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00:00...
00:06Alors comment gagner la bataille de la féminisation des sciences ?
00:10En jouant un rôle actif dans les laboratoires, dans les fondations,
00:14dans des institutions comme le Conseil constitutionnel,
00:16dans les centres de recherche, dans les classes scientifiques,
00:18mais aussi au sein des entreprises.
00:20Et pour en parler, je vais demander à Nathalie Collin
00:24et Sylvie Retailleau de me rejoindre sur scène, s'il vous plaît.
00:28...
00:30Bonjour à toutes les deux.
00:32Vous pouvez vous rapprocher, hein ?
00:34Comme vous voulez.
00:36Ouais ?
00:37Alors, Sylvie Retailleau, vous êtes physicienne,
00:39vous avez été ministre de l'enseignement supérieur et de la recherche.
00:42Vous venez de prendre la présidence d'UniversScience,
00:44qui, je précise, regroupe le Palais de la Découverte
00:47et la Cité des sciences.
00:49Nathalie Collin, vous êtes directrice générale de la branche
00:51grand public et numérique du groupe La Poste.
00:54On va commencer avec vous, Sylvie.
00:56Vous avez une connaissance extrêmement fine de ce sujet des femmes dans les sciences.
01:00Quel est votre regard sur la mixité dans les sciences
01:03et sur les chiffres qui ont été donnés en introduction ?
01:07Vous pouvez peut-être rappeler, vous devez en avoir de nouveaux,
01:08parce qu'il y en a beaucoup.
01:10Alors déjà, bonjour à tous et à toutes.
01:12Merci beaucoup pour l'invitation.
01:14Donc oui, ça a été dit, les chiffres parlent d'eux-mêmes.
01:17Et ce qu'il faut voir, c'est la dynamique de ces chiffres.
01:19Malheureusement, quand on parle d'un quart de diplômés,
01:22de diplômes d'ingénieurs, etc.,
01:24effectivement, si on regarde le chiffre exact en 2010,
01:27sortant diplômés d'ingénieurs, c'était 27% de filles.
01:32Si on regarde en 2022, 12 ans plus tard, de 27,
01:35on est passé à 29% de filles.
01:38Ce qui veut dire que la dynamique, malheureusement,
01:40malgré toutes les actions, parce qu'il y a des choses qui se font,
01:44reste stable.
01:45On voit même aujourd'hui une certaine descente,
01:48mais on n'a pas de chiffres consolisés.
01:49Donc je me garderai de tirer des conclusions.
01:53Mais malheureusement, déjà, cette dynamique de chiffres,
01:55si on attend de voir la progression,
01:57la parité, on l'atteint en 2150 ou en 2200,
02:01en montant à cette allure-là.
02:03Donc effectivement, il y a un vrai problème
02:05de représentation des jeunes filles
02:07dans les filières scientifiques,
02:09dans les femmes, dans les métiers scientifiques,
02:13qu'elles soient ingénieurs, chercheurs,
02:15un tiers, 30%, au niveau mondial,
02:18sont des chercheurs femmes.
02:20Donc là aussi, un chiffre très faible.
02:21Alors on pourrait se demander pourquoi c'est important
02:24finalement.
02:25Je dirais pourquoi il faut atteindre la parité finalement.
02:28Et je pense qu'il y a deux choses.
02:31La première, c'est un chiffre simple,
02:32c'est qu'aujourd'hui, on a besoin,
02:34dans le monde économique, etc.,
02:36on a besoin d'ingénieurs,
02:38on a besoin de scientifiques.
02:39Et donc de se priver de la moitié de la population,
02:42c'est grandement dommage.
02:44Donc je dirais que c'est très factuel, pragmatique,
02:46mais c'est quelque chose d'important.
02:48Mais pour moi, une deuxième raison
02:49qui est peut-être encore plus importante,
02:51c'est qu'un monde ne se construira pas de la même façon.
02:54s'il n'est pas représentatif de la diversité
02:58de ses citoyens et de ses citoyennes.
