Passer au playerPasser au contenu principal
  • il y a 11 heures
Un reportage de nos confrères du "Figaro" à Cubzac-les-Ponts, à 23 km de Bordeaux, a attiré l'attention d'Isabelle Saporta : la digue, bien que renforcée par des sacs de sables, n'a pas résisté au passage de la tempête Pedro. Et une partie de la population est persuadée qu'elle a été inondée pour protéger les citadins de Bordeaux...

Catégorie

🗞
News
Transcription
00:00Intéressé au sort des habitants de Cubzac-les-Ponts, c'est à 23 km de Bordeaux, c'est un article
00:05du Figaro
00:05qui raconte que la digue n'a pas résisté au passage de la tempête Pedro et une partie de la
00:10population
00:10est persuadée qu'elle a été inondée pour protéger les citadins de Bordeaux.
00:15Oui, c'est tellement injuste quand les éléments se déchaînent qu'il faut bien trouver un bouc émissaire.
00:19Alors pour une partie des habitants de Cubzac-les-Ponts, c'est forcément de la faute des citadins de Bordeaux
00:24parce qu'on a voulu les protéger ces citadins, alors qu'on s'en fiche bien des ruraux.
00:28En tout cas, c'est comme ça qu'ils le vivent aujourd'hui les ruraux et c'est d'ailleurs
00:31aussi comme ça qu'ils le vivaient hier.
00:33Vous vous souvenez de la rumeur d'Abbeville ? Nous sommes dans les années 2000, en période de forte inondation
00:38également.
00:38Et la rumeur, fausse bien sûr, elle court, elle court, elle court encore, que c'est pour préserver Paris qu
00:44'on a laissé Abbeville se faire inonder.
00:45Sauf que derrière ces croyances Isabelle, il y a une ruralité, une réalité rurale difficile.
00:51Oui, derrière cette colère sourde d'hier et d'aujourd'hui se dessinent toujours les mêmes fractures
00:54entre ceux de la ville et ceux de la campagne qui se sentent délaissés et méprisés par l'état central
00:59qui n'aurait lieu que pour les citadins.
01:01Délaissés, il faut dire qu'ils le sont les ruraux.
01:02Et il faut lire les témoignages glanés par nos confrères du Figaro pour comprendre leur colère.
01:06La gestion des digues a été confiée aux communes depuis 2018, oui, mais sans un sou.
01:10L'entretien des digues coûterait plus d'un million d'euros à Cubezac-les-Ponts, d'après le maire,
01:15mais la mairie n'aurait le droit de prélever que 40 euros par an et par habitant pour prendre en
01:19charge cette nouvelle compétence.
01:21Donc c'est impossible.
01:22Ajoutez à ça des réglementations environnementales tatillonnes qui empêchent le plus souvent de relever la hauteur des digues
01:27et vous sombrez dans le complot.
01:29L'état refuserait qu'on remonte les digues car il voudrait préserver Bordeaux.
01:33Et qu'importe si nous les ruraux sommes inondés.
01:36Et c'est sûr que c'est plus facile d'imaginer ce complot que d'être seul face à son
01:39désarroi
01:40parce que comme 17 millions d'autres français, parce que c'était moins cher
01:43et peut-être aussi parce que c'était plus bucolique qu'on a acheté en zone inondable.
01:46Alors oui, devant une réalité insupportable, on préfère trouver un bouc émissaire
01:50et ce bouc émissaire, c'est ce citadin qui nous regarde mal ou l'état qui ne nous regarde plus.
01:55Merci beaucoup. Un point c'est tout signé tous les matins.
01:57Isabelle Saporta.
Commentaires

Recommandations