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  • il y a 4 heures
Alors que les "malaises" représentent 59 % des accidents du travail mortels, le Pr Gilles Montalescot, cardiologue, alerte sur une réalité sous-estimée : derrière ce terme se cachent le plus souvent des événements cardiovasculaires soudains. Il plaide pour faire de la prévention cardiovasculaire un pilier central de la santé au travail.

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Transcription
00:00On fait le travail mieux que la médecine du travail qui ne le fait pas,
00:03sans doute mieux que le médecin traitant qui n'a pas le temps.
00:12C'est une organisation de recherche académique,
00:15un milieu dans le cardiovasculaire qui est celle qu'on gère
00:17et qui est attachée à un réseau de centres,
00:19mais qui est aussi capable de s'occuper de tout ce qui concerne un essai clinique, de A à Z.
00:28Ça devient un papier qui, quand la question est importante et que la réponse est importante,
00:33finit dans un grand journal de cardiologie ou de médecine.
00:37Ça impacte directement ce qu'on appelle les recommandations internationales.
00:41Et donc, à multiples reprises, les travaux du groupe Action ont permis
00:45de changer les recommandations internationales.
00:51Premièrement, réaliser que la population générale
00:53passe énormément de temps sur le lieu de travail.
00:56Deuxièmement, il se passe sur les lieux de travail
00:59un certain nombre de choses qui ne sont pas les mêmes que ce qui se passe ailleurs,
01:03et en particulier dans la sphère familiale.
01:04Le public est exposé à d'autres facteurs de risque,
01:07par exemple le bruit, la pollution.
01:09Il y a des événements cardiaques qui se produisent sur le lieu de travail
01:12et qui sont parfois extrêmement choquants.
01:15La majorité des signalements, c'est ce qu'on appelle les malaises.
01:19Et malaises, c'est un mot qui est très gentil pour cacher des choses parfois très graves.
01:23Il y a une vraie question de savoir est-ce qu'on est armé sur notre lieu de travail
01:27pour prendre en charge des événements comme ça qui choquent la communauté.
01:34Parce que la responsabilité de l'employeur, elle est historiquement responsabilité de sécurité au travail,
01:40pas à la santé propre de la personne.
01:42On voit quand même qu'un virage à mort, c'est qu'il y a de plus en plus d
01:45'employeurs,
01:46dans les grosses sociétés qui se disent qu'il y a un problème d'accès aux soins
01:49et que l'employeur qui veut prendre soin de ses employés dit qu'on va s'occuper aussi de la
01:55santé au travail
01:56et au moins faire des actions de prévention, de l'éducation, de la formation sur le lieu de travail.
02:02La bonne nouvelle, c'est que quand vous réduisez votre risque cardiovasculaire,
02:06vous réduisez aussi très souvent votre risque de cancer.
02:11Le stress au travail, dans une ambiance de travail qui est pesante et qui est délétère,
02:17peut entraîner des dépressions.
02:18La dépression est un facteur de risque majeur, par exemple l'infarctus du myocarde.
02:23Et puis vous avez les facteurs de risque qui sont liés à des ambiances au travail.
02:27Par exemple, il y a des métiers qui sont particulièrement des métiers de fumeurs.
02:31Ailleurs, ça sera peut-être l'obésité.
02:33Ailleurs, dans certaines convénies, vous n'avez que des femmes.
02:37Et donc il y a des facteurs de risque spécifiques.
02:43Malheureusement, les professionnels de santé font partie des gens qui sont à risque.
02:47C'est comme les coordonnées qui sont les plus mal chaussées.
02:49C'est un peu ça.
02:49La médecine du travail pour les professionnels de santé ne fonctionne pas bien
02:52et sans doute même moins bien qu'ailleurs.
02:54Deuxièmement, ils ne prennent pas la peine de faire ce qu'on est en train de conseiller aux autres,
02:59c'est-à-dire les bilans et les évaluations de niveau de risque.
03:02Et puis, on a en particulier dans les personnels de santé des taux, par exemple, de fumeurs et de fumeuses
03:09qui sont extrêmement élevés.
03:11Si on rajoute à ça le stress qui est propre à la profession qui est de faire face à la
03:17maladie,
03:17faire face à la mort, faire face à des situations extrêmement anxiogènes,
03:23on est avec des professions qui sont particulièrement à risque.
03:28Les visites sont une obligation, mais tout un chacun.
03:32On a eu des visites de médecine du travail et on sait à quoi ça ressemble.
03:35Et au plan cadres vasculaires, ça va souvent se limiter à une prise de tension.
03:39Rarement, vous allez avoir un bilan biologique, par exemple.
03:41Et vous pouvez vous promener avec 6 grammes de cholestérol, personne n'en saura rien.
03:45Et l'interrogatoire n'est pas dirigé.
03:47Et puis la médecine du travail, elle est quand même là comme représentant aussi de la sécurité au travail,
03:51plus que de la santé.
03:52Je ne pense pas qu'il soit concentré sur ce dont on est en train de parler,
03:56c'est-à-dire d'avoir une prise de conscience générale des gens sur le lieu de travail,
04:01de leur niveau de risque cardiovasculaire ou de cancer,
04:04et de ce qu'on peut faire des fois de manière très simple.
04:10Nous intervenons dans une entreprise qui a cette volonté de s'occuper de ses employés
04:14pour leur donner de l'information, voire les éduquer.
04:17Ça passe par des conférences, ça passe par des ateliers avec des thèmes, par exemple.
04:22Je suis fumeur, je veux arrêter de fumer, j'ai essayé 3 fois, j'ai repris 3 fois,
04:27comment je fais pour y arriver ?
04:28Quel est mon risque de faire un accident vasculaire cérébral ou un infarctus sur les 10 ans qui viennent ?
04:33On peut le chiffrer.
04:34Derrière, c'est quasiment une consultation de groupe qu'on fait auprès de ces gens-là
04:41et des conseils qu'on donne, qui vont être des conseils de diététique parfois,
04:45des conseils pour l'arrêter le tabac, des conseils d'exercice physique.
04:48Je pense qu'on fait le travail mieux que la médecine du travail qui ne le fait pas,
04:53sans doute mieux que le médecin traitant qui n'a pas le temps.
04:55Vous savez, une consultation chez le médecin traitant, c'est une question et une réponse.
04:59Là, il y a plusieurs questions à poser, plusieurs réponses à avoir.
05:04Une formule, en tout cas, que j'utilise souvent auprès des étudiants en médecine
05:09ou des jeunes collègues internes, parce que la profession est difficile
05:13et qu'ils prennent des coups dans la vie de tous les jours.
05:16Et je leur dis qu'il faut apprendre à résister à la pression et à la difficulté.
05:21Et je cite souvent cette phrase de Lucie Aubrac,
05:23résister est un verbe qui se conjugue au présent.
05:26Sous-titrage Société Radio-Canada
05:29Sous-titrage Société Radio-Canada
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