03:00Et d'abord, c'est montré,
03:01c'est démontré scientifiquement,
03:03la diversité,
03:05et donc la présence de femmes
03:06dans le monde scientifique,
03:08d'ingénieurs, etc.
03:09Cette diversité, elle égage de la qualité.
03:13Donc quelque part, on l'a vu,
03:15il n'y aurait pas les mêmes découvertes
03:17qui seront faites s'il n'y a pas de femmes
03:19dans certains milieux,
03:20en numérique, par exemple,
03:21tout ce qui est informatique,
03:22intelligence artificielle.
03:24S'il n'y a pas de femmes qui codent aujourd'hui,
03:27qui implémentent leur vision,
03:29eh bien le monde de demain
03:30ne sera fait que par et pour les hommes.
03:33Et ça, c'est montré, démontré,
03:35il y a énormément d'exemples,
03:37que ce sont en médecine,
03:38les diagnostics de crise cardiaque,
03:40malheureusement, ça ne fait pas si longtemps
03:41qu'on voit que les symptômes chez les femmes
03:43sont différents que chez les hommes,
03:44parce qu'avant, les cohortes qui testaient
03:47étaient majoritairement sur des hommes,
03:48des hommes blancs,
03:50quarantaine d'années, etc.
03:51C'est toujours un peu le cas
03:52et c'est ce dont on parlera
03:53avec Sanofi tout à l'heure.
03:54Voilà, mais ça a amélioré,
03:55mais il faut continuer vraiment.
03:57Et donc, il faut dire aux jeunes filles,
03:58c'est une opportunité d'aller vers les sciences.
04:01On a besoin de vous, oser.
04:03Il n'y a aucune raison.
04:05Je veux dire, les qualités pour faire de la science
04:07ne sont pas masculines ou autres.
04:09C'est aussi prouvé.
04:11Et je pense que vraiment,
04:12les rôles modèles, la représentativité
04:14c'est ce que vous allez nous dire après
04:16et c'est notamment ce que vous faites
04:17à la cité des sciences.
04:18Merci infiniment pour cette introduction.
04:20Les sciences, c'est également le numérique.
04:22On n'y pense pas forcément,
04:23mais c'est l'économie et c'est le numérique.
04:27Est-ce que vous pouvez nous donner
04:28quelques éléments de contexte
04:29sur le numérique au sein de la Poste
04:31et les femmes représentées
04:33dans le numérique au sein de la Poste ?
04:34Nathalie Collin,
04:35est-ce que vous êtes d'accord avec Sylvie ?
04:37Est-ce que travailler sur la science numérique
04:40représente une opportunité justement
04:41pour travailler cette égalité
04:43entre hommes et femmes ?
04:44Bien sûr que je suis d'accord avec Sylvie.
04:46Et je trouve très intelligent,
04:48voire très malin,
04:51d'avoir mis dans la même séquence
04:53la culture et le numérique.
04:56Pourquoi ?
04:56Parce que finalement,
04:57c'est ce qui construit
04:58et potentiellement déconstruit le monde.
05:01Et c'est vraiment ce qui construit
05:02notre imaginaire,
05:03notre vision du monde
05:04et peut-être plus là encore
05:06qu'ailleurs,
05:07c'est important et même vital
05:10de vraiment avoir une vraie parité.
05:12Et c'est peut-être là qu'il y en a le moins.
05:14Finalement, pour avoir travaillé dans les deux secteurs,
05:18on voit que ce soit les grandes entreprises du numérique
05:21qui sont dirigées par des hommes,
05:23ce sont pratiquement les conseils d'administration
05:25les moins féminisés.
05:26Si on vient en France,
05:28dans la French Tech du Next 40,
05:31il y a 18% de femmes dans les conseils.
05:33Donc, moi, je vais le dire simplement,
05:35et ce n'est pas très politiquement correct,
05:37et cette institution mérite mieux,
05:38mais globalement,
05:39quand il y a du pognon et du pouvoir,
05:42il n'y a plus de femmes.
05:43Et c'est un problème, monsieur le président.
