:47« Les gens bien portants sont des malades qui s'ignorent ».
02:50Assez fréquente chez les hommes, cette pathologie relève du trouble anxieux,
02:53n'a rien à voir avec le fait de somatiser.
02:55La représentation irréaliste de son propre corps est sous-tendue par une angoisse de mort
03:00qui est niée, déplacée ou complètement envahissante,
03:03mais dans tous les cas qui n'arrive pas à être pensée.
03:05La vraie question, ce n'est pas comment faire taire ces gens qui s'inquiètent trop,
03:09mais au contraire, comment leur apprendre, et finalement nous apprendre à tous,
03:13à habiter un corps mortel sans paniquer en permanence.
Commentaires

Recommandations

Europe 1
il y a 2 semaines