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  • il y a 20 heures
Tous les jours, quelqu'un me dit : “Eh ben dis-donc, avec tout ce qui se passe en ce moment, t’as de quoi faire !”... Oui, y’a qu’à se baisser, je ramasse, je fais un petit tas et puis je le dépose devant le micro !

Retrouvez « Charline explose les faits » sur France Inter et sur : https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/le-billet-de-charline-vanhoenacker

Catégorie

😹
Amusant
Transcription
00:00C'est l'heure de Charline Vannonecker dans le mag de la grande matinale.
00:05Charline, tous les matins, vous avez carte blanche.
00:07Et c'est une chance.
00:09Il y a une phrase qui m'est adressée tous les jours à la machine à café ou sur la
00:12ligne 8 du métro.
00:14Eh ben disons, avec tout ce qui se passe en ce moment, tu as de quoi faire.
00:18Oui, il y a qu'à se baisser, je ramasse, je fais un petit tas et puis je le dépose
00:22devant le micro.
00:23Alors ce matin, je vais répondre très franchement à cette question.
00:26Parce que ce week-end, je rentre en Belgique.
00:30Mais que pour le week-end.
00:31Il faut se joie pour certains.
00:34Et là-bas, on va me demander...
00:35Stupéfaction pour d'autres.
00:36Et là-bas, on va me demander, mais qu'est-ce qui est en train de se passer en France
00:41?
00:41Eh ben, politiquement, c'est l'hôpital de jour.
00:44Sauf que j'ai trop de respect pour les malades pour répondre à tout ça.
00:48Alors la vérité, c'est qu'aujourd'hui, j'entends parler d'antifascistes qui seraient devenus fascistes,
00:53de néo-nazis soudains pacifistes.
00:55Et on est à deux doigts d'inventer le racisme feel-good ou l'antisémitisme de confort.
01:00Au point qu'hier, quand j'ai croisé des militants qui tractaient pour les municipales,
01:03de façon calme et pacifique, j'avais presque envie de les prendre dans mes bras.
01:07Mais merci de distribuer des tracts et pas des coups de lattes !
01:11La politique avec des mousses, ça m'a refait des trucs.
01:14Dans ma boîte aux lettres, une profession de foi.
01:17Non, je ne vais pas la jeter, je vais la lire !
01:20Merci d'avoir imprimé votre programme sur une feuille de papier et pas sur ma joue avec une semelle de
01:25Rangers !
01:25Bon après, j'ai vérifié qu'ils ne tractaient pas pour l'extrême droite quand même, parce que j'ai
01:29avalé un front républicain à la naissance.
01:31Et là, j'en suis qu'au stade où c'est des mots, imaginez quand on fera de la politique
01:35avec des idées !
01:37Alors cette semaine, je me suis souvenu de pourquoi je suis venue travailler en France.
01:42Parce que je trouvais vos politiciens rigolos.
01:44A l'époque, la polarisation, c'était royale contre Sarkozy.
01:48Et elle était au max de la violence quand elle disait « Non, je ne me calmerai pas, il y
01:52a des colères saines ! »
01:54On n'avait jamais vu Giscard hurler sur Mitterrand, Raymond Barre foutre une droite à Pascua.
01:59Il y avait juste Le Pen qui éructait tellement qu'il en bavait.
02:02Et à l'époque, on le laissait se polariser tout seul dans son coin.
02:05Il y avait aussi Édouard Balladur.
02:06Le bon droitard, mais bon, il n'y pouvait rien le pauvre.
02:09Il était resté confi dans son mépris bourgeois et le seul jour où il a gueulé, c'était pour dire
02:14« Je vous demande de vous arrêter ! »
02:16Ça avait calmé tout le monde.
02:17Oui, ça veut dire, j'ai des talents d'imitatrice aussi.
02:19Je suis encore pleine de surprises, vous savez.
02:22Et moi, je débarquais naïfement à Paris en plaidant pour un cordon sanitaire contre l'extrême droite.
02:27Et après toutes ces années, enfin, le cordon sanitaire s'impose dans le débat.
02:32Sauf que c'est Bardella qui décide de son périmètre.
02:36Jordan, avant de parler de cordon sanitaire, il devrait déjà se débarrasser du cordon ombilical qui le relie à Jean
02:42-Marie Le Pen.
02:43Alors avec Chirac, il y avait eu le bruit et l'odeur.
02:45Et puis avec Sarko, la banlieue en flamme.
02:48Mais à la banlieue, on a compris que les politiques s'en foutaient pas mal et ça ne s'est
02:51jamais arrangé depuis.
02:52Mais il fallait le faire quand même pour mettre le feu à la banlieue avec un karcher, je rappelle.
02:57Je sortais de l'école de journalisme et on ne parlait pas encore vraiment de presse d'opinion.
03:01Maintenant, la presse se polarise tellement que si on veut s'en extraire, il ne reste plus que le télé
03:057 jours.
03:06Finalement, parmi les victimes de tout ça, il y a aussi les faits.
03:10Et pour eux non plus, il n'y a pas une minute de silence.
03:12Au contraire, que du bruit.
03:14Je ne suis pas loin d'en déduire que la bêtise politique en général est le plus lamentable risque de
03:21censure.
03:22Ma chronique, elle s'intitule « Charline explose les faits ».
03:24Alors j'en profite juste pour rappeler que pour continuer à rire des faits, il faut d'abord en prendre
03:29soin.
03:31Charline Vanhoenacker
03:31Charline Vanhoenacker
03:32Charline Vanhoenacker

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