05:46Je devrais le dire mieux,
05:47mais c'est quand même.
05:50Et c'est un problème.
05:51Et donc, on arrive à Grock,
05:54l'IA de monsieur Musk
05:55qui va déshabiller les femmes
05:57sur les réseaux sociaux.
05:58Enfin, à un moment donné,
05:59je crois qu'il ne faut pas oublier
06:00qu'on est à une crise,
06:02ce n'est pas moi qui l'ai dit,
06:03mais d'une reculade totale
06:04des droits des femmes.
06:05Et donc, je suis à la fois,
06:07je partage ce que dit Elisabeth,
06:10et à la fois dans les entreprises,
06:11ce n'est pas tout à fait ça.
06:12L'accès, par exemple,
06:13au financement pour des startups
06:15dans le numérique,
06:16il n'y a que 2% de femmes financées.
06:18Et on a fait des études,
06:19quand elles viennent avec un garçon,
06:20elles sont financées.
06:21Et quand elles ne viennent pas
06:22avec un garçon,
06:23on leur refuse l'argent.
06:24Donc, je trouve ça assez fou.
06:25Et moi, je crois que derrière tout ça,
06:27il y a aussi une question
06:28de masse critique.
06:29Pour avoir été très longtemps
06:30dans des comités de direction
06:31où j'étais la seule femme,
06:33c'est difficile.
06:34C'est difficile,
06:36c'est douloureux parfois,
06:37parce que les blagues
06:38sont toujours sexistes,
06:39parce que c'est toujours à vous
06:40qu'on demande de faire le café.
06:41Ça m'arrive moins souvent.
06:42Mais ça peut...
06:44Ou le compte-rendu de réunion,
06:45mais ça arrive encore.
06:46Je suis sûre que ça vous arrive,
06:47quelles que soient vos fonctions.
06:49Et ça, je pense qu'il y a
06:51une question de...
06:52La parité, pour cela,
06:53est aussi très importante.
06:54On sait bien que quand on arrive
06:56au-delà d'un tiers,
06:58dans une assemblée,
06:58on commence à peser.
07:00Quand on est toute seule,
07:01c'est plus difficile.
07:01Alors, à la Poste,
07:02on a pris les choses à bras-le-corps.
07:04On a quand même 230 000 salariés.
07:06Moi, je suis très fière de vous dire
07:07qu'à la Poste,
07:08les femmes gagnent la même chose
07:09que les hommes.
07:10C'est-à-dire qu'en moyenne,
07:11les femmes gagnent 0,2% de plus
07:12que les hommes.
07:13Ça pourrait être 0,2% en moins.
07:14C'est-à-dire que nous sommes parvenus
07:15à cette égalité.
07:16Alors, on pourrait appeler de nos vœux
07:17le fait qu'il n'y ait plus besoin...
07:19On a une enveloppe égalité salariale
07:21qu'il n'y ait plus besoin de cette enveloppe
07:22parce que le problème est résolu.
07:23Alors, j'ai le regret de vous dire
07:25qu'en fait, le problème n'est jamais résolu
07:27parce que culturellement,
07:28les femmes demandent moins.
07:30Elles sont moins embêtantes.
07:31Elles menacent moins de partir.
07:33Elles acceptent plus...
07:34Je suis désolée, c'est comme ça,
07:36statistiquement,
07:36plus facilement leurs conditions.
07:38Et donc, elles sont moins augmentées.
07:40Et donc, tous les ans,
07:41il faut remettre sur le tapis
07:43cette enveloppe égalité en femmes.
07:44Moi-même, j'espérais que ça s'arrêterait.
07:46Et ça ne s'arrête pas.
07:48Et je pense que ça,
07:48il faut le prendre en compte
07:49parce que tous ces biais culturels,
07:51ils sont vraiment encouragés
07:53par ce qu'on voit
07:54dans les industries culturelles,
07:55par ce qu'on voit dans l'IA.
07:56Et je pense qu'il faut se battre contre ça.
07:58Nathalie, ma prochaine question,
08:00c'était quels sont les verrous
08:01à faire sauter de façon prioritaire ?
08:03C'est ça ?
08:03Ce sont les biais culturels
08:04dont on parle quasiment à chaque session
08:07et qui sont inscrits
08:09depuis des lustres
08:12dans la société française.
08:13Depuis l'histoire de l'humanité,
08:14depuis que les hommes font des enfants
08:16et que les femmes font des enfants.
08:19Oui, vous voyez, c'est marrant.
08:21Si les hommes faisaient des enfants,
08:22ça changerait sûrement les choses.
08:24Alors ça, c'est vrai.
08:24Alors, Richard, c'est une idée.
08:27On lui demande beaucoup, quand même,
08:28au président du Conseil constitutionnel.
08:32Alors, je pense que les biais,
08:34ils sont évidemment culturels et d'éducation
08:36et puis du rôle de la femme dans la société
08:37et du fait qu'elle fasse des enfants, effectivement,
08:39et que la domination sur le corps des femmes
08:41est la grande histoire de l'humanité depuis toujours.
08:43Ça, ça ne va pas changer demain.
08:45Cela étant dit, il y a des verrous d'éducation,
08:49on le voit pour les jeunes filles,
08:50et des enseignants qui vont beaucoup plus spontanément
08:53orienter les filles vers les lettres,
08:54là encore, où il y a plutôt moins d'argent
08:56et moins de pouvoir.
08:57Là, on est dans le caire,
08:58on doit faire attention,
08:59on doit être gentil.
09:00On n'est pas obligé d'être gentil, en réalité, vous savez.
09:03Ce n'est pas impératif.
09:04On ne demande pas aux garçons d'être gentils.
09:06Donc, il y a un vrai biais culturel comme ça
09:08qui est important.
09:09Et puis, il y a le fait
09:10qu'il n'y a pas assez de femmes de pouvoir.
09:12Moi, j'ai un comex absolument paritaire.
09:14La question de l'égalité ne se pose même pas.
09:17Mes trois directrices générales adjointes
09:19sont des femmes
09:19et ça se passe très, très bien,
09:21y compris pour les hommes.
09:22Donc, il y a une question de biais culturel,
09:25il y a une question de sous-représentation,
09:27de manque de rôle modèle également.
09:29Et puis, de ce masculinisme
09:30qui est en train quand même
09:31de nous submerger véritablement
09:33parce qu'il y a une vague quand même très forte
09:36qui arrive.
09:37On vient de le dire, oui.
09:38Je l'ai dit en introduction,
09:40vous venez donc, Sylvie Rotailleau,
09:41de prendre la direction d'Universcience.
09:43C'est tout frais, tout frais,
09:44quelques jours à peine.
09:46Comment, à votre échelle,
09:47avec ce poste,
09:48vous allez pouvoir changer les choses
09:50et notamment tout ce que vient de dire
09:53votre voisine de gauche ?
09:55Alors, je pense que, bon,
09:56il y a beaucoup de façons de changer
09:58à Universcience comme ailleurs.
09:59À Universcience, il y a effectivement une...
10:02On s'adresse beaucoup aux jeunes,
10:03c'est une cible.
10:04Oui, c'est ça, c'est ça.
10:04Donc, Universcience, pour ceux qui,
10:06c'est la cité des sciences et de l'industrie
10:08et le palais de la découverte,
10:09qui rouvrira ses portes début 2027.
10:12Je ne répète jamais assez,
10:15et je vous le dis.
10:17Mais c'est vrai que c'est la cible
10:19des jeunes, les jeunes filles.
10:20Donc, déjà, la première chose,
10:22et je pense que c'est un passage,
10:24c'est que ça se travaille à partir de deux ans,
10:28c'est-à-dire de tout petits,
10:29et on ne doit pas les lâcher,
10:31que ce soit les jeunes filles
10:32et les jeunes garçons,
10:33à chaque étape,
10:33il y a quelque chose de différent
10:34à leur amener
10:35pour justement essayer de combattre
10:37ces biais,
10:37ces biais de société,
10:39parce que c'est une éducation, etc.
10:41Donc, c'est comment on va les accompagner
10:43de deux ans jusqu'à l'insertion professionnelle
10:46et encore après.
10:47Mais je dirais, là, je parle du côté
10:49du rôle, on va dire,
10:50d'univers sciences
10:51ou de l'éducation, etc.,
10:52dans cette partie-là.
10:54Donc, nous, on a la cité des enfants,
10:55la cité des enfants
10:56et même des bébés
10:57qui commandent des deux ans,
10:58mais sur lequel on va adapter
11:00l'apport de cette culture scientifique
11:03à des enfants
11:04et avec un regard particulier
11:06pour les filles,
11:07pour les jeunes filles,
11:08c'est-à-dire de leur présenter
11:10toutes les sciences,
11:11aussi le numérique, la physique,
11:13les sciences pour l'ingénieur, etc.,
11:15avec des perspectives
11:16ou des applications,
11:18en les mettant, en fait,
11:19en les reliant aux enjeux d'aujourd'hui
11:21pour donner du sens.
11:23Je crois que ce qui attire aussi,
11:25parce qu'il y a des différences,
11:26c'est vrai,
11:27c'est de donner du sens,
11:28mais aujourd'hui,
11:28tous nos jeunes ont besoin de ça.
11:30C'est aussi de leur ouvrir
11:32des perspectives,
11:33c'est-à-dire d'apporter ça
11:34avec une forte interdisciplinarité,
11:36de ne pas les enfermer
11:37dans une discipline
11:38de façon très tôt,
11:39très jeune, de choix,
11:40et de leur donner des perspectives.
11:42Et ça, c'est quelque chose
11:43qui se travaille tout au long
11:45du cursus.
11:45Je pense qu'ensuite,
11:47on a une cité des métiers,
11:48donc on participe
11:49à l'orientation des jeunes,
11:51évidemment,
11:51qui est le rôle de l'éducation,
11:52mais c'est aussi,
11:53avec la loi NOTRe,
11:55donné aux régions,
11:56et donc, en particulier,
11:57avec la région Île-de-France,
11:58il y a un rôle de cette cité
11:59des métiers pour tous nos jeunes,
12:01et en particulier,
12:02nos jeunes filles,
12:03sur le domaine des sciences
12:04et de l'industrie,
12:05pour expliquer les métiers
12:06peut-être un peu autrement.
12:08Et puis, c'est vrai
12:10que les rôles modèles,
12:11c'est quelque chose d'important.
12:13Là, en février,
12:14on va avoir toute une séquence
12:16sur femmes et sciences,
12:17femmes et ingénieurs,
12:18avec beaucoup de témoignages,
12:20de conférences,
12:21de rôles modèles,
12:22mais aussi de s'adresser
12:24à ces jeunes filles
12:25et ces jeunes garçons.
12:26Alors, comment ça se passe,
12:27en vrai ?
12:28Parce qu'il faut s'adresser
12:28aux garçons aussi.
12:29Comment ces rôles modèles
12:30s'adressent-ils aux jeunes filles
12:32dans la salle ?
12:33Vous avez eu la gentillesse
12:34de nous extraire
12:35quelques petits moments
12:36très, très sympas.
12:37On va regarder ça en image.
12:38Je pense que c'est très représentatif.
12:39Oui, regarde ça en image
12:40tout de suite.
12:43Je voudrais savoir
12:43quel message d'inspiration
12:44vous pouvez laisser
12:45aux jeunes filles
12:46qui veulent s'orienter
12:47dans le spatial, du coup,
12:48comme moi ?
12:50Eh bien, écoute,
12:51merci beaucoup
12:52de poser cette question
12:53et je vais te répondre
12:54ainsi qu'à toutes les autres personnes
12:55qui souhaitent s'aventurer
12:56dans le milieu spatial,
12:58eh bien, d'oser
12:59et de croire en tes rêves.
13:01Si ton rêve,
13:02c'est vraiment d'aller
13:03rejoindre ce milieu,
13:04il y a beaucoup de choses
13:05à faire dans tous les métiers.
13:06Donc, je dirais,
13:08ose, crois en tes rêves
13:10et même s'il y a des gens
13:11qui te disent
13:12« Oh, ce sera difficile,
13:13tu ne vas pas y arriver. »
13:14Non, il faut que tu y crois.
13:15Clairement, les filles,
13:16vous ne brillez pas.
13:17Les maths, la physique,
13:18c'est pour tout le monde.
13:19J'ai mis un point d'honneur
13:20à montrer qu'être une femme pilote,
13:22c'était comme les autres,
13:23en fait,
13:23et ça ne changeait rien.
13:24Vous êtes toutes aussi capables
13:25que votre voisin,
13:26qui est un garçon,
13:27de mettre les mains dans le cambouis
13:28et d'avoir des très bonnes idées.
13:30Je suis tellement heureuse
13:31de faire ça
13:31et tellement heureuse
13:33de pouvoir le partager aussi
13:34parce que quand j'étais à votre place,
13:35j'avais besoin de gens
13:36qui m'aident
13:38à trouver un petit brin de motivation.
13:40Ces rôles modèles,
13:41ils sont fondamentaux
13:42et je remercie Andrea
13:43qui a monté cette vidéo
13:44parce qu'on comprend vraiment
13:46à quel point ça peut être...
13:47Ça résume beaucoup de choses
13:47et des témoignages.
13:49Et je pense que le côté dosé,
13:51c'est vraiment quelque chose...
13:52Je voudrais peut-être dire un mot
13:54par rapport...
13:54On entendait ce qu'on disait,
13:56le syndrome de l'imposteur, etc.,
13:58le fait d'être gentil,
13:59pas gentil, etc.
14:01Évidemment qu'il faut aider,
14:02et on le sait,
14:03il y a des biais, etc.
14:04Comment exister dans ce monde
14:06quand on parle pouvoir ?
14:08Moi, j'ai longtemps été
14:09toute seule
14:10au milieu de responsables
14:11qui étaient des hommes.
14:12Donc, voilà.
14:13Mais je voudrais dire une chose
14:15aux jeunes filles,
14:15c'est qu'il faut quand même
14:16rester ce qu'on est.
14:18Et même d'y arriver,
14:20je voudrais citer une expérience
14:22qui a été faite
14:22par la Harvard Business School
14:23où ils ont raconté
14:26la vie d'Aidy Rosen,
14:27qui est une femme d'affaires
14:28américaine très célèbre.
14:30Ils ont pris deux groupes d'étudiants.
14:31Aux uns, ils ont raconté
14:32l'histoire d'Aidy
14:33et aux autres,
14:34l'histoire d'Award.
14:35La même histoire.
14:37Et ceux qui ont raconté,
14:39alors les deux,
14:40ils ont trouvé
14:40que c'était quand même
14:41deux carrières incroyables
14:42et fantastiques.
14:43Au moins,
14:44ça, c'est un point positif.
14:45Mais quand on leur a demandé
14:47« Mais est-ce que vous aimeriez
14:48travailler avec Howard ? »
14:49tous, on dit « Ah oui,
14:50ça doit être quelqu'un d'incroyable,
14:52de super gentil,
14:53de très dynamique,
14:54avec un super manager, etc. »
14:56Quand on a dit
14:57« Est-ce que vous aimeriez
14:58travailler avec Aidy ? »
14:59Et là, ça a été « Oula,
15:00ça doit être une femme difficile. »
15:03Elle doit être quand même autoritaire.
15:05Elle doit faire des crises d'autorité
15:06alors qu'ils ne la connaissaient pas.
15:08Et du mot à mot,
15:09la description a été le même
15:10dans les deux groupes.
15:12Donc, cette image aussi
15:13de femme qui arrive
15:14n'est pas passée
15:15dans l'imaginaire
15:16de notre société.
15:18C'est-à-dire qu'une femme
15:19qui s'impose,
15:20qui prend des responsabilités
15:21est une femme autoritaire,
15:23agressive,
15:24qui fait des crises d'autorité, etc.
15:25Et moi, je revendique
15:27qu'on peut être une femme
15:28qui prend des responsabilités
15:30et de garder, finalement,
15:32si on l'est comme ça...
15:33On en a la preuve
15:34avec les deux femmes
15:35qui sont sur scène
15:35à l'instant même.
15:36Si on a de l'empathie,
15:38si on veut faire
15:39avec bienveillance, etc.
15:41Ça peut être aussi.
15:42Et donc, il ne faut pas
15:43faire croire aux jeunes filles
15:44que le côté...
15:45Enfin, le syndrome
15:47de l'imposteur,
15:48c'est de imiter,
15:50copier exactement
15:51de tout ce qu'amène
15:52un management dit d'hommes.
15:55Et que cette pluralité,
15:57ces différences aussi,
15:58doivent être reconnues
15:59comme telles.
16:00Et c'est ce qui amène,
16:02finalement,
16:02un plus dans une entreprise,
16:04dans un laboratoire,
16:05dans une institution,
16:07quelle qu'elle soit.
16:07Et ça, c'est quelque chose
16:08d'important,
16:09de trouver le bon équilibre
16:10pour, finalement,
16:12combattre l'autocensure,
16:13les faire arriver.
16:14nous, dans Science,
16:16on appelle ça
16:17l'effet Mathilda,
16:18cette non-reconnaissance
16:20de l'apport
16:22des femmes en science.
16:23Et en même temps,
16:24de ne pas non plus
16:25se croire obligée
16:27de copier
16:28la même chose,
16:30d'enfiler la veste
16:31d'un homme
16:31de tous les côtés.
16:33J'imagine que c'est un sujet
16:34auquel vous avez été
16:34confronté en tant qu'ancienne
16:35ministre, bien sûr.
16:36Pas qu'ancienne ministre aussi,
16:38mais avant aussi.
16:39Avant aussi.
16:40Nathalie Collin,
16:41je le disais en introduction,
16:42la phénomisation des sciences,
16:43elle passe aussi par les entreprises.
16:45Et vous, à la poste,
16:46vous êtes en première ligne
16:47puisque vous avez créé
16:47cette école de la data
16:49et de l'IA
16:50dont on a déjà parlé ensemble.
16:5250% de femmes diplômées
16:53sont formées
16:54aux métiers de demain,
16:55à des métiers comme
16:56data et scientist,
16:57par exemple.
16:57À quoi ça sert concrètement ?
16:59Est-ce que vous êtes contente
17:00de ces promos
17:01qui sortent
17:02les unes après les autres ?
17:03Alors, c'est une merveilleuse
17:05aventure humaine
17:05puisque moi,
17:06j'ai eu envie
17:06de concilier deux choses.
17:08C'est la promotion sociale,
17:10l'égalité des chances
17:11et la formation
17:12dans la parité au numérique.
17:14Donc, quand je l'ai lancé,
17:15je me souviens très, très bien.
17:16Moi, j'ai dit
17:16ça sera à parité,
17:18ça me semblait évident.
17:19Tout le monde m'est tombé dessus.
17:20Ce n'est pas possible.
17:21C'est un scandale.
17:22Tu vas recruter des garçons
17:23qui ont de grands talents.
17:24Tu vas refuser des garçons
17:25qui ont de grands talents, etc.
17:27En fait, c'est assez simple.
17:29Il y a un jeune homme,
17:30quand on l'a lancé à Vivatet,
17:31qui est venu me voir
17:32et qui m'a dit
17:32mais est-ce que je pourrais
17:34postuler à votre école ?
17:35J'ai fait, c'était très bien
17:36ce qu'il avait fait.
17:37J'ai dit oui,
17:37il n'y avait pas de problème.
17:38C'est comme en boîte de nuit.
17:39Alors, je voyais bien
17:40qu'il ne captait pas.
17:41Et il me dit
17:42mais qu'est-ce que ça veut dire ?
17:43Je dis, si vous trouvez
17:44une femme dans votre école
17:45qui a aussi envie
17:46de faire l'école de la data,
17:47venez à deux,
17:47vous allez doubler
17:48les chances d'être pris.
17:50Et en fait,
17:50on a fait cette espèce
17:51de recrutement par...
17:53Mais ça a marché,
17:53c'est tout bête,
17:54mais on a fait
17:55cette espèce de recrutement
17:56par bouche à oreille.
17:57On n'avait pas les moyens
17:57de faire vraiment
17:58de la communication.
18:00Et finalement,
18:01on forme 50, 60 personnes par an.
18:03Ça fait 3 ans que ça existe.
18:05Cette année,
18:06on est à 54% de femmes
18:08mais parce qu'on le décide.
18:09Et à la limite,
18:10oui, c'est vrai,
18:11si j'avais 10 hommes
18:12qui arrivent,
18:13d'ailleurs,
18:13je ne les prendrais pas.
18:14Pourquoi ?
18:14Parce que le fait
18:15que ce soit en parité
18:17génère quelque chose
18:18d'incroyable.
18:18Ma première promotion,
18:20c'est différent.
18:20J'étais comme ça,
18:21je les ai vus,
18:22j'ai vraiment pris une claque.
18:24Et la majeure partie
18:25viennent des quartiers
18:26prioritaires de la ville.
18:27Ce sont des garçons
18:28qui ne sont jamais retrouvés
18:30dans une assistance
18:31à parité avec des filles.
18:33Jamais.
18:33Ça se voyait,
18:34ils se regardaient
18:35en chien de faïence.
18:36Et au bout d'un an
18:37de travail ensemble,
18:39ils sont justement ensemble.
18:40Ils font la même formation,
18:42ils apprennent des métiers
18:43de demain en termes
18:44d'égalité des chances.
18:45C'est dingue,
18:45ça permet de les aider.
18:46les développer en alternance.
18:48Donc c'est vraiment
18:48des solutions.
18:49Parfois,
18:49c'est le dernier chemin possible
18:50pour des personnes
18:51qui n'ont pas les moyens
18:52de faire des études
18:52et qui pour autant
18:53en ont vraiment le talent.
18:55C'est aussi une façon pour nous.
18:56Moi, j'ai des facteurs
18:58qui ont fait la data science.
19:00J'ai une chargée,
19:00une conseillère bancaire
19:02qui est devenue data scientiste.
19:03Et c'est assez formidable
19:05de pouvoir concilier les deux.
19:06Et moi, je rebouche
19:07sur ce que je disais au début.
19:08C'est aussi pour ça
19:09que la parité est importante.
19:11Les comportements des hommes
19:12et des femmes d'ailleurs,
19:14dans des assistances
19:15absolument paritaires,
19:16sont juste radicalement différents.
19:18Et je vais vous dire,
19:19ils sont mieux.
19:20On restera là-dessus.
19:22Merci à toutes les deux.
19:23Sylvie, je sais que vous deviez partir
19:25à 18h15.
19:25Je crois qu'on a respecté.
19:26Merci beaucoup.
19:27Non, non, je vous libère
19:28parce que je sais que vous avez
19:28un engagement à 18h30.
19:29Je voulais juste vous inviter tous.
19:30Comme il y a Sophie Adnaud,
19:31vous le savez,
19:32qui va décoller normalement
19:34le 14 ou 15 février
19:35dans la station spatiale ISS.
19:39On a à la cité des sciences
19:40et de l'industrie à la Villette,
19:44on va retransmettre en fait
19:46ce décollage en direct
19:48avec Sophie Adnaud
19:49et beaucoup d'astronautes français,
19:51etc.
19:52Donc voilà, vous êtes tous invités
19:53parce que ça va être
19:54un très, très beau moment.
19:55La date ?
19:5614, 15 février normalement,
19:59mais peut-être le 11.
20:00Vous savez qu'un décollage,
20:02c'est toujours...
20:03Donc restez attentifs.
20:05Merci infiniment à toutes les deux.
20:07On vous applaudit chaleureusement.
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